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Poutine jusqu’à quand ?

D 19 mars 2018     A par Albert Gauvin - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Vladimir Poutine, président russe réélu ce dimanche 18 mars 2018.
Zoom : cliquez l’image.


Sollers écrivait le 30 juillet 2000 dans le JDD : « Il est membre du club, Poutine, un peu récent, c’est vrai, mais il va s’améliorer. » (Littérature et politique, Flammarion, 2014, p. 51)

Poutine (65 ans) s’est sensiblement amélioré. Il vient d’être réélu pour la quatrième fois à la présidence de la Russie avec 76,66 % des suffrages exprimés (63,60% en 2012). Depuis 18 ans, il règne. C’est certes moins bien que le camarade Staline, mais c’est mieux que le sinistre Brejnev. Pour le Chinois Xi Jinping (65 ans en juin), en qui certains révisionnistes voient le successeur de Mao, la marche sera encore longue.

Ça a débuté comme ça.

LE CRIME EN PLEIN JOUR

Le mot russe est opouskanie. Il est connu de tous, en Russie, pour désigner la sodomie imposée par les matons du goulag. On nous apprend qu’il s’agit d’une pratique courante dans les camps de « filtration » tchétchènes. Les soldats russes donnent à chacun des détenus un nom de femme et les convoquent ainsi à tour de rôle, en tuant sur place celui qui ne répond pas immédiate­ment. Un témoin : « Ils savent qu’on peut supporter les bombes, les tirs, la mort, mais ça, cette affaire terrible : terrible, on en sort l’âme cassée. » Le même témoin : « Nous vivons dans la merde, le froid, le béton. » Des femmes nues défilent devant les soldats. Le viol des hommes se pra­tique avec des bâtons plongés dans la neige. Des meurtres ont lieu au hasard, femmes enceintes, bébés flingués dans leurs berceaux. Cassage des os ou de la colonne verté­brale, hurlements, drogue et vodka pour les bourreaux. On lime même les dents, c’est un raffinement de Cosaques. Un témoin : « Cette femme a été battue et violée quatre jours durant, on entendait tout, elle a été libérée à moitié morte, après le passage d’une espèce de commission. »
Car, voyez-vous, il y a des « commissions ». Le cama­rade Poutine, après avoir encaissé ses dix milliards de dollars, a même nommé un « M. Droits de l’homme ». Nous sommes à un mois et demi de l’élection présiden­tielle russe, et il s’agit d’habiller un peu les choses pour les conseils d’administration de la Deutsche Bank, du Crédit lyonnais, de la BNP et de la Bank of America. Vous êtes d’ailleurs priés de ne pas exagérer vos sentiments négatifs à propos de la faiblesse ou du cynisme des puissances démocratiques. Car ce pourrait être pire. Nous faisons ce que nous pouvons, nous évitons une aggravation de la situation. Peu importe que le disque ait été passé cent fois, mille fois, il sert encore. Il faut compo­ser avec la Mafia, puisque cela pourrait être beaucoup plus catastrophique. Digestion, digestion.

Le JDD, 27/02/2000. »
Littérature et politique, p. 30-31 [1].

Mars 2018. En Tchétchénie, Poutine vient d’obtenir plus de 90 % des suffrages.

Retour sur une « Résistible ascension » [2] à partir, principalement, des documentaires de Jean-Michel Carré que j’ai mis en ligne depuis 2015 [3].

Mis en ligne le 4 novembre 2015

France 2, après une série de trois documentaires consacrés à "l’Apocalypse Staline", riche d’archives inédites mais peu dialectique, programmait mardi soir un film de Jean-Michel Carré : Poutine... pour toujours ?. Jean-Michel Carré avait déjà réalisé en 2007, Le système Poutine. A un moment où Poutine s’impose comme un acteur encombrant de la politique internationale qui fascine l’extrême-droite et de nombreux dirigeants de la droite française (après Fillon, Sarkozy), il n’est pas inutile de revoir ces deux documentaires.

Le système Poutine

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Poutine pour toujours

Quatorze ans, bon sang ! Quatorze ans qu’il dirige la Russie d’une main de fer, et Poutine, tel un tsar sur son trône impérial, semble déterminé à présider son pays pour toujours. Cette perspective révolte une partie de la population qui hurle désormais sa colère et sa soif de changement dans la rue, au risque de prendre des coups. Car Poutine réprime comme jamais — la libération des Pussy Riot et de l’oligarque Khodorkovski n’étant bien entendu que des concessions faite à l’Occident pour échapper au boycott des Jeux de Sotchi.

Fort de ses victoires sur la scène internationale, le chef du Kremlin ne joue plus à l’apprenti démocrate. Il se pose aujourd’hui clairement en chef absolu d’une Russie regorgeant de gaz et de pétrole, et en gardien de valeurs morales (hautement conservatrices, cela va de soi) qui auraient déserté l’Occident dépravé...

Jean-Michel Carré reprend donc Poutine là où il l’avait laissé, en 2007, dans le passionnant Système Poutine. Quelques mois plus tard, en 2008, contraint de raccrocher son costume de président (la constitution ne tolère que deux mandats consécutifs), Poutine fomente un coup diabolique : il fait élire sa marionnette Dmitri Medvedev, qui le nomme Premier ministre. Entremêlant témoignages — d’historiens, d’opposants et de soutiens à Poutine — et archives de qualité, puisées jusque dans les émissions de variétés, Poutine pour toujours ? révèle la vraie nature du chef du Kremlin. Et esquisse son grand dessein, la constitution d’une sorte d’Union soviétique, l’Eurasie... — Marc Belpois

Sept ans après Le Système Poutine, Jean-Michel Carré, dresse un nouveau portrait du président russe, intitulé Poutine pour toujours ? « Je n’avais pas prévu de refaire un film sur lui. Sa politique dure, arbitraire m’y a contraint. Il fallait filmer cette nouvelle métamorphose, bien plus violente que celle observée dans mon premier film », estime Jean-Michel Carré. Dans le documentaire, diffusé ce mardi sur France 2 à 22h50, le cinéaste montre que comment Vladimir Poutine est devenu le maitre absolu de la Russie et a inventé, après les élections truquées de 2012, la « démocrature monarchique ». Mais comment tourne-t-on un film sur le chef du Kremlin dans un pays contrôlé par ce dernier ?

Rentrer en Russie

Le cinéaste a réactivé son solide réseau de contacts. « Paradoxalement, j’ai obtenu des témoignages assez facilement. Les intervenants ont été courageux et ont tous tenu, malgré la prise de risque, à témoigner à visage découvert car ils veulent se battre. »

« Il fallait que j’aille voir ce qui se passe en Russie », relate le cinéaste. Première difficulté pour le cinéaste, auteurs de films interdits en Russie : obtenir un visa. « Je suis passé par une demande groupée via une compagnie de tourisme », explique-t-il. A son arrivée, il est le seul de l’avion à avoir son passeport bloqué aux douanes. « Cela a duré une demi-heure. Je ne sais pas ce qu’ils ont vérifié, mais je suis passé. »

Redoubler de précautions

Filmer coute que coute. « S’il ne m’avait pas laissé rentrer, j’avais un plan B. Je connais des interprètes, des techniciens là-bas ». Sur place, le cinéaste redouble de précautions. « J’ai dormi chez des amis. Je me suis rendu à mes rendez-vous en prenant un taxi, puis un métro, puis un bus. Ma caméra était planquée dans une valise. Au restaurant, je me plaçais toujours dos au mur », énumère-t-il. Surtout ne pas être suivi. « Le FSB est moins efficace que le KGB. Il sont trop occupés à spolier les petits entrepreneurs, leur système a des failles », lâche-t-il.

Adapter son emploi du temps

Le tournage a duré quatre semaines, entre juin et septembre 2013. « J’ai profité des JO de Sotchi », explique-t-il. Un moment où Vladimir Poutine, qui craignait le boycott des pays occidentaux, avait lâché un peu lest. Les dates de tournages ont imposé un rythme de montage soutenu, « deux mois au lieu des six habituellement consacrés à un documentaire comme celui-ci ».

Autre difficulté, trouver des images d’archives. « Les télévisions nationales russes refusent de vendre des images de Vladimir Poutine. Nous sommes passé par des télévisions régionales et étrangères. » Pari gagné, Jean-Michel Carré a réussi à montrer les inquiétantes ambitions d’un aspirant Tsar, l’Eurasie. 20 minutes

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Mis en ligne le 16 décembre 2016

Poutine, le Nouvel Empire

Après avoir consacré un premier film à l’obscure ascension de Vladimir Poutine, médiocre fonctionnaire du KGB devenu le dirigeant tout puissant de la Russie (Le mystère Poutine), France 2 programmait le jeudi 15 décembre un nouveau documentaire de Jean-Michel Carré sur le maître du Kremlin. Après deux précédents films très critiques « Le Système Poutine » et « Poutine pour toujours », le documentariste tente cette fois d’expliquer pourquoi et comment Poutine, après s’être imposé sur la scène russe, est devenu un acteur incontournable de la scène internationale, notamment à cause du conflit syrien (ou grâce à lui). J.-M. Carré a-t-il retourné sa veste ? S’est-il laissé piéger par sa volonté de comprendre ? S’est-il laissé séduire par « l’intelligence » (elle est indéniable [4]) de Poutine ? Si, à l’évidence, le documentaire manque de distance par rapport aux positions du leader russe, il a le mérite de pointer avec beaucoup de perspicacité les aveuglements et les erreurs répétés des chancelleries occidentales (depuis plus de 15 ans) qui ont permis un retournement de situation géopolitique aussi spectaculaire que prévisible. Que, cependant, dans un monde devenu fou, Poutine fascine désormais certains dirigeants américains (Donald Trump) ou européens (Orban, Le Pen et, maintenant Fillon — qui n’a jusqu’ici pas eu un mot sur les crimes perpétrés par le régime syrien et son allié à Alep) n’a pas fini d’inquiéter. — A.G.

Le documentaire de Jean-Michel Carré

Avec l’intervention russe en Syrie le 30 septembre dernier, le monde a changé d’une manière sans doute aussi radicale que lors du 11 septembre 2001. Un tournant décisif de l’Histoire s’écrit à un rythme de plus en plus soutenu. Ennemi à abattre un jour, partenaire incontournable le lendemain, Vladimir Poutine souffle le chaud et le froid mais avance toujours ses pions. Après la Tchétchénie, la Géorgie et l’Ukraine, voici ses armées en Syrie, pour la première fois hors de son territoire depuis la chute l’ex-URSS. Allié préférentiel des grands émergents, de la Chine à l’Iran, il s’affirme également comme un modèle de rechange à l’extrême droite et parfois de la droite, comme de l’extrême gauche de l’échiquier européen.

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Interview de Jean-Michel Carré

Sur France Inter, L’Instant M. Sonia Devillers reçoit Jean-Michel Carré.

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Critique

Avec l’intervention de son armée en Syrie et son veto diplomatique à l’ONU pour trouver une solution à ce conflit, la Russie est revenue au centre de la scène internationale. Après avoir été marginalisée et souvent méprisée par les dirigeants occidentaux, la Fédération russe veut maintenant redéfinir – à sa manière – les grands équilibres géo-stratégiques issus de la fin de la guerre froide.

A la manœuvre, on retrouve Vladimir Poutine, chef absolu de la nouvelle Russie depuis dix-sept ans qui, tout en tenant son pays d’une main de fer, s’impose désormais comme un chef d’Etat incontournable voulant redonner à la Russie sa puissance d’antan. Que ce soit en Tchétchénie, remise au pas au prix de centaines de milliers de morts, en Géorgie ou en Ossétie, le maître du Kremlin a montré de nouveau ses ambitions, particulièrement en faisant revenir la Crimée dans le giron Russe et en s’opposant militairement aux indépendantistes ukrainiens qui voulaient basculer dans le camp de l’Europe. Dans le premier documentaire de cette soirée spéciale consacrée à Vladimir Poutine, Laurent Delahousse revient sur tous ces conflits et décrypte à travers de nombreuses archives et témoignages l’ascension de ce « fils du peuple », pur produit du système soviétique.

Réflexe nationaliste

Ils racontent comment cet ex-lieutenant-colonel assez terne du KGB (le service de renseignement de l’URSS) est devenu un des maîtres du monde qui avance ses pions en s’alliant avec les pays émergents. D’un point de vue intérieur, il s’appuie surtout sur son peuple qui, dans un réflexe nationaliste après le démantèlement de son empire, rêve toujours de grandeur.

C’est ce renouveau que tente d’expliquer Jean-Michel Carré dans son documentaire Poutine, le nouvel empire, diffusé en deuxième partie de soirée. Déjà auteur de plusieurs films passionnants sur les soubresauts de la Russie, Jean-Michel Carré avance que Poutine est en train de gagner la bataille qu’il a engagée avec le modèle libéral occidental en constituant, comme à l’époque de la guerre froide, un nouveau bloc, l’Eurasie, constitué de fortes puissances (la Chine, l’Iran et l’Inde) dont le centre stratégique serait Moscou.

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Poutine le 3 mars 2016.

Interrogés par le réalisateur, de nombreux observateurs et experts estiment que ce plan de bataille rencontre un écho favorable auprès du peuple russe qui, malgré la corruption institutionnalisée et le délabrement des infrastructures, plébiscite Poutine, autocrate assumé mais capable, selon eux, de régler les difficultés du pays. Une détermination qui, selon le réalisateur, séduit aussi à l’étranger, particulièrement dans les petits pays de la vieille Europe, qui voient avec Poutine un moyen de ne pas être marginalisés par le nouvel ordre mondial. On comprend dès lors pourquoi l’élection surprise, en novembre, à la présidence des Etats-Unis de Donald Trump, piètre stratège en politique internationale, a ravi les dirigeants russes…

Mais il n’y a pas que quelques nations à être séduites par le ­combat de Poutine. Le chef du Kremlin a aussi compris que, pour faire avancer ses idées, il fallait s’appuyer sur l’ensemble des partis de l’extrême droite nationaliste. A travers toute l’Europe (Angleterre, France, Belgique…), les leaders extrémistes en pleine ascension, à l’image de Marine Le Pen en France pour le Front national, voient en Poutine un modèle de rechange et qui n’hésite pas à les aider financièrement, comme l’ont montré plusieurs enquêtes.

La bataille pour un nouvel ordre mondial ne fait que commencer et la Russie a de grandes chances de distribuer les cartes dans les toutes prochaines années.

Daniel Psenny, Le Monde du 15 décembre 2016.

EN IMAGES. Les mille talents de "Super Poutine"
LIRE AUSSI : Andreï Makine : un poutinien à l’Académie française
L’extrême droite autrichienne s’allie à Russie unie, le parti de Vladimir Poutine

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Mis en ligne le 29 mars 2017

Poutine, les extrêmes droites et le populisme en Europe

Fans de Poutine

Pourquoi la Russie de Vladimir Poutine s’applique-t-elle à tisser des liens avec les partis populistes d’extrême droite européens ? Enquête en Slovaquie, en Bulgarie et en République tchèque.

Depuis des années déjà, les analystes observent un rapprochement progressif entre le Kremlin et les partis populistes d’extrême droite européens. Prises de positions voisines, usage des mêmes canaux médiatiques… Des personnalités politiques russes vont jusqu’à afficher ouvertement leur soutien au Front national ou au parti eurosceptique Alternative pour l’Allemagne (AfD). Une amitié qui se veut réciproque, comme en témoignent les voyages à Moscou de divers représentants populistes, du président du FPÖ autrichien à celui du parti néonazi hongrois Jobbik. Un réseau de contacts étroits s’est ainsi formé avec la Russie de Poutine, autour d’un nationalisme affirmé et d’un rejet commun des idéologies libérales. Pourquoi le Kremlin mise-t-il sur ces alliances ? Dans quelle mesure cette coopération a-t-elle une influence sur l’Union européenne ? S’agit-il uniquement de rapprochements de circonstance, ou bien d’un plan de déstabilisation des alliances occidentales que constituent l’UE et l’OTAN ? Alors que quinze des vingt-quatre partis d’extrême droite les plus influents du continent proclament ouvertement leur soutien à la Russie, sur fond de tensions croissantes entre l’Union et le Kremlin, cette évolution présente un caractère explosif. Enquête en Slovaquie, Bulgarie et en République tchèque, où le rejet des institutions européennes et l’admiration du modèle russe sont particulièrement forts.

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Le populisme à la barre

Alliances nouvelles en Europe de l’Est

Unies dans leur rejet des réfugiés, la Pologne et la Hongrie se font les apôtres de la triade "nation, traditions, valeurs chrétiennes". Avec quelles conséquences sur les libertés individuelles ? Et pour l’avenir de l’Union européenne ?

Avec leurs deux alliés du groupe de Visegrád (République tchèque et Slovaquie), la Pologne et la Hongrie ont affiché le même refus catégorique d’accueillir les réfugiés. Mais le rapprochement ne s’arrête pas là : lors d’une rencontre en septembre 2016, Viktor Orbán, Premier ministre hongrois, et Jaroslaw Kaczynski, président du parti conservateur au pouvoir en Pologne, plaidaient ensemble pour une grande "contre-révolution culturelle" en Europe. Au programme : un renforcement du statut des États-nations au sein de l’Union, et un rejet des valeurs européennes de tolérance au profit d’un triptyque très conservateur – respect de la nation et des traditions, retour aux racines chrétiennes. En matière de politique intérieure, les gouvernements des deux pays ont déjà engagé une refondation de l’État, de l’économie et même de la société. En Pologne comme en Hongrie, la résistance politique s’organise, portée par des opposants décidés à défendre les libertés individuelles. À Varsovie, les membres du Comité pour la défense de la démocratie montent ainsi jour et nuit une garde silencieuse, et les manifestations s’amplifient de jour en jour.

Ce documentaire dresse un parallèle entre l’évolution politique des deux pays. Il interroge les objectifs, les moyens et les conséquences de ces bouleversements, tout en en cherchant les causes, notamment dans l’histoire récente de la Pologne et de la Hongrie d’après 1989. Sur place, il donne la parole aux partisans comme aux adversaires de ce tournant populiste.

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Spectacle


Ambassade de Russie, 18 mars. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Depardieu qui a désormais élu résidence en Russie a voté Poutine. La télévision avait fait le déplacement comme pour tous les hommes politiques d’envergure, nous le montrant en train de déposer son bulletin dans l’urne à l’ambassade de Russie à Paris.
« Ce n’est pas parce qu’il devait être au Salon du Livre, ce 18 mars, qu’il en a oublié son devoir citoyen. Ce dimanche, l’acteur français Gérard Depardieu — qui est toujours citoyen russe depuis 2013, en plus de sa nationalité belge — a été voté pour la présidentielle russe.
Et au vu de ses déclarations passées, nul doute que notre Gégé national a voté pour son bienfaiteur, celui qu’il appelle "son ami", Vladimir Poutine. Souvenez-vous, en 2012, le président russe avait déclaré au sujet de l’interprète d’Obélix, "Nous avons des relations amicales". Et d’ajouter : "Si Gérard veut vraiment avoir un permis de séjour ou un passeport russe, c’est une affaire réglée, et de manière positive". » (Public)

Sur la grande amitié entre l’acteur et le président russe, Sollers écrivait en 2013 :


Gérard Depardieu et Vladimir Poutine le 5 janvier 2013 en Russie.
Zoom : cliquez l’image.

HOMOPHOBIE

Je suis révolté par l’homophobie qui suinte de tous les commentaires sur la rencontre historique Depardieu-Poutine. Quoi ? Ces deux hommes s’aiment, s’embrassent, s’étreignent, se marient quasiment en public devant la planète stupéfaite, et personne n’applaudit cette victoire française ? On pouvait redouter le choc érotique entre un scooter et un tank. Mais pas du tout : notre jeune et gros marié, aux anges, enfile sa robe folklorique en Mordovie (merveilleuse république pénitentiaire), il est aidé par des jeunes femmes locales rayonnantes de santé, il aime les hommes de pouvoir, Depardieu ; cet accouplement Raspoutine-Poutine lui va comme un gant. On murmure déjà que l’Église orthodoxe, beaucoup plus ouverte que la catholique, serait prête, secrètement, à bénir cette union. Une autre rumeur prétend que cent mille femmes ukrainiennes se sont déjà manifestées pour être les mères porteuses des spermatozoïdes conjugués des deux pères célèbres. En Ukraine, beau pays moderne comme la Mordovie, une mère porteuse est rétribuée 15 000 euros par bébé. Voilà du redressement productif !

RUSSIE

Depardieu nous rappelle que son père était un communiste français à l’ancienne, un homme, dit-il, qui écoutait tous les jours Radio-Moscou. On imagine le petit Depardieu entendant, très jeune, les allocutions du "petit père des peuples", c’est-à-dire de Dieu lui-même : "Ici le maréchal Staline ! Prolétaires français, unissez-vous !" C’est visiblement une expérience enfantine que notre président Hollande a du mal à comprendre. Depardieu lui a pourtant parlé au téléphone : "Je lui ai dit que j’aimais Vladimir Poutine, et que la Russie était une grande démocratie." L’ex-URSS, puisque Brigitte Bardot a songé, elle aussi, à la rejoindre, pourrait maintenant s’appeler Usine de recyclage des stars séniles. Poutine va-t-il tromper Depardieu avec Bardot dans un hôtel Goulag cinq étoiles ? Après tout, le mariage pour tous peut tolérer de petites infidélités. (lepoint.fr)

*

[1Le nom de Poutine fait l’objet de 52 entrées dans le livre.

[2Bernard-Henri Lévy a intitulé l’une de ses interventions « La Résistible ascension d’Arturo Poutine », allusion à « la Résistible ascension d’Arturo Ui » de Brecht. Cf. Le poutinisme est un fascisme.

[3Jean-Michel Carré est aussi l’auteur de Chine, le nouvel empire.

[4Avoir mis en échec un Kasparov en témoigne.

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