Home | Les Albums Pileface | Villa Medicis | image 14 de 40
"Idée de pierre", l'arbre de Giuseppe Penone sculpteur italien contemporain né en 1947.« Qu’est-ce qu’une idée qui apparaît soudainement ou après une longue réflexion ? Une idée qui s’est formée par l’addition de myriades de pensées précédentes, polies par le temps, compressées par le poids des souvenirs, endommagées par les doutes et incertitudes… ? C’est le galet de la rivière apparaissant entre les branches d’un arbre… »
Ainsi s’exprimait G. Penone dans un texte du catalogue de l’exposition que lui consacrait La Villa Médicis, en 2008. Ce texte mériterait d’être placé sur son arbre « Idée de pierre » érigé dans la cour de la Villa, comme ces plaques informatives qu’installent les arboriculteurs pour signaler les beaux spécimen des parcs et jardins ouverts au public. Classé par certains critiques dans le mouvement « Arte povera », en raison de son art minimaliste, économe de matériaux, parfois prélevés à même les rejets de la nature , Giuseppe Penone ne cesse d’explorer les rapports de l’homme et de la nature. Pénone a aussi réalisé L'Arbre à voyelles, moulage en bronze d'un chêne de 14 mètres de long (commande de l'Etat français) installé dans le Jardin des Tuileries.
« Depuis ses collines excentrées du cœur de Turin, il forge l'horizon. Rien n'est gaspillé : il transforme […], recrée le monde, le façonne, le rend immortel. De ce bloc de marbre blanc, abandonné à même le sol, à travers des veines poussiéreuses, taillées dans la masse, on entend le grondement du sang, on distingue clairement la chute d'une cascade glissant sur un rocher. Giuseppe ne raconte pas, il émeut, nous laisse regarder. Toutefois, il aime partager et faire partager ses visions : il tend la main vers l'œuvre, comme pour en indiquer le cheminement ; toujours, il la contemple, l'interroge avec nous, comme si, après lui avoir donné la vie, elle ne lui appartenait plus, comme s'il venait juste de la rencontrer, de se retrouver nez à nez avec elle, comme s'il se trouvait soudain confronté à un bloc d'humanité tombé du ciel en un éclair, comme la foudre au milieu de l'océan.
Richard Peduzzi, Rome, 2008, Directeur de la Villa Médicis