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Trump renverse l’échiquier international

"Visions of a Terminal Reality" par l’artiste Stephen Bowen

D 2 juin 2017     A par Viktor Kirtov - C 7 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


05/06/2017 : Ajout "L’intervention de Sollers sur Trump"

« VISIONS OF A TERMINAL REALITY » (*)
TRUMP RENVERSE L’ECHIQUIER INTERNATIONAL
EN DENONCANT L’ACCORD DES ETATS UNIS SUR LE CLIMAT
SIGNE PAR SON PREDECESSEUR, LE PRESIDENT OBAMA


(*) Exposition en cours de l’artiste américain Stephen Bower
Galerie Copro à Santa Monica du 20 mai au 10 juin 2017.
Titre du tableau : « Le Grand Echiquier ».

Terminator 2 avait imaginé le lendemain de l’holocauste nucléaire du 29 août 1997, c’est l’holocauste climatique (plus lent, mais dévastateur) qu’a décrété le président Trump le 1er juin 2017 !
Honte à lui !

Trump a fait ce qu’il avait annoncé, en campagne, et écouté les lobbies du charbon et de l’automobile.
« Je ne peux pas, en conscience, soutenir un accord qui punit les Etats-Unis (…).J’ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris », a-t-il insisté, ajoutant que son pays était prêt à négocier un nouvel accord climat.

Réponse du président Macron


« Sur le climat, il n’y a pas de plan B,
car il n’y a pas de planète B
 »
Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a réagi ce jeudi soir à la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris.

" J’ai souhaité m’exprimer devant vous après la déclaration de Donald Trump car l’heure est grave. Je prends note de sa décision de se désengager de l’accord de Paris. Je respecte cette décision souveraine mais la regrette. Je considère qu’il commet là une erreur pour les intérêts de son peuple et une faute pour l’avenir. J’ai eu l’occasion de lui en faire part ", a-t-il tout d’abord déclaré.

"Make our planet great again"

Evoquant les conséquences néfastes du changement climatique, le chef de l’Etat a exposé :

" Ce n’est pas l’avenir que nous voulons pour nous, nos enfants, le monde. [...] La France a réussi ce tour de force de faire signer l’accord climat avec 195 pays. Nous ne négocierons pas un accord moins ambitieux. La France appelle tous les signataires à rester à la hauteur de nos responsabilités, à ne rien céder. "

Il n’a pas voulu laisser les Américains en-dehors de sa communication. Il a ainsi ajouté :

" Je dis aux Etats-Unis : la France croit en vous, le monde croit en vous. Vous êtes une très grande nation, vous vous êtes dressés contre l’ignorance et l’obscurité. Mais pour le climat, il n’y a pas de plan B car il n’y a pas de planète B. "

Il a, quelques minutes plus tard, adressé les mêmes paroles en anglais. Il s’agissait d’ailleurs de la première prise de parole dans la langue de Shakespeare par un pensionnaire de l’Elysée. Il a, alors, déclaré entre autres : "Make our planet great again" (" Rendez sa grandeur à la planète ", en français). Il paraphrasait le slogan de campagne de Donald Trump : "Make America great again", c’est-à-dire " Rendez sa grandeur à l’Amérique ".

Crédit : BFM/TV

Une décision saluée par son camp

Les alliés républicains du président Donald Trump ont applaudi jeudi sa décision de se retirer de l’accord de Paris sur le climat. Leur base électorale n’en attendait pas moins. Selon un sondage YouGov réalisé pour le Huffington Post en mai, 46% des électeurs de Donald Trump étaient favorables à un retrait de l’accord, et 22% n’avaient pas d’opinion. A l’inverse 92% des électeurs d’Hillary Clinton souhaitaient que les Etats-Unis y restent.

Pas de sortie effective du traité avant 2020

De nombreuses voix, sur la scène internationale – notamment la Chine et l’Union européenne–, dans le monde des affaires et au sein même de son administration, l’ont appelé à revoir sa position, rappelant ces derniers jours l’urgence d’agir face au réchauffement en cours.

[Vœu pieux], Climatosceptique revendiqué, M.Trump devra néanmoins s’armer de patience. Un pays souhaitant dénoncer l’accord doit patienter trois ans à compter de son entrée en vigueur (intervenue le 4 novembre 2016), puis respecter un préavis d’un an avant de s’en libérer effectivement, précise l’article 28 du document. Les Etats-Unis pourront donc sortir de l’accord en novembre 2020… au moment de la prochaine présidentielle américaine.

Crédit : LeMonde.fr

...Autant en emportera le vent.

V.K.

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7 Messages

  • A.G. | 10 juin 2017 - 11:42 1

    Cambridge Word Routes Anglais-Français


    Cambridge Word Routes Anglais-Français : Lexique Thématique de L’anglais Courant.
    Zoom : cliquez l’image.


  • Viktor Kirtov | 9 juin 2017 - 08:50 2

    Merci Saitta de nous avoir donné votre éclairage. Intéressante votre précision sur l’argot américain, la langue dans ses strates étant un bon réceptacle de nos pulsions et répulsions.
    « les mots sont les miroirs de notre pensée. » disait aussi, George Orwell dans son roman "1984".


  • saitta68 | 8 juin 2017 - 19:19 3

    Vu de New York, je peux vous assurer qu’un pig n’a pas grand chose à voir avec un porc claudelien, et que Ph S a bien raison de nommer Pig Trump ainsi .... Dans son rapport au fric, aux femmes, au pouvoir — c’est-à-dire, en somme, au langage — Trump est un pig total - (ne pas oublier que pig en argot d’ici veut dire aussi flic, facho, etc) ...


  • Viktor Kirtov | 7 juin 2017 - 19:06 4

    Oui, cher D.B., la symbolique, l’autodérision et la sagesse du poème Le Porc de Claudel auraient pu aussi être invoquées, d’autant que, hasard des échanges Internet, je venais de revisiter Claudel, à l’occasion d’un article en préparation :

    « C’est une bête solide et tout d’une pièce ;sans jointure et sans cou, ça fonce en avant comme un soc. »
    Belle autodérision ! On reconnaît là le portrait physique de Paul Claudel que la nature n’avait pas doté d’un corps d’éphèbe.

    Plus loin, cette leçon de sagesse :

    « Gourmand, paillard ! si je vous présente ce modèle, avouez-le:quelque chose manque à votre satisfaction.Ni le corps ne se suffit à lui-même,ni la .doctrine qu’il nous enseigne n’est vaine. "N’applique point à la vérité l’œil seul,mais tout cela sans réserve qui est toi-même." »

    Et pour finir :

    « Je n’omets pas que le sang de cochon sert à fixer l’or. »


  • D.B. | 7 juin 2017 - 12:58 5

    Pig chagrine ? Reprenez un peu de Claudel... lisez Le porc !


  • Viktor Kirtov | 7 juin 2017 - 12:15 6

    "Donald Pig Trump..."

    Pas sûr qu’une attaque ad pesonam, attaque au faciès, en guise d’ouverture de son pamphlet en légende à la photo-caricature d’accompagnement soit du meilleur Sollers ? Tant qu’à invoquer un animal, la fable aurait pu être de circonstance, d’autant qu’il a loué les vertus subversives de celles de La Fontaine. Dans un article intitulé « Subversion de La Fontaine » n’avait-il pas écrit :

    « Ne jouez pas au grand, puisque vous serez trahi par ce que vous avez de petit. N’espérez pas nous abuser ni vous abuser vous-même en faisant du bruit pour cacher votre bestiaire intime. »
    Philippe Sollers, La guerre du goût (Gallimard, 1994)

    Mais ne boudons pas notre plaisir de l’avoir vu intervenir sur ce sujet, quand sa parole se fait plus rare, depuis qu’il n’a plus de tribune mensuelle dans les journaux, d’autant plus que l’ironie sollersienne, façon Voltaire, est bien présente.

    Merci Trump ! nous dit Sollers ;
    auquel nous ajoutons Merci à lui, Philippe Sollers de nous avoir poussé à revisiter notre relation humaine avec le porc, notre cousin. Rapports ambivalents selon les pays et au cours des âges...


    Coq gaulois refusant d’aller dans la direction de Donald Pig Trump

    Plus sérieusement, mais toujours à titre récréatif, empruntons à M. Michel Pastoureau, Directeur d’études, à l’Ecole pratique des hautes études, quelques réflexions sur notre cousin le porc :

    Tabous et sacrifices

    1. La domestication du porc est liée à la sédentarisation de l’homme. Elle se situe vers le septième ou sixième millénaire avant notre ère, aux confins de l’Asie, de l’Afrique et de l’Europe. Tant que les hommes sont restés nomades, les cochons sont restés sauvages. Incapables de transhumer, ils ont été domestiqués après les moutons, les chèvres et même certains ruminants, tels les rennes ou les zébus. Il n’est du reste pas impossible que les tabous à l’encontre du porc et de sa viande soient un héritage de ce rejet par les anciens peuples nomades d’un animal incapable de les accompagner dans leurs déplacements perpétuels. L’attitude envers les animaux et la symbolique qui en découle diffèrent fortement chez les nomades et chez les sédentaires. Mais il existe de ces tabous bien d’autres explications.

    2 Méprisé par les peuples nomades du désert, le porc est élevé et consommé par les fermiers sédentaires de la vallée du Nil. Du moins jusqu’au milieu du deuxième millénaire. Car vient ensuite un abandon progressif de la consommation courante de cet animal, que l’on réserve au culte d’Osiris à qui il est sacrifié : on ne le mange plus que le jour de la pleine lune. Par la suite, le discrédit du porc continue de s’accentuer : sa viande, réputée impure, n’est plus du tout consommée, et d’animal sacré offert à Osiris, dieu du Nil et de la végétation, il devient l’attribut de Seth, le dieu démoniaque de la mythologie égyptienne. Celui-ci est parfois représenté par un porc noir dévorant la lune.

    3. Le cas égyptien n’est pas isolé. Plusieurs peuples du Proche-Orient, à partir de dates qui varient, considèrent le porc comme un animal impur et tabou : les Hébreux, bien sûr, mais aussi les Phéniciens, les Cananéens, les Crétois, plus tard les Éthiopiens et les Indiens. Les raisons de cette attitude sont diverses mais plus souvent d’ordre symbolique que proprement hygiéniques. Le climat en fait n’explique rien : dans une même région chaude, certains peuples mangent du porc et d’autres non.

    4. Ces tabous n’ont pas cours dans le monde grec, où, dès l’époque archaïque, l’élevage de porcs représente une grande richesse. Le porc est à la fois un animal que l’on sacrifie aux dieux et un animal que l’on mange couramment. Sa chair est plus estimée que celle du mouton (surtout élevé pour sa laine) ou que celle du bœuf (réservé aux labours). Comme plus tard le Romain, le Germain ou le Gaulois, le Grec aime se nourrir du cochon. Mais c’est aussi, avec la chèvre, l’animal qu’il offre le plus volontiers à ses divinités, notamment à Déméter, déesse de la terre cultivée et dont un porc aurait autrefois saccagé les moissons.


    Fresque romaine

    5. Les rites et les enjeux sont un peu différents à Rome, même si le sacrifice d’animaux constitue une dimension importante de la religion romaine. La truie est ainsi l’animal emblématique de Cérès, déesse des moissons, à l’image de la Déméter grecque. Toutefois le sacrifice sanglant d’une truie ou d’un porc à Cérès – en remerciement d’une protection ou d’un bienfait, ou simplement pour s’attirer ses faveurs – devient plus rare au fil des siècles.

    Les interdits bibliques

    6. Aux époques bibliques, aux confins de l’Asie et de l’Afrique, certains peuples mangent du porc et d’autres n’en mangent pas. Chez ces derniers, les motifs de l’abstinence semblent liés à la réputation d’impureté qui s’attache à un animal dévoreur de charognes et d’ordures. Mais les raisons peuvent être autres : chez les Crétois et les Galates, par exemple, on s’abstient de manger du porc parce que c’est le plus sacré de tous les animaux. Il en va de même dans certaines parties du Moyen-Orient et quelques régions de l’Inde.

    7. Rien de tel chez les Hébreux. L’usage de la viande de porc est interdit aux Israélites par la loi mosaïque, et cette interdiction n’a jamais été remise en cause, bien au contraire. Ainsi, lorsque fut fondé l’État moderne d’Israël, l’élevage de l’animal fut proscrit sur tout le territoire et l’est encore plus ou moins aujourd’hui.

    8. Depuis longtemps on s’est interrogé sur les raisons d’un tel rejet, qui concerne non seulement la chair du cochon mais aussi l’animal vivant (qu’il ne faut pas toucher), son cuir (sandales, souliers ou ceintures en peau de porc sont proscrits), ses entrailles, son lait, ses sécrétions et ses organes (entrant pourtant dans la composition de nombreux médicaments) et jusqu’à son nom, que la plupart des rabbins et certains auteurs évitent d’écrire ou de prononcer, y compris ceux qui dissertent sur l’impureté de cet animal et le tabou qui en découle. Le Talmud, par exemple, pour ne pas nommer le porc, le désigne par l’expression vague et ambiguë « une autre chose » (davar aher).

    9. À l’époque moderne, médecins et diététiciens ajoutent que la viande de porc est de digestion difficile et que dans les pays chaud elle devient rapidement malsaine. Mieux vaut donc s’en abstenir pour éviter toutes sortes de parasites et de maladies (notamment la trichinose) : ce qu’auraient compris de bonne heure les Hébreux, ainsi que certains de leurs voisins, les Phéniciens et les Égyptiens, et même des peuples plus éloignés, comme les Ethiopiens. Face à cet argument d’ordre hygiénique et climatique, on a souvent objecté que, dans le Proche-Orient ancien, plusieurs peuples voisins des Hébreux et vivant sous le même climat mangeaient communément du porc, les Moabites ou les Ammonites, par exemple. En outre, dans des régions du monde plus lointaines mais au moins aussi chaudes – la péninsule indochinoise, l’Insulinde, de nombreuses îles du Pacifique – la chair du cochon est une nourriture licite et parfaitement saine, et ce depuis la plus haute Antiquité. L’argument climatique ne tient pas.
    10. Si la culture juive déclare le porc impur, ce n’est donc peut-être pas tant pour des raisons hygiéniques que pour des raisons symboliques. Toute société a besoin de faire porter sur certains animaux des interdits de différentes natures, notamment alimentaires. Ces derniers font tellement partie de la vie quotidienne et de la sensibilité la plus ordinaire que les populations concernées n’en ont guère conscience. En outre, pourquoi, chez les Hébreux, le tabou alimentaire, qui concerne bien d’autres espèces animales (lapin, cheval, âne, chameau, escargot, crevette, nombreux oiseaux, etc.), s’est-il emblématiquement porté sur le porc ? Et, concernant ce dernier, pourquoi s’est-il étendu à l’animal entier, au-delà du seul domaine de la chair, et même jusqu’à son nom ?

    Le cousin de l’homme ?


    Le cochon sauvage ou domestiqué, cousin de l’homme, depuis le temps des cavernes.

    11. Il est cependant une raison qui semble aujourd’hui plus fondée que toutes les autres : le cousinage biologique entre l’être humain et le cochon. Cette parenté, bien connue des sociétés anciennes, aide à mieux comprendre non seulement les tabous mais aussi la symbolique fortement ambivalente du porc, construite à la fois sur l’attrait et le rejet. Pour les savoirs antiques et médiévaux, trois animaux seulement sont pensés comme des « cousins de l’homme » : l’ours, en raison de son aspect extérieur, de son régime alimentaire, de ses mœurs et de son comportement sexuel (longtemps on a cru que l’ours mâle était attiré par les jeunes filles, qu’il enlevait et violait) ; le cochon en raison de son anatomie interne, de sa physiologie, de ses maladies, de son caractère omnivore, de son intelligence et de sa sensibilité ; et le singe, à propos duquel plusieurs encyclopédistes du XIIIe siècle précisent : « en fait, contrairement à l’ours et au cochon, le singe ne ressemble pas du tout à l’homme mais il est tellement diabolique qu’il fait semblant de lui ressembler ».
    12. L’idée d’un cousinage entre l’homme et le porc est donc ancienne. Dans les récits mythologiques elle s’exprime surtout par le thème de la métamorphose : des humains sont changés en porcs et inversement. Le livre X de l’Odyssée, par exemple, nous raconte comment les compagnons d’Ulysse, errant sur les mers après la ruine de Troie, abordent sur l’île d’Aea, possession de la redoutable magicienne Circé. Celle-ci leur fait bon accueil, leur offre un banquet puis, comme elle a coutume de le faire avec ses visiteurs, les transforme en pourceaux en leur faisant boire un philtre et en les touchant de sa baguette magique. Grâce à une herbe protectrice fournie par le dieu Hermès, Ulysse échappe à la métamorphose et menace Circé de la tuer. Mais il tombe sous le charme de la magicienne dont il partage l’amour et la vie pendant quelque temps. Il obtient néanmoins qu’elle rende à ses compagnons leur nature humaine.


    Edmund Dulac (peintre français, 1882-1953), Circe et Ulysse,1910.
    Par la fenêtre on aperçoit les compagnons d’Ulysse changés en porcs.

    .

    Dans le Nouveau Testament

    13. Le Nouveau Testament ne réserve pas au porc un sort meilleur que l’Ancien. Les Évangiles relatent en détail l’épisode du possédé que le Christ et les apôtres rencontrèrent au pays des Géraséniens. Un grand nombre de démons avaient pris place en lui et l’empêchaient de mener une vie normale car il était constamment hors de son sens. Jésus ordonna aux démons de sortir de cet homme et d’entrer dans un troupeau de porcs qui paissaient dans la montagne toute proche ; ce qu’ils firent. Tandis que le possédé retrouvait ses esprits et se mettait à prier, les porcs, au nombre d’environ deux mille, se précipitèrent du haut de la montagne dans le lac de Tibériade (Mat., 8, 30-34 ; Marc, 5, 9-20 ; Luc, 8, 30-39). Ce passage de l’évangile a beaucoup frappé les hommes du Moyen Âge. Il a été repris et commenté par les prédicateurs et les théologiens et a contribué à faire du porc l’un des attributs de Satan. Non seulement le diable prend une forme porcine pour venir tourmenter les hommes et les femmes, mais il grogne comme un goret et, comme lui, il aime à se vautrer dans l’ordure.

    Prologue

    Aujourd’hui en France .

    En écoutant le récent lauréat du Prix du livre France Inter, Jean-Baptiste Del Amo, pour son livre « Règne animal » interviewé par Léa Salamé, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre ce dialogue :


    - L.S. : Votre livre se passe dans une porcherie, le cochon apparaît dans plusieurs de vos livres précédents, vous vivez avec deux cochons…
    Non, mais c’est sérieux ?
    Qu’est-ce qui se passe avec le cochon ?


    - J-B D.A. : Il faudrait sans doute que je m’allonge sur un divan pour le savoir… J’ai toujours eu une affection particulière… sans doute parce que l’on a une forme de mépris pour lui, alors que c’est un animal très intelligent, très sensible…


    - L.S. : Et proche de l’homme…


    - J-B D.A. : Très proche de l’homme. …Vivre avec deux cochons, ça s’est fait un peu par hasard, deux cochons de sauvetage que j’ai récupérés…


    - L.S. : Vous vivez dans un appartement de Paris… ?


    - J-B D.A. : J’ai la chance d’avoir une maison en banlieue,
    … avec un jardin etc… C’est un comportement qui se rapproche du chien dans le rapport, l’échange, j’y suis très attaché.

    Il fallait bien rendre aussi justice à cet animal ! C’est ICI .

    Et aujourd’hui en Allemagne ?

    On le sait bien, en politique, pour les Français, il nous faut toujours regarder ce que font les Allemands. Angela Merkel ignominieusement traitée par le malotru Trump refusant de lui serrer la main lors de sa visite chez lui, et se plaçant ostensiblement et goujatement devant elle pour la masquer sur la photo de groupe au G7.
    Er ist ein armes Schwein devait se dire Angela Merkel.

    Car, même si les allemands sont de gros mangeurs de porc, ils ont fait du mot Schwein (porc, cochon), une insulte notoire pour désigner une personne méprisable ou obscène, un sale type, un salaud…
    Plus familièrement : Er ist ein armes Schwein.
    C’est un pauvre type !

    Plus, quelques citations d’auteurs :
    Mais un cochon peut en cacher un autre :

    « Quand on regarde attentivement un cochon d’Inde, on remarque : premièrement que ce n’est pas un cochon, deuxièmement qu’il n’est pas d’Inde, et qu’en définitive seul le “d’ ” est authentique. »
    Jules Renard, Journal 1893 - 1898
    *
    « Je ne vois nulle honte à être un “vieux cochon”, mais je trouve beaucoup de ridicule à être un vieil imbécile. »
    Georges Courteline / La Philosophie de Georges Courteline
    *
    « Le cochon n’est devenu sale que par suite de ses fréquentations avec l’homme. A l’état sauvage, c’est un animal très propre. »
    Pierre Loti
    *
    « Les chiens vous regardent tous avec vénération. Les chats vous toisent tous avec dédain. Il n’y a que les cochons qui vous considèrent comme leurs égaux. »
    Winston Churchill
    *
    « Chez moi, quand on tue le cochon, tout le monde rit ! Sauf le cochon.”
    Edgar Faure
    oOo


  • Viktor Kirtov | 5 juin 2017 - 18:17 7

    Elle était attendue, Sollers nous l’adresse de Venise en ce dimanche de Pentecôte :

    Donald Pig Trump n’a pas fini de nous étonner. Qu’il soit un porc, à l’image du résidu jamais traité de la substance américaine, ne nous surprend pas vraiment. Autre chose est que ce vociférateur grotesque soit saisi de ce que j’appellerai un hégélianisme malgré lui, à savoir la fondation, par la négativité, de l’ère planétaire. Comme c’était beau d’entendre dans la nuit, dans un yankee parfait, le président de la République française, décrétant, à juste titre, que Paris, dans la transition énergétique, était devenue la capitale de la planète ! Cette nuit-là, avec le ralliement immédiat de la Chine, suivi, presque immédiatement, d’un tripotage révélateur inouï du corps du premier ministre indien par Emmanuel Macron, tout le monde aura compris que, malgré le terrorisme islamique, l’esprit immortel de la Révolution française habitait de nouveau chez lui. Dès maintenant, je demande à l’Élysée, de préparer soigneusement le tricentenaire de la Révolution française, que les nouveaux bébés, de la transition énergétique pourront, en 2089, applaudir.

    Je crois plus que jamais aux forces de l’esprit, je serai là à cette époque, quand presque tout le monde, s’arrachant les débris législatifs de la République, sera mort. Ne vous effrayez pas. En quelques gestes fondamentaux, le monarque républicain, porté par Hegel sans le savoir, suit son cours symbolique. Ne vous attardez pas, comme les arriérés du spectacle, sur le futur déjà très ancien du Front national, et l’avenir, plus que douteux, de Marion Maréchal Ferrand. La Révolution française, immortelle, est en marche. Je l’ai dit hier, en prévoyant, seul, et injustement critiqué à ce sujet, la transition énergétique chinoise. Elle est déjà portée, de façon libidinale sèche et technique, par des centaines de millions de Chinoises, que je salue ce soir.

    C’est maintenant la France, enfin ressuscitée, qui parle, même si les Français, pas plus que leur monarque, n’en sont encore parfaitement conscients. Vive Paris, capitale de la Terre ! À bientôt !

    Philippe Sollers
    Venise, dimanche, 4 juin 2017, 19h04

    Crédit : philippesollers.net