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Jacob Rogozinski, Djihadisme : le retour du sacrifice

D 12 novembre 2017     A par A.G. - Aliocha WALD LASOWSKI - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Djihadisme : le retour du sacrifice

Quel est cet ennemi qui nous attaque à la terrasse des cafés, dans une école, une salle de concert, une promenade ou une église ?
Un philosophe répond ici à cette question. Il montre que les notions de « terrorisme » ou de « radicalisation » nous empêchent de penser la terreur djihadiste. Il se demande où ce dispositif puise sa force d’attraction, dans quel contexte historique et social il est apparu, s’il est l’indice d’un « retour du religieux » et quelle relation il entretient avec la religion musulmane. Car le djihadisme a tout à voir avec l’islam, mais il n’est pas la vérité de cette religion : en voulant la réaffirmer, il la retourne contre elle-même.
Certains aspects de l’islam apparaissent alors au grand jour : son utopie émancipatrice, sa conception du pouvoir politique, sa dimension messianique et la rivalité qui l’oppose aux deux autres religions abrahamiques. Nous découvrons des « trésors perdus » de cette tradition. Ils pourraient nous aider à combattre la cruauté archaïque que les religions cherchent à contenir et qui fait aujourd’hui retour avec les martyrs-meurtriers du djihad. (éditions ddb)

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Table

Introduction :
Quel est notre ennemi ? 9
1. D’efficaces et froides machines à tuer 27
2. De la colère à la haine 47
3. Le prolétaire et le plébéien 81
4. Le tyran et le prophète 103
5. La malédiction d’Omar 131
6. Le messie et l’apocalypse 159
7. Le complexe d’Ismaël 189
8. Le retour du sacrifice 217
Conclusion :
Surmonter la haine 243
Bibliographie 257

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Introduction

Qui est notre ennemi ?

Nous qui vivions depuis si longtemps loin de l’horizon de la guerre, nous ne savions plus ce qu’était un ennemi. Il a fallu que tombent sous les balles des assassins des enfants et un enseignant juifs, des soldats, puis des journalistes, des policiers et des Juifs, encore, et tant d’autres, à la terrasse des cafés, dans une salle de concert, sur une promenade, dans une église, pour que nous comprenions à nouveau le sens de ce mot. A la stupeur, à l’effroi, a succédé le désir de savoir qui est cet ennemi qui s’en prend à nous si sauvagement. Qu’est-ce donc qui motive sa haine envers nous ? Il est toujours difficile de repérer les « causes » de la haine. Si elle peut surgir sans raison, elle ne saurait cependant se déchaîner sans se donner à elle-même des raisons, des motifs de haïr ce qu’elle hait. Il serait trop simple d’ignorer ces raisons en prétextant que nos ennemis sont des barbares, des nihilistes ou des fous. Et d’ailleurs, est-ce uniquement la haine qui les anime ? Ne vient-elle pas se nouer à d’autres sentiments, à un désir de vengeance, une révolte, une espérance ? On prétend parfois qu’en cherchant à comprendre ce qui fait agir un criminel, on risque de l’excuser. Il est pourtant impossible de combattre un ennemi si l’on ne s’efforce pas de le connaître, et cela ne signifie en aucun cas le justifier.
Il n’est pas faux de dire que l’ennemi est toujours la « figure de notre propre question ». En nous interrogeant sur ce nouvel ennemi, nous sommes amenés à nous mettre en question — « nous », citoyens des sociétés démocratiques d’Occident. Il n’est pas question de nous sentir responsables de la haine qui nous vise, coupables du malheur qui nous frappe, mais de porter un diagnostic sur ce que nous sommes. Car il ne s’agit pas d’un ennemi étranger qui surgirait d’un pays lointain pour nous agresser. La plupart des auteurs des récents attentats de Toulouse, de Paris, de Bruxelles ou de Londres sont nés ou ont grandi en Europe. Ils ont vécu parmi nous ; ce sont nos voisins, nos semblables, nos frères. Qu’est-ce qui a pu amener des citoyens français à prendre les armes contre leur propre pays ? Pour quelles raisons des hommes et des femmes, enfants d’immigrés ou Français dits « de souche », marginaux et petits délinquants le plus souvent, mais aussi un étudiant, une aide-soignante, un éducateur apparemment « bien intégrés » dans la société, ont-ils envisagé de massacrer d’autres Français ? De quelle crise, de quelles tensions souterraines, de quels antagonismes leur engagement mortifère est-il l’indice ? Il est impossible de résister à un tel ennemi si l’on refuse de se confronter à ces questions.
Qui est donc notre ennemi ? Dirons-nous qu’il s’agit du « terrorisme islamiste » ? Faut-il incriminer cette obscure malédiction, la « radicalisation » ? Ces mots que nous utilisons naïvement nous égarent et il serait temps de les écarter. Il ne s’agit pas de substituer un terme à un autre, mais d’éviter de se laisser piéger par les notions­ fétiches du discours dominant : d’essayer de penser autrement, en échappant aux confusions et aux méprises que ces notions véhiculent. Des mouvements comme Al-Qaida ou Daech se réclament d’une version extrémiste et fanatique de l’islam que l’on peut nommer, faute de mieux, le djihadisme. Ils considèrent en effet qu’ils sont engagés dans une guerre sainte, un « djihad global » dont la cible principale est cet Occident mécréant et corrompu qu’ils se donnent pour but d’affaiblir, de déstabiliser et finalement de détruire. Comment comprendre le phénomène djihadiste ? Comment interpréter cette résurgence, dans notre époque « éclairée », d’un fanatisme religieux qui semblait appartenir à un lointain passé ? Est-ce l’indice d’un « retour de la religion » ? Ou bien d’une cruauté et d’une violence archaïques qui feraient leur retour à travers le religieux ?
Sa nouveauté, son étrangeté ébranlent nos certitudes et l’on s’empresse de l’assimiler à des phénomènes historiques du passé que l’on s’imagine bien connaître. On dénonce ainsi de façon incantatoire l’« islamo-fascisme » ou le « totalitarisme islamique », comme si cela permettait de dissiper l’énigme. Et pourtant, il faut l’avouer, ce qui se présente comme « l’État islamique », Daech, demeure profondément énigmatique. En quoi est-ce un État ? Au nom de quel islam se dit-il islamique ? À la fois politique, militaire et religieux, transnational et enraciné dans un territoire, archaïque par certains aspects et moderne par beaucoup d’autres, ce mouvement déjoue toutes nos catégories. Quant à sa stratégie et ses objectifs, ils demeurent pour nous incompréhensibles. Il a réussi à s’emparer rapidement d’un vaste territoire et de plusieurs grandes villes en Syrie et en Irak. Il leur impose un régime dictatorial conforme à sa conception de la charia. Et voilà que, au lieu de chercher à défendre son territoire et à consolider son « Etat », il se lance dans une guerre sans merci contre toutes les forces présentes dans la région et se met presque aussitôt à organiser une série d’attentats en Occident ; si bien qu’il doit s’affronter à une coalition internationale bien plus puissante que lui, ce qui ne peut que précipiter sa défaite. Qu’est-ce qui motive cette stratégie qui nous semble irrationnelle et suicidaire ? Aurait-elle un rapport avec la technique de combat qu’il privilégie, celle de l’attentat-suicide ?
Ce qu’il y a de plus étrange dans ce mouvement est la fascination qu’il exerce sur ceux qui sont prêts à tuer et à mourir pour lui. En quelques mois, des dizaines de milliers de combattants venus du monde entier ont rejoint ses rangs, en emmenant quelquefois avec eux leurs femmes et leurs enfants. L’appel à défendre les « musulmans opprimés » et la proclamation du « califat » suffisent-ils à en rendre compte ? Ce qui, dès sa création, a distingué Daech des autres organisations djihadistes est son implacable cruauté. Plus exactement, c’est l’exhibition médiatique de cette cruauté : on ne compte plus les supplices, les égorgements, les décapitations qu’il a soigneusement mis en scène pour les diffuser sur Internet. Que faut-il penser de ces spectacles atroces ? De quoi sont-ils l’expression ou le symptôme ? Dans quelle mesure ont-ils renforcé son pouvoir d’attraction ?
Certes, il semblerait que la menace s’éloigne déjà : le soi-disant « Etat islamique » recule sur tous les fronts et ceux qui l’avaient rejoint reviennent peu à peu dans leurs pays d’origine. Mais qui peut assurer que de nouveaux attentats ne nous frapperont pas ? Qu’est-ce qui nous prouve que, après que cette organisation aura été vaincue, une autre ne surgira pas, comme elle-même avait surgi des décombres d’Al-Qaida ? Qu’est-ce qui nous garantit qu’un nouveau foyer djihadiste n’apparaîtra pas en Egypte, au Maghreb ou ailleurs ? Même si le djihadisme est vaincu sur le plan militaire, sa défaite ne sera pas définitive aussi longtemps qu’il conservera sa puissance d’attraction. Tant que les conditions qui lui ont donné naissance resteront inchangées, il sera encore fécond, le ventre d’où est sorti Daech.
A quoi bon, nous dira-t-on, écrire un livre de plus sur ce sujet ? Tant d’analyses ont déjà été publiées par des spécialistes érudits de l’islam et de l’« islamisme », d’éminents experts en « radicalisation », politologues, sociologues, psychiatres et psychanalystes... Constatons que, jusqu’à présent, aucun philosophe ne s’est sérieusement confronté à cette question. Qu’est-ce qu’une approche philosophique pourrait nous apprendre sur le phénomène djihadiste ? [...]

FEUILLETER LE LIVRE

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Entretiens avec Jacob Rogozinski

ÉCOUTER : Jacob Rogozinski sur akadem.

Jacob Rogozinski sur RTS

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Penser le djihadisme

par Aliocha Wald Lasowski


Jacob Rogozinski par Claude Truong-Ngoc, mars 2013.
Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Le djihadisme marque-t-il un retour du religieux ? Jacob Rogozinski pointe un déni de reconnaissance et une mutation des affects.

« L’histoire nous enseigne que la terreur comme moyen d’effrayer les gens au point de les amener à la soumission peut apparaître sous une extraordinaire variété de formes », annonce Hannah Arendt le 23 mars 1953 en ouverture d’un discours radiophonique. De quelle « forme » de terreur fanatique le djihadisme terroriste actuel relève-t-il quand il cherche partout à verser le sang et à semer la mort ? Après son analyse des persécutions collectives, à travers la chasse aux sorcières menée de la Renaissance aux Lumières, dans Ils m’ont haï sans raison (Cerf, 2015), le philosophe Jacob Rogozinski poursuit sa réflexion par une analyse éclairante sur les dispositifs de terreur de notre temps. « Com­ment comprendre le phénomène djiha­diste ? », se demande-t-il, « comment interpréter cette résurgence d’un fanatisme religieux qui semblait appartenir à un lointain passé ? Est-ce l’indice d’un "retour de la re­ligion" ? Ou bien d’une cruauté et d’une vio­lence archaïques qui feraient leur retour à travers le religieux ? » Pour répondre à ces questions cruciales, devant les tragédies et les atrocités qui nous frappent, Rogozinski définit un certain nombre de notions clés, au cœur du fanatisme mortifère. Djihadisme : le retour du sacrifice interroge la question de l’aliénation et celle du martyre, les divers états de violence et les figures de l’ennemi, qui permettent de mesurer les mutations du terrorisme politique et religieux, trans­national, enraciné et délocalisé à la fois.
« Comment briser ce cercle infernal où la terreur et la contre-terreur se nourrissent l’une de l’autre ? » Si le mot « terrorisme » terrorise déjà, Rogozinski invite à un détour par le concept de biopolitique développé par Michel Foucault, permettant de penser les manifestations de la terreur en termes de stratégies et de conjonctures. Pour Foucault, la notion de biopolitique désignait les transformations du pouvoir qui gouvernait les sociétés non seulement par des procédés normatifs et disciplinaires institutionnalisés, mais aussi par une gestion de la vie, des corps et des comportements sociaux, de la santé au bonheur, en passant par le contrôle de la satisfaction des désirs et des besoins. Un contrôle biologique et patho­logique des vivants. Chez Rogozinski, la no­tion de « dispositif » permet de prendre en compte ces ensembles d’agencements sin­guliers, à la fois hétérogènes et convergents, articulant institutions, médias de masse ou de propagande, savoirs et discours, images et représentations, pour capter des individus, contrôler leurs peurs et les assujettir dans leurs corps et leurs esprits. Traversés par des tensions, des lignes de fracture ou de fuite, les dispositifs se décomposent et se modifient, pour marquer un territoire, en­ gager une conquête, étendre une souve­raineté. « Foucault nous met en garde contre la méprise qui consiste à situer le pouvoir uniquement dans l’appareil de l’État », précise Rogozinski, qui analyse les modes d’ac­tion et d’organisation d’une cruauté barbare et sans pitié. Tout dispositif théologico­-politique déploie son champ d’attraction, mobilisant autant des motifs archaïques imaginaires que des réseaux de communi­cation performants. Pour opérer, pour en­chaîner l’individu, le dispositif le soumet à des représentations qui « donnent sens » à la révolte, à la haine ou à la souffrance sociale, à la désolation, à la détresse ou au sentiment de déracinement.

PART MAUDITE DE SOI

Rogozinski reprend ici la théorie du philo­sophe allemand Axel Honneth sur le désir de reconnaissance qui sous-tend l’existence d’un individu en société. Si aucune révolte ne justifie la barbarie, le massacre d’inno­cents et la mort, la destruction de l’estime de soi ou le sentiment d’extrême injustice, pris dans un dispositif extrémiste, condui­raient alors à une haine sans limites, comme à la racine d’un mal radical. L’adhésion au djihadisme est-elle la conséquence d’un déni de reconnaissance, d’une mutation affective de l’altérité entrée en conflit, dans un antagonisme absolu ? Pour Rogozinski, si le djihadisme s’en écarte, par son rapport à l’histoire et au religieux, nous pouvons cependant le confronter aux totalitarismes du 20e siècle. Prises dans des dispositifs de terreur, les populations subissent une mutation des affects, qui fait passer d’une terreur stratégique à une terreur absolue, dont la cible s’étend indéfiniment. « Qu’est­ ce qui rend possible une telle mutation ? », se demande pour conclure Rogozinski. Pour comprendre le règne de la tyrannie, il faut dégager les conditions sociales, politiques et historiques de l’échec du processus de reconnaissance. L’assassinat, le massacre de civils perpétré par les meurtriers terroristes à Toulouse, Londres, Paris, Bruxelles, Berlin, Nice ou Barcelone, est inspiré par la haine la plus atroce, un pur désir de faire le mal et de détruire. Pour le philosophe, « dès qu’une révolte contre l’injustice se laisse emporter par la haine, elle s’écarte de l’idée de justice qui la guidait. Elle peut être alors facilement captée par des dispo­sitifs de persécution et de terreur ». Et cette haine démesurée s’enracine dans une haine secrète envers soi-même : la part maudite de soi, dépourvue de rite symbolique pour se sublimer, conduit à l’attentat-suicide, meurtre de masse et auto-destruction de soi. C’est à penser le retour du sacrifice sous la forme de l’auto-sacrifice, le passage de la révolte à l’exercice de la terreur, à questionner les moyens du fanatisme pour assujettir les individus emportés dans une crise de reconnaissance, habités par la souf­france honteuse d’un abandon, que nous invite ici Rogozinski.

Aliocha Wald Lasowski, art press 449, novembre 2017, p. 67.

LIRE AUSSI : Roger-Pol Droit, Un philosophe face à Daech
Jacob Rogozinski, Le philosophe et le djihadiste (pdf)

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Le précédent livre de Jacob Rogozinski

Ils m’ont haï sans raison

Qu’est-ce que la haine ? Comment cet affect individuel peut-il animer des persécutions collectives ? C’est la logique de la haine, toujours active et menaçante, que ce livre s’efforce de comprendre. Pour cela, Jacob Rogozinski interroge le phénomène de la chasse aux sorcières qui s’est déchaînée de la Renaissance aux Lumières. Il décrit les techniques mises en oeuvre pour désigner, puis anéantir ses cibles. Il analyse la recherche du « stigmate diabolique », l’aveu d’une « vérité » extorquée sous la torture, la dénonciation d’un « complot des sorciers », la construction de la figure de « Satan » comme ennemi absolu. Les mêmes dispositifs se retrouveront sous d’autres formes, dans d’autres circonstances, de la Terreur jacobine aux procès de Moscou, et sous-tendent encore les récentes « théories du complot ». En étudiant ces expériences historiques, en repérant leurs différences et leurs similitudes, Jacob Rogozinski montre comment l’on passe de l’exclusion à la persécution, comment l’indignation et la révolte des dominés peuvent se changer en haine et se laisser capter par des politiques de persécution. Ses analyses nous éclairent ainsi sur les dispositifs de terreur de notre temps. (les éditions du cerf)

Philosophe, professeur à l’université de Strasbourg, Jacob Rogozinski a publié aux Éditions du Cerf Le moi et la chair en 2006, et Guérir la vie en 2011.

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Interview enregistrée au Bristol à Paris
Vendredi 13 Novembre, moins de 12 heures avant les attentats.
Jacob Rogozinski, finaliste du "Prix Bristol des Lumières 2015" dans la catégorie essai français.

Photo : Pierre Elmerich
Montage : Anne Sophie Jessel
Interview : Lilou macé
Son : Benjamin Souslarue
Lieu : Hotel le Bristol, Paris

VOIR AUSSI : Une histoire de la haine, avec Jacob Rogozinski

De la Loi à l’Ego. Entretien avec Jacob Rogozinski

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Anecdote. Je lis au début de la notice wikipedia sur Jacob Rogozinski : « Au cours des années 70, la découverte du génocide qui vient de se produire au Cambodge remet en question son militantisme maoïste et décide de son engagement en philosophie. Jacob Rogozinski initie alors une démarche dont le leitmotiv sera de "délivrer la pensée de la mort". »
C’est avant cette prise de conscience que j’ai connu Jacob Rogozinski, vers 1972 ; il avait 19 ans, moi, 26 ; il était plutôt althussérien ; j’achevais mon service militaire (dont Michel Debré n’avait pas voulu m’exempter) ; nous militions dans le "noyau marxiste-léniniste de Lille" (sic) [1], noyau qui me resta en travers de la gorge et que je quittais l’année suivante pour cause de désaccords à propos de "la ligne de masse" (comme dit encore aujourd’hui Badiou [2]), de la question de Staline, de la secte PCMLF qu’il était question, je crois, de rallier et de… Tel Quel (déjà). Pas d’autocritique de ma part. Mon "procès" eut lieu, paraît-il, après-coup et en mon absence. J’ai revu Jacob en 1997, à Reims, lorsqu’il vint faire une belle conférence sur Artaud. Beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts. Nous avons dîné ensemble. A l’évocation de notre jeunesse passée, je me souviens de ses mots : « Si on avait eu des fusils à l’époque, on t’aurait fusillé ! » et de ma réponse : « Oui, mais vous n’aviez pas de fusils ! » Méditer sur la terreur, y compris sous la forme dérisoire et risible qu’elle peut prendre parfois, est toujours salutaire. Salut ! A.G.

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[1Cf. la revue Promesse n°33, automne 1972.

[2Cf. Eloge de la politique, Flammarion, octobre 2017.

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