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Matisse/Picasso à la lumière de L’Éclaircie

En marge de l’exposition Matisse, paires et séries

D 9 mars 2012     A par A.G. - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Détail de l’affiche de l’exposition "Matisse, paires et séries".
Henri Matisse, La Blouse Roumaine, 1940, Huile sur toile, 92x73cm (à gauche).
Le Rêve ou la Dormeuse", 1940, Huile sur toile, 81x65cm (à droite). Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.


Matisse, paires et séries - du 7 mars au 18 juin... par centrepompidou

Matisse, paires et séries


Centre Pompidou — du 7 mars au 18 juin 2012

Présentation de l’exposition

par Cécile Debray,
conservateur au musée national d’art moderne,
commissaire de l’exposition.

« Je me suis inventé en considérant d’abord mes premières oeuvres. Elles trompent rarement. J’y ai trouvé une chose toujours semblable que je crus à première vue une répétition mettant de la monotonie dans mes tableaux. C’était la manifestation de ma personnalité apparue la même quels que fussent les divers états d’esprit par lesquels j’ai passé. » Henri Matisse interrogé par Guillaume Apollinaire (La Phalange, n°2, décembre 1907).

L’approche simultanée d’un même motif selon deux ou plusieurs traitements formels nettement distincts, à travers des variations de cadre, de dessin, de touche, de couleurs, constitue un des traits réguliers et singuliers de l’oeuvre d’Henri Matisse. Cette exploration répétitive d’un même sujet effectue des ricochets formels qui ont pour objet l’exploration de la peinture elle-même. Elle est le thème d’une exposition que lui consacre le Centre Pompidou et qui réunit pour la première fois un ensemble exceptionnel de ces paires et variations, avec soixante peintures, dont les quatre grands papiers gouachés découpés, et plus d’une trentaine de dessins.

Dès ses débuts, Matisse peint ces doubles versions d’un même motif dont le Luxe forme l’exemple le plus ambitieux et le plus abouti. Dialoguant à nouveau pour l’occasion, cette « paire » de peintures — l’une à l’huile, l’autre à la détrempe — permet, par l’analyse précise de l’histoire de sa création et par les techniques qu’elle engage, de réinterroger ce procédé très singulier, propre à l’artiste. Ces confrontations plastiques révèlent la dimension réflexive de son oeuvre qui s’inscrit dans sa propre temporalité. Le passage d’une peinture descriptive à un mode pictural abstrait décoratif s’opère dans les deux sens : de l’esquisse de l’oeuvre, synthétique et elliptique, à l’oeuvre parachevée, de la saisie descriptive immédiate souvent plus détaillée à l’épure finale de l’image.

À travers ces couples et ces digressions, c’est l’oeuvre entier de Matisse qu’il est permis d’appréhender et de comprendre, avec ses ruptures, ses revirements, au delà d’une saisie purement moderniste. Cette circularité temporelle et plastique est soulignée par Matisse lui-même : « Une peinture est comme un jeu de cartes, vous devez savoir depuis le début ce que vous obtiendrez à la fin. Tout doit être travaillé à l’envers et fini avant même que l’on ait commencé. » [Purrmann, 1922, p 1936] Pair / impair.

Pommes sur la table, 1916 (Photo A.G. 31-03-12) Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Ainsi l’exposition propose un parcours de l’ensemble de l’oeuvre de Matisse (de 1899 à 1952) en déclinaison de tableaux formant des paires très définies, comme les Natures mortes aux oranges de 1899, Luxe I et Luxe II de 1907 ou encore Capucines à la danse I et Capucines à la danse II de 1912, Pommes sur la table de 1916.

En travaillant sur le cadrage et la stylisation, Matisse complexifie la notion de paire, articulant selon un même format des compositions de vues élargies et de détails, comme dans les deux natures mortes, Séville I et II (1910-11) ou La Robe rayée et Le Bras (1938). Dès les années 1920, relisant l’impressionnisme, Matisse renoue avec un travail de la série initié très tôt avec les vues du Pont Saint-Michel (vers 1900). Il peint en 1920 une suite de trois grands paysages à partir du motif des falaises d’Étretat, ouvrant un dialogue assumé avec l’oeuvre de Claude Monet.

Intensifiant le processus de genèse de ses tableaux, il conserve à partir des années 1930 les traces des différentes étapes — à la manière d’« états » gravés — de son travail par des photographies qui forment un « palimpseste » du tableau, un objet qui se construit par avancées, reprises, sauts et retours successifs, mais qui garde la trace de l’idée première, du cheminement de cette intuition. Matisse décline parallèlement des variations qui mènent à l’ensemble de dessins de Thèmes et variations qui forme un aboutissement conceptuel du procédé et la mise en exergue d’une gestualité et d’un automatisme très nouveaux. L’artiste souligne ponctuellement la réflexivité de son travail à travers des représentations de l’atelier comme autant de mises en abyme de sa peinture : Peintre dans son atelier et Lorette sur fond noir, robe verte de 1916 ou Grand Intérieur rouge, L’Ananas et Intérieur à la fenêtre au palmier de 1948.

La dernière série (1952)

Nu bleu I, papiers découpés, gouachés et collés. Fondation Beyeler, Riehen-Basel. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.
Nu bleu II, papiers gouachés, découpés et collés sur papier blanc marouflé sur toile, Centre Pompidou, achat 1984
Nu bleu III, papiers gouachés, découpés et collés sur papier blanc marouflé sur toile, Centre Pompidou, achat 1982
Nu bleu IV, papiers gouachés, découpés et collés et fusain sur papier, Musée Matisse, Nice (cf. Matisse à Beaubourg).

Avec les papiers découpés, à la fin de sa vie, Matisse intensifie la notion de variation ; il démultiplie les motifs-découpures en une expansion de la surface et une affirmation du décoratif qui va au-delà de la notion de paires. Les papiers découpés des quatre Nus bleus de 1952 offrent un dernier exemple d’une articulation en série fermée de quatre éléments, minutieusement conçue à travers des dessins préparatoires et des photographies d’états.

centrepompidou

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PARTI PRIS

Philippe Sollers : « Trop contemplatif... »

INTERVIEW - Le romancier vient de publier L’Éclaircie (Gallimard) où il célèbre Manet et Picasso aux dépens de Matisse [1]. Explications ­argumentées.

LE FIGARO. — Pourquoi êtes-vous si sévère avec Matisse ?

Philippe SOLLERS. — Matisse est un enchantement permanent. Il a su dessiner dans la couleur de façon unique. Mais je ne trouve jamais quelqu’un dans sa peinture si figurative, dans ses femmes fondues dans le décor, enveloppées dans leur atmosphère, dans ce confort de l’oeil qui n’est que luxe, calme et volupté. Quand on voit Matisse, on comprend son goût pour Ingres et ses femmes passives, impassibles, d’un calme presque bovin. Je préfère l’audace folle de Picasso qui se passionne pour Le Déjeuner sur l’herbe de Manet, deux grands peintres qui s’imposent par leur intensité et leur présence. On s’interroge sur ce Déjeuner à l’étrange narration, ces personnages, le roman tapi derrière la peinture. Je ne vois aucune aventure romanesque chez Matisse, seulement de la beauté, de la légèreté décorative, de la contemplation de la couleur qui explique sa filiation logique avec ­Rothko, grand contemplatif de la peinture américaine.

Il est sorti perdant du duel Matisse-Picasso au Grand Palais en 2002 ?

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La vue de Notre-Dame (1914)

Il y avait trois ou quatre Matisse étourdissants, mais Picasso éclipsait vite, par sa passion et son sens du tragique hérité de Goya et de Vélasquez, ce dessinateur hors pair, ce décorateur de génie au monde feutré. Ce n’est pas que Picasso soit plus viril, mais il est plus complet, plus énergique, plus profond. À l’image de son tableau Les Amoureux, sa peinture raconte et vibre. L’amour, comme la peinture, est chose contradictoire, complexe ; ce n’est pas un décor ! Warhol et Bacon l’ont montré, à leur manière. Pas Lucian Freud — quelle horreur ! — un ratage complet et un peintre totalement surévalué. Il y a grande peinture ou il n’y a pas grande peinture.

Cette confrontation en série ne vous a pas convaincu ?

L’exposition du Centre Pompidou ne m’a pas fait changer d’avis. Les tableaux sont beaux, j’aime particulièrement sa Vue de Notre-Dame, vision au bleu céleste depuis le quai Saint-Michel au printemps 1914, étonnante audace à côté de son tableau si classique qui ressemble à un Marquet. Mais je ne vois pas le roman... Quand, chez Picasso, il y en a 120 différents.

lefigaro.fr

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Picasso et Matisse dans L’Éclaircie

Où l’on retrouve, sous un autre angle, Françoise Gilot...

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Picasso et Françoise Gilot, 1951
© Robert Capa

Extrait 1 (p. 90-92) :

Picasso, dans ses saisons en enfer avec Olga et Dora, en est arrivé un jour à ne plus vouloir peindre. L’une lui détruisait ses journées avec son aigreur, ses demandes d’argent, sa plainte continue, son passé de danseuse russe frustrée, sa maternité abusive ; l’autre, par ses pleurs et ses prétentions, lui mangeait carrément la tête. « Les femmes ? Des machines à souffrir », jette une fois Picasso. Il aurait pu les éviter, mais non, il voulait savoir, il a su. D’où l’effet de lumière violente arrachée à de faux trous noirs. De même que les natures vraiment érotiques se manifestent par un halo bleuté silencieux, les réprouvés et les réprouvées de ce monde s’annoncent par une enveloppe de faux noir. C’est du négatif de photo, pas du noir [2].

On peut évidemment éviter le conflit, rester tranquillement, comme Matisse, dans du décoratif sensuel, se transformer soi-même en femme attentive et maternelle, suivre sa propre fille imaginaire dans ses ondulations de couleurs, tout cela finira, idéalisé, en chapelle. Un des meilleurs livres d’Aragon s’appelle Henri Matisse, roman, et c’est, bien entendu, un acte de guerre contre Picasso qu’on ne voit pas une minute en « fou d’Elsa », cette dernière n’ayant rien à voir non plus avec l’Olympia. L’épisode Françoise Gilot en dit long sur cette région : elle fait de la mauvaise peinture « abstraite » (qui deviendra de plus en plus spiritualiste), Matisse lui fait des compliments pour embêter Picasso, elle en vient à abandonner le Minotaure (qu’elle croit fini) pour un jeune peinturlureur communiste, tout cela avec la bénédiction du couple phare de l’amour stalinien. La contre-attaque du Minotaure, un moment déstabilisé, ne se fait pas attendre. Où reprend-il pied ? Dans Le Déjeuner sur l’herbe de Manet.

Voyons ce que dit Françoise Gilot.
Sur Matisse (76 ans) : « Géant de la peinture, paisible et intense, il vit plongé dans le travail. Un homme debout, calme, amoureux de la vie. »
Sur Picasso (65 ans) : « Figure légendaire, un caractère de feu, radical, fantasque, joueur et orgueilleux » (autrement dit : invivable).
Matisse a beaucoup dessiné Elsa et Aragon, Picasso non. L’assistante de Matisse a envoyé nombre de ses tableaux à Moscou, pendant que Picasso, sous Franco, expédiait clandestinement les siens à Barcelone. À peine Franco mort, le musée Picasso ouvre là-bas (avec, notamment, la vertigineuse série des Ménines, en hommage à Vélasquez). Matisse, lui, pour finir, offre à son grand flirt éthéré, une religieuse, la chapelle de Vence, pour laquelle il compose même des chasubles. Picasso en torero terroriste, Matisse en chanoine. On comprend la préférence de Gilot, déjà mère de deux enfants, pour le chanoine.

Picasso, Portraits de Françoise Gilot, vers 1945.

Extrait 2 (p. 158-160) :

En 1968, à 87 ans, Picasso est plus déchaîné que jamais, et ses « étreintes » provoquent un scandale. Les Américains sont furieux, les communistes aussi. Grâce aux ravages du combattant Picasso, la grande éclaircie rétroactive commence.
C’est précisément en 1968 (décidément, cette date...) qu’Aragon écrit un de ses meilleurs livres, Matisse, roman. Il n’a jamais aimé Picasso, il y a eu la grotesque affaire du « portrait de Staline », lui aussi pense que le vieux Picasso est fini, il approuve, avec Elsa Triolet, la rupture de Françoise Gilot. Celle-ci, après son livre Vivre avec Picasso (que Picasso, maladroitement, a voulu faire interdire), publie, en 1990, un autre livre sur l’amitié entre Picasso et Matisse. L’accroche est rédigée ainsi :
« Françoise Gilot, peintre et témoin, amie de Matisse, aimée de Picasso, raconte. »
Je répète ses paroles, elles en valent la peine. Picasso à 65 ans ? « Figure légendaire, caractère de feu, radical, fantasque, joueur et orgueilleux. »
Matisse à 76 ans ? « Géant de la peinture, paisible et intense, vivant plongé dans son travail, un homme debout, calme, amoureux de la vie. »
Que veut une femme ? Le contraire d’un homme au caractère de feu, radical, joueur et orgueilleux. Plutôt un géant paisible et intense, un homme debout, calme, amoureux de la vie. Et qui, surtout, vous reconnaît comme peintre.

En 1906, déjà, Picasso était choqué que Matisse préfère Odilon Redon à Manet (« Odilon Redon est un peintre intéressant, mais Manet est un géant ! »). Matisse, ensuite, aimait mieux la Grande Odalisque d’Ingres que l’Olympia. Ces inclinations se passent de commentaires. Picasso montera ses prix, par principe, même s’il ne trouve pas preneur aussitôt pour ses toiles. Il demandera automatiquement plus d’argent que le marché n’en offre pour Matisse ou Braque. Une exposition-confrontation Matisse-Picasso, à part quelques grandes réussites locales de Matisse, tourne, évidemment, à l’avantage de Picasso.

Matisse est mort en 1954, quand tout le monde, ou presque, voulait la mort de Picasso. Contre toute attente, celui-ci renaît, développe sa quatrième dimension, rafle la fin du 20e siècle. Sa fidélité à Manet reste indestructible. Avant de retrouver un animal de cette envergure, beaucoup d’eau coulera sous les ponts.

La suite s’écrit en 2011, mais est peinte par Picasso, en 1968, comme par hasard. C’est la série Raphaël et la Fornarina (voir ici). Voilà. Suivez le dieu. Il a deux têtes. C’est « Picassollers », comme dit mon ami Gérard Farasse dans L’aimé des fées [3].

Il me semble entendre des murmures de désapprobation...

Heureusement mon petit-fils — Mathis ! — approuve. Le premier mot qu’il a déchiffré est : P.I.C.A.S.S.O ! Je n’invente rien (il avait trois ans, j’ai noté ça dans mes carnets). La gravure extraite de la série La Fornarina, sur mon mur, peut sembler représenter deux femmes nues enlacées (date : 8 septembre 68). C’est ce qu’il a VU et ce qu’il m’a DIT, sans penser à mal. AUCUN des adultes, nombreux, qui sont venus chez moi n’a osé la moindre remarque sur cette gravure !
« Sauvez les enfants » (Lu Xun) !

PICASSO
Raphaël et la Fornarina, III : Seuls, s’étreignant sur le sol
Mougins, 1968, gravure sur cuivre, 14,8 x 20,9 cm. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

*


ARCHIVES

Exposition du Centre Pompidou, 2002.

« Il faudrait pouvoir mettre côte à côte tout ce que Matisse et moi avons fait en ce temps-là. Jamais personne n’a si bien regardé la peinture de Matisse que moi. Et lui, la mienne... »

Propos de Pablo Picasso in Pierre Daix, Picasso Créateur, Paris, 1987, p.74.

« On vient d’avoir l’idée la plus rare et la plus imprévue, celle de réunir dans une même exposition les deux maîtres les plus fameux et qui représentent les deux grandes tendances opposées de l’art contemporain. On a deviné qu’il s’agit d’Henri Matisse et de Pablo Picasso. L’ ?uvre éclatant du premier ouvre de nouvelles voies à l’impressionnisme et l’on sent bien que cette veine de la grande peinture française est loin d’être épuisée. L’autre au contraire, montre que cette riche perspective n’est pas la seule qui s’ouvre à l’artiste et à l’amateur et que l’art concentré qui a donné le cubisme, cette esthétique éminemment contemporaine se rattache par Degas, par Ingres aux traditions les plus hautes de l’art [...] »

Ces lignes de Guillaume Apollinaire introduisent en janvier 1918 le communiqué de presse annonçant l’ouverture à la galerie Paul Guillaume de la première exposition conjointe jamais consacrée à Matisse et Picasso.

Au moment de leur rencontre chez les Stein, leurs mécènes et amis communs, durant l’hiver 1905-06, Matisse (1869-1954) et Picasso (1881-1973) se trouvent engagés dans des recherches plastiques à l’origine des révolutions "fauve" et "cubiste". Dès lors et tout au long de leur trajectoire artistique, ils vont travailler, dans un vis-à-vis productif, à Paris, en Catalogne ou sur la Riviera française, autour des grands genres du Nu, du Portrait et de la Nature morte. Oscillant entre amitié et compétition, leur relation sera fondée sur une véritable " fraternité artistique " selon les mots de Matisse.

Ces propos et citations sont extraits du catalogue de l’exposition Matisse / Picasso dont parle Sollers et qui eut lieu au Centre Pompidou du 22 septembre 2002 au 6 janvier 2003 [4].

Peu avant cette exposition, Philippe Kohly a réalisé un documentaire retraçant l’itinéraire des deux peintres.

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Matisse - Picasso (2002)

Un film écrit et réalisé par Philippe Kohly
Image : Arnaud Stefani
Son : François de Morant, Jean Pourchier, Bryan Showell, Stuart Deutsch
Montage : Christiane Lack
Musique Originale : Serge Kochyne
Producteur : Les Films d’Ici
Partenaires : France 3, France 5
Durée : 59’

Synopsis

La relation Matisse-Picasso ouvre l’histoire de l’art moderne : dès 1905, les premiers acheteurs de la nouvelle peinture, les Stein, André Level, privilégient spontanément les deux peintres les plaçant côte à côte dans leurs collections. Entre Matisse et Picasso, l’histoire va durer un demi-siècle et c’est un véritable roman. C’est la rencontre de deux défricheurs, deux aventuriers de la peinture. Ils vivent pour explorer l’inconnu, ouvrir des pistes, se surprendre...

Avec les témoignages de Pierre Daix, historien [5], Hilary Spurling, biographe de Matisse, Françoise Gilot, compagne de Picasso de 1944 à 1953, Maya (fille de Picasso et Marie-Thérèse Walter) et Claude Picasso (fils de Picasso et Françoise Gilot) et Jacqueline Matisse. Et des archives audiovisuelles remarquables.


(durée : 59’20", France 3, octobre 2002 — Archives A.G.)
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Henri Matisse

France Culture, Une vie une oeuvre, 25 février 1993 (1h25).

A l’occasion de l’exposition "Henri Matisse 1904-1917" au Musée National d’Art Moderne de Paris, cette émission retrace les grands moments de l’oeuvre d’Henri Matisse et souligne ce qui caractérise la vision nouvelle que le peintre a du monde, vision qui a influencé toute la peinture moderne. Elle s’articule autour d’entretiens et d’extraits d’archives sonores se répondant les unes les autres.

Avec François Chapon, Jacqueline Duheme, Dominique Fourcade, Isabelle Monod-Fontaine, Marcelin Pleynet,
et les voix de Henri Matisse, Louis Aragon, Jean Hélion, Aimé Maeght, Dina Vierny, André Masson, Pierre Schneider, André Salmon, l’abbé Morel, Georges Besson, et Daniel Henry Kahnweiler [6].

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Henri Matisse — Un Voyage en peinture

2010

Henri Matisse, dit-on, est le plus français de tous les peintres. Qu’y a t-il donc d’aussi français chez Matisse : la réconciliation ? la sensibilité ? la recherche d’harmonie ? la planéité et la revendication d’une peinture décorative ? Comment rendre compte avec une caméra, de la manière dont Matisse transforma la réalité cruelle de son époque en rêve sur toiles ? Quel est le secret de sa peinture ?

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Jean-Luc Godard et La blouse romaine de Matisse

Le 15 juillet 1965, Godard parle de Matisse et d’Aragon.


(durée : 2’04" — Archives INA)
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[1Voir plus bas.

[2«  Qui n’a pas vécu à fond dans le négatif (il ne s’agit pas ici du négatif photographique, bien entendu) n’a pas droit à la moindre affirmation ultérieure. », écrit Sollers dans ses Mémoires. Sévère, mais juste.

[3Cf. L’Infini 98, printemps 2007.

[4Après avoir été présentée à la Tate Gallery de Londres et aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris dans le cadre d’une coproduction de la Réunion des Musées Nationaux/Musée Picasso et du Centre Pompidou, l’exposition Matisse-Picasso fut présentée au MoMA de New York du 13 février au 19 mai 2003.

[6Cf. INA.

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