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Hubert Robert un peintre visionnaire

Marcelin Pleynet

D 5 avril 2016     A par A.G. - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Élisabeth Vigée Le Brun, Hubert Robert. 1788.
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Le musée du Louvre rend hommage à l’un des plus brillants artisans de sa création, artiste de premier plan au talent visionnaire. Bien plus que le peintre de ruines et de paysages dont la postérité a gardé l’image, Hubert Robert fut l’un des plus grands créateurs d’imaginaire poétique du 18e siècle.
Véritable homme des Lumières, il entreprit un remarquable itinéraire d’artiste qui le conduisit de Rome jusqu’à la cour de France dont il réalisa certains des plus spectaculaires décors. Mémorialiste de Paris et de l’histoire tumultueuse de la Révolution française, Hubert Robert acheva sa brillante carrière en conservateur attentif et engagé du tout récent Muséum central des arts, le futur musée du Louvre. Cet artiste à l’oeuvre tout à la fois éclectique et profondément cohérente embrassa les genres distincts du paysage poétique, des caprices urbains et architecturaux, des études archéologiques, et il entreprit des réalisations, remarquables et novatrices, dans le domaine des jardins paysagers ou des décors palatiaux.
Cette dimension est au coeur de l’exposition monographique – la première depuis 1933 – que le musée du Louvre en association avec la National Gallery of Art de Washington a décidé de lui consacrer. Est ainsi réuni un ensemble exceptionnel et varié de 140 oeuvres (dessins, peintures, gravures, peintures monumentales), issues des plus grands fonds patrimoniaux français et étrangers.

Commissaire(s) : Guillaume Faroult, musée du Louvre.

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Louvre : une exposition en l’honneur d’Hubert Robert

Le catalogue de l’exposition : Hubert Robert un peintre visionnaire
Parcours de l’exposition
Hubert Robert au Louvre : une rétrospective évènement

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Hubert Robert (1733-1808)

Pour Augustin de Butler qui a rappelé cette émission à mon souvenir.

Une vie une oeuvre

En juin 2007, France Culture consacrait une émission à Hubert Robert. Avec Marcelin Pleynet.
Autres participants : Marie-Catherine Sahut, ex-Conservateur au Département des peintures du Musée du Louvre
Jean-François Méjanès, ex-Conservateur en chef au département des Arts graphiques du musée du Louvre (décédé en 2012)
Michel Baridon, Membre du Conseil national des parcs et jardins (depuis 2003), du conseil scientifique de l’Etablissement public de Versailles (décédé en 2009)
Anne Poirier et Patrick Poirier, architectes paysagistes.


Avenue dans un parc, 1799.
Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

« Robert est un jeune artiste qui se montre pour la première fois. Il revient d’Italie, d’où il a rapporté de la facilité et de la couleur. Il a exposé un grand nombre de morceaux, entre lesquels il y en a d’excellents, quelques-uns médiocres, presque pas un mauvais. Je les distribuerai en trois classes : les tableaux, les esquisses et les dessins. » Voici rapidement présenté au salon de 1767, sous la plume de Diderot critique d’art, le peintre Hubert Robert dont la carrière se déploie dès 1765, à son retour de Rome où il a séjourné onze ans. Très vite, il est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Puis le comte d’Angiviller, directeur des Bâtiments, qui a proposé la création d’une galerie des tableaux du roi dans la grande galerie du Louvre, suggère à ce dernier dans le même temps de confier cette tâche à Hubert Robert : le peintre obtient en 1778 la fonction de garde des tableaux du roi, ainsi qu’un logement et un atelier au Louvre. Il est aussi nommé, la même année, dessinateur des jardins du roi. Arrêté comme suspect à cause de ses liens avec la noblesse et la royauté, Hubert Robert passe une année en prison sous la Terreur, mais il n’en devient pas moins l’un des premiers conservateurs du Louvre devenu Museum national. Et il continue son activité de créateur de jardins. Il avait, comme le remarque Marcelin Pleynet, « une tête bien faite ». Le nom d’Hubert Robert évoque aussitôt les ruines, qui sont omniprésentes dans sa peinture et dans ses dessins. C’est le témoignage d’un engouement pour l’archéologie, c’est l’imprégnation inévitable du paysage de Rome, alors que jeune homme il arpentait la ville avec bonheur, c’est l’expression d’un sentiment pré-romantique qui sans doute l’habite et le fait inscrire sur sa toile les dimensions du temps et de la mémoire. Mais ce qu’on a tendance à oublier parfois, c’est sa gourmandise à croquer son époque, ses instantanés qui nous laissent aujourd’hui de véritables oeuvres-témoignages comme l’Incendie de l’Opéra, le décintrement du pont de Neuilly, l’abattage des arbres dans le parc du château de Versailles, la destruction de la Bastille ou la fête de la Fédération. Hubert Robert est le peintre de l’instant, et de la durée.

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Sélection des interventions de Marcelin Pleynet

Hubert Robert à Rome - Une philosophie du XVIIIe siècle

Le XVIIIe siècle a inventé la nature

La Grande Galerie du Louvre

Une lumière de l’âme

Un imaginaire raisonnable

Un témoin de son époque

Archives A.G.

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Marcel Proust et Le jet d’eau


Le jet d’eau du bosquet des Muses à Marly. 1780.
Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

« Tellement distrait dans le monde que je n’appris que le surlendemain, par les journaux, qu’un orchestre tchèque avait joué toute la soirée et que, de minute en minute, s’étaient succédé les feux de Bengale, je retrouvai quelque faculté d’attention à la pensée d’aller voir le célèbre jet d’eau d’Hubert Robert.
Dans une clairière réservée par de beaux arbres dont plusieurs étaient aussi anciens que lui, planté à l’écart, on le voyait de loin, svelte, immobile, durci, ne laissant agiter par la brise que la retombée plus légère de son panache pâle et frémissant. Le XVIIIe siècle avait épuré l’élégance de ses lignes, mais, fixant le style du jet, semblait en avoir arrêté la vie ; à cette distance on avait l’impression de l’art plutôt que la sensation de l’eau. Le nuage humide lui-même qui s’amoncelait perpétuellement à son faîte gardait le caractère de l’époque comme ceux qui dans le ciel s’assemblent autour des palais de Versailles. Mais de près on se rendait compte que, tout en respectant, comme les pierres d’un palais antique, le dessin préalablement tracé, c’était des eaux toujours nouvelles qui, s’élançant et voulant obéir aux ordres anciens de l’architecte, ne les accomplissaient exactement qu’en paraissant les violer, leurs mille bonds épars pouvant seuls donner à distance l’impression d’un unique élan. Celui-ci était en réalité aussi souvent interrompu que l’éparpillement de la chute, alors que, de loin, il m’avait paru infléchissable, dense, d’une continuité sans lacune. D’un peu près, on voyait que cette continuité, en apparence toute linéaire, était assurée à tous les points de l’ascension du jet, partout où il aurait dû se briser, par l’entrée en ligne, par la reprise latérale d’un jet parallèle qui montait plus haut que le premier et était lui-même, à une plus grande hauteur, mais déjà fatigante pour lui, relevé par un troisième. De près, des gouttes sans force retombaient de la colonne d’eau en croisant au passage leurs soeurs montantes, et, parfois déchirées, saisies dans un remous de l’air troublé par ce jaillissement sans trêve, flottaient avant d’être chavirées dans le bassin. Elles contrariaient de leurs hésitations, de leur trajet en sens inverse, et estompaient de leur molle vapeur la rectitude et la tension de cette tige, portant au-dessus de soi un nuage oblong fait de mille gouttelettes, mais en apparence peint en brun doré et immuable, qui montait, infrangible, immobile, élancé et rapide, s’ajouter aux nuages du ciel. Malheureusement un coup de vent suffisait à l’envoyer obliquement sur la terre ; parfois même un simple jet désobéissant divergeait et, si elle ne s’était pas tenue à une distance respectueuse, aurait mouillé jusqu’aux moelles la foule imprudente et contemplative.
Un de ces petits accidents, qui ne se produisaient guère qu’au moment où la brise s’élevait, fut assez désagréable. On avait fait croire à Mme d’Arpajon que le duc de Guermantes — en réalité non encore arrivé — était avec Mme de Surgis dans les galeries de marbre rose où on accédait par la double colonnade, creusée à l’intérieur, qui s’élevait de la margelle du bassin. Or, au moment où Mme d’Arpajon allait s’engager dans l’une des colonnades, un fort coup de chaude brise tordit le jet d’eau et inonda si complètement la belle dame que, l’eau dégoulinante de son décolletage dans l’intérieur de sa robe, elle fut aussi trempée que si on l’avait plongée dans un bain. »

Marcel Proust, Du côté de Guermantes.


Le grand jet d’eau de la Villa Conti (aujourd’hui villa Torlonia) à Frascati, près de Rome. 1761.
62,5 x 47. Musée des Beaux-Arts, Besançon. Zoom : cliquez l’image.
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Hubert Robert et le Louvre

« Imaginé dès le règne de Louis XVI, le futur musée du Louvre devient réalité sous la Révolution. Il ouvre en 1793 sous le nom de Museum central des Arts. Dès 1778, on consulte Hubert Robert en prévision des transformations architecturales qu’il convient d’apporter à la galerie (longue de plus de 400 m.) pour rendre accessibles au public les collections royales. Son parti est, essentiellement, de rythmer l’espace par des travées et de réaliser un éclairage zénithal (qui sera réalisé à partir de 1805 par Percier et Fontaine). En 1795, la responsabilité des tableaux lui est donnée. C’est à cette époque qu’il peint de nombreuses vues de la galerie, cherchant tant à appuyer la pertinence de ses choix qu’à montrer ses qualités de peintre.
Deux tableaux (qui figurent au Salon de 1796) représentent, l’un, une vision imaginaire de la Grande Galerie regorgeant de chefs-d’œuvre et animée de nombreux visiteurs et l’autre le même lieu projeté dans un lointain avenir rêvé, ruiné par le temps. » (Notice musée du Louvre).



La Grande Galerie du Louvre entre 1794 et 1796.
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En 1796 Robert peint deux vues imaginaires de la Grande Galerie du Louvre. L’une nous montre des ruines après on ne sait quel désastre, mais Apollon veille et semble indiquer la voie. L’autre est un projet d’aménagement, très proche de la Grande Galerie actuelle.


Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre, 1796.
H : 1,15 m ; L : 1,45 m. Acquis en 1975 , 1975 R.F. 1975-11 © 2007 Musée du Louvre / Angèle Dequier.
« Au centre de la composition [...] se trouve L’Apollon du Belvédère, modèle absolu du Beau académique [...] Le dessinateur que le peintre figure devant l’Apollon intact, tire les leçons du passé pour reconstruire le présent. Il s’agit peut-être là aussi, plus encore que d’une pittoresque fantaisie, de l’aveu d’un homme dont le monde avait été profondément bouleversé par la Révolution. »
(Notice musée du Louvre). Zoom : cliquez l’image.



Projet d’aménagement de la Grande Galerie du Louvre, 1796.
Huile sur toile. Dimensions 115 × 145 cm. © Musée du Louvre / Jean-Gilles Berizzi.
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Nouvelle esquisse en 1798.


Projet d’aménagement de la Grande Galerie du Louvre, 1798.
34 × 42 cm. Zoom : cliquez l’image.


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« Tout s’anéantit, tout périt, tout passe »

« Les idées que les ruines réveillent en moi sont grandes. Tout s’anéantit, tout périt, tout passe. Il n’y a que le monde qui reste. Il n’y a que le temps qui dure. Qu’il est vieux ce monde ! Je marche entre deux éternités. De quelque part que je jette les yeux, les objets qui m’entourent m’annoncent une fin, et me résignent à celle qui m’attend. Qu’est-ce que mon existence éphémère, en comparaison de celle de ce rocher qui s’affaisse, de ce vallon qui se creuse, de cette forêt qui chancèle, de ces masses suspendues au-dessus de ma tête, et qui s’ébranlent ? Je vois le marbre des tombeaux tomber en poussière ; et je ne veux pas mourir ! et j’envie un faible tissu de fibres et de chair à une loi générale qui s’exécute sur le bronze ! Un torrent entraîne les nations les unes sur les autres, au fond d’un abîme commun ; moi, moi seul, je prétends m’arrêter sur le bord, et fendre le flot qui coule à mes côtés ! »

Denis Diderot, Salon de 1776.


Le port de Ripetta à Rome, 1760.
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Le port de Ripetta à Rome, 1766.
Huile sur toile, 119 × 147 cm, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris.
Ce tableau est en fait une réplique d’une composition exécutée par Hubert Robert à Rome en 1761 pour le duc de Choiseul. Contrairement aux règles en vigueur, qui exigeaient une œuvre originale, il servit de morceau de réception à l’Académie et fit l’unanimité. Il fut ensuite exposé au salon de 1767 et figurait au livret avec la notice suivante :
« Par M. Robert, Académicien [...] Le Port de Rome, orné de différens Monumens d’Architecture antique & moderne. »
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Poétique des ruines

« L’effet de ces compositions, bonnes ou mauvaises, c’est de vous laisser dans une douce mélancolie. Nous attachons nos regards sur les débris d’un arc de triomphe, d’un portique, d’une pyramide, d’un temple, d’un palais ; et nous revenons sur nous-mêmes ; nous anticipons sur les ravages du temps… Et voilà la première ligne de la poétique des ruines. »

« Si le lieu d’une ruine est périlleux, je frémis. Si je m’y promets le secret et la sécurité, je suis plus libre, plus seul, plus à moi, plus près de moi. C’est là que j’appelle mon ami. C’est là que je regrette mon amie. C’est là que nous jouirons de nous sans trouble, sans témoins, sans importuns, sans jaloux. C’est là que je sonde mon cœur. C’est là que j’interroge le sien, que je m’alarme et me rassure. De ce lien, jusqu’aux habitants des villes, jusqu’aux demeures du tumulte, au séjour de l’intérêt des passions, des vices, des crimes, des préjugés, des erreurs, il y a loin.
Si mon âme est prévenue d’un sentiment tendre, je m’y livrerai sans gêne. Si mon cœur est calme, je goûterai toute la douceur de son repos.
Dans cet asile désert, solitaire et vaste, je n’entends rien, j’ai rompu avec tous les embarras de la vie. Personne ne me presse et ne m’écoute. Je puis me parler tout haut, m’affliger verser des larmes sans contrainte.
Sous ces arcades obscures, la pudeur serait moins forte dans une femme honnête ; l’entreprise d’un amant tendre et timide, plus vive et plus courageuse. Nous aimons, sans nous en douter, tout ce qui nous livre à nos penchants, nous séduit, et excuse notre faiblesse. »

Denis Diderot, Salon de 1767 (à propos d’Hubert Robert)

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Alexandre le Grand devant le tombeau d’Achille, 1754.
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La Maison Carrée à Nîmes, 1783.
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La Maison Carrée et la Tour Magne à Nîmes, 1787.
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Le Pont du Gard, 1787.
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La Bastille dans les premiers temps de sa démolition, 1789.
Musée Carnavalet. Zoom : cliquez l’image.



Peintres, 1792.
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La violation des caveaux des Rois dans la Basilique Saint-Denis en octobre 1793.
Huile sur toile, 54 × 64 cm, musée Carnavalet, Paris.
« Hubert Robert illustre dans ce tableau l’avènement des temps nouveaux qui se concrétise par la destruction des symboles de l’Ancien Régime, le saccage des églises et des châteaux, la dispersion de collections et de bibliothèques. Mais ce vandalisme sinon dicté, du moins encouragé, suscite par contrecoup une prise de conscience, celle du patrimoine, d’une mémoire commune à sauvegarder. Ce concept tout nouveau de patrimoine, inséparable du souci de conservation, est à l’origine de la création des premiers musées. En effet, le jeune peintre Alexandre Lenoir fonde, en 1795, un musée des monuments français, "historique et chronologique, où l’on retrouve tous les âges de la sculpture française". » (Notice musée Carnavalet)
Zoom : cliquez l’image.



Ruines antiques utilisées comme Bains Publics, 1798.
Zoom : cliquez l’image [1].


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Hubert Robert au musée des Beaux-Arts de Valenciennes

Visite, le 13 avril 2016, du trop méconnu musée des Beaux-Arts de Valenciennes qui, à côté de sculptures et toiles de Carpeaux et d’autres peintres Valenciennois (Watteau & Cie, Jean-Baptiste Pater) et de magnifiques Rubens, présente deux très beaux tableaux de Hubert Robert.

Vue pittoresque du Capitole


Vue pittoresque du Capitole.
Huile sur toile. H 1,09 ; L 0,855. Don de Mme Gustave Crauk 1898.
Zoom : cliquez l’image.

La peinture des ruines a constitué, au XVIIIe siècle, un genre à la mode. Un Italien très lié à la France, Pannini, donna ses lettres de noblesse à ce type de paysage. Animé de personnages, ce spectacle évocateur se trans­forme en méditation poétique qui fascina Hubert Robert et que Diderot exprime par­faitement : « Les idées que les ruines réveillent en moi sont grandes. Tout s’anéantit, tout périt, tout passe. Il n’y a que le monde qui reste . Il n’y a que le temps qui dure. Qu’il est vieux ce monde ! » (Salons, 1767).
Hubert Robert vient d ’avoir vingt ans lorsqu’il arrive à Rome, en 1754. D’un séjour qui dura dix ans, il rapporte à Paris un grand nombre de dessins qui lui permettront de peindre, pour les amateurs, des paysages de fantaisie, fruits de l’imagination mais constitués d’éléments réels pris sur le vif.
Cette Vue pittoresque du Capitole est carac­téristique de ces caprices qui firent le succès du peintre. Ces compositions artificielles témoignent d’un sens grandiose de l’espace : arches et escaliers monumentaux sont trai­tés comme des procédés scénographiques chargés d’un effet de perspective. Tour concourt ici à mettre en valeur la célèbre statue équestre de Marc-Aurèle ; placée à contre-jour, en plein centre du tableau, elle semble s’animer et surgir, tel un cavalier au galop, d’une place du Capitole imaginaire. — P. R.


Vue de montagne avec glacier.
Huile sur toile. H 233 ; L 0,825.
Legs Marlière-Tavernier 1976.
Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Et ce tableau très « chinois »...

Vue de montagne avec glacier

Cet étroit panneau vertical, issu de la collection du duc de Bauffremont, appar­tenait vraisemblablement à un ensemble de plusieurs œuvres décoratives desti­nées à s’intégrer dans des boiseries, telles qu’Hubert Robert en produisit souvent pour des collectionneurs privés. Elle fut d’ailleurs vendue en 1934 en même temps qu’un autre panneau du même type, intitulé Église dominant une vallée alpestre, présenté à la rétrospective Hubert Robert de 1933 au musée de l’Orangerie.
Ce n’est pas ici le peintre des ruines poé­tiques et des vestiges grandioses qui est à l’œuvre, mais le paysagiste confronté à une nature imposante et pour tout dire sublime. Bien qu’Hubert Robert ait sans nul doute multiplié les études sur le motif tout au long de sa carrière, ses paysages n’en sont pas moins recomposés en atelier, afin de plier la nature à une intention particulière, tout en préservant un caractère de vérité. Dans le cas présent, Robert construit son tableau par plans successifs qui vont guider l’œil le long du chemin sinueux ouvert entre deux éperons rocheux jusqu’à un horizon lointain, qui laisse deviner un panorama magistral. Le point de vue en contrebas, avec un premier plan à contre-jour, accen­tue la monumentalité du paysage, de même que la présence de quelques personnages, minuscules à l’échelle des éléments natu­rels. Toutefois, cette nature en majesté ne revêt pas le caractère tragique ou écra­sant des visions romantiques de la fin du XVIIIe siècle. C’est encore une évocation paisible et pittoresque des beautés fasci­nantes de la nature que nous offre Hubert Robert. — V. F. [2]

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Hubert Robert et Le Douanier Rousseau

La dispute, 28 mars 2016.

"Hubert Robert, 1733-1808 : Un peintre visionnaire" et "Le Douanier Rousseau : L’innocence archaïque" sont nos deux expositions critiquées, ce soir, par Corinne Rondeau et Jean-Max Colard.

Crédit FC

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[2Notices du Guide des collections du musée.

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1 Messages

  • A.G. | 30 mai 2016 - 14:15 1

    Hubert Robert, au Louvre, s’invite chez "Les Regardeurs"
    L’exposition se termine ! Les retardataires ont jusqu’au lundi 30 mai pour se rendre au musée du Louvre. Et "Les Regardeurs" vous racontent celui qui "fut l’un des plus grands créateurs d’imaginaire poétique du 18ème siècle."
    Aujourd’hui, nous observons ensemble un tableau intitulé "Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruines" (1796). Ecoutez ici.