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L’Histoire splendide, de Guillaume Basquin

En exclusivité

D 20 mai 2020     A par Albert Gauvin - Guillaume Basquin - C 8 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


L’Histoire splendide : ce titre ne vous est plus tout à fait inconnu depuis qu’on a retrouvé une lettre du 16 avril 1874 dans laquelle Rimbaud faisait part à un communard exilé à Londres de son projet d’« entreprendre un ouvrage en livraisons, avec titre : L’Histoire splendide ». Sollers l’évoque dans un chapitre de son dernier roman Désir : « Il s’agi­rait "d’une série indéfinie de morceaux de bravoure historique, commençant à n’importe quelles annales ou fables ou souvenirs très anciens... d’une archéologie ultra-romanesque suivant le drame de l’histoire, du mysticisme de chic, roulant toutes controverses, du poème en prose à la mode d’ici, des habiletés de nou­velliste aux points obscurs..." » [1]. Le projet de Rimbaud n’a pas vu le jour. Nous sommes en 2020. Nouvelle surprise. Guillaume Basquin, auteur, en 2016, de (L)ivre de papier (roman, poème, chant) [2], mettant à profit le « CONfinement » (sic), a décidé de poursuivre l’ambition révolutionnaire de Rimbaud dans un work in progress sur lequel il travaille actuellement.

« ... pour répondre à votre invitation d’hier, m’écrit-il, j’ai choisi un extrait de 2 pages de mon livre en cours (la fin du premier chapitre), "L’Histoire splendide" ; si vous voulez bien le publier sur "Pileface", cela me ferait énormément plaisir. Normalement, la typo va varier pour chaque chapitre, à la façon "Carrousels" de Jacques Henric. La typo prévue pour ce premier chapitre est Times New Roman italique gras... »

Et bien voilà (premier état).

A.G.


Alexandre Rodtchenko, Pur Rouge, 1921, 62.5×52.7cm.
Moscou, coll. privée. ZOOM : cliquer sur l’image.
Fin du premier chapitre de L’Histoire splendide,
« Au commencement »
(impression prévue en Times New Roman italique gras)

j’œuvre sans entreprendre dans le secret espoir d’un dérèglement de la durée — j’enseigne sans discourir — j’organise le délire — je lève le voile sur ce qui vous maintenait dans une demi-obscurité — je rends au lecteur sa liberté : plusieurs chemins de lecture légitime restent ouverts — il ne s’agit d’ailleurs pas d’un livre au sens habituel du terme mais plutôt d’un montage généralisé de l’histoire littéraire & de l’Histoire humaine tout court — je mâche les mots mésusés — je me garde d’intervenir dans le débat public & de lui-même le peuple se transforme — voyez :
dans le cadre de l’exposition 5x5=25 à Moscou en 1921 Alexandre Rodchenko expose un tableau nommé Pur rouge — ô Flotte rouge ! make it new with old stuff
les murs sont nos pinceaux — les places sont nos palettes ! — la toile de Tessil notre marbre ! — un héros du travail est un coup dur pour le bourgeois — agit-train — l’électricité + les Soviets ! — si l’ennemi ne se rend pas on le déterre
je suis fait de tout ce que j’ai vu : 6 personnages en quête d’auteur — puis immédiatement après 5 personnages à la faucille & au marteau — au Kremlin Staline se soucie de chacun de nous : telle est la morale de l’Esthétique réaliste-socialiste
en contrepoint une fabrique de lettres bourgeoises pour rire : Alma Luvia Pollabella
anarchopédie de formes volubiles — épicomédie de poche — livre isomorphique à sa composition — action writing !
je veux bien être pendu si je comprends un traître mot à ce roman !
mon chant ne conte pas un conte il ne chante que pour chanter — la fable ici est un simple régime de paroles & de fous & ce qui compte n’est pas le conte mais les détours les digressions — les accords & les désaccords — les venelles & les ruelles — les impasses & les culs-de-sac — les croisements & les carrefours — tout — le monde entier ses rebuts — vont dans cette embouchure du livre comme toute eau de pluie va à la mer & la mer n’en est pas pour autant changée ni ne déborde l’océan — la littérature est tout simplement du langage chargé de sens au plus haut degré possible
ce livre ne sera pas comme (L)ivre de papier composé de chapitres avec échafaudages rendus visibles mais de plateaux — ces plateaux auront des vitesses très différentes & seront composés de matières diverses — ce sera un tourbillon génial & archangélique : les fidèles seront récompensés
voyez (& lisez) : gnosis of precreate determination—agnosis of postcreate determinism : dis-cours par signes — jets d’urine — communication tactilo-olfactive — vocalises en ultrasons : Ecclesiastical and Celestial hierarchies—the ascending the descending—its Allothesis— écho-lalies — empreintes buccales — circuits magnétiques — écriture automatique — cadavre ex-quis — enfin tout sauf la bonne vieille écriture inclusive de la très progressiste République en marche — allons z’enfants de — la connerie !
le poème-en-moins devient pluriel dans une grande variété de lignes émotives :
o ômego de oméga : o hallahi oh alarido o caral avido o alarido do or (oçaño) o hallero do cor
kaléidoscope en état permanent de mutation — combinaisons inattendues entre dé-babélisation & babélisation du langage
réflexion pensémiotique : puisqu’on a fait passer ce fichier électronique Word dans une presse offset vous pouvez maintenant tenir ce volume entre vos mains — le papier imprimé seul — surtout s’il coûte cher — vérifie le texte : lieu de terreur — porte du ciel
rien d’autre
& ce rouleau dont j’ai fait une stèle — vision sur papier
polyparole
Front gauche de l’art
sera maison pour tous : chacun y pourra trouver pitance à son appétit & goût
tout y sera bon pour l’oreille & la cervelle — bonheur intégral — réminiscences d’un Paradis l’autre — journal de bord cosmique — essai florentin — disque vinyle 78t voué aux seules rayures divines
hourra dans les moissons
jaillissement de la parole
fantaisie baroque
contredanse
bagatelles
polyglossie
logophanie
toupie géante
azulejos lisibles
grande harmonie
travail avec orchestre
poésie épico-épiphanique
champ d’événements imprévus
groupe infini de parallélogrammes de forces
symphonie de mots en miniature
praxis intersémiologique
rotation anticyclonique
vertige cosmique
voyage sur place
konkrete text
ars nova
recombinaison totale de toute l’Histoire littéraire d’un écritoire l’autre
Amen illimité
rien ne reste inaccompli : sous le ciel tout est à nouveau naturellement en paix & à sa place comme Sirius
j’ai volé le feu — j’en ai fait provision : résurgence dans le présent dune figure de pathos : Prometheus or the Promise of Provision— transes d’espacetemps
un supplice chinois ce livre !
une disjonction de colonnes d’air comme chez Bartók
un glissement de surfaces phoniques : peripapetic periphery fur Mister Finnagain
ce qui inquiète le plus le chat c’est l’immobilité : je dois être un chat — chat réincarné temporairement en homme
je suis vieux — j’ai mon compte de jours
generations have trod have trod have trod & all is seared with trade
à la fin était le tribunal populaire d’Internet : no more elitism no more elite
mon écriture s’achemine à toute vitesse vers sa propre disparition par dissolution de mon moi d’auteur — mon esprit s’emparadise
le texte du multilivre — simple conjuration de signifiants — se dévide comme le serpent
les heures se rassemblent ceintes de robes multicolores
this work of mine : kick-off for new literature : look at it : look at this mess ! Dieu voit comme c’est bon
ici je ne cherche plus rien tout n’est plus que quiétude : je suis au but
le reste est touchant : j’y ai pleuré

Guillaume BASQUIN

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8 Messages

  • Albert Gauvin | 15 mai 2022 - 11:55 1

    Un épique chant anti-confinement

    par Steven Sampson

    L’Histoire splendide, de Guillaume Basquin, s’inscrivant dans la tradition des textes prophétiques, se livre à une dénonciation de la cité, personnifiée ici par Emmanuel Macron, fustigé à cause de sa politique sanitaire.

    La haine peut-elle engendrer le beau ? Maldoror dit : «  Lecteur, c’est peut-être la haine que tu veux que j’invoque dans le commencement de cet ouvrage ! » Lautréamont débute donc en signalant le « museau hideux » et les « rouges émanations » du lecteur ; chez Guillaume Basquin, les émissions sont matérielles : « au commencement était le foutre ! que diable ! & le foutre était en l’hom’ ! comment ça le foutre ! le sperme ? oui ! ». Quel commencement hard ! C’est normal : Basquin a attendu six ans depuis son précédent livre avant de s’ériger en romancier, une attente infernale, si on réfléchit sur la valeur du chiffre six (ici la numérologie compte).

    Qu’est-ce qui a fait décoller cet homme polyvalent – pilote de ligne à Air France ; éditeur de la revue Les Cahiers de Tinbad ; directeur d’une maison d’édition portant, elle aussi, un nom renvoyant au Tinbad the tailor de Joyce ; collaborateur de nombreuses revues ; et, surtout, poète –, le poussant à s’épandre dans un format expansif ? En un mot, c’est le confinement. Être cloué au sol à Paris intra-muros, incarcéré entre ses propres murs, a fait flipper pas mal d’esprits au printemps 2020. L’épreuve était d’autant plus insupportable pour les navigants, ces cosmopolites itinérants, habitués à se moquer des frontières, sauf de celle séparant la troposphère de la stratosphère.

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    Vue de Paris © Jean-Luc Bertini

    Basquin a dû s’adapter à son éloignement du firmament : au lieu de côtoyer les nuages, de voir les cieux de près, il s’est rabattu sur l’ouïe, afin d’entendre la voix venant d’en haut, celle de « Yhwh ». La transcription hébraïsante en dit long sur ses ambitions d’intégrer le canon, candidature renforcée par la division du texte en cinq parties, à l’instar du Pentateuque : « Au Commencement », « Mille Romans », « Terreur », « Entracte » et « Journal De CONfinement ».

    L’Ancien Testament garde-t-il sa pertinence ? C’est le socle du testament d’après, il prépare l’éruption de l’équivalence phallus = parole, foutre = verbe, une identité qui « coule de source  ». Le poète se trouve à ladite source, il prend le monde sous sa langue, l’exposant dans un volume intitulé L’Histoire splendide. La petite rondelle qu’est l’hostie sert-elle de modèle ? Non : l’auteur a déjà expérimenté cette forme avec (L)ivre du papier (2016), donc il se contente maintenant d’une figure différente, la roue carrée, adaptation de l’archétype précédent. C’est dire combien un texte se constitue à partir du tissage génétique des aïeux, la semence primordiale. Dont celle même de l’auteur : l’auto-génération.

    Kundera prétend qu’un roman transmet une vision implicite de l’histoire du roman. Basquin l’explicite : « Le roman-roman tel que le conçoivent la quasi-totalité de mes confrères […] est un genre moribond & usé par les redites – sans intérêt pour moi – fi de l’intrigue traditionnelle ! – il faut plutôt concentrer le pinceau sur un seul personnage important : moi-même ». Dans Corpus Rothi II, essai sur Philip Roth, j’avais appelé ce schéma « monofiction » (monothéisme ?) : l’œuvre construite autour d’un unique personnage prophétique. Peu importe les « masques » qu’il revêt, l’intérêt réside dans son rapport à ses fidèles et à soi en tant qu’incarnation du Verbe.

    L’Histoire splendide se positionne vis-à-vis des prophéties antérieures : « Voici l’histoire de Guillaume : dans (L)ivre de papier livre deutérocanonique je m’installai avec l’intention méritoire de me refaire l’esprit au contact d’autres esprits cela personne ne l’a vraiment compris à 3 ou 4 exceptions près… » Être un oracle, c’est braver l’incompréhension, en suivant le sillage des patriarches, tel le créateur de Paradis  : « la machine de guerre textuelle implique le dégagement d’un nouveau vecteur vitesse-verbale & c’est l’écriture percurrente pour la première fois théorisée par Philippe Joyaux dit Philippe Sollers en son Paradis I & 2… ».

    « Vecteur vitesse-verbale » : allitération alléchante ! Elle explique l’esthétique de Basquin, la rage, l’empressement, le vertige. Rien n’est à inventer, il est simplement question de ranimer le monde endormi : « Les cloisons & les divisions ? foutre ! – je n’admets plus que les multiplications : Le Livre des Passages x Femmes x Paradis x (L)ivre de papier – y a-t-il d’autres influences ? ma foi non : tout y est déjà inscrit en creux / y a plus qu’à fouiller / déterrer / déplacer & développer. » Développer, ça implique apprendre et répéter, en ayant recours à l’écriture automatique, à une « longue suite d’onomatopées ». Basquin cherche à déconstruire les mots, pour en trouver les composants de base : «  ma lalangue contrairement à la novlangue ne passera pas tralala ! » À partir de cet idiome intime, il va bâtir un «  delldale », un « babelivre », un « globe hiéroglyphique ». Pour lui, comme pour Hölderlin, tout se résume au rythme : celui-ci, depuis Joyce, appartient à la prose. Pourquoi ne pas s’inspirer de Werner Nekes, cinéaste allemand et inventeur de la notion de kinème, l’équivalent du phonème en linguistique ? C’est la voie royale vers le ciel.

    On réalise l’ascension par l’intermédiaire de la Vierge Marie, assimilée à un «  ascenseur / trou dans l’univers ! sortie / point de fuite ! ». Un trou sublime ne supporte aucune obstruction, donc Basquin s’interdit la ponctuation, outil profane : « Pourquoi exiger / mon lecteur / dans ce volume tout à fait céleste virgules points-virgules & autres signaux annonciateurs de ralentissement de la lecture ? » Cela n’empêche pas que le deuxième chapitre, « Mille Romans » (un clin d’œil à Deleuze et Guattari), soit divisé en autant de paragraphes, histoire de laisser au lecteur le temps d’intégrer de denses paradoxes, de prendre sa respiration.

    À la fin, on en aura besoin. « Journal De CONfinement », ultime chapitre, est une tirade contre la politique sanitaire du gouvernement, responsable de la « peste » actuelle, reliée par l’auteur à celle des temps bibliques. Citant Fabrice Hadjadj, il affirme que, dans le Livre de Samuel, elle a été déclenchée par le roi David en vue d’un dénombrement de la population : « David est puni d’avoir réduit son peuple à des chiffres manipulables  ». Ah, comme elle a bon dos, la « Volonté de Technique » ! Si justifiée que soit cette méfiance à l’égard de la science, on ne suit pas forcément les arguments de l’auteur sur le port du masque, l’incarcération volontaire ou le professeur Raoult. Sans doute ces prises de position extrêmes dynamisent-elles la verve de Basquin : c’est grisant de croire qu’il y a un sens à l’Histoire. Une telle croyance peut engendrer – pardi ! – de très belles formules. Mais, lorsqu’on s’aventure sur le terrain de la santé publique, la haine ne suffit pas pour démentir ; on a beau conspuer Oliver Véran, jusqu’à preuve du contraire il faut lui accorder le bénéfice du doute, le souci d’éviter des conséquences mortelles.

    Que le terme « religion » vienne de « relire » ou de « relier » (querelle philologique), son étymologie convient à Basquin, grand lecteur de « Dante Sade Rimbaud Lautréamont Mallarmé Pound Joyce Sollers Haroldo de Campos : ça vous va messieurs ? ». Liées par des relectures et par le fil conducteur d’une métaphore magnifique (selon l’auteur, chaque poète désire écrire son propre Livre de la Genèse), ces pages confirment l’auto-proclamation : «  ce livre est du soleil-langage enfermé dans un volume qui est un dé-tambour ». Heureusement, l’auteur n’a pas suivi l’exemple de Rimbaud, pour qui, selon Sollers, L’Histoire splendide fut le titre d’un projet de livre abandonné. Basquin, lui, a achevé son ouvrage, pour survivre en temps de peste, et continuer – on l’espère ! – à pester.

    En attendant Nadeau, 11 mai 2022.


  • Albert Gauvin | 3 mai 2022 - 19:40 2

    Ajouter au désordre du monde

    « Je voudrais entreprendre un ouvrage en livraisons, avec titre L’Histoire splendide », écrivait Arthur Rimbaud, le 16 avril 1874, depuis Londres, à l’éditeur Jules Andrieu. Mais le poète n’ayant jamais mené à bien ce projet, c’est ce même titre qu’a choisi d’adopter aujourd’hui Guillaume Basquin pour son nouveau livre. Celui-ci, divisé en cinq parties d’inégale longueur, adopte une ponctuation minimale et se veut une sorte de Bible en état d’ébriété ; plagiant et pastichant à tout va...


    Les lettres françaises, avril 2022.
    ZOOM : cliquer sur l’image.


  • Albert Gauvin | 19 avril 2022 - 17:39 3

    Pascal Payen-Appenzeller reçoit : Guillaume Basquin, écrivain, éditeur, pilote de ligne.

    Thème : “Un écrivain à l’aventure”. RC, 15 avril 2022.


  • Albert Gauvin | 2 avril 2022 - 13:09 4

    Les pages que nous propose Guillaume Basquin sont assez éloignées de la quantité pléthorique de roman dont les maisons d’édition nous accablent, surtout à la rentrée d’automne. Leur nombre augmente d’année en année et leur qualité, elle, a tendance à décroître.


    Gérard-Georges Lemaire, 31 mars 2022.
    ZOOM : cliquer sur l’image.


  • Albert Gauvin | 21 mars 2022 - 11:56 5

    L’écrit fait masse

    Sous l’égide impli­cite de Sol­lers qui fait men­tion d’un pro­jet aban­donné par Rim­baud où celui-ci aurait écrit “la véritable His­toire, lit­té­ra­le­ment et dans tous les sens”, Guillaume Bas­quin sai­sit la balle au bond pour créer un livre masse dont il défi­nit le programme : “racon­ter de façon la plus poly­pho­nique qui soit les des­seins réels de l’Histoire”.
    Et ce, sur plus de qua­rante siècles jusqu’à l’accident glo­bal du Covid. Cet “inci­dent” tient plus de 80 pages finales dans ce cor­pus conçu en 5 épisodes.

    Le livre prouve com­bien il est temps de lever la voix et le voile et com­ment le faire. La part la plus impor­tante de livre est titrée “mille romans”. Elle ras­semble un cor­pus majeurs de 1000 seg­ments. Ils intro­duisent de la pen­sée dans la litté­ra­ture post­moderne qui en manque cruel­le­ment.
    De même que le “Au com­men­ce­ment” qui ouvre le livre dans un texte confes­sion magis­tral qui n’est pas sans rap­pe­ler le “paradis” de Sollers.

    En libre par­cours entre fic­tion et ima­gi­naire, Bas­quin écrit pour rat­tra­per ce qui lui échappe. Il fait de son livre comme le demande Nova­rina “un exer­cice d’idiotie”. Le tout pro­gram­mée par une intel­li­gence et un savoir qu’il s’agit de jeter aux orties afin que le texte devienne un champ d’action de force vive.
    Se retrouvent le fami­lier et l’étrange, la force des choses et le hasard, la rue et l’art, la douche et le bron­zage. Bref, le texte devient de la médi­ta­tion phi­lo­so­phique et de la fic­tion poé­tique. L’auteur y émet des pro­lé­go­mènes face aux conne­ries aux morts et devant les son­ne­ries aux morts.

    Mais, quoiqu’en dise Bas­quin, ses “conci­lia­bules” ne se limitent pas à exor­ci­ser ses propres cau­che­mars. Il y va de la vie du monde et de ses ava­tars là où l’écriture détourne ou dis­suade de toute assise. La seule issue reste d’écrire en por­tant à faux et en empor­tant la pos­si­bi­lité du fon­da­men­tal.
    Car ce qui est trahi par l’écriture, c’est l’écriture même — flèche visant le vide, tom­bant tou­jours trop tôt ou trop tard. Mais qui per­met à tout dis­cours de se poursuivre.

    jean-paul gavard-perret, lelitteraire.com.


  • Albert Gauvin | 8 mars 2022 - 11:08 6

    Un livre pour enfants du XXI° siècle. Comme James Joyce inscrivait Lucia dans son sillage, Guillaume Basquin dédie son thésaurus à « l’élue souveraine et à ses enfants ». Dans la dernière longueur du Finnegans Wake, Joyce écrivait : « Carry me along, taddy, like you done through the toy fair ! » Et Basquin, en introduction (p. 39) de L’Histoire splendide : « qu’est-ce qui fait 999 fois clic-clic & une fois clac me demande ma plus jeune fille Ninon ? » Naissance par l’oreille.
    Mais depuis 1939, l’Histoire s’est encore enrichie, ou alourdie, ou fumée d’actes et de formules politiques, scientifiques, littéraires. De drames. Un sens ? Ce n’est pas certain. S’est déposée en tout cas une masse d’expériences, jusqu’à celle des fake news et du Coronavirus. Alors se pose à nouveau la question des livres et du Livre (Guillaume Basquin est l’auteur du (L)ivre de papier, paru en 2016).
    Mallarmé, dans une « époque de transition », mettait à l’abri dans le Livre ses poèmes qu’il retirait de la circulation générale ; pour Anatole son fils il mettait en chantier un Tombeau. Et Guillaume L. Basquin, fils de Marc ? Il dépose composés dans L’Histoire splendide (titre emprunté à Rimbaud annonçant un projet de feuilleton) cinq « livres » et un épilogue, chacun ayant sa tonalité particulière. Quand vous en êtes à la question du livre (nous y sommes, et aussi, crucialement aujourd’hui, quant à l’avenir de l’édition), deux voies semblent s’offrir, celle de l’épure et celle du thésaurus. Basquin a opté pour le livre-somme, la compilation, où son tempérament libertaire fait feu de toutes boissons (avec deux millésimes de choix : la Terreur révolutionnaire et la crise du Coronavirus). S’isole-t-il ? Page 142 : «  l’île est comme un tapis de terre volant en silence – mais où atterrir ? »
    L’ouvrage de Guillaume Basquin procède par montage de « coupes ». La coupe est pleine ? Souhaite-t-il parfois qu’elle soit de lui éloignée comme le demanda le Christ ? Nous sommes souvent emportés par sa verve, à quelques moments peut nous prendre le sentiment de contempler un champ de ruines plus que l’hourra (Hopkins) des moissonneurs.

    Sitaudis, 8 mars 2022.


  • Albert Gauvin | 19 décembre 2021 - 16:57 7

    Voici un nouvel extrait de L’Histoire splendide à paraître aux éditions Tinbad en mars 2022. C’est la fin du chapitre 3, « Terreur ». L’Histoire splendide est une fiction (roman ? poème en prose ?) parsemée de thèses, comme telles discutables, mais qu’on ne saurait lire en faisant abstraction de leur trame formelle. Il faudra en démêler l’écheveau (à tous les sens de ce mot : cf. écheveau). J’essaierai de le faire à la sortie du livre.

    « Terreur »

    le covidisme est un fascisme comme un autre — covidisme/islamisme  : même combat  : si on laisse pousser le moindre brin de l’un / très vite il occupe tout l’espace social / & l’extirper devient vite mission presque impossible — & d’ailleurs / comme le nazisme / il cultive sa langue avec des éléments toxiques  : #gestesbarrières #distanciationsociale #jerestechezmoi #jesauvedesvies etc. — les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic  : on les avale sans y prendre garde / ils semblent ne faire aucun effet / & voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir  : destruction de l’ancienne société  ! leur bruit se fait entendre partout  : il n’est plus de repos sur cette triste terre hors la Suède  !

    le vrai fascisme/ disait Roland Barthes / n’est pas d’interdire de dire / mais de forcer à dire — dans la crise du covid-19 / pour être un bon citoyen / il faut afficher publiquement qu’on reconnaît la Terreur / via entre autres le port du masque

    le covidisme est la nouvelle religion de l’An 2020 — et sa radicalisation intolérante (rejet des non-croyants) est la Nouvelle Saint-Barthélemy  : on ne tue plus les Protestants / mais on veut exclure les covido-sceptiques de la société / c’est-à-dire les tuer socialement

    pas de plus belle mascarade que cette panique mondiale / que cette union sacrée dans la panique — la communauté internationale devenue hectique & épilectique sous le signe du virus de la terreur & de la terreur du virus  : qui refuse le vaccin à ARNm contre le covid-19 / celui-là sera fiché et tatoué

    en décembre 2020 / un premier mien ami a tenté de se suicider à cause / semble-t-il / de l’horizon totalement bouché par la Terreur sanitaire

    il y a vraiment un côté Apocalypse dans cette focalisation diabolique sur le masque-muselière en fRance  : Moi / je suis l’Alpha et l’Oméga / dit le Seigneur-Masque / Celui qui est & qui vient / le Remède-(impuissant)-sur-tout  :

    MAINTENANT JE T’INTERDIS DE SORTIR
    MAINTENANT TU NE PEUX PLUS SORTIR SANS MASQUE
    MAINTENANT TU N’AS PLUS BESOIN DE SORTIR

    la paranoïa est une pathologie contagieuse / qui érode les liens traditionnels pour soumettre les psychismes à de nouveaux liens / ceux de l’idéologie (par exemple / le covidisme)

    la Covid-19 est une maladie politique — la première de l’Histoire — telle est sa réelle nouveauté (en plus d’être / peut-être / je dis bien  : peut-être / la première bombe génétique — je dédie cette pensée à Paul Virilio)

    en 2021 il s’agit de choisir entre la soumission au fascisme sanitaire et la dignité — faites vos jeux  !

    ma réponse au paSS sanitaire  : cet hameçon grossier fut saisi avec tout l’emportement que ses promoteurs en pussent donner

    les Covidistes radicaux  : la fureur & le déraisonnement le plus inepte était leur réplique / & cette ivresse était telle qu’à qui n’en a pas été témoin / elle est & sera entièrement incroyable — telle est la principale raison d’existence de ce livre

    le fascisme est une doctrine qu’on approuve ou combat — la bêtise n’en est pas une

    oh  ! sans doute le mot de liberté ne sera pas rayé du dictionnaire — mais il ne manquera pas de sophistes pour établir que / la collectivité covidiste ayant établi une fois pour toutes le Bien et le Mal / est libre qui obéit & esclave qui lui résiste

    la terreur covidiste ‘made in France’ est l’héritière directe de la Terreur révolutionnaire de 93 — je dois cette pensée à Pascal Boulanger

    il semble ne plus rester que la Terreur pour nous obliger à penser qu’il se passe encore quelque chose — & voilà pourquoi la Covid-19 a tant occupé les pages des médias  : la Terreur sanitaire est le dernier combat entre les hommes  :

    WAR IS PEACE
    FREEDOM IS SLAVERY
    MASK IS FREEDOM

    Crédit : Bibliothèque turbulente, 19 décembre 2021


  • Albert Gauvin | 28 septembre 2020 - 21:20 8

    Un nouvel extrait inédit du premier chapitre du prochain livre de Guillaume Basquin. LIRE ICI.