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Julia Kristeva, humaniste et européenne

D 4 juin 2016     A par Viktor Kirtov - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Pour saisir les causes des bouleversements anthropologiques contemporains, Julia Kristeva emprunte la voie de la psychanalyse, qu’elle considère comme « un humanisme élargi et lucide ». Toutefois, prévient-elle, cette science permettra de comprendre les vastes et profondes mutations culturelles de nos sociétés, si elle se réinvente continuellement. Il en va de même pour l’humanisme : le mouvement intellectuel qui porta la France pendant des siècles sera une réponse s’il est constamment refondé.

Aurélie Julia
Revue des Deux Mondes
En introduction d’un entretien avec Julia Kristeva sur le thème : " Pour une refondation de l’humanisme ".

Séminaire « BESOIN DE CROIRE »

Séance du 7 juin 2016 à 17h30


"Pourquoi la psychanalyse n’est pas une religion ?"

exposé présenté par Julia Kristeva

et discuté par Marie Rose Moro et Brigitte Moise-Durand

Salle Lebovici (à côté de l’accueil), Maison des adolescents de Cochin,
97 Boulevard de Port-Royal, 75013 Paris
Il est impératif de respecter les horaires de début et de fin de séminaire
Renseignements et inscriptions : Sophie Wéry :sophie.wery@aphp.fr
Tel. : 01 58 41 28 01 - Fax : 01 58 41 28 03

Julia Kristeva, humaniste et européenne

Par Alain Roumestand le 3 juin 2016

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Julia Kristeva. Photo Maurice Rougemont.

Les « Entretiens Jean Zay », du nom du ministre de l’Éducation Nationale du Front Populaire, assassiné par la milice vichyste en 1944, ont pour mission d’assurer « la relève des idées », de permettre le débat d’idées et la circulation des savoirs dans une période où la crise des valeurs de partage, d’échange, d’humanisme entre en résonance totale avec l’actualité politique en France et en Europe. Face au cynisme, à l’égoïsme, aux failles de l’intégration, à une mondialisation troublante.

Julia Kristeva, d’origine bulgare, psychanalyste, professeur émérite, auteur de « Simone de Beauvoir présente » (éd. Fayard, 2016)et « Du mariage considéré comme un des beaux arts » (éd. Fayard, 2015) écrit avec son compagnon Philippe Sollers, s’est longuement exprimée lors de ces entretiens sur l’humanisme européen et le post-humanisme à construire.

L’humanisme ne va pas de soi

L’humanisme qui se caractérise par la foi en l’homme, la confiance dans la nature humaine et l’action pour une humanité meilleure, a été nié aussi bien par Karl Marx que par le philosophe Martin Heidegger. Et actuellement « l’humanisme est en souffrance », considéré souvent en Europe comme « une pensée molle ».

Julia Kristeva qui déclare se sentir « Bulgare, Française et Européenne », dénonce l’idée selon laquelle l’Europe serait le chaos. « L’humanisme en Europe n’est pas un système figé de valeurs mais une refondation permanente,indique-t-elle. Nous ne sommes pas suffisamment fiers d’être Européens. L’identité européenne n’est pas un culte mais un questionnement permanent ».

À commencer par la dualité homme-femme de la Renaissance à nos jours en passant par le XVIIIème siècle, pour laquelle il y a « non-négociabilité ». Tant est essentielle cette égalité des deux sexes dans la société, qu’il faut défendre constamment vus les retours en arrière et les régressions toujours possibles.

Julia Kristeva : « Ne rejetez pas l’humanisme »

A l’occasion du Parvis du Cœur, version marseillaise du Parvis des Gentils, Julia Kristeva est intervenue à la Bibliothèque de l’Alcazar le 6 juin 2013.


Julia Kristeva : « Ne rejetez pas l’humanisme » par KTOTV

L’héritage des religions

De la même manière, l’héritage des religions doit être interrogé pour trouver les passerelles entre elles et une reconnaissance absolue de la diversité.

Membre du Conseil Économique et Social, Julia Kristeva a proposé la création d’une académie des cultures européennes, les cultures n’étant pas partie du Traité de Rome de 1957, qui signe l’acte de naissance symbolique et fondateur de l’Union Européenne. Or il y a selon elle « une spécificité de notre héritage culturel européen ».

Plus prosaïquement, en s’appuyant sur un humanisme ouvert et pour faire avancer celui-ci, Julia Kristeva a mis en place un séminaire « Besoin de croire » qu’elle a étendu à la Maison de Solenn, la Maison des adolescents de l’hôpital Cochin. Un groupe ethno-psychiatrique travaille pour lutter contre l’islamisme, « le mal radical », en partant d’une question simple : « Pourquoi la pulsion de mort remplace-t-elle le besoin de croire, conduisant certains jeunes à une « déliaison » puis à une radicalisation ? »

Besoin de croire et déni du savoir

Julia Kristeva pointe « la faiblesse de nos valeurs, qui gèrent la globalisation à coups de pétrodollars appuyés sur des frappes chirurgicales, le rétrécissement du politique en serviteur de l’économie ». Elle démontre que la psychanalyse freudienne a su « reprendre l’investigation du besoin de croire et du déni de savoir pour sonder les nouveaux messages du nihilisme ». Il est plus qu’urgent de forger et de partager de nouveaux idéaux civiques attractifs pour une jeunesse vécue comme une ressource et non plus comme un danger, avec des jeunes individus dans une logique de réseaux.

Et Julia Kristeva de donner l’exemple de cette jeune fille en burqa se déclarant forte en maths, mais pas en français, en philosophie, en histoire, alors que ces trois disciplines auraient pu lui donner les moyens de résister, de vivre. « Il faut enseigner l’humanisme ». Julia Kristeva, après avoir été invitée à parler au nom des non-croyants, des humanistes, au cours de la « Rencontre interreligieuse pour la justice et la paix », impulsée par Benoit XVI à Assise en 2011, a proposé la création d’un Cercle Montesquieu avec des rencontres de prêtres, rabbins, imams et humanistes pour travailler ensemble à lutter contre le basculement de la pulsion de vie dans la pulsion de mort. Et « l’idée de l’enseignement des faits religieux à l’école, considérés comme des objets de connaissance et non de culte » a découlé de ces rencontres.

(89’ - 14 mai 2013)

Crédit : kristeva.fr

Un pessimisme énergique

Il y a « la peur de heurter les musulmans, de voir s’embraser les banlieues ». Il y a « les gouvernements qui violent nos valeurs ». Il y a « la technicité et le triomphe des mafias qui se sont installés sur les ruines du communisme ». Il y a les populations qui ne sont pas représentées par les gouvernements. Il y a le nationalisme qui se développe avec le besoin fort d’appartenance à une communauté.

Face à ces situations en Europe, Julia Kristeva prône « un humanisme de pessimisme énergique », car il ne faut pas oublier qu’il y a « le féminin et Freud, enfant des Lumières, franc-maçon, qui dans « L’avenir d’une illusion », ramène le besoin de croire à une régression psychologique de l’adulte vers les émotions de l’enfance ». Aux yeux de la psychanalyste, il faut se libérer avec les autres, « se transcender ici-bas avec les autres ; l’altérité avant tout ». Le maître peut apporter beaucoup à l’étudiant, le chercheur peut accoucher d’une nouvelle médecine, d’une nouvelle santé. « Le périmètre du discours politique est à revoir, l’Europe qui donne des aides économiques mais pas d’aides culturelles, doit revoir sa copie », affirme-t-elle, avant de conclure : « Colettedisait : la mort ne m’intéresse pas, ce n’est qu’une banale défaite. Le grand événement, c’est la naissance ». Alors, point de morosité ! L’Europe peut renaitre en réaffirmant son humanisme constitutif face à la montée des périls.

Alain Roumestand – Une carrière très diversifiée : professeur d’histoire, formateur presse, animateur radio, formateur d’élus, syndicaliste, rédacteur presse de l’Education Nationale, conseiller en formation continue en France et à l’étranger, chargé de communication, proviseur, rédacteur presse internet, historie

Credit : The Dissident


POUR UNE REFONDATION DE L’HUMANISME

Entretien avec Julia Kristeva

réalisé par Aurélie Julia

REVUE DES DEUX MONDES, septembre 2013
EXTRAIT :

Revue des Deux Mondes – La Revue des Deux Mondes publiait en septembre 2011 « Oser l’humanisme », un texte que vous aviez prononcé au Parvis des Gentils six mois plus tôt. Pourquoi et comment cette question de l’humanisme est-elle redevenue pertinente ?

Julia Kristeva – Le Parvis des Gentils est un forum de dialogues et d’échanges entre croyants et non-croyants lancé par Benoît XVI en mars 2011. J’avais écrit il y a quelques années Cet incroyable besoin de croire. Fin 2011, Benoît XVI a organisé les Journées pour la paix et la justice dans le monde à Assise. Pour la première fois, cette rencontre œcuménique regroupant toutes les religions de la terre a invité une délégation de non-croyants, au nom de laquelle je suis intervenue avec « Dix principes pour l’humanisme du XXIe siècle », texte que j’ai prononcé devant une assemblée presque entièrement masculine, bigarrée, costumée, coiffée de mille et une façon, une vraie cour des miracles. Dans son discours, Benoît XVI a salué notre présence innovante et, comme il se doit de la part d’un pape, nous a décrits en proie à la souffrance, puisque nous n’avions pas trouvé, selon lui, le vrai Dieu. Inquiétude dans les rangs des non-croyants ! Très vite, néanmoins, le philosophe qu’il est, grand lecteur de Nietzsche et Heidegger, a relevé que pour nous (il me semble que c’était aussi le sens de mon intervention), la vérité est un « chemin », une « interrogation permanente », une « lutte intérieure ». Et il s’est adressé aux croyants, nous donnant en quelque sorte en exemple, et leur enjoignant de ne jamais oublier que « personne n’est propriétaire de la vérité ». L’oublierait- il, le monde irait immanquablement à la guerre, il n’y aurait jamais de paix. Nous ne pouvions que souscrire à ces paroles, et constater que nous assistions à un acte politique majeur pour l’humanisme européen et sa continuelle refondation. À mon retour en France, dans le contexte d’une recrudescence de l’antisémitisme, du racisme, de l’islamophobie, avec l’affaire Merah, mais aussi le sentiment d’incompréhension que partagent les catholiques, je me suis interrogée, avec des responsables du Collège des Bernardins, sur la suite à donner à cette rencontre exceptionnelle d’Assise. Ainsi est né le projet de créer le groupe de réflexion Montesquieu, avec la participation des représentants des principales traditions religieuses de France et des non-croyants, des hommes et des femmes venus des universités et des médias. Nous essaierons de mener des débats approfondis sur les divers aspects des conflits identitaires, qui nous conduiront à des prises de positions concrètes dans le vif de l’actualité. Le groupe n’en est qu’à ses débuts, et d’ores et déjà il comprend aussi des femmes comme les philosophes Blandine Kriegel et Élisabeth de Fontenay ou la rabbine Delphine Horvilleur. Nous échangerons avec les experts qui travaillent sur le projet d’un enseignement laïc de la morale à l’école. J’aimerais aussi que l’on invite Mme Latifa IbnZiaten, la mère d’une des victimes de Merah. Vous le voyez, ces réflexions sur la nécessité de refonder une éthique scandent le temps de mon écriture et de mon engagement : elles sont aujourd’hui insérées dans Pulsions du temps, un recueil qui propose une réflexion sur la temporalité. Pourquoi ? Née bulgare, de nationalité française et d’adoption américaine, je me considère comme une citoyenne européenne ; j’ai vécu les conséquences de deux grandes catastrophes du XXe siècle, la Shoah et le goulag ; j’ai assisté au retour messianique d’un certain nombre d’espoirs liés à la perspective d’une démocratie pour tous ; je vois aujourd’hui un nouveau réveil du religieux. Dans cette historicité, ce qui me semble le plus vivant et peut- être le plus à même de répondre à la crise endémique, appartient à notre héritage culturel. Il ne s’agit pas d’un retour aux sources : les « sources » en tant qu’« origines » et « vérité » ont été déconstruites, elles ne nous parlent plus. Saint Augustin, déjà, invitait à un « retour rétrospectif », soit à une mise en question et une problématisation de la tradition. Mais cette vision me paraît consubstantielle à la culture européenne. Nous la trouvons dans la pensée philosophique grecque, dans le dialogue platonicien, le deux-en-un ; d’une autre façon aussi dans l’histoire biblique : les talmudistes ne cessent d’interroger le « Je suis ce qui est/était/sera » de Yahvé à Moïse ; elle imprègne enfin la conception que je me fais de l’humanisme, qui n’est pas le culte de l’Homme « majuscule » à la place de Dieu, ou un théomorphisme, mais tout simplement (si l’on peut dire) l’évolution de la philosophie depuis les deux derniers siècles qui « pose un grand point d’interrogation à l’endroit du plus grand sérieux » (selon la formule de Nietzsche), c’est-à-dire à l’endroit de Dieu. Tout le voyage effectué par ma génération autour de la phénoménologie, en passant par le marxisme, le freudisme, la linguistique, le structuralisme et la psychanalyse, m’a conduite à interroger l’héritage et les solutions politiques des crises humaines et sociales ; il m’a également conduite à m’intéresser au microcosme de l’humain et à l’histoire des religions.

Revue des Deux Mondes – Que devient l’humanisme à l’intérieur de tout cela ?

Julia Kristeva – Un événement s’est produit en Europe – et nulle part ailleurs – qui a « coupé le fil d’avec la tradition religieuse », disent en substance Tocqueville et Hannah Arendt. Cet événement inouï a pris effet parce qu’il a été préparé par la tradition grecque, juive et chrétienne. « Dieu est mort » peut ouvrir la phase moderne du nihilisme avec ses deux visages. D’un côté ceux qui espèrent se passer d’une éthique : ils font du fait politique un moralisme compréhensif, géré par la « Sécu » qui veille sur la solidarité possible ou impossible en période d’austérité, et par le juridique, supposé capable de donner une feuille de route pour tous. De l’autre ceux qui font de la religion un outil sinon une arme politique, car c’est ainsi que se développent aujourd’hui les fondamentalismes et les intégrismes ; mais, prévenait déjà Hannah Arendt, ceux qui utilisent Dieu pour des buts politiques sont autant, sinon plus, nihilistes que les nihilistes déclarés. Sommes-nous dès lors dans des conflits entre les religions, qu’accompagnent les heurts entre les codes moraux traditionnels et leur déni par les libertés sans frein octroyées par l’essor des sciences et des techniques ? Ou dans le croisement et l’élucidation du besoin de croire et de son relais qu’est le désir de savoir ? Telle est LA question du XXIe siècle. Impossible d’y répondre sans refonder continûment cet autre espace de pensée et de vie qui s’est détaché d’elle, celui précisément de la sécularisation ou de l’humanisme. Il s’est construit en Europe, clairement depuis la Renaissance et le XVIIIe siècle, avec Érasme, Diderot, Voltaire, Rousseau, Goethe et beaucoup d’autres rebelles, jusqu’à Freud et ses successeurs qui inspirent ma réflexion. J’entends par « humanisme » un travail infini, exorbitant et de longue haleine, de « transvaluation des valeurs », dans le sens que Nietzsche donnait à ces mots. Il s’agit en effet de prendre au sérieux la crise qui secoue le monde et qui, loin d’être seulement économique, politique et sociale, est une crise existentielle qui nous confronte à l’inconnue majeure : qu’est-ce qu’un homme ? Qu’est-ce qu’une femme ? En écho à Beauvoir, j’avais écrit : « On naît femme, mais je le deviens. » J’ajoute : « On naît humain, mais je le deviens. » Comment ? La réponse sans fin à cette question est à mon sens associée à la crise actuelle, la crise de l’Homo sapiens. Il s’agit d’une crise des identités sexuelles, ethniques, raciales, nationales, religieuses, familiales… Elle sollicite bien sûr les sciences humaines, qui se développent suite à la décomposition du continent théologique depuis plus de deux siècles. Mais cette réponse dépend tout autant de notre possibilité ou non de créer de nouveaux langages : nouvelle littérature, nouvelle danse, nouvelle peinture... À l’aube de la Renaissance, Dante Alighieri (1265-1321) dans sa Divine comédie (chant I, 69) cherche un langage capable d’outrepasser l’humain : de « transhumanar », dit-il en créant un néologisme dans son « style nouveau ». Face à la crise profonde dont témoigne l’actualité, une religion – ni ancienne ni nouvelle – ne peut pas nous sauver. La refondation continue de l’humanisme me paraît être le geste radical dont a besoin la nouvelle comédie humaine, le geste radical d’un « transhumanar » dont l’humanité a besoin. Nous ne savons pas ce que sera cette nouvelle humanité qui se prépare dans les laboratoires de clonage et le ventre des mères porteuses, les pulsions de mort des adolescents en déshérence et les ruées des internautes vers les supermarchés de spiritualités. Mais j’entends sur le divan la révolte de mes analysants : une nouvelle espèce d’« enragés », comme on disait en mai 1968, qui veulent l’impossible : ils réévaluent une région intime du continent religieux, l’expérience intime. J’écoute la déliaison des adolescents en manque d’idéaux, incapables de distinguer le « bien » du « mal », nouveaux acteurs du mal radical, ce vivier fécond du « gangstéro-islamisme » : souvenez-vous de l’affaire Merah ; de ces jeunes qui ont tué un militaire à Londres le 22 mai 2013 ; du garçon qui a poignardé un soldat à la Défense trois jours plus tard. Je regarde les médias qui s’inquiètent puis se complaisent à nous abreuver des « parts d’ombre » d’hommes politiques pris dans des affaires au sommet de l’État. Au risque de vous paraître apocalyptique, je prétends que nous assistons aujourd’hui à des phénomènes extrêmement inquiétants qui touchent aux limites de l’humain. Si nous ne sommes pas capables de les regarder en face, de les élucider, d’accompagner et de dépasser, nous ne pourrons pas construire cette nouvelle version de l’humanisme qui nous demande d’outrepasser l’humain en crise endémique. De l’outrepasser toujours, constamment. Il ne s’agit pas de forger des programmes volontaristes mais de réévaluer la mémoire des codes moraux qui nous précèdent, et de sonder le mal-être psychosexuel et social de ces acteurs politiques nouveaux, eux aussi en crise. J’ai employé à escient les termes « déconstruction de l’humain », ou « crise de l’humain » car ils attirent l’attention sur le fait que l’Homo sapiens est parvenu à une certaine limite, et que néanmoins nous avons aussi la capacité d’en être conscients et de penser cette situation. Le fait était peut-être sous-jacent dans le passé, mais aujourd’hui, avec nos sociétés hyperconnectées, tout devient très visible et très violent parce que les moyens de satisfaction sont très violents (mafia, toxicomanie, armes, religions agressives) et parce que les besoins de satisfaction sont boostés par l’image et par l’hyperconnexion. Il s’agit d’une phase radicale du nihilisme. Est-ce une raison de désespérer de notre époque ? Je suis une pessimiste énergique.

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