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Les Riches Heures de Brice Depasse

La Venise de Sollers

D 4 septembre 2006     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Brice Depasse est chroniqueur littéraire à la radio Nostalgie Belgique et il a eu la bonne idée d’archiver sur son blog, ses interviews radio, dont quelques entrées sont dédiées à la Venise de Sollers.

A chaque époque la forme appropriée pour en transcrire les "riches heures" et celle de la voix et du Verbe est plutôt essentielle à notre espèce.

Retrouvez, ci-après, une image des entrées dédiées à La Venise de Sollers et les liens vers son blog "Lire est un plaisir".








De "Femmes" à "Casanova", en passant par "La fête à Venise", Sollers a célébré la ville qu’il découvrit jeune homme, peu de temps après Jean Giono. Alors, imaginez-vous dans le hall d’un grand hôtel en compagnie de Philippe Sollers. Vous parlez de quoi ? De Venise, bien sûr. Cette cité qui lui sert d’écritoire et de toile de fonds à la majorité de ses ouvrages.

«  Je la suis en pensée sur les places et les ruelles, sur les ponts et au bord de l’eau, le cliché est juste, la cité idéale a été conçue et construite au moins une fois. »
15-08-2006, Brice





Venise, ville fermée, elle se laisse clicher, visiter, traverser, mais elle se refuse. Rien de plus émouvant, dans les vieilles photos de la fin du siècle dernier ou du début du nôtre (qui s’achève, à son tour en queue de poisson) que les moments où la foule est dehors, soudain noire, passionnée, sans âge, pour les vrais évènements collectifs (ils sont rares. Venise est une ville où l’on est seul comme nulle part ailleurs) : marchés processions, régates, visite annuelle rendue aux morts. Ils sont au large, les morts, dans l’île de Saint-Michel, on y allait autrefois par un de bateau sur l’eau, cette île est un négatif de la ville. Les morts soutiennent Venise de loin, ils sont en transit, comme les vivants, ils flottent, comme eux, dans une parenthèse de surface.
Cercueil couché, barques, rameurs debout .... La rame, mieux encore que la gondole, est un autre emblème de Venise, elle appelle tout de suite avec cette réminiscence enfuies l’Odyssée.
Ulysse est vénitien, aucun doute, je n’ai jamais mieux lu qu’à Venise Homère ou la Bible.
Les mots, ici, veulent vivre, résonner, se recharger, parler d’eux-mêmes comme s’ils étaient prononcés par l’air, comme s’ils émanaient directement de lui, sens rythme, musique.
Du bon usage de Venise : choisir son quartier, son pont, son ponton, son quai, son jardin, ne plus en bouger, lire ou écrire. On circule les premières fois que l’on vient, on court partout, on veut tout voir. Ensuite, à quoi bon ? la partie est aussi grande et profonde que le tout, l’ensemble est présent dans chaque fragment, comme dans un bon livre, un bon tableau, un bon madrigal, un bon concerto. Matin, matinée, midi, début d’après-midi, fin d’après-midi, soirée, nuit, autant de théâtres indépendants dans le théâtre, aucune progression, cercles, sphères. La pointe de la douane de mer, avec son globe d’or, résume cette stabilité de compas.

17-08-2006, Brice

Livre de bord

Autres liens
Velasquez Ménines {JPEG} Lire est un plaisir (le blog de Brice Depasse)
Nostalgie Belgique.

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