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Marcelin Pleynet

Le savoir-vivre (III)

L’Autoportrait à la palette

D 4 avril 2006     A par Viktor Kirtov - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


L’Autoportrait à la palette le titre de la troisième partie du livre de Marcelin Pleynet. Et en sous-titre L’esprit libre(-) La musique aux Tuileries

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Edouard Manet, "Autoportrait à la Palette ", 1879
Huile sur toile, Coll. Part.

Départ : Paris, dimanche 9 janvier 2005

LES ESPRITS LIBRES

[...]
Nietzsche : 1876-1886 ... Et aujourd’hui encore, et comme jamais, les esprits libres et le savoir-vivre, l’art d’aimer contre la maladie, l’isolement, l’exil, l’acedia, le désoeuvrement ...

Retour aujourd’hui et départ sous l’oblique et les figures de l’éternité : Baudelaire ... Manet dans l’affection et le bruit neufs en son Autoportrait à la palette (1879) ... en son monde

Je me suis fixé sur cet Autoportrait de Manet, en flash, dans l’autobus qui me conduisait pour la première fois à l’hôpital Foch ... « l’homme habite poétiquement » en sa
palette en flash, pensée pour Manet Baudelaire ... Mallarmé discrète intelligence de Manet son Autoportrait à
la palette
... son autoportrait dans la musique : La Musique aux Tuileries ...

Ce qui est vécu, ce qui se propose en flash dans l’Instant, est sans mesure ... se creuse sans mesure ... Les « esprits libres » se déplacent à la vitesse de la lumière ... il y faudrait des volumes, toutes les bibliothèques et tous les monuments ... et encore l’air vif qui passe entre les volumes ... La peinture est un art savant dans la tête sur ce qui se divise et s’impose et s’invite en divisant ...

Ce matin au réveil j’ai toute la peinture et tous les livres ... l’expérience intime et sensuelle, les couleurs de la vie ... des rivières de romans derrière les yeux ... derrière les yeux, le feu nourrit le feu, la terre s’augmente de son propre corps, l’éther ajoute à l’éther ... et encore ce matin, proche et lointaine, mais la même, la Laura de Giorgione, la Vénus à la
fourrure
de Titien, et comme elle se présente le Concert
champêtre
... la musique ... Poussin, les Saisons « La grappe
de la Terre promise
 » derrière les yeux ... la nuit et la lumière ...
et de l’une à l’autre et la ville ce matin ... et toutes les vies
des anciens peintres et la danse dans les yeux ... et cette
fixation, le regard, la main peinte de Manet en son Autoportrait à la palette ... et tout ce qui se propose dans ce trait ... te l’homme habite poétiquement » sur sa portée ... Manet, sa palette et toute la musique peinte dans son jardin ... la vie musicale, l’autoportrait comme monde ... La Musique aux Tuileries ... l’univers de Manet. [...]

Je me suis fixé ce rendez-vous dans la tête, l’esprit libre ...
L’Autoportrait à la palette et La Musique au Tuileries, un dimanche matin.

Aujourd’hui, en ses jardins, l’arc de triomphe du Carrousel et, sur sa lumière rose, la copie des chevaux du palais des Doges à Venise... La lumière emportée dans le rose, le lion, l’étendard de la république vénitienne, l’étendue dans le vent... Plus loin, l’hommage à Cézanne : le savoir métaphysique des Grandes Baigneuses ... Çà et là, au centre des parterres, Maillol... en volume la voluptueuse musique de Maillol : la Rivière, la Nuit, la Méditerranée, l’Hommage à Cézanne, Vénus, Pomone, l’ Île de France, la Baigneuse drapée, les Nymphes... les déesses, les jeunes géantes renversées... « J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante... Parcourir à loisir ses magnifiques formes ; ramper sur le versant de ses genoux énormes, et parfois en été, quand les soleils malsains, lasse, la font s’étendre à travers la campagne, dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins, comme un hameau paisible au pied d’une montagne.

Saurai-je l’entendre ? L’âme n’est rien qu’un mot pour quelque chose qui est du corps...

Olympia... « Ta tête, ton geste, ton air, sont beaux comme un beau paysage »... Sur les pelouses... le rire joue en ton visage... Je me souviens !... J’ai vu tout, fleurs, source, sillon, se pâmer sous son ?il... comme un c ?ur qui palpite ... le sensuel abandon... « J’eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme »... Et aujourd’hui encore à Paris... dans la tête en fête, dans la clarté lumineuse et d’un inimitable gris.

Manet à Antonin Proust : « Ah ! les femmes. Hier j’en ai rencontré une rudement bien sur le pont de l’Europe. Elle marchait comme savent marcher les Parisiennes, mais avec quelque chose de plus enlevé. »

Toutes les femmes des anciens peintres ... Giorgione, la
Laura...Titien, Vélasquez, Chardin, Boucher, Fragonard... Manet La Musique aux Tuileries, la multitude, l’infini...

L’Autoportrait à la palette, les fleurs et les femmes ... La musique ... Le rôle des femmes peintes et mises en scène dans la musique ... Suzanne Leenhoff (musicienne), Victorine Meurent et sa guitare (« il y a des duretés »), Jeanne Duval (Maîtresse de Baudelaire), Lola Malea, dite Lola de Valence (« le charme inattendu d’un bijou rose et noir »), Berthe Morisot, petite fille d’un descendant de Fragonard : Le Balcon ; La Femme au soulier rose ; Berthe Morisot à l’éventail ; Berthe Morisot au bouquet de violettes...
[...]
, Suzon, la serveuse de Un bar aux Folies-Bergère (aujourd’hui au Courtauld Institute de Londres) [...]« Les Folies françaises »... les femmes, les fleurs, les fruits, une partition « de la manière dont nous voyons la nature »...

Paul Alexis écrit dans Le Voltaire du 25 juillet 1879 : « Édouard Manet est un des cinq ou six hommes de la société actuelle qui sache encore causer avec une femme. »

Crédit : D. Brouttelande pour la communication de l’image de l’Autoportrait à la palette :
« [...] J’ai eu la chance (car en collection particulière) de découvrir ce tableau à l’exposition Manet au Grand Palais en 83, pour le centenaire de sa mort (pendant les manifestations d’étudiants que je séchais...). Son intensité m’avait longuement retenu ; je ne l’ai jamais oublié...
Un peintre se montre, peignant, quelques mois après les premiers signes de ce qui l’emportera... »




LE PALAIS DES TUILERIES « DANS LA MUSIQUE »... l’océan des rivières de romans
« Aujourd’hui encore, ce dimanche matin dans la partition... Je m’attarde dans les jardins [des Tuileries]... Vivant pour savoir où je suis vivant. »

« Quelle sédimentation de quelque chose de nouveau et d’étrange se découvre dans La Musique aux Tuileries ... dans la musique, dans la disposition du monde où nous vivons ? »

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"La Musique aux Tuileries" 1862 Huile sur toile 76 X 118 cm © National Gallery Londres

« La Musique aux Tuileries : partant de la gauche, et dans le sens de la lecture, on reconnaît l’artiste (en chef d’orchestre) il tient à la main droite une canne, une baguette que l’on pourrait confondre avec un pinceau (La Musique aux Tuileries-l’art et la musique du pinceau) [...] Au centre d’un groupe, Baudelaire, dont on reconnaît le profil, sur le modèle de l’eau-forte que Manet a déjà faite de lui (cf. illustration)[...]

La Musique aux Tuileries ... Où en sommes-nous en ces jardins ? On songe à ce que Edmond de Goncourt note dans son Journal, du 12 octobre 1866, à la suite de sa visite du musée Quentin La Tour : « Notre impression en entrant dans le musée de Saint-Quentin ... c’est mieux que l’art, c’est de la .vie » [...]

Et comment ne pas retenir la belle citation d’un auteur du temps de Watteau, que Sollers cite dans La Fête à Venise : « L’on trouve souvent aux Tuileries, pendant le mois de mai, des gens qui y vont le matin avec des luths et des guitares et autres instruments, pour prendre un divertissement. Les rossignols et les fauvettes viennent se placer presque sur le manche des instruments pour les mieux entendre ... » (p. 151-155)


Marcelin Pleynet est avant tout un poète, mot qu’il faut employer à son égard avec toute la charge de sauvagerie et d’intransigeance qui fait défaut, d’habitude, à des exercices exténués du même nom. Stanze, son livre principal, dont seul le premier volume est paru, est sans aucun doute la plus grande production lyrique en français depuis le passage fulgurant d’Antonin Artaud. Comme critique, on doit à Pleynet au moins deux livres majeurs : Lautréamont et Art et Littérature. Mais c’est le poète qu’il faut connaître d’abord.
Philippe Sollers
A l’occasion du livre "Marcelin Pleynet" de Jacqueline Risset
La Musique aux Tuileries est une peinture réalisée en 1862 par Édouard Manet. On considère généralement la toile comme le tout premier exemple d’oeuvre impressionniste dans l’histoire de l’art.
L’univers à la fois huppé et raffiné dans lequel évoluait Manet, propre au Paris du XIXe siècle, est remarquablement rendu par ce tableau, qui dépeint un concert donné au jardin des Tuileries et dans lequel le peintre se plaît à faire figurer un certain nombre des personnes qui lui sont proches
La silhouette de son ami Baudelaire n’est qu’esquissée, juste au-dessus de la première dame habillée en blanc en partant de la gauche. Le peintre s’est lui-même représenté sous les traits du personnage barbu le plus à gauche de la composition.
La toile, qui symbolise nettement la rupture faite par le peintre avec sa période réaliste, reçut un accueil défavorable de la part des critiques, qui accusèrent Manet de ne travailler que par esquisses floues et d’ « écorcher les yeux comme la musique des foires fait saigner l’oreille ». C’est bien La Musique aux Tuileries, davantage que Le Déjeuner sur l’herbe, qui semble constituer le premier véritable manifeste du mouvement impressionniste.
Source : http://fr.wikipedia.org/



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