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Philippe Sollers — Grandeur du Catholicisme

Intervention sur Vélasquez

D 30 mars 2015     A par C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Philippe Sollers - Grandeur du Catholicisme from PhilippeSollers on Vimeo.

Grandeur du Catholicisme

Qu’a voulu Vélasquez ? Le pouvoir, encore le pouvoir, toujours le pouvoir. Heureusement qu’il y a eu des rois qui s’appelaient Philippe : Philippe IV en Espagne et, bien avant, Philippe le Hardi en France. L’esprit décomposé de la République n’aime pas ce pouvoir transcendantal de la peinture. On ne peut pas, selon les Français désagrégés, peindre du même pinceau la Vénus au miroir et le Pape Innocent X. Comme on sait, le portrait d’Innocent X faisait se convulser Francis Bacon, qui, dans une série de peintures célèbres l’a introduit dans une chaise électrique. Picasso, lui, avait deux obsessions, les Ménines, qu’il a scannées sans arrêt, et Le Déjeuner sur l’herbe de Manet.
Quel est le pouvoir qui se dégage de ces peintures ? Sûrement pas la poussière romantique désormais effondrée dans l’art contemporain. Le pouvoir, tel est le véritable enjeu, comme l’avait déjà compris cet autre catholique sublime, Rubens, artiste surchargé de missions diplomatiques. L’histoire du poète ou du peintre « maudit » est une vaste blague qui ne résiste pas à l’examen froid. Les Français détestaient Manet, qui lui-même, haïssait Thiers, ce criminel que tous les villages de l’Hexagone célèbrent par des rues*. Aucun Vélasquez n’a figuré à Paris, et Péguy n’en parle jamais, pas plus que Heidegger. Le repentir de l’exposition actuelle ne suffira pas à effacer cet aveuglement départemental et radical.
Vélasquez a pris la place du roi d’Espagne de son époque et des papes dans leur vérité définitive. Que voit le Pape dans cet admirable dos nu de la Vénus au miroir, que dément son visage reflété, sinon la sœur de Vélasquez lui-même ? L’histoire secrète continue, plus que jamais, à l’École du Mystère.

Philippe Sollers
Rome, Dimanche des Rameaux, 29 mars 2015, 19h

Musique : La Niña de los Peines, La maja aristocrática.

*


Intervention de Sollers à propos de Vélasquez

Les Ménines et le Portrait d’Innocent X

France Culture, le 24 avril 2015 (3’12)

1ère partie : l’invité des matins
2ème partie : le débat des matins

*

Sur Pileface :
Bacon : Innocent X
Picasso et Le(s) Déjeuner(s) sur l’herbe
L’École du Mystère : Manon
Vélasquez vu à travers Sollers, Lacan, Foucault, Bacon, Picasso
et, pour comprendre le principe qui régit le montage resserré de ce petit film (ses deux fondu-enchaînés inversés, cul par-dessus tête, à 3’15 et à 5’30), relisez l’exergue de Sollers ou l’accomplissement des écritures : « Le bon cul est toujours catholique, expérience de voyageur. » CQFD.

L’exposition Vélasquez au Grand Palais
Ne ratez pas : "Diego Velázquez ou le réalisme sauvage"
Philippe Lançon, Velázquez en majesté
Marc Lambron, Mais qui es-tu, Diego Velázquez ?
Élie Faure, Velázquez (réédition 2015, Editions des Equateurs)
Stéphane Guégan, Diego ne manque pas d’air

A voir sur France 5, le 5 avril, à 9h30, Vélasquez, cet illustre inconnu.

*

* Note. Manet politique. (A.G.) — En mars 1871, Manet assiste, à Bordeaux, à une réunion de la Chambre des députés. Le 18 mars, d’Arcachon, il écrit à Félix Bracquemont :

« je ne pensais pas que la France puisse se faire représenter par des gens aussi gâteux, sans excepter ce petit Thiers qui j’espère va crever un jour à la tribune et nous débarrasser de sa vieille petite personne. »

Le 21 mars, il écrira au même Bracquemont :

« Ça a été une grande faute de la part de Thiers et de l’Assemblée de ne pas se transporter à Paris aussitôt l’évacuation [1], il devait s’ensuivre les tristes émeutes qui affligent aujourd’hui et dégoûtent tous les coeurs vraiment français.
Comme toutes ces sanglantes farces sont favorables aux arts ! Il nous reste au moins une consolation dans notre malheur : c’est de ne pas être des hommes politiques, et de ne pas désirer d’être députés. »
(Édouard Manet, Correspondance du siège de Paris et de la Commune 1870-1871, p. 129 et 132.)
*

[1Le 10 mars, l’Assemblée nationale, installée à Bordeaux, avait débattu de savoir s’il fallait ou non revenir sur Paris. La gauche le souhaitait, mais la majorité des députés vota pour une installation à Versailles, ancien QG prussien et, surtout, ville-symbole de la monarchie ; cette décision ne fit qu’augmenter la méfiance des républicains vis-à-vis du pouvoir, et attiser l’esprit insurrectionnel parisien.

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