vous etes ici : Accueil » SUR DES OEUVRES DE TIERS » Simone de Beauvoir 2014
  • > SUR DES OEUVRES DE TIERS
Simone de Beauvoir 2014

Lettres inédites, Venise Août 1936

D 9 janvier 2014     A par Viktor Kirtov - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


10/01/2014 Ajout Lettres inédites, Venise Aoît 1936

DOODLE - Simone de Beauvoir, reine de Google !

Le Point - Publié le 09/01/2014

So Frenchy ! La philosophe féministe, décédée en 1986, est l’égérie du moteur de recherche ce jeudi 9 janvier 2014, pour son "106th birthday".

Simone de Beauvoir l’aurait su, elle ne l’aurait pas cru : une femme pour le doodle de Google ! Le moteur de recherche lui consacre en effet ce 9 janvier 2014 - jour de sa naissance - son fameux "gribouillage". Née le 9 janvier 1908, elle aurait eu 106 ans. L’agrégée de philosophie dessinée sur nos écrans nous rappelle qu’elle reste, avec son ouvrage-phareLe deuxième sexe(1949), la référence, l’avant-garde de la pensée féministe.

Sa populaire rengaine existentialiste "On ne naît pas femme, on le devient" est même plus que jamais d’actualité, à l’heure de la théorie du genre et des catalogues de Noël où les garçons jouent à la poupée et les filles aux petits soldats.

Sa romance avecSartre, le Paris intellectuel d’après-guerre contribuent à perpétuer la mémoire et le charme de Beauvoir, avec juste ce qu’il faut de l’éternel féminin qu’elle abhorrait.

"Doodle ?"

Les "Google Doodles" - littéralement "gribouillages" - sont ces logos Google customisés qui apparaissent par intermittence sur la page d’accueil du moteur de recherche, pour célébrer tel ou tel événement.

Le premier fut lancé en 1998 pour le festival Burning Man, dans le désert du Nevada. Pour signaler leur présence, les fondateurs de Google avaient intégré une silhouette en flammes à leur logo de l’époque. Depuis, plus de mille doodles ont été réalisés, et la tradition se perpétue.

Crédit : Le Point

Michelle Perrot, lauréate du prix Simone-de-Beauvoir 2014
Ecrivaine et historienne française.


Professeure émérite, Michelle Perrot a effectué une grande partie de sa carrière à Paris Diderot. Elle reçoit, vendredi 10 janvier 2014, le prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes. Cette cérémonie est ouverte à tous et toutes.

Présidé par Josyane Savigneau, le jury international du prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes,composé de trente personnalités issues du monde des arts et des lettres, a choisi de récompenser, en 2014, Michelle Perrot, historienne et écrivaine.
Elle est la septième lauréate du prix. Et la première Française.
Ce prix, qui récompense des personnes ou des associations, des militant.es ou des intellectuelles, participant à la défense de la cause des femmes, a toujours voulu rester fidèle à sa vocation internationale. Il s’est, depuis sa création, tourné vers l’étranger.
" Mais, international, rappelle Madame la Présidente ne signifie en rien "non français. Cette année, ce sont deux candidatures françaises qui sont restées en lice : Simone Schwarz Bart et Michelle Perrot. Ce fut un choix difficile".
Le jury a finalement retenu Michelle Perrot, historienne de premier plan, et qui, depuis toujours, a eu un souci de transmission de son savoir et des valeurs auxquelles elle tient.
"C’est une pionnière en France, de l’histoire des femmes et du genre, explique Josyane Savigneau, au nom du jury. Son oeuvre s’inscrit dans la droite ligne de la pensée de Simone de Beauvoir. Parce qu’en écoutant son séminaire sur l’histoire des femmes, beaucoup ont pris conscience de leur condition. C’est une vie entière, c’est une oeuvre entière consacrée aux femmes. A la liberté des femmes. En outre, il faut remarquer la qualité littéraire de ses textes. Un ouvrage comme "Mélancolie ouvrière" est superbement écrit. Ce qui n’est pas à négliger quand on décerne le prix Simone-de-Beauvoir.
La remise du prix se fera vendredi 10 janvier 2014, dès 11 heures, à la Maison de l’Amérique latine. La cérémonie sera présidée par Josyane Savigneau (présidente du jury, journaliste au Monde), Julia Kristeva (présidente fondatrice, professeure émérite de l’université Paris Diderot, écrivaine et psychanalyste), Sylvie le Bon de Beauvoir (présidente d’honneur du jury).

Crédit : Université Paris Diderot

Le prix Simone-de-Beauvoir Créé en 2008, à l’occasion du 100e anniversaire de Simone de Beauvoir (9 janvier 1908), le prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes est décerné chaque année à des lauréat(e)s élu(e)s par un jury international. Le prix, doté de 20 000 euros, est soutenu par l’Institut français, l’université Paris Diderot et la Mairie de Paris.

Simone de Beauvoir (sur France Culture)

Par Adèle Van Reeth Réalisation : Mydia Portis-Guérin Lectures : Marianne Basler

Simone de Beauvoir : sa vie (1/4)

Simone de Beauvoir : sa philosophie (2/4)

Simone de Beauvoir : sa pensée féministe (3/4)

Simone de Beauvoir : son oeuvre littétaire (4/4)

*

Simone de Beauvoir sur Pileface


Découverte d’une lettre inédite de Camus à Sartre et Beauvoir

AFP, 8 AOÛT 2013

Alors que la fin de l’année 2013 a été marquée par la célébration du centenaire de la naissance d’Albert Camus - né à Mondovi (Algérie) le 7 novembre 1913 -, ce fut aussi la découverte d’une lettre inédite de Camus à Sartre et Beauvoir :

JPEG - 59.5 ko
Photo de la lettre de Camus à Sartre photographiée le 6 août 2013 à Lourmarin dans le sud de la France. (Photo Librairie Walden. AFP)

Deux libraires d’Orléans ont mis la main par hasard sur un courrier manuscrit non daté, mais qui apporte un éclairage nouveau sur les relations entre les deux philosophes.

« Mon cher Sartre (...) Je vous souhaite ainsi qu’au Castor de beaucoup travailler (...) faites-moi signe à votre retour : nous passerons une soirée dégagée. »Retrouvé par hasard, ce petit mot inédit d’Albert Camus à Jean-Paul Sartre offre, à l’occasion du centenaire de la naissance de Camus, un nouvel éclairage sur les relations entre les deux philosophes dont l’Histoire a surtout retenu la rupture.

« Cette lettre est très importante, elle montre, contrairement à ce qu’ont écrit certains auteurs, que Sartre et Camus avaient une relation amicale et suivie », a confié Ronald Aronson, spécialiste de Sartre aux Etats-Unis, aux découvreurs de la lettre, Hervé et Eva Valentin. « Mon cher Sartre, voici vos ors que je sertis de remerciements », y écrit Camus sur papier à en-tête de sa maison d’édition, Gallimard, en s’adressant également à Simone de Beauvoir, sous le surnom,« le castor », que lui a donné Sartre et qu’utilisent ses intimes.

Libraires à Orléans, organisateurs d’une exposition Camus en septembre à Lourmarin (Vaucluse), où le philosophe est enterré, Hervé et Eva Valentin ont trouvé la lettre dans un livre acheté à un collectionneur, ont-ils expliqué à l’AFP. Le mot, manuscrit, avait été relié, en 1966, dans un exemplaire de l’édition originale, imprimée à 60 exemplaires, d’un texte rédigé et publié par Sartre juste après la mort de Camus.

La lettre n’est pas datée mais pourrait concerner la période allant de 1943, année de leur rencontre, à 1948, lorsque leurs relations s’étaient tendues.

Dans son livre La force de l’âge, Simone de Beauvoir avait raconté la rencontre de 1943, à la générale de la pièce de SartreLes Mouches. « Un homme jeune et brun se présenta : Albert Camus. Sartre, qui avait publié une critique élogieuse de L’Étrangerun an auparavant, avait trouvé Camus sympathique ».

Les deux hommes se revoient. « Camus était féru de théâtre. Sartre parla de sa nouvelle pièce, Huis clos (...) il lui proposa de jouer le rôle du héros et de la mettre en scène. Camus hésita un peu et, comme Sartre insistait, il accepta », raconte encore« le castor ».Et d’ajouter :« La promptitude avec laquelle Camus se lança dans cette aventure, la disponibilité dont elle témoignait nous donnèrent de l’amitié pour lui. »

[...]

Crédit AFP, repris par Libération du 8/08/2013

Simone de Beauvoir avec Sartre à Venise

Extrait du Dictionnaire amoureux de Philippe Sollers, Plon, 2004.

LETTRES INÉDITES, VENISE AOÛT 1936

(Deux lettres)

Deux lettres inédites de Simone de Beauvoir à Olga Kosackiewi dont Sollers nous dit : « Les lettres de Beauvoir sont toujours remarquables : description précise, art du récit, sensualité qui fait vivre tous les détails, y compris ceux de la nourriture. A Venise, par exemple, un merveilleux "poulet en gelée".
Elle signe Kastor, pendant que Sartre, lui, est Kobra. » (Dictionnaire amoureux de Venise)

Ces deux lettres, Internet, sauf erreur, ne semble pas en avoir gardé la trace, aussi les avons-nous numérisées pour vous, à partir de leur publication dans L’Infini N° 91, Eté 2005.
Elles y apparaissent, encadrées de deux illustrations : au début, pleine page de gauche, une reproduction d’Edouard Manet, Le grand Canal à Venise [1], 1875, en noir et blanc - contrainte monochrome de la publication. Nous vous la restituons ici dans l’éclat de la couleur. A la fin du texte, c’est une belle photo de Simone de Beauvoir, écrivant sur ses genoux, qui est présentée, pleine page également.

JPEG - 102.4 ko
Edouard Manet, Le grand Canal à Venise 1875

Les deux lettres sont précédées d’une introduction de Sylvie Le Bon de Beauvoir que voici :

Ces deux lettres sont adressées par Simone de Beauvoir à Olga Kosackiewicz, de Venise, où elle revient avec Sartre trois ans après une découverte éblouie. Cependant en 1936 ce n’est plus un couple qui voyage, mais un trio amputé d’un de ses membres, Olga, qui n’a pu les accompagner, et c’est pour maintenir la continuité de ce trio amoureux né depuis peu que ces lettres existent. Il est entendu que Simone de Beauvoir pendant trois jours, puis les trois jours suivants Sartre, assureront un compte rendu quotidien exhaustif des journées italiennes qu’Olga ne peut partager. Ainsi délèguent-ils à la force substitutive des mots la mission de ressusciter le prisme triangulaire des « regards entrecroisés  », dont la magie est capable, aux moments privilégiés, de multiplier à l’infini le scintillement du réel et la richesse du monde.

Par un oukase d’Olga, qui est Kosackiewicz, Sartre devient le Kobra, Simone de Beauvoir Kastor  : ils n’ont respectivement que 21, 31 et 28 ans, et même si la téméraire aventure du trio - au demeurant plus ontologique qu’érotique - se révéla éphémère, nous lui devons ces quelques journées dans le concret d’une Venise disparue à tout jamais, une Venise à tout jamais sauvée.

Sylvie Le Bon de Beauvoir

*
Jeudi 6 Août (1936) (Venise)

Mon doux Kosackiewicz

Je suis bien fatiguée ce soir et je crois que je ne vais écrire qu’une petite lettre - à moins que ce grand demi de bière brune qui est posé devant moi ne me rende peu à peu toute gaillarde. Heureusement le Kobra se charge de vous raconter notre départ et nos premières journées ; vous aurez donc un récit bien détaillé de notre...
[...]
J’ espère bien trouver de vos nouvelles à Rome ; je voudrais imaginer tout ce que vous faites comme je voudrais que par mes lettres vous puissiez imaginer tout ce que je fais.

Je n’ai pas encore changé, mon doux Kosackiewicz. Je suis

Votre Kastor

L’intégrale des deux lettres dans le document pdf, ici.

JPEG - 99.4 ko
Simone de Beauvoir

[1Tableau choisi aussi par Philippe Sollers pour illustrer la couverture de La Fête à Venise ; édition Folio

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
  • Ajouter un document


2 Messages

  • V.K. | 15 avril 2014 - 11:20 1

    «  L’humanité préfère à la vie
    des raisons de vivre.
     »
    Simone de Beauvoir

    Simone de Beauvoir est enterrée aux côtés de Jean-Paul Sartre au cimetière Montparnasse à Paris.


  • V.K. | 10 janvier 2014 - 07:33 2

    Deux lettres de Simone de Beauvoir à Olga Kosackiewi dont Sollers nous dit : « Les lettres de Beauvoir sont toujours remarquables : description précise, art du récit, sensualité qui fait vivre tous les détails, y compris ceux de la nourriture. A Venise, par exemple, un merveilleux "poulet en gelée".
    Elle signe Kastor, pendant que Sartre, lui, est Kobra. » (Dictionnaire amoureux de Venise).

    Lire ces lettres, ici.