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Deux Fragonard découverts par hasard classés trésors nationaux

D 14 mai 2017     A par A.G. - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


« Le Jeu de la palette » et « Le Jeu de la bascule » avaient disparu au début du XIXe siècle, après la mort de Bergeret de Grandcourt, mécène et ami du peintre, à qui ils avaient appartenu.


Le jeu de la palette, vers 1761.
Huile sur toile - 75 x 93 cm. Photo : SVV Tajan. Zoom : cliquez l’image.

Le jeu de la palette (détail), vers 1761.
Zoom : cliquez l’image.

Deux tableaux de jeunesse de Fragonard dont on avait perdu la trace ont été découverts dans un château normand et classés trésors nationaux, révèle samedi 13 mai dans Le Figaro l’étude Tajan, à l’origine de la découverte.

Les deux tableaux de taille moyenne, qui représentent des personnages jouant au milieu de ruines antiques, avaient disparu au début du XIXe siècle, après la mort de Bergeret de Grandcourt, mécène et ami du peintre, à qui les œuvres avaient dans un premier temps appartenu. Estimés à 6 millions d’euros, Le Jeu de la palette et Le Jeu de la bascule, ont été peints par Jean Honoré Fragonard, probablement en 1761 au retour de ses années à Rome.

Le décret qui les classe trésors nationaux, publié le 10 mai, décrit des peintures « fortement empreintes d’une inspiration italienne  » mais « marquées par la peinture hollandaise du Siècle d’or », et qui « soulignent la place importante du paysage dans l’œuvre de Fragonard » (1732-1806).

Les deux tableaux sont interdits de sortie du territoire français pour une durée de trente mois, ce qui permet aux musées nationaux de se porter acquéreurs. Passé ce délai, la maison d’enchères pourra redemander un certificat de libre circulation afin de pouvoir vendre les tableaux à l’international, explique Le Figaro.

Repérés par hasard

Thaddée Prate, le directeur du département des tableaux anciens de Tajan, a repéré ces deux paysages par hasard dans un château normand, à l’occasion d’un inventaire en juillet 2016.

« Les choses étaient restées telles qu’elles étaient depuis plusieurs générations. Au milieu d’un ensemble de tableaux, de dessins, il y avait cette paire de paysages, accrochée assez haut et pas vraiment mise en valeur », a déclaré à l’Agence France-Presse Thaddée Prate, encore ému de cette découverte.

L’expert cite les personnages « caractéristiques de Fragonard », « traités avec beaucoup de nervosité, de spontanéité », qui ont accroché son œil. Les deux tableaux (75 × 93 cm) ont ensuite été analysés dans le plus grand secret par le cabinet Turquin puis au Louvre.

Quelques mois avant ces Fragonard, l’étude Tajan avait déjà découvert par hasard une étude du martyre de saint Sébastien, attribuée à Léonard de Vinci et estimée à 15 millions d’euros.


Le jeu de la bascule, vers 1761.
Huile sur toile - 75 x 93 cm. Photo : SVV Tajan. Zoom : cliquez l’image.

Crédit Le Monde

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Deux Fragonard qui en disent long sur les trésors nationaux

15/5/17 - Trésors nationaux - Fragonard - Mercredi 10 mai 2017, le journal officiel a publié le refus du certificat d’exportation de deux tableaux de Fragonard, Le Jeu de la palette et La Bascule. Vous avez sans doute pu lire dans la presse (voir notamment Le Figaro) l’histoire de ces deux toiles retrouvées dans un château normand par l’étude Tajan (qui a la main heureuse, ces derniers mois, après le dessin de Léonard de Vinci). Incontestablement, ces deux tableaux sont des trésors nationaux. La composition d’un des deux (Le jeu de la palette) se retrouve dans un tableau du Musée de Chambéry exposé récemment au Luxembourg pour Fragonard amoureux, mais les formats sont différents et celui qui vient d’être retrouvé, ainsi que son pendant, accordent une place beaucoup plus importante aux paysages. La commission des trésors nationaux souligne que « ces deux toiles, depuis longtemps recherchées et récemment réapparues, par leur caractère unique, représentent un précieux chaînon manquant […] et constituent un complément déterminant dans la connaissance de l’œuvre de Fragonard ».


Le Jeu de la palette, vers 1757-1759.
Huile sur toile - 67,5 x 114,5 cm. Chambéry, musées de Chambéry. Photo : RMN-GP/Gérard Blot. Zoom : cliquez l’image.

Tout ceci est vrai et il faut espérer que les six millions d’euros (prix demandé pour leur acquisition) pourront être réunis grâce au mécénat. On se réjouit donc de ce classement, mais celui-ci démontre une fois de plus l’absence de politique cohérente des musées nationaux. On peut en effet se demander pourquoi le Lion de Fragonard, apparu il y a deux ans à Paris, et qui nous semblait également important, a obtenu sans coup férir son certificat d’exportation (voir l’article). L’œuvre était pourtant proposée à un prix beaucoup plus bas. On ne saura jamais ce qu’en aurait pensé la commission, puisqu’elle ne lui a jamais été soumise !

Cela confirme une fois de plus qu’il est nécessaire de pouvoir analyser complètement la politique des grands départements et du ministère de la Culture pour les trésors nationaux. Et pour cela d’avoir accès à toutes les demandes de certificat et aux comptes-rendus de la commission. Rappelons que nous en avons fait, avec l’association Sites et Monuments, la demande au ministère de la Culture, que celui-ci nous a répondu par la négative, que nous avons alors demandé son avis à la CADA (Commission d’Accès aux Documentes Administratifs) qui nous a donné raison (voir l’article).
Malgré cela, comme nous le disions, nous n’avons toujours aucune réponse du ministère à ce sujet. Nous avons d’ailleurs appris depuis que ce n’était pas forcément un blocage politique, mais simplement celui d’une fonctionnaire du ministère de la Culture qui estime que « la transparence est une maladie » et qui se fait un point d’honneur à refuser de communiquer ces documents, comme s’ils étaient sa propriété !

Nous attendons donc demain la nomination du ministre de la Culture pour lui envoyer un nouveau courrier recommandé demandant l’accès à ces documents.
L’administration Macron se comportera-t-elle comme l’administration Hollande ? Cela constituera un test intéressant. Comme nous le disions déjà, et quoi qu’il en soit, nous finirons, si nous n’obtenons pas gain de cause, par aller devant le tribunal administratif, fort de l’avis de la CADA.

Didier Rykner, La Tribune de l’Art, lundi 15 mai 2017.

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