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Sur Arthur Rimbaud - Correspondance posthume !

Autour d’Arthur Rimbaud et la photo retrouvée

D 16 avril 2010     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


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Crédit : L’Express 15 avril 2010

Non ce n’est pas la photo retrouvée du visage inconnu d’Arthur Rimbaud adulte, à la terrasse de l’Hôtel d’Univers à Aden en Abyssinie, celle qui est exposée pour la première fois au Salon international du Livre ancien (15-17 avril 2010), mais celle de sa soeur cadette dont cette correspondance révèle le rôle important dans le façonnage du mythe Rimbaud.

Le buzz autour de la photo retrouvée d’Arthur Rimbaud repris par les radios et au journal de TF1 a eu tendance à prendre le pas sur l’événement littéraire qu’elle était censée promouvoir : la sortie du premier tome de l’incroyable recueil intitulé, Sur Arthur Rimbaud. Correspondance posthume 1891-1900, publié ce 13 avril aux éditions Fayard, par Jean-Jacques Lefrère.

Ajout des dessins d’Isabelle.

Présentation de l’éditeur

Pour la première fois en France, et à partir de l’exemple le plus symbolique de notre patrimoine littéraire, Jean-Jacques Lefrère montre comment et par qui un véritable "mythe" est né, puis a été entretenu. Il a collationné l’ensemble des lettres, documents et articles de journaux qui ont mentionné Rimbaud depuis le jour de sa mort, le 10 novembre 1891, jusqu’en 1900. Nous assistons donc à la structuration des éléments de ce mythe. Entrent d’abord en scène les premiers biographes du poète tels que Darzens, Verlaine, Delahaye, Bourguignon, Houin, ainsi que la s ?ur du poète, Isabelle, et Vitalie, la terrible « mère Rimb ». Lorsque Paterne Berrichon décide d’entreprendre à son tour la biographie de Rimbaud, il va nouer une singulière relation épistolaire avec Isabelle, qui, au fil des mois, débouchera sur une demande en mariage alors qu’ils ne se sont jamais rencontrés. Nous verrons aussi la mise en place progressive du travail de censure et de réécriture auquel se livrent Isabelle et Paterne Berrichon. Néanmoins, c’est bien grâce à ce couple qu’il sera possible de préserver nombre de témoignages et de documents. Le milieu littéraire ne reste pas insensible à l’annonce de la disparition de Rimbaud : l’étrange ami sur lequel Verlaine a tiré au revolver, l’excellent élève que Hugo aurait gratifié d’un "Shakespeare enfant", l’"Africain" qui a renoncé à la poésie... Mallarmé, Gourmont, Claudel, Kahn, Valéry, Louÿs et beaucoup d’autres vont intervenir et jouer un rôle dans cette histoire, les uns militant en faveur de Rimbaud, d’autres l’égratignant, d’autres encore se l’appropriant.

Le livre sur amazon.fr

Jérôme Dupuis dans « Rimbaud d’outre tombe »

(L’Express du 15 avril 2010) :

« Après un premier volume de Correspondance "anthume" du poète, paru en 2007, les éditions Fayard et le grand rimbaldien Jean-Jacques Lefrère se sont en effet lancés dans une entreprise folle et, semble-t-il, sans équivalent dans la littérature mondiale : publier l’intégralité des lettres échangées par des proches, des hommes de lettres et des témoins, à propos d’un poète, Rimbaud, à compter du jour de sa mort. Le résultat, une somme de 1 200 pages, parfois anecdotique, souvent émouvante, toujours instructive, est fascinant. Chose rare, on y voit une postérité se construire sous nos yeux. Le "casting" de ce premier volume de Correspondance posthume (1891-1900) - au moins deux autres devraient nous mener jusqu’aux années 1930 - est éblouissant : Verlaine, bien sûr, mais aussi Maurras et Jaurès, Mallarmé et Gide, Claudel et Valéry...

"Il régnait sur une peuplade de nègres"

Pourtant, au milieu de toutes ces sommités des lettres parisiennes, la vraie "révélation" de ce volume est une jeune Ardennaise inconnue : Isabelle Rimbaud, soeur cadette d’Arthur. »

(cache pileface pdf de l’article de L’Express, ici).

Voir aussi l’article du Figaro Littéraire

« Sitôt la photo en leur possession, les chasseurs se muent en membres de la police scientifique. Quel lien entre ce cliché et Rimbaud (qui vécut à Aden durant les dernières années de sa vie). Qui est cet homme assis qui regarde l’objectif ? Ne serait-ce pas... ? Les premiers signaux sont positifs : la période, le cadre, les détails, les personnages.

Les experts entrent en jeu

Désireux de s’octroyer l’aide d’experts es Rimbaldie, ils entrent en contact avec Jean-Jacques Lefrère, biographe de Rimbaud et spécialiste incontesté. Quand ils le rencontrent, celui-ci travaille à un ouvrage monumental, une « correspondance posthume » regroupant des lettres, documents et articles mentionnant Arthur Rimbaud, de sa mort en 1891 jusqu’à 1900 (Il paraît aujourd’hui chez Fayard.) Jean-Jacques Lefrère étudie à son tour le document, et sa conviction est rapidement faite : c’est bien le poète des Illuminations qui figure sur cette photographie. »

(cache pileface pdf de l’article du Figaro, ici).


Le Nouvel Obs
y est allé aussi de sa synthèse et nous dit très justement :

« Il n’a même plus tout à fait l’air de « l’homme aux semelles de vent » qu’aimait Verlaine, ni de l’alchimiste du Verbe qui, quelques années plus tôt, pouvait encore chantonner, en funambule :

« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ;
des guirlandes de fenêtre à fenêtre ;
de chaînes d’or d’étoile à étoile,
et je danse
 »

Un peu d’imagination permet en revanche de lui trouver une tête de trafiquant (d’armes ?), avec sa fine moustache qui n’a pas l’air de plaisanter. Lefrère et Desse, eux, préfèrent insister sur son « allure » :

« celle d’un homme fatigué et un peu égaré, dont quelques traits - l’expression de lassitude, l’enfoncement des yeux - semblent porter la marque d’un passé difficile. »
 »

(cache pileface pdf de l’article du Nouvel Obs, ici)


Les dessins d’Isabelle

Comme Arthur, Isabelle aimait griffonner des dessins. On en trouve sur son livre de « Dépenses » devenu cahier de brouillons. Ainsi a-t-elle laissé à la postérité, non seulement sa correspondance, mais quelques portraits plus ou moins élaborés, d’Arthur, (sept ou huit).


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Feuillet de brouillons dans lequel on a cru reconnaître un portrait de Rimbaud aidant à la moisson (été 1878 ou 1879).


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Arthur Rimbaud, malade


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« Ce Rimbaud au visage ravagé par la maladie a été dessiné par Isabelle en 1891. Rimbaud y porte le même calot que dans ses photographies du Harar » ce qui suscite cette mention sur le site http://www.rimbaud-arthur.fr/ : « semble être le dernier portrait de Rimbaud avant sa mort et avoir été exécuté de façon posthume d’après une photographie prise en Ethiopie en 1883. »

Sur son lit de souffrance, Marseille


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Il vient d’être amputé. On ignore la date d’exécution de ce dessin.

Arthur Rimbaud mourant


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C’est Paterne Berrichon qui publia le premier ce dessin d’Isabelle, sa femme, dans son troisième article consacré à Rimbaud dans la Revue blanche, juillet-septembre 1897 et numérisé par la BnF sur son site Gallica :


http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k155342.image.f386.pagination

Pour les plus curieux, l’article débute ici :
http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k155342.image.f376.pagination

Arthur Rimbaud en joueur de harpe abyssin


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Isabelle Rimbaud a confectionné ce portrait de son frère en 1891. On peut y déceler avec l’emprunt de cette harpe au pittoresque oriental, un début de touche hagiographique. Ce dessin s’inspire largement d’une illustration de presse représentant un joueur de harpe abyssin où elle a substitué à la tête de ce personnage celle de son frère, telle que l’on peut l’observer dans les portraits d’après nature qu’Isabelle fit du poète pendant les derniers mois de sa vie. Verlaine fait allusion à ce croquis dans son poème de Dédicaces consacré à Rimbaud : "Toi, mort, mort, mort ! Mais mort du moins tel que tu veux ..."


Paul Verlaine, Dédicaces, LVII
À ARTHUR RIMBAUD - II
SUR UN CROQUIS DE LUI PAR SA SOEUR

Toi, mort, mort, mort ! Mais mort du moins tel que tu veux,
En nègre blanc, en sauvage splendidement
Civilisé, civilisant négligemment ...
Ah, mort ! Vivant plutôt en moi de mille feux

D’admiration sainte et de souvenirs feux
Mieux que tous les aspects vivants même comment
Grandioses ! de mille feux brûlant vraiment
De bonne foi dans l’amour, chaste aux fiers aveux.

Poète qui mourus comme tu le voulais
En dehors de ces Paris-Londres moins que laids,
Je t’admire en ces traits naïfs de ce croquis,

Don précieux à l’ultime postérité
Par une main dont l’art naïf nous est acquis,
Rimbaud ! Pax tecum sit, Dominus sit cum te !

Crédit : http://abardel.free.fr/
http://www.rimbaud-arthur.fr/


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