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Pékin prend rendez-vous avec la Lune

D 18 juin 2013     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Paris (GMT+1)

Pékin (GMT+8)

« Ph. S., écrivain européen d’origine française qui,

très tôt, et presque seul, s’est beaucoup intéressé à la Chine. »


Philippe Sollers, L’Année du Tigre

(Journal de l’année 1998)

C’est ainsi que Sollers souhaitait que la postérité retienne son nom, dans un dictionnaire de littérature générale, publié en Chine, dans les années 2050.

ESPACE. La rivalité entre la Chine et le Japon prend de la hauteur, comme en témoignent la réussite de la mission chinoise Shenzhou X et l’annonce du programme japonais H3.

LES FAITS - Le lancement réussi de la mission Shenzhou X le 11 juin, suivi de l’arimage le 13 juin à la station orbitale Tiangong-1, permet aux Chinois de passer une étape importante dans la conquête spatiale. Un événement d’autant plus important que la concurrence dans le secteur s’aiguise. Le Japon manifeste de plus en plus son désir d’être aussi de la partie.

Par Claude Leblanc, Journaliste
Publié le jeudi 13 juin dans le journal L’opinion

Le 11 juin à 17h38, la Chine est entrée dans une nouvelle phase de son aventure spatiale avec le lancement de la mission Shenzhou X. Il s’agit du « premier vol de routine du programme spatial habité », a annoncé Wu Ping, directrice-adjointe et porte-parole du programme, en marge des préparatifs. Jusqu’à présent, les neuf vols précédents avaient pour objectif de tester des équipements et des technologies qui permettent désormais aux Chinois de rivaliser avec les Américains et les Russes. La mission des trois taïkonautes, dont une femme, durera quinze jours. Elle ressemble en de nombreux points à celles menées par les Occidentaux lorsqu’ils envoient leurs astronautes, cosmonautes et autre spationautes vers la Station spatiale internationale, a d’ailleurs souligné Wu Ping.

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Cette capture d’écran vidéo, prise au Centre de contrôle aérospatial de Beijing, montre les astronautes chinois à bord du vaisseau spatial Shenzhou-10 saluant la nation et les Chinois dans le monde à l’occasion de la Fête des bateaux-dragons, le 12 juin 2013. Les mots sur le papier signifient "Bonne Fête des bateaux-dragons !" Fin - Photo : Wang Sija

La capsule Shenzhou X, qui s’est détaché sans difficultés du lanceur Longue Marche, s’est arimée, le 13 juin, au module Tiangong-1, en orbite depuis 2011 autour de la terre. Celui-ci constitue le premier élément de la future station orbitale dont les Chinois veulent se doter d’ici 2020. Voilà pourquoi le chef de l’Etat Xi Jinping a notamment déclaré que la mission Shenzhou X « porte le rêve spatial de la nation chinoise ». Une grandiloquence qui en dit long sur l’importance donnée par la Chine populaire à la conquête de l’espace. Au-delà du prestige induit par la réussite de cette entreprise à long terme, Pékin entend montrer à ses principaux concurrents qu’elle maîtrise parfaitement des technologies de pointe susceptibles de servir ses ambitions planétaires et extraplanétaires.


Tiangong-1 : le vaisseau Shenzhou X et les taïkonautes sont arrivés à bon port par Gentside Découverte

Depuis l’envoi de leur premier homme dans l’espace, il y a 10 ans, les Chinois caressent le désir d’être les premiers Asiatiques à se poser sur la surface de la Lune. L’objectif a une dimension politique importante dans la mesure où leurs voisins japonais travaillent eux aussi, de façon certes moins visible, sur un programme lunaire. Les responsables de l’Agence spatiale japonaise (JAXA) ont fixé à 2030 la date à laquelle leur pays disposera d’une base lunaire habitable. Sans être aussi précis au niveau du calendrier, le gouvernement de Shinzo Abe a récemment rappelé sa détermination à faire de « l’innovation technologique » l’une de ses priorités dans sa stratégie de croissance afin de « ramener le Japon au premier rang ». Parmi les secteurs déterminants, l’espace figure en bonne place avec l’annonce, le 7 juin, de la création d’une Direction stratégique du développement spatial.

A la différence de Pékin, Tokyo participe au développement de la Station spatiale internationale. Ichita Yamamoto, ministre en charge des questions spatiales, rappelle qu’il n’est pas question de remettre en cause cet engagement, « ni de réduire la contribution financière du Japon à ce programme ». Toutefois il explique que la situation financière du pays oblige le gouvernement à se montrer prudent au sujet des vols habités. « Il est évidemment indispensable de peser le pour et le contre de ce genre de mission. Aujourd’hui nous nous appuyons sur les Russes et leurs vaisseaux Soyouz, mais on sait que cela ne pourra pas durer éternellement. Il est nécessaire de penser de façon globale et d’avoir des rêves comme celui d’envoyer des hommes sur la lune », ajoute-t-il.

Entre 2020 et 2030, c’est du côté de l’Asie que l’activité spatiale sera la plus intense. Logique, dans la mesure où les rivalités régionales sont les plus importantes. Les autorités japonaises ont d’ailleurs d’ores et déjà décidé de financer le développement d’un nouveau lanceur baptisé H3, lequel doit remplacer la fusée H2A actuellement en service. Comme un fait exprès, 2020 est la date fixée pour le lancement de la première H3. La principale innovation dans le nouveau projet japonais est liée au rôle que les autorités veulent attribuer au secteur privé. Jusqu’à présent, la JAXA assurait la gestion de tout le programme. Désormais, il s’agit de réduire les coûts afin de récupérer quelques lancements commerciaux dont le Japon a été privé en raison du prix trop élevé des technologies utilisées. Aujourd’hui, un lancement japonais coûte environ 79,5 millions d’euros contre 55,7 millions pour un lancement assuré par la Chine. L’ambition de Tokyo est de pouvoir arriver à fournir un service adapté au besoin des clients. Conscients encore de leurs limites, les Japonais sont néanmoins en ordre de bataille pour ne pas se laisser dépasser par les Chinois. Ces derniers savent également que leur marge de progression est grande. Comme le remarque un spécialiste chinois, « le mois dernier, il n’a fallu que six heures à la Russie pour arrimer son vaisseau Soyouz à la Station spatiale internationale. Shenzhou X a eu besoin de deux jours pour rejoindre Tiangong-1 ».



L’auteur :

Claude Leblanc, 49 ans, ancien rédacteur en chef de Courrier international et de Jeune Afrique. Passionné par l’Asie qu’il couvre pour L’Opinion (le Japon en particulier), il adore aussi le train. Un double intérêt qui a donné naissance au Japon vu du train publié en 2012. Il aime aussi le cinéma au point d’organiser tous les mois un ciné-club à La Pagode, l’un des temples du 7ème Art à Paris. Avec toujours la même envie : partager.

@Japonline

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