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Art contemporain : le duel Pinault-Arnault

Les nouveaux mécènes / Privatisation du patrimoine

D 1er avril 2017     A par Viktor Kirtov - C 4 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Au temps de la Renaissance, les mécènes étaient déjà des financiers, les Médicis (ou des princes d’église). Aujourd’hui, les mécènes français dirigent des groupes de luxe LVMH (leader mondial du luxe avec plus de 70 Maisons d’exception qui créent des produits de haute qualité dans cinq secteurs majeurs : Vins Spiritueux, Mode Maroquinerie, Parfums Cosmétiques, Montres Joaillerie et Distribution sélective) ou KERING (ancien groupe Pinault / Printemps / La Redoute qui développe aussi un ensemble de maisons de luxe dans la mode, la maroquinerie, la joaillerie et l’horlogerie : Gucci, Bottega Veneta... )

Deux fortunes de France : François Pinault ancien PDG du groupe KERING (il ne se consacre plus aujourdhui qu’à ses collections d’art, ayant laissé la direction de son groupe à son fils) et Bernard Arnault, première fortune de France, PDG de LVMH, investissent le domaine de l’art contemporain, volant au secours de l’Etat pour créer ou restaurer des centres d’art en France.

Dernier épisode en date : le Conseil de Paris vient de concéder à LVMH, l’ancien Musée des Arts et Traditions Populaires du Bois de Boulogne. Après l’ancienne Bourse de Commerce aux Halles concédée, elle, à François Pinault qui ouvrira ses portes à l’automne 2018. La réponse en quelque sorte à Bernard Arnault qui avait ouvert sa Fondation Vuitton. Rivalité et émulation allant de pair chez ces deux-là. Anne Hidalgo, la maire de Paris s’en réjouit.

Comment LVMH acclimate le luxe au Bois de Boulogne

L’annonce a été officielle mercredi 8 mars 2017. L’ancien Musée des Arts et Traditions Populaires (MATP), situé en lisière du bois de Boulogne à Paris, fermé au public depuis douze ans, va être transformé par Bernard Arnault, PDG de LVMH, en un centre culturel autour des métiers d’artisanat d’art. Baptisé « Maison LVMH - Arts -Talents Patrimoine », celui-ci devrait ouvrir en 2020.

Fort du succès de la Fondation Louis Vuitton, le groupe de luxe, a convaincu la mairie de Paris de lui confier l’immeuble de l’ex-Musée des Arts et traditions populaires, en attendant de rénover l’ensemble du Jardin d’acclimatation avec la Compagnie des Alpes, au grand dam des exploitants de manèges.


Paris, le 8 mars. Présentation de la maison LVMH Art Talent et patrimoine avec Ségolène Royal, Frank Gehry, Bernard Arnault, François Hollande, Anne Hidalgo, Thomas Dubuisson et Audrey Azoulay.LP/E.L.M.
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La future Maison LVMH, dédiée aux arts, aux talents et au patrimoine, à la place de l’ex Musée des arts et traditions populaires, en bordure du Jardin d’acclimatation.
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A peine les portes de la Fondation Louis Vuiton se sont-elles refermées sur l’exposition Chtchoukine (un succès énorme avec plus de 1,2 million de visiteurs au total) que le groupe LVMH, maître des lieux, annonce qu’il a encore de grands projets pour ce petit coin de verdure situé dans le bois de Boulogne, dans et autour du célébrissime Jardin d’acclimatation, ou des générations de parisiens sont venus rendre visite aux ours blancs et aux oiseaux exotiques avant de faire un tour de manège ou une ballade en poney. Son nouveau projet dévoilé en grande pompe ce 8 mars s’appellera "La Maison LVMH / Arts – Talents – Patrimoine".

Les ambitions du leader mondial du luxe tombent très bien car depuis plusieurs années déjà, la Mairie de Paris et le ministère de la Culture ne savaient que faire de l’ancien Musée des Arts et Traditions Populaires (MATP), immeuble peu gracieux de 8 étages, bourré d’amiante et d’humidité. Inauguré en 1975, fermé depuis 2005, inoccupé depuis 2010, ses dernières collections ont été transférées au Mucen de Marseille en 2013. Dans son rapport de 2015, la Cour des comptes s’étonnait que 100 employés aient continué à être rémunérés malgré une activité très réduite jusqu’en 2014. Elle pointait aussi le manque d’anticipation concernant l’avenir du bâtiment nécessitant 396.000 euros par an de gardiennage.

Echanges de bons procédés

Bref, en acceptant de reprendre l’édifice,le groupe LVMH enlève une belle épine du pied de l’Etat et de la ville. Et cela méritait bien en retour, que le Président de la République en personne, vienne avec la ministre de la culture Audrey Azoulay et la maire de Paris Anne Hidalgo, annoncer lui-même ce beau projet. D’autant que le groupe de Bernard Arnault a maintenant fait la preuve, avec la Fondation Louis Vuitton qui jouxte le MATP, de sa capacité à créer un lieu culturel de rayonnement international.

Selon l’accord annoncé aujourd’hui, la ville de Paris cède à LVMH la somme de 10 millions d’euros, qui lui a été versée par l’Etat en dédommagement de la rupture de concession. Cette somme sera utilisée par le nouvel occupant pour les travaux de désamiantage. Une fois l’immeuble assaini, LVMH y investira 158 millions d’euros pour cinq ans de travaux afin d’élever un centre culturel consacré aux métiers d’art, ainsi qu’à des expos, des salles de conférences, des ateliers d’artistes en lien avec la Fondation Louis Vuitton, et un grand restaurant de 1.000 m2 au dernier étage.

Le prochain Conseil de Paris a approuvé ce projet le 27 mars ainsi que la redevance payée par LVMH de 150.000 euros par an (plus une part variable en fonction des bénéfices). L’architecte américain Franck Gerhy qui a déjà signé le bâtiment de la Fondation Louis Vuitton est appelé à redessiner cet immeuble.

Crédit : www.challenges.fr/

Retour sur l’exposition Chtchoukine : les leçons d’un triomphe

Le rideau est tombé le 5 mars 2017. L’expostion avait débuté le 22 octobre à la Fondation Louis Vuitton, à Paris et a reçu près de 1,2 million de visiteurs.


La Fondation Louis Vuitton.
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Mieux que le 1,1 million pour la collection Barnes au Musée d’Orsay en 1993, que Monet au Grand Palais en 2010 (913000 visiteurs), Dali au Centre Pompidou en 1979 (840662). Que Renoir, Hopper, Picasso, Manet ou Matisse, pour prendre un passé récent.

L’exposition intitulée « Icônes de l’art moderne » réunissait 127 tableaux et sculptures que l’industriel russe Sergueï Chtchoukine a achetés au début du XXe siècle. Pas moins de 29 Picasso, 22 Matisse, 12 Gauguin, 8 Cézanne sont sur les murs. Avec des toiles qui sont des moments de l&#8217histoire de l’art. En prime, Van Gogh, Monet, Courbet, Vuillard, Derain… On ne reverra pas ça de sitôt.

Ce record de visiteurs marque un changement d’époque : il est celui d’une fondation privée, construite par l’architecte star Frank Gehry au bois de Boulogne, créée avec l’argent de Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH. Dans une France dominée par la culture publique, il symbolise la montée en puissance du privé au détriment de musées comme le Grand Palais, Orsay, le Louvre ou Pompidou.

Les musées devront être ingénieux

Il y a dix ans à peine, Chtchoukine aurait été présenté dans un lieu d’Etat avec un mécénat de Bernard Arnault. Aujourd’hui, c’est Bernard Arnault lui-même qui orchestre l’exposition. Les musées ont de quoi être jaloux. Ils n’ont pas les moyens de suivre. Une grosse exposition dans un musée coûte autour de 2,5 millions d’euros. Pour Chtchoukine, on parle de 13 millions. Bernard Arnault, qui a bénéficié des avantages fiscaux propres au mécénat, jure ne pas avoir signé un gros chèque aux musées russes, ce qui fait tousser les musées français,

Le privé se révélerait-il, en prime, meilleur négociateur ?

Crédit : www.lemonde.fr/

Après Venise, François Pinault au coeur de Paris pour sa collection d’art

Après Venise, l’homme d’affaires français François Pinault va offrir à sa collection d’art un nouveau lieu culturel d’avant-garde au coeur de Paris, dans l’ancienne Bourse de Commerce aux Halles, qui ouvrira ses portes à l’automne 2018.


La Bourse de Commerce L’homme d’affaires François Pinault a confié le projet architectural au JaponaisTadao Ando, qui a déjà oeuvré sur les sites vénitiens. BERTRAND GUAY / AFP
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Ce bâtiment du début du XIXe en rotonde, en point de mire de la nouvelle canopée des Halles inaugurée début avril, va être concédée pour 50 ans à la Fondation Pinault moyennant une redevance. La Fondation financera les travaux nécessaires à la transformation de l’édifice et assurera les dépenses de fonctionnement du nouveau musée, l’usage du lieu revenant à la Ville de Paris au terme de la concession.

"Nous avons la chance d’accueillir la collection de François Pinault dans (le) site inouï et exceptionnel qu’est la Bourse de Commerce", a déclaré la maire de Paris Anne Hidalgo, lors d’une conférence de presse aux côtés de l’homme d’affaires.

"Ce projet s’installera dans le tissu culturel parisien aux côtés d’autres institutions publiques et privées qui oeuvrent déjà pour la diffusion de la création contemporaine", a souligné François Pinault, 79 ans, considéré comme l’un des plus grands collectionneurs d’art moderne et contemporain (3.500 oeuvres).

"Ca bouge toujours une collection de l’art d’aujourd’hui, il y a des artistes qui créent, on voit des oeuvres, faut savoir sauter dessus, les acquérir, ce que ne peut pas faire une grande institution contrôlée par les Etats. C’est un musée en mouvement et très complémentaire des autres musées existants", a dit François Pinault en marge de la conférence.

Cette implantation devait lui tenir particulièrement à coeur après l’ouverture médiatisée dans le Bois de Boulogne, à l’ouest de Paris, de la Fondation Vuitton par son grand rival Bernard Arnault, patron du groupe le luxe LVMH, fin 2014.

François Pinault, l’une des plus grosses fortunes françaises acquise notamment dans la distribution, le luxe et la finance, avait auparavant rêvé d’installer un musée sur l’île Seguin, ancien site d’une usine automobile Renault à Boulogne-Billancourt (ouest de Paris). Mais, excédé par les lenteurs administratives, l’homme d’affaires avait finalement décidé d’installer sa fondation à Venise, au Palazzo Grassi. Il a ensuite acquis, toujours à Venise, la Pointe de la Douane (ouverte en 2009), puis le Teatrino (ouvert en 2013).

L’art réfractaire au social (Martin Raysse et François Pinault au Palazzio Grassi)
Punta della Dogana (François Pinault contemplant la sculpture « Boy with frog » de l’Américain Charles Ray)

Un axe Paris-Venise

"Je ne me souviens pas avoir claqué la porte, je suis amnésique, le passé ne m’intéresse pas, ce qui m’intéresse c’est aujourd’hui et ce qu’on va faire demain. L’avantage d’un amateur privé un peu fou, enthousiaste, c’est de saisir les occasions quand elles se présentent", a lancé l’homme d’affaires, qui imagine un "projet global" et des "synergies" avec les implantations vénitiennes, sans rien leur enlever.

Le projet architectural, qui sera présenté d’ici quelques mois, a été confié au Japonais Tadao Ando, avec lequel "j’entretiens des liens d’amitié et de complicité", a dit M. Pinault. Ce grand architecte, dont ce sera la première grande réalisation en France, est déjà intervenu sur les trois sites vénitiens et avait été retenu pour le projet avorté de l’Île Seguin.


Fondation Pinault à Paris

La Bourse, "un des premiers chefs d’oeuvre d’architecture utopique", selon Jean-Jacques Aillagon, conseiller de François Pinault, est composée d’un grand vide central couvert de la première coupole en fer et fonte de grande portée du début du 19e siècle et entouré de deux niveaux de galeries. Un auditorium sera créé en sous-sol pour accueillir spectacles, performances, colloques...

Les travaux doivent commencer en janvier 2017.

Anne Hidalgo comme François Pinault ont insisté sur l’emplacement exceptionnel de la Bourse de commerce, à deux pas du Louvre, du Centre Pompidou, des galeries du Marais et du pôle de transport de Châtelet-les Halles où transitent chaque jour 750.000 voyageurs.

Selon l’homme d’affaires, le musée portera "une attention particulière à ceux qui sont habituellement éloignés de la fréquentation de l’art contemporain".

© 2016 AFP

Crédit : www.ladepeche.fr/

Les nouveaux mécènes

Deux hommes très différents

Ils ne viennent pas du tout du même monde. François Pinault, fils de marchand de bois breton a envoyé valser l’école à 16 ans, c’est un autodidacte, venu à l’art au début des années 70 avec l’achat d’un tableau de l’école de Pont Aven. Bernard Arnault, 13 ans plus jeune, fils d’ingénieur alsacien, sort de polytechnique. Il a débuté sa collection par un Monet en 82… L’un est plus riche que l’autre, Bernard Arnault, première fortune de France pèse 34 milliards d’euros, François Pinault, qui aujourd’hui ne se consacre plus qu’à ses collections, se classe au 8ème rang avec 13 milliards mais sa collection est plus importante. Leur duel dans l’art a commencé dans les années 90, d’abord sur le terrain du rachat d’entreprises de luxe avant de se déplacer sur le terrain de l’art en passant par celui des prestigieuses maisons de ventes aux enchères. Sotheby’s, rachetée par Arnault. Philipps rachetée puis revendue avec des pertes par Pinault.

D’impressionnantes collections

François Pinault possèderait quelques 3 500 œuvres qu’il n’a cessé d’exposer à travers le monde, et qu’on peut donc voir à Venise, depuis 10 ans. Son premier achat, un Rothko acheté 8 millions de dollars. Ceux qui sont allés à Venise connaissent le chien rose de Jeff Koons qui vaut la bagatelle de 40 millions d’euros. Arnault s’est lancé plus tard, on estime sa collection à un millier d’œuvres, avec notamment un Basquiat de 26 millions d’euros. Tous deux se disputent les mêmes artistes, les Cattelan et ses chevaux empaillés, les Serra, etc..... Tous deux sont courtisés par les mêmes marchands, tous deux s’intéressent aux jeunes artistes, et tous deux font et défont le marché de l’art contemporain mondial, tous deux renouent avec la tradition du mécénat. Et, dans une période de vaches maigres pour les finances publiques, participent au soutien à la création et aux artistes vivants. Même si, personne n’est dupe, investir dans l’art bon pour l’image d’un groupe et juteux en matière d’investissement : le mécénat d’entreprise représente aujourd’hui en France quelques 364 millions d’euros par an.

Crédit : www.francetvinfo.fr/

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4 Messages

  • pom | 12 juin 2017 - 11:08 1

    vente dessin chez galartis jean michel basquiat le 22 juin 2017


  • Viktor Kirtov | 19 mai 2017 - 22:06 2

    Un tableau peu connu de Jean-Michel Basquiat a été adjugé pour une somme de 110,5 millions de dollars jeudi 18 mai 2017 chez Sotheby’s, à New York, soit le deuxième prix jamais atteint aux enchères dans le domaine de l’art contemporain et un record pour le peintre new-yorkais.

    Ce grand tableau daté de 1982 (1,83 m sur 1,73 m), Untitled, qui représente une tête noire inquiétante sur fond bleu azur, a été adjugé peu après dix minutes d’enchères, une durée très inhabituelle. Le précédent record datait de mai 2016. Un autre tableau sans titre, gigantesque (2,38 m sur 5 m) avait atteint 57,2 millions de dollars lors d’une vente de la maison Christie’s.

    Jeudi, le prix de départ avait été fixé à 57 millions de dollars, soit quasiment le record pour celui qui se fit connaître sous le pseudonyme SAMO en taguant les murs de New York. L’enchère s’est rapidement résumée à un duel entre un acheteur dans la salle et un autre qui suivait la vente par téléphone. Le premier est allé jusqu’à 97 millions de dollars, laissant finalement le second l’emporter avec une offre à 98 millions de dollars, auquel il faut ajouter les frais et les commissions.
    Le coup de marteau marquant la fin de l’enchère a été salué par la clameur du public présent, ainsi que par des sifflets admiratifs.

    L’acheteur n’est pas le collectionneur français François Pinault qui possède notamment un Basquiat de 26 millions d’euros (sa valeur d’achat) !
    _ Le tableau a été acquis par le collectionneur d’art japonais et entrepreneur, Yusaku Maezawa !
    Yusaku Maezawa a déclaré qu’il avait l’intention de le prêter pour des expositions publiques avant de l’abriter dans son propre musée dans son Chiba natal, au Japon...

    Acquis pour 19.000 dollars en 1984

    Ce tableau est un événement : il n’a pas été présenté au marché depuis mai 1984, à une période où l’artiste afro-américain était encore peu connu. Il décédera six ans après l’avoir peint.
    Untitled représente une tête de mort en gros plan, avec une dominante de couleur bleue. Elle a été réalisée avec de la peinture acrylique, à l’huile, ainsi que par l’intermédiaire d’une bombe de graffe. Ce Basquiat a d’abord été exposé au sein d’une série, Fast, à la Alexander Milliken Gallery de New York puis mis sur le marché en mai 1984. Il a alors été acquis aux enchères pour la somme de 19.000 dollars par un collectionneur privé qui ne l’a jamais exposée au public, si ce n’est sous la forme d’une petite vignette, ces trente-trois dernières années.

    Elements biographiques

    Peintre majeur des années 1980 et figure emblématique de la figuration libre, Jean-Michel Basquiat a tout pour devenir un mythe : artiste afro-américain, il connaît une carrière explosive, consume sa vie et meurt prématurément à l’âge de 27 ans d’une overdose.


    Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat
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    Il se fait connaître par ses graffitis, à la fois humoristiques et énigmatiques sur les murs de Soho - qu’il signe sous le pseudonyme SAMO (Same Old Shit) -, puis fait irruption avec fulgurance dans le marché international de l’art. Ami et collaborateur d’Andy Warhol, il devient rapidement l’un des artistes les plus en vue. Ses oeuvres témoignent d’une force interne avec une écriture violente, des signes sauvages et élémentaires. Poète du fragment, il réalise de vastes collages où les images, les signes et les mots s’entrechoquent. Il peint l’histoire du peuple noir, le jazz et les jazzmen qu’il vénère, les réalités urbaines et le corps humain, trace encore vive du traumatisme de l’accident de voiture dont il fut victime à l’âge de 7 ans. La mort est omniprésente dans son oeuvre, comme un présage. Jean-Michel Basquiat marquera par son style le renouveau de la scène artistique new-yorkaise des années 1980.

    Liens vidéo

    Exposition Basquiat 2010

    Autre lien vidéo

    Crédit : Le Figaro /Le Monde/ AFP/


  • Viktor Kirtov | 4 avril 2017 - 10:18 3

    La Ville de Paris a fait appel à deux artistes-designers français,Ronan et Erwan Bouroullec, pour redonner leur lustre aux fontaines du Rond-Point des Champs-Elysées tombées en décrépitude.

    Coût des travaux : 4 millions d’euros + 2,5 millions d’euros pour le projet artistique. C’est beaucoup moins que le milliard d’euros trouvés en quelques jours par le gouvernement pour éteindre le feu en Guyane (une première proposition aussitôt rejetée par les manifestants), mais la Ville de Paris n’avait pas les fonds pour financer ce projet de rénovation en instance depuis des années (les fontaines sont hors service depuis leur vandalisation lors des festivités de la Coupe du monde de football de 1998)

    Anne Hidalgo, aux manettes, quand l’argent public manque elle trouve des financements privés. Il est urgent d’élargir son domaine de responsabilité et son savoir faire de la Ville de Paris aux Outre-mer… ! Nous l’avons déjà vue à l’oeuvre pour les projets de restauration du musée des Arts et Traditions Populaires (Bernard Arnault), le projet pour la Bourse de Commerce (François Pinault), le projet de l’hôtel de la Marine… Elle se révèle pragmatique et ne boude pas l’argent privé volant au secours de l’Etat, même si les arrières pensées mercantiles des intervenants existent : démonstration de puissance, retour d’image etc.
    A la différence du François Hollande du début de septennat, celui qui haïssait la finance, son ennemie, Anne Hidalgo sait bien que tout le patrimoine qu’elle gère est né de la finance, de la fortune amassée par ses bâtisseurs. Que les fortunes de notre temps choisissent d’associer leur nom à des opérations de rénovation n’est que dans la continuité des choses. Pourquoi y aurait-il lieu de faire la fine bouche quand le public va être aussi le bénéficiaire de l’opération ?

    Et c‘est le Fonds pour Paris, un fonds de dotation de droit privé créé par Anne Hidalgo en 2015 qui va financer la rénovation des fontaines de l’Elysée, les six bassins existants dessinés par Jean-Charles Adolphe Alphand entre 1858 et 1867 en remplacement d’un jet d’eau central.


    Les fontaines actuelles
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    L’article du Journal du Dimanche (2 avril 2017)

    MÉCÉNAT Hors d’eau depuis 1998, les bassins du rond-point de la célèbre avenue vont être restaurés et dotés de six œuvres conçues par les deux frères BouroulIec

    Le rond-point des Champs-Elysées, au beau milieu de l’une des plus illustres avenues du monde, va prendre un sacré coup de jeune. Les six fontaines qui l’entourent s’apprêtent à être entièrement restaurées et dotées de six œuvres d’art contemporain identiques, conçues par les frères Ronan et Erwan Bouroullec,

    Les deux designers français de renommée internationale(*) ont été choisis par le Fonds pour Paris, avec l’aval de la maire PS, Anne Hidalgo. Et leur projet, assez spectaculaire, a été adopté le 23 mars à la quasi-unanimité - un vote contre et deux abstentions -, par la Commission des sites, organisme chargé de la protection patrimoniale et paysagère, où siègent le préfet, l’architecte des Bâtiments de France, des élus parisiens de tous bords, des hauts fonctionnaires, des associations...

    « Les frères Bouroullec ont imaginé des fontaines lumineuses, à la fois monumentales et minimalistes, qui vont jouer un rôle apaisant sur le pourtour de ce carrefour un peu chaotique, entre la Concorde et l’Étoile. Elles devraient être inaugurées à l’automne 2018  », précise Anne-Sylvie Schneider, la directrice du Fonds pour Paris. Sa mission : trouver des mécènes afin de « restaurer le patrimoine parisien et faire émerger de l’art contemporain dans l’espace public  », Les bassins du rond-point des Champs-Élysées constituent le premier dossier de ce fonds de dotation de droit privé, créé en 2015 par Anne Hidalgo. « C’était en tête de liste des projets prioritaires », souligne la directrice.

    Une oeuvre « à la fois fontaine et lustre »

    « Notre idée est d’apporter l’eau par le haut, grâce à un mât central de 15 mètres - la même hauteur que les lampadaires alentours - lequel portera des contre-flèches, d’où s’écoulera l’eau, le long de chaînons en cristal scintillant, éclairés par un système de LED », explique Roan Bouroullec. L’artiste insiste sur la « grande discrétion » de la future œuvre, « à la fois fontaine et lustre », sur sa « présence très délicate », sur sa « grande finesse », qui lui permettra de « s’intégrer » dans le paysage. Il vante aussi les matériaux utilisés, « très beaux et nobles » : un « alliage de cuivre et d’aluminium, doré mais pas clinquant », offrant une« patine brune intéressante après le passage du temps » ... Les six installations tourneront sur elles-mêmes « très lentement, au rythme du piéton ». - Comme un « ballet merveilleux, une rotation à peine perceptible, ludique et romantique », décrit Ronan Bouroullec, plus prosaïquement, les chaînes lumineuses en cristal tombant des bras haubanés s’arrêteront à quatre mètres du sol, pour éviter que quiconque s’y accroche, et ainsi assurer la « pérennité » de l’œuvre

    Car les fontaines ont souffert depuis leur création en 1863 par Jean-Charles Alphand, ingénieur et directeur du service des promenades sous le baron Haussmann.


    Résolument contemporain, le projet s’inscrit dans la continuité artistique de la démarche initiée par Lalique. Les frères Bouroullec proposent en effet une réinterprétation du motif d’origine constitué d’une gerbe de roseau en fonte au centre de laquelle jaillissaient les jeux d’eau.

    Entre la Concorde et l’Etoile, les fontaines lumineuses de 15 mètres de haut, tourneront sur elles-mêmes d’ici à l’automne 2018. BOUROULLEC

    Elles ont déjà connu plusieurs réfections et interventions artistiques. En 1932, Lalique y a installé un décor central en verre d’où jaillissaient des jeux d’eau en brouillard. En 1958, Max Ingrand, le lauréat du concours, remplace l’œuvre très abîmée par des corolles également en verre dont il ne reste plus grand-chose aujourd’hui. Elles ont été piétinées par des supporters après les célébrations de victoire de la France à la Coupe du monde de 1998, date-à laquelle les six fontaines ont été mises hors d’eau. Depuis une vingtaine d’années, elles sont à l’abandon. Le système hydraulique est hors service. L’étanchéité, les canalisations, les installations électriques, les locaux techniques sont à refaire.


    Les nouvelles fontaines en perspective
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    La régie municipale Eau de Paris se chargera de la restauration de la machinerie et des six bassins entourés de parterres engazonnés aplanis, en tant que « mécène de compétence  », c’est -à-dire maître d’ouvrage bénévole. Coût des travaux : « 4 millions d’euros, qui seront intégralement pris en charge par le Qatar  », indique la directrice du Fonds pour Paris, Le projet artistique, lui, devrait s’élever à 2,5 millions d’euros, eux aussi, financés par le privé. « Les mécènes auront sans doute droit à une plaque discrète, rien de plus  », plaide Anne-Sylvie Schneider.qui a quasiment finalisé sa levée de fonds : Serge Dassault apporte 1 million (le site se nomme Rond-Point des Champs-Élysées Marcel Dassault). La famille Houzé, propriétaire des Galeries Lafayette, qui va ouvrir un grand magasin éponyme sur la célèbre avenue en octobre 2018, contribue aussi au projet. Au même moment, les six nouvelles fontaines commenceront leur rotation poétique. Avec ou sans controverse quant à leur design ? L’avenir nous le dira.

    BERTRAND GRECO

    (*) Les œuvres des frères Bouroullec
    font partie des collections de musêes aussi prestigieux que le MoMa à New York, le Centre Pompidou _ Paris, le Design Museum de Londres ou l’Art Institute de Chicago. En 2013, leur lustre Gabriel a été la première création mobilière contemporaine pérenne du château de Versailles.

    *

    joue les grincheux.
    Jean-Philippe Hugron après avoir stigmatisé le projet de remplacement des 360 kiosques à journaux d’ici juin 2019 par des « conteneurs améliorés » : poursuit ainsi :

    « …Autre cas étonnant, les fontaines du Rond-Point des Champs-Elysées : les frères Bouroullec - encore des inconnus ! - ont été choisis pour leur imaginer un avenir. Ils proposent, selon les révélations du Parisien, de curieuses douches mobiles et scintillantes à 6,5 millions d’euros...autant dire que ces douches sont froides. »

    *

    Le dossier

    Le dossier officiel de restauration des fontaines (pdf)

    Un livret conçu par le Fonds pour Paris qui détaille l’évolution historique des fontaines ainsi que le projet de restauration envisagé

    oOo


  • Viktor Kirtov | 2 avril 2017 - 15:44 4

    Dans la série « privatisation du patrimoine », le cas de l’Hôtel de la Marine sera un mix public/privé. L’ancien Garde-meuble de la Couronne, le prestigieux édifice s’ouvrant sur la place de la Concorde, devenu centre de pouvoir, celui du ministère de la Marine jusqu’en 2015, constitue la pièce maîtresse d’un programme urbain ambitieux.

    Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux (CMN) qui a récupéré la gestion du site en 2014, a présenté mardi 28 mars 2017 les grandes lignes de son projet.
    Les travaux
    de l’hôtel de la Marine débutent ce mois d’avril. Ouverture prévue : décembre 2019


    L’hôtel de la Maine, place de la Concorde.
    ZOOM... : Cliquez l’image.

    L’offre du site sera vaste prévoit le CMN : circuits de visite dans des salons d’apparat et appartements restaurés, expérience immersive dans un appartement restitué dans son état du XVIIIe siècle… Mais aussi restaurant, salon de thé, café pour respecter l’orientation gastronomique que l’État a veut donner au lieu.
    Mais aussi 6.500 m2 sur un total de 12.700 m2 seront transformés en bureau. « 4, Rue Royale, c’est une belle adresse pour un grand cabinet d’avocats ou une entreprise » a estimé Philippe Bélaval, le président du CMN. L’Etat n’a plus les moyens d’entretenir son fabuleux patrimoine et imagine des solutions pour y faire face. Ainsi, Philippe Bélaval a-t-il ajouté « la location des bureaux financera le remboursement du prêt contracté. » L’Etat reste propriétaire des lieux. Comme « l’Etat, c’est nous. », et que nous souhaitons que l’Etat donne l’exemple en réduisant son train de vie et que nous ne voulons plus d’augmentations d’impôts, nous ne pouvons qu’être logique avec nous-même et donner notre aval à M. Belaval.
    Des aigrefins diront que c’est avaler une couleuvre
    …à la nouvelle cambuse de l’hôtel de la Marine
    tandis que du fond de la cuisine, une voix du terroir national retentit,
    « Tu sais ce qu’elle te dit La Marine française… »

    Vidéo de présentation de la visite virtuelle de l’Hôtel de la Marine
    alors qu’il était encore occupé par l’Etat-Major de la Marine.
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    Une "approche culturelle" de la gastronomie et de "l’art de vivre à la française", des appartements restitués dans leur atmosphère du XVIIIe siècle : les travaux de transformation de l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris, sont lancés.. "Notre projet se fonde sur une large ouverture à tous les publics", a déclaré lors d’une visite de chantier le président du Centre des monuments nationaux.

    Cet organisme a été désigné opérateur unique du prestigieux édifice historique, après le départ de l’Etat-major de la Marine pour le "Pentagone" à la française dans le XVe arrondissement.

    "Il s’agit d’ouvrir le lieu avec la volonté de revitaliser le quartier", a dit le patron du CMN.

    Dans cette perspective, l’accès de la cour d’honneur et de la cour de l’Intendant sera libre. La première sera accessible depuis la Place de la Concorde et la Rue Royale. La deuxième sera couverte d’une verrière et abritera "un espace d’accueil et d’orientation des visiteurs".

    Le Centre "souhaite promouvoir une approche culturelle de la gastronomie et de l’art de vivre, en mettant en valeur aussi bien les terroirs que les arts de la table".

    Un programme qui reste à découvrir. Seule certitude, trois espaces de dégustation sont prévus : un café (donnant sur la Concorde), un salon de thé et, dans la cour d’honneur, un restaurant, dont les prix resteront abordables, assure le président du CMN. Un appel à candidatures a été lancé pour choisir le concessionnaire de ces établissements.

    Le projet pour l’Hôtel de la Marine, a lancé Philippe Bélaval, "ce n’est pas une épicerie, ce n’est pas un nouveau restaurant étoilé, ce n’est pas une nouvelle école de cuisine ou une antenne permanente du Salon de l’Agriculture".

    Les façades de l’Hôtel, construit à partir de 1757 par l’architecte Ange-Jacques Gabriel, vont être restaurées et les appartements de l’intendant du Garde-meuble restituées "au plus proche de leur état" à l’époque du dernier titulaire du poste, nommé en 1784.

    Le financement de l’opération sera assuré par le CMN qui, pour la première fois, a souscrit un emprunt de 80 millions d’euros, auxquels s’ajouteront 9,5 millions de fonds propres. Il sera complété par une participation de l’Etat à hauteur de 10 millions d’euros, et de 4 millions fournis par l’affichage publicitaire et du mécénat.

    Crédit : www.lepoint.fr


    Crédit : Le Journal des Arts

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    VOIR :
    #HôtelDeLaMarine

    www.hotel-de-la-marine.paris/

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