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Le Vatican et la Chine & Quid du culte de Mao ?...

Le nouvel an chinois

D 9 février 2016     A par Viktor Kirtov - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Paris (GMT+1)

Pékin (GMT+8)

Le 8 février 2016 marque l’entrée du monde chinois dans la nouvelle année lunaire du Singe de Feu rouge. Partout en Asie, de la Corée à la Chine, en passant par le Vietnam, Singapour, Taïwan ou Hong Kong, les festivités ont débuté

Fait unique, à l’occasion du nouvel an chinois, le pape François s’adresse pour la première fois à la Chine à travers un entretien publié par Asia Times. Par cette interview, il semble vouloir renouer le dialogue avec les autorités chinoises, rompu depuis Mao Zedong.

Notons aussi que 2016 correspond au 40e anniversaire de la mort du Grand Timonier. Ceci va-t-il être l’occasion de commémorations ? Pas d’annonces en ce sens à ce jour. Nous avons même assisté, début janvier, à un événement inhabituel en Chine, une statue géante de Mao, près de 37 mètres, démantelée à peine érigée. Mais pourquoi donc ?

Ce sont ces deux événements que nous nous proposons de commenter aujourd’hui :

LE VATICAN ET LA CHINE

 : Agnès Gaudu et Carole Lyon

Publié le 03/02/2016


Le pape s’adresse à la foule place Saint-Pierre, à Rome, le 2 février 2016.
PHOTO : TIZIANA FABI / AFP
ZOOM... : Cliquez l’image.

Pour la première fois, le pape s’adresse aux Chinois directement, dans un entretien au site Asia Times à l’occasion du nouvel an chinois.

C’est une exclusivité,“la toute première interview du pape François sur la Chine et les Chinois”,annonce le journal hongkongais Asia Times, qui a recueilli ses propos. Et cette adresse du pape aux Chinois intervient alors que la presse italienne fait état d’amélioration des relations entre la Chine et le Vatican. Depuis que les communistes ont pris le pouvoir en 1949, les catholiques chinois se sont vu interdire, parfois brutalement, d’avoir des relations avec le Saint-Siège. Pékin s’est également arrogé le droit de nommer les évêques chinois – un droit d’ordinaire dévolu au pape.

Le Vatican souhaite néanmoins reprendre langue avec Pékin, et plusieurs échanges de délégations auraient eu lieu depuis juin 2014.

Un “tournant décisif”

Le Corriere della Sera indiquait ainsi récemment que trois évêques chinois pourraient être prochainement nommés par le Vatican, sur la base de propositions de Pékin.

Pour le quotidien italien, il s’agirait d’un“ tournant décisif”.“ En son temps, Jean-Paul II avait rappelé que les évêques ainsi nommés [par la Chine] devraient être considérés comme automatiquement excommuniés”.Le journal évoque même la possibilité d’un voyage du pape en Chine en 2017, pour autant que le Vatican ait rompu ses relations avec Taïwan. Ce serait“un voyage qui changerait l’histoire de l’Eglise et de l’Asie”.

Répondant aux questions de Francesco Sisci, chercheur à l’université Renmin à Pékin et chroniqueur du site hongkongais Asia Times, le pape François rend un hommage appuyé à la grandeur de la culture et de l’histoire chinoises. Il fait l’éloge de son dynamisme actuel et lance un plaidoyer pour le dialogue.

“La Chine a toujours été pour moi une référence de grandeur. Un grand pays, doté d’une sagesse inépuisable”, déclare-t-il, avant de citer l’expérience du jésuite Matteo Ricci, l’un des premiers missionnaires à être allé en Chine au XVIe siècle, qui “ nous apprend qu’il est nécessaire d’entrer en dialogue avec la Chine, car elle est une accumulation de sagesse et d’histoire”.

Il ne faut pas craindre la Chine

Interrogé sur le défi posé par l’ouverture au monde de la Chine, le pape estime qu’il ne faut pas le craindre.“Le monde occidental, le monde oriental et la Chine ont tous la capacité de maintenir l’équilibre de la paix et la force de le faire. Nous devons en trouver le moyen, toujours par le dialogue.”

Sans la citer explicitement, le pape François évoque les conséquences démographiques de la politique de contrôle des naissances, qui a imposé aux Chinois de n’avoir qu’un enfant, jusqu’à son abandon, en janvier 2016.


Le problème pour la Chine de ne pas avoir d’enfants doit être douloureux. Car la pyramide est inversée et un enfant doit porter la charge de ses père, mère, grand-père et grand-mère. C’est épuisant, exigeant, déstabilisant. Cela n’est pas naturel. Je sais que la Chine a ouvert les possibilités sur ce sujet.”

Partant de la question de la famille, le dialogue aborde la situation plus générale de la Chine et l’évolution du régime – sans faire allusion directement aux violences politiques qu’elle a connues. Le pape François plaide pour le réalisme et la réconciliation.


Chaque peuple doit se réconcilier avec son histoire, qui est son propre chemin, avec ses succès et ses échecs. Lorsque l’on prend la responsabilité de son propre chemin, en l’acceptant tel qu’il est, cela permet aux richesses historiques et culturelles d’émerger, même dans des moments difficiles.”

Une émergence qui doit se faire“en dialogue avec le monde d’aujourd’hui”.

Agnès Gaudu et Carole Lyon
Courrier International

 : Christophe Dickès

ven. 5 févr. 2016

Rapprochement avec Pékin : François saura-t-il être aussi efficace que Jean-Paul II avec l’empire soviétique ?

Atlantico : A la suite de ce signal envoyé par le pape François à l’adresse de la Chine, avec l’entretien qu’il a accordé à Asia Times, où en sont aujourd’hui les relations Rome/Pékin ? Trois évêques chinois pourraient être nommés par le Vatican sur la base de propositions de Pékin. Le journal italien Corriere della Serra évoque même la possibilité d’un voyage du pape en Chine en 2017… Qu’en est-il ?

Christophe Dickès
Historien et journaliste, spécialiste du catholicisme, Christophe Dickès a dirigé le Dictionnaire du Vatican et du Saint-Siège chez Robert Laffont dans la collection Bouquins.Il est également l’auteur de Ces 12papes qui ont bouleversé le monde (Tallandier), où il engage une réflexion sur la grandeur pontificale à travers les siècles, des origines à nos jours.

Christophe Dickès : Les relations entre la Chine et le Vatican ont tellement été sujettes à de multiples rebondissements par le passé, qu’il faut rester extrêmement prudent. Objectivement, on peut affirmer que la question fait partie des dossiers prioritaires du pape François et de son cardinal secrétaire d’Etat, Mgr Parolin, qui connait parfaitement son sujet. Au mois d’août 2014, symboliquement, l’avion du pape avait survolé la Chine à l’occasion de son voyage au retour de Corée du Sud. Ces petits gestes ne sont pas anodins.

En langage diplomatique, ils ont leur importance.

D’ailleurs, Rome avait accueilli une délégation chinoise le mois précédent (juin 2014). Quelques temps après, le cardinal Parolin déclara à la Revue italienne Saint François : « Nous sommes dans une phase positive. » Puis, en octobre 2015, c’était au tour d’une délégation du Saint-Siège de se rendre à Pékin. Le cardinal Parolin fit une nouvelle déclaration à cette occasion : « Tout ce qui se fait est fait, justement, pour trouver une entente et avoir des relations normales avec la Chine et avec Pékin aussi, comme nous en avons avec tous les autres, ou avec la très grande majorité des pays du monde. Le fait de dialoguer est quelque chose de positif. » Il a donc été très prudent tant la question oblige à une à une politique des petits pas.

Comment l’Eglise catholique de Chine a-t-elle évolué, et dans quelles conditions, après que Mao Zedong soit arrivé au pouvoir ? Comme l’a écrit Dorian Malovic, un des plus grands spécialistes de la Chine et du catholicisme : « Les relations du Vatican avec l’empire du Milieu sont à l’image du christianisme en Chine : anciennes, fragiles, souvent conflictuelles et parfois violentes, toujours mêlées de suspicions. » Dans sa volonté de contrôler l’ensemble de la société, le régime communiste a créé en 1957 l’Association patriotique des catholiques chinois. Celle-ci a été condamnée par le pape Pie XII en 1958. Dès lors, tous ceux qui pratiquaient leur foi ont été persécutés. Toute expression publique de la foi a été bannie pendant la Révolution culturelle (1966-1976).

Il faut attendre la fin des années 1970 afin de voir un semblant d’ouverture. C’est d’ailleurs un Français, le cardinal Roger Etchegaray qui, à quatre reprises, va se rendre à Pékin afin de renouer le dialogue.
En fait, le nœud chinois est triple pour Rome : d’une part, les autorités refusent au Vatican le droit de nommer les évêques. Ensuite le pouvoir communiste a demandé au Saint-Siège de rompre ses relations diplomatiques avec « l’île rebelle » de Taiwan. Enfin, Rome doit inévitablement prendre en compte l’Eglise du silence, une structure clandestine qui vit constamment sous la menace de la répression.

A ce jour, la Chine est un des seuls pays au monde à ne pas entretenir de relations diplomatiques avec le Saint-Siège.

Le gouvernement chinois assure respecter la liberté religieuse. Mais dans la réalité, l’exercice des libertés n’est-il pas encore très limité ? Dans quelle mesure ?

Ce discours ne trompe absolument personne. Les autorités chinoises soufflent constamment le chaud et le froid. Rome, pour l’instant, évite les questions qui fâchent, notamment et surtout la question de la détention ou de l’assignation à résidence de plusieurs évêques clandestins. Le Vatican a aussi reconnu plus d’une centaine d’évêques de l’Eglise patriotique. Cette politique a été initiée à la fin du règne de Jean-Paul II puis sous le pontificat de Benoît XVI avec, comme point d’orgue, la fameuse lettre aux catholiques chinois appelant à une réconciliation (27 mai 2007).

Mais cette politique a eu ses limites. Le revirement unilatéral du pouvoir communiste chinois, qui, de nouveau, a nommé des évêques sans consulter Rome, a brisé net un élan. A son tour, François tente donc de relancer un processus car, en politique, il faut toujours continuer à essayer. Même si le contexte est aujourd’hui peu favorable dans la mesure où le Parti communiste chinois engage une nouvelle campagne de répression contre la société civile dans son ensemble.

Si cette détente est souhaitée par un certain nombre de catholiques, une majorité craint qu’il s’agisse d’un rapprochement de « façade » de la part de Pékin, qui ne garantira pas plus la liberté religieuse. Le Cardinal Joseph Zen Ze-kiun,notamment, considère que l’Eglise y perdra en se lançant dans ces négociations. Ses craintes sont-elles légitimes ?

La position de l’archevêque de Hong-Kong, Monseigneur Zen, est bien connue. Il a été créé cardinal par Benoît XVI en 2006 et certains disent qu’il fut cardinal « in pectore », c’est-à-dire désigné dans le secret dès 2002, sous Jean-Paul II. Très au fait de la situation, ce professeur enseigna non seulement dans les séminaires officiels mais aussi clandestins. Depuis qu’il a été nommé à la tête du diocèse de Hong-Kong, il n’a eu de cesse de critiquer les revirements et le double jeu des autorités chinoises contre le Vatican. A juste titre : dans la province du Zhejiang, dans les deux dernières années, les autorités ont par exemple détruits 1500 églises. En fait, le gouvernement chinois a peur de la croissance du catholicisme qui semble inexorable. Si bien que certains observateurs estiment que l’année 2016 verra le retour de persécutions de grande ampleur.

Crédit : fr.news.yahoo.com


LE CULTE DE MAO EN QUESTION ?

Une statue géante à peine érigée et mystérieusement détruite

Par Harold Thibault (Shanghaï, correspondance)
12.01.2016


La statue de Mao Zedong érigée dans le canton de Tongxu, quelques jours avant sa destruction, les 7 et 8 janvier. AFP
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Lettre de Pékin. Dans le Henan, il aura suffi d’une journée pour que disparaisse l’imposant Mao. Une statue de 36,6 mètres de haut avait fait son apparition dans un champ, à l’initiative d’hommes d’affaires de cette province rurale et pauvre du centre de la Chine. La structure de métal et de béton couverte de peinture dorée à peine achevée et représentant le Grand Timonier a coûté l’équivalent d’un peu plus de 400000 euros, raconte la presse locale. L’équipe de démolition envoyée par les autorités locales est arrivée le 7 janvier au matin et, dès le lendemain, il ne restait plus du Mao que les gravats.

L’année 2016 marque le 40eanniversaire de la mort du fondateur de la République populaire de Chine. Il avait lui-même instauré un culte sans précédent de sa personnalité. Ses bustes trônent toujours à l’entrée des campus universitaires et parfois encore, sur la grande place du Peuple de certaines villes, comme à Kachgar, aux portes de l’Asie centrale.

Le Mao Zedong du canton de Tongxu s’est toutefois révélé de trop dans le contexte actuel. Au Quotidien du peuple, un fonctionnaire local a expliqué que les parrains de la statue n’ont pas suivi le processus d’approbation gouvernemental. Force est toutefois de constater que le Mao, pourtant peu discret, n’avait pas semblé gêner les officiels locaux pendant les mois de sa construction.

L’œuvre était promue par Sun Qingxin, patron d’usines et numéro deux de l’assemblée du Parti communiste chinois (PCC) au niveau cantonal. Ce notable local est présenté comme un fanatique de Mao, peut-être un peu trop zélé à l’heure où le président Xi Jinping promeut l’image d’un PCC passé au régime sec.

L’embarras est venu, comme souvent, du Web, dont les photos ont fait le tour des réseaux sociaux. Certains curieux se sont demandé s’il était légal de bâtir un tel colosse en zone rurale, d’autres ont jugé qu’il aurait certainement été plus judicieux de consacrer les fonds à d’autres projets, dans une province qui se classe dans le tiers le plus pauvre du pays. D’autres encore ont vu l’ironie qu’il y a à construire un tel monument dans le Henan, qui fut l’une des provinces les plus touchées par le Grand Bond en avant, la politique qui, à partir de la fin des années 1950, devait permettre de dépasser en quinze ans l’industrie britannique et se conclut par une famine qui causa la mort de dizaines de millions de Chinois.

« LES DIRIGEANTS RÉVOLUTIONNAIRES NE SONT PAS DES DIEUX MAIS DES ÊTRES HUMAINS », A TRANCHÉ LE PRÉSIDENT XI JINPING

Se pourrait-il que la « Maomania » inquiète les autorités ? En décembre 2015, la presse s’était fait l’écho de l’impressionnant succès d’une manifestation organisée par des irréductibles du maoïsme le jour du 122e anniversaire de sa naissance, le lendemain de Noël, à Shaoshan, dans son Hunan natal. Les fans ont crié « Longue vie au président Mao ! » tandis que les retraités du coin ont entonné les plus grands succès du répertoire révolutionnaire.

Mais certains n’ont pas pu être présents à la rencontre du 26 décembre car ils avaient été menacés, selon le South China Morning Post de Hongkong. Ailleurs, des rassemblements de nostalgiques ont été annulés par les autorités locales. C’est que ces enthousiastes militent pour un retour au communisme « pur » des années précédant la politique d’ouverture menée par Deng Xiaoping au tournant des années 1980. A leurs yeux, c’est du fait de ce dévoiement idéologique que la société subit ses maux actuels : corruption endémique, inégalités sociales, perte des valeurs morales. De sorte que chanter les louanges du Mao d’hier revient à critiquer les officiels actuels.

A l’occasion du 120eanniversaire de la naissance de Mao, à la fin 2013, le président Xi Jinping s’était lui-même exprimé sur la question maoïste. « Les dirigeants révolutionnaires ne sont pas des dieux mais des êtres humains », avait tranché M. Xi. Il promettait de « tenir pour toujours haute la bannière de Mao » mais reconnaissait également de « graves erreurs » sur la fin de son règne, pendant la Révolution culturelle.

Le très nationaliste Global Times rapporte une scène mystique quelques jours plus tôt, cette fois dans la province occidentale du Gansu, aux portes d’un temple taoïste où une statue de Mao faisait son entrée. Six vieillards donnèrent d’abord de la voix surL’Orient est rouge, l’ « hymne » de la période maoïste. « Puis une figure d’un autre monde, telle un chaman, portant une robe sacrée et tenant un sabre, chanta une longue incantation à la figure souriante du dirigeant athée », explique le journal. Pas le moindre des paradoxes pour Mao qui, à partir de 1966, s’attaqua avec une violence particulière aux superstitions qu’il fallait briser dans le cadre de la campagne contre les quatre vieilleries (vieilles idées,culture, coutumes, habitudes). Le début de cet épisode noir de l’histoire fêtera cette année ses cinquante ans, avec peut-être moins de tapage.

Harold Thibault (Shanghaï, correspondance)
Journaliste au Monde

Crédit : Le Monde/International

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2 Messages

  • V. Kirtov | 23 février 2016 - 10:43 1


    Lettre de Michaël Ferrier à Philippe Sollers
    Crédit : philippesollers.net - ZOOM... : Cliquez l’image.
    Pékin, le 7 février 2016

    Cher Sollers,
    C’est le nouvel An chinois et l’Année du Singe :

    « Singes blancs dansant dans la nuit,
    Légers, dansants, flocons de neige
    Montent d’un bond dans l’arbre
    Et boivent dans l’eau la lune »
    (Li Po)

    Avec mon amitié
    dansante et bondissante,
    en espérant avoir le plaisir de vous revoir bientôt
    Michaël Ferrier

    Son dernier livre

    Publié dans la collection L’Infini :
    Nous avons beaucoup, beaucoup aimé,
    « Eloge de l’Acrobate » extrait de ce livre,
    comme aussi son court recueil « Tokyo. Petits portraits de l’aube »
    Interviewé par Laure Adler dans son émission « Hors-champs », le 6 novembre 2015, il y parle de son livre et de son parcours d’écrivain, en poste à Tokyo.

    Crédit : France Culture (avec un portrait de l’auteur)

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    Michaël Ferrier sur pileface
    Tous les livres de Michaël Ferrier


  • Albert Gauvin | 10 février 2016 - 12:47 2

    Reims, 7 février. Déjeuner chez des amis chinois. Champagne. Mets succulents préparés par la maîtresse de maison, prof de chinois dans un lycée de la ville. Nos hôtes ignorent cette histoire de "singe de feu". Pour eux, on va tout simplement entrer à 17h précises (heures françaises, il sera minuit en Chine) dans l’année du singe (adieu l’année de la chèvre). Un jeune étudiant, pendant une pause, me met une volée au ping pong (prise chinoise à la Mao des années trente). Peu avant 17h, un jeune baryton chinois, membre provisoire du conservatoire, nous chante, a cappella, un air de Cosi fan tutte de Mozart (eh oui). En mai, il interprétera Enée dans Didon et Enée de Purcell à l’opéra de Reims (eh oui). Le monde bouge (promis, j’y serai). A 17h, la télé chinoise retransmet les festivités en Chine. Feux d’artifice et défilés un peu partout. Le Michel Drucker local présente un show de facture très... occidentale. La globalisation est en marche. Avec ses aspects inattendus et ses contradictions. Vive la Chine !