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Twittérature

La chronique des mots et des maux (IV)

D 17 décembre 2012     A par Viktor Kirtov - C 14 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Le Christ parlait en paraboles, et voilà que son successeur, Benoït XVI - nouveaux signes du temps - se met à parler en tweets.

Les papes parlaient jusque là en latin, c’est désormais l’anglais, la langue du pape sur la twittosphère.

Benoît XVI a commencé à tweeter le 12/12/12 ! (en souvenir des apôtres du Christ - ses douze premiers "messagers" ?)

Le premier tweet de Benoît XVI :

« Dear friends, I am pleased to get in touch with you through Twitter. Thank you for your generous response. I bless all of you from my heart. »

Après Valérie Trierweiler, dont chacun a pu constater l’impact d’un petit tweet, voilà que le pape "consacre" ce moyen de communication !

https://twitter.com/@pontifex

Et last but not least, le 16 octobre 2012, s’est tenu le premier Festival international de twittérature de Québec. Twittérrature - é accent aigu - francophone. Le nom de ce festival : "140Max" ! A l’instigation de l’ITC (Institut de twittérature comparée) cofondé par un Québécois et un Bordelais (La deuxième édition du Festival se tiendra, l’année prochaine, à Bordeaux). Conférences, échanges d’expériences, concours de tweets avec remise de prix : Tweets d’or, d’argent et de bronze...
- Non ?
- Si !
Et j’allais passer à côté de ça !
C’était sans compter sur la vigilance d’Alma, une fidèle lectrice qui m’a mis sur la voie. Merci Alma, merci lecteur et lectrice qui dans vos messages "on" et "off" vous manifestez. C’est le plus actif des stimulants !

16/01/2013 : Ajout section "En contrepoint"

J’ai été de ceux qui n’ont pas parié un kopek sur l’avenir de ce gadget quand il apparut sur le Net, en 2006, avec comme objectif : juste dire à ses amis, à la terre entière, "ce que l’on fait dans l’instant"... J’ai pourtant dû réviser mon jugement ! Comme pour une expérience scientifique, trouver ce que l’on attendait est satisfaisant pour l’esprit mais pas le plus intéressant. C’est ce qu’on n’avait pas prévu qui s’avère le plus riche de potentialités, de nouvelles interrogations et la voie à de nouvelles découvertes. (C’est ainsi que les scientifiques qui s’attendaient à vérifier que l’expansion de l’univers devait se ralentir ont découvert ce qu’ils n’attendaient pas : l’univers croît de plus en plus vite.). Ainsi le tweet initial est-il sorti de son lit et le voilà qui suit la loi d’expansion du cosmos ! Diable !

Pileface a ouvert son compte https://twitter.com/pileface le 13 avril 2010, dans un usage très partiel et détourné par rapport à la vision de son créateur et à ses prolongements actuels.

Outre l’usage initial de réseau social, Twitter s’est vu utilisé pour sa capacité à diffuser rapidement de l’information en cas de conflit (cf. son utilisation lors des révolutions arabes pour diffuser les lieux et heures des manifestations), en cas de catastrophe..., pour référencer des ressources, pour suivre un évènement (colloque, fête...) notamment grâce aux "hashtags" - ces mots clés qui permettent d’afficher instantanément tous les tweets déclarés avec le même mot clé. Et voilà que le pape s’y met, que des pédagogues expérimentent l’outil dans les écoles et que d’aucuns commencent à utiliser un néologisme : "twittérature". Alliance de la carpe et du lapin ? Nouvelle manifestation technico-marketing-mediatique qui fait prendre des vessies pour des lanternes ?

..."Tweet" + "littérature" unis, ça peut donner le mot Twittérature, mais la chose, à quoi ressemble t-elle ? A un crapaud coassant ou à une illumination de Rimbaud ?

Pourtant, en cette Terra incognita déjà plusieurs espèces prolifèrent... (n’exagérons pas quand même) :

la "littéraire", tendance Oulipo ou tendance fragmentée à base de semences Barthes, dans un cadre ludique de divertissement littéraire. Le manifeste des twittérateurs francophones est clair sur la question, et enfonce le clou (sans modération) : la twittérature s’accouche dans le plaisir.

la "pédagogique", à destination des scolaires, jouant justement sur le ressort du plaisir, et dans twittérature, vous l’avez sûrement noté, il y a râture. De la râture au gribouillis..., du gribouillis à l’écriture, des cavernes à la lumière, la souche la plus nouvelle et peut-être la plus prometteuse de la twittérature. Déjà les premiers lauriers fleurissent en cette terra incognita
pour en récompenser les jeunes, voire très jeunes lauréats, dès 4-7 ans...

Mais plus concrètement de quoi s’agit-il ? Comment ça marche ? ...D’où vient-on, où va-t-on ? Aussi, avons-nous rassemblé quelques échos et témoignages susceptibles de vous aider à comprendre ce qui se joue derrière ce projet naissant, encore balbutiant, cherchant ses marques, peut-être pas aussi léger...
Et s’il n’avait de léger, que le nombre de mots, ...et la grâce (la grâce est légère) - la sprezzatura de Castiglione - qui fait d’une contrainte, une grâce naturelle pour les plus habiles de ceux qui s’adonnent à ce divertissement !
Et s’il constituait un excellent exercice pédagogique pour l’acquisition de l’écriture et de la lecture !

Philippe Sollers, faut-il le rappeler signe maintenant Philippe Twitters, sa chronique hebdomadaire sur la toile (lepoint.fr), chaque vendredi. Mais ne va pas jusqu’à respecter le format de 140 caractères... et la légèreté, chez lui, procède plus de l’ironie, que de l’art pédagogique, ce qui n’exclut pas les instants de grâce (parfois).

De son côté, Michel Butor, bien que plus âgé que Sollers, le disait sur France Inter, il y a quelques jours : « je serais plus jeune que je serais fan de toutes ces technologies nouvelles : la liseuse, les réseaux sociaux,... » [1] L’interviewer venait de s’étonner de l’introduction du téléphone mobile dans les comtes pour enfants qu’il a écrit pour sa petite fille. Et Michel Butor de commenter : aujourd’hui, le petit chaperon rouge aurait un téléphone mobile, et adressé, immédiatement, un SMS à sa copine, pour lui dire combien sa grand-mère avait de grandes dents... Le tout relayé sur Twitter de Québec à Bordeaux, à la terre entière, à la vitesse de l’éclair.

Comment ceci a t-il commencé ? La genèse.

IL Y A TRES LONGTEMPS, les Japonais ont inventé le Haiku.

IL Y A LONGTEMPS, en 2006, Jack Dorsey a inventé le Tweet (de 140 caractères max), émis en messagerie instantanée à partir d’un mobile vers Internet. C’était le point de départ !

Mais en ce qui concerne la « twittérature », son envol médiatique (hésitant), a été annoncé chez nous, par une dépêche AFP du 9 avril 2010. Un lendemain de 1er avril, donc , en forme de gag et de provocation : l’annonce de la publication par deux jeunes américains, étudiants en littérature d’un livre intitulé « Twiterature » (sans e-accent-aigu), traduit chez nous avec son accent francophone. Car le livre a été traduit, et même préfacé par un écrivain-académicien : Eric Orsena, publié aux éditions Saint-Simon... quelle lignée ! De quoi s’agissait-il ? Rien moins que revisiter 70 monuments de la littérature mondiale en remakes de 20 tweets par livre. Le livre tomba vite dans les abîmes de l’oubli, et faillit entraîner dans son discrédit la twittérature dans tous ses états. Mais deux autres apôtres de la nouvelle religion : un Canadien Jean-Yves Frechette et un Français, Jean-Michel Le Blanc [2], un bordelais - comme Montaigne, Montesquieu, Mauriac et Sollers - considéraient que cette fausse piste empruntée par ces étudiants, n’était, loin de là, pas la seule voie de salut. Ils se réunirent en association, l’ITC Québec-Bordeaux, publièrent un manifeste qui exprimait le sérieux de leur démarche :

Le manifeste (Extraits)

Manifeste (extraits)

La twittérature est à la rature, ce que le gazouillis est au chant du coq. Les uns vantent l’alexandrin, d’autres jouent du marteau-piqueur.

Twittérature n’est pas humour. Il serait absurde de se rire de tout alors que l’on peut très bien se moquer de quiconque. Et réciproquement.

La twittérature est la somme de récits, aphorismes et autres apophtegmes. Une cacophonie de gazouillis que symphonise harmonieusement l’ITC.[l’Institut de twittérature comparée]

La twittérature ne contraint pas le twittérateur, mais elle se joue de la contrainte. Une seule contrainte, être fier de ses propres tweets.

La twittérature dispose d’un organe officiel, www.twittexte.com autour duquel les twittérateurs doivent faire corps sans se prendre la tête.

La twittérature ne s’intéresse pas qu’aux tweets présents en 140 caractères. Elle s’occupe aussi des tweets imparfaits, voire conditionnels.

La twittérature vante la beauté de l’orthographe et de la rhétorique mais interdit de se moquer de la verrue qui virgule le tweet du voisin.

La twittérature n’est point à traiter par-dessus la jambe, quel que soit le nombre de pieds utilisés pour chausser cent quarante caractères.

Un manifeste en forme de cache-sexe, pour oser affronter la vindicte publique, tandis que des enseignants québécois créaient des "Twittclasses" et découvraient les vertus pédagogiques cachées de l’exercice. De divertissements littéraires à contraintes (mais pas sous contrainte) à la sauce Oulipo revisitée Tweet, naissaient des micro-récits fragmentés à la sauce Barthes. Les twittérateurs expérimentaient de nouveaux rythmes, de nouvelles respirations, des poèmes inspirés des haïkus, les jeunes scolaires découvraient l’univers des mots, sa magie, sa combinatoire, ses lois d’attraction, ses lois d’harmonie et de style : la magnification des mots au-delà des mots, de leurs limites et leurs contraintes.
La twittérature : l’infiniment petit de la littérature, à l’image de l’infiniment grand, comme dans la nature ; le pire et le meilleur, comme dans la nature.
La twittérature soumise aussi à la loi la plus inexorable de la nature : le deuxième principe de thermodynamique qui stipule que tout système tend naturellement vers le désordre, le chaos, autrement dit le cycle de la vie et de la mort. Mais cycle ...infiniment recyclé, phénix renaissant de ses cendres.
Positivons quand beaucoup voient le cycle de la lecture en fin de cycle : de plus en plus de livres et de moins en moins de lecteurs ! Renaissance imminente peut-être en train de s’opérer sous nos yeux incrédules : retour au B-A-Ba, au tout début du chaos et de sa magie.
- Mais où donc ?
- ...dans les Twittclasses avec les "tweets d’or" en guise de "bons points", et d’ "images" récompense... [ou de la tranche de pain dans le tableau de Fragonard "La Maîtresse d’école" - objet d’un précédent commentaire sur lequel nous reviendrons. Le titre du tableau mentionné dans l’essai de Sollers : "Les Surprises de Fragonard", n’est pas le bon. Son vrai titre : "Dis-moi S’il te plaît"...]
... Et tu auras ta tranche de pain.
Cette remarque, ici, car dans les Twittclasses, on y apprend à gazouiller avec les mots, certes, mais on y enseigne aussi les bases de l’éthique qui doit accompagner l’envol des mots. On peut d’ailleurs noter que les tweets, contrairement aux SMS, s’interdisent l’usage abusif des abréviations.

La twittÉrature est-elle une littérature ?

par Lirina Bloom

Lirina Bloom, un nom qui sonne comme Molly Bloom. et inaugure bien de la suite... J’ai aussi dit "oui" à son texte. Elaboré et présenté à l’occasion du premier Festival international de twittérature tenu à Québec le 16 octobre dernier. Un texte inspiré, de la meilleure veine, que nous sommes heureux de vous présenter.

Lirina Bloom y rappelle de façon très vivante, les grands moments de l’histoire récente du jeune mouvement, suggère des interprétations concernant les motifs et les motivations des twittérateurs en évoquant les origines du genre, mais aussi les balises esthétiques et poétiques de ces formes brèves d’écriture, ces "nanotextes".

Un jour, fut inventée la Twittérature. Elle fut liée à la francophonie et on chapeauta son e d’un accent aigu. On voulait ainsi se distinguer de l’anglais Twitterature sans accent bien sûr. Tout cela montrait bien que le Québec avait œuvré.

En cette invention, l’humour et le second degré étaient de règle. On se prenait fort au sérieux sans y croire un instant. On jouait comme font les enfants, c’est à dire très sérieusement.

On feignait d’encadrer l’affaire rigoureusement. On édictait des règles que les mêmes enfreignaient immédiatement.

Se bâtissait cependant, subrepticement, constamment, progressivement, obstinément, délibérément, un corpus, corps de texte, corps constitué, paquet d’écrits en Lettres de Lumière. Écrits donnés à lire à l’instant même.

Bref, se constituait une pratique d’écriture. On cherchait des formes et des formules magiques, on s’associait à des courants littéraires existants, ou préexistants, on redonnait vie à des mouvements qu’on avait cru décadents ou tout à fait mineurs. On réhabilitait le fragment et les formes brèves, on luttait contre, le fragment et le fait d’y cantonner la Twittérature, on inventait des manières d’agencer les morceaux d’écriture (outweets) pour qu’œuvre se fasse.

On allait presque au hasard. Et chaque pensée émit un coup de dés.

On habita la Toile. On se fit, comme tout un chacun aujourd’hui, international, supranational, universel, mondial, global, en un mot comme en cinq, habitant de la planète Terre.

C’est alors qu’une question devint centrale et occupa les écrivains, qui se disaient - emportés par les élans de la langue - twittérateurs, (avec cet accent aigu sur le e).

On comprit qu’il s’avérait tout à coup impossible de définir une pratique littéraire en se référant à la langue utilisée par la majorité de ses écrivains. Et pour certains de plus en plus nombreux, le twittérateur,devait pouvoir écrire dans la langue qui lui chanterait.

En français, bien sûr mais aussi en allemand, en espagnol, en japonais, en anglais, en arabe, en italien, en ouolof, en bambara, en hébreu, en chinois ou en russe, en grec ancien ou moderne, en latin et même en occitan. Ou pourquoi pas en sarde ou en normand, en gallican, ou en basque...

Bref, on finit, après des débats interminables, par convenir que la langue utilisée par le twittérateur importerait peu pourvu qu’il consentit à écrire les mots Twittérature et twittérateurs avec ce sacré fichu accent aigu sur le e, qui était la signature de ses inventeurs, qui était son logo en quelque sorte, comme la pomme croquée l’était pour Apple, ou comme le drapeau l’était pour une nation, comme le chapeau pour l’habit de gala, comme le bleu de chauffe pour l’ouvrier, comme le maillot de bain pour le nageur. Cette petite virgule en l’air, ce genre de petite apostrophe, qui modifiait le e, on avait cru (il est vrai) la voir tomber en désuétude à l’ère du numérique et des adresses mail qui supprimaient tous trémas et accents qu’ils soient circonflexes, graves ou aigus. Bref ce petit signe qui semblait vouloir se perdre, on y tenait et on allait s’en enorgueillir.

Il fallut se rendre à l’évidence : la Twittérature et les twittérateurs entraient par la grande porte dans le monde du paradoxe.

On continua cependant d’écrire, d’inventer des formes, de créer des rassemblements divers, on fit des groupes et presque aussitôt des scissions, on établit ensuite des complicités et des rivalités entre les groupuscules nouvellement constitués. La vie ordinaire en quelque sorte.

On réhabilita le fragment et les formes brèves, on lutta contre le fait d’y cantonner la Twittérature, on inventa des manières d’agencer les morceaux d’écriture (ou tweets) pour qu’œuvre se fasse.

La nano littérature s’opposa très vite aux partisans des romans fleuve au vrai sens du terme, romans qui ne pouvaient que s’écouler sans fin en ce fil tendu sur la Toile.

On critiqua la Twittérature qui ne serait pas soucieuse de lutter contre le sexisme inhérent à la langue, on créa des groupes à volonté égalitariste. On déclara interdites des expressions humiliantes pour l’une ou l’autre des minorités opprimées, les oppresseurs se cramponnèrent à leurs certitudes comme à l’accoutumée et accusèrent les autres d’être des censeurs (les censeurs réclamèrent d’être appelées censeures lorsque c’était leur genre).

On se disputa sur les définitions de prose ou poésie ranimant les vieux débats du mitan du 19ème siècle qui avaient exploré et déjà résolu le problème. Ce qu’on avait totalement oublié. On mit Perec et l’Oulipo à toutes les sauces opposant contraintes dures et contraintes molles, les molles étant bien sûr plus molles que les dures qui seules valaient. On tenta surtout d’imposer l’universalité du comptage 140 pile poil, souhaitant exclure tout autre nombre de caractères du corpus twittéraire.

Par esprit de contradiction, quelqu’un se mit a colliger les tweets à nombre de caractères constants entre 1 et 139 créant ainsi d’étranges et arbitraires cadavres exquis qu’il finit par organiser en poésies strictement carrées. On lutta contre la dispersion inhérente à la Twittérature, dans ce moment où elle était encore à l’état naissant - comme on dirait pour un corps chimique fait d’atomes et non encore constitué en molécules - on lutta en spécialisant un compte, en faisant correspondre absolument le compte et l’œuvre en gestation ou en rassemblant secondairement les écrits dans des blogues ou même en des livres de papier...

La boucle étant bouclée, on s’aperçut qu’on se compliquait la vie terriblement.

Mais, on continuait derechef.

Certains cependant revinrent au crayon et abandonnèrent les Lettres de Lumière. Mais ils furent peu nombreux ou tout au moins, on le crut, car ils s’éclipsèrent discrètement de la Toile qui continua, de fait et d’évidence, à réunir les Twittérateurs qui, par définition, y étaient restés.

On avait oublié l’essentiel, ceux que les déserteurs amoureux du crayon-papier rappelaient aux autres cruellement : la Twittérature ne pouvait se passer de Twitter qui était son principal outil comme autrefois l’avaient été, pour les Littérateurs, la tablette d’argile et le calame, le parchemin et la plume d’oie, le Bic et le cahier, la machine à écrire et la feuille A4 et comme l’était encore aujourd’hui le clavier des ordinateurs, les fichiers et les imprimantes.

Car enfin, pouvait-on être Twittérateurs si on écrivait dans un cahier ou sur une feuille volante ou simplement mentalement, des messages de 140 signes pile poil ? Cette question taraudait.

Toujours est-il, qu’on constatait que, certains faisaient de Twitter leur brouillon ou tout au moins leur premier jet, et que d’autres tournaient sept fois leur tweet dans leur tête avant de le rédiger en Lettres de Lumière pour l’expédier par câble, wifi et serveurs sur la Toile.

Au bout du compte, on avait sérieusement compliqué l’acte d’écrire.

Il fallait bien s’avouer que, entre l’écrit et les Twittérateurs, était une machine immense et infernale qui se révélait à la fois l’outil et le support de la jeune Twittérature.

Et cet outil était Twitter.

Derrière Twitter était l’immense arrière-plan de la Toile et tous ses réseaux qui nécessitaient pour se constituer une énergie folle et couteuse, énergie dont certains dirent que nous allions bientôt manquer.

Les ennemis de la jeune Twittérature furent prompts à parler d’aliénation, de dépendance, les plus modernes ont dit « addiction », le grand mot à la mode, dont on sait qu’il a remplacé la merveilleuse « passion ».

Au milieu de cette cacophonie, une voix s’éleva, timide et résolue, qui dit : « Peut-on vraiment définir une pratique littéraire à partir de son seul support ? »

Malgré les protestations de façade, le doute s’immisça dans les esprits que la question atteignit de plein fouet.

On étudia l’étymologie du mot Livre. Liber dont il était issu, désignait cette pellicule entre le bois et l’écorce sur laquelle il était possible d’écrire. On s’émerveilla. Il s’agissait de la partie la plus vivante de l’arbre. Mais, on admit que le mot Livre n’était assonant avec Littérature que fortuitement.

Jamais, il fallait bien en convenir, il n’avait été question de livrerature, ni même de livrérature. L’accent, sa présence ou son absence, ne faisait rien à l’affaire. L’accent était, il fallait se rendre à l’évidence, un problème mineur, annexe, accessoire, l’accent sur le e n’avait, là, aucune espèce d’importance. Et le support du Livre - avec ses feuillets, ses pages, sa reliure, ses marges, son volume, son encre même - restait le contenant de ce contenu sacré qu’on appelle encore Littérature.

Le codex, la tablette d’argile, le papyrus, le parchemin, le rouleau, la pierre, n’avaient pas vraiment généré d’écrits nommés en référence à ces supports.

Il fallait peut-être consulter les archéologues et leur demander d’étudier à fond la question. Car, si la Twittérature avait eu de ce point de vue des précurseurs, il serait possible d’en éclairer la théorie et partant, la pratique, en se référant enfin à des ancêtres qu’on apprendrait à respecter.

Mais pour le moment, la seule vérité, c’est qu’on disait Littérature et que la racine du mot, son soubassement, sa seule fondation, était Lettre. Littéral. Littéralement Lettre. Et rien d’autre.

Lettre avec ses mystères, ses formes auxquelles on accole des sons qui se mariant entre eux forment le mot puis la phrase, puis le texte, de la Littérature justement.

Bien évidemment, tout assemblage de lettres formant un texte n’est pas Littérature, il y faut plus - plume solitaire éperdue ou aigrette de vertige - il y faut l’être de la Littérature.

Mais c’est une autre histoire, et la seule question peut-être.

La voix timide et résolue ajouta soudain : Twittérature qui se rapprocherait par le sens de livrérature, renvoie par le son à Littérature.

La Twittérature serait-elle Littérature par simple assonance avec elle ?

Chacun sait bien qu’il n’en est rien.

Et qu’il y a loin du tweet à l’œuvre.

Ainsi, la seule question que nous aurions à nous poser est la suivante : l’assonance étant identifiée comme insuffisante à faire de la Twittérature une Littérature, que faudrait-il donc pour que cet espoir, ce vœu contenu en le néologisme se réalisât ?

Car la Twittérature étant composée d’éléments (ou tweets) eux mêmes composés de Lettres ne pourra se hisser vers la Littérature que si les Twittérateurs s’y attèlent.

Qui, ici, en ce premier Festival International de Twittérature, pourrait dire le contraire ?

C’est notre travail et notre labeur, notre plaisir et notre joie, notre recherche et notre quête.

Lirina BLOOM
le 16 octobre 2012, pour leFestival International de Twittérature 140MAX.
Le site de Lirina Bloom : Ne manquez pas son site : une mine de réflexions par une double pratiquante du tweet et de la littrature, ainsi :

Twittérature opera aperta ?

[...] La Twittérature est Œuvre ouverte par excellence, l’extrême de l’ouverture pour l’Œuvre, sa pointe acérée, l’avant garde des arrière gardes.

La Twittérature s’inscrit dans un courant qui a débuté quand Celui qui a tout annoncé a écrit son Œuvre dans l’imaginaire de chaque Lecteur.

J’ai nommé Stéphane Mallarmé.

Il faut envisager "Lector in fabula" pour s’approcher des problèmes du Twittérateur inexpérimenté, et la jeunesse du médium y réduit chacun.
[...]

fil rédigé en 140 caractères, bien sûr.

Anatomie d’un tweet

La haine du tweet

Que peut-on dire en 140 caractères ?

Pierre-Paul Pléau : (Jean-Yves Fléchette sous son identité d’initiateur et co-fondateur de l’Intitut de twittérature comparée.)
Ses trois derniers tweets au moment de publier cet article :

CentQuarante
(Jean-Michel Le Blanc, l’autre co-fondateur de l’ITC et son actuel président.)

Tous les jours, elle faisait quinze minutes de grimaces devant sa glace. Sa psycho-esthéticienne le lui avait recommandé pour ses ego-rides.

Aldo Campo @aldito33
Bordelais,artiste des mots, de la musique et du spectacle vivant,Aldo Campo se sert de Twitter pour faire prendre l’air à ses humeurs vagabondes.

Persuadé qu’étymologiquement, le cunnilingus ne pouvait se prévaloir de langues mortes, il y fourra son nez de facto et en perdit son latin.

Valérie Trierweiler, nouvelle cible des historiens qui, au regard de la double vie de Louis XIV, déclarent : Le changement c’est Maintenon !

C’est bien connu, les histo-riens ne sont jamais d’accord sur tout ;-)

Sur twitter, il ne suffit pas d’être idiot ! Encore faut-il l’être assez pour être compris, et pas trop pour être suivi !

Interdire les caricatures d’un mec qu’on n’a jamais vu de ses yeux, c’est vraiment faire preuve de mauvaise foi.

Nils@_nils_
A tout vouloir suivre on manque l’essentiel.

Voila voila @voilavoila
J’avais presque oublié mon existence.

...Outre, ces arrêts sur texte, il y a ceux qui expérimentent les quatrains de tweets, les suites en forme de micro-roman...

Interview (via Twitter)

de Nathalie Couzon par Jean-Michel Le Baut

Nathalie Couzon enseigne le français à Sillery, elle collabore aussi au Plan d’action pour l’amélioration du français au Ministère québécois de l’Education, elle a activement participé au festival organisé par l’ITC (Institut de Twittérature Comparée). Dans cet entretien, réalisé sur le réseau, les réponses sont évidemment en 140 caractères maximum.

Jean-Michel Le Baut, journaliste, membre fondateur de l’ITC, l’actuel Président de l’ITC Québec-Bordeaux.

Question pour les néophytes : à quoi sert la Twittérature ?

@nathcouz La Twittérature sert à utiliser Twitter comme nouveau support pour écrire dans la contrainte de l’espace restreint des 140 caractères.

De manière générale, quels écrivains auriez-vous aimé voir membres de l’ITC ?

@nathcouz J’aurais aimé que Proust, Flaubert, Baudelaire, Rabelais, Montaigne, Réjean Ducharme, Louise Labé, Voltaire, Dante et Kerouac tweetent.

A quoi sert un festival de Twittérature ?

@nathcouz Un festival de Twittérature sert à célébrer cette micro-littérature, à en discuter, à explorer ses prolongements pédagogiques et à tweeter !

Quels intérêts pédagogiques présente selon vous la Twittérature ?

@nathcouz Travailler dans de micro-textes est un plus pour les élèves en difficulté en écriture. C’est accessible, encourageant, engageant.

@nathcouz Autre intérêt : écrire pour être lu par quelqu’un d’autre que l’enseignant, pour interagir avec une communauté vaste et variée, donc riche.

@nathcouz Twitter par la contrainte du 140max permet de travailler la précision de la pensée, la syntaxe, le lexique.

Plusieurs débats ont eu lieu : en #140max, une idée marquante qui en est sortie ?

@nathcouz Il y a bien plus qu’une idée qui m’a marquée ! Pour ma part, j’ai dit que Twitter, c’était l’infiniment petit qui ouvre l’infiniment grand.

@nathcouz Autre intérêt pédagogique : l’écriture collaborative. Voir les défis oulipiens ou non lancés sur la TL par Aurise, Annierikiki et d’autres.

@nathcouz Rien de nouveau depuis des siècles dans cette pratique de nanolittérature, hormis le suppport, où tout peut se perdre et se transforme.

@nathcouz Des questions qui me turlupinent : la légitimité de la twittérature comme littérature ? Est-ce un nouveau genre ? Lire bit.ly/RYFMUF

Quel bilan général tirez-vous en un tweet du festival de Twittérature ?

@nathcouz Fabuleuse journée de partage avec des gens passionnés et engagés. Des discussions qui faisaient voler bien haut. Vivement la 2e édition !

En # 140max : des projets ? des rêves ? des perspectives ?

@nathcouz Des projets : préparer la 2e édition du festival qui se tiendrait à Bordeaux l’an prochain avec encore plus de twittclasses participantes

@nathcouz Des projets : lancer des défis d’écriture sur Twitter. Continuer ma réflexion sur l’innovation pédagogique, sur les TIC et l’apprentissage.

@nathcouz Des rêves : la 2e édition de #140MAX avec encore plus de participants, 5000 élèves inscrits au concours, une mention à l’Académie française !

@nathcouz Des rêves : être invitée pour parler de Twittérature, rapport positif à la langue, innovation pédagogique dans un grand congrès en France.

@nathcouz Des rêves : partir à Bordeaux l’an prochain avec les 4 autres mousquetaires pour vivre la 2e édition du festival dans le pays de mon enfance.

Les tweets d’or

Le festival s’est, comme il se doit, achevé par une remise de prix, en l’occurrence des « tweets d’or » décernés à des élèves qui, dans des catégories différentes selon les âges, avaient été invités à imaginer le futur en 140 caractères : un tweet de 140 caractères maximum pour les plus petits, un tweet de140 caractères exactement (et comprenant une figure de style) pour les plus grands. Plus de 1300 élèves dans 5 pays ont participé au concours.

« Demain, la Terre deviendra carrée et si quelqu’un s’aventure sur les angles droits, il deviendra lui aussi un cube »,
a proposé Elias.
« L’ordinateur, la tablette, le téléphone mobile, le MP3, les réseaux sociaux. Le futur, c’est une série de mises à jour en continu », a tweeté un élève des Laurentides, dans une métaphore de circonstance.

Autres formes d’écriture brève

La twittérature n’est pas la première tentative dans le genre de l’écriture brève. Les organisateurs de l’ITC le reconnaissent, cette micro-littérature s’inscrit dans "le prolongement oulipien de la maxime, du proverbe, de l’apophtegme ou du haïku".
Macha Séry dans Le Monde du 3 octobre 2012 y a consacré un article et en rappelle les racines :

Un mode de communication laconique (de Laconie, région située à l’extrême sud-est du Péloponnèse), des traits d’esprit, des répliques-uppercut conformes à leur législation et à leur mode de vie austère. "Les hommes de peu de mots ont besoin de peu de lois", expliquait le roi Charilaos.

Depuis l’Antiquité et les fables d’Esope, quelques auteurs sont passés maîtres dans cette esthétique du bref. Le plus célèbre d’entre eux fut le nouvelliste et critique d’art Félix Fénéon. Celui-ci s’est illustré dans la rubrique "Nouvelles en trois lignes" du journal Le Matin en 1905. Soit d’authentiques faits divers ramassés en quelques mots.

Cette condensation stylistique fait jaillir l’humour noir et expurge le pathos. "Rattrapé par un tramway qui venait de le lancer à dix mètres, l’herboriste Jean Désille, de Vannes, a été coupé en deux." [...]

Ces Nouvelles en trois lignes ont été réunies en recueil par le Mercure de France en 1997. Régis Jauffret, avec ses Microfictions (Gallimard, 2007 ; prix France Culture/Télérama), et Pierre Senges, avec Fragments de Lichtenberg(Verticales, 2008), lui ont emboité le pas [[Dans une certaine mesure, le genre des "listes" que Charles Dantzig met en oeuvre dans son Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, s’inscrit aussi cette lignée. - note pileface.

Les Anglo-Saxons appellent ce micro-genre flash fiction ("fiction instantanée"). Hemingway a écrit dix-huit "Very shorts stories". [...] Selon l’écrivain Declan Burke, interviewé l’an passé par le Irish Times, la "flash fiction", concise, percutante, est "parfaite pour le lecteur en ligne et en phase avec son époque". Lauréate du prix Pulitzer pour son roman Qu’avons-nous fait de nos rêves ? (Stock, 2012), l’Américaine Jennifer Egan s’est plié à l’exercice au mois de juin, à l’instigation du magazine The New Yorker. Elle tweetait tous les dix minutes les phrases tirées de sa nouvelle "Black Box". "Ce n’est pas une idée nouvelle, bien sûr, expliquait-elle, mais c’est une riche idée en raison de l’intimité entretenue avec les lecteurs, via leurs téléphones portables, et de la poésie étrange qui se dégage en 140 caractères."

Le mot de la fin

En tant que genre, la twittérature n’innove pas, nous l’avons vu. Elle a eu de grands et féconds précurseurs dans le genre des formes brèves d’écriture.

La nouveauté vient d’ailleurs :
- un potentiel d’écriture en interaction avec ses lecteurs (encore très sommairement exploré, malgré les apparences,) couplé à l’instantanéité du réseau social.
- un potentiel de lecture qui déborde la lecture séquentielle via les dégagements que permettent les hashcodes - ces mots précédés conventionnellement du signe # et qui jouent le rôle de mots-clés étendus à l’ensemble du réseau social - sans oublier le vieux et toujours puissant lien hypertexte/mulimedia.

De même que l’imprimerie a influencé l’évolution de l’écriture et de la lecture, le Net et ses réseaux sociaux d’une part, l’écriture et la lecture "numériques", d’autre part ouvrent la voie d’une nouvelle mutation. La twittérature n’en est qu’un épiphénomène, le haut d’un iceberg, encore profondément immergé qui attend ses nouveaux écrivains,ses nouveaux talents, ses oeuvres pour découvrir le nouveau graal : un plaisir augmenté* de l’écriture et de la lecture.

(*) comme on le dit de la réalité augmentée

Dans l’immédiat, laissons le mot de la fin (provisoire) à Monique Le Pailleur :

« Nous croyons qu’il importe de modifier notre regard quant à la solitude qui semblait autrefois indispensable pour écrire ou produire de la fiction. Avec les recherches en cours portant sur l’intérêt de la coopération pour stimuler la créativité et susciter des prises de conscience, il vaut sans doute la peine de se questionner quant aux mutations profondes de l’écriture en ce siècle qui célèbre le passage au numérique en raison de la présence incontournable des réseaux sociaux qui redéfinissent actuellement nos façons d’entrer en relation avec les autres humains. »

« Dans le contexte de la Twittérature vécue de manière collaborative, on n’écrit jamais vraiment seul. On écrit pour ou contre les tweets des autres. Pour écrire, il devient nécessaire de lire pour s’assurer de la progression du récit, éviter les contradictions, créer des effets de style, harmoniser l’énonciation, recourir à la synonymie, expérimenter des figures de style de sorte que les relectures constantes s’avèrent indispensables et que l’on ne relit jamais pour les mêmes raisons. »
Monique Le Pailleur, Café pédagogique, avril 2012.

Liens

Site de l’ITC

Je twitte, tu twittes, il et elle twittent, le site de Jean-Michel Le Blanc.

Site de Lirina Bloom

Le café pédagogique



En contrepoint, il n’est pas interdit de visionner « La littérature et le livre à l’heure d’Internet », par Philippe Sollers afin de prendre du recul pour mieux voir ce qui nous arrive. Le rôle de la main et de la lecture dans l’histoire humaine éclairée par Heidegger... Vous y serez en bonne compagnie.

Comment aussi ne pas recommander, le livre de Michel Serres « Petite Poucette » - clin d’œil de l’auteur à la maestria avec laquelle la génération connectée joue des pouces pour composer ses SMS. Avec Michel Serres, vous prendrez non seulement du recul sur ce qui nous arrive, mais surtout de l’avance pour mieux comprendre ce que sera demain quand la génération connectée sera au pouvoir. Elle n’a pas vu naître Internet - connu l’avant-Internet - elle est née dans Internet, son milieu amniotique. Aujourd’hui, cette génération a trente ans. Demain elle sera au pouvoir. Des freins générationnels tomberont par pans entiers, comme le mur de Berlin en son temps. De nouvelles frontières, de nouvelles façons de gouverner s’ouvriront en même temps que le pouvoir des masses interconnectées grandira. Place à de nouvelles façons d’interagir entre les peuples et leurs représentants politiques. Place aux expériences, aux projets. Place à de nouvelles utopies...


[1Je rechercherai la citation exacte

[2semble aussi se manifester sur le Net sous le nom de Jean-Michel Baut

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10 Messages

  • Orion aveugle vers l’Aube | 25 décembre 2013 - 01:19 1

    Je faufile mon commentaire ici. Cela lui donnera le bon cadre. Insolite.

    Je lis : « À quoi bon lire en temps de tweets ? ». Tiens, pauvre H. Sinon : Toujours le même problème avec Sollers. Personne ne le lit - selon lui, ou selon les siens. Personne. Ni Pileface, ni Gallimard, ni ses amis (que j’imagine très intelligents, très sensibles), ni ses suiveurs (que j’imagine très fidèles, très aveugles), ni ses détracteurs (que j’imagine très obstinés, très cons). Personne. Personne ne le lit. Personne. Personne ne lit. Personne. Ne pas lire Sollers est tout simplement, amis, ne pas / ne plus lire - ne pas / ne plus savoir lire.

    Je lis : « à ceux qui ne lisent plus parce qu’ils twittent ». Logique évidente : catégorisation typique du langage de pouvoir (la plèbe), troupeau oblige. Puis, on nous livre une belle sélection de danses sollersiennes. Hum... Et alors ? On touche à du verbe ailé, sacré ? Vraiment ? A ce point ? Il y a autant de profondeur dans cette écume ? Bien sûr : Sollers lit, il sait lire, il lit ceux qu’il faut lire, ceux qu’il faut lire et savoir comment lire, il se lit d’ailleurs en eux, se lit avec eux, se lie à eux. C’est cela, amis, que lire : mais en rajoutant son nom. (L’argent, vous savez). Bon, oui, c’est vrai, il sait bien faire jouer les mots, les sons, les sens. Il s’y connaît en cela. Faire jouer les sagesses. Mais dommage. Personne ne lit. Tous ces gens qui l’admirent, le suivent ou le méprisent, ne savent pas lire. Personne ne sait d’ailleurs lire, comme il faut lire. Personne. Personne. Tiens, pauvre S.

    Je lis (dans mes pensées) : ou on nous raconte un vieux mensonge, ou on ne voit plus du tout clair ce que le verbe est, ou il n’y a - au fond - rien à lire. Personnellement, je penche pour cette dernière impression : malgré toutes les illuminations (que l’on doit à Rimbaud, à Nietzsche, à Lautréamont, etc etc - ne l’oublions pas), malgré toutes les talentueuses acrobaties, malgré tous ces réseaux si bien établis : cela ennuie, et beaucoup. Peu importe. Personne ne lit, ni sait plus lire. Et puis : la France assurera sa postérité. Elle ne sait faire que ça. A moins que... l’on vise plutôt à assurer ce perpétuel totalitarisme : la médiatisation de ce qu’il faut lire, et savoir comment lire. Du Krist-Sollers-isme pur - mille fois déployé, mille fois inutile. J’y suis insensible. Tiens, pauvre Mozart.

    Joyeux Noël. Je reviens à Kafka. Entre lui et moi, et cela suffit, il n’y a que Dieu.


  • V. K. | 7 février 2013 - 06:24 2

    Télérama.Fr : L’ACTU MÉDIAS / NET | A sujet hors-normes, débat hors-normes. Dans un camp ou dans un autre, les citoyens peuvent passer leurs nuits sur le site de l’Assemblée à regarder les discussions sur la loi sur le mariage pour tous ou à suivre les échanges de tweets entre les députés. Car l’irruption des nouvelles technologies a bouleversé les débats.

    Le 05/02/2013

    Lucas Armati

    Ne manquez pas de découvrir l’article, ici, les tweets et les commentaires.

    Notre modeste contribution au débat :

    Les tweets des députés, en séance, une nouvelle source documentaire pour les historiens !. Après l’école, la twittérature voilà l’Histoire investie. Déjà les journalistes politiques se sont appropriés la chose.

    La marée numérique s’étend au grand dam des « ouvriers du livre » de la presse et de sa distribution qui voient les digues de leur pré-carré céder. Faute d’avoir pris, à temps. les bateaux pour le large, pour une nouvelle Odyssée. Pas de journaux encore aujourd’hui. ! Mais nous avons les tweets de nos députés !

    Tandis que Michel Crépu se lamente dans la Revue des deux Mondes (février) :

    Lundi. Déjeuner avec T. Il dit que le principal sujet de conversation dans les dîners, en dehors de l’affaire Depardieu, est la fin du livre papier. Dépôt de bilan de Virgin Megastore, petites librairies confidentielles tellement précieuses balayées comme des fétus, baisse vertigineuse de la lecture chez les jeunes, etc. [...] ( Epouvanté je suis, après que P. m’a raconté que son fils passait DES NUITS ENTIERES à des batailles sur jeu vidéo : il a au moins 20 ans, il fait médecine. DES NUITS ENTIERES, c’est affreux. Quand je pense que mes insomnies étaient balzaciennes ou proustiennes...).

    Réveillez-vous Michel Crépu, passez une nuit à l’Assemblée, avec nos députés, leurs tablettes, leurs batailles de Scrabble, leurs tweets, C’est là, et ainsi, que s’écrivent les nouvelles Tables de la Loi.

    Mais Michel Crépu le sait bien, qui a consacré l’édition de janvier au numérique et nous dit dans son éditorial. « Monsieur de Talleyrand eût-il « tweeté » au moment du congrès de Vienne, quand se décidait le sort de la future Europe ? N’en doutons pas. ». Et encore ceci, dans ce même éditorial :

    La vie numérique

    Chacun le sent désormais, c’est une prise de conscience générale ? : le « ?numérique ? », comme on l’appelle, n’est pas une option facultative dans la série infinie des gadgets de l’homme postmoderne. On doit plutôt parler d’une évolution inédite des ressorts profonds de la vie quotidienne, toute une gestuelle dont les fondements symboliques remontent au Moyen Âge européen chrétien et qui concernent tout le monde ? : lire, écrire, regarder, écouter. Pour autant, parler de changement de civilisation, comme s’y hasardent certains, est peut-être exagéré ? : qu’il s’agisse d’une page de livre ou d’un écran, c’est toujours Proust ou Balzac qu’on lit. [...]

    L’ éditorial dans son intégralité ici.

    Heureux de voir Michel Crépu s’inscrire dans le même courant de pensée que Michel Serres.

    Notons que les mondes d’aujourd’hui ne sont plus seulement géographiques, les navigateurs des temps modernes ont découvert de nouveaux mondes, de nouvelles terres incognita Internet, le Cloud... qui n’ont que faire de la géographie et des frontières, un espace immatériel apparemment illimité.où chacun (ou presque) a le droit d’aller et venir à sa guise. Ni Rousseau, ni Charles Fourier, ni Jules Vernes, ni Lénine ne l’avaient imaginé.
    Et voilà que La Revue des deux (anciens) Mondes au temps des nouveaux Mondes, est en train de devenir la « REVUE DES NOUVEAUX MONDES », sans le dire..., sans tapage médiatique (peut-être pas assez).
    Signe des temps, vous pouvez aussi choisir l’abonnement papier ou l’abonnement numérique de la REVUE DES DEUX MONDES. Longue vie à cette belle institution presque deux fois centenaire.


  • V. K. | 15 janvier 2013 - 20:10 3


    ZOOM... : Cliquez l’image.



  • V. K. | 8 janvier 2013 - 19:03 4

    Depuis un an, le chroniqueur littéraire, journaliste et écrivain Bernard Pivot trouve du plaisir à s’exprimer sur Twitter.

    Entretien avec NATHALIE BIRCHEM pour la-Croix 7/01/13 :

    Quelle utilisation un homme de littérature comme vous fait-il de Twitter ?

    Bernard Pivot : Quand je me suis mis sur Twitter, il y a un an, il y a eu beaucoup d’étonnement. Les gens ne s’attendaient pas à y voir quelqu’un de pas tout jeune et spécialisé dans la littérature. Aujourd’hui, j’ai dépassé 91000 abonnés. Mais je n’ai toujours moi-même que 58 abonnements, des gens dont je lis tous les tweets,des amis bien sûr mais aussi des contacts professionnels, comme les Éditions Gallimard, des auteurs comme Karine Tuil ou Régis Jauffret.

    Je ne passe pas ma vie sur Twitter. Mais je tweete tous les jours, sauf le week-end. J’annonce mes chroniques dans LeJournal du dimanchemais je ne fais pas la promotion de mes livres, par pudeur.La plupart du temps, je tweete plutôt au gré de l’humeur, de lectures, de voyages, de discussions. C’est assez amusant. Beaucoup de gens m’interrogent aussi sur des règles d’orthographe, de grammaire. Je réponds quand je peux. Le verbe « zlataner », inventé par les Guignols à partir du nom du footballeur suédois, a ainsi défrayé la chronique sur Twitter.

    Il m’est aussi arrivé, à la suite d’un tweet où je demandais des conseils pour retrouver ma voix avant une intervention publique, de recevoir de l’aide grâce à Twitter. Le soir même, un médecin m’avait prescrit une ordonnance, qui m’attendait au théâtre. Ce qui a ensuite déclenché la polémique sur le thème « peut-on prescrire une ordonnance à quelqu’un qu’on n’a pas vu ? ».

    Vous est-il arrivé d’être témoin de conversations haineuses ?

    J’ai –rarement– reçu quelques messages désagréables mais je n’ai jamais été témoin de propos haineux. De telles dérives sont évidemment condamnables mais techniquement je ne sais pas si c’est possible. Je préférerais que les utilisateurs de Twitter ne se cachent pas derrière un pseudo et s’expriment à visage découvert. ça limiterait les débordements anonymes ou les usurpations d’identité. Quand je me suis inscrit sur Twitter, je me suis d’ailleurs aperçu que quelqu’un qui ne s’appelle pas Bernard Pivot utilisait mon nom. J’ai donc dû m’appeler « bernardpivot1 » et, pendant dix jours, il y a eu des tweets qui s’interrogeaient pour savoir si c’était bien moi !

    Peut-on exprimer des choses profondes en 140 signes ?

    Il ne faut pas accorder à Twitter plus d’importance qu’il n’en a. Ce n’est pas le lieu de l’expression de la philosophie contemporaine. Twitter n’est pas fait pour faire du fond. Pour ça il y a les livres, les blogs, les articles. Mais c’est un lieu de démocratisation de la parole où peuvent s’exprimer et échanger toutes sortes de gens. Et qu’on soit François Hollande ou Tartempion, puissant ou faible, la même règle s’applique : 140 signes et pas un de plus.

    C’est une formidable école de la concision. Le journaliste que je suis, qui, à ses débuts au Figaro littéraire,a dû écrire des échos en trois lignes, des infos en six et des billets en dix, a du plaisir à faire court. S’ils avaient vécu aujourd’hui, je pense que certains auteurs, comme La Rochefoucauld, Cocteau, Duras ou Vialatte, se seraient fort bien exprimés sur Twitter.

    ***

    RECUEILLI PAR NATHALIE BIRCHEM

    Crédit : la-croix.com

    VOIR AUSSI

    Pierre Durieux : « Savoir s’aménager des temps de silence numérique est indispensable »

    La liberté d’expression sur Twitter, jusqu’où ?

    Twitter, un réseau social vaste et réactif


  • V. K. | 7 janvier 2013 - 08:32 5

    « S’aimer jusqu’à se voir » : une nouvelle de Serge Joncour

    La rencontre s’est faite par Internet, du moins c’est ce qu’on croyait, qu’il s’agissait d’une rencontre, alors qu’en fait on se contentait de s’écrire, on se rapprochait par petites touches prudentes, chacun bien à l’abri derrière son écran, comme protégés, jusqu’à s’envoyer des mails de plus en plus confidents, de plus en plus urgents, jusqu’à chercher le visage de l’autre là-bas derrière ses mots.

    De là on s’est mis à se livrer vraiment, à tout se dire sur le mode de l’Envoyer/Répondre, en un clic on s’expédiait tout, on n’avait même plus la patience d’attendre, l’unité de temps c’était la seconde. La petite joie que c’était d’allumer chaque fois l’ordinateur, pour aller voir si le nouveau message serait là, et à chaque coup il y était. L’amour, pour le moins, c’est d’être deux au rendez-vous. Dans des phrases courtes on s’est tout dit, sans vraiment savoir à qui on parlait, sans trop savoir on s’épanchait, on troquait nos espoirs en se livrant comme des fous, on ne craignait même pas de se donner à une ombre.

    Pourtant au départ c’était des mails tout ce qu’il y a de professionnels, sans autre politesse que les formules d’usage, seulement voilà au fil des jours on a glissé du bien à vous à amicalement, et d’amicalement à je vous embrasse. Mine de rien on est passé de courriers techniques à des questions plus larges, sur le temps, l’état de forme, des allusions à la vie privée, sans trop en dire, sans rien dévoiler vraiment, nos mots devenaient de plus en plus personnels, de plus en plus confidents, pour ne pas dire assez intimes ces derniers jours.

    On avait quoi comme image de l’autre ? Une photo qu’on s’était échangée, moi de mon côté je lui ai passé les deux meilleures que j’avais de moi, on en a tous de ces clichés, des photos où la lumière nous sert miraculeusement. Les photos c’est arrangeant, elles isolent des moments du corps, elles ne disent rien de définitif, il y en a même qui arrivent à mentir, certaines sur lesquelles on se trouve beau, alors comment est-elle vraiment, je veux dire pour de vrai ? et en même temps pourquoi est-ce si important ?

    Entre nous ça allait vite, on ne se trouvait que des points communs, la messagerie instantanée c’est le catalyseur de temps, l’accélérateur de particules, les corps se façonnent sur la base d’indices minces, avec ce qu’on a de fantasmes et d’imagination, sans se soucier vraiment de la réalité, après tout les sentiments relèvent de l’immatériel, l’électronique leur va très bien, on pourrait dire que c’est fait pour ça. À force de solitude on est devenu proches pour de bon, on se sentait là, tant qu’à faire je me voyais tomber amoureux d’elle, sans autre contact que des mots, c’était beau, on ne parlait pas de se voir, la liaison existait en dehors des vraies présences, notre histoire prenait de l’avance sur nous.

    La suite, ici - version intégrale (pdf)

    Serge Joncour,
    In Combien de fois je t’aime,
    Editions Flammarion

    Crédit : bibliobs.nouvelobs.com
    _


  • V. K. | 5 janvier 2013 - 10:39 6

    Signe des temps, le JDD publie une rubrique intitulée « 7 tweets express » qui balaie l’actualité de la semaine. Nouveauté du genre : les signataires des tweets n’émanent pas que du monde journalistique, mais de la société civile dans son ensemble. Ainsi, le JDD du 30 décembre 2012 illustre la semaine par 7 tweets émanant respectivement de l’historien Christian Delporte, l’écologiste Denis Baupin, le présentateur de Capital, Thomas Sotto, l’homme d’affaires Pierre Bergé (présent aussi sur la tweetosphère), le ministre chargé de l’agriculture Guillaume Garot, un autre politique Jean-Pierre Raffarin, et aussi le capitaine de l’équipe de France, Jérôme Fernandez.

    Dimanche, le JDD publie une photo du gouvernement, classant les ministres en catégories, les fragilisés en jaune, les « piliers » en bleu. Une image qui inspire l’historien Christian Delporte.
    @chdelporte Selon le #JDD, #Ayrault préfère les Schtroumpfs aux Simpson. Preuve en image

    Lundi, Nicolas Sarkozy adresse ses vœux de Noël aux Français sur sa page Facebook. L’écologiste Denis Baupin moque les mots choisis par l’ex-président.
    @Denis_Baupin, @eric_fallourd : #sarkozy nous annonce dans un « message de Noel » qu’il « pense aux Français. » que ne l’a-t-il fait pendant les 5 dernières années ?

    Mardi, jour de Noël, le présentateur de Capital, Thomas Sotto, suggère une solution à ceux qui ne seraient pas contents de leurs cadeaux.
    @SOTTO_Thomas Et si au lieu de revendre vos cadeaux 3 francs 6 sous sur internet vous les donniez à des associations ? #EspritDeNoel

    Mercredi, l’homme d’affaires Pierre Bergé commente la polémique née du rachat, par Bernard Tapie, de plusieurs quotidiens du Sud.
    @pvgberge En 95 Mitterrand m’a dit : « En somme, ce Tapie nous a menti sur toute la liqne. » : Je lui ai répondu qu’il avait mis du temps à s’en apercevoir.

    Jeudi, François Hollande effectue une visite surprise à Rungis. Le ministre chargé de l’Agroalimentaire, Guillaume Garot détaille le menu.
    @guillaurnegarot 8h45. Avec le Président @fhollande et @benoithamon, un peu de fromage avant d’attaquer l’entrecôte... #rungis

    Vendredi, alors que le réveillon de la Saint-Sylvestre approche, Jean-Pierre Raffarin philosophe sur l’année à venir.
    @jpraffarin Année 2013 : aimons-la, si nous voulons qu’elle nous aime. C’est l’année de la foi...

    Samedi, l’équipe de France de handball termine son stage de préparation en vue du championnat du monde qui s’ouvre le 11 janvier en Espagne, où elle tentera de rem¬porter un troisième titre consécutif. Commentaire du capitaine Jérôme Fernandez.
    @JrmeFernandez Fin de stage à Capbreton avec quelques courbatures. Merci le gainage. Prochain rassemblement mercredi #mondial2013

    Let’s tweet again, Ye !
    Each week, Ye !


  • V.K. | 25 décembre 2012 - 10:28 7

    Judith Duportail nous propose sa sélection des douze tweets qui ont marqué l ’année 2012 : ...du plus codé, au plus éloigné, en passant par le plus regretté
    le plus commenté, le plus habité, le plus haut, le plus retweeté, le plus carnet rose, le plus éloigné, le plus belligérant...

    http://www.lefigaro.fr/hightech/2012/12/21/01007-20121221ARTFIG00379-les-douze-tweets-de-l-annee-2012.php


  • V. K. | 18 décembre 2012 - 16:33 8

    «  Lecture : Ce qui distingue l’homme de la brute, c’est la lecture. Ce qui rend une brute insupportable, c’est quand elle a de la lecture. »
    Charles Dantzig
    Dictionnaire égoïste de la littérature française

    Non, ce n’était pas extrait de la diatribe de Philippe Torreton - qui a aussi de la lecture - à l’adresse de Gérard Depardieu, dans Libération : « "Alors Gérard, t’as les boules ?" »...

    JPEG - 33 ko
    Philippe Torreton, le cardinal Mazarin, dans "La Reine et le Cardinal" (2009)
    réalisé par Marc Rivière et diffusé sur France 2.

    Citant Cyrano de Bergerac - "On n’abdique pas l’honneur d’être une cible" -, l’ex-sociétaire de la Comédie-Française interpelle Gérard Depardieu : "Tu t’en souviens ? Tu devrais... En ce temps-là, tu apprenais ton texte..."

    JPEG - 28.9 ko
    Cyrano de Bergerac, Gérard Depardieu (1989).
    Réalisation : Jean-Paul Rappeneau. Auteur : Edmond Rostand. Scénaristes : Jean-Claude Carrière et Jean-Paul Rappeneau

    Et de conclure, toujours en écho à Cyrano : "Un pays que tu quittes au moment où l’on a besoin de toutes les forces, en plein siège d’Arras, sous les yeux des cadets médusés... Adieu."

    La lecture est aussi une épée.


  • V. K. | 18 décembre 2012 - 11:01 9

    Ô mon île au soleil
    Paradis entre terre et ciel

    Ulysse Sollers
    Visions à New York- « Nostalgie de l’île de Ré »

    Come on everybody, clap your hands
    Oh, you’re looking good
    I’m gonna sing my song, it won’t take long
    We’re gonna do the tweet and it goes like this

    Come on, let’s tweet again like we did last summer
    Yeah, let’s tweet again like we did last year
    Do you remember when things were really hummin’ ?
    Yeah, let’s tweet again, tweetin’ time is here

    Go round ’n around ’n up ’n down we go again
    Oh, baby, make me know you love me so then

    Tweet again like we did last summer
    Come on, let’s tweet again like we did like last year
    Tweet, yo !

    Who’s that flyin’ up there ?
    Is it a bird ? (No !)
    Is it a plane ? (No !)
    Is it the tweeter ? (Yeah !)

    Yeah, tweet again like we did last summer
    Come on, let’s tweet again like we did last year
    Do you remember when things were really hummin’ ?
    Come on, let’s tweet again, tweetin’ time is here

    Go round ’n around ’n up ’n down we go again
    Oh, baby, make me know you love me so then

    Come on, tweet again like we did last summer
    Yeah, let’s tweet again like we did last year
    Come on, let’s tweet again, tweetin’ time is here

    D’après Chubby Checker


  • A.G. | 18 décembre 2012 - 10:31 10

    1. Rien de nouveau sous le soleil. On tweetait déjà avec Chubby Checker dans les années 60 !
    « Come on everybody !
    Clap your hands !
    Come on, let’s tweet again ! »

    2. Lutte et rature

    « Entendu : il n’était pas dit que tout cela arriverait, ni que j’aurais mon mot à dire sur tant de saccages, badigeons rouges et quêtes bleues, entre les deux poussant tant que ça peut crayons, brosses à goudron, burins, pince-nez, Hermès portative, tartines des commanditaires, bristols de travailleurs, d’ouvreuses, de mêlé-cass, de faux-jetons (ô poètes !), de parturientes. »
    Denis Roche, "préface" au Mécrit, 1972.

    3. «  Qu’est-ce qu’un tweet réussi ? Le comble du décalage, une incongruité majeure, un vent de folie ... »
    Je vous livre le dernier tweet de Sollers, beau comme un fragment de Parménide :

    «  A l’heure de du tweet et de Facebook, jamais le parasitage n’a été aussi puissant. Nous avons donc, plus que jamais, à apprendre à lire. La vérité, c’est que nous ne lisons pas encore. »
    (Sur les Grecs, L’Infini 121, Hiver 2013, p. 24).