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Film Socialisme, Jean-Luc Godard, Jean-Daniel Pollet

D 6 juin 2010     A par Viktor Kirtov - C 7 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


A 80 ans, Jean-Luc Godard, se retourne sur notre monde et présente un film manifeste "Film Socialisme".
La revue Transfuge lui rend hommage avec Yannick Haenel qui souligne la reprise d’images du film Méditerranée de Jean-Daniel Pollet dans Film Socialisme. Un hommage de JLG à Jean-Daniel Pollet.
La Croix, Les Inrocks, Mediapart chacun à leur façon complètent le tableau. Il vous est restitué ci-après. Une mention spéciale pour Médiapart qui, à cette occasion, a réalisé un entretien audio de Jean-Luc Godard. Deux heures présentées en 10 épisodes.

TRANSFUGE

Film Socialisme

L’article de Yannick Haenel, ici (pdf)

*

LA CROIX

« Film socialisme » : du Godard sur l’écran, mais pas dans la salle

« Film socialisme », rendez-vous attendu du festival, a bien été présenté, mais le cinéaste suisse a renoncé à se déplacer

Ce devait être l’un des événements de ce 63e Festival de Cannes : le retour sur la Croisette de Jean-Luc Godard, sélectionné dans la catégorie « Un certain regard » et annoncé en conférence de presse lundi 17 mai. Et puis, la veille, ce communiqué adressé au délégué général du festival et repris par Libération : « Cher Thierry Frémaux, avec le festival, j’irai jusqu’à la mort, mais je ne ferai pas un pas de plus. Amitiés. » Pirouette ? Dérobade ? Vrai empêchement ? Qu’importe.

La longue carrière du plus fameux des « cinéastes français de nationalité suisse » est émaillée de ce genre de revirements, qui ont contribué à construire son image de génie incontrôlable pour les uns, ou d’agitateur fumeux pour les autres. Au début de la projection de Film socialisme, une autre surprise : aucun sous-titre en anglais pour accompagner les dialogues en français. Les centaines de festivaliers étrangers auront apprécié.

Une tentative de relire le siècle passé et d’y déceler la preuve d’un terrible échec civilisationnel

Reste l’essentiel, le film, qui sort mercredi 19 mai sur les écrans et peut être téléchargé en VOD jusqu’à mardi soir sur www.filmotv.fr. Sa longue mise en place s’articule autour de deux espaces principaux. D’abord un bateau de croisière lancé dans un tour de la Méditerranée, qui fera symboliquement halte dans six lieux : l’Égypte, la Palestine, Odessa, la Grèce, Naples et Barcelone. Ensuite le petit garage près duquel vit une famille de quatre personnes où le père demande à ses enfants : « Pourquoi ne nous aimez-vous pas ? »

Fidèle à sa méthode, Jean-Luc Godard use du montage, mêle extraits de films (avec, au passage, un hommage à Eisenstein), images d’archives et scènes de fiction, mots incrustés, citations impénétrables et sons superposés, pour refaire écho à ses théories sur l’image et le cinéma, l’Europe et ses guerres, la question palestinienne, la révolution, le temps... Maître de l’ambiguïté et de la provocation, il ne fait à nouveau rien pour échapper au soupçon d’antisémitisme qu’il traîne depuis des années.

Au final : une tentative, entre grandiloquence et hermétisme, mais souhaite-t-il être compris ?, de relire le siècle passé et d’y déceler la preuve d’un terrible échec civilisationnel. « Démocratie et tragédie ont été mariées à Athènes sous Périclès. Un seul enfant : la guerre civile. » Et un seul espoir : une jeunesse insoumise. Godard, tel qu’en lui-même.

Arnaud SCHWARTZ, à Cannes

Bande-annonce du film

La bande-annonce condense toutes les images du film selon un procédé que Gérard Courant avait déjà utilisé en compressant différents films de Godard (A bout de souffle, Le mépris, Vivre sa vie)

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LES INROCKS

Un coup de sonde fulgurant dans une Europe fragile et au bord du gouffre. La vision est sinistre, mais le geste cinématographique éclatant et vif.

On pensait que l’enjeu était moins fort. Que le long métrage de cinéma n’était plus la forme adéquate pour que s’épanouisse l’art de Godard, parvenu à sa dernière phase de maturation. Ainsi, ces vingt dernières années, rien ne nous paraissait aussi fort que l’ ?uvre somme et sérielle des Histoire(s) du cinéma. A côté, For Ever Mozart (1996), et plus encore Eloge de l’amour (2001) et Notre musique (2004) manquaient un peu de nécessité. Une sorte de ronron godardien s’y faisait jour.Quelques films s’ajoutant au bas d’une des filmographies les plus illustres du cinéma, et en marge d’une autre ?uvre géniale existant dans le maquis du hors-salle (les Histoire(s) du cinéma donc), voilà à quoi nous semblait voué tout nouveau long métrage pour le cinéma de Jean-Luc Godard.

Film Socialisme pulvérise ces a priori. Certes, le film parle la syntaxe godardienne, telle qu’identifiée depuis les années 1980 : dissolution du récit et des personnages, dialogues aphoristiques qui rendent impossible la conversation, montage de citations, cadrages fixes mais composition hyperphotographique des plans...

Tout au plus la seconde partie, installée dans le garage et la maison de la famille Martin, esquisse-t-elle un très relatif retour vers la fiction (plutôt façon Prénom Carmen ou Soigne ta droite que celle, romanesque, de ses films des années 1960).

On est donc en territoire familier dans Film Socialisme. Et pourtant cela faisait longtemps que le cinéaste que l’on campe volontiers en ermite détaché n’avait pas réussi un tel coup de sonde du présent. Sans tellement modifier sa langue ou sa méthode, le cinéma de Godard s’est rebranché sur le contemporain. C’est plutôt le régime général des images tout autour, qui a connu de tels glissements de terrain, que l’île Godard semble à nouveau surplomber.

Ce n’est pas tant le discours du film qui signe son extrême contemporanéité. Certes, la première partie du film, alternant petites saynètes jouées et plans strictement documentaires sur les passagers d’un paquebot de tourisme voguant sur la Méditerranée, aspire à parler de notre temps. Et s’y entend en effet l’écho de l’actualité : la crise grecque, l’épée de Damoclès en suspens au-dessus de l’Europe, la nouvelle vigueur des discours critiques du libéralisme (Alain Badiou apparaît succintement dans le film)... On peut ne pas être sensible à ce ton de pythie catastrophiste du film, ni à cette vision des démocraties occidentales comme de vastes bateaux voués au culte de la consommation et du spectacle (les plans sur les touristes). C’est de toute façon plus encore dans sa pratique que dans ses visions que le film éblouit.

Les quarante-cinq premières minutes, sur la croisière, avant que le film ne se pose un peu aux côtés de la famille Martin, sont une rafale inouïe où Godard met dans un même circuit visuel toutes les natures d’image : de la haute et de la très basse définition, des images tournées par lui et des anonymes, chargées sur le net, piquées dans un générique de Soir 3, des plans de cinéma illustres (Les Cheyennes de John Ford...) et d’autres vraiment pourris, comme issus d’un téléphone portable, des archives historiques, des retransmissions sportives, des documentaires animaliers...Toutes interrompues : c’est le sort commun à chacune d’elles. Que ce soit Badiou en train de parler, Patti Smith en train de chanter, un acteur en train de jouer, rien n’excède quelques dizaines de secondes, tout semble extrait, prélevé, présenté sous une forme incomplète.

Le film avance selon une logique de clic ultrarapide, une fenêtre chasse l’autre, rien ne doit s’installer. Le sens provient toujours d’un rapprochement inattendu, d’un raccord étonnant (“On ne peut comparer que l’incomparable”, entend-on). Et Godard orchestre aussi des sorties de route vers l’abstraction lyrique, jouant en virtuose de la pixellisation, prenant en compte jusqu’à la dénuder la matérialité numérique d’une image comme hier il jouait avec la vitesse de défilement du cinéma dans Sauve qui peut (la vie).

Le geste du film n’est pas différent de celui de beaucoup d’internautes, qui, dans leur petit labo, puisent dans le grand stock visuel disponible pour bricoler de nouveaux petits agencements et balancer tout ça sur YouTube. Le socialisme du film commence par là : la constitution d’une république des images, iconoclastement égalitaire, où le copyright est aboli, où les dénivelés statutaires qui séparent chacune d’elles sont comblés par le collage.

Si les collages des Histoires(s) avaient quelque chose de funèbre, si chaque épisode s’apparentait à un nouveau tombeau, quelque chose de plus vif se dessine ici. Le désenchantement face au monde qui dominait l’ ?uvre godardienne depuis une vingtaine d’années se nuance d’une sève plus offensive. Le film se termine par un appel à l’insurrection. “Quand la loi n’est pas juste, la justice passe avant la loi.”

Et cette famille Martin avec qui nous avons passé du temps, nous apprenons qu’elle porte le nom d’un réseau de résistance. Qu’est-ce qu’un acte résistant aujourd’hui ? Le film propose évidemment beaucoup de pistes, entretenant parfois à dessein la confusion. Mais il donne aussi une réponse claire, et ultracontemporaine.

Résister, c’est refuser la législation autoritaire et marchande sur les images, c’est les remettre toutes en circulation, jouer de leurs contrastes. Et inventer le cinéma contemporain des sites de partage d’images.

*


MEDIAPART

Avec Godard, en liberté

10 Mai 2010 Par Edwy Plenel , Ludovic Lamant , Sylvain Bourmeau

Mediapart vous propose d’aller à la rencontre de Jean-Luc Godard. Deux heures d’entretien en dix épisodes pour écouter la voix même du cinéma, un maître d’espérance qui n’a toujours pas pactisé avec le monde tel qu’il est, c’est-à-dire bancal, et tel qu’il va, c’est-à-dire mal.

JPEG - 27.1 ko
Lien sur la page Mediapart

L’entretien complet sur dailymotion.

*

Sur pileface : Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard

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Crédits :
http://www.transfuge.fr/
http://www.la-croix.com/
http://www.lesinrocs.com/
http://www.mediapart.fr/


Voir en ligne : Tout le dossier Méditerranée-Pollet de pileface


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7 Messages

  • V. Kirtov | 4 juillet 2016 - 15:25 1

    Michel Rocard parlait vite mais ne mâchait pas ses mots. Le Journal de TF1 du 4 juillet 2016 suivant son décès lui rend hommage.

    Il lui était arrivé de dire que la politique était « dégueulasse » - il en avait éprouvé les méfaits, face au cynisme de François Mitterrand -, mais la maladie qui débouche sur la mort, aussi. Jean Paul Huchon, son ancien chef de cabinet qui a été très proche de lui, et déclare avoir perdu "entre un grand-frère et un père", éprouver "une grande tristesse", ajoute : "Ça s’est passé tellement vite. Je l’ai vu il y a deux jours sur son lit d’hôpital, une terrible dégradation pour un homme d’une telle élévation"

    "C’était à la fois un très bon gouvernant, la France a été bien gouvernée quand il était là, et un inventeur. Il avait fait la paix en Nouvelle-Calédonie [1] - inventé des mécanismes capitaux comme la CSG, le RMI… Il a l’importance d’un grand dirigeant comme Léon Blum. Il n’a jamais trahi personne, ni son camp. Totalement non sectaire, respecté à gauche comme à droite.
    Jean-Paul Huchon

    « Un homme qui grandissait la politique »
    Nicolas Sarkozy

    « Un formidable enthousiasme que rien n’a jamais arrêté. »
    Jacques Chirac

    « Admiration et tendresse »
    Manuel Walls

    « Un homme d’une profonde morale : je ne crois pas l’avoir jamais vu faire quelque chose de médiocre. »
    Jean-Paul Huchon

    Le témoignage de Jean-Paul Huchon, par téléphone, le 4 juillet 2016, sur France Info :

    Crédit : http://www.franceinfo.fr/

    Dommage que les peuples préfèrent donner leurs voix aux grands bonimenteurs menteurs, aux cyniques, voire même aux médiocres plutôt qu’aux visionnaires sages et de profonde morale qui gouvernent avec comme point d’horizon le temps long. Les peuples, toujours découvrant, mais un peu tard, qu’ils ont été bernés, que le fromage leur échappe et qu’on ne les reprendra plus…
    Si, bien sûr !
    … La leçon n’est jamais retenue.
    Tellement habitués que nous sommes à prendre des vessies pour des lanternes. Et notre guide suprême, grand visionnaire pour temps obscurs, sage hôte de l’Elysée, d’ériger en vertus cardinales de l’homme d’Etat : l’éloge du normal et du mou.

    …Voltaire, La Fontaine, Rocard, au secours !

    [1alors que les antagonismes semblaient inconciliables et la situation inextricable, je m’en souviens – note personnelle


  • V. Kirtov | 29 avril 2015 - 12:16 2

    Des jolies filles, un vilain garçon, la caméra, la nouvelle vague, Jean-Luc Godard…
    Présentation humoristique de la carrière du cinéaste. C’est ICI…


  • A.G. | 26 janvier 2012 - 14:49 3

    Télérama du 25 janvier 2012. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.


  • A.G. | 21 janvier 2012 - 13:39 4

    J’ai rappelé, après d’autres, que Jean-Luc Godard avait tourné Film socialisme sur le « Costa Concordia » (voir ci-dessous). J’ignore le récit — ou le film — qui pourra être tiré du drame de ce gros paquebot échoué sur les côtes de Toscane. En attendant, les amateurs de naufrage pourront relire Les Naufragés du "Batavia" de Simon Leys dont Sollers a rendu compte dans Leçons d’un crime. Simon Leys a également supervisé l’édition du livre de Joseph Conrad Le naufrage du Titanic où, nous dit l’éditeur, « se lit l’indignation d’un marin (Quelques réflexions sur la perte du Titanic, Quelques aspects admirables de l’enquête, 1912) qui assiste au bouleversement d’un monde, celui des hommes de mer sacrifiés à la nouvelle économie et au tourisme. » (Editions Arléa). Le grand Conrad (admiré aussi de Godard) y écrivait déjà en 1912 :

    Vous construisez un hôtel de quarante-cinq mille tonnes, fait de fines tôles d’acier, pour assurer la sécurité d’une clientèle, disons de quelques centaines de riches particuliers (car s’il ne s’était agi que d’immigrés, de telles exagérations de taille n’auraient jamais été commises) ; vous le décorez dans un style Pharaon ou Louis XV, et pour plaire à cette petite poignée d’idiots qui possèdent plus d’argent qu’ils n’en peuvent dépenser, vous lancez cette masse sur les eaux, sous les applaudissements de deux continents, avec deux mille personnes et à une vitesse de vingt et un noeuds — démonstration de cette foi aveugle dans la modernité de simples machines et d’ineptes matériaux. Puis le drame se produit. Tumulte général. La foi aveugle qu’on vouait aux machines et aux matériaux reçoit un coup fatal. (Je ne dirai rien de la crédulité avec laquelle furent avalées toutes le déclarations que les spécialistes, les techniciens et les bureaucrates se plurent à répandre, à des fins de gloire ou de profit.) Et l’on demeure là, stupéfait, blessé dans sa sensibilité la plus profonde. Mais compte tenu des circonstances, à quoi d’autre pouvait-on s’attendre ?

    Conrad concluait — avec un évident manque de compassion :

    [Ce] n’est ni un drame, ni un mélodrame, ni une tragédie, mais la simple manifestation d’une folle arrogance. Il n’est pas plus héroïque de se noyer à bord d’une grosse citerne trouée et impuissante, pour laquelle vous avez payé votre billet, que de succomber à une colique provoquée par un saumon avarié, provenant d’une boîte de conserve achetée chez l’épicier.

    Un siècle a passé. Certes, le drame du Costa Concordia n’a pas, cette fois-ci, fort heureusement, l’ampleur de la tragédie du Titanic. Mais personne ne peut douter sérieusement que, avec la démocratisation des croisières, le progrès viendra, car le principe de « la nouvelle économie », comme « le principe de la nouvelle navigation », dénoncés en son temps par Conrad, semble bien être, plus que jamais :

    Quoi que vous aperceviez devant vous, foncez droit dessus. Simplissime.

    Cela peut donner « des choses comme ça » : « Aujourd’hui, ce qui a changé, c’est que les salauds sont sincères ».

    <embed flashvars="image=http://www.pilefacebis.com/sollers/IMG/jpg/preview_film_socialisme_extrait1.jpg&file=http://www.pilefacebis.com/media/video/film_socialisme_extrait1.flv" allowfullscreen="true" allowscripaccess="always" id="player1" name="player1" src="http://www.pilefacebis.com/jwplayer/player.swf" width="400" height="300" />
    (durée : 4’14" — Archives A.G.)


  • A.G. | 18 janvier 2012 - 13:00 5

    Présages ? On ne sait. Force est de reconnaître que Jean-Luc Godard a tourné un grand nombre de scènes de Film Socialisme sur le paquebot qui vient de s’échouer près des côtes italiennes...

    Lire : Quand Jean-Luc Godard filmait la fin du monde sur le Costa Concordia

    ou : Godard a filmé la fin de l’Europe sur le « Costa Concordia ».

    Fin de l’Europe, fin du monde ? Pas d’éclaircie ?
    _ Allez, courage : « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. » (Hölderlin)


  • A.G. | 27 juillet 2010 - 18:44 6

    Rencontre publique avec Jean-Luc Godard
    Vendredi 18 juin, après la projection de son Film Socialisme, Jean-Luc Godard a répondu aux questions du public pendant près de deux heures. Questions prétextes souvent pour des réponses à côté et brillantes. Vidéo intégrale de cette soirée Médiapart, en partenariat avec arte.tv.

    Nous en avions évoqué l’idée avec lui dès la fin avril lors de notre visite à Rolle en Suisse, avant que des « problèmes de type grecs » ne l’empêchent de tenir à Cannes une conférence de presse : Jean-Luc Godard a accepté notre proposition d’une rencontre publique à Paris à l’issue d’une projection de son Film Socialisme. Elle eut lieu vendredi 18 juin dans la grande salle (comble) du Cinéma des cinéastes, avenue de Clichy où s’étaient pressés jeunes étudiants en cinéma, amis cinéastes (Agnès Varda, Luc Moullet...), acteurs (Melville Poupaud...), critiques historiques des Cahiers, et journalistes des Inrocks, de Rue89, etc.
    Tel un jazzman en forme olympique, JLG y a brodé sur ses thèmes du moment, ceux qui lui ont servi d’échafaudage théorique à ce dernier film (comme le fut A Bout de souffle, chacun de ses films étant, pour un temps, son dernier film a-t-il rappelé). Il a pris chaque question comme la possibilité d’un accord (plus souvent un désaccord d’ailleurs), et s’est lancé dans des improvisations virtuoses, laissant entendre des échos aphoristiques de l’entretien que nous avions publié en dix volets sur Mediapart.

    Pour ce qui restera sans doute le clou de ce moment d’intelligence, Jean-Luc Godard déplia une double page de l’édition du jour du Monde, qu’il eut l’audace de faire tenir à son ancien directeur Edwy Plenel, histoire de faire la démonstration géométrique de la supériorité du cinéma sur les films.
    crédit : mediapart.fr


  • A.G. | 17 juin 2010 - 00:31 7

    Sur le dernier Godard, on peut lire, sur le site qui lui est dédié, cet article. Il a l’avantage d’apporter quelques précisions sur certaines scènes ou, surtout, certaines citations dont le sens n’auraient pas été perçues, voire simplement "ouïes", même après une "seconde vue" (ce qui est mon cas), tant le travail sur la bande son (les bandes son) est complexe à déchiffrer même pour un spectateur actif...