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Un « martyre de Saint Sébastien » attribué à Léonard de Vinci

Vidéo : L’homme du Mystère

D 16 décembre 2016     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


TRESOR : La maison de vente aux enchères Tajan vient d’annoncer qu’un dessin de Leonard de Vinci représentant le martyre de Saint Sébastien venait d’être authentifié. L’expertise est confortée par Carmen C. Bambach, conservatrice au Met de New York. L’œuvre, évaluée à 15 millions d’euros, appartient à un médecin à la retraite qui habite en France. De lui, on n’en saura pas plus, l’heureux monsieur ayant prévenu qu’il souhaitait garder l’anonymat.


Léonard de Vinci, Martyre de Saint Sébastien
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Le dessin authentifié

C’est le genre de surprise que tout amateur d’art aimerait vivre... la découverte d’un dessin de Léonard de Vinci. Au mois de mars, un médecin à la retraite veut faire expertiser quatorze dessins. Il se rend dans la prestigieuse maison de vente aux enchères Tajan, à Paris. Ce fils d’un bibliophile y rencontre Thaddé Prate, le directeur du département des « Maîtres anciens ».

Là, l’expert, selon le New York Times, passe en revue tous les dessins, relativement rapidement. Il remarque une belle sanguine italienne du XVIème siècle mais son oeil s’arrête sur un dessin, lui aussi italien mais de la période Renaissance. Exécuté au crayon et à l’encre, il représente Saint Sébastien, le patron des archers, des tapissiers et des ferrailleurs, attaché à un arbre dans un paysage de montagne.

Intrigué, Thaddé Prate décide de faire appel à Patrick de Bayser, un expert et marchand reconnu, qui examine l’oeuvre. Il estime en raison des détails graphiques que ce dessin ne peut être l’oeuvre que d’un gaucher. Or, en Italie, à cette époque, il n’y avait qu’un gaucher connu capable d’une telle maîtrise des lignes... Léonard de Vinci !

Au recto, l’expert découvre deux petits dessins à l’encre. Il s’agit d’une étude géométrique de la projection des ombres sur un mur. Il remarque aussi des inscriptions un peu passées. L’écriture est inversée. Or, précisément, Leonard de Vinci utilisait cette technique pour protéger certains de ses travaux...

Cette expertise en quête d’auteur va se poursuivre. Thaddé Prate et Patrick de Bayser soumettent le dessin à la Conservatrice au Metropolitan Museum de New York, qui a participé à l’exposition « Leonardo da Vinci - Master Draftman » de 2003.

Une oeuvre réalisée entre 1482 et 1485

Selon elle, le Codex Atlanticus, qui dresse l’inventaire des oeuvres de Vinci, fait état de huit dessins de Saint Sébastien. Deux sont connus et exposés au musée Bonnat à Bayonne et à Hambourg. Six sont donc encore dans la nature. Pour cette responsable, ce dessin est bel et bien à attribuer au maître Le dessin aurait été réalisé entre 1478 et 1483, à la fin de la première période florentine de l’artiste.

Alerté, le musée du Louvre a dépêché son laboratoire scientifique pour des analyses plus pointues. Les résultats n’ont pas encore dévoilés mais l’étude Tajan est convaincue de la nature de sa découverte. Le dessin sera officiellement présenté le 10 janvier 2017 par la maison de vente et pourrait être mis aux enchères en juin.
leparisien.fr


Léonard de Vinci
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Sollers et Léonard de Vinci

Sollers a peu écrit sur Léonard de Vinci. Néanmoins il est évoqué à plusieurs reprises dans sa Guerre du Goût :

[…] « Freud qui justement comparait sa méthode à la sculpture, via di levare, selon la formule de Léonard de Vinci. »
« Le secret de Rodin »
La Guerre du Goût, Folio p. 121.
*
« En juillet 1817, paraît à Paris, en deux volumes, une étrange Histoire de la peinture en Italie [Stendhal, volume I : Autour de Léonard de Vinci ; volume II : Autour de Michel Ange, Seuil, « L’école des lettres, 1994 »] « Stendhal l’Italien. Elle est signée des initiales M.B.A.A., qu’il faut déchiffrer "M. Beyle, ancien auditeur". »
La Guerre du Goût, Folio p. 559.

Plus loin, dans le même article sur Stendhal :

« La situation historique est mélancolique ? On va donc la rappeler à l’ordre par l’esprit logique et mathématique (c’est celui que Stendhal se veut) mais capable en même temps d’aller au fond du sentiment (c’est ainsi que Stendhal se rêve). Un mot résume cette synthèse originale qui risque de disparaître dans l’apathie et la recherche d’intérêts médiocres : l’énergie. Ainsi on fera l’apologie, sinon de Napoléon (après tout, trop de morts pour rien et trop d’Administration), du moins de François Ier (l’ « énergie de la Ligue sème des grands hommes ». François Ier, conte Louis XIV qui ne comprend pas Bernin, est « italien. ». La preuve ? Léonard de Vinci. »
*
Léonard de Vinci et Francois 1er

Après Marignan qui ramène à la France, le duché de Milan, François Ier qui se veut protecteur des artistes, accueille Léonard de Vinci en France, François Ier manifesta une véritable affection pour le vieil homme qu’il appelait « mon père » et qu’il installa au Clos Lucé, en 1516, à portée du château royal d’Amboise. Il lui confia diverses missions comme l’organisation des fêtes de la Cour à Amboise, la création de costumes ainsi que l’étude de divers projets. Vinci resta en France jusqu’à sa mort en 1519 et François Ier conservera après sa mort, la Joconde dont on connaît la suite glorieuse au Louvre. Il achète aussi au peintre Raphaël la Vierge au rocher.

Dans un article de Sollers intitulé « Saint Warhol » ces mots ;

« Comme par hasard, un de ses derniers grands tableaux présenté à Milan un mois auparavant s’appelait The last Supper. Oui, La Cène de Léonard de Vnci, rerise et réinterprétée, avec une drole de colombe, dove, traversant la toile très clair. Dove, aux Etats Unis est une marque de savon. Les lettres GE, General Electric, sont là aussi, manifestation pour le moins étrange du Saint-Esprit. »

Warhol The last supper.
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Et aussi, ce laisser-passer de César Borgia à Léonard de Vinci cité par Sollers :

Borgia Je vous conseille vivement un livre : Correspondance des Borgia. Lettres et documents (Mercure de France). Les Borgia ! Un pape explosif ! Machiavel à la manoeuvre ! Voyez ce laissez-passer de César Borgia à Léonard de Vinci, daté du 18 août 1502 : "Nous ordonnons et commandons qu’à notre excellent et très-cher familier, architecte et ingénieur général Léonard de Vinci soit partout accordé un passage libre de tous droits pour lui et les siens, et un accueil amical, et qu’on le laisse voir, mesurer, et estimer justement autant qu’il le voudra... Et que personne ne songe à faire le contraire, dans la mesure où il tient à ne pas encourir notre indignation." Voilà qui est parler ! Salut l’artiste !
lepoint.fr, 22-02-13

Ou encore :

« C’est quoi, "le péché originel" ? La sexualité ? Mais non, le calcul. Le Diable est la négation du gratuit, l’appropriation indue, le profit. Ce n’est pas pour rien que le dogme de l’Immaculée Conception a été défini comme "ineffable", c’est-à-dire au-delà de toute expression et de toute évaluation. Si vous voulez en avoir une idée, allez au Louvre, et restez quelques instants devant le tableau de Léonard de Vinci, La Vierge, l’enfant Jésus et sainte Anne. Si, devant cette douceur bouleversante, vous ne devenez pas sur le champ catholique, je ne peux plus rien pour vous [2]. »
(lepoint.fr, 15 février 2013)

Léonard de Vinci (Vinci, 1452 - Amboise, 1519)
Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant jouant avec un agneau,
dite La Sainte Anne.
(Vers 1503 – 1519)
Bois (peuplier), H. : 1,68 m. ; L. : 1,30 m., Collection de François Ier
*

Documentaire vidéo : L’homme du Mystère

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1 Messages

  • Viktor Kirtov | 4 janvier 2017 - 07:49 1

    PARIS [03.01.17] – L’Etat a refusé le certificat d’exportation demandé par la maison de ventes aux enchères Tajan pour le dessin représentant le martyre de saint Sébastien attribué à Léonard de Vinci. Ce refus, notifié par un arrêté ministériel publié au J.O., conforte l’authenticité de l’œuvre, estimée 15 millions d’euros.
    La pression monte pour un martyre de saint Sébastien attribué à Léonard de Vinci par la maison de ventes aux enchères Tajan : le certificat requis au titre de l’article L. 111-2 du code du patrimoine pour l’exportation de ce bien culturel a été refusé par le Ministère de la Culture, une décision qui prouve tout l’intérêt de l’œuvre pour le patrimoine national au point de vue de l’histoire et de l’art.
    LeJournaldesArts.fr - 03 janvier 2017