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Sollers, Pleynet

Le savoir-vivre (II)

La rencontre entre Sollers et Pleynet

D 3 avril 2006     A par D. Brouttelande - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Dans le prolongement de l’article "Le savoir-vivre" (I), à l’occasion de la sortie du livre de Marcelin Pleynet, voici la retranscription de deux extraits de l’émission "le bon plaisir... de Ph. SOLLERS" de juillet 1987. Deux extraits croisés dans lesquels chacun évoque leur rencontre, le contexte de l’époque...

Extraits de « Le Bon Plaisir de Philippe SOLLERS », par Jean DAIVE, France Culture, 11 juillet 1987.

Côté Sollers
J DAIVE : - Comment avez-vous rencontré Marcelin PLEYNET... qui est toujours à vos côtés ?

Ph SOLLERS : - Oui...Voyez, quand on dit que je ne suis pas fidèle en amitié, au contraire... Marcelin, avait écrit quelques textes tout à fait extraordinaires... Provisoires amants des nègres... c’est beau, ça...

J’ai trouvé que c’était d’une originalité totale, et je crois qu’il est très méconnu comme poète. Je n’arrête pas d’entendre parler de poésie, de poètes. Moi, je n’aime pas beaucoup la poésie... Ses textes m’ont toujours paru très radicaux, très justes et énigmatiques... et puis la peinture, le goût... C’est quelqu’un qui a un goût rapide, très sûr à mon avis. Alors finalement, quand vous rencontrez des gens qui ont beaucoup de goût, le temps passe et vous ne vous rendez pas compte que vous les connaissez depuis si longtemps puisque c’est le goût qui fait le point d’accord.

J DAIVE : - C’est quelqu’un qui sait beaucoup de choses...

Ph SOLLERS : - C’est quelqu’un qui sait beaucoup de choses, mais à travers un goût, très sauvage, très très violent, d’après moi. C’est quelqu’un de très courtois, très urbain, vous sentez quand même la violence du goût. Ce n’est pas un goût comme on dit que quelqu’un a du goût, comme ça, parce qu’il a appris le goût d’autres personnes qui avaient elles-mêmes du goût. Il a du goût filtré à travers une grande violence qu’il remet dans un état de vérité du goût (...)

J DAIVE : - Votre face à face a commencé en 60 avec la naissance de Tel Quel et continue, parce que vous partagez le même bureau chez Gallimard...

Ph SOLLERS : - ...et on ne s’ennuie jamais, parce qu’on a toujours des petites bricoles à se dire qui vont de l’anecdote psychologique à la réflexion sur tel ou tel point de théorie. C’est toujours plaisant. Et d’ailleurs, on se vouvoie, et on ne s’intéresse pas tellement à nos vies réciproques.

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Côté Pleynet
J DAIVE : - Est-ce que vous avez encore en mémoire votre rencontre, votre première rencontre ?

M PLEYNET : - Oui, vaguement, très vaguement. Je pense que cela s’est fait par l’intermédiaire de Jean CAYROL, dans la collection duquel SOLLERS avait publié, et où je publiais moi-même. Je crois que nous ne nous sommes pas tellement rencontrés lors de notre première rencontre. Nous nous sommes vraiment rencontrés lors de la publication du Parc qui est un livre que j’ai beaucoup aimé et à partir duquel je souhaitais rencontrer SOLLERS.
Je l’ai rencontré, on a longuement parlé...il me semble que c’était au Flore...et ça fait, mon dieu, presque 25 ans. On n’a pas cessé de parler depuis 25 ans. Tel Quel existait, mais je ne faisais pas parti de Tel Quel. Je pense que la rencontre s’est faite de part et d’autre avec un intérêt quasi exclusif pour la littérature, en tous les cas, très très fort pour la littérature.

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Lacan-Sollers
Fascinés l’un par l’autre

Une volonté au départ de prendre tout cela très au sérieux, je crois que l’avenir l’a démontré, peut-être trop, mais les jeunes gens ont toujours tendance à prendre très au sérieux ce qu’ils font au départ...Eh bien, mon dieu, un travail en commun sur ce qu’il en était de la situation dans laquelle nous nous trouvions, de la situation de la littérature que nous rencontrions à l’époque, et sur ce qui nous semblait pouvoir ouvrir l’horizon, un horizon qui n’était pas très réjouissant. Dans les années 60, on est encore très proche de l’après-guerre, avec une situation assez conventionnelle en littérature et en art. Une volonté d’ouvrir les portes, d’ouvrir les fenêtres et de faire circuler l’air. Je crois que ça s’est passé comme ça, avec des intérêts certainement plus esthétiques chez moi, et plus intellectuels chez SOLLERS. Et un bon échange sur ces intérêts réciproques à partir de ces intérêts réciproques.

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Dominique BROUTTELANDE

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