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Le fantôme de la République

Tout se corse ; Mafia

D 28 novembre 2012     A par A.G. - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Délivrance de la Corse, 29 vendémiaire an V (20 octobre 1796)
Jean Duplessis-Bertaux (1747-1819) d’après Carle Vernet fin XVIIIe siècle [1].


L’assassinat, le 14 novembre 2012, du président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Corse-du-Sud, Jacques Nacer, le 17e dans l’île depuis janvier, suscita de nombreuses réactions politiques. Parmi elles, celle de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l’Intérieur, désormais sénateur [2], qui déclarait sur Public Sénat :

« Je dirais que cet assassinat est le résultat de la démission des gouvernements depuis très longtemps. Il fallait maintenir un cap qui est l’État de droit. Il n’y a pas d’autres réponses au déchaînement de cette violence imbécile qui prend en otage toute l’île. C’est la loi de la peur, c’est l’omerta. Quiconque exerce une fonction le fait sous pression, y compris les juges. Je ne parle pas des autres professions. Il y a une porosité entre l’indépendantisme et le nationalisme et d’autre part le banditisme, que d’autres que moi ont dénoncée il y a très longtemps, en particulier deux leaders indépendantistes, (François) Santoni [3] et (Jean-Michel) Rossi [4], qui l’ont payé de leur vie. Je crois que l’État doit être ferme et j’attends du gouvernement qu’il soit ferme et qu’il ne ressuscite pas une nouvelle mouture du statut de la Corse comme le souhaitent les élus de l’assemblée territoriale. » (je souligne)

Une position qui n’est pas sans fondement mais qui n’est guère nouvelle.

Quel statut pour la Corse ? En 1999, Chevènement était ministre de l’Intérieur du gouvernement Jospin. Après l’assassinat du préfet Erignac, en février 1998, et l’« affaire des paillotes » due à l’initiative rocambolesque du préfet Bonnet, en avril 1999, Lionel Jospin proposait une politique audacieuse à l’égard de la Corse et s’affirmait prêt à discuter d’un nouveau statut pour « l’île de Beauté » [5]. Il soulignait :

« Face au sentiment de malaise et de crispation qui persiste, les élus de l’île doivent dire ce qu’ils souhaitent en toute clarté, quelles sont leurs propositions, leurs réponses aux attentes de la population dont ils tiennent leur mandat. Cette prise de responsabilité est aujourd’hui nécessaire. [...] Ma proposition est un acte de confiance » envers les élus corses. »

José Rossi, président (« Démocratie libérale ») de l’Assemblée de Corse, approuva une telle démarche [6]. Le processus engagé en décembre 1999 sera entériné en juillet 2000 avec les accords de Matignon. Le chef de file des élus nationalistes à l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni apportera son soutien à ces accords « approuvés, disait-il, de façon très majoritaire par les Corses et aussi par l’Assemblée nationale ».

Le 25 août 2000, Lionel Jospin défendait sa politique dans une longue tribune du Nouvel Observateur, Mon pari pour la Corse :

« J’ai donc proposé, de façon ouverte, après un travail approfondi avec des élus de Corse, un processus général d’évolution qui devrait conduire, s’il est mené de part et d’autre avec bonne foi, à faire échapper l’île à la fatalité de la violence et à lui permettre de rattraper son retard là où il existe et de développer ses potentialités, qui sont réelles. Je m’en tiens à cette démarche. »

Pari risqué. Jospin avait prévu qu’au termes d’« expérimentations », « le débat » subsisterait « entre ceux qui pensent [...] qu’une solution politique en Corse justifie une adaptation des structures administratives de l’île et de certaines dispositions législatives, et ceux qui ne veulent pas rompre avec une conception strictement uniforme de la République » : il fit rage sans plus attendre. La droite et Chevènement critiquèrent violemment le processus qui finira par échouer alors que les deux leaders indépendantistes mentionnés plus haut (Santoni et Rossi) étaient assassinés un mois après la signature des accords [7]. Le pari de Lionel Jospin ajouta-t-il « de la confusion à la confusion », comme on a pu l’écrire [8] ? Pas plus, somme toute, que les positions de Jean-Pierre Chevènement, qui démissionna, dès le 29 août, de sa fonction de ministre de l’Intérieur pour marquer son désaccord avec les accords de Matignon (notamment sur la question de l’enseignement du corse), et qui, deux ans plus tard, sera candidat à l’élection présidentielle ajoutant de la division à la division de « la gauche plurielle » [9].

En 2012, la question corse n’est toujours pas résolue. La violence et les assassinats sont toujours là, le gouvernement français « durcit » ses positions.

*


Au moment de la signature des accords de Matignon, Philippe Sollers prit position dans son « Journal du mois » (le JDD du 27 août 2000), puis dans un éditorial du journal Le Monde, Le fantôme de la République (24 septembre 2000), en remettant certains faits dans leur perspective historique. Sollers anti-républicain ? Interrogeant plutôt les impensés de la République et la vision étriquée (moisie ?) de l’Histoire venant des soi-disant républicains. Sollers politique ? Son soutien à Lionel Jospin, aux Corses et, surtout, à «  la mémoire vive, incarnée, des peuples », est ici manifeste [10].

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Le Journal du Dimanche, 27 août 2000.

Extraits

Tout se corse

On s’étonnera sans doute, dans quelques années, de la violence des réactions au pari de Jospin à propos de la Corse. On ne savait pas que la France comptait tant de patriotes passionnés, de jacobins inquiets, de farouches défenseurs de l’unité et de l’indivisibilité de la République. Les éditoriaux pleuvent, les jugements prolifèrent, Jospin est soupçonné d’avoir cédé au chantage terroriste, de brader la souveraineté nationale, d’amnistier par avance tous les assassins. Qui sait même si son « cabinet » ne s’est pas compromis dans un attentat récent ? Un écrivain d’origine corse, plus connu pour ses critiques au couteau que pour ses illisibles et ennuyeux romans, va même jusqu’à s’écrier : « Ils ne le lâcheront pas ! » Et d’imaginer Jospin en mouche se faisant, peu à peu, arracher les ailes et les pattes par ces enfants pervers que sont les clandestins de l’île de Beauté. On lit sa phrase, on entend son souhait : Pourvu qu’ils ne le lâchent pas ! Pourvu que Jospin soit une mouche dont on puisse arracher les pattes ! Curieux langage, étrange fantasme.
Mais dites-moi, messieurs, qu’est-ce qui vous dérange tant chez Jospin ? Sa popularité continuée, ses réformes, son absence de politique occulte, sa probité ? Quelle société regrettez-vous, quels intérêts, quels privilèges ? Au nom de quel avenir parlez-vous ? Toute cette mobilisation cléricale rappelle celle qui, à intervalles réguliers, se levait contre Mendès France (et Jean Daniel, dans le Nouvel Observateur, a raison de le remarquer). Il n’est pas besoin d’être exagérément « girondin » pour penser qu’en effet la République a été trop longtemps corsetée, qu’elle demande plus de démocratie, d’air, de souplesse, de connaissances historiques.
Vous passez vos vacances en Corse, messieurs ? Mais que savez-vous de l’historique de ce paysage ? Napoléon, bon, d’accord. Mais qui était Pascal Paoli ? Pourquoi est-il mort à Londres en 1807 ? Et votre représentation de la France elle-même est-elle si claire ? On récite du catéchisme, scolaire, on s’en tire par des coups de menton. Jusqu’à ce propos piteux affirmant que les Corses ne connaissent pour toute langue originale que « le sifflement des chèvres » [11]. Vous voudriez donc les maintenir dans cet état, loin de vos yachts, de vos riches maisons, de vos piscines ? J’ai vu, moi, en tout cas, dans l’île de Ré, habitant un endroit loué et banal, un Jospin pas mouche du tout, mais très fine mouche, soucieux, déterminé, et pas du tout « Guy Mollet ». Après tout, c’est peut-être ça qui fait peur : l’intelligence et le caractère ? Un « austère qui se marre » ? Mais oui, en plus.


Mafia

MAFIA (suite) :
« Un pouvoir invisible de Jacques de Saint-Victor (Gallimard). Ce dernier essai est un chef-d’oeuvre de documentation et d’analyse sur le soleil noir qui, désormais, brille sur la planète : la Mafia, des origines à nos jours. Il serait temps de vous réveiller, d’abandonner vos misérables petites affaires locales, pour considérer le vrai pouvoir invisible, celui des banques et du blanchiment d’argent, à travers des assassinats incessants et des paradis fiscaux inaccessibles. Tout le reste n’est, la plupart du temps, que mauvaise littérature. »
Le Point du 30-11-12 [12].

Faisons donc mieux connaissance avec le monde dans lequel nous vivons. Debord, Commentaires sur la société du spectacle (réédition Gallimard) :

« La Mafia n’était qu’un archaïsme transplanté quand elle commençait à se manifester au début du siècle aux Etats-Unis, avec l’immigration de travailleurs siciliens (...). Elle a par la suite trouvé un champ nouveau dans le nouvel obscurantisme de la société du spectaculaire diffus, puis intégré : avec la victoire totale du secret, la démission générale des citoyens, la perte complète de la logique, et les progrès de la vénalité et de la lâcheté universelles, toutes les conditions furent réunies pour qu’elle devînt une puissance moderne, et offensive (...) La Mafia vient partout au mieux sur le sol de la société moderne. Elle grandit avec les immenses progrès des ordinateurs et de l’alimentation industrielle, de la complète reconstruction urbaine et du bidonville, des services spéciaux et de l’analphabétisme. »

Si j’étais mafieux, du côté de l’ex-KGB reconverti dans le gris Poutine, je n’aimerais pas Jospin. Ce n’est pas le cas. [...]

Le Journal du Dimanche, 27 août 2000.

*


En 2000, Sollers écrivait régulièrement ses rubriques littéraires dans Le Monde des livres. Il était aussi « éditorialiste associé » du Monde. C’est à ce titre qu’il avait déjà écrit en janvier 1999 La France moisie. Le fantôme de la République figurait en première page.

On écoute, ces temps-ci, les discours des « républicains » ou des « souverainistes » opposés au processus de Matignon sur la Corse, et on entend une drôle de petite musique, mi-patriotique, mi-militaire, qui résonne comme pour se rassurer elle-même. Etrange moment historique : le choc pétrolier est de retour, la mondialisation s’accélère, le transgénique et le transgénétique s’imposent, le génome humain est décrypté, le clonage s’annonce, la physique fouille les bosons au-delà des particules élémentaires, le pape, impassible, béatifie deux papes, la planète tourne, comme les images, de plus en plus vite, les prises d’otages se multiplient, mais, apprend-on de bonne source, la République française, elle, doit rester une et indivisible, son buste et son bonnet phrygien ne doivent pas être touchés, même de loin.

Les « jacobins » se plaignent : les « girondins » prendraient leur revanche, ils l’attendaient depuis longtemps. Ces fédéralistes, fieffés européistes, n’auraient pour ambition que de revenir à l’Ancien Régime, ce sont des monarchistes ou des cléricaux déguisés, des frondeurs qui chantent La Marseillaise d’un air ennuyé, qui sait, même, s’ils ne préféreraient pas entonner le Salve Regina comme les paysans corses sifflent leurs chèvres. Ils doutent de nos ancêtres gaulois aux yeux bleus, ils rêvent de démembrer le pays, ils sont prêts à venir dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. Que faire ? Comment s’opposer à cet effondrement de deux siècles ? La patrie est en danger, et aussi l’école, la famille, la propriété, la sécurité. La boussole s’affole ? Créons un pôle. Un pôle républicain.

Pôle républicain : cette expression, au moment où la couche d’ozone se déchire et promet une fonte des glaces peu souhaitable ainsi qu’une pollution généralisée, ne manque pas d’allure. Pôle Nord ? Pôle Sud ? Peu importe, il en faut un. De gauche ? Bien sûr. De droite ? Ce n’est pas exclu. D’extrême gauche ? Mais comment donc. D’extrême droite ? Non, les Autrichiens doivent être surveillés de près, le danger, depuis longtemps, vient de Vienne. Le pôle se positionne, il aimante, il ratisse large, il est bleu-blanc-rouge, il ne laissera pas s’effilocher le rouge du drapeau national.

La République nous appelle, un Français doit vivre pour elle, pour elle un Français doit mourir. Ce Jospin, avec ses réformes, dérange un peu tout le monde, il va finir par polariser les mécontents, voilà, c’est fait, il chute dans les sondages, la « gauche plurielle » est au bord de l’explosion, le pluriel, évidemment, est toujours mauvais signe, il sent son laxisme, son relâchement, sa démocratie exagérée, sa diversité dangereuse. « Diversité, c’est ma devise », disait La Fontaine, un auteur qui, entre nous, est plutôt immoral et nous ferait oublier nos devoirs. Non, la République, s’il vous plaît, et silence dans les rangs, pas de singularités excessives. La République, vraiment, ou plutôt l’Empire ? C’est là où le problème corse se corse, et où apparaît la figure du sauveur républicain suprême, Napoléon le Grand, oublions le petit. Notre identité est menacée, vive la France raidie.

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Napoléon aimait-il les Français ? Rien de moins sûr. Les Français, d’ailleurs, s’aiment-ils eux-mêmes ? On peut parfois en douter. Chateaubriand, en rappelant comment Pascal Paoli (nom inconnu des Français) a choisi de livrer la Corse à l’Angleterre pour échapper à la Convention, écrit :

« Les crimes de nos premiers troubles refroidirent le vieux général. »

Mais qu’écrit Bonaparte lui-même au « vieux général », en 1789 ?

« Ce fut par le sang que les Français étaient parvenus à nous gouverner, ce fut par le sang qu’ils voulurent assurer leur conquête. Le militaire, l’homme de loi, le financier, se réunirent pour nous opprimer, nous mépriser et nous faire avaler à longs traits la coupe de l’ignominie. Nous avons assez longtemps souffert leurs vexations ; mais puisque nous n’avons pas eu le courage de nous en affranchir de nous-mêmes, oublions-les à jamais ; qu’ils redescendent dans le mépris qu’ils méritent, ou du moins qu’ils aillent briguer dans leur patrie la confiance des peuples ; certes, ils n’obtiendront jamais la nôtre. »

Que Bonaparte, devenu membre, à Ajaccio, d’un club jacobin, ait ensuite fait la carrière que l’on sait ne devrait pas nous faire oublier sa haine initiale. Chateaubriand ajoute :

« Les préventions de Napoléon contre la mère-patrie ne s’effacèrent pas entièrement : sur le trône, il parut nous oublier ; il ne parle plus que de lui, de son empire, de ses soldats, presque jamais des Français ; cette phrase lui échappait : "Vous autres, Français...". »

Voici encore une lettre de Bonaparte à Paoli, alors en Angleterre :

« Général, je suis né quand la patrie périssait. Trente mille Français vomis sur nos côtes, noyant le trône de la liberté dans des flots de sang, tel fut le spectacle odieux qui vint le premier frapper mon esprit... »

Pour ce qui est du flot de sang des Français, on ne peut pas dire que Napoléon en ait été économe. Courbet et la Commune s’en sont souvenus, et cela s’appelle l’affaire de la colonne Vendôme. Quant au Panthéon, un certain Lautréamont a dit ce qu’il fallait en dire, mais, encore aujourd’hui, dans la surdité générale [13]. Passons.

Tout cela est loin, nous dira-t-on, la Corse est partie intégrante du territoire, comme l’Algérie autrefois. Ses habitants devraient être contents de leurs privilèges économiques, nous passons d’ailleurs des vacances idylliques chez eux, venez nous voir en bateau, c’est charmant. Rousseau, c’est vrai, aura parlé autrefois de ce « brave peuple », en pressentant que leur petite île pourrait un jour étonner l’Europe, mais enfin ces rappels ne sont plus de mise, restons dans l’abstrait, les principes sont les principes.

L’idéal serait peut-être d’ailleurs une Corse sans Corses, un Pays basque sans Basques, une Bretagne sans Bretons, une Alsace sans Alsaciens, et, finalement, pourquoi pas, une France sans Français. Programme tentant, et, en un sens, très « mondialiste ». Une Chine sans Chinois m’inquiéterait moins, de même qu’un Proche-Orient sans Juifs ni Arabes. Le corps républicain doit être uniforme. On le connaît : étroit, compassé, mécanique, juridique, administratif, financier, scolaire, policier, c’est lui qui a inventé cette magnifique formule qui enchantait Stendhal par sa sobriété : « Tout condamné à mort aura la tête tranchée. » Elle n’est plus à la mode, c’est vrai, mais le fond demeure. On pouvait espérer que ce Jospin s’en souviendrait, mais le voilà tout à coup à l’opposé, souple, ondoyant, divers, négociateur, tacticien — bref, traître. De la monarchie absolue à la république absolue, en passant par l’empire absolu, il aurait donc l’intention de nous amener en douce à une démocratie relative ? En somme, il moderniserait ? Mais n’est-ce pas là brader la grandeur de la France ? La noyer dans l’Europe ? La condamner à un rôle mineur ? Déchaîner les particularismes ? Blesser au plus profond l’orgueil national ?

Le fantôme de la République sacrificielle aura été la Terreur. On s’en est débarrassé non sans mal, et tant mieux. La Révolution était un bloc, paraît-il. La République devrait être maintenant un pôle. Mais de quoi ont peur, en réalité, ces républicains si bavards ? De la mondialisation ? Mais non, simplement de l’histoire mondiale. De l’« ethnicisme » ? Mais non, de la mémoire vive, incarnée, des peuples. Ils disent « République » et ils pensent « Empire ». Ils répètent leur catéchisme en langue de bois, et se sentent perdus dans le temps. L’étranger les effraie à force de ne pas se sentir étranger à eux-mêmes. Ils sont à contre-courant de la vie concrète, précise, misérable, joueuse, celle qu’on peut effrayer mais pas dominer, celle qui, ces temps-ci, et voilà l’avertissement majeur, boude un référendum au résultat acquis d’avance [14], craint comme d’habitude les réformes, s’amuse à peine des problèmes de la gauche ou du Rassemblement pour la République, et, pour tout dire, se replie et s’ennuie. Oui, c’est bien cela : ennuyeux fantôme.


Le Monde du 24-09-2000.

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Pasquale de’ Paoli embrasse la terre de Corse à Macinaggio.
Photographie de l’ancienne collection de Petru Rocca.
*

[1L’événement dont il est question est la chute du royaume anglo-corse qui dura deux ans (1794-1796), brève expérience politique au cours de laquelle les paolistes (partisans de Pascal Paoli) unis aux anglais furent maîtres de l’île. Les troupes du Directoire avec Bonaparte débarquent en Corse le 20 octobre 1796 et contraignent Nelson à rembarquer à Bastia les troupes anglaises et quelques milliers de corses anglophiles. Crédit : Musée de la maison Bonaparte.

[2Et président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen.

[3L’ancien chef nationaliste François Santoni sera exécuté dans la nuit du 16 au 17 août 2000.

[4Jean-Michel Rossi est un nationaliste corse et l’un des fondateurs du FLNC. Il est mort assassiné en 2000 dans un probable règlement de compte.

[5La Corse a connu deux statuts particuliers, le premier avec Gaston Defferre, en 1982, le second avec Pierre Joxe, en 1991.

[6José Rossi a toujours défendu la ligne de l’autonomie considérant que la Corse si elle devait rester française ne pouvait pas être gérée depuis Paris. Proche de François Léotard, il partage l’idée du fédéralisme. Il a ainsi poussé à l’introduction d’un pouvoir réglementaire autonome, faculté qui n’a pas été utilisée par la collectivité territoriale de Corse. Issu de la famille centriste et de la droite, ses idées en faveur de l’autonomie ont créé des incompréhensions en particulier avec les élus qui se revendiquaient du RPR ainsi que les bonapartistes. En 2000 et 2002, le RPR a contribué à sa défaite en permettant l’élection de Simon Renucci (source wikipedia).

[7Sur les accords de Matignon, cf. La documentation française.

[8Guy Benhamou, décembre 2001. Cf. Corse : la face cachée des accords de Matignon.

[9Candidat à l’élection présidentielle d’avril 2002, Chevènement contribuera à l’élimination de Jospin dès le premier tour, à l’accession de Le Pen au deuxième tour et, finalement, au plébiscite de Jacques Chirac.

[10Sollers, en dehors de « soutiens » volontiers ironiques et rarement perçus comme tels (Balladur tel quel, Ségolène Royal), ne s’est jamais prononcé aussi nettement, sauf en faveur de Martine Aubry, «  bien meilleure dans le rôle de l’identité nationale sans burqa que Ségolène Royal, trop branchée au centre, et que ses concurrents masculins déjà très vieillis. » (Le JDD de janvier 2010).

[11Le propos fut tenu par Angelo Rinaldi, dans Le Nouvel Observateur : « D’un bout à l’autre d’un département moins peuplé que le XVe arrondissement de Paris, on n’a guère en commun qu’une certaine façon de siffler les chèvres [...]. Du point de vue du langage, c’est un peu court pour affronter le XXIe siècle ou utiliser un ordinateur. » (A.G.)

[12Sur le livre de Saint Victor, cf. La mafia vous salue bien.

[13« Dans le parcours de sa parabole, le condamné à mort fend l’atmosphère, jusqu’à la rive gauche, la dépasse en vertu de la force d’impulsion que je suppose infinie, et son corps va frapper le dôme du Panthéon, tandis que la corde étreint, en partie, de ses replis, la paroi supérieure de l’immense coupole. C’est sur sa superficie sphérique et convexe, qui ne ressemble à une orange que pour la forme, qu’on voit, à toute heure du jour, un squelette desséché, resté suspendu. Quand le vent le balance, l’on raconte que les étudiants du quartier Latin, dans la crainte d’un pareil sort, font une courte prière : ce sont des bruits insignifiants auxquels on n’est point tenu de croire, et propres seulement à faire peur aux petits enfants. Il tient entre ses mains crispées, comme un grand ruban de vieilles fleurs jaunes. Il faut tenir compte de la distance, et nul ne peut affirmer, malgré l’attestation de sa bonne vue, que ce soient là, réellement, ces immortelles dont je vous ai parlé, et qu’une lutte inégale, engagée près du nouvel Opéra, vit détacher d’un piédestal grandiose. Il n’en est pas moins vrai que les draperies en forme de croissant de lune n’y reçoivent plus l’expression de leur symétrie définitive dans le nombre quaternaire : allez-y voir vous-même, si vous ne voulez pas me croire. » Lautréamont, Les Chants de Maldoror, Chant VI. (A.G.)

[14Le référendum sur la réduction du mandat présidentiel de sept à cinq ans eut lieu le 24 septembre 2000.

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