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Pourquoi l’Infini ?

par Philippe Sollers

D 3 octobre 2006     A par Viktor Kirtov - C 3 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Pourquoi « L’infini » ? Un nom de baptême qui évoque aussi bien La Défense de l’infini d’Aragon [1] et L’Infini turbulent de Michaux [2] que L’Entretien infini de Blanchot [3] et Totalité et infini de Lévinas [4].
Philippe Sollers


La suite sur le site Gallimard

Revue l’Infini N° 96

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Recto (zoom) Verso (zoom)<BR>

Sommaire
Automne 2006

Philippe Sollers, Rallumons les Lumières !.....3
Le sexe des Lumières.....6
La guerre Debord.....9
Ma France....12
Martha Argerich....19
Frédéric Berthet, Journal de Trêve....22
Christine Angot, Un dimanche soir.......37
Yannick Haenel, Cercle....46
François Meyronnis, Brève attaque sur le vif....64
Sonia Anton, Les lettres d’exil de Céline....78
Thierry Sudour, Le pavillon du dégagement rêvé....86
Marcelin Pleynet, Situation...103
128 pages

Format in-8 et graphie immuables ainsi que le verso présentant le détail d’un tableau de personnage tenant une épée à la main et légendé avec un court texte sybillin : « Les calculs de côté, l’inévitable descente du ciel, et la visite des souvenirs et la séance des rythmes occupent la demeure, la tête et le monde de l’esprit. »

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Picasso, Homme à l’épée, 1969<BR>
huile sur toile, (162 x 130 cm.)

Citation ? Nulle indication d’origine, ni pour le tableau, ni pour le texte. Dans une interview, Sollers s’étonnait justement de ne jamais avoir été questionné sur cette citation extraite du poème Jeunesse de Rimbaud, dans Illuminations, 1873. Quant au tableau il ne s’en est pas expliqué. On reconnaît la facture de Picasso. Le thème d’un personnage avec épée, a été traité plusieurs fois dans les oeuvres de Picasso.
C’est par l’épée que Thésée a vaincu le minotaure, celui qui habite les toiles et dessins de Picasso.
Un Homme à l’épée de 1969 est actuellement en vente chez Christie’s. Estimation 2,5 à 3,7 M£. Il n’est pas sans rappeler la variante choisie par Sollers...

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Picasso, le viol (suite Vollard) 1931

Une des représentations du minotaure, dans ce dessin, extrait de la suite Vollard.

A vos commentaires pour préciser l’identification du tableau au verso de la revue l’Infini ! [5]


[1La Défense de l’infini d’Aragon :
substantiels fragments d’un roman écrit entre 1923 et 1927, frappé d’interdit par le groupe surréaliste, et "détruit" par Aragon. Une oeuvre qui traite d’érotisme et d’amour (sublimations et désarrois). La misogynie d’Aragon est bien présente ("Je pense que les jeunes filles sont faites pour les aventuriers", p. 277) mais sans conséquences pratiques puisque, comme l’écrit B. Poirot-Delpech dans "Le Monde",l’érotisme d’Aragon, "ce qui en tient lieu, c’est l’écriture". Et de conclure, en toute logique, par cette recommandation : "Amateurs de coquineries, s’abstenir. Passionnés du mystère d’écrire : courir". Une oeuvre majeure dans la production d’Aragon. (Source : SDM)

[2L’Infini turbulent de Michaux : édition originale 1957, augmentée en 1964. Les effets de la mescaline - huit expériences (peyotl, mescaline) - domaine mescalinien et domaines voisins (LSD, etc.). Le problème d’Eros dans les drogues hallucinogènes. L’accent est mis sur les effets intellectuels, artistiques et mystiques de la drogue. (Source : SDM)
Exposition Henri Michaux à Madrid jusqu’à fin nov. 2006. Y sont présentées des correspondances Michaux-Sollers

[3L’Entretien infini de Blanchot : 1969, recueil de textes pour la plupart parus en revue mais remaniés, mêlant méditations sur la littérature, fictions, essai, critique....

[4Totalité et infini : l’oeuvre principale (1961) de Lévinas, penseur du renouveau juif, héritier et continuateur des philosophes Husserl, Heidegger et Buber. (Source : SDM)

[5Le tableau est en fait reproduit dans L’Infini 67 (automne 1999), p. 57, avec la légende : "Picasso, Homme à l’épée, 1-2-72." Voir notre commentaire. A.G.

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3 Messages

  • A.G. | 27 octobre 2007 - 15:13 1

    Dans ses Mémoires (p.89-90) Sollers rappelant l’exergue de L’intermédiaire (1963) tiré des Illuminations de Rimbaud : " Les calculs de côté, l’inévitable descente du ciel et la visite des souvenirs et la séance des rythmes occupent la demeure, la tête et le monde de l’esprit. " [c’est moi qui souligne], écrit :

    " Je souligne ces trois mots : demeure, tête, monde.
    Voilà ce qui m’occupait et m’occupe encore. Il est amusant de constater que la même citation est publiée tous les trois mois, sans nom d’auteur, en quatrième de couverture de la revue L’Infini, sous une reproduction d’un corsaire tardif de Picasso, et que  personne n’a jamais demandé de qui était ces phrases.
    L’esclave de notre temps sait tout et ne demande jamais une explication. CQFD. "

    Comme, sans rien demander, nous sommes au moins deux à avoir trouvé l’explication, je vous renvoie à l’article ci-dessus.
    Quant au tableau de Picasso, libre à vous d’y voir un "corsaire" (comme le dernier Sollers) ou un "pirate" (comme le Sollers de Picasso le héros) : nous vous laissons naviguer... dans le dictionnaire. Les deux yeux ouverts. CQFD.


  • A.Gauvin | 17 décembre 2006 - 11:09 2

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    Homme à l’épée. 1.2.72
    Picasso, huile sur toile, 73 x 60 cm.

    " Le peintre est un spécialiste de la comédie et de la bouffonnerie humaines. C’est aussi un pirate : il aborde, examine, ravage et repart. Un Ulysse avisé, en même temps, et, de toutes façons, par le rire ou l’agressivité, un guerrier. Pinceau ou épée, Picasso, pour finir, a voulu marquer l’équivalence. Musique, poésie, peinture : bataille, arène, duel. " Philippe Sollers, Picasso, le héros.


  • A.Gauvin | 17 décembre 2006 - 00:14 3

    Le Picasso qui se trouve sur la 4ème de couverture de la revue L’Infini n’est autre que l’Homme à l’épée du 1er février 1972 (Huile sur toile, 73 x 60 cm) qui se trouve à la page 89 de PICASSO, le héros (Ed. Cercle d’art, 1996)