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Félix Vallotton : « A Baudelaire »

Les Nabis

D 15 décembre 2020     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Parmi les 26000 nouveautés mises en ligne ce dernier mois par BnF / Gallica, on découvre ce portrait de Charles Baudelaire signé FV (Félix Vallotton), extrait de la revue L’Art et l’Idée du 20 mai 1892 [1], dans laquelle figurent des gravures de Félix Vallotton (1865-1925), dont ce portrait :


« A Baudelaire », tirage sur papier à partir d’une gravure sur bois par Félix Valotton, 1892
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Plus tard Félix Vallotton réalisera cette peinture de Baudelaire :

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Baudelaire par Félix Valloton, 1901
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Félix Vallotton se fait connaître par ses gravures sur bois

Félix Vallotton est né le 28 décembre 1865 à Lausanne, d’une famille bourgeoise protestante.

Portraitiste remarqué à ses débuts, il s’engage après 1890 dans la gravure sur bois. Le renouveau qu’il insuffle à cette technique ancestrale lui vaut rapidement une notoriété internationale d’artiste à la pointe de la modernité. Lié d’amitié avec Vuillard, Bonnard et Maurice Denis, il rejoint le groupe des nabis et devient le principal illustrateur de La Revue blanche. Son mariage en 1899 avec la fille du grand marchand de tableaux Alexandre Bernheim marque un tournant dans sa vie et dans sa carrière. Il se consacre désormais à sa vocation première : la peinture.

Mort à Paris, le 29 décembre 1925

Crédi t : La Fondation Vallotton à Lausanne

Ses gravures sur bois exposées en 1892 au premier Salon de la Rose-Croix sont remarquées par les nabis, groupe qu’il rallie de 1893 à 1903 Il se liera d’amitié avec Édouard Vuillard.


Autoportrait, 1891
Xylographie, 13,1 x 10,7 cm
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Peintre et graveur nabi

Dès 1892, Vallotton partage certaines convictions artistiques avec ses amis les peintres nabis. La définition du tableau comme une surface plane recouverte de couleurs juxtaposées les engage vers des expérimentations plastiques neuves, loin des normes académiques. Comme Bonnard, Vuillard, Denis et Ranson, il trouve en peinture des solutions originales et puise sa modernité dans les estampes japonaises


Félix Vallotton, Le Chemin après la pluie, 1908. Musée des Beaux-Arts de Lyon
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Paysage, soleil couchant 1919.. Huile sur toile, 46 x 55 cm. Collection particulière
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. Le cadrage en plongée, le personnage décentré et une recherche de l’équilibre par les contraires (noir et blanc ; lignes et aplats ; diagonales croisées) rappellent les procédés utilisés par les artistes japonais. Vallotton a certainement visité la fameuse exposition de gravures japonaises organisée à l’École des beaux-arts de Paris en 1890. Comme ses estampes, ses peintures jouent sur les aplats et les contours nets et témoignent aussi de cette source d’inspiration.


Félix Vallotton, Nu couché face contre terre (date non précisée)
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Les femmes de Vallotton

Se rappeler qu’un tableau […] est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées.

Maurice Denis

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Félix Vallotton, Le Mensonge, 1898 Baltimore Museum of Art
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Nu, 1912
Saint-Germain-en-Laye, musée départemental Maurice Denis
Credit : Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski.
http://www.musee-mauricedenis.fr/

Les Nabis

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L’émergence d’un nouveau mouvement artistique

Au cours de l’été 1888, quelques artistes de l’académie Julian partageant les mêmes préoccupations plastiques se regroupent sous le nom de Nabis, ce qui signifie prophète en hébreu. Parmi eux, on compte d’abord Paul Sérusier, Pierre Bonnard, Maurice Denis, Ranson et Henri-Gabriel Ibels, puis Edouard Jean Vuillard et Ker Xavier Roussel, et enfin Aristide Maillol et Félix Vallotton. Férus de littérature symbolique et de textes ésotériques, ils se rassemblent tous les mois autour de dîners pendant lesquels ils échangent et définissent une nouvelle peinture. Très vite, Paul Sérusier devient une figure emblématique du groupe qui reconnaît dans son tableau, Le Talisman (1888, musée d’Orsay), le manifeste de l’esthétique qu’ils entendent développer. Peint sur les conseils de Paul Gauguin lors de son séjour à Pont-Aven (« Comment voyez-vous ces arbres […] ? Ils sont jaunes. Eh bien, mettez du jaune ; cette ombre plutôt bleue, peignez-la avec de l’outremer pur […] »), ce paysage du Bois d’amour présente en effet toutes les caractéristiques majeures de la peinture des Nabis : formes synthétiques cernées d’un contour bleu de Prusse ou noir ; planéité de la surface ; intensité des couleurs.

La double orientation des Nabis

On distingue, au sein des Nabis, deux orientations distinctes. L’une, profondément sacrée, est emmenée par Denis et sa volonté de renouveler l’art religieux. Elle doit beaucoup à la simplification primitive des formes annoncée par Paul Gauguin. L’autre, profane, plus influencée par Edgar Degas à travers le choix de sujets issus de la vie moderne (portraits d’élégantes, scènes d’intérieurs bourgeois, femmes au bain, etc.…) joue très fréquemment de la juxtaposition de motifs décoratifs (papiers peints, tissus imprimés) et de cadrages atypiques. Félix Valloton appartient à cette tendance

Un langage plastique d’avant-garde

Maurice Denis qui publie dans la revue Art et Critique des 23 et 30 août 1890 « La définition du néo-traditionnisme ». L’article premier restera célèbre tant il définit bien la modernité de l’approche : « Se rappeler qu’un tableau – avant d’être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque anecdote – est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ». De fait, l’art des Nabis, avec sa juxtaposition de plans colorés aux valeurs très contrastées, n’aura de cesse que d’affirmer sa planéité. Qu’il s’agisse de la tendance mystique (Denis, Sérusier, Ranson), marquée par les primitifs toscans et l’art byzantin, ou de la tendance moderne (Bonnard, Vallotton, Vuillard), inspirée par les estampes japonaises et la photographie, tous contribuent à réinventer un langage plastique qui marquera durablement les esprits et contribuera à l’émergence des avant-gardes du début du XXe siècle, le fauvisme notamment.

Crédit : www.grandpalais.fr/


Baudelaire dans la correspondance Sollers-Rolin (1981-2008)

Dans les Lettres de Philippe Sollers à Dominique Rolin

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Nota : les mots soulignés correspondent à la typographie des lettres originales. Les mises en gras sont de pileface.

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reçu à Paris le jeudi 16 juillet 1981 à 9 heures.
(mercredi) Le Martray, le 15 juillet 81

[…] Tu connais ce mot de Baudelaire à propos de Manet ? « Il n’a pas l’air de se rendre compte que plus l’injustice augmente, plus sa situation s’améliore (1). » C’est beau, non ?
Paysage impassible, toujours en mouvement. Je suis là depuis des siècles…
J’avance rapidement dans Femmes — la difficulté est de garder en même temps Paradis 2 sous la main. Femmes, ça va être du Paradis appliqué, ponctué, déplié, figuratif — la démonstration consistant à mettre en évidence que la 4ème dimension contient la 3ème sans que le contraire soit vrai.
C’est curieux et drôle (j’espère). Idée : une sorte de Possédés (2) des temps modernes. Dérision de tout…
Le Gâteau est un chef-d’œuvre. Repose-toi.
Garde bien le Veineux (3).
Je t’aime, je t’embrasse —


1. Charles Baudelaire, Lettre à Madame Paul Meurice, mai 1865 (in Correspondance, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », t. II, 1976, p. 501).
2. Voir F. Dostoïevski, Les Possédés (ou Les Démons).
3. Rappelons que « le Veineux » désigne l’appartement de Dominique Rolin, rue de Verneuil, à Paris. Voir Ph. Sollers, Lettres à Dominique Rolin, 1958-1980, Gallimard, 2017, passim. Sollers, quant à lui, écrit de sa maison du Martray dans l’Île de Ré

Philippe Sollers. Lettres à Dominique Rolin (1981-2008) (Blanche) (p. 26). Editions Gallimard


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reçu à Paris le samedi 1er août 1981 à 12 heures.
(vendredi) Le Martray, 31/7/81

[…] Tu sais ce qu’écrit Baudelaire : « Étant enfant, je voulais être tantôt Pape — mais pape militaire —, tantôt comédien. Jouissances que je tirais de ces deux hallucinations » (1), les Gesuati (2) sont à toi. (le rêve).
Orage, ce matin. Tonnerre — et le ciel se dévoile, colère.
Je t’aime, je t’embrasse,

Ph

1. Ch. Baudelaire, « Mon cœur mis à nu », in Œuvres complètes, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », t. I, 1975, p. 702-703.

2. L’église Santa Maria del Rosario o dei Gesuati, située à Venise sur la « Fundamenta Zattere ai Gesuati », le long du canal de la Giudecca non loin de la pension La Calcina où, pendant de longues années, D. Rolin et Ph. Sollers occupaient la chambre 32. D’où le sigle « 32 » qui reviendra dans plusieurs lettres.

(p. 29-30). Blanche, Gallimard


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(reçu à Paris le samedi 4 août 1984 à 12 heures.)
Le Martray, 3/8/84 (vendredi)

[…] Je relis Baudelaire sur Edgar Poe. Il l’appelle toujours « l’homme du Sud »… « Le Virginien »… Les attaches de Poe étaient à Richmond (Virginie) où il a dirigé le Southern Literary Messenger. Juste avant la guerre dite de Sécession, donc. De Poe à Faulkner, la tradition Sud, la tradition « française » perdue par la France elle-même (mais pas par Bordeaux !) se continue donc de façon évidente. (Évidente : c’est pourquoi personne n’en parle !) L’Histoire est écrite par les Nordistes… C’est-à-dire par les Allemands… (Juifs compris). Baudelaire prend d’ailleurs soin de noter que les textes de Poe sont « émaillés de termes français ». Il l’oppose à Goethe… Le compare à Balzac. Et à… Diderot !… « Diderot, le plus hasardeux et le plus aventureux, qui s’appliqua, pour ainsi dire, à noter et à régler l’inspiration ; qui accepta d’abord, et puis, de parti pris, utilisa sa nature enthousiaste, sanguine et tapageuse. » J’écoute Fairy Queen de Purcell à la radio. C’est pour toi. Je t’aime, Shamouth PJBB (1), je t’embrasse,

Ph

1. Explicité en exergue du Dictionnaire amoureux de Venise par Philippe Sollers : « Pour la Grande Petite Jolie Belle Beauté ».

(pp. 61-62) Blanche, Gallimard


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(reçu à Paris le lundi 13 juillet 1987 à 18 heures.)
Le Martray, le 11/7/87 (samedi)

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Jo, la belle Irlandaise
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[…] J’ai une édition de poche du Spleen de Paris, de Baudelaire, avec, sur la couverture, la reproduction d’un tableau de Courbet : La belle Irlandaise. Sais-tu d’où vient ce tableau ? Je n’en ai pas la moindre idée. On dirait un des personnages contemplatifs de Bellini, à l’Accademia. Drôle de type. (C’est aussi un peu ton style dans le dessin).
Merci encore pour les Annonciations, Shamouth : très utiles !
Je t’aime, je t’embrasse,

Ph

SUR JO, LA BELLE IRLANDAISE
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Le modèle est l’artiste irlandaise Joanna Hiffernan (vers 1843 – après 1903), qui posa également pour Whistler, Le titre du tableau : "Jo, la belle Irlandaise" avec le diminutif du prénom souligne une certaine intimité entre elle et le peintre français : outre le diminutif du prénom, le qualificatif, et le motif laissent entendre une forme de complicité. Contrairement à la plupart de ses nombreuses représentations féminines, ici Courbet a prénommé son modèle.

En 1877, quelques semaines avant sa mort, Courbet écrit à Whistler :

« Où est le temps, mon ami, où nous étions heureux et sans autres soucis que ceux de l’art ? Rappelez-vous Jo, Trouville, et Jo qui faisait le clown pour nous égayer.(…) Nous nous sommes payé du rêve et de l’espace. J’ai encore le portrait de Jo que je ne vendrais jamais, il fait l’admiration de tout le monde. »

La romancière Christine Orban et l’essayiste Bernard Teyssèdre ont émis l’hypothèse que Joanna Hiffernan servit également de modèle pour le motif de L’Origine du monde, projet qui aurait meurtri Whistler, amant de la jeune femme. Mais cette thèse est réfutée, entre autres, par le critique d’art Thierry Savatier, l’un des spécialistes de Courbet, qui avance une autre possible source photographique pour L’Origine du monde

Notons aussi que Courbet réalisa quatre variantes de ce tableau avec de légères différences. Et sa lettre à Whistler sur la fin de sa vie témoigne bien d’une nostalgie à l’égard de Jo. Le choix de ce tableau pour illustrer la couverture d’une édition poche "Le spleen de Paris" de Paris de Baudelaire n’est donc pas sans résonance.

(note pileface, d’après Wikipedia.)

(pp. 91-92). Blanche, Gallimard


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(reçu à Paris le vendredi 18 juillet 1997.)
Le Martray, le 17/7/97 (jeudi)

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[…] Nous vivons dans un autre temps, dans le Temps lui-même :
« Tout dit dans l’infini quelque chose à quelqu’un (2). »
C’est du Père Hugo ! Plein de pépites comme ça dans des torrents de fadaises ! Peu importe.
Évidemment, Baudelaire c’est mieux :

« Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses (3)… » Lis de la poésie. Les Fleurs du Mal. Ça fait du bien ! Je pense à toi tout le temps. Ripatte ! Et mange-à-moi (4) !
Je t’aime, Shamouth, je t’embrasse,

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2. Vers de Victor Hugo issu de « Ce que dit la bouche d’ombre », poème XXVI du recueil Les Contemplations.

3. Premier vers du poème « Le Balcon », poème XXXVI du cycle « Spleen et Idéal » dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire.

4. Mots du code amoureux entre les amants.

(p. 201-202). Blanche, Gallimard


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reçu le vendredi 19 juillet 2002.
Le Martray, le 18/7/02 (jeudi)

Mon amour,

[…] Autant en emporte le rien. Vivons.

Dumas, oui, c’est très bien, bravo, pourquoi pas, et au Panthéon, d’accord : que ne ferait-on pas, en France, pour oublier Baudelaire !

« Mon enfant, ma sœur.
Songe à la douceur — » (2)

Je t’aime, Shamouth, à tout de suite, Nouba, je t’embrasse,

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2. Charles Baudelaire, « Invitation au voyage », poème LIII de « Spleen et Idéal », première section des Fleurs du Mal.

(p. 263). Blanche, Gallimard


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Dans les Lettres de Dominique Rolin à Philippe Sollers

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Paris, Samedi 11 avril 1981

je me suis couchée avec le tome de la correspondance de Baudelaire et j’ai lu tard, passionnément et minutieusement. Le merveilleux travail d’annotations de Pichois1 fait fourmiller tout le ciel de cette époque, si peu différente de la nôtre dès qu’il s’agit de création. Le courage foudroyant de Baudelaire est comme le tien, avec les mêmes vertiges d’angoisse et de certitude, les mêmes délires froids, les mêmes fureurs

*

Le Bouët [2], Vendredi 22 juillet 1988

Je crois avoir bu trop de café hier, d’où l’insomnie. J’ai tenté de me rendormir en me récitant les cinq poèmes de Baudelaire que je connais par cœur —échec.

*

Paris, Mercredi 8 août 1990

Lu encore un morceau de la Malle-Poste Anglaise, chef-d’œuvre absolu inséré dans Le Mangeur d’opium, chef-d’œuvre aussi. Pourquoi Quincey n’a-t-il pas la célébrité reconnue de Baudelaire et Poe ? Mystère ahurissant. Ton texte est beau, mais il mériterait d’être développé, analysé dans les coins par toi, mon amour, qui es seul à pouvoir rendre justice à ce génie, ce géant de la littérature.

*

Paris Dimanche 28 avril 1991

Je suis plongée avec un émerveillement troublé dans Baudelaire Pléiade TomeI. Terminé Le Spleen de Paris, commencé Les Paradis artificiels (le Vin, Thomas de Quincey,etc.) que je m’applique à lire lentement. Chaque note et chaque référence en bout de volume ouvrent sans cesse de nouveaux trous visionnaires dont on a de la peine à sortir indemne, tant la vie (enfin ce qu’on appelle « la vie ») et le travail de ce souverain bonhomme sont imbriqués. Tu crois toucher un poème, et c’est la vie que tu atteins. Tu lis tel ou tel fait de sa vie et voilà qu’elle se met aussitôt, sourdement, en musique de mots. Je suis fascinée. Je l’emporterai à Venise et je me vois projetée déjà sur un banc de San Margherita ou près de la Stazione Marittima, pendant mon tour de l’après-midi et ta propre séance de travail. Tout se tient. Baudelaire et toi vous vous tenez et vous tenez le monde dans l’amalgame rythmé des cinq sens qui n’en font plus qu’un seul. Je suis très émue, mon amour. Les Paradis artificiels ont paru environ cent ans avant ton Paradis tout court, est-ce que ce n’est pas miraculeux ?

*

Paris, Mardi 16 août 1994

VOIR AUSSI

Sur Baudelaire

Baudelaire : la Fanfarlo, La morale du joujou, extraordinaires chefs-d’œuvre. Ses carnets, projets de romans et nouvelles, sont bouleversants. Il aurait dû vivre plus de quarante autres années.

*

Dans « Centre » de Philippe Sollers

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ;
tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer. » [3]

C’est un corsaire français qui a écrit ces vers, et bien d’autres qui ont fait scandale à l’époque. Il est remarquable que ni Freud ni Lacan n’aient jamais écrit son nom dans leurs œuvres. Nora aime beaucoup Baudelaire, surtout celui des Paradis artificiels. Elle a expérimenté plusieurs substances, pour mieux comprendre certains patients. Freud a fait lui-même, à ses débuts, un long stage dans la cocaïne. Il n’aurait sans doute pas découvert la science des rêves sans cette fluidification. Il a sûrement continué en douce.
Nora me remet sous les yeux Le poème du haschisch, dont la première partie porte le titre suivant : « Le goût de l’infini ». Il s’agit de musique :


« Les notes musicales deviennent des nombres, et si votre esprit est doué de quelque aptitude mathématique, la mélodie, l’harmonie écoutée, tout en gardant son caractère voluptueux et sensuel, se transforme en une vaste opération arithmétique, où les nombres engendrent les nombres, et dont vous suivez les phases et la génération avec une facilité inexplicable et une agilité égale à celle de l’exécutant. »


[2D.Rolin se trouve au Bouët, chez sa fille Christine et son mari Pierre.

[3L’homme et la mer de Charles Baudelaire

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