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L’Eclaircie (II), l’hymne à Manet - Extraits

avec entretiens audio et vidéo et d’autres critiques

D 3 janvier 2012     A par Viktor Kirtov - C 4 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Nouveau roman sollersien : L’Eclaircie. Comment Sollers mêle-t-il roman, essai sur la peinture et critique voltairienne de la société ?

Autobiographie romanesque avec un zeste d’inceste frère-soeur, un soupçon d’adultère dont il serait le fruit, l’enfance revisitée dans le miroir d’une grande bourgeoise, intelligente, Lucie D., la nouvelle liaison du narrateur, qui lui rappelle Anne sa soeur, son aînée de six ans, et cette clé qui justifie le flash back sur ces années d’enfance avec Anne : « Au fond, c’est simple : on arrive, ou pas, à jouer jusqu’au bout son enfance. »

Essai sur la peinture (Manet, Picasso) où Sollers se fait critique d’art, conteur, amoureux des modèles incarnés dans ces tableaux. Il nous les fait vivre et découvrir, tramés dans le fil du roman. Il est très bon dans cet exercice autour de la peinture. (Son personnage de Lucie D. m’a moins convaincu. Il a perdu de la fraîcheur et de la sensualité d’une Ludi dans Une vie divine  [1].)

Critique voltairienne de la société de son temps. Dans son focus : « L’affaire Bettencourt » mise en perspective et en forme littéraire avec des mots qui font mouche, une ironie jubilatoire et cinglante ; la série TV « un gars une fille »... (une fille, pas une femme. Un gars ! Même pas un garçon...) et dans notre époque cacophonique, ce resurgissement du cinéma muet avec « The Artist », etc...)

Dans cet article nous nous limiterons à illustrer la facette de l’hymne à Manet :

5/01/2012 : ajout de la critique de Nathalie Crom.
6/01/2012 : ajout vidéo LCI.

9/01/2012 : ajout critique de Sud-Ouest.
9/01/2012 : ajout Le Nez de Paul.
1/02/2012 : ajout L’Eclaircie de la Librairie Générale.
14/02/2012 : ajout Laurence Garcia : Rencontre entre chien et loup avec Ph. Sollers .
14/02/2012 : ajout « In-citations » par Gilles Hertzog (La Règle du Jeu).
23/02/2012 : ajout Le romanesque, nouvelle forme de critique d’art.
26/02/2012 : ajout La cité des livres.
26/02/2012 : ajout D’autres critiques.
01/03/2012 : ajout Du jour au lendemain par Alain Veinstein.

Extraits annotés

Le regard du regard dans le regard

« Je pense à toi [2] en voyant le portrait de Berthe Morisot au bouquet de violettes, la future belle-soeur de Manet, que ce dernier a peint en1872. On dirait qu’elle est en grand deuil, mais elle est éblouissante de fraîcheur et de gaieté fine. Ce noir éclatant te convient. Ce que Manet a découvert dans le noir ? Le regard du regard dans le regard, l’interdit qui dit oui, la beauté enrichie de néant. Des philosophes ont écrit sur Manet, mais, comme c’est curieux, ils ne semblent pas avoir vu ses femmes. La très belle soeur de Manet le voit, lui, ce peintre, elle le traverse. Les violettes sont leur secret commun, elle porte le deuil en avant des massacres de la Commune. Elle a tout l’avenir devant elle. Ni la Terreur ni la Mort ne règnent ici, et le 18e siècle français devait passer par ce noir pour s’approfondir. Le noir, donc, comme lumière, dans une jolie veuve, une jolie soeur. »


Edouard Manet, Berthe Morisot au bouquet de violettes, 1872
huile sur toile, 55 × 38 cm, Mudée d’Orsay.
ZOOM, cliquer l’image

Le oui dans le non : quelle trouvaille...

« Le oui dans le non : quelle trouvaille, et seul Manet l’a trouvée. Elle lui répond, elle l’aide, elle le devance. Cette soeur est l’éternelle ironie de la communauté, la liberté de vivre ou de mourir. Ce dialogue est un éclair dans la nuit, une lame de couteau ou de Tarot éclipsant les autres. Manet l’a brossé dans un grand élan. »

Les femmes de ma vie ? « celles de mes tableaux »

C’est la réponse de Manet quand on lui pose un jour cette question. C’est aussi celle de Sollers derrière les mots de Manet. Entendons : Les femmes de ma vie ? « celles de mes livres » : Eugénie, Dominique, Julia bien sûr et les autres dans Femmes, sur les Remblas de Barcelone etc., et la dernière née, Lucie D. dont Sollers nous prévient qu’elle est la somme de cent portraits, une Lucie D. dont l’arbre généalogique remonte à Dante. Et Sollers de poursuivre :

« Il y a une vie sans mort de certains tableaux comme de certains livres, parce qu’ils s’adressent toujours à quelqu’un de très singulier. Appelez cette toile Portrait d’une anarchiste : vous verrez, ce titre lui convient très bien. Même chose pour l’Olympia, et tout change. Pour Le Déjeuner sur l’herbe, essayez La Réunion des dieux, et voilà des dieux grecs en pleine actualité, d’où le scandale. Manet « précurseur de l’art moderne » ? Mais non, tous les « modernes » sont vieux à côté de lui. Ne parlons même pas de « l’art contemporain », cette plaie de laideur grouillante adaptée à la publicité permanente. »

Manet ne s’explique pas, il agit

« Comme les humains adorent inconsciemment la mort, ils ne peuvent pas entrer dans le noir vivant, c’est-à-dire le néant vivifiant qui les fonde. Ils ne sont pas là. Manet ne s’explique pas, il agit, sa main ne s’arrête pas, et si ce ne sont pas des femmes, ce seront, à la fin, des fleurs dans des flûtes de champagne. Quand le vieux Picasso veut rajeunir, il reprend Le Déjeuner sur l’herbe, et il redécouvre immédiatement la clairière. Quant au Berthe Morisot au bouquet de violettes, ce n’est pas seulement le visage et les yeux qui sont un regard dans le regard, mais toute la toile, comme une parenthèse lucide du négatif. Anne m’en a envoyé une reproduction, il y a douze ans, quand il a été acheté pour le musée d’Orsay, avec, notamment, la participation du China Times Group et d’un mécénat coordonné par le quotidien Nikkei. J’étais là, un matin, lors de la vente à Paris ; il y a des présages. »

Au fond, c’est simple : on arrive, ou pas, à jouer jusqu’au bout son enfance.

« Liberté, liberté chérie, voilà ce que chante le pinceau de Manet, à une heure importante de l’histoire de son pays, lequel s’est enfoncé depuis dans les glaces. Le 14 juillet 1880, « Vive la République », « Vive l’amnistie ». Les artistes ont raison d’être pour le régime qui entrave le moins possible leur inspiration. Livre à écrire : Politique des artistes en situation. Pas d’idéologie, pas de morale. Seul sujet : qu’est-ce qui a permis à X ou Y, à telle ou telle époque, de faire ce qu’il a fait ? Qui ou quoi a tenté de l’en empêcher ? Argent, femmes, amis, ennemis, maladies, cabales, jalousies, partis... Au fond, c’est simple : on arrive, ou pas, à jouer jusqu’au bout son enfance. Un bouquet de violettes suffit. »

Quand Sollers parle de Manet, il nous parle de lui. « On arrive ou pas, à jouer jusqu’au bout son enfance » en est un exemple typique, puisque ce livre-promenade nous ramène dans le parc de l’enfance, l’ambivalence des sentiments du narrateur pour sa soeur, et réciproquement, version littéraire donc transposée, vraie et fausse (« le oui dans le non » qu’il attribue à Manet) : aussi, la mention romanesque de la scène du baiser à Venise entre le narrateur et sa soeur. Dans la réalité, Sollers a découvert Venise avec Dominique Rolin et a fréquenté Venise avec elle, deux semaines à partir du 15 mai et du 15 septembre. Sauf erreur, le passage d’Anne à Venise est une création littéraire.
Mais sont-ils frère et soeur ? Création littéraire romanesque ou « fait » autobiographique vraisemblable, possiblement probable, quoique non établi. C’est ce que laisse entendre le narrateur : Un demi-frère ? (« j’étais différent »). La mère du narrateur a eu des amants. Là, le narrateur et auteur semblent bien être au point de fusion.

L’indifférence de Manet est l’indifférence suprême, celle qui, sans effort, est cinglante

Et Sollers de continuer son autoportrait dans celui qu’il fait de Manet. Quand Sollers écrit Une vie divine il est Nietzsche. Ici, il devient Manet : « ...faire ce qui vous amuse », « cherchez la grande lumière et la grande ombre, le reste viendra naturellement », « L’indifférence de Manet est l’indifférence suprême, celle qui, sans effort, est cinglante », « Manet était très étonné des injures qu’il recevait. Il n’avait aucune intention de scandaliser, et là, précisément, était le scandale. »

« "On voit l’intelligence dans chacun des coups de pinceau de Manet", dit Picasso. L’intelligence... Cherchez le plus de concision possible, dit Manet, agissez par réflexe, restez le maître de faire ce qui vous amuse. Soyez spontané, immédiat, pas de pensum ! « Dans les figures, c’est souvent très peu de chose. » Soyez en état de « traduction instantanée » ! Évidemment, cette liberté physique et nerveuse choque les ralentis de tous bords. Baudelaire, en 1865, dit de Manet que plus l’injustice augmente à son égard, plus la situation s’améliore. C’est vrai, sauf que l’injustice prolongée use et pousse à la mort. Mallarmé, lui, pense que Manet « peint par irrésistible instinct ». L’instinct, l’intelligence... En 1955, Georges Bataille touche au c ?ur : « L’indifférence de Manet est l’indifférence suprême, celle qui, sans effort, est cinglante, celle qui, scandalisant, ne daigne même pas savoir qu’elle porte le scandale en elle. » Manet était très étonné des injures qu’il recevait. Il n’avait aucune intention de scandaliser, et là, précisément, était le scandale. Scandaleuse Victorine Meurent, scandaleuse Berthe Morisot, scandaleuse Méry Laurent : le portrait de cette dernière, en chapeau noir, au musée des Beaux-Arts de Dijon, éclaircit soudain, en bleu d’oiseau, toute la ville. »

Qu’est-ce qu’une belle jeune femme s’il n’y a pas un Manet ou un Picasso pour la voir ?

« Qu’est-ce qu’une belle jeune femme s’il n’y a pas un Manet ou un Picasso pour la voir ? Une hypothèse, une photo, un plan de cinéma vieillissant à vue d’ ?il. Un produit de beauté plus ou moins tragique, une pose forcée, un mannequin travesti, une nymphe idéalisée absurde. Avec ces deux-là, au contraire, c’est tout autre chose : l’instantané transperçant la beauté qui devient légende. »

« Evitez les discussions sur l’art, munissez-vous d’un jeu de cartes, avec des reproductions des toiles de Manet. Abattez de temps en temps un atout : Le Fifre ou La Blonde aux seins nus, par exemple.. »


Edouard Manet, "La Blonde aux Seins Nus", 1875.
Huile sur toile, © Musée du Louvre, Paris.
ZOOM, cliquer l’image

L’ambivalence incestueuse

Sollers a plusieurs fois fait allusion à l’ambivalence incestueuse qui a marqué son enfance. Avec sa tante, la soeur de sa mère. (Deux frères ayant épousé deux soeurs vivant dans des maisons jumelées et symétriques). Frôlement de peaux, celle de sa Tante Laure et la sienne qui excite l’imagination et les sens en éveil du jeune Philippe [3]. Là, dans ce livre où il y a beaucoup de l’essai, la partie autobiographie romanesque joue sur le soupçon de trouble incestueux du narrateur vis-à-vis de sa soeur Anne vite dévié sur l’autre personnage féminin du roman, Lucie D. Elle a les yeux, le regard de sa soeur, elle lui rappelle sa soeur, c’est dit, mais aussi sans doute, sa tante , sa mère, tabou suprême inavoué, inavouable. Tabou que La psychologie et le romanesque s’emploient à dévier sur la soeur de sa mère ou sa propre soeur, dans ce roman. Une soeur qui n’est peut-être qu’une demi soeur... Un demi-inceste potentiel en somme, le tabou s’en tire à bon compte. Pour en savoir plus :

« ... acheter beaucoup de livres sur la peinture avec de belles reproductions de Manet, pour voir le regard de sa mère, c’est-à-dire de ma soeur. Il ne s’agit pas d’« âme-soeur », mais bien de corps-soeur. C’est rare, mais ça arrive. »

Manet comme agent de liaison du roman

Comment Sollers, mêle-t-il essai (Manet, Picasso...), roman (autobiographie fictionnelle), et critique voltairienne de la société de son temps (mise en littérature avec des mots qui font mouche, une ironie jubilatoire et cinglante). Juste un exemple avec Manet servant de lien et de charnière entre ces livres entremêlés dans le livre.

« De Marx à Beckett, le saut semblait impossible : Nicolas (*) l’a fait, l’Éternel soit loué. Lui aussi est un enfant innocent, comme le Président lui-même. Ce sont tous des enfants grimaçants perdus. Nicolas, courtois, me demande ce que je vais lire cet été. Je le lui dis : une biographie de Manet. Il se tait. C’est le moment de se séparer. »

(*) Nota : Nicolas Milstein, personnage de l’affaire Bettencourt, dans le roman, nageant avec l’aisance du requin dans le milieu politico-financier. L’auteur l’a prénommé Nicolas. Cherchez la charge, l’amalgame : « Lui aussi est un enfant comme le Président lui-même ».

Les femmes de Manet

« Je vois vivre mes contemporains, et même mes anciens amis radicaux : ils sont tassés, résignés, sous contrôle. La Société les a eus, ce sont des employés du temps, ils vieillissent sans phrases, et, parmi eux, les jeunes paraissent encore plus vieux que les vieux [4], regardent beaucoup la télévision, rient trop fort, ou sont carrément maussades. « Ils ont honte, me dit quelqu’un. — Mais de quoi ? — De tout, de n’importe quoi, d’être français, surtout. — Honte du pays qui a engendré Manet ? Vous plaisantez ? » Manet a 31 ans lorsqu’il peint coup sur coup Le Déjeuner sur l’herbe et l’Olympia, 37 ans au moment du Balcon. Cette jeunesse est stupéfiante, et la plus grande partie du scandale vient de là. Les deux femmes qui jouent dans la situation des couleurs, Victorine Meurent et Berthe Morisot, seront suivies de bien d’autres, mais qu’elles aient accepté d’être à ce point discernées et captées par Manet reste une énigme. Qui es-tu, toi, pour être plus moi que moi ? On sait finalement assez peu de choses de Manet : sa richesse, son élégance, sa désinvolture ne font qu’obscurcir son cas. Ce qui est sûr, c’est qu’avec lui une éclairci [5] sans précédent anime le temps et l’espace. Il la maintient jusqu’au bout, et ses femmes sont les plus exceptionnelles de l’histoire de la peinture. Elles montent en puissance avec le temps, ce sont les plus libres et les plus gratuites de tous les temps. »

La référence à « l’éclaircie » ponctue le livre comme un leitmotiv pour un morceau musical, discret rappel d’une autre passion de Sollers : la musique, à côté, ou avec la peinture et les femmes.

Honni de son époque...

« Toute son époque, ou presque, se pâmait devant des chromos, et injuriait Manet. »

... Nouvelle séquence d’identification : sûr ! Là, Sollers se reconnait en Manet !

L’acte spontané est du présent pur — La main de Manet

« [...] Il peignait ses toiles, « comme si jamais il n’avait peint ». Notation capitale : on n’a jamais rien écrit, rien peint, rien composé, l’acte spontané est du présent pur, toujours nouveau, sans passé. Manet, sur les boulevards, au café, aimait aborder les femmes, leur parler, les faire rire, les emmener parfois dans son atelier.

Un jour, Manet suit une mince jeune femme sur les boulevards. Sa femme, Suzanne, survient : « Je t’y prends ! » dit-elle. Et Manet, du tac au tac : « Je croyais que c’était toi ! » Suzanne, son admirable pianiste hollandaise, plutôt ronde, racontait elle-même l’histoire avec un sourire. Elle ne pouvait pas ignorer les fréquentations féminines de son mari, devenant des modèles dans son atelier : prostituées, serveuses, demi-mondaines, toutes impressionnées par ce monsieur si courtois, si élégant, par ce grand causeur qui les faisait rire. Un coup de pinceau ? Mais comment donc ! Regardez la fraîche et insolente Nana dans sa loge, sa houppette à la main. Elle n’y croit pas, mais s’ils veulent y croire, elle veut bien faire semblant d’y croire. Manet comprend ça. C’est pourquoi la star Olympia continue son travail au noir. Vous n’allez tout de même pas me dire que Manet est une sorte de dieu grec ? Mais si, justement, à condition de savoir, ou plutôt d’éprouver, ce qu’est un « dieu grec ». Prenons le plus profond penseur qui s’est occupé de ces choses au20e siècle : « Un dieu grec n’est jamais un dieu qui commande, mais un dieu qui montre, qui indique. » Et surtout : « Les dieux sont ceux qui regardent vers l’intérieur, dans l’éclaircie de ce qui vient en présence. » Voilà ce que pensait et voyait, sans arrêt, la main de Manet »

Et cet autre trait : « Cézanne définira l’évidence, et Manet ce qu’il faut faire avec. »

L’éclaircie ? Bon pour impression ! ...Bon pour lecture !

Voir aussi L’éclaircie (I).

L’Eclaircie de la Librairie Générale d’Arcachon

Faîtes le tour de l’Eclaircie dans un condensé de mots.

Philippe Sollers est un écrivain bordelais, il est toujours bon de le rappeler. Et d’ailleurs Sollers lui-même se charge de nous dire la fierté de ses années bordelaises, de la beauté de Bordeaux, quitte à convoquer Stendhal qui hissa la ville très haut dans son appréciation des villes françaises. Sollers donc aborde L’éclaircie par un vif retour sur lui-même, sur son enfance à l’ombre d’un cèdre régnant dans le parc de sa maison talençaise. Dans ce parc, la soeur de Philippe Sollers, dénommée Anne, jouait avec lui. Une soeur plus grande dont la vie se révèle peu à peu dans les souvenirs de son frère mais aussi dans l’amour qu’il lui portait, un amour quasi charnel. Cela, Sollers l’écrit désormais car sa soeur est morte. En une page pudique et sombre il écrit ce départ qui va lancer son livre car le noyau central qu’est l’évocation d’Anne, soeur et amante manquée, est placé entre deux lignes qui sont directrices. L’une s’appellent Manet, l’autre Picasso. Lignes droites et parallèles mais non continues. Les deux génies picturaux vont être travaillés par Philippe Sollers dans la prépondérance de l’univers féminin qui les constitue. Des muses, des maîtresses et des soeurs...

Enfin, cette architecture imaginaire est traversée, "transversée", par une ligne ferme et maintenue contenant Casanova, marotte absolue de l’écrivain, Lucie, femme de mystères et Sollers lui-même, l’heureux homme de la rue du Bac qui dans un studio de circonstance attend régulièrement les quelques heures d’amour et de conversation passées avec Lucie.

Le décor et les personnages bien fixés, le théâtre sollersien s’anime. Il peut-être déroutant par la rapidité d’éxécution des scènes mais demeure précis, sûr et déterminé. L’écriture de Philippe Sollers est, depuis longtemps, une forme mouvante, adaptée et adaptable au flux contemporain. Ainsi peut-on en apprendre beaucoup sur le microcosme parisien que Sollers, souterrainement, visite en observateur privilégié. Le roman, lui, est ailleurs puisqu’il s’agit d’un roman. Manet et Picasso en sont les protagonistes. L’art en est le sujet et l’amour, la quête ultime. A l’arrière, devant, partout, Sollers tire les ficelles : il ordonne, distribue, administre, couve ses personnages tel un Gepetto fasciné par sa marionnette. Ainsi nous avons droit à une représentation qui, bien mieux qu’un spectacle, nous instruit de ce que le maître des lieux veux bien nous apprendre.

Publié par La Librairie Générale

Sollers parle de son livre

Entretien audio sur France Inter

C’était dans l’émission d’Isabelle Giordano : Les Affranchis ; sur France Inter (3 janvier 2012). Extrait de la partie Sollers :

Entretien vidéo sur LCI

le 6 janvier 2012 :

Le livre

« Dès ma première rencontre avec Lucie, une formule espagnole m’est revenue à l’esprit :"los ojos con mucha noche", les yeux avec beaucoup de nuit. Les "coups de foudre" sont rares, les coups de nuit encore plus. Les tableaux où Lucie apparaîtrait, si j’étais peintre, devraient être envahis par l’intensité de ce noir sans lequel il n’y a pas d’éclaircie. Noir et halo bleuté. Tout le reste, robes, pantalons, bijoux, répondrait à ce noir, nudité comprise. Mais la preuve, ici, est dans les lèvres, la bouche, la langue, la salive, le souffle. C’est en s’embrassant passionnément, et longtemps, qu’on sait si on est d’accord. Le long et profond baiser, voilà la peinture, voilà l’infilmable. J’arrive toujours avec dix minutes d’avance. J’entends l’ascenseur, le bruit de la clé de Lucie dans la serrure, les rideaux sont déjà fermés, action. »

 ? Editions Gallimard (5 janvier 2012)
_ ? Collection Blanche
_ ? 234 pages

Le livre sur amazon.fr

La critique de Nathalie Crom

Les romans de Philippe Sollers sont comme les chapitres égrenés d’un unique et grand livre - un formidable livre sur le bonheur, mêlant poésie et métaphysique, en exergue duquel pourrait figurer l’intuition de Spinoza : « Nous sentons et nous expérimentons que nous som­mes éternels », ou l’injonction de ­Casanova : « Suivre le dieu ». « Quel dieu ? L’intime, l’instant, l’éclaircie, la rencontre, le hasard », décline Sollers. Le présent chapitre s’appelle donc L’Eclaircie, il s’ouvre sur une réminiscence : un petit garçon regarde un cèdre, et c’est le sentiment de l’éternité qui l’étreint. La photo est en noir et blanc, six ou sept décennies se sont écoulées depuis, mais l’admirable sensation est intacte, l’image « n’est pas pour moi une image, mais une clairière toujours vivante, une éclaircie ». Hors cadre, une petite fille, la soeur aînée de l’enfant — elle s’appelle Anne, elle s’en est ­allée désormais, mais la mort pas plus que l’éloignement qui l’avait précédée n’ont altéré l’amour passionné qui a existé entre ces deux enfants-là.

La silhouette d’Anne traverse le livre. Ses « yeux avec beaucoup de nuit », le narrateur les retrouve dans ceux de Lucie, son amante, ceux de Berthe Morisot peints par Manet — « autant d’yeux de jais à travers le temps ». Des femmes, des artistes — en l’occurrence, Manet et Picasso - et, autour d’eux, les personnages récurrents de l’allègre et grave comédie sollersienne : Rimbaud toujours, Casanova beaucoup, Nietzsche et quelques sages taoïstes tapis dans l’ombre... Ensemble convoqués par l’auteur pour conjurer et combattre le nihilisme mortifère dans lequel se complaît l’époque. Pour bousculer le c ?ur et l’intelligence de qui veut bien lire, voir, entendre. « C’est une question très serrée et difficile de savoir pourquoi une peinture touche directement au système nerveux », disait Francis Bacon — la réflexion vaut pour L’Eclaircie, pour tout Sollers.

Nathalie Crom

Telerama n° 3234

La critique de Sud-Ouest : Un éclair dans des yeux noirs

Tout, dans ce livre, tient aux éclairs et à la lumière.De ces fugaces, rapides et saisissantes lueurs qui font reculer le noir et révèlent le bleu sombre des nuits.

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« L’Éclaircie ». (ph. dr)

De ce propos, Philippe Sollers construit un argument magnifique. Est-ce un roman ? Un essai ? Une digression brillante difficile à classer ? Peu importe. C’est surtout un hommage rendu à la vie, dans une voracité et une faim de bonheur que l’écrivain entend nous faire partager. Que découvre-t-on derrière ce beau titre, « L’Éclaircie » ? On y trouve des femmes, bien sûr. Des souvenirs. Des histoires d’amour, beaucoup. Des amis choisis dans une passion élective qui voguent au-dessus des siècles se nomment Haydn, Manet ou Picasso.

Et, surtout, comme un portrait à jamais enchâssé dans un nuage, le beau visage d’Anne, la soeur trop tôt disparue. Sollers l’aima. Pas tout à fait comme un frère. Pas tout à fait comme un amant. Reste la saveur douce-amère d’un long baiser échangé à Venise. Un baiser qui, plus que tendre, devenait amoureux et trouble comme un secret. C’est Anne que le narrateur retrouve beaucoup plus tard en Lucie, jeune femme libre, riche, drôle, iconoclaste, tellement passionnée de manuscrits qu’elle les achète pour leur permettre de vivre plus longtemps. Manuscrit de Casanova. Manuscrit de l’auteur avec qui il entretient une liaison clandestine, dans un studio de la rue du Bac.

Content de tout

Cela paraît peu. C’est pourtant l’argument de ce livre gonflé de sève. Sollers y apparaît content. Surtout content de tout. Heureux de ce qui vient. Indifférent à ce qu’il n’a pas. Drôle toujours. Plein d’éclats, de labyrinthes, de couloirs secrets, de raccourcis, de références et de comparaisons qui enchantent. « Qu’est-ce qu’une belle femme, demande-t-il, s’il n’y a pas un Manet ou un Picasso pour la voir » ? Le comble, c’est qu’il a raison.

On retrouve dans les yeux de Dora Maar, de Jacqueline, de Berthe Morisot, dans ceux de Lucie, son amante, le noir des yeux de sa soeur, « une mirada fuerte, un regard fort et noir qui fait exploser le Minotaure ».

Est-ce tout ? Pas vraiment. Il n’est pas contradictoire d’ajouter qu’il existe une mélancolie Sollers. Mais une mélancolie unique, rieuse comme ce gai scepticisme dont il a fait sa marque de fabrique, qui se moque assez du monde dans lequel nous vivons pour en trouver un motif de plaisir.

Il suffit en revanche qu’il évoque les arbres d’un parc d’une grande maison, un cèdre dans un Bordeaux d’avant-guerre, ce tronc totémique et immense sous lequel il se blottissait avec Anne, pour comprendre le temps qui passe. Ou d’évoquer dans une sobriété d’écriture les jours d’été d’avant, les courses brûlantes, les crépuscules rouge sang, les oiseaux dans les bosquets, les haies qui bordaient ce qui était encore une campagne, pour que revienne le souterrain chemin que trace l’enfance tout au long d’une vie. Comment elle façonne un homme. Comment elle le construit à son insu. Et combien on trouve une belle lumière dans cette éclaircie.

Il existe une mélancolie Sollers, unique, rieuse comme ce gai scepticisme dont il a fait sa marque de fabrique

Crédit : Sud-Ouest 8/01/2012

Le nez de Paul

Les livres qui sortent et qu’on n’est pas obligé de jeter tout de suite par Paul-Henri Moinet.

Produit par Froggies Media

Laurence Garcia : Rencontre entre chien et loup avec Ph. Sollers

Partie 1 (32’)

Partie 2 (26’)

La partie 2 commence par une chronique sur Finnegans Wake, actuellement sur la scène du Théâtre de l’Aquarium à Paris.

James Joyce, une : première ! (critique).

« In-citations » par Gilles Hertzog (La Règle du Jeu)

39 citations extraites de L’Eclaircie. (pdf)

Le romanesque, nouvelle forme de critique d’art

ou

L’ECLAIRCIE de PHILIPPE SOLLERS.

Par Jacques-Louis Binet, correspondant de l’Académie des beaux-arts.

21 février 2012

Ce n’est pas nouveau : Philippe Sollers a déjà beaucoup écrit, même dans ses romans, sur la peinture et, ses pages de FEMMES sur LES DEMOISELLES D’AVIGNON sont devenues des textes d’anthologie.
Mais presque trente ans plus tard, « quand tout est à nouveau fermé, corrompu, glauque, régressif, opaque », aujourd’hui, L’ECLAIRCIE, avec Manet et Picasso.

Je m’en tiendrai à MANET que Sollers place au centre du roman, mais la peinture n’illustre plus le texte, comme les femmes de Picasso, qui, en 1983 accompagnaient au Musée d’art moderne de New-York le parcours érotique de l’écrivain ; elle lui apporte « une lame de lumière » ; elle l’inspire. « Et moi aussi, après tout, je suis peintre ».

Je n’ai pas tenté de séparer ce qui appartient au roman et à la peinture, car ces deux chemins restent souvent confondus et le vrai roman est celui du Manet d’aujourd’hui.

Quelques mots seulement du fil de l’intrigue avec trois personnages, Sollers en 2011, et deux femmes, Anne et Lucile.

ANNE, sa soeur aînée, avec laquelle il sera élevé, reprend le thème de l’inceste ou plutôt du « désir incestueux » des FOLIES FRANCAISES. Un soir, alors qu’ils avaient bu, il l’ «  embrasse en profondeur, j’en frissonne encore. Le lendemain, bien sûr, rien ne s’était passé. »

Pas d’inceste, et le seul souvenir d’un baiser.

Anne, sa soeur, nouvelle image de Berthe Morisot devenue par son mariage la belle-soeur de Manet.

L’autre femme du roman, LUCIE, ressemble plus aux autres portraits féminins que nous a laissées Sollers. Née à Bordeaux, jolie, rappelant aussi Anne, les yeux avec beaucoup de nuit, intelligente et parfois érudite, riche et divorcée, rencontrée à un dîner mondain, mais entre elle et l’écrivain, c’est immédiatement le coup de foudre, qui devient un coup de nuit, les rencontres secrètes et régulières dans un studio, rue du Bac, une communauté physique et intellectuelle.

Que nous apportent ces trois personnages du roman pour mieux APPROCHER MANET ?

Une couleur, une nouvelle vision de l’amour, du style, des portraits, des images de la mort, et une métamorphose des natures mortes.

LA COULEUR, « « c’est un noir intense, sans lequel il n’y a pas d’éclairci, noir et halo bleuté. Tout le reste, robes, pantalons, bijoux, répondrait à ce noir, nudité comprise.

Noir ou halo bleuté : le noir, qui arrête la vue, comme le noir des Portraits de Berthe ou le noir transparent qui entoure les figures pour les sortir de l’infini dans Le Balcon ou ou La Chanteuse des rues. Noir plan ou noir couleur.

La preuve ? poursuit Sollers : « dans les lèvres, la bouche, la langue, la salive, le souffle. C’est en s’embrassant passionnément et longtemps, qu’on sait si on est d’accord. Le long et profond baiser, voila la peinture. »

Le baiser avec Anne, les baisers de Lucile, l’absence de baiser avec Berthe, nouveaux aspects de l’amour physique, qui n’est plus celui de FEMMES ou des FOLIES FRANCAISES ,et Sollers rejoint Manet dans cet AMOUR PRECIS, sans rien d’idyllique, ni de morbide. Les femmes qu’il a préférées ? celles qu’il a peintes, les femmes les plus exceptionnelles de l’histoire de la peinture,de Victorine à Suzon, grande déesse du temps chez lez morts vivants.

LE STYLE de Manet, ni classique, ni moderne, le grand style, assez proche de celui de Sollers, « l’intelligence », disait Picasso, « le plus de concision possible » conseillait Manet, « agissez par réflexe, restez maître de faire ce qui vous amuse,(...), soyez spontané, immédiat, en état de traduction simultanée, inattendu., parfois d’une indifférence active, sans jamais mentir. » Il faut écouter Mallarmé décrivant Manet se précipiter sur ses toiles. Sollers conclut : « L’Acte spontané, est du présent pur, toujours présent, sans passé. »

LES PORTRAITS. Nous avons assez écrit sur les femmes, pour mettre l’accent sur un portrait d’homme, celui de Mallarmé, tel que le décrit Sollers « Manet, quand il exécute le portrait de Mallarmé, sait exactement ce qu’il veut.(...)

Assis, incliné sur la droite, cigare à la main, aile de la pensée glissant sur ce petit homme, comme un éventail ou un coup de dés. Mallarmé est là, et il PASSE.

Le Tableau, vif et bleuté, tourne la page.(...) Elégance fermée, et puis fumée. »

LA MORT. Le christ mort et les anges : une des surprises de l’exposition de 2011

Toujours Sollers : Il est dans l’inattendu, le sien, pas celui des autres.

Si je veux être un Christ mort, je m’assois et me voila.

Même topo pour un torero mort, allongé par terre (L’Homme mort).

L’exécution de Maximilien, qui déstabilise à la fois les admirateurs de Goya, les dévots de la commune et l’armée dans son ensemble. C’est la première fois qu’on peint un silence de mort. La mort, maintenant, est à bout portant, elle s’administre, elle est humainement mécanique, sourde, muette, et le soldat qui, un peu en retrait, recharge son fusil n’exprime rien d’autre que son geste automatique. Même froideur, plus forte que toute indignation, pour décrire les communards fusillés dans la rue (La barricade) . La révolte de Manet est ici totale. LA MORT EST CLAIRE

LES NATURES MORTES. Si Françoise Cachin, les autres conservateurs d’Orsay et André Fraigneau ont montré, depuis longtemps, l’importance des fleurs chez MANET, Sollers met l’accent sur une Asperge qui retrouve vie et surtout le tableau du Bouquet de Violettes, d’un bleu délavé, avec un éventail de tranche rouge et un billet pour Berthe Morisot déposé sur la cheminée du studio de la rue du Bac : il a fait monter la rue vers lui, couler la Seine dans sa direction, percer le mur du visible, provoquer en peinture un véritable big-bang, qui « habitera le studio une fois pour toutes . »

Dans ce court texte, j’ai, parfois trop ou pas assez, cité Sollers, mais retournez à Orsay : vous entendrez sa voix et au retour lisez et relisez L’ECLAIRCIE.

Jacques-Louis Binet

Crédit : Canal Académe Le Blog
http://blog.canalacademie.com/lu-pour-vous/leclaircie-de-philippe-sollers-par-jacques-louis-binet-correspondant-de-lacademie-des-beaux-arts

La cité des livres

LCP, 25 février 2012 (10’)

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L’Eclaircie (VI) : Invraisemblable Góngora

Picasso et Matisse dans L’Éclaircie

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[1«  Ludi est une merveilleuse menteuse. C’est d’ailleurs la phrase que je me suis murmurée au bout de trois ou quatre rencontres : "merveilleuse menteuse". Mère en veilleuse, très bonne menteuse. Il suffit de la voir, là, bien blonde épanouie aux yeux noirs, cheveux courts, avec sa robe noire moulante, sur la terrasse de cet hôtel, en été. Elle est fraîche, bronzée, elle sait qu’elle se montre, elle laisse venir les regards vers elle, elle s’en enveloppe comme d’une soie. Oui, je sais, elle vous dira qu’elle a pris deux kilos et que c’est dramatique, mais non, justement, elle est parfaite comme ça, rebondie, ferme, ses seins, son ventre, ses cuisses évoquent aussitôt de grands lits ouverts. Ah, ce croisement de jambes, ses fesses lorsqu’elle va au bar, sa façon de sortir et de rentrer et de ressortir et de rerentrer son pied de son soulier gauche - la cheville, là, en éclair -, et puis de rester cinq secondes sur sa jambe droite, et de recommencer, rentrer-sortir, rentrer-sortir, comme pour dire j’ai trouvé chaussure à mon pied, et c’est moi, rien que moi, venez vous y frotter si vous croyez le contraire. Son corps se suffit à lui-même et elle n’a pas à s’en rendre compte. Il dit tout ce qu’il y a à dire, mais elle ne pourrait pas le parler »

[2A Anne, la soeur du narrateur et de l’auteur (Annie).

[3Cf. Portrait du Joueur

[4Redite. Sollers l’a déjà beaucoup dit, par ailleurs. De même que « les morts [qu’il honore] sont souvent bien plus vivants que les vivants » (note pileface). Ils lisent à peine les journaux, redoutent la bibliothèque [[ditto.

[5soulignement pileface

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4 Messages

  • V.K. | 23 février 2012 - 10:43 1

    ou L’Eclaircie de Philippe Sollers.
    _ par Jacques-Louis Binet, correspondant de l’Académie des beaux-arts

    Encore un très bon papier, ici.


  • V.K. | 27 janvier 2012 - 17:25 2

    Après le final, un peu lourd aux Bernardins, voici trois soirs plus tard, le 26 janvier 2012, Philippe Sollers dans un contexte léger et primesautier, sur le plateau de « Avant-premières » (France 2), en compagnie de Catherine Frot à l’affiche de la pièce « Oh les beaux jours », de Beckett, au théâtre de La Madeleine,. Et Bruno Gaccio pour la comédie musicale « Avenue Q », montée à Bobino.

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    Philippe Sollers, Bruno Gaccio et ses marionnettistes

    Place au divertissement, voici l’extrait audio de la partie Sollers. On y entend l’animatrice de l’émission , Elizabeth Tchoungui, le questionnaire satirique de Marie Colmant, les questions de Christophe Ono-Dit-Biot, ainsi que quelques interventions de Bruno Gaccio.

    Sur l’Eclaircie

    L’extrait commence par le final de la partie dédiée à Catherine Frot, sur sa personnalité « cubiste » qui va servir d’enchaînement pour la partie dédiée à Sollers.

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    Catherine Frot, Philippe Sollers, Elizabeth Tchoungui

    Sur la vieillesse

    Nous avons aussi ajouté un court extrait de cette première partie, où Sollers s’exprime sur la vieillesse, thème abordé par Beckett dans sa pièce.

    JPEG - 46.3 ko
    Le plateau de "Avant Premières" (France 2)


  • V.K. | 17 janvier 2012 - 10:02 3

    Sur le site numérique de Gallimard :

    d’autres extraits du livre.


  • V.K. | 13 janvier 2012 - 09:33 4

    Par Laurent Martinet (LEXPRESS.fr),

    L’éditeur anglais Ford Madox Ford (1873-1939) aurait un jour prétendu qu’il pouvait juger de la qualité d’un manuscrit à la lecture de sa page 99, comme un coup de sonde en plein coeur du livre.

    Quel verdict par un magazine, qui ne figure pas parmi les suppôts de Sollers ?

    L’intégrale de la critique de L’Eclaircie de L’Express (pdf)