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Le Portrait In JAZZ de Philippe Sollers...

+ "Now’s The Time", la compilation du centenaire de Charlie Parker

D 22 août 2020     A par Viktor Kirtov - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


L’intégrale

A l’occasion du centenaire de la naissance de Charlie Parker, le 29 août 2020, nous republions ce « Portrait in JAZZ » de Philippe Sollers, anniversaire signalé par un autre fan de jazz et familier de pileface, Jean-Hugues Larché

Ajout à cette occasion de la section « "Now’s The Time" la célébration du centenaire de Charlie Parker

Si vous avez un peu de temps disponible devant vous (une quarantaine de minutes), installez-vous confortablement et laissez la musique et les mots mesurés, agir. Probablement la meilleure façon d’entrer dans la magie de ce portrait musical conduit avec sobriété et maestria par Laure Albernhe. De belles illustrations musicales.
Sans cesse en "Mouvement", du titre de son dernier roman paru chez Gallimard, où il est également éditeur, Philippe Sollers se nourrit de littérature… et de musique. Le jazz ? Il est lié à sa découverte pendant son enfance bordelaise. Armstrong et Johnny Hodges sont parmi ses héros, et il se dit "très sensible à la voix", en particulier, celle des grandes chanteuses.

L’accès aux parties

où vous rencontrerez quelques noms qui ont donné ses lettres de noblesse au jazz :


1. Le pianiste Thelonious Monk

2. Johnny Dodds et sa clarinette

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Johnny Dodds

3. Louis Armstrong à la trompette à Bordeaux

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Louis Armstrong

4. Charlie Parker, surnommé The Bird

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Charle Parker, The Bird

5. Les voix d’Ella Fitzgerald et Louis Armstrong

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Ella Fitzgerald et Louis Armstrong

6. La musique et les livres chez Sollers


Son dernier livre. Extraits


"Now’s The Time" la célébration du centenaire de Charlie Parker

Publié le18 août 2020 par FIP.fr


Charlie Parker avec Roy Haynes, Thelonious Monk et Charles Mingus à New York en 1953 / Bob Parent/Getty - ZOOM : cliquer l’image

Le label publie une double compilation et un coffret anthologique pour les 100 ans de la naissance de Bird, l’un des plus grands créateurs de la musique américaine du XXe siècle.

Parmi la multitude de célébrations du centenaire de la naissance de Charlie Parker, la maison de disque Le Chant du Monde(associée à Pias)s’illustre par la sortie de deux ouvrages discographiques nommés Now’s The Time , titre culte composé par le génial saxophoniste et enregistré pour la première fois en 1945.En plus d’un double vinyle réunissant 24 enregistrements majeurs de Bird gravés entre 1950 et 1953, le label publie un coffret référence de 10 CD pour 229 morceaux originaux du créateur du bebop.

Né le 29 août 1920 à Kansas City, Charlie Parker s’est imposé comme l’un des plus grands créateurs du jazz, un génie de l’improvisation.Il a porté l’émotion du blues à son point d’incandescence.Il a réinventé le blues, jouant sur les accords de passage et les renversements pour développer des lignes harmoniques nouvelles.Il possédait un souffle si puissant qu’il pouvait jouer plus fort que toute une section de cuivres et embarquer tout un orchestre dans sa sonorité.La force de son génie s’est doublée d’une part d’ombre, d’une tragédie intérieure qui finit par l’emporter prématurément mais qui imprègne son jeu d’une sensibilité à fleur de peau qu’il exalte jusqu’au bout de l’émotion, jusqu’au bout de sa propre existence.Plus de soixante ans après sa mort, le 12 mars 1955 à New York, Yardbird n’en finit pas de fasciner et de hanter les musiciens contemporains.

Le coffret anniversaire réunit l’œuvre complète réalisée en studio par le maitre du saxophone alto, inventeur du style Be-Bop aux côtés de Dizzy Gillespie ou Thelonious Monk.Les volumes de 1 à 6 offrent chronologiquement les 131 titres de Charlie Parker en qualité de leader, le volume 7 propose 23 versions alternatives ou prises rares, le volume 8 regroupe les 24 titres réalisés en compagnie d’un orchestre à cordes, le volume 9 rassemble les 25 sélections de son répertoire Latino, le volume 10 réuni les 26 sélections où Charlie Parker intervient en qualité de sideman.

la compilation anniversaire "Now’s The Time" sort le 28 août

Crédit : Fip.fr

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2 Messages

  • Viktor Kirtov | 27 août 2020 - 11:47 1

    Voici un beau texte, inspiré, que nous a adressé Jean-Hugues Larché :

    ...Charlie Parker a aujourd’hui cent ans. Déjà. Il nait à Kansas City en oiseau de bon augure. Il sera surnommé par ses amis musiciens Bird parce qu’il produit des sons d’oiseau très vif et qu’il ne mange que du poulet. Maniant parfaitement son saxophone alto qui libère l’entière émotion de sa voix intérieure, il illumine en météore le jazz, du début des années quarante au milieu des années cinquante. Imprégnant comme d’aucun son époque, son règne musical n’aura pas de fin.

    Charlie invente le Bebop avec Dizzy et Thelonious. Be qui galope et bop qui vibre. Etre qui caracole et bop qui saute ! Grands chevaux sur cuivres et percussions. Cavalcade d’une folie raisonnée de note en note. Notes enchaînées. Déchainées. Le cœur de Parker, l’esprit de Gillespie, le monde de Monk. Là, c’est le moment ! Now the time ! Le temps de secouer les puces du vieux solfège et des professeurs à métronome. Le moment de réveiller les filles du jazz et de les faire tourner en danseuses effrénées sur ce rythme détonnant qui les fait rire comme des bacchantes de Carpeaux.

    Ces trois-là et quelques autres (dont Miles) cassent la baraque du blues et des orchestres pour soirées blanches. Leur musique est supersonique, jamais entendue ça avant, ni après d’ailleurs. Grande santé du jazz. Après, on va vers le romantisme de Coltrane, l’expérimentation de Coleman ou le free un peu trop mental et démonstratif. Mais à ce moment précis de Now’s the time, c’est une maison de fou où chacun est le plus libre possible dans sa créativité. La fluidité emporte tout, aucune note n’accroche même en quadruple croche. Bird and Diz. Charlie dira : « Dizzy, l’autre moitié du battement de mon cœur ». La précision est horlogère, la rythmique d’une machine, la mélodie déchirante ou bienheureuse. La vitesse de félins sur leurs proies. Pure invention racée d’animal véloce. Les indiens Mohawk et Cherokee l’accompagnent. Joie de jouer dans la jungle urbaine. Plaisir des regards partagés entre musiciens. Improvisations sans fin. Relances permanente. Défi ludique. Quoi faire de mieux ? Je ne vois pas trop. Si ça va trop vite pour vous, n’entrez pas au Birdland ! Cette musique est une centrifugeuse.

    Dionysos qui resurgissait dans la modernité serait musicien Bebop. Ce serait sa forme la plus crédible et concevable. Véritable forme accomplie du baroque trois siècles plus tard baroque, le Bebop est au jazz ce que le baroque est au classique. Musique assez proche de Rameau, je trouve, pour son inventivité de forme exceptionnellement gaie et de Vivaldi pour sa virtuosité galopante. Charlie transcende les genres, comme Wolfgang. Parker serait-il le Mozart du XX° siècle ? Non, mais vous rigolez ! Ce roturier de Kansas City, qui pourrait croire ça  ! Pourtant si l’on écoute bien…

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    Dionysiaque, je vous dis.

    Dionysiaque, je vous dis. Et maintenant, même un classique !

    Les voyelles d’Arthur se transforment en couleurs, les notes de Charlie (a noir, i rouge, e blanc) sont des couleurs d’anarchie teintée de pudeur qui se métamorphosent en guirlandes de mots. Ses phrases musicales sont des accélérations de bolides sur le lac salé, des coups de tonnerre dans le désert d’Arizona, des matchs de boxe qui décochent crochets et uppercuts fulgurants. Jeux de jambes de gigue et circonvolutions acrobatiques sans fin. Plus l’alcool est fort, plus les trainées de poudre s’allongent dans des fumées enveloppantes, plus on se dégage du jazz à la papa. Les critiques voudraient bien comprendre. Le public peine à suivre. Les férus de jazz se lassent rapidement. Et en plus Charlie n’est pas que Bebop, comme Pablo n’est pas que cubisme.

    Souffleur de verre de profondeurs, concentration de yogi, endurance de marathonien. Virtuose de formes nouvelles, cet improvisateur heureux (visible sur les photos), émet des chorus déstabilisants qui enthousiaste illico ses partenaires de scène. Parker ne cherche pas, il joue. Jamais la même chose. De prises en prises. Flux et reflux, émotions, réminiscences, caresses, accolades, rebuffades, combats de coqs, esclandres, réconciliations. Et avec l’apparence du plus grand calme. Toutes les notes enchain ées, recréées pour tant de situations vécues ou imaginées. Quelle santé ! Quelle classe ! Le dégagement rêvé ! Sortie de la lourdeur de son propre corps. Issue pour les autres corps qui voudraient tenir le rythme. Sans pesanteur, le ciel se dégage. Eternité de la note bleue. Les filles frissonnent.

    Parker sort par la grande porte de l’air vicié des USA (irrespirable encore aujourd’hui). En son temps, il purifie l’atmosphère qui n’a jamais été aussi radicalement claire depuis la bourrasque Rimbaud et la tempête Nietzsche. Pensée va plus vite que la musique. Tellement juste. Terrible humanité du velouté de ces notes-là. Logique d’ornithologue. Sons insupportables aux mortels du commun qui vont parfaitement à mes oreilles. Vitesse sans précipitation. Rythme libre, certitude, joie, pleurs de joie. J’en reprends encore une tranche. Allez, une autre session, une nouvelle prise. C’est de l’addiction à haute dose. Jour de joie sur la terre, ce samedi, Parker a cent ans.

    Jean-Hugues Larché


  • saitta68 | 25 juin 2016 - 18:41 2

    Merveilleux ... à ceci près que Hodges jouait de l’alto, parfois du soprano ( jusqu’en 46), mais jamais du ténor ... pas la même voix, pas la même histoire ...