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REVUES
  • Tel Quel - éd. Seuil, 1960-1982.
  • L'INFINI - éd. Denoël, 1982-1983 - ed. Gallimard 1983-.



FILMOGRAPHIE, AUDIO-VIDEO
> Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
10 mars 2010, par V.K.

Cher Thelonious et autres visiteurs,

1. Il est possible de réserver votre DVD Vita Nova sur ce forum pour ceux qui ne pourront assister aux projections (ou via le mail pileface@wanadoo.fr)

2. La production Vita Nova prendra contact avec vous après le 10 avril pour vous préciser les modalités d’achat par correspondance ( sous réserve d’avoir renseigné une adresse email valide dans votre message ). Votre réservation entraînera un traitement prioritaire et en bonus, une dédicace.

3. Au-delà du 10 Avril, les modalités d’achat par correspondance définies par la production Vita Nova seront publiées dans ce forum.

Merci d’avoir signalé le texte « Pamina (Mémoires d’une danseuse) » publié dans le numéro 79 de L’Infini (Eté 2002). Florence Lambert appréciera.

> Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
10 mars 2010, par thelonious

Tout comme Laurent Husser impossible d’être à Paris en Avril. S’il est possible de commander le DVD merci d’indiquer la procédure à suivre.

Sur Florence Lambert :outre les deux références de textes publiés dans l’Infini, j’ajoute le texte "Pamina" (Mémoires d’une danseuse) publié dans le numéro 79. C’est pour moi un très très grand texte. Cordialement

> Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
9 mars 2010, par Laurent Husser
Ah d’excellente nouvelles ! j’attendrai le 10 avril alors...
> Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
9 mars 2010, par V.K.
Ce que l’équipe de Vita Nova, dans sa modestie et approche non commerciale, omet de dire c’est que le DVD de Vita Nova est édité avec un livret qui comprend un texte inédit de Marcelin Pleynet et quelques documents complémentaires. Nul doute que la singularité de l’objet, son élégance, ses inédits en fassent un collector en puissance.
> Martine
8 mars 2010, par A.G.

Vu à la télé « la solide et charmante Martine Aubry », sobre, précise, convaincue, anti-Frêche résolue.

« L’entreprise France a maintenant besoin d’une femme populaire, épanouie, bien en chair, pas people pour un sou, avenante et sécurisante. C’est Martine Aubry, aucun doute, bien meilleure dans le rôle de l’identité nationale sans burqa que Ségolène Royal, trop branchée au centre, et que ses concurrents masculins déjà très vieillis. » Le Journal du Dimanche, 31 janvier 2010.

Ce qui s’écrit au seuil de cette nouvelle année du tigre était prévisible dès le Journal de l’année 1998, non ? En tout cas, j’en formulais l’hypothèse dès novembre 2008, après le désastreux congrès de Reims.
A suivre...

> Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
8 mars 2010,

Cher monsieur Husser, En effet, un DVD sera en vente sur place pendant les projections... si vous ne pouvez pas vous déplacer, une vente par correspondance pourra se faire après le 10 avril... La production reprendra contact avec vous...

Cordialement, L’équipe de Vita Nova

> Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
8 mars 2010, par Laurent Husser
D’après votre texte, il y aurait une version DVD à vendre. Avez-vous un contact pour l’acheter par correspondance ? Merci !
> Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard
6 mars 2010, par A.G.

Les 43 secrets de Godard

Jacques Drillon : « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le réalisateur de « Pierrot le Fou » sans oser le demander. Grâce à Antoine de Baecque, qui lui consacre une biographie monumentale, pleine de révélations » : nouvelobs.com

> Enregistrement intégral conférence du 18 janvier 2010
5 mars 2010, par V.K.

L’ enregistrement intégral de la conférence de Sollers du 18 janvier 2010 :
« Le 18ème siècle : la révolution catholique »
Maintenant disponible :

(Crédit : Collège des Bernardins)

> Sollers, l’isolé absolu (I)
5 mars 2010, par H JL D.

bonjour à tous,

encore faudrait il pouvoir le voir ... en ce merveilleux XXIeme siècle ou tekne éclot de toute chose ... vide & infatué.

H D.

> La barbarie sans foi ni loi
5 mars 2010, par A.G.

BHL invité de Karl Zéro le 3 mars 2010.


Bernard-Henri Lévy
envoyé par BFM. - L’actualité du moment en vidéo.

> Martha Argerich joue Frédéric Chopin
4 mars 2010, par Sokolnitz
Ca m’a fait extrêmement chaud au coeur, en tant qu’amoureux de Chopin depuis des années, de lire quelques lignes de Sollers sur lui. Par contre, le Chopin d’Argerich n’est pas forcément mon préféré. Elle est sublime dans les deux concertos dirigés par Charles Dutoit.
> Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
4 mars 2010, par A.G.

La programmation commence, bien sûr, le mardi 6 avril.
Pleynet sera présent, c’est la saint... Marcelin.

Le site consacré à Pleynet est le premier. On serait tenté de dire : enfin !

> La barbarie sans foi ni loi
4 mars 2010, par Alceste
Lanzman (et d’autres) connaît mal ses classiques. Il convient de rappeler ce que Sartre aurait dit de Bernard-Henri Lévy, d’après Stéphane Auclair dans "Huit jours chez M. Sartre", quatre pages (64 à 69), qui se concluent par "Tous les tondus des camps se rallient au panache de sa brune tignasse, toutes les bouches brisées s’expriment par sa voix, tous les disparus lui permettent de paraître et tous les oubliés de ne le faire jamais oublier. Admirez comme rien ne se perd : il se torture sous nos yeux de leurs tortures au fond des caves et il n’est pas jusqu’aux morts du passé, dont on fait du savon avec les graisses, qui ne lui doivent reconnaissance pour s’être fait, avec leurs souffrances, une brosse à reluire". Tout est dit, et de façon définitive, bien loin des petitis épouillages d’un Vidal-Naquet et des éructations du club des haines réciproques.
> François Meyronnis, le scripteur antisocial
27 février 2010, par Valérius

Ce Meyronnis que tu connais bien est un charmant homme, spirituel, plein d’urbanité, et ce même personnage fait beaucoup plus de prose poétique que personne. Mais viens-tu à lire sa prose, ce meyronnis si élégant, si plein d’urbanité, te fait, en revanche, l’effet d’un trayeur de chèvres ou d’un terrassier, tant il est maladroit et différent de lui-même. Cet homme qui tout à l’heure semblait si malin, ou mieux encore, un esprit si aiguisé, ce même homme est plus grossier que les rustres les plus grossiers dès qu’il a touché à la littérature ; ce même homme n’est pourtant jamais si heureux que quand il écrit une phrase, tant il est content de lui et s’admire lui-même.

PS : on peut substituer Haenel à Meyronnis, Zagdanski à Haenel etc.

> Sollers Céline
26 février 2010, par A.G.

Sur France Inter le 27/02/2010 : Louis-Ferdinand Céline

"Faire danser des alligators sur une flûte de pan" : voici la définition que donne Céline de la littérature. Auteur complexe, ambigü, insaisissable, il laisse derrière lui une oeuvre monumentale, que je vous propose d’aborder ce soir [samedi], à travers des extraits de : Mort à crédit, (1ère éd. 1936), Gallimard, Folio, 1985 ; Voyage au bout de la nuit, (1ère éd. 1932), Gallimard, Folio, 1972 ; Guignols’band, (1ère éd. 1944), Gallimard, Folio, 1989 ; Féerie pour une autre fois, t. I, (1ère éd. 1952), Gallimard, Folio, 1977 ; Lettres de Céline, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, édition établie par Henri Godart et Jean-Paul Louis, 2009.
Et avec les voix de Céline, Dominique Rolin, Arletty, Judith Magre, Marguerite Yourcenar et Julia Kristeva.

Non, ça peut pas faire de mal.

> La barbarie sans foi ni loi
25 février 2010, par Orlando

-  On aime bien BHL par ici. Pourquoi pas. Le bonhomme est mediasympa. Mais pardon, un philosophe qui entreprend d’analyser la pensée de Kant à partir des écrits de Botul... Vous ne trouvez pas ça rigolo ? - Rigolo, certes. Mais les meilleures blagues sont les plus courtes. - Mais est-ce bien sérieux de citer Botul, de la part du philosophe que le monde entier nous envie ? - Jalousie, tout ça n’est que jalousie. - C’est vrai qu’il est beau gosse notre BHL. Et en plus plein aux as, et aimé des médias. - Voilà, toujours la même rengaine. On en veut aux riches, c’est pas juste. -Bon, le mieux c’est de le renvoyer à ses chères études. Mais s’il étudie vraiment, il faudra qu’on le voie moins sur le petit écran.
> Le Texte de Rimbaud
24 février 2010, par A.G.

Laurent Zimmermann / Rimbaud

Alain Veinstein s’entretient avec l’auteur. Du jour au lendemain

stephane Zagdanski
23 février 2010,
Stephane Zagdanski est le meilleur ecrivain Francais.
> Lautréamont politique aujourd’hui comme jamais
22 février 2010, par A.G.

Nouvelle polémique

Lu dans L’express : « La Quinzaine littéraire a refusé de publier une critique virulente du récent volume de la Pléiade consacré à Lautréamont, signée Jean-Jacques Lefrère, pourtant collaborateur régulier de cette dernière... »

Lautréamont en Pléiade, le rendez-vous manqué... par Jean-Jacques Lefrère.

La prolifération des jalousies semblent bien être le trait marquant de l’actualité éditoriale. Les jalousies universitaires n’ont rien à leur envier !
Pourtant, même si on ne saurait partager ces phrases, bêtes et guère argumentées, évoquant : « des seconds couteaux tels que M. Pleynet ou M. Jouffroy, dont les réflexions sur le sujet trouveraient plus de légitimité dans la partie anthologique de quelque Histoire de la phraséologie à travers les âges. », les précisions apportées par J.J. Lefrère, biographe en général rigoureux (par exemple de Rimbaud), sur certaines inexactitudes de l’édition de la Pléiade nous paraissent devoir être portées à la connaissance des lecteurs de Lautréamont/Ducasse.

On lira aussi les nouvelles perspectives ouvertes par le "second couteau" Marcelin Pleynet dans le numéro 109 de L’infini sous le titre Lautréamont : Écrits sur la grâce dont nous avons cité quelques extraits ailleurs.

Lautréamont politique comme jamais !

> Nabe
21 février 2010, par V.K.
« L’Homme qui arrêta d’écrire », de Marc-Edouard Nabe, a été publié le 10 janvier 2010, directement par l’auteur. Tiré à 1000 exemplaires. Epuisé. En cours de réimpression (http://www.marcedouardnabe.com/).
Ne connais pas son contenu. De la même façon que les différents tomes du Journal de Nabe figurent dans la liste des œuvres « Autour de Sollers », l’ajouterai à la liste si Sollers y est évoqué. Est-ce le cas ? Peut-être pouvez-vous compléter votre message par un extrait. Merci de votre vigilance et de votre signalement.
> Bibliographie
21 février 2010, par Totoz Hinconu
Manque à cette liste d’oeuvres sur Sollers, L’Homme qui arrêta d’écrire, de Marc-Edouard Nabe, .
> Casanova l’admirable
19 février 2010, par A.G.

La BNF acquiert le manuscrit original des mémoires de Casanova

Sollers à la BNF le 18 février

« Je commence par déclarer à mon lecteur que dans tout ce que j’ai fait de bon ou de mauvais dans toute ma vie, je suis sûr d’avoir mérité ou démérité, et que par conséquent je dois me croire libre. La doctrine des stoïciens, et de toute autre secte sur la force du Destin est une chimère de l’imagination qui tient à l’athéisme. Je suis non seulement monothéiste, mais chrétien fortifié par la philosophie, qui n’a jamais rien gâté.
Je crois à l’existence d’un Dieu immatériel créateur, et maître de toutes les formes ; et ce qui me prouve que je n’en ai jamais douté, c’est que j’ai toujours compté sur sa providence, recourant à lui par le moyen de la prière dans toutes mes détresses ; et me trouvant toujours exaucé. Le désespoir tue ; la prière le fait disparaître ; et après elle l’homme confie, et agit. »

Giacomo Casanova, Préface à Histoire de ma vie, Robert Laffont, 1993.

> Le jeu de Marienbad
19 février 2010, par A.G.

Projection d’un making of inédit de L’Année dernière à Marienbad.

Sur le site la revue La Règle du jeu.

> La barbarie sans foi ni loi
19 février 2010, par A.G.

Nouvelle mise au point de Bernard-Henri Lévy

Le philosophe s’en prend à la pseudo "critique littéraire", au Nouvel Observateur (suite au papier douteux de Delfeil De Ton - "Lévy, Botul, Balkany") :

« Le journal, qui a été le journal de Foucault et le journal de Sartre, se serait-il permis des papiers comme celui-là ? Que M. Delfeil de Ton, qui ne s’est jamais donné le mal que de faire le tour de la machine à café de son journal, se permette une attaque comme celle-là. Ça, dans Le Nouvel Observateur, je trouve que c’est une date. Je trouve ça proprement ahurissant. Et que la société des rédacteurs (SDR) fasse un communiqué pour se féliciter de tout ça et pour se réjouir de voir le journal de Jean Daniel lancer et alimenter cette chasse à l’homme ».

Il s’explique sur son rapport au médias et regrette qu’on ne le critique pas sur ses idées : tout ça, " c’est surtout ridicule pour ceux qui s’en servent pour éviter de lire. " (Rappelons que Pièces d’identité est un volume de 1300 p. et De la guerre en philosophie, un essai de 130 pages).


BHL invité ce matin de Nicolas Demorand sur France Inter
envoyé par BernardHL

A noter que le N.O. a mis sur son site le verbatim de l’interview.

> La polémique Lanzmann-Haenel (suite)
19 février 2010, par A.G.

Une nouvelle mise au Point de Yannick Haenel

Haenel : « Mon livre porte la parole de Jan Karski »

Polémique, suite. Le 23 janvier, Claude Lanzmann, le réalisateur de «  Shoah », accusait le romancier de falsifier l’Histoire dans son roman « Jan Karski » en mettant en scène un Roosevelt indifférent au sort des juifs sur lequel le résistant polonais venait l’alerter en 1943. A la suite de Lanzmann, la semaine dernière, l’ancien sénateur de Pologne et président de l’Association des amis de Jan Karski, Kazimierz Pawelek, s’insurgeait dans nos colonnes (voir Le Point n° 1951) contre le roman de Haenel, accusé d’ « insouciance » et d’ « ignorance » . Voici la réponse du romancier.

M.Kazimierz Pawelek a connu, dit-il, Jan Karski et ne le reconnaît pas dans le livre que je lui consacre. Il affirme que je « nui [s] à l’image de Jan Karski » , et va jusqu’à « mettre en garde » les lecteurs contre la nocivité de mon livre. Ne devrait-il pas carrément en appeler à son interdiction en Pologne ? Car c’est bien cela, n’est-ce pas, qui irrite M. Pawelek : la parution prochaine, aux éditions Wydawnictwo Literackie, de la traduction polonaise de « Jan Karski ».
En quoi donc mon livre porterait-il atteinte à la mémoire du « héros national » qu’est Karski ? Il est clair que M. Pawelek ne s’élève pas contre mon livre par goût de la vérité, comme il essaie de le faire croire, mais par intérêt. Son indignation est calculée : il a besoin de faire croire, concernant la question de l’extermination des juifs d’Europe, que l’attitude des Alliés (les Anglais, les Américains, mais aussi Staline, que Roosevelt appelait « Uncle Joe ») a été irréprochable. Les raisons d’une telle croyance — et d’une volonté de continuer, en 2010, à le faire croire — ne me regardent pas. Mais M. Pawelek s’est persuadé que Jan Karski le croit aussi. Mon livre dit le contraire. Il faut donc éliminer mon livre.

Une mise au point s’impose.
J’ai réinventé, dans mon livre, la scène de la rencontre entre Roosevelt et Karski. Je fais bâiller Roosevelt lorsque Karski lui parle de l’extermination des juifs, pour faire sentir la surdité politique des Alliés. J’ai exagéré le trait afin que cette surdité devienne, aux yeux des lecteurs, insupportable. Cela s’appelle la satire et appartient au registre de ce qu’on nomme la littérature. Le but : faire entendre le mépris dans lequel la parole de Karski a été tenue. Que Roosevelt ait été sympathique ou non n’est pas la question : Karski n’a pas été entendu. L’important n’est pas ce qui s’est passé pendant cette rencontre, mais après cette rencontre : en l’occurrence, rien - inertie des Alliés.
M. Pawelek s’offusque : « Il est blessant, dit-il, de voir un auteur attribuer à Karski des idées et des actions qui ne correspondent pas à la réalité. » Autrement dit, j’invente cette scène. Sans blague ! Ce que j’essaie de faire entendre, à travers cette invention, c’est une révolte. La révolte de Karski, mais aussi une révolte universelle.
M. Pawelek prétend, avec un peu d’emphase, que Jan Karski n’a « jamais soupçonné les Etats-Unis de trahison » . Jamais ? Vraiment ? Pourtant Jan Karski écrit ceci, en 1985, dans la revue Kultura (et repris en 1986 dans Esprit) : « Les gouvernements alliés, qui seuls avaient les moyens de venir en aide aux juifs, les ont abandonnés à leur sort. » N’en déplaise à M. Pawelek, Jan Karski a bel et bien pensé que les Alliés avaient abandonné les juifs, cette phrase en fait foi. Karski a également raconté cette scène, avec beaucoup d’ironie, dans un film de la Shoah Foundation. Imitant Roosevelt, il dit que celui-ci, à la fin de l’entretien, lui déclare : « Vous direz à votre peuple que justice sera faite. » Ce à quoi Karski, consterné, répond : «  C’est tout ? »
(Voilà qui relativise l’image, répandue actuellement dans la presse française, d’un « vrai » Karski, élaboré à partir de ses Mémoires de 1944, dont on sait qu’il les a volontairement truqués, parce qu’on était encore en guerre.)

Mon livre est un roman, pas un ouvrage d’histoire. C’est écrit sur la couverture. J’ai pris soin de préciser, dans une note liminaire, les étapes de ma démarche. Il y a d’abord deux parties documentaires, grâce auxquelles le lecteur dispose de ce qu’on sait sur Karski. Puis une partie de fiction, qui s’interroge sur la période plus secrète de sa vie. La fiction est une forme de connaissance, elle interroge les êtres de l’intérieur, elle questionne ce qui échappe aux historiens, elle remet en vie. Comme le dit Jorge Semprun : « Sans fiction, la mémoire meurt. »
J’ai écrit un livre qui prend soin de Jan Karski, qui porte sa parole, qui ressuscite son nom. N’en déplaise à M. Pawelek, ce livre fait connaître Karski, il est même célébré par l’Institut Karski de Katowice, en Pologne.
Est-ce que M. Pawelek n’aurait pas tendance à enfermer Jan Karski dans l’officialité rigide d’une statue ? Il se refuse à comprendre que mon livre est un hommage, et que pour moi Jan Karski n’est pas seulement un grand résistant polonais, mais l’un des hommes les plus importants du XXe siècle.
J’apprends, ce qui n’est pas précisé dans l’article du Point, que M. Pawelek appartient, comme homme politique, à la gauche postcommuniste. Est-ce pour cela qu’il s’offusque lorsque j’écris dans mon livre que « la guerre n’était pas encore finie et déjà la Pologne était vendue à Staline » ? N’a-t-il jamais entendu parler des accords de Téhéran de 1943 ? Son attitude vis-à-vis de mon livre serait-elle donc dictée par sa mémoire politique ?
Il existe encore un monde où l’on « met en garde » contre la littérature. Ce monde, c’est celui de M. Pawelek. Dans le monde selon Pawelek, on tremble devant les puissants. Dans le monde selon Pawelek, on réduit tout au national. Dans le monde selon Pawelek, on fait encore et toujours la morale. Dans ce monde, personne n’est libre. Je ne fais pas partie de ce monde. Je pense que Jan Karski non plus.

Le Point, le 19/02/2010 N°1953

> Sollers et Pleynet sur Francis Ponge
17 février 2010, par A.G.

Ajouté ce jour.

Sollers lit L’Asparagus

A l’occasion de la réédition des Entretiens avec Francis Ponge, Sollers est l’invité de l’émission Carnets nomades sur France Culture le 20 avril 2001. L’émission est consacrée aux livres dont la lecture a été déterminante. Après avoir réécouté des extraits du premier entretien avec Ponge de 1967, Sollers revient sur sa rencontre avec l’écrivain. Il Iit un texte de Ponge, L’Asparagus, le commente, en appelle " à une nouvelle Raison ", évoque Le Soleil placé en abîme, parle des Lumières (27’30).

Voir ici, dans ce dossier.

> La barbarie sans foi ni loi
16 février 2010, par bulot

Après (et surtout avant) BHL, d’autres victimes de Jean-Baptiste Botul.

Oscar Gnouros (qui semble bien exister) s’est amusé à relever les écrits qui mentionnent Botul sans en remarquer le caractère fictif. C’est éloquent, morbleu !.

> Jean-Jacques Schuhl, Entrée des fantômes
14 février 2010, par brunochauvierre

Imaginez un peu qu’un fantôme vous adresse des SMS !!!?

ça se produit dès les premières pages. Et puis on voit le narrateur dîner seul un soir d’hiver, dans un décor déjanté. C’est foutraque. Un cinéaste lui propose de jouer le rôle du chirurgien, dans Les Mains d’Orlac, vieux film culte des années folles. Très morbid chic. Fascination à l’idée d’incarner une créature du mal. Rôle en phase avec le roman noir autour duquel ses pulsions de mort cristallisent son énergie à écrire.

Effet de morphing continuel, « ce procédé électronique par computer utilisé dans les nouvelles images pour transformer quelqu’un en un autre sous nos yeux. .. d’un fantôme l’autre... »

Après L’hyper Justine » de Simon Libérati, le genre morbid chic prend de l’ampleur avec ce livre déconstruit et moderne. Personnage au look aristocrate voyou, paroles d’une chanson électro-pop d’Etienne Daho, fredonnées devant l’aquarium d’un petit chinois lettré. Le décor est planté.

Alors pour se sortir de sa gadoue mentale, le narrateur s’imagine acteur pour mieux s’identifier à des personnages, se lance dans le théâtre, comme dans l’écriture d’un roman « sans savoir du tout pourquoi . » les mots raisonnent dans sa tête « comme quand on est très enrhumé »

Identification constante à tout personnage rencontré. Alors Schuhl s’interroge : « Mais fantôme, fantasme, projection, émanation, qu’est ce que ça changeait ? » Toute situation est transfigurée avec le support de dialogues internes. Le narrateur se parle beaucoup à lui-même, à son alter-ego, au petit autre qu’il porte en lui. Thème constant du double de soi-même car « la créature est une projection ou un double »

Le livre est plein de ces projections enrichies d’une vie sensorielle époustouflante. Ainsi avec la margarita « un tiers téquila un tiers cointreau... et le twist de citron vert, la fine écorce en hélice vient effleurer à nouveau ma lèvre... Au One Fifth on nous le servait en petit carafon évasés, le verre préparé, bien glacé, avec, la blancheur du givre autour, sur les vitres embuées » (p. 69)

Comme le coktail, le livre allume vite et rend léger... comme un fantôme !

> La barbarie sans foi ni loi
13 février 2010, par A.G.

Entretien avec Bernard-Henri Lévy.
Pour ceux qui aiment les mises au point claires et précises, écoutez BHL s’entretenant avec Jean-Claude Casanova et Jean-Marie Colombani ce samedi à l’émission La rumeur du monde.
A l’occasion de la publication de ses deux derniers livres, le philosophe revient sur ses divers engagements, certains points de l’actualité politique (la burka) ou philosophique (Badiou et quelques autres), et ce qu’il appelle, trente ans après Le Testament de Dieu, "le génie du judaïsme".


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

> La polémique Lanzmann-Haenel (suite)
12 février 2010, par A.G.

Wajda, la Pologne et Jan Karski

Le 11 février, sur France Culture, Arnaud Laporte reçoit le cinéaste Andrzej Wajda à l’occasion de la sortie de son film "Tatarak" le 17 février et de la rétrospective qui lui est consacrée à la Cinémathèque française du 8 février au 1er mars.

Extraits :

1. Lors de l’entretien, Wajda revient sur la réception, en 1958, de son film Kanal au festival de Cannes et son interprétation de l’insurrection polonaise de 1944 (4’02).


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

2. Puis, Alexandra Viatteau, spécialiste de la Pologne au XXème siècle, fait part, à la lumière des archives aujourd’hui en notre possession, de son point de vue d’historienne sur le rôle accablant des Alliés dans l’écrasement de l’insurrection. Questionnée par A. Laporte sur la polémique entre Yannick Haenel et Claude Lanzmann, elle défend le roman de Haenel, alors que Wajda (qui n’est pas au courant) ne souhaite pas s’exprimer (4’34).


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

L’entretien complet avec A. Wajda

> La polémique Lanzmann-Haenel (suite)
8 février 2010, par A.G.

Jean-Jacques Schuhl défend Yannick Haenel.
Lors d’un entretien avec Arnaud Laporte à propos de son dernier livre Entrée des fantômes, l’écrivain fait une digression sur la polémique avec Claude Lanzmann et, citant tel passage de Sartre ( !) dans son roman Les chemins de la liberté, affirme : « la fiction a tous les droits et ne doit répondre que d’elle-même. »

L’extrait ci-dessous (3’37) :


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

> La polémique Lanzmann-Haenel (suite)
6 février 2010, par A.G.

Sur Médiapart, Claude Lanzmann — tour à tour véhément critique littéraire, créateur, historien, idéologue — répond à nouveau à Yannick Haenel. La confusion s’accroît.

Entretien avec Sylvain Bourmeau du 3 février 2010

1. Lanzmann parle du Jan Karski de Haenel. Fiction et vérité.


Claude Lanzmann parle du « Jan Karski » de Haenel (Mediapart)

2. Lanzmann parle de son Jan Karski. Jan Karski parle.


Claude Lanzmann parle de son Jan Karski (Mediapart)

3. « Non, les Juifs ne pouvaient pas être sauvés. »

« Si quelqu’un sait ça, c’est moi. »


Claude Lanzmann : l’impossible sauvetage des juifs Mediapart

4. Sur Haenel et Littell.

« Littell est un mec qui a un talent extrême, c’est pas le cas de "l’autre". »


Claude Lanzmann sur Haenel et Littell (Mediapart)
envoyé par Mediapart

*

> Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard
5 février 2010, par A.G.

Courts-circuits

A l’occasion de la publication de son roman (Le Cherche Midi, 2009), Alain Fleischer, dans un entretien avec Alain Veinstein (11-09-09), revenait sur son film et Jean-Luc Godard (5’40).

« ça sent la mauvaise vie » (Philippe Sollers)


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

*

Godard et la question juive

Vous trouverez de nombreux documents sur ce site Pour Jean-Luc Godard.

A noter l’article de Gérard Wajcman « Saint Paul » Godard contre « Moïse » Lanzmann qui sera repris dans le numéro 65 de L’infini (printemps 1999) sous le titre Le Match Godard-Lanzmann et les précisions apportées sur les propos d’Alain Fleischer que je citais dans mon commentaire précédent.

> Journal du mois de janvier 2010
4 février 2010, par A.G.

Camus, Noces, L’été et les Grecs.

Ce sont des essais écrits entre 1936 et 1950.
J’ai retrouvé mon vieil exemplaire de 1967 (Livre de poche).

[...] « rejoindre les Grecs », la formule se trouve dans L’exil d’Hélène (1948), un des chapitres de L’été. Camus écrit :

« L’ignorance reconnue, le refus du fanatisme, les bornes du monde et de l’homme, le visage aimé, la beauté enfin, voici le camp où nous rejoindrons les Grecs. D’une certaine manière, le sens de l’histoire de demain n’est pas celui qu’on croit. Il est dans la lutte entre la création et l’inquisition. Malgré le prix que coûteront leurs mains vides, on peut espérer leur victoire. Une fois de plus, la philosophie des ténèbres se dissipera au-dessus de la mer éclatante. O pensée de midi, la guerre de Troyes se livre loin des champs de bataille ! Cette fois encore, les murs terribles de la cité moderne tomberont pour livrer, « âme sereine comme le calme des mers », la beauté d’Hélène. »

Noces commence par une épigraphe de Stendhal : « Le bourreau étrangla le cardinal Carrafa avec un cordon de soie qui se rompit : il fallut y revenir deux fois. Le cardinal regarda le bourreau sans daigner prononcer un mot. » (La Duchesse de Palliano) ; et L’été par un vers de Hölderlin : « Mais toi tu es né pour un jour limpide... ». (L’exergue de L’homme révolté est aussi de Hölderlin).

A l’époque (il y a plus de 40 ans donc), j’avais souligné quelques phrases :

— dans Noces : « Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure. Il n’y a qu’un seul amour dans ce monde. Etreindre un corps de femme, c’est aussi retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel vers la mer. »

« Il n’y a pas de honte à être heureux. Mais aujourd’hui l’imbécile est roi, et j’appelle imbécile celui qui a peur de jouir. »

« Tout à l’heure, avec la première étoile, la nuit tombera sur la scène du monde. Les dieux éclatants du jour retourneront à leur mort quotidienne. Mais d’autres dieux viendront. Et pour être plus sombres, leurs faces ravagées seront nées cependant dans le coeur de la terre. »

« De la boîte de Pandore où grouillaient les maux de l’humanité, les Grecs firent sortir l’espoir après tous les autres, comme le plus terrible de tous. Je ne connais pas de symbole plus émouvant. Car l’espoir, au contraire de ce qu’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner. »

— Dans L’été : « La Méditerranée a son tragique solaire qui n’est pas celui des brumes. »

« Nous avons exilé la beauté, les Grecs ont pris les armes pour elle. Première différence, mais qui vient de loin. La pensée grecque s’est toujours retranchée sur l’idée de limite. Elle n’a rien poussé à bout, ni le sacré, ni la raison, parce qu’elle n’a rien nié, ni le sacré, ni la raison. Elle a fait la part de tout, équilibrant l’ombre par la lumière. Notre Europe, au contraire, lancée à la conquête de la totalité, est fille de la démesure. Elle nie la beauté, comme elle nie tout ce qu’elle n’exalte pas. »

« Voilà pourquoi il est indécent de proclamer aujourd’hui que nous sommes les fils de la Grèce. Ou alors nous en sommes les fils renégats. »

« La démesure est un incendie, selon Héraclite. L’incendie gagne, Nietzsche est dépassé. [...]
La nature est toujours là, pourtant. Elle oppose ses ciels calmes et ses raisons à la folie des hommes. »

« Ulysse peut choisir chez Calypso entre l’immortalité et la terre de la patrie. Il choisit la terre, et la mort avec elle. »

Ces phrases, je les soulignerais encore. Avec celle-ci — c’est la fin de L’été — :

« J’ai toujours eu l’impression de vivre en haute mer, menacé, au coeur d’un bonheur royal. »

On peut être et avoir été.

« Ce qui a été ne passe pas. On demeure ce qu’on est si on a connu un grand été. « Je suis été » : le Français permet cette clarté d’orage. »

> Journal du mois de janvier 2010
4 février 2010, par V.K.

Réponse à JPCC : Sur Camus. Pas mieux que vous concernant la référence « Rejoindre les Grecs » ( : Heinz Robert Schlette : Rejoindre les Grecs. Griechen und Christen bei Albert Camus in : Jahrbuch für Antike und Christentum 42 (1999) S. 5-19). N’ai pas répondu plus tôt car pensais reprendre mes recherches...

A défaut, le thème de la Grèce et des Grecs, environnement et culture méditerranéenne, irrigue les écrits de Camus. Quelques notes :

1. La citation qui précède dans l’article de Sollers : « Aujourd’hui l’imbécile est roi, et j’appelle imbécile celui qui a peur de jouir. » est extraite de Noces. Et Sollers de poursuivre :
Il insiste, Camus, il veut de toutes ses forces « rejoindre les Grecs ». (cette deuxième citation vient peut-être aussi de Noces... A vérifier)

2. Dans « William Faulkner et Albert Camus »
sous titre : Une rencontre, une communauté spirituelle
L’Harmattan, 2006 :

« Quels sont les moyens pour nos contemporains de rejoindre les Grecs et de retrouver le règne de la sagesse Camus les énumère ainsi : ‘L’ignorance reconnue, le refus du fanatisme, les bornes du monde et de l’homme, le visage aimé, la beauté enfin...’ » (p. 67. cette citation n’est pas référencée dans la page en question, mais les citations qui précèdent et suivent sont extraites de l’Eté. Il y a tout lieu de penser que celle-ci, aussi)

3. En 2006, le cycle « Les Méditerranées d’Albert Camus », était consacré à « Albert Camus et la Grèce » et a donné lieu à publication d’un ouvrage collectif de même titre Albert Camus et la Grèce, Editions de Minuit, 2007

> La polémique Lanzmann-Haenel. Je comprends Lanzmann !
4 février 2010, par Camilla
Je n’habite pas en France et n’ai rien à voir avec cette "querelle." Mais je trouve Lanzmann maltraité par la plupart des media. Sans doute parce qu’il s’est mis en colère, et qu’on sait que celui qui est en colère a toujours tort. La seule façon de se faire entendre, d’avoir raison, c’est de rester calme : ce que fait Haenel. J’ai lu le livre de Haenel à sa sortie. J’ai beaucoup aimé sa première partie, très belle description de l’interview de Karski dans le film de Lanzmann que j’ai vu il y a vingt ans et qui est sans doute la plus grande oeuvre qui existe sur l’Holocauste. J’ai aimé aussi la deuxième partie du livre de Haenel, trouvant tout à fait intéressant ce résumé des mémoires de Karski. Et j’ai pensé que le sujet était une excellente idée. Mais la troisième partie... Je n’ai même pas pu la lire mot à mot, tant elle m’a semblé cliché et médiocre par rapport aux deux premières parties ! Et c’était l’unique partie vraiment personnelle du livre. J’avais envie de dire à Haenel : "Tu n’es vraiment pas Karski, malheureusement. Mon pauvre, pour écrire ça tu n’as rien compris." J’en ai eu honte pour lui. Honte de l’anti-américanisme primaire qui transparaissait dans le prétendu regard de Karski sur Roosevelt. J’ai été désolée que Haenel obtienne le prix Interallié : que la médiocrité l’emporte. On est toujours plus heureux quand ce sont les grandes oeuvres qui sont couronnées par les institutions (cette année, par exemple, Trois femmes puissantes de Marie N’Diaye.) Alors quand l’article de Lanzmann a paru dans Marianne, je me suis réjouie : réjouie de sa colère, réjouie de le voir défendre ce qu’il faut bien appeler la "vérité", celle de Shoah, celle des grandes oeuvres. Car la littérature, et surtout la fiction, a un rapport avec la vérité. On ne peut écrire n’importe quoi. Ce n’est pas un interdit moral. C’est juste que le n’importe quoi donne, littérairement, du mauvais. Enfin tout ca n’est pas bien grave. On aura oublié le Karski de Haenel dans un an et Shoah restera.
> La polémique Lanzmann-Haenel (suite)
1er février 2010, par A.G.

Il y a aussi polémique entre... historiens

Une lecture rapide et superficielle des débats autour du livre de Yannick Haenel pourrait laisser croire qu’il s’agit — comme, hier, autour du livre de Jonathan Litell Les bienveillantes — d’une polémique opposant romanciers et historiens : il n’en est rien. Le 29 janvier, l’émission La Fabrique de l’Histoire recevait Florent Brayard, historien, chercheur au CNRS (Centre Marc Bloch, Berlin), spécialiste du négationnisme et de la Shoah. Celui-ci, défendant de manière très argumentée d’un point de vue littéraire le roman de Haenel, en donnait une tout autre lecture que celle d’Annette Wieviorka et se réjouissait que les romanciers puissent aussi livrer leur compréhension de l’Histoire. Entre historiens et romanciers, « les régimes de production de la vérité sont très différents ». Conclusion : « Laissons les romans romancer. ».
Florent Brayard développera son analyse dans un article de la revue Les Annales, à paraître au mois de mai prochain.

Extraits de l’émission (15’30) :


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

> Journal du mois de janvier 2010
1er février 2010, par JPCC
Bonjour, dans votre article ci-dessus sur Camus, paru dans le JDD d’hier, vous citez l’article "Rejoindre les Grecs". J’ai trouvé une référence : Heinz Robert Schlette : Rejoindre les Grecs. Griechen und Christen bei Albert Camus in : Jahrbuch für Antike und Christentum 42 (1999) S. 5-19. Mais ça ne me donne pas de solution facile pour y accéder. Pourriez-vous m’aider ? Merci d’avance
Site Internet: Camus
> Jean-Jacques Schuhl, Entrée des fantômes
31 janvier 2010, par V.K.

Jean-Jacques Schulhl à La Grande Librairie du 21/01/2010, interviewé par François Busnel sur son livre Entrée des fantômes, en compagnie de Marie Darrieussecq et Philippe Sollers.

Extraits (enchaînés) :
1. L’intro
2. L’aveu de Jean-Jacques Schuhl...
3. Le livre

> Yannick Haenel répond à Claude Lanzmann et à Annette Wieviorka
29 janvier 2010,
Une réaction en ligne sur http://chauchecrit.blogspot.com
> Discours Parfait de Ph. Sollers sous le signe de Joyce
28 janvier 2010, par A.G.

" La solitude s’accroît... "

Sollers ce matin sur Radio Classique avec Guillaume Durand, et, au début, Yann Ollivier et Eve Ruggieri (32’).


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

> Yannick Haenel répond à Claude Lanzmann et à Annette Wieviorka
26 janvier 2010, par A.G.

Ce que Jan Karski pensait de Shoah

La 2ème partie de Shoah passe donc demain mercredi sur Arte. Nous ne redirons pas la nécessité de la voir car Shoah est un grand film, incontournable qui, n’en doutons pas, n’a pas encore produit tous ses effets.

Mais puisque polémique il y a (dont il nous semble utile de rendre compte en raison de ses enjeux et malgré ses aspects navrants), qu’elle porte sur Jan Karski et que c’est précisément dans la 2ème partie de Shoah que Jan Karski apparaît (40 mn), il nous semble aussi nécessaire de signaler ce que Karski disait du film dans un texte paru dans la revue polonaise Kulturaen 1985, et traduit en français par la revue Esprit. Yannick Haenel, dans sa réponse à Claude Lanzmann, écrit : « [...] Lanzmann a menti ; il a trahi Karski. Et celui-ci, tout en accordant par loyauté son soutien à Shoah, a protesté dans un article intitulé : "Shoah, une vision biaisée de l’Holocauste" (Esprit, février 1986). »
On trouvera des extraits du texte de Karski sur l’express.fr.
J’en retiens deux :
— « Pour des raisons évidentes de temps et de cohérence, M. Lanzmann n’a pu insérer la partie à mon sens la plus importante de l’interview, qui se rapporte à la mission que j’ai effectuée à la fin de 1942. »
— « [...] les gouvernements alliés qui seuls avaient les moyens de venir en aide aux juifs les ont abandonnés à leur sort. En dehors de moi, personne ne pouvait le dire. L’insertion de ce témoignage ainsi que l’évocation, si sommaire fût-elle, de ceux qui tentèrent d’aider les juifs aurait placé l’Holocauste dans une perspective historique plus appropriée. (...) Shoah par son autolimitation appelle un autre film, aussi puissant et aussi vrai, qui montrerait cet aspect oublié de l’Holocauste. »

Shoah appelle donc un autre film... ou un roman.

> Yannick Haenel répond à Claude Lanzmann et à Annette Wieviorka
26 janvier 2010, par Edmond
Passionnante polémique. Merci de relayer.
> Yannick Haenel, Jan Karski
26 janvier 2010, par A.G.

La réponse de Yannick Haenel à Claude Lanzmann

Le recours à la fiction n’est pas seulement un droit, il est nécessaire

Claude Lanzmann ne comprend pas la littérature. Je respecte sa personne, j’admire ses films, et mon livre Jan Karski est un hommage à Shoah. Mais l’idée qu’il se fait de l’acte littéraire relève de l’archaïsme, et de la mauvaise foi. Cinq mois après la parution de mon livre, voici qu’il m’accuse d’avoir écrit un "faux roman", un "livre obscène", et une oeuvre "malhonnête".

Passons sur le temps qu’il aura fallu à Lanzmann pour s’apercevoir d’un si déplorable forfait : cette lenteur s’explique forcément par le sérieux que Lanzman met en toute chose. Passons aussi sur l’immensité de sa jalousie : Lanzmann ne "décolère pas", dixit Pierre Assouline, depuis que Jan Karski a obtenu le prix Interallié ("Le Monde des livres", du 22 janvier).

Si Claude Lanzmann s’avise que ce livre est soudainement si scandaleux, c’est parce que son agenda l’exige. Son attaque contre mon livre coïncide en effet avec une rediffusion de Shoah sur Arte, et avec la signature d’un contrat, sur la même chaîne, pour un film sur Karski : dans le domaine de la publicité, le hasard fait toujours bien les choses.

Comme si cela ne suffisait pas, Claude Lanzmann a demandé, je cite, mon "exécution capitale". La première phrase de ses Mémoires s’en trouve étrangement éclairée : "La guillotine - plus généralement la peine capitale et les différents modes d’administration de la mort - aura été la grande affaire de ma vie." L’homme qui a voué sa vie à donner voix aux victimes manifeste ainsi, à mon encontre, l’attitude du bourreau. Lanzmann veut ma mort, il l’énonce publiquement, avec l’impunité de ceux qui se prennent pour des commandeurs. Un tel voeu pourrait prêter à sourire, mais soyons clairs : comment qualifier un homme qui souhaite la mort d’un autre ?

A qui ai-je porté atteinte ? A Jan Karski ? Ses amis m’ont accueilli en Pologne avec enthousiasme ; ses héritiers m’ont invité à l’Institut Karski de Katowice, ils m’attendent bientôt à celui de Washington.

J’ai écrit un livre qui est, en partie, une fiction sur Jan Karski. Le recours à la fiction n’est pas seulement un droit ; il est ici nécessaire parce qu’on ne sait quasiment rien de la vie de Karski après 1945, sinon qu’il se tait pendant trente-cinq ans. Les historiens sont impuissants face au silence : redonner vie à Karski implique donc une approche intuitive. Cela s’appelle la fiction. Lanzmann, évidemment, est catégorique : "Je ne voyais pas comment on pouvait écrire un roman sur Karski" (entendez : il ne doit pas y avoir de roman sur Karski). Enoncer des interdits semble la vocation de Claude Lanzmann.

Ainsi serait-il le propriétaire de Jan Karski, comme on l’est d’une marque ; il serait l’unique détenteur de la "vérité", comme il dit, et personne, surtout pas moi, n’aurait le droit, après Shoah, de toucher à Karski. D’ailleurs, Lanzmann est persuadé que Karski n’existe que dans son film, il n’imagine même pas qu’il lui soit arrivé de vivre en dehors de leur rencontre. Il ignore sans doute que Karski a participé à d’autres films que le sien.

En exhibant bientôt, comme il l’annonce, une partie de ses rushes, Lanzmann va, dit-il, "rétablir la vérité" : " On saura ce que Karski et Roosevelt se sont vraiment dit ! " Ce qu’ils se sont "vraiment dit" ? Vraiment vrai de vrai ? Les croyances de Lanzmann pourraient simplement sembler rigides, mais le mot de "vérité" sonne ici comme une sentence dans la bouche d’un procureur. Contrairement à ce tribunal de l’Histoire d’où parle Lanzmann, la littérature est un espace libre où la "vérité" n’existe pas, où les incertitudes, les ambiguïtés, les métamorphoses tissent un univers dont le sens n’est jamais fermé.

Jan Karski est multiple, contradictoire, secret, comme tous les hommes. Lanzmann le reconnaît involontairement lorsqu’il constate que, au deuxième jour de tournage avec Karski, celui-ci avait changé. Mais cette attitude ne convenait pas à Lanzmann, elle ne correspondait pas à ce qu’il attendait de lui, ainsi juge-t-il soudain Karski "mondain" et "cabotin". On mesure le respect que Lanzmann accorde aux êtres ; on comprend surtout qu’il n’aime pas Jan Karski.

Car Lanzmann se garde bien de raconter comment il l’a piégé. Dans une lettre du 7 juillet 1978, pour convaincre Karski d’être filmé, il lui écrit, à propos des juifs d’Europe : "Si quelqu’un est coupable de non-assistance à personne en danger, c’est plutôt les Alliés que les Polonais." Il ajoute qu’il a été impressionné, lors d’un voyage en Pologne, de "découvrir combien tant de Polonais avaient mis leur vie en danger pour venir en aide aux juifs". Puis il lui fait une promesse : "Cette question du sauvetage sera l’un des sujets majeurs de mon film." (Lettre citée par E. Thomas Wood et Stanislaw M. Jankowski, Karski. How One Man Tried to Stop the Holocaust, J. Wiley, 1994, p.253).

Non seulement cette question n’est pas l’un des sujets de Shoah, mais en choisissant de couper la partie de l’entretien où Karski raconte sa mission en faveur des juifs, Lanzmann modifie complètement l’image donnée de la Pologne. Il est indiscutable que celle-ci a été effroyablement antisémite. "J’ai voulu protéger Jan Karski contre lui-même", ose dire Lanzmann pour justifier sa censure. Il a surtout rendu impossible qu’on puisse voir, dans son film, un Polonais qui n’est pas antisémite.

Bref, Lanzmann a menti ; il a trahi Karski. Et celui-ci, tout en accordant par loyauté son soutien à Shoah, a protesté dans un article intitulé : "Shoah, une vision biaisée de l’Holocauste" (Esprit, février 1986). Ce qui a eu lieu entre Karski et Lanzmann ne correspond donc pas à ce que celui-ci voudrait faire croire aujourd’hui. Au contraire, Lanzmann a un problème avec Karski ; c’est pourquoi mon livre le gêne, comme le retour d’un refoulé.

Yannick Haenel, Le Monde du 26-01-10.

Note : la réponse de Yannick Haenel figure sur le site de Philippe Sollers sous le titre Jan Karski en liberté.

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Compléments

— Yannick Haenel : " Lanzmann ne peut pas comprendre un roman comme le mien " (L’express)
— Philippe Sollers : "Je trouve étrange que Lanzmann ne réagisse que maintenant, alors que je lui en avais adressé les épreuves avant l’été", déclare l’écrivain, qui se dit "fier" d’avoir publié "un roman magnifique (Le Monde)
— le point de vue de Grégoire Leménager dans bibliobs.

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Pour être complet : l’article de Claude Lanzmann dans Marianne du 23 janvier :

Je me souviens de l’intense émotion qui me submergea lorsque je compris, au cours d’un des voyages exploratoires préludant à la réalisation de Shoah, que Jan Karski était vivant. J’avais lu Story of a Secret State, paru en 1944 aux Etats-Unis, ouvrage dans lequel il racontait ses périlleuses missions de courrier entre la Résistance intérieure polonaise et le Gouvernement polonais en exil à Londres, ses visites au Ghetto de Varsovie, les requêtes désespérées des leaders juifs de Pologne, les quelques heures d’épouvante qu’il avait passées, déguisé en garde ukrainien, dans un camp de concentration qui n’a pu être identifié-e avec certitude, longtemps et à tort considéré par lui comme le camp d’extermination de Belzec où, on le sait, 800000 juifs furent assassinés dans les chambres à gaz.

L’article de Lanzmann dans Marianne - 133.9 ko
L’article de Lanzmann dans Marianne

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Une dernière remarque : le hasard fait que, samedi dernier, juste après avoir lu l’article de Lanzmann dans Marianne, j’ai lu sa belle allocution sur Saint-Simon, la guerre à la mort - publiée dans... le dernier numéro de L’infini ! Ayant reçu le Prix Saint-Simon, un an après Sollers, le 6 septembre 2009, à la Ferté-Vidame, Lanzmann tenait ses propos :

« Chacun voit midi à sa porte. Sollers vous a dit l’année dernière qu’il voyait Saint-Simon comme un écrivain en guerre et Sollers se trompe rarement. Un autre lui-même en somme. Ce n’est pas faux sans doute. Je consens moi aussi à ce qu’on tienne le Duc pour un écrivain en guerre, mais il convient à mon sens de donner au mot « guerre » une signification radicalement autre et cette guerre-là est bien plus dangereuse, pathétique, héroïque et désespérée qu’une ordinaire bataille entre humains en lutte pour les suprématies. [...] »

On ne saurait mieux dire.

A.G.

> Yannick Haenel, Jan Karski
24 janvier 2010, par A.G.

Compléments au dossier.

« Accusé par Claude Lanzmann d’avoir "falsifié l’Histoire" dans Jan Karski, Yannick Haenel se donne le temps de la réflexion.

A 16 heures, Yannick Haenel, l’auteur de Jan Karski (Gallimard) n’avait pas encore lu le long article incendiaire de Claude Lanzmann (qualifiant son livre de "falsification de l’Histoire et de ses protagonistes") publié dans l’édition de Marianne du 23 janvier. Mais il se refusait d’ores et déjà de réagir dans l’urgence. Il a décidé de réfléchir durant ce week-end et de préparer une réponse sous forme de lettre qu’il devrait communiquer en début de semaine. Du même coup, cueilli à froid par cette nouvelle polémique, il ne se rendra pas comme prévu au colloque organisé au Lutétia, à Paris, dimanche, sur le thème "Livres des mondes juifs- Diaspora en dialogue". Il prépare, pour s’en expliquer, une missive qu’il fera lire à l’ouverture du débat, auquel participe notamment l’historienne Annette Wievorka, qui l’a accusé de détournement dans la revue Histoire de janvier 2010.

Jan Karski est ce soldat polonais, témoin du génocide dans le ghetto de Varsovie, qui tenta en vain d’obtenir l’intervention des Alliés pour empêcher le drame en cours. Yannick Haenel a obtenu le prix Interallié pour son roman éponyme. Les Mémoires de Karski doivent être republiés prochainement. » (Source : L’express.fr).

Le point de vue de Florent Georgesco qui avait interviewé Yannick Haenel dans la Revue littéraire en juillet 2009. Et celui, en date du 23 janvier, de Philippe Bilger.

Note : sauf erreur, l’article de Claude Lanzmann, que nous avons lu, n’est pas mis en ligne sur le site de l’hebdomadaire Marianne.

> Yannick Haenel, Jan Karski
22 janvier 2010, par A.G.

J’évoquais hier la petite phrase qui avait attiré mon attention dans la présentation de son film Shoah par Lanzmann sur Arte, Pierre Assouline en dit plus dans Le Monde des livres de ce vendredi : cette petite phrase était donc "un SCUD", la guerre ouverte commencera, dans le numéro de Marianne de ce week-end par un "mitraillage" en règle contre Haenel, «  la bombe, ce sera pour la fin février ou le début mars : Le Rapport Karski, un document de 52 minutes, que Claude Lanzmann a réalisé pour Arte en travaillant sur les heures d’entretien que lui avait accordées le résistant. Ce qui en ressort ? " La vérité, pardi ! Et là, on verra bien l’impression que le président Roosevelt lui a faite, on saura ce qu’ils se sont vraiment dit, les gens comprendront que Haenel est un faussaire et que c’est une mauvaise action de Philippe Sollers d’avoir publié ce livre obscène, malhonnête, une honte ! " »

Cette guerre-là dépassera-t-elle rapidement " la guerre du goût ", comme le dit (de manière neutre ?) Pierre Assouline ? Ou s’agira-t-il — s’agit-il déjà — d’une guerre à plusieurs fronts ?

Ayant déjà donné une grande partie des pièces à conviction dans un dossier commencé le 11 septembre (lire aussi les commentaires), ayant aimé le livre de Haenel, il nous faudra attendre de nouveaux éléments pour y revenir : non seulement les "six pages" annoncées dans Marianne, et la riposte qu’elles ne manqueront pas de susciter, mais le nouveau film de Lanzmann.

Des questions restent entières : qu’en est-il, dans un roman (et non un "essai", comme le voulait les jurés du Goncourt), du "droit" de l’écrivain ? Qu’en est-il de la "vérité" ? De la "fiction" ? De la vérité de la fiction ?

Georges Bataille écrivait dans L’impossible :

« Comme les récits fictifs des romans, les textes qui suivent — au moins les deux premiers — se présentent avec l’intention de peindre la vérité. Non que je sois porté à leur croire une valeur convaincante. Je n’ai pas voulu donner le change. Il n’est d’ailleurs pas en principe de roman qui donne le change. Et je ne pouvais songer à le faire à mon tour mieux qu’un autre. Je crois même qu’en un sens mes récits atteignent clairement l’impossible. Ces évocations ont à la vérité une lourdeur pénible. Cette lourdeur se lie peut-être au tait que l’horreur eut parfois dans ma vie une présence réelle. Il se peut aussi que, même atteinte dans la fiction, I’horreur seule m’ait encore permis d’échapper au sentiment de vide du mensonge...
Le réalisme me donne l’impression d’une erreur. [...]

Il y a devant l’espèce humaine une double perspective : d’une part, celle du plaisir violent, de l’horreur et de la mort — exactement celle de la poésie — et, en sens opposé, celle de la science ou du monde réel de l’utilité. Seuls l’utile, le réel, ont un caractère sérieux. Nous ne sommes jamais en droit de lui préférer la séduction : la vérité a des droits sur nous. Elle a même sur nous tous les droits. Pourtant nous pouvons, et même nous devons répondre à quelque chose qui, n’étant pas Dieu, est plus forte que tous les droits : cet impossible auquel nous n’accédons qu’oubliant la vérité de tous ces droits, qu’acceptant la disparition. »

Une chose, d’ores et déjà, est sûre : « le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’hommes. » (Rimbaud, Une saison en enfer)

À suivre donc...

> Shoah
21 janvier 2010, par A.G.

La 2ème partie du film de Claude Lanzmann sera diffusé sur Arte le mercredi 27 janvier à 20h35.

Ceux qui ont vu ou revu la 1ère partie, le mercredi 20, ont pu entendre la présentation de Claude Lanzmann et noter l’évocation qu’il a faite de Jan Karski, l’homme (que l’on verra dans la 2ème partie de Shoah), et de Jan Karski, le roman de Yannick Haenel. Lanzmann a révélé que ce que Haenel avait "inventé" dans la 3ème partie de son roman (la plus controversée), Jan Karski le lui avait déjà dit en 1978. Et Lanzmann d’ajouter : « Jan Karski le dira lui-même, ce sera en mars sur Arte ».

A suivre donc...

> Sprezzatura et ses auteurs (Episode 2)
20 janvier 2010, par V.K.

Et aussi cette référence à la sprezzatura, chez Sollers, dans Liberté du XVIIIe siècle - Les surprises de Fragonard, Folio p. 28) :

[ ...] Les portraits de l’abbé de Saint non ou M. de la Bretèche sont aussi des autoportraits, bien entendu [....] Une écriture ancienne, peut-être la sienne, dit à l’envers des toiles : "Portrait peint par Fragonard en 1769, en une heure de temps." [...] Que peut penser un Français ? Comment se déplace t-il dans la pensée ? Deux apparitions, je crois, nous le disent : le Diderot de Fragonard, le Mallarmé de Manet. Deux expérimentateurs du cogito captés en pleine maturité, en pleine subversion oblique, par un pinceau exactement symétrique et témoin (la réciproque n’est pas vraie). Le Castiglione de Raphaël peut alors dialoguer avec ces deux figures complexes, animées d’une désinvolture en abîme, de la sprezzatura, qui les rend insaisissables, "mes pensées, ce sont mes catins", "tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change."

Viktor Kirtov

> Sprezzatura et ses auteurs (Episode 2)
20 janvier 2010,

« Le dégagement rêvé du corps » — la sprezzatura comme l’italien sait le dire — donne dans la foulée sur un « brisement de la grâce croisée de violence nouvelle ».

Ph. Sollers, Illuminations, folio, p. 105.

> La servitude volontaire : Les nouveaux visages de la servitude volontaire
20 janvier 2010, par Luc Paul ROCHE

Je surfais récemment sur la vidéo plus ou moins célèbre, et libre de droits, de JF Brient, dénonçant la servitude moderne comme servitude volontaire, renouant avec les thèses de La Boétie, le petit prodige de la philosophie politique du 16° siècle. La vidéo de JF Brient, on doit le reconnaître, manifeste une terrifiante beauté métaphysique, tout en dénonçant avec justesse l’auto-aliénation des masses et plus particulièrement du salariat. Je ne suis pas sûr toutefois qu’elle prolonge suffisamment l’œuvre remarquable de La Boétie.

La vidéo, sorte de nouveau Discours de la servitude volontaire mis en image, en reste à une sorte de contemplation morose, et c’est d’ailleurs ce qui fait sa beauté. Il me semble cependant que dénoncer la servitude volontaire d’aujourd’hui, particulièrement celle du salarié qui vit encore dans des pays vaguement démocratiques, ne sert pas à grand-chose si on ne valorise pas en même temps le nécessaire contrepoids à l’exploitation et à l’oppression des travailleurs qu’est le syndicalisme (il faut relire la Charte d’Amiens à ce sujet). La liberté syndicale ne s’usant que si l’on ne s’en sert pas, c’est encore et toujours de la responsabilité du salarié, s’il laisse se dégrader le syndicalisme en n’y participant pas.

En clair, la syndicalophobie de masse (à ne pas confondre avec l’antisyndicalisme classique des gouvernements et du patronat) constitue la forme la plus achevée, la plus navrante et la plus effrayante aussi de la servitude volontaire. Jamais les salariés n’ont été autant exploités ; jamais comme aujourd’hui, cependant, ils n’ont autant méprisé leur propre outil de revendication : l’organisation syndicale sur le terrain.

En clair, à l’heure actuelle, une philosophie politique qui se contenterait de déplorer les excès du capitalisme libéral sans jamais s’interroger une seule fois sur la nécessité de l’outil syndical, cette philosophie politique, dis-je, resterait abstraite, imprécise et, pour tout dire, sans aucun effet pratique.

LP Roche

Professeur de philosophie

Responsable syndical

Auteur de SYNDICALOPHOBIES, L’horreur syndicalophobe ou les nouveaux visages de la servitude volontaire

En ce qui me concerne, j’ai appliqué le conseil de Philippe Sollers : relire La Boétie. J’ai essayé d’inscrire ma réflexion entre La Boétie et un certain retour au pansyndicalisme.

> Roland Barthes, tel quel -
19 janvier 2010, par A.G.
Toute cette semaine, Roland Barthes dans Les nouveaux chemins de la connaissance.
> Debord au cinéma
11 janvier 2010, par A.G.

De Stéphane Zagdanski (ce jour) :

« http://parolesdesjours.free.fr
"Debord contre le cinéma", de Stéphane Zagdanski.
Ce texte peut être conçu comme un chapitre inédit de "La mort dans l’oeil". »

*
Coup de pub (pour en savoir plus) :

— « La mort dans l’œil : Critique du cinéma comme vision, domination, falsification, éradication, fascination, manipulation, dévastation, usurpation » a été publié aux éditions Maren Sell en 2004.

— voir La mort dans l’œil (septembre 2004)
— lire aussi de Jonathan Mangez (2008) : À propos de La mort dans l’oeil
— une discussion entre Daniel Guthmann et Stéphane Zagdanski (2005) : Métaphysique du cinéma
— une autre entre Jean-Luc Godard et Stéphane Zagdanski Littérature et Cinéma (4 novembre 2004).

Godard face à Zagdanski - 95.3 ko
Godard face à Zagdanski

Merci
10 janvier 2010, par Sandra Mara Corazza
Merci pour vôtre blog ! Il est parfait et utile. Baiser du Brasil, Porto Alegre. Sandra Mara Corazza
> Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard
8 janvier 2010, par A.G.

Au moment de la publication de son roman Courts-circuits en septembre 2009, Alain Fleischer répondait aux questions de Jacques Henric. A la fin de l’entretien dont vous lirez l’intégralité ici, il revenait sur certains propos tenus par JLG.

« [...] J. Henric : Certains de tes amis font irruption dans Courts-circuits, des écrivains, des peintres, des cinéastes. Un Godard inhabituel fait son petit tour...

A. Fleischer : En effet, c’est la première fois que dans un livre de fiction je glisse, sans les présenter comme tels, des fragments autobiographiques. Dans d’autres livres, j’avais pris l’habitude de les signaler. Ici, on ne sait pas alors si le « je » est celui du narrateur ou celui d’un personnage fictif ou réel. Je renverse même les rôles en interviewant un personnage qui est moi.

Oui Godard. J’évoque notamment ce film que j’ai fait sur lui, plus particulièrement les passages qui ont été coupés ou ses propos tenus en voix off. Je rappelle cette phrase qu’il a prononcée un jour et qui m’a semblé être une horreur, mais dont il s’est très vite défait en passant à un autre sujet. C’était au moment des attentats suicides palestiniens. « Finalement, a-t-il dit, les attentats suicides des Palestiniens, c’est un peu comme ce qu’ont fait les Juifs en se laissant enfermer dans les chambres à gaz pour faire exister l’État d’Israël ». Dans le film, j’ai adopté la position d’un filmeur muet. Je l’ai laissé parler avec les interlocuteurs qu’il a choisis, parfois avec des étudiants qu’on lui avait proposés. Il a joué le jeu. Il a été réellement présent. Je me suis abstenu d’intervenir, y compris dans les moments où vraiment j’avais envie de le moucher. J’ai tenu bon mais j’ai souhaité lui répondre. Ce livre en est l’occasion. Je n’exclus d’ailleurs pas de reprendre un jour, dans un autre livre, la totalité des propos tenus dans le film, pour y répondre à nouveau plus longuement. Le titre pourrait m’être donné par Godard lui-même, quand il parle du passage du muet au parlant. Il dit quelque chose d’assez joli : « On a poussé trop vite le cinéma à parler comme si on forçait un enfant à parler. Il fallait le laisser muet plus longtemps. » Mon livre pourrait donc s’intituler La réponse du muet au parlant. J’étais le muet, moi, dans cette affaire et c’est lui qui parlait. Mais, ai-je besoin de le préciser, je n’avais absolument pas préparé la venue de Godard dans mon livre. Je le répète : je suis incapable de convoquer qui que ce soit autrement qu’en écrivant. »

Propos à mettre en rapport avec le long paragraphe intitulé Ici et ailleurs de l’article Godard est un grand bavard où Matthieu Santelli évoque « ce fameux passage d’Ici et ailleurs, qui part d’un portrait de Hitler, enchaîne avec une incrustation vidéo sur une photo de Golda Meir, pour se terminer sur l’image d’un corps de palestinien carbonisé sur fond de chant arabe. »

On attend le nouveau livre de Fleischer pour en savoir plus sur ce qu’on sait déjà : la bêtise et l’aveuglement de Godard sur la "question juive". CQFD.

> Sprezzatura et Ironie
6 janvier 2010, par DJonysos

« Cette autre pensée, d’après moi, ne va pas sans désinvolture, sans ce que les Italiens nomment "sprezzatura". Ni non plus sans ce que les Français nomment l’ironie. »

Discours Parfait, p.779 (La mutation du divin)

Site Internet:
> Prolongations d’Alain Fleischer
5 janvier 2010, par V.K.
Voir également sur pileface l’article "Alain Fleischer".
C’est aussi grâce à vous, cher lecteurs, vos coups de coeur et vos critiques que nous pouvons découvrir ces livres et avoir envie de les lire.
Je lis en ce moment un titre ancien Herzog, Saul Below, 1961, suite à la seule mention d’un journaliste à qui on posait la question éculée "quels livres vous accompagneraient dans une île déserte ?" ou quelque chose comme ça. Réponse : le titre cité, plus la mention "je ne cesse de le lire et le relire..." Je n’en suis qu’au début de ma première lecture, mais sais déjà que j’aurai besoin de le relire - avec plaisir - pour descendre un peu dans ses profondeurs. Humour et dérision juifs au premier degré où les personnages ne sont ni beaux ni gentils ; ils nous retiennent justement parce qu’ils sont imparfaits.
> Prolongations d’Alain Fleischer
5 janvier 2010, par Stéphane Marie
Un roman de grande envergure malheureusement passé trop inaperçu ! Rien de grave ; le temps lui appartient.
Camus : Le temps de la révolte
4 janvier 2010, par A.G.

Pour juger sur pièces, de nombreux documents sonores sont présentés cette semaine lors de l’émission : Les nouveaux chemins de la connaissance.

Ce lundi :
— le discours du Nobel et les réponses de Camus — qui ne manquent pas d’humour — à des journalistes. Où l’on notera que l’écrivain se considère comme fidèle à une certaine tradition française, celle de La Bruyère ou Pascal, pas celle de Lamartine ou de Victor Hugo.
— un discours sur son " métier " du 22 janvier 1958 devant des républicains espagnols qui vaut bien — parce que moins convenu — celui du Nobel.

Bref entretien avec Raphaël Enthoven dans Le Monde.

> Debord au cinéma
3 janvier 2010, par A.G.
Dossier complété et mis à jour le 3 janvier 2010.
> Jean-Jacques Schuhl, Ingrid Caven
2 janvier 2010, par A.G.
Vous avez tout à fait raison. Vous pouvez d’ailleurs vous reporter à notre dossier Le scandale Mc Enroe et aux nombreux commentaires qu’il a suscités.
Et surtout, puisque vous semblez avoir lu — et bien lu — Sollers, lire le livre éponyme de Thomas Ravier.
> Jean-Jacques Schuhl, Ingrid Caven
2 janvier 2010, par Alma

« Écrire comme McEnroe jouait au tennis »... Pileface a sûrement repéré que Sollers disait déjà la même chose dans Femmes (p. 141) : « Il faudrait écrire comme ça... La balle fulgurant sur le côté droit... Juste dans l’angle... Sur le point fuyant de l’angle... On dirait un ange du Caravage, agressif, rapide, venant renverser les cartes de la pesanteur... » Il s’agit alors d’un match télévisé entre McEnroe « [l]e champion que vous aimez haïr » et Borg « le champion qu’on aime ». Le rapprochement entre le narrateur de Femmes et McEnroe est là, comme en sous-entendu : « [c]e héros négatif dont on applaudit les fautes... Qu’on souhaite viscéralement voir perdre... Et qui gagne quand même... », ce McEnroe « encore en train de gagner virevoltant, bondissant, tenant toute l’étendue du filet... [et qui] vient de réussir un premier service imparable... Un ace... » Difficile d’ignorer ici que Sollers prête à McEnroe à peu près les mêmes parcours figuratifs descriptifs qu’il attribue au narrateur du roman Femmes au fil de la narration « l’enfant gâté, l’adolescent prolongé, [qui] n’en est pas encore à la castration officielle... Pas de femme... Ou plusieurs... Ou rien... Tout pour lui seul... »

Le tennis est aussi très présent dans Portrait du Joueur dont je cite un extrait où ce jeu donne naissance à une belle métaphore : « Allez, on rattrape ! C’est ça... Rattraper, renvoyer, attaquer, frapper... Le temps manqué, gaspillé, avec des balles aux quatre coins de l’espace, rose des vents de l’espace, raquette des pages avec ses cordes bien serrées de paragraphes et de lignes. Coupes rasantes, tangentes, interventions dans les angles. Lobes, volées, conscience des couloirs, du filet, des hésitations ou lenteurs de l’adversaire, et cet adversaire, pauvre con, c’est bien entendu toi-même, comme toujours et partout, selon le vieux stéréotype toujours neuf, terrible, sans cesse à redécouvrir dans les dérapages, les ratages, les creux, la fatigue et les poussées successives de la mort venant vers toi, de l’autre côté de toi, bélier rouge-noir invisible, obstiné, vengeur, sourd dans ses coups sourds [...] (p. 227)

Dans Le Coeur Absolu, on retrouvera aussi bien notre joueur de tennis-narrateur cette fois « essoufflé et en nage » et à qui il appartiendra d’expliquer « l’image » des « micros ouverts ». Encore ici, « [l]a balle dans le coin droit, là-bas, pointée dans l’angle » (p. 289)

> Lautréamont politique aujourd’hui comme jamais
30 décembre 2009, par A.G.
Du jour au lendemain, le 28-12-09 : Jean-Luc Steinmetz sur Lautréamont.
> Sprezzatura rend grâce avec Pierre Dulieu (Episode 2)
30 décembre 2009, par Marc’o
Asinus Asinum fricat
> Les Folies Françaises
26 décembre 2009, par A.G.
Le bon lien est rétabli. Merci de votre vigilance.
> Les Folies Françaises
26 décembre 2009, par Le Lutin d’Ecouves
Bonjour, alors que vous citez Wikipédia, le texte que vous citez sur la Folia est de moi et est sensiblment différent de celui de l’encyclopédie (et bien plus ancien). Je vous remercie de me citer en tant qu’auteur du texte sur cette page : http://www.pileface.com/sollers/article.php3 ?id_article=859
Site Internet:
> Les Voyageurs du Temps ou la résurrection spirituelle de Paris
24 décembre 2009, par thelonious
Très beau texte sur les Voyageurs du Temps ou la résurrection spirituelle de Paris. Narration de la vie réinventée nous dit Olivier Thébault, oui, tandis que PARIS est en train de devenir la capitale européenne du sommeil et de l’ennui ai-je lu dans un hebdo. Paris si bien lue, écrite, vécue par Sollers, et ce roman en est la preuve. Cette"Narration de la vie réinventée", expression utilisée par Olivier Thébault pour caractériser le projet littéraire sollersien, on la retrouve chez Alain Jouffroy et son livre lui aussi admirable "La vie réinventée", l’explosion des années 20 à Paris. Sollers, Jouffroy, et pileface c’est parfait pour aborder l’année 2010.
> La naissance de Sprezzatura ( Episode 1)
23 décembre 2009, par A.G.

L’hiver dernier, le musée Jacquemart-André consacrait à Van Dyck sa première grande monographie française. On lisait sur le site artnet :

« [...] Il n’est guère aisé de traduire la « sprezzatura ». De son origine latine - le verbe « sperno » - on retiendra l’idée d’écarter, d’éloigner, de repousser ou encore de dédaigner. Dans l’italien contemporain, on le traduit par mépris, dédain, désinvolture. Autant de termes que l’on pourrait facilement interpréter dans une perspective morale. Le premier traducteur français du Traité du Courtisan [de Castiglione] l’avait d’ailleurs rendu par « mépris », ce que le second traducteur, Alain Pons, corrige intelligemment en le remplaçant par « désinvolture ». Mais « négligence » conviendrait également. [...] »

l’extrait dans son contexte >>

> Correspondance Paulhan-Ponge - LETTRE 644
18 décembre 2009,
Louis Claude Paulic est secrétaire de l’association des amis de rimbaud.
> Les Voyageurs du Temps ou la résurrection spirituelle de Paris
18 décembre 2009, par midrash

Ceci est le premier texte où j’essaie, encore bien jeune et non sans confusion, de restituer le contenu de mes premiers travaux dubourgiennement midrashiques. Depuis, la confusion est "devenue à soi-même claire" comme dit Hegel et l’on trouvera avec le lien suivant la version clarifiée de ce texte : ici.

Olivier-P Thébault

> Les Voyageurs du Temps ou la résurrection spirituelle de Paris
18 décembre 2009, par A.G.

Lire de Olivier Thebault :

MAINTENANT L’APOCALYPSE
(Le cri de l’hébreu)
un texte pour quelques-uns, pour tous et pour personne,

A l’amitié,

« Ils ne comprennent pas comment ce qui lutte avec soi-même peut s’accorder. L’harmonie du monde est par tensions opposées, comme pour la lyre et pour l’arc. »

Héraclite

« Le compte, le chiffrage, tout est là. L’Être Suprême n’intervient que lorsqu’on est fatigué de compter, on passe à l’addition sans vérifier, joli calcul, fausse algèbre. J’ai pénétré le secret, je n’en attends ni compréhension particulière ni reconnaissance, au contraire. »

Philippe Sollers, Sade contre l’Être Suprême

Je me propose, sans être ému, d’éclairer L’Apocalypse de Jean à la lumière de l’hébreu original de sa prime écriture. Après deux mille ans de délires, il est temps, enfin, de la lire.
la suite ici >>

> J’apporte les croissants chez Philippe Sollers
12 décembre 2009, par larbaud
Sollers toujours aussi plaisant à écouter ; c’est loin d’être le cas de la pauvre fille qui lui donne la réplique...
> Marcel Detienne — Sur l’identité nationale (Sylvain Bourmeau, Mediapart)
11 décembre 2009, par A.G.
En complément à l’entretien de Marcel Detienne, lire l’article de Gérard Noiriel dans le Nouvel Observateur du 10 décembre 2009 Les sept transgressions de Besson.
> Panégyrique de Guy Debord
11 décembre 2009, par A.G.
Actualité ? On peut relire La planète malade. C’est de 1971.
> Matisse, le pur plaisir d’inventer.
11 décembre 2009, par A.G.
Une édition augmentée du livre de Marcelin Pleynet, Cézanne marginal (2006), paraîtra au printemps 2010 dans la collection « Folio ».
> Paradis de Ph. Sollers : Edition critique et commentée.
8 décembre 2009, par V.K.

Réponse à Insterburg ( François Renault)

Faudrait-il encore que Gallimard ait décidé de publier Sollers en Pléiade. Sollers l’aurait souhaité, comme ce fut le cas pour Céline, mais ne l’attend plus de son vivant.
Néanmoins, nous transmettons votre commentaire, à l’auteur Thierry Sudour.

> Paradis de Ph. Sollers : Edition critique et commentée.
8 décembre 2009, par Insterburg

Quand sera-t-il possible de lire dans son intégralité cette édition critique et commentée qui mériterait de figurer dans un volume de la pléiade consacré à l’auteur ?

FR

> Bataille à propos de Camus : Le temps de la révolte
7 décembre 2009, par edmond

La citation de Artaud par A.G est foudroyante.

Croyez-vous que Sollers la signerait ?

Ce que dit Artaud dans la citation signifie entre autres la neutralisation pure et simple de quelqu’un comme Sollers.

Si tant est qu’on prenne ce qu’écrit Artaud au sérieux...

(mais il ne s’agit pas de ça, n’est-ce pas...)

> J’apporte les croissants chez Philippe Sollers
6 décembre 2009, par Sokolnitz
L’intervieweuse était plutôt dépassée par les évènements.
> Céline, La préface manquante
3 décembre 2009, par Edmond

La "mort du Blanc" c’est le snobisme absolu pour un écrivain français (blanc).

Sollers a un côté démagogique insoutenable.

C’est son côté "merdeux de gauche".

Mais il a bien d’autres qualités..

> Céline, La préface manquante
2 décembre 2009, par D.
Merci pour votre réponse sur ce détail sans vraie importance. La mémoire textuelle de Sollers est assez immense pour qu’on ne lui cherche pas des poux ; c’était pour le plaisir de citer ce finale extraordinaire. Merci surtout de rendre ce texte lisible.
> Céline, La préface manquante
2 décembre 2009, par V.K.

Réponse à D.
Le contexte invoqué par Sollers : Les Chinois à Cognac, le champagne... plaide largement en faveur de votre hypothèse.

Sollers :

« Le thème raciste-biologique, toujours présent, est sans cesse associé à une perspective formelle, mais il va prendre une fonction de plus en plus parodique (« les Chinois à Cognac »), comme un exorcisme, Le Blanc disparaîtra, le Noir et le Jaune engloutiront tout, à moins que le champagne noie cette apocalypse dans ses « bulles pétillantes  », au point qu’on croira avoir rêvé ou déliré en plein brassage des corps.  »

*

Céline : les derniers mots de Rigodon (1er juillet 1961)

« Je lui fais remarquer qu’à Byzance ils s’occupaient du sexe des anges au moment où déjà les Turcs secouaient les remparts... foutaient le feu aux bas quartiers, comme chez nous maintenant l’Algérie... nos Grands-Transitaires vont pas s’en occuper du sexe des anges !... ni de péril jaune ! manger qui les intéresse... toujours mieux !... et vins assortis... de ces cartes ! de ces menus ! ils sont ou sont pas les maîtres du peuple le plus gourmand du monde ? et le mieux imbibé ?... qu’ils viennent, qu’ils osent les Chinois, ils iront pas plus loin que Cognac ! il finira tout saoul heureux, dans les caves, le fameux péril jaune ! encore Cognac est bien loin... milliards par milliards ils auront déjà eu leur compte en passant par où vous savez... Reims... Épernay... de ces profondeurs pétillantes que plus rien existe... »

*

Notons que Sollers parle de champagne, et Céline de Reims et Epernay. Les profondeurs en évoquent les caves de champagne. Vous avez tout bon, c’est Sollers qui a un peu brodé. Cité de mémoire ?...

C’est aussi dans les caves troglodytes de Chinon, creusées dans le tuffeau, que Rabelais célébrait la Dive Bouteille. Même invitation dionysiaque et parodique à boire dans un gai délire.

Ce sera le mot de la fin. Levons nos verres pour un toast ( le toast des avocats) et répétez après moi, le doigt pointé sur le verre plein (on se lève ) :

« Ô toi poison /
Ô toi poison
Toi qui trouble la raison /
Toi qui trouble...
Tu ne dis rien misérable ! /
Tu ne dis rien...
C’est donc que tu es coupable ! /
C’est donc...
Et hop, en prison ! » / (accompagnant la montée du verre jusqu’à la bouche pour le déguster divinement)
Et hop...

*

> Céline, La préface manquante
1er décembre 2009, par D.

" Bulles pétillantes" ? Qu’est-ce que c’est que ces " bulles pétillantes" ?

"Profondeurs pétillantes" ! - C’est la fin inoubliable, irrésistible, de Rigodon :

« qu’ils viennent, qu’ils osent les Chinois, ils iront pas plus loin que Cognac ! il finira tout saoul heureux, dans les caves, le fameux péril jaune ! encore Cognac est bien loin... milliards par milliards ils auront déjà eu leur compte en passant par où vous savez... Reims... Epernay... de ces profondeurs pétillantes que plus rien existe... »

> Bataille à propos de Camus : Le temps de la révolte
30 novembre 2009, par Jean-Paul Morel
Après ce copieux et très riche dossier, la réponse de Jean-Jacques Brochier me suffit : "Philosophe pour classes terminales".
> Bataille à propos de Camus : Le temps de la révolte
30 novembre 2009, par A.G.
Comme vous le savez, Artaud dit très précisément : « Toute l’écriture est de la cochonnerie.
Les gens qui sortent du vague pour essayer de préciser quoi que ce soit de ce qui se passe dans leur pensée, sont des cochons.
Toute la gent littéraire est cochonne, et spécialement celle de ce temps-ci. Tous ceux qui ont des points de repère dans l’esprit, je veux dire d’un certain côté de la tête, sur des emplacements bien localisés de leur cerveau, tous ceux qui sont maîtres de leur langue, tous ceux pour qui les mots ont un sens, tous ceux pour qui il existe des altitudes dans l’âme, et des courants dans la pensée, ceux qui sont esprit de l’époque, et qui ont nommé ces courants de pensée, je pense à leurs besognes précises, et à ce grincement d’automate que rend à tous vents leur esprit,
— sont des cochons.
Ceux pour qui certains mots ont un sens, et certaines manières d’être, ceux qui font si bien des façons, ceux pour qui les sentiments ont des classes et qui discutent sur un degré quelconque de leurs hilarantes classifications, ceux qui croient encore à des "termes", ceux qui remuent des idéologies ayant pris rang dans l’époque, ceux dont les femmes parlent si bien et ces femmes aussi qui parlent si bien et qui parlent des courants de l’époque, ceux qui croient encore à une orientation de l’esprit, ceux qui suivent des voies, qui agitent des noms, qui font crier les pages des livres,
— ceux-là sont les pires cochons.
Vous êtes bien gratuit, jeune homme !
Non, je pense à des critiques barbus. Et je vous l’ai dit : pas d’oeuvres, pas de langue, pas de parole, pas d’esprit, rien. Rien, sinon un beau Pèse-Nerfs. » (Le Pèse-Nerfs, 1925)
> J’apporte les croissants chez Philippe Sollers
28 novembre 2009, par thelonious
Nous sommes le 28 novembre et j’écoute l’émission radiophonique de Laurence Garcia consacrée à Philippe Sollers. Quel homme, quelle intelligence, un vrai cadeau offert en ce jour d’anniversaire (puisque j’écoute cette émission dans la nuit de vendredi à samedi). La rencontre de l’oeuvre sollersienne, c’est la chance ou même la providence, j’en suis certain.
> Bataille à propos de Camus : Le temps de la révolte
27 novembre 2009,

Quelques rectifications s’imposent. En réaction à ce que je lis, entend, ici et là. Bien que jeune lecteur, j’ai un peu attrapé le virus littéraire, dirons-nous. Donc j’exprime mon avis. Je m’en sens obligé. De démangeaison. Sur un site par ailleurs remarquable.

D’abord dire et redire que Camus n’est ni un MORALSTE ni un HUMANISTE. AU CONTRAIRE. Il suffit de LIRE ses textes.

Par exemple, souvenons-nous que l’Etranger a été taxé à l’époque de livre "immoral". Ensuite, je cherche en vain un résidu d’humanisme dans Caligula ou la Chute.

Mais Camus avait anticipé cette classification abrupte, inepte. Cette récuperation politique obtuse, ce radotage de corniaud. " Oui, l’enfer doit être ainsi : des rues à enseignes et pas moyen de s’expliquer. On est classé une fois pour toutes" Page 52, la Chute.

De la même façon, après la parution de l’homme révolté, on l’a accusé d’exalter le terrorisme. (dans lettres sur la révolte, Actuelle 2 pléiade n° 3)

On tape jamais sur les bons. Allez voir du côté d’Hegel ( ce que fait courageusement Camus d’ailleurs ) et d’autres, qu’on récupère à coups de slogans institutionnels. Et j’en passe. C’est re-vol-tant. Il y a une chape de plomb à pulvériser, un monde de dandy à défigurer.

Et puis se positionner contre la peine de mort ( comme l’a fait Camus) n’est en rien une façon d’être humaniste. L’humaniste, c’est celui qui est pour la peine de mort. En croyant qu’il y a d’un côté le coupable et de l’autre les gentils, les épouvantails de vertu, c’est-à-dire les juges. Or ces oppositions de bistrot commencent à être exasperantes. Le coupable n’est que le reflet de ce que refoule les magistrats ou le citoyen lambda. IL N’Y A PAS D’INHUMAIN. ( Lautréamont est bien de l’engeance, quoi qu’il en dise. Et il est sûrement plus humain que le reste, dans son inhumanité verbale.)

Le paradoxe monumental est qu’on accuse des gens, en les amenenant à la potence, alors qu’ils sont alles eux au bout de leurs pulsions, celles de tout un chacun. PARFAITEMENT. Car qui n’a jamais eu envie de tuer quelqu’un ?? Qu’il se lève). Kafka avait raison, on accuse d’abord quelqu’un d’être homme, avant son forfait, quel qu’il soit

Ensuite, Breton. Sans commentaires. Voilà un écrivain-voyou qui est resté à quai (comme la plupart, ils se sont erigés un seuil de censure, ont serré les fesses, et n’ont pas suivi le conseil de Lautréamont " Allez-y voir vous-même si vous ne voulez pas me croire". A qui la faute ? )

Enfin Sade. La encore, c’est de la violence gratuite ( Comme Guyotat et consorts). La pornographie est-elle un art ? Sade n’est donc pas de la littérature. Mais s’il ne fallait garder que des écrivains dignes de ce nom, des chercheurs d’absolu, on aurait plus qu’à vendre sa bibilothèque.

Au risque de pasticher Artaud "toute la culture est de la cochonnerie".

Il n’est pas sûr que je revienne. C’est le propre de la dénonciation que d’être un réceptacle d’échos désertiques.

> Surprenant Confucius
26 novembre 2009, par A.G.

Sur France Culture, lors de l’émission A plus d’un titre, Jacques Munier s’entretient

1. avec Jacques Sancery (Confucius, Cerf - 2009) et Alexis Lavis (Yu Dan, Le bonheur selon Confucius : Petit manuel de sagesse universelle, Belfond - octobre 2009) (le 25-11-09)


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

2. avec Rémi Mathieu (Philosophes confucianistes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade - 2009) (le 26-11-09)


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

Site Internet: Le site de l'émission
> L’arc et la lyre
24 novembre 2009, par V.K.

Désolé d’avoir maltraité votre prénom, que mon ami A.G. a corrigé avant même que je ne m’en aperçoive !

Pour les lecteurs de Pileface, précisons aussi que Jean-Hugues Larché est le réalisateur d’un film « Nietzsche, miracle français par Philippe Sollers » dont nous avons rendu compte dans un article d’A.G, que l’on peut retrouver, ici.

Cette proximité intellectuelle avec Sollers de plusieurs des membres de Sprezzatura, ne nous a pas échappé, avec aussi Sandrick Le Maguer et son livre « Portrait d’Israël en jeune fille » publié dans la collection L’Infini sur le thème de Marie, entre autre, un thème sollersien, revisité à la source des racines hébraïques derrière le grec des Evangiles qui est parvenu jusqu’à nous. Aussi, le flamboyant bretteur Alexandre Gambler, qui avant de se lancer dans l’aventure de Sprezzatura a commis un texte : « le corps de Sollers » en forme de reconnaissance de filiation... Le thème, Guerres irrégulières, "programmatique", de votre premier numéro n’est pas, non plus, sans évoquer les guerres de Sollers : « Guerres secrètes », « Guerre du Goût »... Et jusqu’aux références littéraires et artistiques : Debord et Sollers cités dans votre discussion inaugurale qui ouvre la revue. Nietzsche avec vous etc.

Proximité sollersienne, certes, mais pas seulement, et comme le domaine de notre site a pour objet « Sur et autour de Sollers », nous consacrerons prochainement un article à la nouvelle revue littéraire Sprezzatura.
Dès à présent, Bon vent, d’autant plus que le siège en est à Brest.

Viktor Kirtov

> L’arc et la lyre
23 novembre 2009,
Jean- Hugues Larché, si je peux me permettre.
> Le secret de Philippe Sollers
20 novembre 2009,
Bien voir l’article où il est dit que 70 % des gens accepteraient de torturer autrui.
> Sollers : Femmes (le roman)
19 novembre 2009, par Fabienne.
Le soir, j’ai hâte de retrouver le livre. M’immerger dans cet univers, pour moi si nouveau. Hélàs, je manque cruellement de culture et toutes ces références... Ploof ! s’enlisent mollement dans mon cerveau vide ; mais quand je suis connectée c’est vivifiant, foudroyant cette arrogante franchise, si juste. Un souffle fulgurant fait voler en éclats mes petits principes, mes grands préjugés, toute une éducation à repenser. Je reste assise par terre, abasourdie... Et néanmoins, imperceptiblement plus grande, plus ouverte, plus libre. C’est cela... Exactement plus libre.
Une belle rencontre.
> Surprenant Confucius
14 novembre 2009, par A.G.

Merci pour le lien vers la thèse sur " Le nationalisme chinois aujourd’hui " de M. Ye Ming que j’ai d’ores et déjà téléchargée et qui, après en avoir parcouru certains chapitres, me paraît effectivement fort intéressante.

Bien à vous.

> Surprenant Confucius
14 novembre 2009, par Nicolas

Juste pour signaler qu’un étudiant chinois a fait une thèse de 650 pages sur le nationalisme chinois : http://www.bu.univ-paris8.fr/web/collections/theses/YeThese.pdf . Le point de vue est intéressant, c’est une étude objective, on sort du schéma nationalisme = propagande, fascisme, etc.

En tout cas, merci pour vos dossiers, ils sont exceptionnels.

> Surprenant Confucius
14 novembre 2009, par A.G.
Dussé-je vous surprendre je partage beaucoup de points de votre analyse. Votre passion de comprendre la Chine devrait sans doute trouver quelques motifs de satisfaction à la lecture de l’ensemble des articles ou dossiers que nous lui avons consacrés — dans le cadre, bien sûr, de ce qui fait la spécificité de ce site.
> Surprenant Confucius
13 novembre 2009, par Nicolas

Une citation hors contexte peut tout prouver, absolument tout et son contraire. Simon Leys a écrit sur le totalitarisme chinois dans les années 1980. Aujourd’hui, les choses ont changé et je suis surpris qu’on utilise encore le vocabulaire de la guerre froide.

Vous avez cité Jean-Pierre Cabestan, mais pour prouver quoi ? Ce que je vous reproche, c’est d’écrire des expressions qui sont plus fondées sur des idées reçues que sur des faits. Moi aussi, je pourrais vous citer des livres sur le nationalisme français, par exemple "La France entre nationalisme et fascisme" de Zeev Sternhell (il n’est pas français car aucun français n’aurait pu écrire un livre sur ce sujet). Mais pourquoi faire ? Est-ce que cela suffit à montrer qu’il y a propagande nationaliste quand la France organise la coupe du monde de foot ?

Vous demandez de ne pas confondre le système chinois avec la civilisation, la culture ou le peuple chinois. Et bien moi, je vous demand de vous mettre dans la peau du peuple chinois. Que ressent le peuple chinois quand il voit les campagnes de dénigrement de la presse occidentale contre la Chine pendant les jeux olympiques ? Ce qui est accablant, c’est cette prurit à parler de propagande nationaliste chinois et de boycott, alors que tout le monde s’en fiche des horreurs bien réelles que les Etats-Unis commettent au même moment en Irak ou en Afganistan, et personne n’exige pour eux aucun chatiment, aucun boycott. Ne trouvez-vous pas qu’il y a là un bug, non ?

Ce que les journalistes français appellent Nationalisme en Chine n’est que le Patiotisme d’un Pays qui n’accepte pas les leçons de l’Occident qui a peur d’une Chine prospére et forte qui ne s’en laissera pas compter. Il y a aussi malentendu entre deux pays qui possèdent des psychologies différentes. Ce qui se passe entre la Chine et la France, c’est exactement ce qui se passe entre les USA et la France, pendant la période du début de la seconde guerre d’Irak. Comme les Américains, les Chinois possèdent une psychologie différente de celle des Français. C’est une évidence, mais les Français semblent faire fi de ce détail. Il faut comprendre que pendant des siècles, les Chinois Han ont été dominés plus ou moins par des ethnies non Han (Tibétains, Mongols, Mandchou). Et durant les dernières années avant la Révolution de Mao, ce sont les Occidentaux qui avaient le pouvoir en Chine ! Regardez comment nous, en France, ressassons sans arrêt nos quatre ans d’occupation... QUATRE ANS ! Pendant quatre ans, les Allemands avaient le pouvoir en France, et nous ne cessons de nous référer à cette époque. Ensuite, grâce au tour de magie de De Gaulle, nous avons réécrit l’histoire et complètement fantasmé “La Résistance”. Nous avons idéalisé notre propre réaction à ces quatre années... mais alors... qu’en serait-il si au lieu de quatre ans, les allemands, puis les anglais, puis les australiens, puis les Belges, avaient successivement dirigé la France pendant 500 ans, pendant 1000 ans ? C’est exactement ce qu’ont vécu les Chinois... Les Allemands, eux, n’ont pas détruit Versailles... Connaissez-vous l’histoire de l’ancien Palais d’Eté des empereurs chinois ? Une merveille mise à sac et brûlée en 1860 par les Français et les Anglais... Qu’imaginez-vous qu’il se passerait, en France, si les Allemands, en 2008, se mettaient à nous offenser, même à raison ? Alors qu’imaginez-vous qu’il se passe dans l’esprit d’un chinois qui voit ses amis de France manquer de respect à son drapeau et à ce qu’il estime être l’intégrité territoriale de son pays ? Regardez comment l’Etat français a réagi sur les sifflements contre la Marseillaise. Le nationalisme est une maladie, une pathologie. Mais... on connaît son terreau : l’humiliation nationale, collective, sur laquelle les populistes peuvent surfer avec tant d’aise. On sait quelle réaction a engendré la défaite allemande en 1918... on sait aussi que Mao a construit sa popularité sur une Chine unie, rassemblée. La Chine aux Chinois ! Il n’y a bien qu’en France qu’on trouve ça nationaliste ! Ce qui s’est passé à Paris a profondément vexé les Chinois. Puisque le chinois se vexe, il veut aussi vexer. Alors il brule le drapeau français, pensant que notre psychologie est identique à la sienne. Mais les Français n’ont pas compris ce geste et l’interprète de nationaliste.

> Surprenant Confucius
12 novembre 2009, par A.G.

Il est quand même arrivé à Simon Leys d’écrire du « système » bureaucratique-totalitaire chinois — qu’on ne confondra pas avec la civilisation, la culture ou le peuple chinois — qu’il « opère une sélection à rebours : il pénalise la décence, l’intelligence et la sincérité, en même temps qu’il récompense et promeut toutes les inclinations les plus basses : flagornerie, duplicité, paresse intellectuelle, opportunisme, lâcheté morale, délation, trahison. » (Essais sur la Chine). Honnêtement, est-ce moins accablant ?

Lire par ailleurs Les multiples facettes du nationalisme chinois dans perspectives chinoises.

> Surprenant Confucius
11 novembre 2009, par Nicolas
L’expression "propagande nationaliste" me gêne beaucoup. S.Leys n’aurait pas utilisé cette formule. Que sait-on de la Chine pour avancer des expressions tout faites ? Je crois que c’est une question d’honnêté intellectuelle.
> La Trinité, Masaccio
10 novembre 2009, par Chaudesaigues Christophe
Je ne vois pas vraiment ce que viennent faire là les épicuriens... Il s’agit de l’oeuvre d’un humaniste. Quand au "j’m’en-foutisme" du squelette (au passage attribué à Adam), c’est ridicule
> Crédits
8 novembre 2009, par Fabienne
Je referme "Un vrai roman ." Je vous aime. Voilà .C’est malin. J ’ouvre un livre de Dominique Rolin .Je l’aime déjà .Voilà.C’est merveilleux. Merci pour tout. Fabienne.
Yannick Haenel, Jan Karski
6 novembre 2009, par A.G.

Deux entretiens de Yannick Haenel :

1. avec Alain Veinstein, le 25 septembre 2009 (40’33) :


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

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2. et un débat contradictoire avec Alain Finkelkraut et Annette Wieviorka le 31-10-09 (49’30) :


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

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> Des femmes
31 octobre 2009, par V.K.

BAUBÔ, La vulve mythique[1]

Baubô, nom attribué à la nourrice de Déméter à Eleusis dans certaines sources antiques est également employé comme nom commun, pour désigner la cavité féminine. C’est ainsi qu’Herman Diels proposera de nommer Baubô les figurines de Priène à laquelle appartient celle en illustration. Cette statuette provient des fouilles effectuées par une équipe d’archéologues allemands à Priène en 1898. Des figurines singulières de même inspiration, présentant une tête sur deux jambes à la place du corps avaient délà été découvertes dans les restes d’un temple dédié à Déméter datant du IVè siècle av. J.C.

Une lecture détaillée des sources antiques (Homère, Ovide..., ont conté le mythe de Déméter). - indique que la plupart des auteurs, mais surtout Homère, insistent avec une grande précision clinique sur l’état dépressif de Déméter après que sa fille Perséphone eût été enlevée par son oncle Hadès, le roi des enfers, et violée en toute tranquillité dans le ventre de la terre.

Homère (Hymne à Déméter) :
Durant neuf jours, elle parcourut la terre en tous sens. La dépression commençait à l’envahir, elle devint anorexique.

« Dans sa douleur, elle ne goûta point à l’ambroisie ni au doux breuvage du nectar » [48-49])


et commença à déprécier son propre corps

« ...et ne plongea pas son corps dans un bain »

Rabaissement, signe habituel d’auto-reproches conscients et/ou inconscients, commencé par le refus du bain précise le clinicien

« Elle restait silencieuse, et fixait à terre son beau regard... elle y prit place et, de sa main, ramena le voile sur son visage ; pendant longtemps elle resta sur ce siège, muette de douleur , sans s’occuper de personne en paroles ni en actes. Sans sourire, sans prendre de nourriture ni de boisson, elle restait assise et se consumait en regrets de la perte de sa fille... »

Quel psychanalyste, quelle thérapie va réussir à sortir Déméter de son mal ? De quels ressorts secrets dispose Baubô-Iambe (la servante Iambe chez Homère), pour réussir à tirer Déméter de sa profonde dépression ? Avec Homère, nous savons seulement qu’il s’agit de plaisanteries obscènes et que l’étymologie des mots désignant ces plaisanteries dénote leur parenté avec le regard et la vue (Euripide, quant à lui, dans son Hélène , voit plutôt les bienfaits de musique d’Aphrodite dans la guérison de Déméter)

Baubô qui a presque tout essayé n’a pas encore sorti son arme de dernier recours. D’un geste vif et subit, elle relève sa robe qui dévoile un visage peint sur son ventre, au dessus de la vulve tandis qu’elle se livre à une sorte de danse du ventre. Au rythme des mouvements de la danseuse le visage peint sur son ventre s’anime, semble rire de ses poses obscènes, fait des grimaces et le premier rire de Déméter, depuis longtemps, va aussi apparaître sur son propre visage.

C’est la version qu’a proposé Salomon Reinach en 1912, faisant ainsi la synthèse des découvertes archéologiques et des écrits d’Homère et d’Ovide. Nous aimons bien cette version. Quant au rôle de la musique, rien n’empêche d’ajouter au spectacle, la musique, c’est ainsi qu’une des statues anciennes comporte outre la morphologie décrite, des lignes parallèles qui pourraient évoquer une harpe ?

Une histoire triviale, obscène et ô combien humaine dans la grande déprime de Déméter qui finit par un rire et en musique sous la plume du poète, voilà des ingrédients repris même par Magritte, qui se jouent du temps. Et que ce soit en Grèce ou ailleurs, rien n’y change non plus. Universel donc, comme le temps.. ![2]

Baubo ? ... bobo, boubou... Faut-il voir dans l’onomatopée bobo, dans « .. maman bobo », des réminiscences inconscientes du mythe ? Et que cache le boubou de la nounou africaine ? Qui le dira ? Nous attendrons qu’un nouveau Salomon Reinach se lève et lève le voile pour nous en conter la filiation oubliée.

Magritte, femme, 1952, inspiré du mythe Baubô

Crédit : d’après http://www.ethnopsychiatrie.net/baubo.htm

Nota :
[1] Titre d’un ouvrage de Georges Devereux
[2] TEMPS UNIVERSEL
Depuis 1972, le Temps Universel a détrôné le Temps de Greenwitch pour les scientifiques. De même qu’un jour pas si lointain, les hommes ont abandonné le modèle d’une Terre au centre du cosmos et d’un soleil tournant autour d’elle-même, en 1972, les scientifiques ont cessé de mesurer le Temps en observant la rotation de la Terre par rapport au méridien de Greenwitch. (C’était un peu mesurer le Temps par rapport au mouvement de notre nombril, la Terre.)
Le Temps Universel est mesuré en observant le mouvement diurne d’étoiles lointaines et par d’autres moyens le mouvement de radiosources extragalactiques. A notre nombril terrien, nous avons substitué un nombril cosmique. C’est plus précis ! Pour planter la salade, c’est pas indispensable ; mais pour fixer son prochain rendez-vous avec une femme venue du cosmos et aborder un discours amoureux sur les mythes respectifs du Baubô terrien et du Baubô de chez elle, mieux vaut que tous deux soient calés sur l’heure cosmique. (Si vous lui envoyez un message disant qu’elle n’était pas à l’heure terrienne et qu’elle vous a posé un lapin, elle vous prendrait pour un plouc. _Vous pourriez toutefois lui répondre que chez nous la terre est sacrée et fait partie de notre identité nationale comme l’a rappelé le Grand Manitou de notre tribu et ceci depuis que Sully, (le grand Chambellan d’un autre Grand Manitou, Henri IV, qui avait uni les Tribus de France et de Navarre ) avait clamé haut et fort pour que ce soit entendu jusqqu’à nous : "Pâturage et labourage sont les deux mamelles de la France" [La grande France, Navarre comprise]". Et Madame, nous l’avons même mis dans notre droit coutumier, "le droit du sol", pour que tout nouveau né sur notre terre soit nourri à ses deux mamelles. Même si les vôtres, Madame, auraient été très à mon goût. Mais pardonnez, Madame, ce langage de mâle plouc terrien (pléonasme) : trivialité et obscénité sont dans nos moeurs et dans nos mythes.
Et, Madame, si vous avez quelque chose d’humain, vous me passerez le mot... L’Abbé de l’Attaignant a su le dire en un temps où badinage et libertinage rimaient aussi avec labourage et pâturage. C’était, Madame, au XVIIIè siècle de notre temps terrien... Nous ne connaissions point encore le Temps Universel.

> Lautréamont manifeste
24 octobre 2009, par D.B.
A vendre en Solde ?
> Lautréamont manifeste
24 octobre 2009, par A.G.
Cette photographie n’a pas de prix.
> Lautréamont manifeste
23 octobre 2009, par D.B.
Considérons le résultat de cette vente comme n’étant pas seulement anecdotique. Aucune enchère pour LA photographie, probable, présumée de Ducasse ? Elle est donc sur-cotée ou sans valeur... Le doute fait loi et crée sa propre valeur ; aussi les banquiers (au final, ceux qui détiennent l’argent) l’ont-ils appliquée et respectée. Dans leur bonté, ces sacrés canards nous prient définitivement de retenir qu’un corps, encore moins son apparition photographique devant leur porte, ne représente une quelconque valeur...
> Ducasse manifeste
21 octobre 2009, par A.G.

Vente ALDE du 20 octobre.

7 photographies de Dazet enfant et 2 photographies comme adolescent ou jeune homme ont fait l’objet d’une adjudication pour 2000 €.

La photographie de Lautréamont n’a été l’objet d’aucune adjudication.

Différence de Miles Davis -
21 octobre 2009, par A.G.

A signaler la très belle exposition WE WANT MILES à la Cité de la Musique :

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Miles Davis, trompette cuivrée et housse (photo A.G.)
Miles Davis, trompette cuivrée et housse (photo A.G.)

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Exposition où, quand vous en aurez pris plein les yeux et les oreilles, vous pourrez encore écouter et voir, sur grand écran, le dernier concert de Miles, donné le 10 juillet 1991, à La Villette précisément, deux mois avant sa mort.

D’autres extraits du concert sur You Tube

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> à Turin
18 octobre 2009, par Thelonious
Je lis aujourd’hui cette note sur Sollers, Turin, "Une vie Divine" et coïncidence inouïe, aujourd’hui 18 octobre, "C’est la grande époque de la moisson", je termine ce livre formidable de Béatrice Commengé "La danse de Nietzsche".
> Château du Tertre, Margaux.
12 octobre 2009, par V.K.

L’édition française de L’Atlas des Vins du Monde a été publiée, en 2003, avec une préface de Philippe Sollers.

Notons que c’était le 14 mai 2002, que Sollers était l’invité d’honneur, à un dîner, organisé au Château du Tertre Margaux. Bien que ne disposant pas d’un exemplaire de L’Atlas des Vins du Monde , la proximité des dates, laisse prévoir que sa préface reprenne, en partie les thèmes de son discours en bordelais (cf. l’article ci-dessus).

Le 25 avril 2003, Ph. Sollers a aussi signé un article du Point, « Bordeaux, Cité des Lumières » où il célèbre, sa ville et le bordelais et son vin préféré, outre l’Iquem, le Margaux, qu’il cite spontanément dans ses écrits.

« Où que je me trouve, je peux revenir soudain à Bordeaux par la couleur ou par le vin, par un signal lumineux sombre ou par un certain parfum dans la bouche.

Avant d’être la ville où je suis né Bordeaux est ainsi une information diffuse, distribuée dans les tissus ou le contenu des bouteilles. Le mot de « bordeaux » lui-même, en dehors de l’étymologie, évoque pour moi la rive, le lieu stable d’où l’on pourrait voir, indéfiniment, couler l’espace et le temps. L’eau, le vin, le sang transformé en vin, le bord de la durée physique, et voilà une idée de ce que peut être un port dans l’aventure du corps, « le port de la lune » [1], en plus, avec un croissant bienveillant et oriental, comme un poinçon des mille et une nuits en cours de sommeil.

[...]Supposons maintenant que je sois à New York, à Pékin, à Amsterdam ou à Londres : j’ouvre cette bouteille de margaux, je la bois lentement, je vais dormir, et le lendemain matin, je sais que j’ai été filtré par Bordeaux. Il faut « dormir » le vin pour le comprendre. C’est d’ailleurs plutôt lui qui vous comprend, qui vous accepte ou qui vous refuse. N’est pas dans le bordeaux qui veut. [...] »

Voir article

Ou encore :

« le XVIIIe siècle n’est pas derrière nous mais devant nous. Je marche donc sur les quais dégagés, avec Hölderlin et Stendhal. Il fait beau, et toute l’architecture respire. La colonne des Girondins est bien là. Tout à l’heure, au Grand Théâtre (à l’Opéra), une Italienne de génie, Cecilia Bartoli, chantera de nouveau Mozart. Après quoi, on ira boire avec elle. Tel margaux, telle année, mais restons discrets. »
Philippe Sollers
In « Renaissance de Bordeaux »
L’Infini, n°97, hiver 2006

Voir Hölderlin et Bordeaux

Et ceci :

« Je dois l’avouer : j’écris au margaux, pas au picrate. »

Journal du mois de janvier 2009

ATLAS DES VINS DU MONDE [2003], de Oz Clarke, adapt. de l’anglais par ML Éditions. Cartes panoramiques de Keith Sue Gage , préface de Philippe Sollers, 336 pages, ill., rel., 250 x 302 mm. Hors série Gastronomie, Gallimard Loisirs -doc. ISBN 2742412484. 45,00 €

Résumé
L’objectif de cet atlas est de transporter le lecteur au cœur des grandes régions viticoles du monde, ce qu’aucun ouvrage sur le vin n’a encore jamais tenté. Les cartes panoramiques permettent de voir les sites selon un point de vue totalement original :d’en haut. Un ouvrage qui prend en compte tous les développements viticoles de la dernière décennie. Une couverture sans précédent des aires viticoles qui montent (au Chili, en Argentine, en Uruguay, en Californie, en Australie et ailleurs), en plus des régions traditionnelles. Des cartes panoramiques et peintes qui montrent les encépagements les plus récents. Une collection imposante d’étiquettes, et de bouteilles dont on appréciera les formes variées.

LIENS

1. Cité des Lumières

8 mar 2006 ... Supposons maintenant que je sois à New York, à Pékin, à Amsterdam ou à Londres : j’ouvre cette bouteille de margaux, je la bois lentement, ...

2. Hölderlin et Bordeaux

Tel margaux, telle année, mais restons discrets. Philippe Sollers In « Renaissance de Bordeaux » L’Infini, n°97, hiver 2006 ...

3. Mon Journal du mois, janvier 2009

26 jan 2009 ... Je dois l’avouer : j’écris au margaux, pas au picrate. Un reproche lancinant m’est fait : je n’écrirais pas de « vrais romans ». ...

> Château du Tertre, Margaux.
11 octobre 2009, par Thelonious
Philippe Sollers est l’auteur d’une préface à l’atlas des vins du monde , livre paru chez Gallimard en 2003 ; je me souviens avoir lu cette préface à l’époque en librairie, mais le prix du livre étant très élevé je ne l’ai pas acheté. Loin de la France, je ne peux donc me rendre une nouvelle fois dans une librairie afin de relire cette préface. Serait-il possible, sur ce site qui présente un nombre incroyable de documents, de mettre en ligne cette préface. Très cordialement. Thelonious
> Geste - Texte - Musique
29 septembre 2009, par A.G.

C’est après avoir écouté des extraits de Drumming de Steve Reich que Sollers commence son exposé. Voici l’oeuvre de Steve Reich :

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D’autre part, la chaîne arte passait hier, lundi 28 septembre, un remarquable documentaire sur le musicien américain. Écoutez, regardez Steve Reich, Phase to face. Passionnant.

Lire également Steve Reich - le roi de la musique répétitive hypnotise Arte.

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> Tel Quel et Hallier (archives)
27 septembre 2009, par A.G.

En décembre 1972, Jean-Edern Hallier publie La cause des peuples, livre dans lequel il revient à sa manière sur les débuts de Tel Quel dont Philippe Forest fait le récit ci-dessus. Le livre d’Hallier est encensé par la presse, toutes tendances confondues.
Tel Quel réplique dans Le Monde du 28 décembre 1972 et dans Le Magazine littéraire de janvier 1973. Au centre de la polémique : la question de la guerre d’Algérie. Voici ces deux documents d’archives.

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ZOOM : cliquer sur l’image
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En février 1973 Tel Quel, dans son numéro 53, revient plus longuement sur le livre d’Hallier avec un article de Jean-Louis Houdebine intitulé La cause des peuples ? et sous titrée D’extrême gauche en apparence, d’extrême droite en réalité. Il est amusant — et intéressant historiquement — de voir que le personnage politique pris pour cible par Houdebine au début de son article n’est autre que Jean-Pierre Chevènement, le même Chevènement qui fera l’objet de l’ironie de Sollers, en 1999, vingt-sept ans plus tard, à la fin de son article sur La France moisie.
Voici ce qu’écrivait Houdebine dans Tel Quel :
« Prudent, M. Jean-Edern Hallier avait cru bon d’orner la couverture de son livre récent, intitulé sans doute par anti-phrase la Cause des peuples, d’une " revue de presse imaginaire " : les formulations en apparaissent bien pâles, au regard des articles de presse, bien réels ceux-là, dont chacun a pu en effet composer l’anthologie ces dernières semaines. Embrassade générale : le Figaro, l’Express, le Nouvel Observateur, Politique-Hebdo, et j’en passe. Que n’a-t-on pas lu !
La palme revient, en l’occurrence, au Nouvel Observateur dont le numéro 425 (du 30-12-72 au 7-1-73) s’ouvre sur on article de M. Chevènement, qui vante la nouvelle union économique (de la gauche ( ?)), et s’achève sur une apologie du livre de M. Hallier, signée du même M. Chevènement. Voilà une coïncidence qui mérite réflexion. Car M. Chevènement n’est pas le premier venu : membre du secrétariat de la social-démocratie française, " énarque " comme quelques autres du même tabac, il s’y connaît en chiffres, opérations financières, etc. Le peuple ? On le fera voter ; entre-temps, il pourra contrôler la " gestion des outils de production " ; pour le reste, il travaillera : dur, de préférence, car tout repose dans la nouvelle union économique, comme d’ailleurs dans la vieille, sur l’expansion de la production. Quant à la conduite politique et idéologique de ce beau dispositif, M. Chevènement et ses acolytes s’en chargent. M. Hallier aussi : car la technocratie, c’est bien ; mais ça n’exclut pas les « sentiments » ; et c’est précisément chez l’étrange gauchiste Hallier que Chevènement s’en va chercher les sentiments dont il a besoin pour sa politique chiffrée. C’est " splendide ", s’écrie M. Chevènement lisant M. Hallier : " La politique est affaire de sentiments, sinon elle n’est rien. " Pardi ! Ce n’est surtout pas de penser que le peuple a besoin : M. Chevènement est là pour ça ; c’est de sentir : à toi, Jean-Edern (comme dit M. Chevènement quand il n’en peut plus d’enthousiasme) ! »

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> Histoire de femme
25 septembre 2009, par A.G.
Dans le numéro 109 de L’infini (automne 2009), Sollers livre la table de son prochain recueil Discours parfait. La guerre et la peste et Histoire de femme concluront le livre.
> Cycle Philippe Sollers au « Lieu Unique » (Université Pop)
24 septembre 2009, par A.G.
Si l’on veut avoir des images avec du son (de médiocre qualité), on peut se reporter à cet article.
> Dans les allées du Parc
18 septembre 2009, par A.G.

L’exergue de Femmes (1983) :

Né mâle et célibataire dès son plus jeune âge...
Possède sa machine à écrire et sait s’en servir.

William Faulkner

> L’oeil de Willy Ronis se referme
18 septembre 2009, par A.G.

La Radio Suisse Romande rediffusait le 15 septembre un entretien de mars 2009 avec Willy Ronis (54’) réalisé dans son appartement parisien du XIe arrondissement après la publication de Nues.


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

Crédit : RSR

> L’oeil de Willy Ronis se referme
16 septembre 2009, par A.G.

France Culture retransmettait le mardi 15 septembre l’entretien accordé par Willy Ronis à Arnaud Laporte en décembre 2006 (36’) :


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

Crédit : Tout arrive.

> Ortografe : zéro pointé
16 septembre 2009, par mémé
oké pépé, mé douqtupudonktan a 50 an...
> Ortografe
16 septembre 2009, par pepe
La révolusion de l’ortograf è començé é èl se propaje rapidemen ! -> www.ortograf.net
Site Internet:
> La Correspondance Houellebecq/BHL - Une partie d’échecs décryptée,
15 septembre 2009,
Je l’ai lu. J’ai trouvé ce qu’écrivait Michel très intéressant. EN revanche, BHL m’a saoûlée. Il n’arrive pas à se départir de l’image qu’il veut donner. Un écrivaillon qu’on oublira. A la différence de Houellebecq.
Site Internet: Plus sur des mots...
> La Beauté
12 septembre 2009, par A.G.
Willy Ronis vient de mourir. Le Nouvel Observateur vient de rappeler son parcours. L’un des plus beaux hommages qui lui aient été rendus célébrait La Beauté, il est ci-dessus.
> Ortografe : zéro pointé
12 septembre 2009, par A.G.

« François de Closets considère que le correcteur des ordinateurs rend désormais inutiles ces batailles de Diafoirus de l’orthographe. On écrit de moins en moins à la main et on écrira de plus en plus à la machine. Mieux vaudrait apprendre à l’école à se servir intelligemment de l’assistance orthographique. », écrit Bernard Pivot à la fin de son article.

C’est effectivement le dada de De Closets, le "correcteur des ordinateurs", il en parle à chacune de ses interventions ! Outre que quiconque utilise un ordinateur sait bien que celui-ci n’évite pas les fautes d’orthographe et qu’il en favorise au contraire de nouvelles (je l’ai souvent vérifié à mes dépens !), cette conception, même plus simplement utilitaire de la langue mais carrément techniciste et, disons-le, bête, avait été "dénoncé" par Heidegger il y a plus de 50 ans. Cela m’a amené à compléter la citation extraite de son essai de 1957 — Hebel, l’ami de la maison — : voir ici.

Non, on ne nous coupera pas la langue !

> Ortografe : zéro pointé
12 septembre 2009, par V.K.

« ...c’est en vérifiant leur orthographe [en ouvrant les dictionnaires de langue] qu’on apprend la juste signification des mots et que progressent la connaissance et l’amour du français. »
Bernard Pivot
dans sa chronique : « C’est la faute à l’orthographe ! » dans le JDD du 12 septembre 2009.

On peut aussi se faire plaisir en retrouvant une sélection de chroniques d’Alain Rey dans « A mots découverts ». Alain Rey, qui « a enchanté les matins de France Inter avec son mot du jour, une chronique érudite, parfois espiègle[...] » nous dit la 4ème de couverture. C’est bien ainsi que j’en garde le souvenir. Et son « Dictionnaire historique de la langue française » (en 3 volumes), bourré d’annecdotes, reste sans équivalent, y compris sur Internet. Un incontournable !
Ne connais pas sa dernière création, son "Dictionnaire culturel en langue française" (en 3 volumes), remarqué lors de sa parution ; les gourmets de la langue lui donnent 3 étoiles au Michelin de la gastronomie culturelle. Table de grand chef ! Prix en conséquence.

> Yannick Haenel, Jan Karski
11 septembre 2009, par A.G.

« Très loué par la presse, le livre de Yannick Haenel sur le résistant polonais "Jan Karski" (chez Gallimard, collection L’Infini) figure dans la sélection Médicis essais, ce qui a fait bondir son éditeur Philippe Sollers. Celui-ci souligne "que contrairement à ce que prétend" le jury Médicis "le plaçant dans la liste des essais, "ce livre est bien un roman". » (Source : france2.fr)

C’est d’ailleurs marqué sur la page de couverture. Le jury du prix Médicis sait-il lire ? CQFD.

> Ortografe : zéro pointé
10 septembre 2009, par V.K.
On peut éventuellement lire l’article du Nouvel Observateur du 28/08/2009. Le commentaire que j’y formulais sous le titre « Sacré dictionnaire, ou mort à crédit ! » est toujours valable un an après. En fait, encéphalogramme plat depuis quatre ans.. !
De quoi parle t-on ? Du dictionnaire en ligne de l’Académie française. Un monument du génie français !
> Dans les allées du Parc
9 septembre 2009, par V.K.
Evidemment, comment n’y ai-je pas pensé ? le lien sur ce Parc Monceau, manquait.
C’est vrai que j’ai un peu erré dans les allées du Parc avant de sortir vers la rue Rembrandt qui vaut le détour.
> Dans les allées du Parc
9 septembre 2009, par A.G.
On peut jeter un coup d’oeil sur les allées du parc Monceau ; Sollers l’évoque dans la plupart de ses romans.
> Yannick Haenel, Jan Karski
4 septembre 2009, par A.G.
> Yannick Haenel, Jan Karski
4 septembre 2009, par A.G.
Entretien et lecture d’extraits du livre sur le site de Gallimard.
> Cecilia Bartoli (1) - Vivaldi !
1er septembre 2009, par A.G.
> Histoire de femme
20 août 2009, par René Kochmann
Que pense Philippe Sollers de l’épisode de Samuel,livre 2, au cours duquel le roi David refuse d’être au combat, fait venir dans son palais de Jérusalem une femme qu’il a vue se baignant nue ? Elle est l’épouse d’un de ses soldats, il couche avec elle, veut faire endosser au mari la paternité de l’enfant dont elle est tombée enceinte, n’y parvient pas et renvoie l’époux trompé à la guerre en lui confiant une lettre dans laquelle le souverain demande au général en chef de se débrouiller pour que l’ennemi tue le cocu encombrant ? C’est le "coup de la lettre qui tue" , repris par Shakespeare dans "Hamlet". mais dans la pièce, le contexte n’est pas, sauf erreur, celui d’une guerre. En tout cas, il s’ensuivra -pour le roi- tout un enchaînement de malheurs . L’enfant de sa maîtresse meurt au berceau. Une de ses filles sera violée par un de ses demi-frères. Un autre de ses fils, Absalom, tuera le violeur incestueux avant que David n’intervienne, puis, après une réconciliation brève, reprendra sa rébellion contre le roi, allant jusqu’à violer en plein jour et à la vue de tous, toutes les concubines de son père. On connaît la fin tragique de cet Absalom aux trop longs cheveux.
Marilyn ou la suicidée du spectacle
29 juillet 2009, par A.G

Ce soir sur France 2 à 20h35 : Marilyn, dernières séances, un documentaire de Patrick Jeudy, à partir du livre de Michel Schneider.

Point de vue : " Patrick Jeudy, réalisateur de plusieurs documentaires sur la famille Kennedy, a porté l’ouvrage à l’écran : c’est une réussite totale. La qualité des documents, l’intelligence du montage, la simple beauté des images en font un documentaire hors pair : " Marilyne, dernières séances " est un plaisir rare. " (François Forestier, Téléobbs)

> Aviaire comme Véronèse
27 juillet 2009, par Marx Dormoy
"LEDA ET LE CYGNE" NE SERAIT-IL PAS UNE OEUVRE DU CORREGE ?
> L’art peut-il tout dire ?
25 juillet 2009,

Oui, oui oui !!!! OUI !!!!!

Il le peut...

> Pourquoi lire Rimbaud aujourd’hui ? .
20 juillet 2009, par A.G.
De Charleville à Roche, le 19 juillet 2009, sur les traces de Rimbaud.
> Autres...
20 juillet 2009, par A.G.

Les archives sur Joyce ont été mises en ligne dans cet article Joyce encore.

Les enregistrements sur Mozart avec Sade l’étaient déjà dans leur intégralité, ainsi que ceux sur La musique baroque.

Le reste attend que l’actualité éditoriale s’y prête.

Merci encore.

> Autres films
20 juillet 2009,

Bonjour

Toutes mes archives audio ont été cédées à Pileface... J’espère, ainsi, que tous les amateurs des interventions de Sollers pourront en profiter sous peu.

Philippe

> Relire Céline
19 juillet 2009, par V.K.

Je ne me rappelle plus la date de naissance de Céline. Je consulte le Larousse illustré. Je lis la notice : « Son oeuvre, marquée par la dénonciation d’une société bien-pensante (y en aurait-il une autre ?) et son engagement ambigu dans la collaboration du régime de Vichy (ambigu, Céline ? A Vichy ?), recompose les tics du parler quotidien et populaire dans un flux quasi épique qui transcrit la coulée de la vie dans sa discontinuité et sa trivialité. »
Ce quasi est charmant. Transcrit n’est pas mal non plus. La page comporte cinq illustrations en couleurs. Portraits de Nicolas Ceaucescu, d’Enrico Ceccheti (photo en noir e blanc, 1850-1928, maître de ballet italien né à Rome, « il réforma l’enseignement de la danse en Russie »), Camilo Jose Cela, Blaise Cendrars. Le mot Celtes permet de voir un bouclier en bronze provenantde Battersea (Surrey, Angleterrre).
L’absence du visage de Céline et la présence de celui de Caucescu est une de ces merveilles qu’on n’osait pas espérer.
Moravia :« Le dernier écrivain français a été Céline. Depuis, plus rien. » (Il n’aurait jamais dit cela il y a dix ans.)
Philippe Sollers
Carnet de nuit, Plon, 1989, Gallimard/Folio, 2006 p.12-13.

C’était donc il y a vingt ans ! Quid d’une édition plus récente du Petit Larousse ? Dans l’édition 2002, les portraits de Cauchescu, Ceccheti ont disparu, remplacés par celui de l’italien Cavour et celui de Céline ci-contre. Le bouclier celte a été remplacé par un plus pacifique chaudron de Gundestrup, Danemark. Et la notice sur Céline est devenue : « Courbevoie 1894 - Meudon 1961, écrivain français. Ses romans (Voyage au bout de la nuit, 1932 ; Mort à crédit, 1936 ; D’un château l’autre, 1957) et ses pamphlets emportés vers la dénonciation de la société bien-pensante, puis vers la vitupération antisémite sous le régime de Vichy, recréent dans un flux épique, un parler trivial et quotidien parfois nauséeux.  »

Bien que dans cette version perce encore l’ancienne, Sollers aurait-il été entendu ?

> Un soir au Collège des Bernardins en compagnie de Sollers et Dante
14 juillet 2009, par A.G.

La colère de Sollers à propos de la guerre d’Algérie

Comme le souligne VK, lors de sa conférence, Sollers est revenu longuement sur l’expérience traumatique qu’il vécut dans les hôpitaux militaires de l’Est de la France afin et avant d’être réformé et sorti de l’enfer grâce à l’intervention d’André Malraux. Il en est question dans de nombreux romans. La guerre d’Algérie — qu’on a longtemps appelé "les événements" — fait partie de ces trois "placards dans les cadavres" qu’il rappelle souvent à des Français amnésiques (les deux autres étant Vichy et Mai 68).
Le matin du 3 mai 2001, sur France Culture, Sollers était l’invité de Pierre Assouline en compagnie d’Hector Bianciotti. L’un et l’autre étaient là pour la sortie de leur livres — Éloge de l’infini et Une passion en toutes lettres — mais l’actualité voulut que le débat dépassât la question littéraire.
Le 3 mai 2001 paraissait en effet, aux éditions Perrin, un ouvrage du général Aussaresses titré Services spéciaux : Algérie 1955-1957, dont le quotidien Le Monde publiait, le même jour, des extraits. Cette publication suscita beaucoup d’émoi au point que, dès le 4 mai, Jacques Chirac demanda qu’on retirât la Légion d’honneur à Aussaresses et que des sanctions disciplinaires fussent prises à son égard.
On se souvient qu’au moment de la guerre d’Algérie le Garde des Sceaux du gouvernement Guy Mollet n’était autre que François Mitterrand, Mitterrand à qui, ce début mai 2001, venaient d’être consacrées une longue émission faites d’entretiens avec Jean-Pierre Elkabach (documentaire tourné entre avril 1993 et juin 1994).
On se souvient aussi qu’à l’époque la situation en Algérie était plutôt tendue.
A l’occasion de la "revue de presse" traditionnelle de France Culture, ce 3 mai 2001, Sollers livrait ses commentaires, revenait sur son attitude au moment de la guerre d’Algérie et laissait éclater sa révolte et sa colère.

Les dates et les situations ont leur importance, insiste souvent Sollers. Nous avons donc gardé dans l’extrait ci-dessous la totalité de l’enregistrement relatif à cet épisode. La séquence dure 10 minutes.


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

> Un soir au Collège des Bernardins en compagnie de Sollers et Dante
14 juillet 2009, par A.G.

1965 : la Vie nouvelle ?

La date de 1965 est par certains côtés décisive pour les raisons rappelées plus haut (voir la Lettre de Paul VI dans cette note). C’est aussi l’année où, après avoir publié Dante et la traversée de l’écriture, Sollers parle de l’oeuvre de Dante à la radio. C’est surtout la publication de Drame.

A cette occasion, Roland Barthes publie un texte dans Critique, repris dans Théorie d’ensemble (coll. Tel Quel, Seuil, 1968), puis dans Sollers écrivain (Seuil, 1979). Ce texte s’appelle, de manière significative, Drame, poème, roman. Barthes, dès le début, évoque Dante :

« S’il paraît encore aujourd’hui provocant d’appeler roman un livre sans anecdote (visible) et sans personnages (prénommés), c’est que nous sommes encore dans l’étonnement condescendant d’un traducteur de Dante, Delécluze (1841), qui voyait dans la Vie nouvelle « un ouvrage curieux parce qu’il est écrit sous trois formes (mémoires, roman poème) développées simultanément », et qui s’estimait devoir «  prévenir le lecteur de cette singularité... pour lui épargner la peine de débrouiller l’espèce de confusion d’images et d’idées que ce système de narration fait naître à une première lecture », après quoi le dit Delécluze passe à ce qui l’intéresse beaucoup plus, la « personne » de Béatrice. Dans Drame, nous n’avons même pas une Béatrice dont la « personne » nous soit donnée : nous sommes enfermés, d’une façon à la fois abstraite et sensuelle, dans l’énigme d’un roman tout pur, puisqu’il est citation du genre « roman ». » (p.14)

Plus loin Barthes écrit : « faire du langage un sujet, et cela à travers le langage même, constitue un tabou très fort (dont l’écrivain serait le sorcier) : la société semble également limiter la parole sur le sexe et la parole sur la parole. »

et il note (en bas de la p. 43) : « C’est ce tabou que Dante — entre autres — a secoué, lorsqu’il a fait de ses poèmes et de leur commentaire technique une seule oeuvre (la Vita Nova), et plus précisément encore lorsque dans ce livre, s’adressant à sa ballade (Ballade, va trouver Amour...), il repousse l’objection selon laquelle on ne saurait à qui il parle sous prétexte que « la ballade n’est rien d’autre que ce que j’en dis ». »

Sur Sollers écrivain, voir ici.

On pourrait aussi ajouter à la "petite chronologie" Le Coeur absolu où le narrateur a un projet d’adaptation de La Divine Comédie pour une télévision japonaise... Mais Sollers, lors de la conférence, a précisé que Dante était présent dans tous ses livres (de manière plus ou moins manifeste, il est vrai).

> Vitesse de Paul Morand
8 juillet 2009, par A.G.
Morand à New York et à Venise : L’art du voyage : Paul Morand.
> Journal du mois de juin 2009
7 juillet 2009, par Bibbo

Courjault. Avouez que l’histoire des bébés tués par Véronique Courjault et placés dans un congélateur n’est pas mal non plus comme symptôme d’époque. Sa femme était enceinte, le mari n’a rien vu, elle accouchait en douce, étouffait sa progéniture et la mettait au frigo fort. Cet étrange mari, d’ailleurs, aime toujours sa femme et témoigne en sa faveur. Il n’a jamais dû se rendre compte, au fil des ans, qu’il lançait sa semence dans un con gelé. Beaucoup d’hommes sont dans ce cas, et ce n’est pas la burqa qui pourra arranger les choses. Par la même occasion, le débat s’est immédiatement porté sur le déni de grossesse, beaucoup plus répandu que prévu. Cette région étrange et peu raisonnable a été elle-même éclipsée par l’actualité brûlante des mères porteuses. Je l’avoue : tous ces sujets de société ont tendance à augmenter ma migraine.

CHER MR SOLLERS,

Quand on écrit cela , on doit se doit de se poser la question : qui vous vous a appris à lire et a écrire ? vous êtes injurieux, afin de faire rire, sur ce qui est une GRANDE MISERE HUMAINE ; Vous êtes un provocateur, ( il n’y a plus que cela ,de nos jours ,ou presque) Je vous pose la question suivante, combien avez gagné pour ce misérable article , c’est une vraie question qui ne supporte aucune métaphysique, aucune fuite de votre part, surtout qu’actuellement des milions de personnes se trouvent dans de graves difficultés économiques. Puisque vous citez André Breton, vous devriez savoir ce qu’il signifiait quand il parlait de "" l’Ecurie Littéraire " et bien pour tout vous dire , vous en êtes le Valet, comme tous ce soi - disants " subversifs" qui mangent au système. Je salue Régis Debray pour son article en 1999 sur MARIANNE ;

Que pense votre conjointe Mme Kristeva, de votre sens Culturel ?

NOM DU SITE : Sollers en Celine

> Paris, rue de Lille (suite)
6 juillet 2009, par A.G

Dans le dernier numéro de L’Infini (107, été 2009), un très beau texte de Richard Millet — Une profanation. Millet raconte comment, à Beyrouth, une femme lui confia un ensemble de lettres écrites par Bataille à Denise Rollin qui fut sa compagne de 1939 à 1943 :

« Ancien modèle de Kissling et de Derain, amie de Cocteau, de Breton, elle aura plus tard une liaison avec Fardoulis-Lagrange, puis avec Blanchot que Bataille rencontre en 1941. Laure [Colette Peignot avec qui vécut Bataille] et Denise : un dispositif qui relève aussi bien du jeu de miroirs, de la même façon que se mettra en place une autre triangulation amoureuse : Bataille, Denise, Blanchot, laquelle en rappelle une autre entre Sylvia Bataille, Georges et Lacan, ou encore entre Dora Maar, Bataille et Picasso. La rue de Lille, où vivait Denise Rollin, aura l’importance que l’on sait [...] »

Denise Rollin habitait en effet au 3, rue de Lille (autre n° impair). C’est là que Bataille y lut des extraits de L’expérience intérieure. Après la séparation entre Bataille et Denise Rollin en octobre 1943 après leur retour rue de Lille depuis Vézelay [Voir Bataille à Vézelay], cette dernière quitta l’appartement.
Dans sa biographie, Bataille, la mort à l’oeuvre, Michel Surya écrit dans une note de la p. 425 :

« Quittant l’appartement du 3, rue de Lille, Denise Rollin le cédera à Jacques Lacan. C’est Bataille qui avait en 1942 signalé à Lacan la disponibilité d’un appartement au 5 de la rue de Lille, appartement qu’a habité Lacan jusqu’à sa mort. Quand Denise Rollin quittera le n° 3, après la rupture avec Bataille, Jacques Lacan le reprendra pour y loger la mère de Sylvia Bataille, Laurence Bataille, et Judith Bataille, fille de Sylvia et de Jacques Lacan. C’est dans cet appartement que Lacan recevra ses analysants et commencera son premier séminaire. »

Triangulations amoureuses, jeux de miroirs, deux appartements, Bataille comme intermédiaire : « quelque chose s’est passé là », aussi.

> Le catholicisme de Dante
5 juillet 2009, par A.G

La délicatesse en situation

« La rose est sans pourquoi, fleurit parce qu’elle fleurit,
Sans attention à elle-même, sans demande d’être vue.
 »

Gratuité absolue du Néant, de Dieu, de la Rose : il faudrait vivre selon cette foi, mais ne rêvons pas.
Insistons seulement sur le fait que la fleur ne demande pas ni à être vue ni à être photographiée ou filmée. La fleur n’est pas médiatique. »

Sollers le rappelle dans le passage qu’il consacre à Angélus Silésius dans Fleurs (Hermann, 2006, p. 38).

Mais, le 1er juillet, la rose blanche était là, symbole résumant les propos de Sollers dont le dernier mot fut : « Amour ».
Il fallait le voir et l’entendre. Et il n’est pas interdit de se demander pourquoi.

Ouvrons à nouveau Fleurs. Nous lisons dans le chapitre consacré à Dante :

« Voici donc la Rose céleste, d’abord le lac rond, puis amphithéâtre gigantesque, énorme Colisée ouvert sur l’Empyrée où « être près ou loin ne retire ni n’ajoute ». Nous ne sommes plus dans les lois spatio-temporelles de la Nature, mais dans le gouvernement immédiat de Dieu (Dieu : « Subsisto »).

« Dans le coeur d’or de la Rose éternelle
Qui s’exalte et dilate, et exhale un parfum
De louange au Soleil de l’éternel Printemps...
 »

Un homme, de son vivant, pour l’instruction des siècles (de toute l’Histoire passée et à venir), est donc entré, par de-delà les cieux, dans une Rose « toute blanche » épousée par le sang du Christ qui en est sorti (« Vierge mère fille de ton fils "). Rose d’Amour butinée par les Anges :

« Comme un essaim d’abeilles, qui, tantôt
Se plonge dans les fleurs, et tantôt s’en retourne
Au miel où son butin doit prendre son arôme,

Descendait dans la fleur, immense, diaprée
De pétales sans nombre, et de là remontait
Au point où règne à jamais son Amour
. »

Suivons un moment les gradins de l’amphithéâtre. Béatrice, grâce à laquelle Dante, tiré de l’Enfer, se trouve là, se situe au troisième degré des femmes juives de l’Ancien Testament. Dans l’ordre, donc : Ève, Rachel, Béatrice, Rébecca, Judith, Ruth. Audace inouïe de Dante, et anachronisme délibéré passé inaperçu : Béatrice est une Juive parmi les Juives. Aucune contradiction entre l’Ancien et le Nouveau, au contraire : interpénétration rythmique, colonnes d’harmonie réciproques. Vérité tellement refoulée de part et d’autre qu’on s’étonne de la voir ici (et ici seulement, c’est-à-dire dans une aventure singulière) en pleine lumière, venant comme une fleur, sous nos yeux. Inutile d’épiloguer sur le chant suivant, le 33, où connaissance et jouissance sont portées à leur comble, où la trinité se révèle, et où, stupeur, une mère devient la fille de son fils :

« Dans ton ventre, l’amour s’est rallumé
Par la chaleur de qui, dans la paix éternelle,
Cette fleur ainsi a germé.
 »

L’amour, à partir d’une fleur, meut le soleil et les autres étoiles. Il fallait y penser. Dante est hautement l’amant de la Rose. C’est un fidèle d’Amour. » (Fleurs, p. 34 à 36)

Voilà, très précisément, ce qu’a repris et développé Sollers ce 1er juillet.

On trouve dans L’Infini n°106 après Paradis caché ceci :

ZOOM : cliquer sur l’image

Vous l’aurez compris, dans ces photos, l’important c’est la Rose aux côtés des Bienheureux qui ne demandaient pas à être photographiés mais qui auront reconnu ces lignes.

> Le catholicisme de Dante
4 juillet 2009, par Gustave F

"Certes, il est beau d’occuper de la place dans les âmes de la foule, mais on y est les trois quarts du temps en si piètre compagnie qu’il y a de quoi dégoûter la délicatesse d’un homme bien né."

Bon, c’est qui ce beau jeune homme costaud et ce crâne alopécié ? Sont-ils d’accord de nous offrir, ainsi, leur corps ?

> Sollers/Sade/Mozart
3 juillet 2009, par D.B.
Cahors ? Donc Saint-Cirq-Lapopie ? Donc André Breton ?...
> Le catholicisme de Dante
3 juillet 2009, par Laurent husser
hé bien nous attendons avec impatience de voir ce film et cette conférence ou de l’entendre !
> Mystérieux Mozart (III)
2 juillet 2009, par V.K.

Savante ?
Ou Ca vente !

En ce 2 juillet de grosse chaleur, je puis pourtant témoigner que j’en ai le désir.
La musique de Mozart a un souffle inouï.

Humour un peu court
C’est vrai
Qui rime avec l’humeur de l’heure
En vacance.

> Mystérieux Mozart (III)
2 juillet 2009,

Mais Rimbaud, déjà : « La musique savante manque à notre désir. »

Moi : Mais ça veut peut-être dire qu’il ne désire pas la musique "savante".

> Sollers/Sade/Mozart
2 juillet 2009, par V.K.
> L’Islam secret, le voile et la forêt
29 juin 2009, par A.G.
Autre contribution au débat : La burqa, une pathologie de la culture musulmane par ABDENNOUR BIDAR philosophe, spécialiste de l’Islam (Libération du 29-06-09).
> Villa Medicis : Ciao Bella - Mitterrand, Sollers
27 juin 2009, par A.G.

Puisqu’il est question dans cet article de Frédéric Mitterrand, je pense qu’il peut être judicieux de montrer comment il répondait aux propos d’Éric Zemmour et d’Éric Naulleaux, le 9 juin 2007, lors de l’émission " On n’est pas couché " citée en exergue (l’émission faisait suite à la publication de son livre sur " Le festival de Cannes ") :

Mitterrand "réactionnaire" ?

et au très posé Jean-Jacques Beinex, le 21 juin 2007 lors de l’émission " Ce soir ou jamais " :

Mitterrand "gauche caviar" ?

Que désormais des leaders socialistes à bout de souffle — et pas médiatiques ? — en aient rajouté ces derniers temps en s’en prenant au " présentateur de télévision ", oubliant que Frédéric Mitterrand avait aussi écrit des livres, réalisé un très beau film (Lettre d’amour en Somalie, 1981) et une émission sur le cinéma fauchée et pourtant passionnante — Étoiles et toiles (de 1981 à 1986) —, ne les grandira pas.

Société du spectacle ou pas, que Mitterrand suscite autant de critiques et, on l’a vu avec Beinex, autant de haine, me le rend, tous comptes faits, plutôt sympathique...

> LE MESSAGE CULTUREL DE LA FRANCE
26 juin 2009, par A.G.
La présentation du " Projet d’avis " par Julia Kristeva ainsi que les interventions des différents participants sont maintenant en ligne.
> LE MESSAGE CULTUREL DE LA FRANCE
26 juin 2009, par A.G.

D’accord avec ce que vous dites de Sollers.

Mais ne peut-on lire aussi ce qu’écrit Kristeva dont la pensée, bien réelle, irrigue ce rapport — qui ne se résume pas à la Note — malgré les "lourdeurs" liées aux conventions du genre et au sujet traité ?

Le CESE n’est certes pas un boudoir mais il faut parfois introduire un peu de philosophie et de politique concrètes dans d’autres lieux !

> LE MESSAGE CULTUREL DE LA FRANCE
26 juin 2009, par D.

Bon, peut-on séparer la pensée éventuelle de ce rapport de son lourd langage bureaucratique ?

Par ailleurs, un dossier pourrait être ouvert ici sur le rapport, infiniment paradoxal, de Sollers à la France. Sollers est bien celui qui a écrit "La France moisie", qui raille l’hexagonisme et le gallicanisme, et qui se proclame "écrivain européen d’origine française" ; qui s’est dit, comme Bordelais, comme "sudiste", méfiant vis-à-vis du centralisme français ; qui a sondé les coins sombres de l’histoire française (le culte de l’être suprême, par exemple) et les profondeurs de la névrose française contemporaine ; et qui, par ailleurs, a écrit "Les Folies françaises", et a peut-être été l’écrivain de son époque qui a le plus exploré la France dans sa dimension essentielle, c’est-à-dire dans son "été", se retrouvant dans la curieuse position d’Ali Baba, découvrant une fabuleuse caverne étonnamment fraîche au trésor délaissé de tous : Molière, La Fontaine, Sévigné, Sade, Bossuet, Saint-Simon, Fragonard, Manet, la liste est très longue : toute la guerre du goût, jusqu’à Picasso, peintre espagnol et français, ou encore Nietzsche, miracle français...

> LE MESSAGE CULTUREL DE LA FRANCE
25 juin 2009, par Thelonious
Oh oh ! Marco est de retour avec toujours autant d’humour et d’ironie mordante, il nous manquait !
L’endroit du décor
25 juin 2009, par A.G.

Raphaël Enthoven parle de son livre, de sa conception de la philosophie et de sa pédagogie aux Matins de France Culture de ce jeudi 25 juin.

Les Nouveaux chemins de la connaissance (lien dans la note ci-dessus) de cette semaine sont par ailleurs consacrés à l’érotisme (demain "Georges Bataille" avec Guy Scarpetta). La semaine prochaine : Voltaire.

> LE MESSAGE CULTUREL DE LA FRANCE
25 juin 2009, par Marc’O
"On se gargarise, en langage simplement publicitaire, de la riche expression de "diversités culturelles". Quelles cultures ? Il n’y en a plus. Ni chrétienne ni musulmane ; ni socialiste ni scientiste. Ne parlez pas des absents. Il n’y a plus, à regarder un seul instant la vérité et l’évidence, que la dégradation spectaculaire-mondiale (américaine) de toute culture." Guy Debord.
> L’Islam secret, le voile et la forêt
21 juin 2009, par V.K.

Pour alimenter le débat :

GASTRONOMIE : Le dîner d’ortolans de F.Mitterand à la sauce Burka

Un dîner d’ortolans
Un dîner d’ortolans
dans le Sud-Ouest

MODE : Maillot de bain tendance pour l’été .

SOCIETE : L’Occident et la Société du Spectacle

RELIGION : Islam des Lumières : Malek Chebel

Chantre de l’islam des Lumières, Malek Chebel vient de faire paraître chez Fayard une nouvelle traduction du Coran et un Dictionnaire encyclopédique de l’islam. Opposé au port de la Burqa chez les femmes, Malek Chebel était l’invité des Entretiens de la Dépêche du Midi le jeudi 18 juin au muséum d’histoire naturelle de Toulouse.

POLITIQUE  : La transcendance est-elle républicaine ?

Débat entre Henri Guaino, Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et Philippe Sollers le 14 juin 2009. Forum Libération au Théâtre des Amandiers. Voir ici :

Dieu, au fond, est humour. Amour et humour.
Pas d’amour sans humour, et réciproquement

Philippe Sollers
Grand beau temps, Ed. Le Cherche-Midi, 2008

> Le Lièvre de Patagonie -
18 juin 2009, par A.G.

Le prix Saint-Simon 2009 revient à Claude Lanzmann

Le 34e Prix Saint-Simon a été attribué le mardi 16 juin à Claude Lanzmann pour son livre Le Lièvre de Patagonie (éd. Gallimard). Le jury du Prix Saint Simon, sous la présidence de Gabriel de Broglie, membre de l’Académie française, a choisi de récompenser les « Mémoires » - terme que refuse Claude Lanzmann - d’un écrivain et cinéaste engagé : il a notamment signé le Manifeste des 121 contre la pratique de la torture en Algérie, et surtout inscrit dans l’Histoire l’extermination des juifs avec son film Shoah. Le Lièvre de Patagonie, qui a connu un grand succès de librairie, retrace, avec un style alerte, les combats de ce Résistant devenu directeur des Temps modernes. Claude Lanzmann recevra le samedi 6 septembre 2009 un montant de 7500 euros, au Château de La Ferté-Vidame (Le magazine littéraire).

L’annonce des résultats des délibérations et la lecture d’un extrait du Lièvre de Patagonie par Laurène L’Allinec : lechorepublicain.fr.

Claude Lanzmann succède donc au palmarès à Philippe Sollers — lequel avait réalisé, en 1992, La porte de l’Enfer avec... Laurène L’Allinec.

> Philippe Sollers, Prix de la BnF pour l’ensemble de son oeuvre
18 juin 2009, par A.G.

Guy Debord, le dîner de fonds

Mécénat. La Bibliothèque nationale de France a réuni lundi 200 convives pour financer l’achat des archives du situationniste.

La Société du spectacle de Guy Debord sous verre. Trois carnets à spirale exposés non loin de l’Ecume des jours de Boris Vian et de la Vie de sainte Catherine, manuscrit enluminé du XVe siècle. Autour, dans le hall des Globes de la Bibliothèque nationale de France, plus de deux cents personnes, un verre de champagne Roederer à la main. Ce lundi soir, elles sont venues à un dîner destiné à financer l’acquisition des archives de Guy Debord. La France a refusé de les voir quitter le territoire et les a classées Trésor national (Libération du 16 février).

Un trésor, Debord... Sa veuve veillait jalousement sur l’intégrité du fonds depuis son suicide, en 1994. Méticulosité, souci de son destin posthume, le fondateur du situationnisme avait pris soin de trier et d’organiser la totalité de ses manuscrits, notes et correspondance avant sa mort. L’université américaine Yale les convoitait depuis deux ans pour son centre de recherche sur les avant-gardes. Debord conspuait l’Etat. L’Etat l’embaume. « Cette soirée relève de la société spectaculaire, reconnaît Jean-Claude Meyer, président du cercle de la BNF dans son discours. Une ironie et en même temps un grand hommage. »

Tartare. Dix-huit tables (baptisées Baudelaire, Toulouse-Lautrec, Debussy, Chateaubriand...) sont réparties sur toute la longueur du hall. La table vaut 6 000 euros, le couvert, 500. C’est le deuxième dîner qu’organise Bruno Racine, le président de la BNF, avec le Cercle de la bibliothèque, dans une tradition de mécénat à l’américaine. Le précédent dîner de gala, en 2008, avait permis d’acheter une pièce unique de l’artiste Anselm Kiefer. L’Etat dispose de trente mois, à partir de l’arrêté paru le 29 janvier au Journal officiel, pour réunir la somme proposée par Yale.

Avant le début du repas (tartare de bar de ligne et salade d’herbes et légumes croquants, filet de veau rôti au four, girolles poêlées et asperges aux senteurs de thym citron, volupté glacé fraises des bois, orgeat, compote de rhubarbe, arrosé entre autres de château Dassault 2001), Bruno Racine revient sur son objet : sa « priorité est d’acquérir les archives de Guy Debord ». « S’il fallait un certificat de bien-pensance pour entrer dans les collections de la Bibliothèque nationale, son rayonnement serait amoindri. » Sade aussi a été récupéré, pour paver l’Enfer de la BNF. Et pourquoi pas Debord, d’un bloc livré à la recherche ?

Hédonisme. Le premier lauréat du prix de la BNF, consacrant un auteur vivant de langue française pour l’ensemble de son œuvre, est annoncé : Philippe Sollers. L’ironie du moment n’échappe pas à l’auteur d’Un vrai roman, qui parle de « court-circuit historique ». Il parle. De lecture (« Etre sur cette ligne de transmission secrète de la lecture »), de bibliothèques (« des âmes »), d’hédonisme (« Pour savoir lire, il faut savoir vivre »), de plaisir (il quittait la salle studieuse de la rue de Richelieu « pas pour brûler des voitures, mais pour faire des choses qui n’étaient pas bien vues à l’époque, qui ne le sont pas encore ») et de Lautréamont (« Qui lit encore de la poésie ? » semble-t-il dire).

L’exégète du situationniste le rappelle : « J’avais une grande admiration pour Debord, même s’il m’a critiqué. » Qu’en sera-t-il de ses archives à lui, Philippe Sollers ? « La négociation vient de commencer », lance-t-il en quittant la terrasse qui donne sur les jardins de la BNF. Il est minuit. Le dîner aura permis de rassembler, entre les tables et les dons, environ 200 000 euros. Alice Debord, fidèle à son principe, ne parle pas. Tout au plus dira-t-elle seulement : « Il ne serait pas venu. »

Libération du 17-06-09

> Casanova l’admirable (II)
18 juin 2009,
Il n’est pas sûr que César et DSk soit des exemples, loin de là.
> Orwell, cet anarchiste conservateur
11 juin 2009, par A.G.

Orwell plagiaire ?
Le roman de George Orwell « 1984 » vient de fêter ses soixante ans. Il est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du XXe siècle. Peu savent qu’il a emprunté son intrigue et ses personnages à un ouvrage russe des années 1920, intitulé « Nous autres » et écrit par un certain Ievgueni Zamiatine.

la suite ici

> La lecture de Poussin
7 juin 2009, par Ray
Oui ; il en est de même pour moi ; c’est le regard de Sollers qui m’a ouvert les yeux sur Poussin ; avant, Poussin c’était pour moi des souvenirs d’enfance (scolaires) ; de la belle peinture, harmonieuse certes mais un peu figée ; presque de la tapisserie ; grâce à Sollers, j’y ai découvert de la pensée en peinture, cette façon aussi de raconter des histoires dans un tableau et ce sens extraordinaire de la composition qui fait que l’harmonie y est partout : dans la façon de représenter les corps, les sujets traités, la symbolique,le jeu des formes, des couleurs ; c’est véritablement une peinture infinie ; et Cézanne ne s’y est pas trompé. Mon roman au début s’appelait "Le Temps calme" du nom de ce tableau, puis des amis m’en ont dissuadé, trouvant ce titre trop calme justement ; et puis au fur et à mesure Cézanne a pris de plus en plus de place dans le roman, alors je lui ai substitué ce titre ; mais il doit beaucoup à Poussin ; merci en tout cas pour ce bel hommage.
> La lecture de Poussin
7 juin 2009, par V.K.
« Plus on regarde un tableau de Poussin, plus on y décèle d’harmonie. » dîtes-vous à propos de Poussin dans votre livre « Le sourire de Cézanne » dont pileface avait rendu compte ici . Au-delà de cette harmonie, à laquelle, également, suis sensible, Sollers m’a véritablement aidé à « lire » un tableau de Poussin, et avant de le lire, simplement à le regarder - Poussin ne m’attirait pas - et, enfin, le voir.
> La lecture de Poussin
6 juin 2009, par Ray
Bonjour Viktor ! Oui Poussin est sublime, éclairant, éclairé, j’en ai parlé ici : http://raymondalcovere.hautetfort.com/archive/2008/10/16/le-temps-calme.html
Site Internet: Le temps calme
Cécile Guilbert sur Céline.
5 juin 2009, par A.G.
Lire, sur les "Lettres à Albert Paraz 1947-1957" de Céline : Céline, tempo d’enfer par Cécile Guilbert.
> Amours (III) Le corps amoureux
4 juin 2009, par A.G
Comment échapper au nihilisme qui ravage le monde ? En apprivoisant le néant, en se tournant vers l’Orient : Appel aux vivants.
> Edgar Poe
4 juin 2009, par Dupin
Henri Justin parle de son livre avec Alain Veinstein le vendredi 5 juin.
> Journal du mois de mai 2009
3 juin 2009, par V.K.
Anglais ? Il fut un temps où l’on parlait le français à la Cour de Saint Petersbourg, où l’Europe intellectuelle parlait français, mais malheureusement pour nous, ce temps n’est plus et l’anglais fait aujourd’hui partie du cursus de base de tout voyageur du monde, chercheur ou industriel... Raison de plus de renforcer l’Europe. Pour exister face aux Etats Unis, la Chine et demain, l’Inde (déjà aujourd’hui - cf. la sidérurgie avec Mittal-Arcelor, la construction et « déconstruction » navale, l’automobile...). Mais d’où vient donc le français ? D’une autre domination linguistique, non ?
Juste un peu de patience, les Empires naissent et meurent...
> Journal du mois de mai 2009
3 juin 2009, par David M.
Erasmus ? Dans la plupart des pays européens les cours sont dispensés en anglais. A quoi bon faire des échanges culturels pour apprendre 3 mots de la langue autochtone mais continuer à subir le bourrage de crâne anglo-américain...Pourtant Erasmus était en théorie une occasion d’ouverture unique...
> Journal du mois de mai 2009
2 juin 2009, par A.G

« L’Europe, l’Europe ! » (De Gaulle)

Faut-il voter — oui ou non ? Plutôt oui. Mais qui s’est abstenu de parler de l’Europe jusqu’à une période récente ? Réponse : les grands partis. C’est pour cela que « tout le monde s’en fout ». Rappelons que « c’est un Européen d’origine française » qui le dit.
Il est peut-être bon de relire l’entretien entre Ph. Sollers et Cees Nooteboom de 2001. Par ailleurs plusieurs livres publiés dans la collection L’infini ces dernières années permettent de penser l’Europe en profondeur (mais certes pas dans l’euphorie). Citons, parmi d’autres : Cercle de Yannick Haenel, Prolongations d’Alain Fleischer et, tout récemment, dans une assez grande indifférence, le très beau Bambipark de David Di Nota, l’auteur de Projet pour une révolution à Paris.

> Journal du mois de mai 2009
2 juin 2009, par A.G
Et Dieu sait ce qu’on aurait dit de Sollers si Coupat lui-même s’était révélé écrivain plus tôt —avant le 26 mai — et avait été publié (en hommage à Lautréamont ? à Debord ?)... dans la collection L’infini !
> Journal du mois de mai 2009
1er juin 2009, par D.
On ne saurait trop féliciter Sollers, dans cette affaire, pour sa promptitude toute voltairienne à défendre les écrivains en prison... (Et puis, après tout, il n’a pas eu tort : ils se défendent très bien tous seuls ! Dieu sait ce qui serait arrivé à Coupat si Sollers l’avait défendu !)
> ADN, Judith Cahen
1er juin 2009, par A.G
ADN est distribué par le peuple qui manque
ZOOM : cliquer sur l’image
Coupat a été libéré.
31 mai 2009, par A.G

En complément des réflexions de D., S.Z. nous informe :

« Comme précisé désormais en tête du texte de Julien Coupat :
Tiqqun 1, Tiqqun 2 et "L’insurrection qui vient" sont disponibles sur la PAGE DE TELECHARGEMENT (cliquer en haut à gauche de la page d’accueil), dans le dossier INSURRECTION. »

C’est sur paroles des jours .

Lire aussi Quand Julien Coupat animait « Tiqqun » par Aude Lancelin.
où l’on peut lire : « C’est une revue qui à un moment donné, dans un désert complet, a fait une proposition radicale, altière, étrange, et en ce sens tout à fait estimable », explique François Meyronnis, coanimateur de la revue « Ligne de risque ».
Lui-même se souvient d’avoir été convié une fois avec le romancier Yannick Haenel à une réunion des Tiqqun dans un bar en face de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Le contact passe mal entre Coupat et Meyronnis. Trouvant puéril d’aller voir le film « Fight Club » en bande, ainsi que les Tiqqun l’envisageaient ce soir-là, ce dernier se voit sèchement accusé d’« appartenir à un régime ancien de vérité » !

et les Réponses de Julien Coupat au journal Le Monde.

A noter que Ph. Sollers termine sa dernière chronique du JDD (31 mai) par ces mots : « Mais c’est bel et bien dans Le Monde que vous avez appris q’un écrivain de premier ordre était détenu à la Santé sous prétexte de "terrorisme". On le salue ici en le faisant entendre » [suit la citation de la fin de l’entretien ci-dessus].

Sollers ajoute : « Comme on voit, ce détenu très libre est très cultivé. Il se donne même les gants de citer Hegel, et on aura reconnu dans sa rhétorique, à la fois Lautréamont et Debord, textes peu lus par la police. Un peu de Céline pour finir (même si celui-ci prend la précaution de préciser que les anarchistes sont "terriblement noyautés par les flics depuis toujours") : « Vive l’anarchie, nom de Dieu. pour être sûr d’être bon anarchiste, il faut avoir tenu bon en tôle, impeccablement, avec une boussole personnelle, indéréglable. » Autre chose qu’une Rolex ! »

> Mais qui était donc Edgar Poe ? (III)
30 mai 2009, par A.G
Sur France Culture, Georges Walter parle d’Edgar Poe à l’occasion de la réédition de son livre sur le poète américain (première partie de l’émission) : Mauvais genre.
> J’ai commencé par vouloir être musicien de jazz
19 mai 2009, par V.K.
Déjà dans son premier roman on peut lire :
Jamais je ne me pardonnerai de ne pas être musicien
Philippe Sollers
Une curieuse solitude, 1958
(Seuil / Points, p. 147)
> ironie (Le principe d’)
19 mai 2009, par A.G.
Il y a vingt ans... le rire homérique de Voltaire.
> H comme Haydn
18 mai 2009, par A.G.

Hommage à Joseph Haydn sur arte.

" Lors du bicentaire de la disparition de Joseph Haydn ARTE rend hommage à ce grand compositeur avec quatres soirées et le web magazine "Actu Musique" vous propose une playlist "Spécial Haydn". "

> Autres films
18 mai 2009, par Thelonious
Philippe, je cherche l’entetien de Sollers sur Joyce qui a eu lieu au début des années 80 sur France-Culture je pense. fait-il partie de vos cassettes ?? Merci. Thelonious
> Autres films
17 mai 2009, par Philippe Di Maria

Bonjour

J’ai une série trois cassettes audio où Sollers lit Paradis I ainsi que quatre ou cinq cassettes enregistrées dans les années quatre-vingt où Sollers parle de :
-  Dante à Florence ;
-  l’affaire Verdiglione ;
-  Mozart et Sade... 

Si vous êtres intéressés... 

> L’é... preuve du Temps
13 mai 2009, par Ctrl V

La photo ?

Comme il n’est pas toujours facile, convenez-en, de lire entre les lignes, soyons encore plus précis, la photo doit venir de ce site. Il est d’ailleurs signalé dans notre rubrique Liens internet.

Merci de votre vigilance.

Ctrl C
13 mai 2009,

La photo ?

Comme il n’est pas facile, j’en conviens, de lire sur les lèvres de Sollers, soyons précis, ne dit-il pas :"copier coller" ?

Gérard Guest, "Ce que savait Heidegger" (suite)
8 mai 2009, par A.G.

Questions à Gérard Guest à propos de la Lettre sur l’humanisme.

On connaît l’énigme de La Lettre volée d’Edgar Poe (The purloined Letter) ; on sait que le terme purloined est susceptible de plusieurs traductions : volée, détournée, dérobée, retournée, prolongée, etc. Comme le rappelle Henri Justin dans Avec Poe jusqu’au bout de la prose dans un chapitre qu’il intitule La Lettre dérobée, « Jacques Lacan brodera brillamment sur le sémantisme de Purloined ».
Il y a peut-être une énigme plus grande encore de la Lettre sur l’humanisme...

Relisant les « conversations » avec Jean Beaufret (1976-1981) qui se trouvent dans le livre de Frédéric de Towarnicki, « A la rencontre de Heidegger » (Arcades-Gallimard, 1993), je tombe sur ce passage (p. 249) que je reproduis ici en soulignant tous les termes qui méritent un questionnement :

« [F. de Towarnicki]Vous avez souligné en 1956 que la Lettre sur l’humanisme que Heidegger vous a adressée en 1947 à votre grande surprise, et dans laquelle il explique son " tournant " philosophique, fut le premier écrit qu’il publia " au terme d’un silence d’écrivain qui durait depuis dix-huit ans et que chacun était libre d’interpréter à sa guise ". Le texte de Heidegger est une mise au point qui éclaire ce qui différencie son questionnement de l’existentialisme en général et aussi des positions de Sartre exprimées dans son livre L’existentialisme est un humanisme , différence que vous avez vous-même souvent expliquée. Est-il vrai qu’il y avait plusieurs versions de cette Lettre et que l’une d’elles a même été perdue ? Vous évoquiez à ce sujet l’existence de nombreuses variantes dans les cours et les écrits de Heidegger.

[J. Beaufret] — Il existe trois versions de la Lettre sur l’humanisme. La première, le garçon qui l’avait traduite en français l’avait oubliée dans un taxi, et elle a été perdue. A Fribourg, j’en ai trouvé une copie, un peu différente ; il devait y en avoir plusieurs. J’ai donc retrouvé la Lettre sur l’humanisme. Mais j’ai prêté cette version à Roger Munier à l’époque où il faisait son édition bilingue pour Aubier, et elle ne m’a jamais été rendue.

En somme, il y a trois versions :

le premier texte dactylographié que j’ai reçu,

le texte qui a paru aux éditions Franke à Berne, accompagné du texte sur La doctrine platonicienne de la vérité, version dont Heidegger disait lui-même qu’il l’avait modifiée en certains endroits.

Troisièmement, l’édition Klosterman, qu’a suivie la traduction de Roger Munier et qui est encore légèrement différente de l’édition Franke.

Il devrait être très intéressant de comparer les trois états.

Mais il en manque un, le premier, dont la moitié a été traduite et publiée dans la revue Fontaine. On a la traduction française de cette première moitié, mais le texte, où le retrouver ? Je n’en sais rien.

Heidegger en avait-il un exemplaire ? C’est possible. Il faut alors admettre qu’il doit se trouver parmi les papiers qui sont dans les archives...

Peut-être ces trois versions seront-elles publiées dans l’Edition intégrale qui, m’a-t-on dit, va sortir trois livres par an. Heidegger m’avait envoyé l’annonce de cette publication il y a deux ou trois ans, et devant l’indication que les livres seraient publiés à la cadence de trois volumes par an environ, il avait mis simplement à l’encre rouge des points d’exclamation. Il jugeait cela hautement improbable. »

En sait-on plus aujourd’hui, c’est-à-dire trente ans après que Jean Beaufret a tenu ces propos qui ouvrent un abîme quant à l’interprétation de la Lettre sur l’humanisme (du texte, de sa circulation, de sa dissémination, de sa publication, de sa traduction) ?

> Les preuves du Temps
7 mai 2009, par A.G.

La photo ?
Si vous voulez parler de celle légendée " Sollers filmé par Jean-Paul Fargier ", elle est issue de Sollers au Paradis (1980-1983), début du film (après 2’53).

Comme il n’est pas facile, j’en conviens, de lire sur les lèvres de Sollers, soyons précis, voici la séquence :

« un état général de crible agité en noeud du tissu rongé des ponctions une frénésie négation des apoplexies pleins poumons des attaques et des contre-attaques rupture de vaisseaux inondation des cervons disjonctions des systèmes nervons déhanchements fanatiques rafales d’antibiotiques » (Paradis II, Gallimard, p. 9 ; j’ai souligné le mot que Sollers vient de prononcer).

> Vitesse de Paul Morand
7 mai 2009, par cduret

" l’antisémitisme latent de Morand devient de plus en plus absurde et inepte avec le temps qui passe"

Oui intéressant, sachant qu’au moment où est rédigé l’ouvrage (1929), les mentalités et les sensibilités concernant les juifs n’étaient pas tout à fait les mêmes qu’aujourdhui.

"A la fin de l’envoi, la grande fille, - elle était juive, Sollers le découvre à la dernière page, ça lui paraît très important, on ne sait pas très bien pourquoi - s’envole vers l’Australie. Philippe reste seul avec ses rêveries."

Je ne comprends pas bien les insinuations avancées pour ce passage, toujours est il que sollers a très certainement ses propres raisons d’évoquer un tel détail, et qu’il me paraît déplacé d’avancer des simplifications hâtives...

Site Internet: Morand bio
> Les preuves du Temps
7 mai 2009, par Livedo
« La pensée heureuse trouve sa photo. »
-  Mais d’où vient-elle ?
Site Internet:
> Les preuves du Temps
7 mai 2009, par A.G.

Je ne sais si, à la différence d’un coup de dés, un coup de clarinette peut abolir le hasard, mais...

rappelant hier quelques titres d’albums de Louis Sclavis, j’ai omis de signaler L’affrontement des prétendants paru en 2001, allusion évidente à Ulysse.

Hasard ou pas, ce matin, je découvre le dernier disque de Sclavis Lost on the Way (ECM, mai 2009). Les titres des compositions parlent d’eux-mêmes : De Charybe en Scylla, La première île, Lost on the Way, Bain d’or, Le sommeil des sirènes, L’heure des songes, Aboard Ulysse’s Boat, Les doutes du cyclope, Un vent noir, The Last Island, Des bruits à tisser, L’absence. Toutes les compositions sont de Louis Sclavis, à l’exception de The Last Island qui est d’Olivier Lété (le bassiste au nom lui-même évocateur).
Douze "plages" inspirés par les vingt-quatre chants de l’Odyssée, nous dit Lionel Eskenazi dans le dernier numéro de Jazzman.

C’est clair, c’est net, c’est enchanté.

On navigue parfois à vue, on peut se perdre en chemin, mais, à l’oreille, on s’y retrouve toujours.

Lost on the Way
avec Louis Sclavis (clarinettes, saxophone soprano), Matthieu Metzger (saxophones soprano et alto), Maxime Delpierre (guitare), Olivier Lété (basse électrique), François Merville (batterie).

C’est un quintette, décidément « cinq est un très bon chiffre » ...

Louis Sclavis jouera le 11 mai à Paris.

> Les preuves du Temps
7 mai 2009, par D.

Est-ce le même dans ce morceau vibrant, qui apparaît d’abord dans la première plage, à 4’43’’ ?

Merci pour cette magnifique archive, et l’intelligent découpage annoté.

> Les preuves du Temps
6 mai 2009, par A.G.

Exact ! C’est le premier enregistrement (1984) de Louis Sclavis, un de nos meilleurs clarinettistes (avec, pour moi, Michel Portal). Le morceau est dans l’album Clarinettes (réédition au Label bleu, 1999).

J’apprécie aussi que Sclavis ait fait deux CD aux titres éloquents : Chine et Les violences de Rameau. Bien vu.

Pour les fans : ce site.

> Les preuves du Temps
6 mai 2009, par Stéphane Marie
Le morceau qui ponctue très régulièrement les interventions est de Louis Sclavis et s’intitule Le chien aboie et la clarinette basse. Tout est dit, non ?
Pourquoi lire Rimbaud aujourd’hui ? .
4 mai 2009, par A.G.

Polémique autour d’une nouvelle édition

Un Tout arrive ! entièrement consacré à Arthur Rimbaud autour d’une nouvelle édition (la troisième) de ses Oeuvres complètes dans la bibliothèque de Gallimard.

Avec
André Guyaux. Editeur et Professeur de littérature française à l’Université de Paris-Sorbonne. Voir André Guyaux présente la nouvelle édition des OEuvres complètes de Rimbaud dans la Pléiade.
Jean Ristat. Ecrivain. Voir Rimbaud toujours.
Dominique Noguez. Ecrivain.

Jean-Jacques Lefrère — auteur d’une monumentale biographie d’Arthur Rimbaud — ayant écrit une violente critique de cette nouvelle édition en Pléiade, nous renvoyons à son article.

> Jacques Drillon, Sur Leonhardt
30 avril 2009, par A.G.

Jacques Drillon parlera de Leonhardt sur France Musique (Les Enfants du Baroque) samedi 2 mai à 18h.

Le film de Straub et Huillet, Chronique d’Anna Magdalena Bach vient d’être réédité aux Editions Montparnasse.

> Sacré Parménide !
28 avril 2009,
Toute déesse est à honorer. Celle que tu n’honores pas, un jour te broira les pieds, avec ses doux sabots.
> Point de Lendemain (suite) ou Point de lendemain Matin....
27 avril 2009, par V.B
"Le corps de celui qui monte se fait plus léger"(...) dit Dante. Que penserait-il de ces belles phrases, corrompues par le mensonge du jeu de la séduction ? Un choix unique reste à faire : aimer l’amour sans restriction et sans fausseté, que diable ! "Point de lendemain" à ceux qui font de leur vie une partition remplie de faux accords. Jouir et encore jouir, voilà de quoi l’on s’imprègne en lisant l’ouvrage de Denon. Malgré un phrasé frôlant la perfection, peux-on accepter la fausseté des faux-amours ? Usurpateur de sentiments à la mode "Marquise de Merteuil", les liaisons sont toujours dangereuses par nature ; à plus forte raison lorsque le panache en ressort, vainqueur par défaut d’un libertinage sans âge ! Jouer avec les sans-timents, drôle de rôle, en sommes-nous convaincus ou jouons-nous avec ces écrits séculaires, faisant semblant d’y éclore et d’y croire encore ?
Divine littérature, porte-nous où toi seule sait le chemin, car les mots sont des couperets, aiguisés par ceux qui les utilisent, et déguisés pour ceux qui ne sont pas dupes. Le Diable est aux aguets, et Dieu dans tout ça ?
> Sollers et la caricature - Passion fixe... de la Passion !
26 avril 2009, par Valérie Bergmann

« Je dis passion fixe, puisque j’ai eu beau changer, bouger, me contredire, avancer, reculer, progresser, évoluer, déraper, régresser, grossir, maigrir, vieillir, rajeunir, m’arrêter, repartir, je n’ai jamais suivi, en somme, que cette fixité passionnée. J’ai envie de dire que c’est elle qui me vit, me meurt, se sert de moi, me façonne, m’abandonne, me reprend, me roule. Je l’oublie, je me souviens d’elle, j’ai confiance en elle, elle se fraye un chemin à travers moi. Je suis moi quand elle est moi. Elle m’enveloppe, me quitte, me conseille, s’abstient, s’absente, me rejoint. Je suis un poisson dans son eau, un prénom dans son nom multiple. Elle m’a laissé naître, elle saura comment me faire mourir ».Ph.S

Ph. Sollers, égal à lui-même, amoureux et passionné, oui mais pas trop. Sait-on jamais, par ces temps infligés,(sic), mais évoquant le non-moi, où les battements de nos cœurs ne sauraient nous atteindre, à défaut de nous entendre.

Sollers, « la marge à suivre », au Je unique, mais ô combien éclectique. Histoire de re-naître sous-vérités, les contre-vérités sont en une certaine façon, la résistance à tout ce qui nous blesse, à tout ce qui nous nuit...Nous ennuie ! Alors on écrit, on trace sa propre route, armés de lectures édifiantes et estimables, mettre aux abris les bombes lettrées, imprimables, pendant que d’autres se délectent et crépitent de leur choix, sans péril, se mettre aux anges et y rester. Lire « Passion fixe ». Rien ne saurait être indicible, puisqu’ici, est l’Absolue Vérité du sublime et de l’addiction charnelle.

A nous d’apprendre à lire entre les lignes... de sa main de maître.

> Vitesse de Paul Morand
19 avril 2009, par D.

On se frotte les yeux en lisant les mots de ce journaliste, Josselin :

" l’antisémitisme latent de Morand devient de plus en plus absurde et inepte avec le temps qui passe"

-  Donc cet antisémitisme latent n’était pas si absurde et inepte au départ ? Intéressant. Les adjectifs, "absurde" et "inepte", sont d’ailleurs curieux. Cela éclaire étrangement ce qu’on peut lire quelques lignes plus haut (et donc dans l’article précédent de Pile-Face), où il note :

"A la fin de l’envoi, la grande fille, - elle était juive, Sollers le découvre à la dernière page, ça lui paraît très important, on ne sait pas très bien pourquoi - s’envole vers l’Australie."

On ne sait pas très bien pourquoi : autrement dit, absurde, inepte. Comme la bêtise haineuse, au fond, ne demande jamais qu’à avouer !

> Nous sommes tous surréalistes
18 avril 2009, par D.B.

On signale la dernière livraison N° 37 (Janvier-Février-Mars 2009) de la revue Histoires Littéraires qui ce trimestre consacre un dossier au Surréalisme. Deux entretiens inédits de novembre 1981 avec Jacques Baron et Philippe Soupault.

A toutes fins, rappelons que le directeur de cette revue « consacrée à la littérature française des XIXe et XXe siècles » n’est autre que Jean-Jacques Lefrère, l’auteur des biographies de référence d’ Isidore Ducasse et d’Arthur Rimbaud...

> Orwell et la " common decency "
18 avril 2009, par A.G.

Pour prolonger vos lectures : George Orwell et le concept de décence ordinaire.

Avec Bruce Bégout et Jacques Dewitte, philosophes.

Bruce Bégout (né en 1967 à Talence, enseignant à Bordeaux) a publié De la décence ordinaire aux Editions Allia (2008).

Orwell, chacun l’aura remarqué est très présent dans Les voyageurs du Temps. Sollers cite ce passage de 1938 :

« [...] Le conditionnement des masses est une science née au cours des vingt dernières années, et nous ne savons pas encore jusqu’où iront ses progrès. »

et ajoute : « Nous l’avons su, et nous ne le savons toujours pas, ou plutôt nous ne voulons pas le savoir. » (p. 169)

> Adolescence
17 avril 2009, par Zibeth
je trouve que cette citations démontre vraiment la vérité !!!!
> Amours (III) Le corps amoureux
14 avril 2009, par A.G.
Sur Prélude à la délivrance ce bel article de Yann Moix Haenel et Meyronnis : un livre qui délivre .
> Le siècle de La N.R.F
14 avril 2009, par A.G.

Sur France Culture retour sur les cent ans de la NRF >>

avec Alban Cerisier. Editeur et directeur des fonds patrimoniaux chez Gallimard
Michel Braudeau. Rédacteur en chef de la NRF
Claire Paulhan. Editrice
Thomas Clerc.

> Série de quatre émissions sur la Radio Suiise Romande
13 avril 2009, par Livia

Bonjour Viktor,

un petit coucou du Québec ! J’espère que vous allez bien. Je souhaitais vous transmettre une information "sollersienne". J’ai écrit un petit post sur votre site, mais y’a tellement longtemps que je n’ai rien posté que je ne suis pas certaine que l’info va passer... Bref, il y a cette semaine quatre entretiens autour des Voyageurs du temps dans le cadre de l’émission « Entre les lignes » sur la Radio Suisse Romande. Les émissions sont "podcastables".

Je vous dis à bientôt,

Livia

LE PROGRAMME
• 11h03 à 11h30
• rediffusion le soir à 19h03

lundi 13 avril 2009 : Bordeaux-Paris L’héritage bordelais de l’enfance et l’ancrage de Paris.

mardi 14 avril 2009 : Les jardins du temps Les grands auteurs nous parviennent dans l’instantanéité suspendue de leur œuvre. Les lire, c’est devenir leur contemporain

mercredi 15 avril 2009 : Le temps explose A l’instar du tir au pistolet, cher à l’écrivain français, nos vies sont traversées d’apparitions proches de détonations.

jeudi 16 avril 2009 La musique, percée liquide Grand mélomane, Philippe Sollers cultive une double passion pour Jean-Sébastien Bach et le clarinettiste Johnny Dodds.

voici le lien : RSR/Entre-les-lignes

Bacon Wahrol
11 avril 2009, par A.G.
Bacon, Etude d’après le portrait du pape Innocent 10 par Vélasquez, 1953
Bacon, Etude d’après le portrait du pape Innocent 10 par Vélasquez, 1953
Wahrol, Electric chair, 1967
> Picasso, Pâques
11 avril 2009, par V.K.

Dimanche 12 avril (Pâques)

Tempête toute la nuit, violent vent nord-ouest.
11h 30 : soleil et vent calme, comme si de rien n’était.
En bateau sur une île.

Picasso, 1935 : « Je mets dans mes tableaux tout ce que j’aime. Tant pis pour les choses, elles n’ont qu’à s’arranger entre elles. »
« Je me comporte avec ma peinture comme je me comporte avec les choses. Je fais une fenêtre comme je regarde à travers une fenêtre. Si cette fenêtre ouverte ne fait pas bien dans mon tableau, je tire un rideau et je la ferme comme j’aurais fait dans ma chambre. Il faut agir avec la peinture comme dans la vie, directement. »
Tout cela, bien sûr, applicable à la littérature.
Un Américain, en 1945, veut absolument qu’une tête de taureau dans l’extraordinaire Taureau noir, Palets Chandelier (1938) représente le fascisme. « Non ; Picasso, le taureau n’est pas le fascisme, mais la brutalité et l’obscurité. »
Autrement dit : c’est vous, là, vous, et votre question qui est déjà une réponse, vous qui ne voulez pas voir ce tableau.
Picasso, au 7 rue des Grands-Augustins, à Paris 9 novembre 1944. Il dit à Daniel-Henry Kahnwei « La peinture, ce n’est pas du vent. Je crois aux fantôrnes, ce ne sont pas des vapeurs brumeuses, c’est quelque chose de dur. Quand on veut planter un ongle dedans, il se retourne. »
[...]
Picasso a toujours dit qu’on le prenait pour un peintre mais qu’il était autre chose : « Au fond, je crois que suis un poète qui a mal tourné. » Matisse se moquait lui en lui disant qu’il voulait attraper la « quatrième dimension ». Il ne savait pas ce qu’il disait, remarque Picasso, mais c’est exactement ça. Platitude décorative de Matisse par rapport à Picasso (Matisse, en effet, n’est qu’un peintre, un « grand peintre »).
[...]

« Chemin de croix » à Rome, au Colisée. Jean-Paul II sous la pluie (les cardinaux hésitent). De nouveau, un geste en direction des Juifs. De deux choses l’une : ou bien le catholicisme est à bout de souffle et avoue ainsi son erreur millénaire (comme tout le monde, ou presque, désormais, l’y invite), ou bien il se sent assez fort, de nouveau, « à la veille du troisième millénaire » (comme on dit) pour reconnaître et dépasser cette histoire sanglante de tous les diables. Qui vivra verra.
[...]

J-P. II, bénédiction urbi et orbi. Il est épuisé, vis fermé, il souffre. « La vie triomphant de la mort
Fleurs, groupes de jeunes (filles, surtout) qui s’amusent (c’est un show). La vie, la vie, la vie. Et puis : « indulgentiam plenam  ». Amen, ponctuent ici les mouettes.
De nouveau l’exercice magique consistant à dire la résurrection dans toutes les langues, la plus petite ayant le même rang que la plus grande. Ma langue préférée, aujourd’hui, sera le swahili. Babel à l’envers, Babel d’espérance. L’énorme misère, les massacres et les persécutions ont lieu en ce moment même un peu partout, on peut y compter. Cependant, c’est la première retransmission télévisée d’une bénédiction papale en Russie (bras d’honneur à l’ex-KGB en souvenir de deux balles dans le ventre). La Pâque orthodoxe est dans une semaine. Coïncidence avec la Pâque juive.

Cette cérémonie laisse la plupart de mes amis (ou amies) insensibles, voire franchement hostiles. On ne se comprend donc pas du tout ? Non. Aucune importance (Le Secret, livre gênant [2]).

Il y a longtemps que j’ai renoncé à faire sentir l’humour grandiose du catholicisme (Joyce). Misère dix_neuvièmiste du catholicisme français et de ses adversaires. Leur ignorance crasse de la Bible. Rideau. Pleine lune à travers les cupressus noirs.

Philippe Sollers
L’année du Tigre, journal de l’année 1998

Cycle astral, comme en cette année 2009, le calendrier fixait Pâques, le dimanche 12 avril.

> Le Christ sur une chaise électrique
11 avril 2009, par V.K.

Crucifixions

Le clou de Pâques 2009 : une sculpture représentant le Christ mort sur une chaise électrique, exposée jusqu’à dimanche dans la cathédrale de Gap (Hautes-Alpes).

Baptisée "Pieta", la sculpture de Paul Fryer représentant la passion du Christ vaut à Mgr di Falco, à l’origine de l’exposition, de vives réactions, "en majorité positives", précise-t-il. "Cette oeuvre ne laisse pas indifférent, mais parler de polémique est faux. Le scandale n’est pas là où on le croit", explique Mgr di Falco à l’AFP.

L’exposition est en revanche l’occasion de susciter un débat sur le Christ, reconnaît l’évêque : "Je voulais que le choc provoqué nous fasse reprendre conscience du scandale de quelqu’un cloué sur une croix. Par habitude on n’éprouve plus de réelles émotions face à quelque chose de véritablement scandaleux, la crucifixion".

Mgr di Falco, évêque de Gap, préside aussi le Conseil pour la communication de la Conférence des évêques de France. Bien inspiré, Mgr di Falco. Il pourrait seconder Philippe Sollers qui s’était proposé de prendre en charge la direction de la communication papale (Cf. son Journal du mois de mars 2009))

D’après AFP, 10 avril 2009.

> Sur le matérialisme
11 avril 2009, par A.G.

« Poe semble avoir eu conscience, très tôt, d’une matière infinie, d’une matière de l’infini, d’un infini matériel palpable. » Voilà, en tout cas, une leçon de littérature absolue. »

C’est par cette citation d’Henri Justin que Sollers termine son récent article sur Edgar Poe.

Je ne sais si c’est une proposition "matérialiste" mais c’est à coup sûr une proposition anti-idéaliste et il est évident que Sollers revendique pour lui-même et cette « conscience, très tôt » et cette proposition.

Dans Sur le matérialisme (1969, p. 65), Sollers citait Cyrano de Bergerac (personnage central également de Passion fixe, 2000) :

« Mais l’infini, si vous ne le comprenez en général, vous le concevez au moins par parties, puisqu’il n’est pas difficile de se figurer, au-delà de ce que nous voyons de terre et d’air, du feu, d’autre air et d’autre terre. Or l’infini n’est rien qu’une tessiture sans bornes de tout cela. » (c’est Sollers qui souligne) et : « [...] comment ces grands feux pourraient-ils subsister, s’ils n’étaient attachés à quelque matière qui les nourrit ? »

> Henri Meschonnic
9 avril 2009, par A.G.

Henri Meschonnic a laissé une oeuvre exigeante, hors du commun, souvent irritante (c’était aussi un redoutable polémiste). Il est juste de lui rendre hommage alors qu’il vient de nous quitter. Son apport fondamental est évidemment sur la question du rythme et du poétique.

Dans un entretien avec Jacques Ancet de 1994 qu’il est intéressant de relire aujourd’hui, sa pensée est bien résumée, y compris dans ses excès mêmes, ses points d’aveuglement (incompréhension totale de ce qui est en jeu chez Heidegger par exemple).

Au moment où j’apprends sa mort, un souvenir me revient : c’était en Mai 1968 ; étudiant en philosophie, passionné de littérature, je participais aux assemblées des étudiants de lettres de la fac de Lille (les philosophes, sauf un, m’ennuyaient). Meschonnic devait alors être assistant ou maître-assistant. C’était une époque où la question de l’emploi à venir ne se posait guère, on pouvait se permettre - et on se le permettait - de tout remettre en chantier, de tout reprendre : transmission, contenus et articulation des savoirs, rôle des "superstructures" (comme on disait), qu’est-ce que la littérature, que lire et comment... Vaste " programme " (c’était le titre du texte qui ouvrait le recueil d’essais de Sollers, Logiques, sorti en avril, où nous étions invités à réfléchir sur l’ " écriture textuelle " et l’ " histoire monumentale "). Dans ces débats de "littéraires", on passait parfois des heures à s’entendre sur les mots. Meschonnic demandait toujours qu’on soit précis. Souci que je partageais et qui me valut qu’il me nommât " le glossaire ". J’ai essayé de ne pas oublier...

> lien sur page d’accueil
8 avril 2009, par V.K.
Merci anonyme d’avoir pris le temps de nous le dire. Votre remarque justifiée et pertinente a été prise en compte. En plus du menu "Sommaire" présent sur toutes les pages, un lien sur le bandeau supérieur vers la page d’accueil a été ajouté.
> Sur Houellebecq
7 avril 2009, par Remarque sur remarque

La mère de Houellebecq doit se réjouir de votre "remarque" !

Comme le rappelle Sollers dans Les voyageurs du Temps (p. 85), « voici comment elle décrit son fils (qu’elle appelle « p’tit con »). Il a eu des problèmes d’évacuation : « Au lieu du petit jaune d’oeuf guetté avec attendrissement par toute mère attentive, il ne parvenait à émettre, après des hurlements, qu’une petite crotte de bique. »

Et Sollers de poursuivre :

« Cette révélation d’une mère à propos de son fils écrivain, pieusement recueillie par une journaliste de progrès social, est sensationnelle. C’est un tremblement de terre dans l’histoire de la poésie. »

et : « Il y a en ce monde un seul être supérieur : la Mère qui guette, attendrie, le petit jaune d’oeuf de son bébé mâle. »

Conclusion : « Les mères, toujours les mères, derrière leurs clergés successifs, curés, philosophes, penseurs officiels ou pseudo-subversifs. » La suite ? c’est là >>.

> Le "Gilles" de Watteau
7 avril 2009, par anonyme
Une petite remarque technique pour votre site. Site assez perfectionné, je m’étonne qu’on n’y puisse revenir à la page d’accueil tout simplement en cliquant sur le titre, comme dans la plupart des blogs.
> Sur Houellebecq
7 avril 2009, par Remarque

"Il est vrai que Houellebecq, quand il a fait défection"

Moi aussi, je trouve qu’il déféque beaucoup Houelbecq, c’est d’ailleurs pour ça que je ne l’ai pas lu. Au début des particules élémentaires, un oiseau défèque dans sa cage, c’est là que j’ai arrêté de le lire ; laissant cette merde aux autres.

Lectures de Proust dans le Temps
6 avril 2009, par A.G.

Paroles des jours nous informe de la sortie de "Résurrection de Proust", par Stéphane Zagdanski, Un film de Jean-Hugues Larché :

extraits du DVD

1. Le crime de Proust (2’ 16)
2. Question de style (2’ 50)
3. L’hyperlucidité (1’ 44)
4. Norme de Sodome (9’ 23)
5. Résurrection (2’ 06)

Site de Jean-Hugues Larché

> Amours (III) Le corps amoureux
3 avril 2009, par D.B.

A propos de Nadja, à paraître en mai aux éditions Actes Sud :

Hester ALBACH L’Amour de Léona Delcourt, héroïne du surréalisme

"Qui était celle qu’André Breton nomme Nadja ? A-t-elle vraiment existé ? Quels liens affectifs ou intellectuels ont pu l’unir au père du surréalisme ? Douée d’une curiosité et d’une opiniâtreté redoutables, Hester Albach a voulu en avoir le cœur net. Elle s’est lancée dans une enquête, dont cet ouvrage est à la fois le récit et le résultat."

> Edgar Poe ou La Lettre volée
2 avril 2009, par A.G.

« Et Sollers s’est farci un gros essai sur Edgar Poe (quelle fabuleuse relecture il en fait, d’ailleurs, il faudra que vous lisiez ça dans le numéro de jeudi prochain [du Nouvel Observateur]). »

C’est ce que nous annonce Didier Jacob dans ses Rebuts de presse.

> Un écrivain dans son château
2 avril 2009, par D.B.
Danielle Robert-Guédon fait actuellement paraître aux éditions Argol, dans la collection "Locus solus", son livre "La Rongère", qui reprend " Le Désespoir du singe" paru en 1997.
> Alain Fleischer (suite) -
31 mars 2009, par A.G.

Toujours aussi prolixe...

Surpris par la nuit

Entretien avec Alain Fleischer à l’occasion de la parution de « Moi, Sàndor F. » (Fayard), « Descentes dans les villes » (Fata Morgana) et du second volume d’ « Ecrits sur le cinéma. (L’empreinte et le tremblement Suivi de Faire le noir) » (Galaade éditions).

> Journal du mois de mars 2009
30 mars 2009,
Lorsque je lis l’opinion de M. Joyaux sur les bronzes chinois, je me dis qu’il s’est faché avec Pierre Bergé ! Car il aurait tout aussi bien pu défendre que la Chine a volé beaucoup de choses, notamment aux Tibétains. Alors des bronzes ! Et les marbres grecs ?!
> Le Lièvre de Patagonie -
25 mars 2009, par A.G.
> Le Lièvre de Patagonie -
24 mars 2009, par A.G.
« L’amitié que me témoigna Bernard-Henri Lévy, m’offrant, pour que je puisse écrire tranquille, ses chaumières et palais, doit être ici dite et redite. Mais on ne se sort pas en trois lignes d’un pareil bonhomme, doué de tant de talents, il mérite bien plus, j’en parlerai un jour. On oublie toujours de dire son courage, sa folie, sa sagesse, son intelligence extrême, c’est ce qui chez lui me plaît et m’importe le plus. » (p. 539)
Shoah
23 mars 2009, par A.G.
Dans son livre Le Lièvre de Patagonie, Claude Lanzmann revient très longuement (chap. XVIII à XXI) sur la réalisation de son film. Dans le dernier chapitre il s’explique sur la question du titre, " un acte radical de nomination ".
> Le Lièvre de Patagonie
22 mars 2009, par V.K.

Un autre témoignage élogieux : L’article dans son intégralité.
> Actualité de Tristram Shandy -
20 mars 2009, par Alma
Dans Femmes, le narrateur fera intervenir le Diable en rêve pour introduire Sterne et pour dicter au passage ce que doit être le roman... Je cite : « Cette fois, le Diable me rend visite en personne. Il me parle. " Me voilà assis, ce deuxième jour d’août 1766, en gilet pourpre et pantoufles jaunes, sans bonnet ni perruque."... Tu l’as reconnu ? Laurence Sterne. Il est là pour toujours. Il fait beau. Il écrit. Le roman est ici chez lui. Tu dois le ramener à cette légèreté sans contrainte. Assez de nihilisme ! De maussaderie ! De dérobades plus ou moins poétiques ! Lever du jour ! Soleil ! » (Femmes, p. 304-305) Et, ce n’est pas rien, c’est le Diable lui-même qui aura en définitive réglé l’affaire du titre du roman en cours d’écriture : « Il me lance : " Bon ! Eh bien, garde Femmes, puisque tu y tiens ! Mais je t’aurai prévenu ! Très mauvais pour la sortie de ton livre ! Ne compte pas sur moi ! N’oublie pas que je dirige les médias, les supports ! " Il disparaît. » (p. 307-308) La facétie valait d’être notée, m’a-t-il semblé...
> Barthes par lui-même
18 mars 2009, par A.G.

Bonjour,

En réponse à votre message, je vous informe que l’enregistrement de Roland Barthes a été effectué par mes soins le 8 mars 1976 sur un magnétophone d’époque (sans fil de raccordement !).
Sur ma cassette, miraculeusement conservée, je n’ai noté que la date et AUTOBIOGRAPHIE.
Comme indiqué dans ma présentation, l’émission devait s’appeler L’INVITÉ DU LUNDI.
J’avoue ne pas me souvenir de cette émission mais je l’avais enregistrée parce qu’il m’était arrivé de suivre le "petit séminaire" de Barthes et que certains des étudiants qui participaient à l’émission étaient des amis personnels.

Bien cordialement

> Barthes par lui-même
18 mars 2009,

Bonjour, Producteur à France Culture, je serais heureux de savoir l’origine de l’enregistrement radio de RB par RB... Ce serait beau de le rediffuser un jour, Merci de me dire : atelierdecreationradiophonique@radiofrance.com

Frank Smith

Joseph Needham et la Chine de Mao
17 mars 2009, par A.G.

Archive miraculeusement sauvegardée, document rare, vous pourrez écouter ci-dessous un enregistrement réalisé en 1973 du grand sinologue Joseph Needham lequel évoque la révolution chinoise. Ses principaux interlocuteurs sont Maria Antonietta Machiocchi — dont le livre De la Chine joua un rôle non négligeable dans la rupture effectuée par Tel Quel avec le Pcf en 1971 —, le Père Cardonnel et le Professeur Jean Bernard. Document daté où chacun "baigne" dans l’enthousiasme suscité en Occident par la révolution culturelle. Un participant au débat pose cependant des questions pertinentes : les droits de l’homme existent-ils en Chine ? Le suffrage universel existe-t-il ? etc. Sur ces questions, les réponses de Needham comme de la plupart des autres participants sont évidemment marquées par les illusions mais aussi par les interrogations de l’époque. Un document donc.

Extraits (29’30) :


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

> La Grande Librairie, Salon du Livre 2009
16 mars 2009, par A.G.
On notera la grande perspicacité de François Busnel : " Houellebecq et Sollers sont surestimés... " (L’express).
> Sur le matérialisme
15 mars 2009, par A.G.

Cher D.

« il va falloir rester éveillé maintenant absolument réveillé... » (Paradis II).

Si je commence à exhumer ces archives aujourd’hui, c’est pour plusieurs raisons :

— premièrement, pour éviter qu’on lise le Sollers d’aujourd’hui à travers une grille spiritualiste ou étroitement "mystique" — bref idéaliste —.

— deuxièmement, pour ne pas laisser le champ libre aux nouveaux tenants du matérialisme mécaniste qui s’affiche aujourd’hui sous l’emblème de "l’hédonisme".

— troisièmement, pour qu’on relise d’un oeil neuf, après la phase nécessaire de "destruction du marxisme" les textes de Marx, Engels, Lénine, etc... Oui, le "marxisme" a tragiquement échoué sur la question du Pouvoir, de l’État, de la religion, etc... Non, ce qu’ont écrit les sus-cités ne se réduit pas à la caricature qu’on en a donnée à droite et à gauche depuis 80 ans (et ça continue).

— quatrièmement — et c’est peut-être philosophiquement le plus important —, alors qu’on vient de rééditer des textes de Mao (Editions La Fabrique, 2008) avec une belle préface du philosophe slovène Slavoj Zizek dans laquelle celui-ci explique qu’une des erreurs philosophiques de Mao a été d’ignorer la négation de la négation (« [...] la Chine est aujourd’hui l’État capitaliste idéal : liberté pour le capital, l’État faisant le "sale boulot" de contrôle des ouvriers. [...] C’est là le coût ultime de l’erreur théorique de Mao qui a consisté à rejeter la " négation de la négation ", de son échec à saisir la manière dont cette dernière n’est pas un compromis entre une position et sa négation trop radicale, mais au contraire la seule vraie négation », écrit Zizek, p.35),

il me semble intéressant de relire, par exemple, cette longue note de Sur le matérialisme (p. 89) dans laquelle Sollers écrivait en 1972, avec Hegel et contre Hegel, après Engels, avec Mao et contre Mao (sans le savoir : le texte où Mao affirme, contre Engels et après Staline : « La négation de la négation, ça n’existe pas » — n’était pas publié ou peu connu),

je ne cite qu’un extrait :

« Ce n’est pas du tout un "accident" si les mécanistes tiennent tellement à évacuer la négation de la négation des lois de la dialectique : on ne doit pas s’étonner si la seule "invention" de Staline en philosophie a consisté en une suppression. Il y a des pensées qui se définissent par une négation-dénégation (X sans Y : procès sans sujet etc...) et qui répètent mécaniquement cette négation. Or la négation de la négation, loin d’être un masque de la transcendance, ouvre sur la pluralité des contradictions, le procès de la contradiction (avec du sujet, c’est-à-dire avec une dialectique complexe entre subjectif et objectif), ce qui est précisément le saut accompli par Mao [...] » (J’ai déjà pointé l’importance, pas du tout anecdotique, de la négation de la négation chez Sollers dans Réfractaire).

> Sur le matérialisme
15 mars 2009, par D.

Cher A.G.,

c’est d’accord : on lira Sur le matérialisme. On le trouvera, et on le lira. J’avais essayé en juin 2006 : mes yeux se fermaient - mais c’était la même chose pour Être et temps. Pour ce dernier, les phrases, depuis, semblent s’ouvrir ; espérons que le temps réalisera le même miracle pour le livre de Sollers.

Merci de ces indications très précieuses.

D.

Matzneff, Le libertin métaphysique
14 mars 2009, par A.G.

Gabriel Matzneff s’expliquait le 8 mars dernier dans l’émission For intérieur sur les raisons de la publication de son journal 2007-2008 chez Léo Scheer.

Défense de la liberté et de la langue française.

Voir aussi sur le site de l’écrivain : Les Carnets Noirs.

> Pierre Assouline
12 mars 2009,
Le blog de Pierre assouline ne s’appelle pas République des "LETTRES" mais des "LIVRES".
> Ligne de risque et la gnose : La sagesse qui vient
28 février 2009, par D.

Ce que j’indiquais par allusion, et avec une pointe d’ironie, n’a pas été relevé, je vais donc être plus explicite.

Je suis frappé de ce que le titre de ce numéro de Ligne de risque se présente comme une réponse explicite à l’essai du "Comité invisible" - attribué aux quelques habitants de Tarnac arrêtés le 11 novembre dernier dans une spectaculaire arrestation, à qui l’on imputait également, en les baptisant de "mouvance anarcho-autonome de l’ultra-gauche", ou encore, par un merveilleux glissement de sens, "cellule invisible", les dégradations de caténaires qui avaient momentanément paralysé le réseau SNCF, ce qui leur vaut d’être inculpés pour "association de malfaiteurs à finalité terroriste", et, pour leur "chef présumé", Julien Coupat, de séjourner aujourd’hui encore à la Santé - essai, donc, intitulé L’insurrection qui vient.

On peut s’en étonner : quel rapport entre la Gnose et une critique se voulant radicale de l’état actuel de notre société spectaculaire ? quel rapport entre Meyronnis et d’affreux "terroristes" ?

Il faut savoir pour cela que ce "Comité invisible" partage avec celui de Ligne de risque le même horizon de références, tracé par ces deux grands repères : Debord, Heidegger. Mais encore, que ce "Comité invisible" est lié à Tiqqun, nom sous lequel ont été publiés deux numéros de revue à la fin des années 90, ainsi que d’autres textes théoriques-critiques, tels que Introduction à la guerre civile, ou Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille (il faut avouer que ces malfaiteurs associés ont le sens du titre) ; que, parmi les références de Tiqqun se trouve, justement, la Kabbale, et en particulier (voir ici) un courant de la Kabbale qui s’est développé au XVIIIe siècle, d’orientation messianique ; le nom Tiqqun lui-même « souvent employé dans la tradition kabalistique et messianique, [...] signifie tout à la fois réparation, restitution et rédemption, et [...] recouvre en grande partie, et entre autres, la conception juive de la justice sociale » (Wikipédia, donc prudence, article Tiqqun).

Gnose et Kabbale ? Eh oui, mais le lecteur de Dubourg ne s’étonne pas - pour celui-ci, la Gnose n’a rien de grec, c’est, comme le christianisme, un pur produit de la pensée hébraïque, auprès de laquelle il faut donc faire le même effort consistant à détecter l’hébreu sous le grec ou le copte, que pour les Evangiles. Rien de surprenant à voir Sandrick Le Maguer, digne successeur de Dubourg, au sommaire de ce numéro.

L’affrontement, ou du moins la polémique - qui n’a peut-être lieu que par l’allusion du titre - est logique (logique en vertu de quoi, bien souvent, les "avant-gardes" s’affrontent l’une l’autre) : les constats très proches, et l’héritage quasi identique, impliquent nécessairement une explication quant à la divergence de positions. Et on peut supposer que cette divergence porte sur le rapport de l’individu au groupe, et qu’à la position messianiste-communiste, si l’on peut dire, de Tiqqun, prônant l’action collective, et en particulier l’instauration de communes, soit opposée dans Ligne de risque une position mystique-gnostique, proche de la pensée de Sollers, et où seul l’individu trouve le salut, par élection.

Le supplice chinois de Roland Barthes
27 février 2009, par A.G.

Sur les Carnets du voyage en Chine, écoutez la première partie de Tout arrive.

La seconde partie est consacrée au Journal de deuil de Roland Barthes (écrit après la mort de sa mère).

> Philippe Sollers par Julia Kristeva
26 février 2009, par V.K.

En réponse à Ray, les points de suspension sont de Philippe Sollers même si la coupe à la tronçonneuse de la fin d’enregistrement ne le laisse pas deviner.

"Voyageur du Temps" ou de l’instant qui passe par là, tu peux compléter les points de suspension en allant chercher l’inspiration sur le site de Ray,, surtout si amateur de peinture et de littérature.

> Ligne de risque et la gnose
26 février 2009, par A.G.

Ci-dessous la dernière page du numéro 24

Les numéros disponibles peuvent être commandés (10€ port compris) à la : LIBRAIRIE LA PALOURDE - J.-Y. LACROIX 15, rue des Lombards, 30000 Nîmes. Tél. 04 66 76 17 93.

> Philippe Sollers par Julia Kristeva
26 février 2009, par Ray
Bonjour Viktor, très intéressante interview, qui s’arrête, c’est dommage à un moment particulièrement intense, reste à combler soi-même les blancs... Bonne continuation et bravo pour ce site toujours si riche !
Site Internet:
> Ligne de risque et la gnose
25 février 2009,

L’email ne semble pas fonctionner, j’aimerais en effet savoir si d’anciens n° sont encore disponibles... merci,

Laurent Husser Strasbourg

> Ligne de risque et la gnose
25 février 2009, par D.
Ce titre étrange, La sagesse qui vient, retient mon attention. Il me fait sourire, aussi : c’est l’âge de raison pour Meyronnis ? la dernière poussée de dents de Haenel ? Je me demande enfin ce qu’en pense Julien Coupat : est-ce que la sagesse lui vient, au lieu de ses puériles envies d’insurrection, après trois mois et demi de Santé ?
> Martin Heidegger : Le chemin vers la parole
24 février 2009, par A.G.

Hasard objectif :

« Amener la parole à la parole en tant que parole, cette proposition de Heidegger a une résonance évidente avec la gnose. L’intrication extatique entre temps et parole, voilà l’expérience dont il est ici question. Le temps résurrectionnel suppose que vous soyez rejoint par le langage. Ce qui ne mobilise aucune volonté. Il s’agit plutôt de répondre à l’appel de la parole. On retrouve ici le Sauveur Sauvé dont parlent les manichéens. " Je suis la voix du réveil dans la nuit éternelle ", disent les textes. Alors, vous répondez ou non. Il y a des moments où ce n’est pas le cas. Je me le reproche souvent. L’essentiel consiste à être à l’écoute de ce qui appelle dans une parole. Et puis, d’un coup, de répondre, en son propre nom. Il est impossible d’être toujours à une hauteur aussi exigeante, mais on peut rester sur le chemin d’une telle hauteur.

Heidegger, gnostique ? - Evidemment. C’est même le point qui achoppe pour le clergé philosophique. Ce qu’on fait payer à Heidegger. Avoir été gnostique et catholique. Mais chut ! Même les heideggeriens n’ont pas envie d’en savoir si long. »

Philippe Sollers, La Connaissance comme Salut, Ligne de risque n°24, février 2009, p. 44.

La séance de tir
24 février 2009, par A.G.

La séance de tir sociale et spectaculaire EST NIÉE.
La vie consiste à s’esquiver et à se dérober. Jeu d’escrime.
Inutile de spéculer sur la Bête. Incitez vos parasites à se suicider.

« Mais le plus baroque, et de loin, est notre condition de vivant-mort et de mort-vivant, le suicide cellulaire constant, de mieux en mieux découvert, l’apoptose. On le sait désormais : dans chaque cellule vivante, un protecteur verrouille, enlace et réfrène l’activateur du suicide, l’empêchant de déclencher le travail de l’extérieur. C’est seulement quand disparaît le protecteur que la mort, soudain, apparaît.

En clair :
LA VIE RESULTE DE LA REPRESSION DU SUICIDE, DONC DE LA NEGATION D’UNE NEGATION. LA MORT RESULTE DE LA REPRESSION DE LA REPRESSION DU SUICIDE, DONC DE LA NEGATION DE LA NEGATION D’UNE NEGATION. [1]

Vous n’êtes en vie que parce que vous résistez sans arrêt au suicide de votre organisme. Familiarisez-vous avec cette vision. Elle change tout. [...]

La vie consiste à s’esquiver et à se dérober. Jeu d’escrime.

Conséquence pratique : au lieu, par exemple, de détruire un micro-organisme infectieux par attaque frontale, il vaut mieux tenter de découvrir la nature des signaux capables de le forcer à déclencher son suicide.
Incitez vos parasites à se suicider. Application dans la vie courante.

Définition : comme une cellule, je suis une entité fluide, dynamique, en équilibre instable, échappant sans cesse à l’effondrement.

Ici, je remonte de ces gouffres tourbillonnants où je ne me baigne jamais deux fois dans le même moi-même qui reste cependant le même, j’émerge, je reprends mon crâne en main [2].

L’être humain, trop humain, vient de buter sur la négation. Il se trompe à son sujet. Il croit être une positivité, il se gonfle, il s’affirme, grenouille qui se prend pour une vache ou un boeuf. Démenti, il en veut à la terre entière. Il rumine cette injustice, cette absurdité, voudrait tuer, se tue, va dans le même sens que son fourmillement cellulaire. Malentendu.

M.N. s’était endormi. Il se réveille en pleine conscience tranquille. Son mal de tête a disparu. Il reprend sa plume et écrit. Il vient d’être monsieur Néant. Il vit son année-lumière. » (Une vie divine, 2006, folio, p.261-263). CQFD.

Notes :
1. En majuscules dans le texte. Voir Réfractaire.
2. Voir « la parole ne se baigne jamais deux fois dans le même corps ».

> Entretien Nathalie Crom - Philippe Sollers - l’enregistrement sonore
16 février 2009, par V.K.
Accès à la partie 4 : corrigé.
Heidegger : le danger en l’Etre — Séminaire de Gérard Guest
16 février 2009, par A.G.
Séance du 14 février 2009 et accès à la totalité des séminaires filmés par Stéphane Zagdanski sur parolesdesjours.
> Entretien Nathalie Crom - Philippe Sollers - l’enregistrement sonore
16 février 2009, par D.
Merci pour cette mise en ligne. Je signale que la partie 4 (du moins sur mon ordinateur) refuse de se charger. Amitiés
> Mother-Molly Bloom
7 février 2009, par V.K.

Le final de l’extrait de l’évocation de Mother dans Le Secret n’est pas sans évoquer celui du monologue final de Molly Bloom dans Ulysse de Joyce.

Le Secret :

« Je l’ai embrassée sur le front, je lui ai pris la main. Ma main gauche, plus proche du coeur, sa main droite. Elle m’a pressé les doigts, trois fois, avec beaucoup d’intention. Là, c’était vraiment le dernier message. Disant : continue, n’aie pas peur, c’est toi qui as raison contre toute raison, c’est nous qui avons raison, suis ton chemin, peu importe où il mène, continue, continue, tiens-toi à ta verticale, [...] On ne meurt pas dehors, tu sais, mais dedans, dans le sang du sang(1). Ne te laisse pas intimider, personne ne peut te tuer, allons-y enfin pour toujours, pour jamais. Je t’approuve. Je vote pour toi. Quoiqu’il arrive, n’oublie pas ce moment de certitude, de décision de certitude. Je vais mourir en toi, et tu mourras en toi . Le dehors n’est rien, chaos, mensonge. Toutes les histoires de naissance, de mort, de grossesse, de ventre d’origine, de fin, de fabrication des corps, ne sont rien. Tu vois, c’est dur de mourir, mais la mort n’est rien. La vie est une autre vie. Dedans, dedans vertical. C’est ainsi. C’est oui (2). »

(1) Cf. le « ceci est mon corps », « ceci est mon sang » prononcé par le Christ au moment de la Cène, et de la fondation de l’Eucharistie, « avec ce problème très important de la Transsubstantiation ; c’est-à-dire qu’il dit que son corps ce n’est pas son corps, c’est du pain et du vin. [...] on a une voix qui parle d’un corps, et ce corps qui dit que son corps c’est des substances toutes simples, les plus simples possibles, qui sont sous la main »

(2) Les mots en caractères gras sont en italiques dans le texte.

Ulysse (Joyce)- le monologue final de Molly Bloom

" et les roseraies et les jasmins et les géraniums et les cactus de Gibraltar quand j’étais jeune fille et une Fleur de montagne oui quand j’ai mis la rose dans mes cheveux comme les filles andalouses ou en mettrai-je une rouge oui et comme il m’a embrassée sous le mur mauresque je me suis dit après tout aussi bien lui qu’un autre et je lui ai demandé avec les yeux de demander encore oui et alors il m’a demandé si je voulais oui dire oui ma fleur de la montagne et d’abord je lui ai mis mes bras autour de lui oui et je l’ai attiré sur moii pour qu’il sente mes seins tout parfumés oui et son coeur battait comme un fou et oui j’ai dit oui je veux bien Oui. "

Est-ce sacrilège de rapprocher ce « oui » célèbre, de femme, vierge, avec ce oui d’une autre femme, Mother, au seuil de la mort, d’une autre femme devenue la fille de son fils ? « Je l’ai embrassée sur le front » en écho du « il m’a embrassée » de Molly. Jusqu’à la floraison/défloraison « Je vais mourir en toi, et tu mourras en toi »

L’exceptionnelle séquence audio où Sollers parle de sa mère est encore plus explicite et renforce ce parallèle. Voix, corps, pensée, symbolisme, leur hiérarchie, leurs liens, une thématique combinatoire qui irrigue l’œuvre de Sollers.

Plus encore que les transpositions écrites dans le Secret, Portrait du Joueur, cet entretien audio, approche, touche au plus intime de l’être et de l’écrivain. Avec une grande délicatesse pudique.

Extrait entretien (milieu de la 2ème séquence) :

« Mother : Tout a une fin,
Ph.S. : Mais non, mais non.
Ph.S. : je pense beaucoup à toi
M. : Oh je sais.
Ph. S. : Est-ce que je te dérange ?
M. : Oh jamais.

Elle avait peu de souffle et peu de force il fallait donc dire en le moins de mots possibles quelque chose qui exprime énormément de choses. Elle ne disait jamais oh dans la forme emphatique. Son oh voulait dire « c’est beaucoup », « c’est énorme ».

« Et puis la dernière chose, la plus étrange, je lui dis :« Je te prends complètement avec la pensée » en insistant mystiquement, en affirmant la puissance de la pensée, sa supériorité sur toute vie biologique. Ca c’est très très important s’agissant de quelqu’un dont le corps est à l’origine du vôtre.

Est-ce qu’il peut y avoir une supériorité inébranlable de la pensée sur les corps ? Question de toute la métaphysique, si vous voulez (Spinoza...)

Est-ce que la pensée peut répondre, oui ou non, de la mort, au de là ?

Alors... « Je te prends complètement avec moi », « Je te prends complètement avec la pensée. » Et elle a ponctué - elle aurait pu très bien ne pas répondre ce qu’elle a répondu, ou autre chose - elle a ponctué très distinctement - c’est une question de voix - dans le minimum de temps et d’articulation : « C’est énorme »

Donc une approbation, un signe d’approbation dans cette concentration de la pensée. »

-oOo-

> Un homme libre Un homme digne
6 février 2009, par Valérie Bergmann

" Le plus beau des courages est celui d’être heureux". Pendant que la plupart des écrivains se complaisent dans la facilité de l’autodestruction, Ph.sollers, s’acharne au bonheur, apporte à ses lecteurs la base de la connaissance universelle, littérature, sculptures, peintures et musique classique. Les classiques sont très recommandés, et pour cause : en pèriode nihiliste, cet adversaire de la société invite le lecteur, (celui qui sait lire, et non "oublire" comme il le dit au travers de ses oeuvres, à une culture infinie, sans tergiverser sur ses états d’âme qu’il laisse de côté, un style-o-la main. Le contraire de Sollers n’est qu’hypocrisie.

Merci pour ces trois entretiens filmés.

> La somme de L’Infini -
5 février 2009, par rfe

François Mitterrand et l’ortolan

S’il a bien mangé des ortolans, il est désormais avéré que Georges-Marc Benamou a inventé le fait que, sept jours avant sa mort, François Mitterrand a mangé des ortolans.

> Dossier Céline. Journal du mois d’octobre 2007 -
4 février 2009, par D.B.

Et pour compléter l’actualité, toujours aux éditions Du Lérot, avec plus de 2 000 entrées, 150 photographies, sur 532 pages :

Dictionnaire des personnages, des noms de personnes, figures et référents culturels dans l’oeuvre romanesque de Louis-Ferdinand Céline

de Gaël Richard, avec une préface de Henri Godard

Ed. du Lérot , Tusson (Charente) Parution : Décembre 2008

> Dossier Céline. Journal du mois d’octobre 2007 -
4 février 2009, par D.
Je mets à part, bien sûr, l’étonnante voix de Céline, et sa diction saccadée - que Sollers, si je me souviens bien, qui la compare à celles de Malraux et d’Aragon (le XIXe parle), salue ainsi : "Enfin une voix moderne !" (Un vrai roman ?)
> Dossier Céline. Journal du mois d’octobre 2007 -
4 février 2009, par D.

Merci (encore une fois !) pour ces documents très divers, dont cette émission qui, si j’ai bien compris, date de la fin des années 70, il y a donc environ trente ans ("ces livres étaient là quand Céline y était, il y a trente ans"). Sollers - il entame la quarantaine - poursuit donc, en secret et en pleine lumière, son Paradis, entre Paris, Venise, Ré et New-York (les entretiens de Vision à New-York sont enregistrés dans cette période) - tandis qu’il est en train d’accumuler les notes qui fourniront le matériau de Femmes.

Je suis frappé par la voix de Sollers, étonnante de clarté directe, au phrasé sûr, rapide et souple, et à côté de laquelle celles des autres intervenants (hormis celle qui parle tantôt italien, tantôt français avec un joli accent germanique) semblent affectées, maniérées, fausses (ne parlons pas de l’épouvantable lecture des textes de Céline !).

Sur la culture d’Etat et le Spectacle
3 février 2009, par A.G.

Mode d’emploi du détournement

« De tels procédés parodiques ont été souvent employés pour obtenir des effets comiques. » Guy Debord

Comment l’éviter ?

Cette affiche du film de 1971 du "gauchiste" Marin Karmitz — qui pétitionnait encore il y a peu contre la réforme de l’audiovisuel et déclarait ce matin même sur France Culture que « Sarkozy a sauvé la télévision publique » — est-elle un cri, un appel qu’il faut savoir entendre aujourd’hui ?

De son côté Sollers disait sur France Inter le 30 janvier :

« Nicolas Sarkozy est un excellent "communicateur", comme on dit, il sait très bien agir pour embêter la gauche ! J’ai reçu une invitation pour me rendre à la cérémonie en question [la mise en place du "Conseil de la création", hier, lundi 2 février, à l’Elysée] et, comme j’ai autre chose à faire, je m’invente "absent". »

C’est dans la partie 4 de l’entretien.

> La Shoah
2 février 2009, par V.K.

ACTUELLEMENT SUR LA CHAINE TOUTE L’HISTOIRE

Tous les samedis à 22h30(retransmisssion le dimanche soir)

A l’occasion de la Journée Internationale de Commémoration de l’Holocauste et en partenariat avec le Mémoral de la Shoah.
Chaque samedi, une émission spéciale présentée par Franck Ferrand, depuis le Mémorial de la Shoah.

Aussi, Semaine spéciale Shoah (lundi 2 février 09 - dimanche 8 février 2009)
Programmes journaliers ici .

LES EDITIONS PERRIN

spécialisés dans les livres d’Histoire publient actuellement une série de livres sur :
- La résistance allemande à Hitler
- L’opération Walkirie
Editions Perrin

La Shoah a scuola attraverso la rappresentazione cinematografica.
1er février 2009, par A.G.

Pour info : Les paroles de Benoît XVI sur la Shoah

1. Les paroles du Pape lors de sa visite au camp d’Auchswitz-Bikenau, le 28 mai 2006.

*
2. Le 31 mai 2006, le Pape évoquait sa visite à Auchswitz lors de son voyage en Pologne.

*

Sollers sur France Culture parle des Voyageurs du Temps
28 janvier 2009, par A.G.

Invité par Arnaud Laporte le 27 janvier. En compagnie de Pierre Bayard (35’39).

[mp3]
Pour démarrer l’écoute, cliquez deux fois sur la flèche verte

Crédit : Tout arrive

Scarlatti
13 janvier 2009, par A.G.

Un coup de clavecin peut abolir le hasard...

Si, après la lecture de cet article, vous voulez en savoir plus sur Scarlatti, c’est possible grâce à l’émission de Marc Dumont Grands compositeurs :

Domenico Scarlatti, au nom du fils.

Oui : Un coup de clarinette peut abolir le hasard.
10 janvier 2009, par A.G.

Dans Les Voyageurs du Temps Sollers « note que le plus grand clarinettiste de tous les temps (pour moi, du moins), Johnny Dodds, en pleine activité dans les années 1920-1940, n’est que très tardivement mentionné dans le dictionnaire. "

Il l’écoute et ajoute :

« Un des plus beaux tableaux "cubistes" de Picasso est certainement  L’homme à la clarinette [Voir au début de cet article], daté de 1912. Tableau, dit Breton, « d’une élégance fabuleuse et sur l’existence "à côté" de qui nous n’en finirions pas de méditer » L’existence "à côté", voilà la formule. En 1928, Breton écrit encore : « Dès aujourd’hui, les prétendues conditions matérielles de cette existence nous laissent indifférents. Que sera-ce donc plus tard ! » Nous sommes plus tard, beaucoup plus tard, et L’Homme à la clarinette ne ressemble toujours pas à un homme à la clarinette. Il traverse les guerres, le bruit, les massacres, les photos, les films, les écrans, les ordinateurs, la vulgarité générale. On peut avancer que c’est le seul vrai portrait de Johnny Dodds (d’une "élégance fabuleuse") et une déclaration du droit de l’homme à être irreprésentable en société. » (p. 74)

On reviendra sur Johnny Dodds dont il est aussi longuement question dans L’étoile des amants.

LES HOMMES PREISTORIQUES - LE SEXE
10 janvier 2009, par Daniel

LES HOMMES PREISTORIQUES - LE SEXE

http://www.arterupestre-c.com/1000.htm

On se la pète avec nos sextoys, le Kamasutra, le tantrisme et tout ce qui fait de la sexualité une chose raffinée, dont on peut parler entre amis tout en évitant les détails scabreux. On parle de sexe parce que le sexe, c’est cool. On dédramatise parce qu’il n’y a, finalement, rien de bien dramatique. Le sexe, on peut en parler sans passer pour un pervers ou une cochonne. N’empêche, on a toujours quelques petits problèmes. Le porno, l’homosexualité, les délires fétichistes : il y aura toujours ceux qui seront mal à l’aise avec ce qui est "tabou", ou qui préfèrent penser que ça n’existe pas. Ces gens-là, ils sont pas cools.

Et les hommes préhistoriques, eux ils étaient vraiment cools. Ils représentaient la sexualité sur les murs des grottes sans aucun problème, alors qu’archéologues et passionnés de peintures rupestres ont toujours du mal à partager de telles représentations avec le public. Les hommes préhistoriques, ils n’avaient pas peur de montrer clairement des coïts, des femmesDanniel Verdejo - Barcelona Spain obèses avec des fesses énormes, gorgées de fertilité. Ils n’avaient pas peur de représenter des choses aussi osées que ma peur de vous en parler. Les hommes préhistoriques, ils avaient peur des catastrophes naturelles, mais pas du sexe. En ça, ils étaient vraiment cools.

> Les Voyageurs du Temps
9 janvier 2009, par V.K.
Luz physicienne... Mais bien sûr ! Dans La Fête à Venise. Comment ai-je pu l’oublier ? Pour réparer cet oubli, voir ici.
> Les Voyageurs du Temps
8 janvier 2009,
Il me semble que Luz est physicienne, mais elle doit bien être la seule des personnages des romans de Ph. Sollers...
> La littérature ou le nerf de la guerre
7 janvier 2009, par D.
Correctif : lire "Loyola", et pas "Loyala" - mais c’est une appellation abusive, je crois : mieux vaut dire Ignace ? Lire "compagnie", et pas "société" (sJ, c’est en latin).
> La littérature ou le nerf de la guerre
7 janvier 2009, par V.K.

Bonjour cher D. Votre commentaire est éminemment pertinent. Chaque point pourrait être une tête de chapitre. Et nul doute que nous serions très honorés si vous les développiez dans les colonnes de pileface. A bientôt, peut-être ?

PS : On peut aussi se souvenir que Philippe Sollers a préfacé un livre d’art "Barroque du Paraguay". Le titre de sa préface : "L’aventure jésuite". Extrait ici.

> La littérature ou le nerf de la guerre
7 janvier 2009, par D.
Notons que la revue Etudes, qui a réalisé l’entretien, est publiée par la société de Jésus - et rappelons l’admiration de Sollers pour les jésuites, stratèges de la Contre-Réforme (ou "Révolution baroque"), explorateurs de la Chine, troupes de choc du pape. (Dans Femmes, le narrateur, à Jérusalem, lit le récit de voyage de Loyala en terre sainte - il en reparle dans le Dictionnaire amoureux, je crois). Joyce a été leur élève : un élève problématique, comme Sollers. Ce n’est pas sans fierté, je crois, qu’il parle de son passage chez les jésuites à Versailles. Il s’est fait renvoyer : fierté redoublée.
> Mozart avec Sade (IV)
5 janvier 2009, par V.K.

Nush, vous l’avez déjà croisée dans les colonnes de pileface. Voir :
Baroque
Une réserve d’ombre

Nous sommes heureux de ce retour avec cette Exécution du Testament du marquis en cadeau,
et puisque Sade vous inspire,
vous recommande de lire la lettre de Sade à Madame Sade sur le « principe de délicatesse »,
un morceau d’anthologie ajouté récemment par AG, ici.

....♫♫♫-♥♥♥♥-♫♫♫.. Bonne Année(-̮̮̃•̃)۶٩(-̮̮̃ -̃)۶٩( ͡๏̯͡๏)۶٩(-̮̮̃•̃)۶٩(-̮̮̃ -̃)۶٩( ͡๏̯͡๏)۶.

> Mozart avec Sade (IV)
4 janvier 2009, par Nush

Quelle merveilleuse surprise de mettre en ligne ces émissions sur Mozart avec Sade. Cadeau pour tous les sollersiens dont je fais partie.

Juste une petite digression, un son de cloche discordant à verser au dossier Sollers à propos du peinturlureur surréaloïde qui n’est autre que Jean Benoît. Voici comment Annie Le Brun prend la défense de son ami qui s’est prêté à une expérience artistique mémorable le 2 décembre 1959 qu’il nomme Exécution du Testament du marquis de Sade :

Afin de rendre justice à Sade, qui avait été précisément la victime de toutes les lectures, morales, religieuses, sociales et aujourd’hui textuelles ou sexuelles, servant toutes également à dénier ses gestes, ses idées, sa mémoire, Jean Benoît prit tout à la lettre : les barreaux de la prison, le texte de son testament, "l’énergie des principes", les dimensions exactes des sexes de Brise-cul et Bande-au-ciel, le sable noir des volcans... pour en faire une saisissante construction dont la couleur était "spécialement conçus pour prendre toute son intensité à la lumière chaude du soleil couchant", un costume "absolument moderne" et absolument sauvage qui devait être le prétexte d’un "transfèrement symbolique du tombeau de D.A.F. de Sade". Ainsi, le 2 decembre 1959, vit-on apparaître "dans un vacarme de klaxons, traînant son tombeau sur des roulettes, ainsi que le rapporta la presse d’alors un personnage noir de près de trois mètres, appuyé sur des béquilles [les béquilles du temp] qui partaient comme des faisceaux autour de lui, la tête masquée surmontée d’un totem [celui de l’homme liberté] portant enfin des panneaux [les panneaux de l’esclavage] sur le dos et la poitrine. Puis Jean Benoît quitta l’une après l’autre les pièces de cette cuirasse [...] Sous le masque on vit une cagoule, sous les panneaux un médaillon dont les feuilles portaient entre autres textes la copie du testament. Les béquilles rejetées, un homme surgit en maillot couvert de larmes et sous le maillot Jean Benoît", le corps tatoué de "flèches-tentacules qui étreignaient le cœur de la sentimentalité" et indiquaient, en même temps, l’endroit où devait s’imprimer au fer rouge le nom de Sade. Ce qui fut fait. Si Sade eût bien ri à savoir que cette nuit-là, pas très loin du château de La Coste, cédait le barrage de Fréjus, comment ne pas voir que, par la seule révolte de Jean Benoît - affirmant que la pensée est un peu plus qu’une affaire de littérateur - ce qui était condamné à demeurer lettre morte devenait lettre vive ? Les personnes qui assistaient à cette Exécution du Testament du marquis de Sade comprirent toutes, d’emblée, l’importance du geste de Jean Benoît, redonnant soudain à la pensée et sa dignité physique et sa dignité symbolique, mieux imprimant sur sa vie, et au risque de sa vie même, que l’une ne va pas sans l’autre.

Laissons là l’inimitié, les divergences entre les deux auteurs sont plus profondes, qui sont évoquées dans le livre Soudain un bloc d’abîme, Sade. Annie Le Brun y propose de lire Sade "littéralement et dans tous les sens" comme la poésie. Un point de vue qui se tient, est-ce pour cela de l’inhibition ? Aux lecteurs d’y puiser son vin.

Nush

> Paradis - premières lignes
4 janvier 2009,
Quand pourra-t-on lire la version complète de l’édition critique de "Paradis" ?
Mon Journal du mois. Le Clézio, prix Nobel
29 décembre 2008, par A.G.

Le discours intégral de Le Clézio : Dans la forêt des paradoxes.

1. Première partie (22’34) :

[mp3]
Pour démarrer l’écoute, cliquez deux fois sur la flèche verte

2. La fin (12’43) :

[mp3]
Pour démarrer l’écoute, cliquez deux fois sur la flèche verte

> Watteau, Gilles, 1718
23 décembre 2008,
peintures de Thierry Cauwet d’après Le Gilles de Watteau...
> Roland Barthes par Fabrice Luchini
22 décembre 2008, par Thelonious
Le Gourde et Nulleau et son incroyable succès, relayé par des des journalistes complaisants ? Allez, balayons ces deux gros lourds avec Sollers dans Le Coeur Absolu :
-  " Vous êtes quand même célèbre, dit Liv.
-  Moi ? Mais non.Ou alors en creux, et à peine.Ou encore, vous savez ce que dit Karl Kraus :"Je suis devenu si célèbre à l’envers que le premier qui m’insulte est plus célèbre que moi." Pierre Bergé assez émouvant dans sa défense de Sollers, mais celui-ci en a vu bien d’autres, alors un médiocre (ou deux) de plus...
Barthes, Perceval, Luchini
22 décembre 2008, par A.G.

« Roland Barthes avait répliqué à ceux qui voyaient dans le "Perceval" de Rohmer de la naïveté là où il n’y avait que l’élan d’un coeur simple : « Vous réconciliez les habiles (c’est à dire les artistes de qualité) avec le peuple ». Il aurait renvoyé au néant les demi-habiles, ceux qui vivent du talent des autres tout en les dénigrant pour se grandir. L’ironie est tombée dans la main de la réaction. Elle est la Doxa. Elle est finalement le triomphe du lieu commun flaubertien. Aujourd’hui, c’est Homais qui ironise ! » (Fabrice Luchini)

1. Perceval le gallois (1978)

*

2. Perceval le gallois (2008)

*

Le synopsis du film.

Fabrice Luchini et Arielle Dombasle (dans le rôle de Blanchefleur)
Fabrice Luchini et Arielle Dombasle (dans le rôle de Blanchefleur)

La 9ème séquence m’intéresse particulièrement :

« Un matin d’hiver, on aperçoit, non loin du campement, un chevalier perdu dans la contemplation de trois gouttes de sang qu’une oie blessée par un faucon a laissées sur la neige. C’est Perceval. Le vermeil ressort sur le blanc et rappelle au jeune homme le teint frais de son amie Blanchefleur. L’attitude étrange du songeur, immobile sur sa monture et appuyé sur sa lance, étonne les compagnons du roi. Sagremor se flatte d’amener le rêveur à la tente royale, mais d’un simple coup de lance, Perceval le désarçonne. Le sénéchal Ké s’élance, la menace à la bouche, mais il est renversé lui aussi et se brise l’épaule. Seul Gauvain sait se conduire avec tact. Il a compris qu’une pensée noble occupe l’esprit de l’inconnu et qu’elle mérite d’être respectée. Perceval sort doucement de sa rêverie, et les deux chevaliers, reconnaissant entre eux une « accointance » , tombent dans les bras l’un de l’autre. »

André Dussolier dans le rôle de Gauvain
André Dussolier dans le rôle de Gauvain

*

Reprenons la citation de Luchini :

« Il [Barthes] aurait renvoyé au néant les demi-habiles, ceux qui vivent du talent des autres tout en les dénigrant pour se grandir. L’ironie est tombée dans la main de la réaction. Elle est la Doxa. Elle est finalement le triomphe du lieu commun flaubertien. Aujourd’hui, c’est Homais qui ironise ! »

Démonstration.

1. Pierre Bergé face à Éric Naulleau

*

2. La leçon de Fabrice Luchini

*

Conclusion.

Fondamentaux

Soyons sérieux : jamais le fondamental, en pensée, en art, en littérature n’a eu plus de prix. Les milliards fument, les fonds remontent. Pierre Bergé a eu l’excellente idée de rassembler des préfaces d’auteurs français consacrées à des auteurs du passé (1). Là, vous allez de merveilles en merveilles : Claudel et Giono sur Homère, Tzara sur Villon, Gide sur Montaigne, Jouhandeau sur La Bruyère, Morand sur le cardinal de Retz, Camus sur Chamfort, Gracq sur Chateaubriand, Valéry sur Stendhal, Malraux sur Gide, Proust sur Morand... Voyez Valéry : « Stendhal avait remarqué que les hommes importants, si nécessairement associés à la bonne marche des affaires, sont nuls et muets devant l’imprévu. Un Etat qui n’a pas quelques improvisateurs en réserve est un Etat sans nerfs. Tout ce qui marche vite le menace. Ce qui tombe des nues l’anéantit. » Et Morand sur Retz dans la Fronde : « Sa plume est sublime quand il peint la rue en émoi. Nous n’oublierons jamais : " Le mal s’aigrit ; la tête s’éveilla ; Paris se sentit... L’on chercha, comme en s’éveillant à tâtons, les lois. " »

Philippe Sollers, Le Journal du mois, 26 octobre 2008.

(1) L’Art de la préface, Gallimard.

*

Mao revient ...
18 décembre 2008, par A.G.

S’il fallait sans doute signer " l’appel à la solidarité avec le peuple tibétain " comme l’a fait, entre autres, Julia Kristeva, doit-on partager l’idéologie que le dalaï-lama promeut — de manière souriante et finalement très consensuelle — partout dans le monde ? C’est moins sûr.

Sollers écrivait dans le JDD le 26 août dernier :

Dalaï-lama

Vais-je me convertir au bouddhisme tibétain ? J’y pense. Paix intérieure, paix extérieure, écharpe blanche, bonne humeur, art de la communication impressionnant, quand on pense que le coeur de cette expérience de calme néantisant est le vide. Le dalaï-lama, en toute modestie humoristique, accepte sans broncher qu’on l’appelle " Océan de sagesse ", " Sa Sainteté " et même " Joyau accompli ". Ces termes, d’après moi, pourraient m’être aussi décernés s’il y avait une justice en ce monde. Mais enfin, la place est prise, il y a de plus en plus d’adeptes en France, de belles jeunes femmes prient en silence, on entend des clochettes, et voici Carla Bruni, pour l’inauguration d’un temple, qui montre la voie à la résignation par rapport au pouvoir d’achat. Ségolène Royal, qui estimait scandaleux d’avoir été photographiée agenouillée dans une église de Rome, éclate de joie et de sérénité quand le dalaï-lama la prend en écharpe. Manuel Valls, lui, saute en l’air. La gauche est donc au rendez-vous spirituel du siècle. Voilà ce que nous avons à dire, nous, aux méchants Chinois. Le dalaï-lama, désormais, écoute sans arrêt l’album de Carla. Il sera rendu obligatoire dans la formation monastique. Comment, espèce de libre-penseur, vous préférez entendre une messe de Mozart ? Vous penchez pour le pape, malgré ses odieuses considérations sur la sexualité ? Vous iriez plutôt à Notre-Dame de Paris que dans un temple tibétain de province ? Plutôt Michel-Ange que les gros bouddhas peinturlurés assis dans leur éternel et souriant sommeil ? Vous me décevez beaucoup, vous n’avez pas d’âme.

[...] Nietzsche, en son temps, n’a eu aucun mal à diagnostiquer, dans le bouddhisme, une forme achevée de nihilisme. Au fait, y a-t-il un libre-penseur tibétain ? Il faut que je pose la question à la soeur du dalaï-lama, qui, humblement, se fait appeler "vénérable". On m’assure pourtant que le dalaï-lama s’est mis à lire la Bible, mais je n’en crois rien.

Philippe Sollers, Le JDD, 26 août 2008

Mao revient... en musique
18 décembre 2008, par A.G.

En 1976 le batteur et compositeur de jazz Max Roach compose, à la mort de Mao, « The Long March », partie centrale d’une suite en trois parties intitulée « Sweet Mao » en hommage à la longue marche entreprise par Mao et ses partisans en 1934-35, afin d’échapper aux persécutions des troupes de Chiang Kai-shek.
Sur la photo de l’album Force, la photo de Mao au début de la révolution culturelle : « Pour annoncer la couleur, dans la grande tradition mythique, Mao, entouré de drapeaux rouges, parcourt à la nage 15 kilomètres dans le Yangzi. Du grand art qui, à l’époque, en séduit plus d’un. A tort, j’en conviens. » écrivait Sollers en 2005. Mao, donc, et le poing dressé du black power...
Enregistrée le 30 août 1979 avec le saxophoniste ténor Archie Shepp au festival de jazz de Willisau, l’interprétation ci-dessous fait partie d’une série de duos que Max Roach commence à provoquer avec des musiciens plus ou moins liés à l’esthétique free comme Dollar Brand, Anthony Braxton (« Birth and Rebirth », 1978) et Cecil Taylor (1979).

On l’aura compris : la révolution est d’abord une question de révolte, de rythme... and freedom. Pour de nombreux artistes, c’était ça le sens, en occident, de la référence à la Chine de Mao.

The Long March (26’18)

[mp3]
Pour démarrer l’écoute, cliquez deux fois sur la flèche verte

Archie Shepp à la mort de Max Roach : « Avoir collaboré avec Max Roach a été une expérience excitante, une tranche d’histoire. J’ai pris part à l’enregistrement Long March, en 1979. Max Roach, non seulement batteur exceptionnel, mais aussi musicien total, compositeur inspiré, irréductible militant, a été un modèle pour moi, de par son engagement politique. Il a osé critiquer le racisme, la suprématie de la loi du marché... Une audace, à l’époque ! Vous pouviez vous retrouver boycotté par le système dominant, par l’industrie du disque. De nos jours, il faudrait des milliers de Max Roach. »

Séminaire de Gérard Guest
15 décembre 2008, par A.G.

Le séminaire de Gérard Guest est en ligne.

Dixième séance, 13 décembre 2008 :

Déboîtement entre le "Dieu caché" de Pascal et le "dernier dieu" de Heidegger (6’ 16)

Inintelligence en France de la question de Dieu chez Heidegger (7’ 01)

Récapitulation des thèmes pascaliens chez Heidegger (4’ 16)

L’herméneutique de la révélation selon Pascal (6’ 22)

Précision sur Isaïe 45, 15 : le deus absconditus (7’ 31)

L’abscondité de Dieu comme secret selon Pascal (4’ 22)

Critique d’une volonté de restreindre l’herméneutique au Temple (12’ 35)

Sortir d’une perspective religieuse pour accéder à l’Ereignis (3’ 48)

Cheminement de pensée menant jusqu’au signe de la passée du dernier dieu (9’ 52)

Fugacité de la passée du dernier dieu (7’ 37)

Le dieu "tout autre" à l’égard du dieu chrétien (14’ 16)

Le dernier dieu et les dieux enfuis (8’ 32)

Les sources du dernier dieu : Nietzche, Moïse, Hölderlin, Rilke (14’ 30)

Afflux ou fuite du dernier dieu (7’ 51)

Le "lointain de l’indécidable" ; le dieu ultime "n’est pas l’événement lui-même" (17’ 03)

Remarques sur la version allemande de la citation (11’ 41)

L’herméneutique et l’Ereignis ; le double délaissement pascalien (4’ 32)

La question de l’alliance entre l’homme et le dernier dieu (8’ 39)

"Théologie" de Heidegger (13’ 59)

Discussions sur une issue hors de l’onto-théo-logie (12’ 04)

Questions sur la "passée" du dernier dieu (16’ 11)

> Jean Beaufret à la rencontre de Martin Heidegger
14 décembre 2008, par A.G.

Après vérification, aucun problème pour écouter l’émission n°7.
Réessayez.

Cordialement.

> Jean Beaufret à la rencontre de Martin Heidegger
14 décembre 2008,

Bonjour,

Merci beaucoup pour la mise en ligne de ces documents exceptionnels. Je rencontre cependant un petit problème "technique" avec l’émission no7 que je n’arrive ni à écouter ni à télécharger... Il semble y avoir un problème... Je serais très heureux de pouvoir écouter cette émission. Merci.

Salutations SG

> Mon journal du mois, novembre 2008
10 décembre 2008, par V.K.

Ce serait mieux pour vous répondre plux complètement si vous aviez associé une adresse courriel à votre pseudo,. De façon générique, pileface offre deux espaces à ses lecteurs :

- l’espace du Forum pour les commentaires.
- la rubrique Tribune des lecteurs pour des contributions plus importantes. Voir ici, les dernières entrées dans cette rubrique :
http://www.pileface.com/sollers/rubrique.php3 ?id_rubrique=140

Si vous pensez que votre texte et les éclairages associés ou complémentaires que vous pouvez ajouter, dans l’esprit pile face, peuvent avoir leur place sur ce site, un simple courrriel avec votre fichier en pièce jointe, suffit à amorcer la pompe...

Il est aussi souhaitable que nous pensions pouvoir intéresser nos lecteurs avec votre texte et le considérer dans la cible : « sur et autour de Sollers. »

viktorkirtov@wanadoo.fr

PS : Pour mémoire, il existe un troisième niveau de contribution à pileface : le niveau rédacteur, avec accès à l’interface de rédaction en mode autopublication (dans l’esprit wiki, un wiki rédacteur).

> Mon journal du mois, novembre 2008
10 décembre 2008, par IDA
Bonjour, Toujours IDA : je reviens à la charge avec, tout simplement, une question (osée, certes, mais...). Et si je mettais, ici-même, sous les yeux de l’écrivain-éditeur-découvreur Sollers, quelques lignes de mon premier roman ? Merci de m’éclairer !
Le Clezio, Le discours de Stockholm (7-12-08)
9 décembre 2008, par A.G.
> Mon journal du mois, novembre 2008
7 décembre 2008, par IDA
Il a ou il n’a pas raison, quelle importance ! Il a du style, il délire bien, il improvise comme un démon ou comme un ange, ou, plutôt, comme un musicien...(esprit parodique, partouzard de la pastiche...) ; c’est un écrivain qui ...restera.
> Mon journal du mois, novembre 2008
7 décembre 2008, par V.K.

Bravo Thelonious, vous avez visé dans le mille !

Ce diable d’homme n’arrête pas de nous faire voyager aux sources de notre culture et notre langue, et c’est pourquoi j’apprécie sa compagnie. Promenade au Paradis, en passant par l’Enfer, avec Dante. Là, il passe son bras sous celui de Joyce, là, embarque Ulysse, lors d’un passage dans son île... Aime partir en trek avec Sollers, pour le plaisir de la découverte... Le chemin peut-être caillouteux et pentu mais il y a aussi des plaines, la mer, le bruit des vagues et du vent, des oiseaux qui zèbrent le ciel, lançant leur appel à l’amour ou un cri de détresse - tout n’est pas aride. C’est même franchement jubilatoire, parfois, ou bien, éclair furtif de plaisir ou encore, le calme serein, sans mots, du marcheur qui, le soir, arrive à l’étape.

...Vous pouvez passer par la Chine, croiser Mao, le Dalaï Lama, Segomar, Obama, et bien d’autres... voyager dans l’espace et par dessus le temps... Sidérant. Soirée de goguette dans le boudoir avec Sophie. Fragonard en a tiré le verrou, ce qui n’empêche pas Sade de voir par le trou de serrure de son cachot-caverne. Sollers illusionniste ? C’est ca ! Et plus encore...

Même que ces vieilles histoires, peuvent trouver leur écho dans l’actualité. Hier soir, Arte : 3e et 4e épisode d’une série documentaire "l’Apocalypse"... Pas seulement actuel par la date de programmation, mais aussi par son contenu. Si, si ! Visionnez l’émission si vous en avez l’occasion ! Ou alors ouvrez Sollers qui ouvrira l’Apocalypse pour vous. Ainsi Sollers revisitant les lieux de son enfance :

« Bon, je vais terminer ma visite, par l’église... Sur la route d’Espagne... [...] l’Evangile est ouvert sur le lutrin... Matthieu 17... Transfiguration... Et il se métamorphosa devant eux, sa face resplendit comme le soleil, ses vêtements devinrent blancs comme la lumière... Et Pierre, Jacques et Jean lui proposèrent de rester là sous des tentes, avec Moïse et Elie... Et la nuée les couvrit, et la voix parla, ils se prosternèrent contre terre... Je feuillette le gros livre rouge. Je cherche l’Apocalypse... Voilà... Chapitre 20... »

Ainsi parle Sollers dans Portrait du Joueur, Epitre p. 20, édition illustrée grand format, Futuropolis !

> Mon journal du mois, novembre 2008
7 décembre 2008, par Thelonious
Lautréamont comme personnage principal du futur roman de Sollers, "Les voyageurs du temps", nous dit l’auteur dans son journal du mois, mais à la lecture de la prière d’insérer qui se trouve sur un autre site dédié à son oeuvre, Joyce sera là lui aussi c’est sûr. Le centre de tir, dans lequel se trouve le narrateur ? C’est le début d’Ulysse et de la rencontre entre Buck Mulligan et Stephen Dedalus... Lautréamont, Joyce, qui a dit que Sollers n’écrivait pas de vrais romans, alors qu’il se nourrit des plus grandes fictions ?
Isidore Ducasse : « Cette publication permanente n’a pas de prix. »
4 décembre 2008, par A.G.

« Pour mieux lire mon prochain roman, Les Voyageurs du temps [janvier 2009], où il joue un rôle important, ne manquez pas l’extraordinaire enquête de Jean-Jacques Lefrère sur Lautréamont, avec une masse de documents inédits. C’est impressionnant. »

Philippe Sollers, Le Journal du Dimanche, 30 novembre 2008

On peut aussi relire le dossier ci-dessus.

> Paradis II, manuscrits
3 décembre 2008, par D.B.

Mais, déjà, il y a bien longtemps, que pouvait-on lire ?

"Ici, sur le papier du cahier choisi pour sa couleur, s’alignent peu à peu les phrases écrites à l’encre bleu-noire par le vieux stylo démodé, d’une écriture fine, serrée, penchée vers la droite et qui n’occupe que les trois-quarts de la page ; lentement, patiemment avec, souvent, des ratures (un trait simple qui barre une ou deux lignes restant malgré tout lisibles, ou bien des griffonnages qui recouvrent entièrement ce qui fut écrit) et, parfois, de longs passages sans corrections qui marquent sans doute une précipitation inattendue, où les lettres se déforment, perdent leur aspect irrégulier, s’égalisent, deviennent bientôt indéchiffrables." Le parc (1961), p 21, Seuil, Points.

> Paradis II, manuscrits
1er décembre 2008, par D.B.

Philippe Sollers donne donc à voir ici des pages manuscrites appartenant au début du texte de Paradis II.

Dans un entretien de 1975 avec David Hayman, et alors que le texte qui allait devenir Paradis (I) en était à son début (commencé fin 1973, son premier extrait apparaît dans le numéro 57 de Tel Quel, printemps 1974) Philippe Sollers expliquait : "J’ai délibérément placé ce piège [l’absence de ponctuation] pour la rétine, laissant croire qu’il n’y a pas de méthode dans l’écriture de mes livres, mais un jour je vous montrerai mes manuscrits. Vous verrez des pages écrites à la main, laborieusement révisées dix, quinze, vingt fois. Je veux donner l’impression que j’écris mécaniquement mais en fait, c’est fait avec le soin d’un scalpel pour séparer de fines couches de tissus, opération d’une très grande précision." Vision à New York, p 212, Grasset (1981).

> "Paradis" de Ph. Sollers : Edition critique et commentée.
30 novembre 2008, par V.K.

Cher Thelonious,

Ainsi, me suis complètement planté en vous attribuant des propos qui n’étaient pas les vôtres ! Ai recherché les raisons de ma méprise et trouvé le commentaire en question - relatif à un article sur Heidegger - sous le vôtre,. Commentaire sans nom, anonyme, que j’ai trop vite lu, dans le prolongement du vôtre, et comme étant le vôtre. Mea culpa ! D’autant plus que vous dénonciez ces critiques, faciles, sous l’anonymat absolu. Dont acte !
Votre commentaire a maintenant trouvé place, en introduction de l’article : « Le Paradis existe t-il encore / Un matin à la Sorbonne », la place que lui avais attribué avant de me raviser que le message était peut-être au deuxième degré. Non, il n’y a qu’un Thelonious, sans masque, sans vitriol au deuxième degré perfide.

Bien cordialement,

PS : Juste une remarque, une signature Thelonious, c’est bien, une signature avec adresse courriel, c’est encore mieux. ( Ai été renforcé dans mon erreur en cliquant sur votre nom, sans adresse de messagerie ! )

"Paradis" de Ph. Sollers : Edition critique et commentée.
30 novembre 2008, par A.G.

Cher Thelonious,

Un message pousse l’autre, voire le recouvre ! Il semble qu’une confusion ait été opérée entre un message anonyme du 23 octobre et votre réponse ironique du 24 où vous feigniez, en utilisant la première personne, de reprendre la "critique" émise la veille...

> "Paradis" de Ph. Sollers : Edition critique et commentée.
30 novembre 2008, par Thelonious
Cher VK, Vous me surprenez en me faisant tenir des propos sur Philippe Sollers qui ne sont pas de moi. J’interviens sur ce site de temps en temps, et toujours pour saluer les articles qui y sont proposés, et pour faire part de mon admiration pour cet auteur( sans ironie, ou deuxième degré, ni masque...). Il y a à ma connaissance, un seul Thelonious , Thelonious I, et pas de Thelonious II... Je n’étais pas, hélas, présent à la soutenance de thèse de Thierry Sudour (me trouvant très loin de Paris) mais je me rattraperai avec la publication de sa thèse. Cordialement
> "Paradis" de Ph. Sollers : Edition critique et commentée.
30 novembre 2008, par V.K.

Cher Thelonious,

Quel que soit le degré de vitriol dans votre encre, la rendant visible ou invisible, selon les cas, ...oui « l’équipe pileface » a assisté à la thèse de Thierry Sudour, et en rends compte dans l’article « Le Paradis existe t-il encore ? / Un matin à la Sorbonne ».

Une thèse sur Sollers, cet écrivain que vous aimez qualifier « d’écriveur-médiatique », une expression donnant à entendre tout le bien que vous pensez de cette voix singulière qui dérange.

Une voix que vous n’aimez pas non plus, entendre mêlée à celle de Heidegger. Et de quel droit quelqu’un peut-on décréter cet apartheid ? La montée en puissance de Heidegger dans les écrits de Sollers se manifeste dès Paradis II. C’était aussi, un des commentaires, très annexe, de cette journée passée à écouter une soutenance de thèse. Mais peut-être, ne vous apprends-je rien ? Même, peut-être, votre encre vitriolée invisible cachait-elle votre présence inattendue à cette thèse ?

En toute cordialité,

> "Paradis" de Ph. Sollers : Edition critique et commentée.
29 novembre 2008, par Thelonious
L’équipe de pileface était-elle présente à la soutenance de thèse de Thiery Sudour sur l’Oeuvre de Sollers ? Peut-être un enregistrement ? A écouter sur ce superbe site ? Cordialement.
> Méditerranée (une analyse)
28 novembre 2008, par La Mere Médéediteranée
A ne pas oublier, le texte de Nunzio d’Annibale, qui insiste sur la tendresse vertigineuse du regard de Pollet... A lire ici : http://www.insiturevue.com/vieilleries/opus6/mediterranee.htm Bonne lecture... La Mere Médéeditéranée
> La Trinité, Masaccio
26 novembre 2008, par louis-garden
Terrifiantes plutôt que terrorisantes ?
Point de côté
22 novembre 2008, par A.G.

Josyane Savigneau invitée d’Alain Veinstein

Du jour au lendemain

> Le Prix Décembre à Yannick Haenel pour "Cercle"
20 novembre 2008,
Insinuations très désagréables... "Cercle" est le plus beau roman français paru depuis bien longtemps ; il n’a aucune concurrence dans la littérature contemporaine.
Rire des vieilles amours mensongères (III) : Doc Gynéco...
19 novembre 2008, par A.G.

Question : que pensez-vous du fait que Christine Angot évoque votre liaison dans son dernier livre ?

Doc Gynéco : je m’inspire moi aussi des gens pour mes chansons, un artiste ne fait que ça. je suis sorti avec une fille qui écrit, ce qui était une façon de me rapprocher des mots, avec mon passé de jeune qui n’a pas dépassé le collège. mais pour certains, la littérature est un cercle fermé. tout le monde lui a demandé : " qu’est-ce que tu fais avec un type comme ça ? ", alors que si elle avait été avec Sollers, ç’aurait été normal. c’était courageux de sa part, comme de celle de Sarko, à qui on disait la même chose. c’est des gens qui m’ont aidé et permis de voir autre chose.

L’extrait dans son contexte

Heidegger : le danger en l’Etre
17 novembre 2008, par A.G.

SÉMINAIRE DE GÉRARD GUEST. Investigations à la limite.

Neuvième séance, 15 novembre 2008 (également téléchargeable en MP3, section "Téléchargements" sur la page d’accueil).

Reprise du séminaire, annonce des thèmes à venir lors de la deuxième saison (2’ 22)

Le "Dieu caché" de Pascal et/ou le "dernier dieu" de Heidegger (3’ 58)

Pascal avant et dans Être et Temps (15’ 54)

L’affrontement de Pascal avec Descartes (7’ 56)

Importance historiale de Descartes méconnue par Pascal (9’ 47)

Présupposés et intuitions de Pascal concernant la vérité (5’ 27)

Le cogito, mutation de l’essence de la vérité indiscernée par Pascal (4’ 09)

Pascal pris dans la clôture de la métaphysique (5’ 11)

La mort de Dieu : Plutarque, Hegel, Nietzsche et le "Dieu perdu" de Pascal (8’ 45)

Abscondité du Dieu pascalien (17’ 14)

L’insondable abscondité de Dieu comme mode de sa révélation (7’ 30)

La révélation indiscernable dans la nature (7’ 29)

Dieu, inconnaissable à la raison, se révèle au cœur (7’ 01)

La grâce, le double délaissement et l’eucharistie (11’ 15)

Fausse analogie entre "Dieu caché" et "dernier dieu" (7’ 29)

Marque de Dieu dans la nature selon Pascal (6’ 24)

Justice et force (6’ 26)

Toute-puissance et dissimulation divines selon Pascal, analogie et dialectique également réfutées par Heidegger (5’ 45)

Dieu des philosophes et Dieu des Méditations de Descartes, le cœur selon Pascal et selon Rilke (5’ 50)

Dieu des philosophes et "dernier dieu" (5’ 17)

Phénoménologie de la facticité (4’ 43)

Ressentiment de Pascal envers Descartes, "prévention" et "présomption" (3’ 31)

Certitude, volonté de puissance, Gelassenheit et Reich (11’ 12)

La mort de Dieu (10’ 59)

Philippe Sollers, musique et infini
16 novembre 2008, par A.G.

Ce samedi 15 novembre, Alain Duault présentait sur France 3 une émission sur le Don Giovanni de Mozart.
Il avait choisi la production de Franco Zefirelli, exécutée par l’Orchestre et les Choeurs du Metropolitan Opera de New York dirigés par James Levine.
Il avait également sollicité les impressions de Ruggero Raimondi, magnifique Don Giovanni, de Bryn Terfel, son plus grand interprète actuel, de la soprano américaine Renée Fleming, la Donna Anna d’aujourd’hui.
Et aussi, hélas, Gabriel Bacquier, Carole Bouquet et le... pédiatre Aldo Naouri, affligeants de conformisme et de banalités.
Mieux vaut donc relire (ainsi que nous y invitait Alain Duault à la fin de son article de 2001) ce que Sollers disait de Don Giovanni dans son Mystérieux Mozart (p. 220 à 237 de l’édition Folio), Sollers qui terminait son analyse de l’opéra par :

« Il n’est sans doute pas inutile de rappeler ici les derniers moments de Giordiano Bruno, brulé à Rome en 1600 : « Sa dernière déclaration fut pour dire : 1. Qu’il n’avait pas le désir de se repentir. 2 Qu’il n’y avait pas lieu de se repentir. 3. Qu’il n’y avait pas de matière sur laquelle se repentir. En conséquence de quoi, on décida de brûler : 1. Les livres. 2. Leur auteur. 3. Des branches de chêne-liège. » »

Et surtout : " Allez la musique ! "

> Les Americains et les Français
14 novembre 2008, par Benoît Monneret

(suite)
où il est dit : « Le mot déclin est tabou ! »...

La France fanée

La France fanée

> Itinéraire d’un fumeur pas gâté !
12 novembre 2008, par Zoé
Que les sociétés pharmaceutiques se réjouissent, que l’alcool coule à flot (1E le verre d’alcool en soirée étudiante... 50E la bouteille de vodka en discothèque... et pour le financement des soirées... les étudiants ont tout prévu : pause café, thé, jus de fruit chimiques et petits gâteaux écho+ sous couvert de convivialité, préparant la prochaine biture express) Quoi que... faut bien rembourser les cabines fumeurs installées, les nuages de fumée embaumant gracieusement la transpiration des danseurs et des sueurs d’alcool... puis nouveauté : petits gâteaux chocolatés laissés à portée de main : éponger l’alcool ?? Freud laissait en suspens que ses théories pourraient être obsolètes avec l’avancée des nouvelles technologies... qu’il se réjouisse six pieds sous terre, le refoulement deviendrait : abrutissement majoré sous couvert d’une sainte vérité prônée : Moralité. Tant que ça jouit à l’Élysée, la France peut se remettre au travail... merci les médoc’. Mais réjouissons non : "le tabac c’est tabou, on n’en viendra tous à bout !". Encore une chance pour "les petits bouts"... ils n’auront plus qu’à se représenter le culot. VG
Philippe Sollers, musique et infini
12 novembre 2008, par A.G.

Peu de temps avant cet entretien de Classica, Alain Duault avait écrit un article dans Le Monde où il se révélait être aussi un lecteur attentif de Sollers, romans et essais mêlés.

L’énigme Mozart, « depuis l’écriture »

Ce n’est pas seulement parce que « l’Europe parlait français », comme le souligne Marc Fumaroli, qu’on peut éprouver la nostalgie du XVIIIe siècle. Celui-ci n’est pas, selon Philippe Sollers, « un lieu ou une époque, mais une dimension de l’espace-temps », une perspective dans laquelle notre présent est inscrit. Ce qui l’amène, comme l’explique Alain Duault, à considérer Mozart et son insurrection « autrement », « depuis l’écriture ».

On a beaucoup écrit sur Mozart, musicologie sérieuse avec Hocquard, riches intuitions des Massin, minutieuses observations de Robbins Landon, on a creusé tous les plis de la vie et de l’oeuvre - beaucoup d’aspects demeurent pourtant encore mystérieux, noeuds de tension interne des oeuvres, filigrane historique. C’est ce mystère qu’a choisi d’explorer Philippe Sollers en abordant enfin la musique frontalement, après qu’il l’eut faufilé dans nombre de ses livres précédents.

Car la musique n’est pas chez lui une découverte : elle est depuis longtemps présente - dans l’écriture : musicalité, rythmique, chant, de H à Paradis, où c’est la voix qui rend lisible ; dans les évocations - de Femmes ( « Qui ne comprend rien à la musique ne peut rien comprendre à la métaphysique » ) à Passion fixe ( « Pour savoir où on en est avec quelqu’un, il suffit d’écouter de la musique ensemble » ), en passant, bien sûr, par Le Coeur Absolu qui fait du Quintette avec clarinette de Mozart l’hymne d’une société secrète de jeunes gens animés par une volonté étrangement révolutionnaire (voir article). Cent autres exemples.

Mais là, on change d’échelle : c’est depuis l’écriture que Sollers veut aller à fond dans l’énigme, traversant de biais la biographie et les oeuvres pour poser la question de la signification historique de Mozart. Car, souligne-t-il justement, « parler de Mozart comme si Staline et Hitler (pour ne citer qu’eux) n’avaient pas existé est d’un aveuglement stupéfiant » . Questionnement d’aujourd’hui donc, qui n’est pas figé sur le XVIIIe siècle, ou plutôt qui pense le XVIIIe siècle comme une perspective dans laquelle notre présent est inscrit, c’est-à-dire un XVIIIe siècle « qui n’est pas un lieu ou une époque mais une dimension de l’espace-temps » . Pour cela, un double guide : la biographie (en particulier à la lumière si éclairante de la correspondance) et les oeuvres. C’est de là que peuvent se poser les questions. Par exemple, pourquoi Mozart critique-t-il la France de manière si sévère après le séjour de 1778 (au cours duquel, il est vrai, il subit le traumatisme de la mort de sa mère) ? Pourquoi les opéras de Mozart ne sont-ils pas joués à Paris à cette époque ? Comment anticipe-t-il dans sa musique la Révolution française ? Qui est ce Mozart au milieu de son temps ?

Pourtant, la nouveauté du livre de Sollers par rapport à tous ceux qui se sont écrits sur Mozart ne réside pas seulement dans les éléments de réponse qu’il apporte à ces questions, mais bien dans son écriture. Ecoutez Sollers décrivant Mozart : « Il écrit en marchant, en observant, en écoutant, en chantonnant, en mangeant, en dormant, en se réveillant. Il rêve, il plane, il se pose, il lève la tête. Son énergie tranchante n’est jamais lourde, elle fouette, elle délie, elle relie. Les récitatifs de Mozart sont des merveilles. » Ou écoutant Mozart (Sir Thomas Beecham faisant répéter L’Enlèvement au sérail) : « Il chantonne, il interrompt, il reprend, il plaisante avec les interprètes, il casse le rythme, et puis reprend et reprend encore, toujours plus énergique et volant, il enlève son orchestre, c’est l’enlèvement hors les rails. Ce n’est plus une turquerie, mais un scandale au Proche-Orient, une insurrection, une prodigieuse leçon de liberté physique. » Ou encore (la Sonate pour violon et piano K 304 par Arthur Grumiaux et Clara Haskil) : « Je te joue, tu me joues, je t’écoute, tu m’écoutes, nous nous écoutons, viens, donne-moi la main, ne restons pas là, allons plus loin. » Sollers fait entendre Mozart. Avec une allégresse contagieuse, avec ses fêlures aussi, avec ses vertiges. Lisez son commentaire de Cosi fan tutte : la compréhension en profondeur des femmes par Mozart y est mise en évidence, sa modernité qui excède le temps (« Cosi est un chef-d’oeuvre de pornographie suggérée, ce qui lui permet de traverser légèrement toutes les surenchères organiques se croyant subversives sur ce sujet, comme, d’ailleurs, toutes les censures » ), mais aussi ce ploiement du corps à l’écoute par exemple du trio Soave sia il vento, cette vibration que porte la musique.

Car si ce livre fait à la fois si bien entendre et comprendre Mozart, c’est qu’il est tissé à la musique, à l’émotion physique que porte la musique, autant qu’à cette toile historique et esthétique qui met Mozart en rapport avec Rimbaud, avec Lautréamont, avec Hölderlin, les grands « voyants », avec Sade aussi - mais non pas d’un point de vue primaire qui pointerait l’auteur de Justine derrière le rire de Don Giovanni, non, d’un point de vue plus élevé : « Il était fatal que Mozart (comme Sade, mais en sens contraire) ait été appelé le « divin ». Cela permet d’éviter la vraie question : qu’est-ce que le divin pour lui ? Et où en sommes-nous avec lui ? » Car cette effervescence si caractéristique de la façon qu’a toujours Sollers de lire ou de regarder (qu’on se souvienne de La Guerre du goût ou d’ Eloge de l’infini), en mettant en rapport les signes, les affinités, les attractions, les résonances, on la retrouve dans sa manière d’écouter Mozart. Aussi bien écouter sa musique qu’écouter son nom, ses lettres (à son père en particulier), ses jeux de mots et ses jeux de langues (dans les étonnantes lettres à sa cousine), écouter ses instruments (la clarinette !) ou les détails inouïs de la biographie (Mozart logeant « à l’OEil de Dieu » : c’est le nom de la pension que tient sa belle-mère !). Comme il sait pointer aussi les filiations : de Chérubin ( « un enfant de Watteau et de Fragonard ») à Don Giovanni, ou de Figaro à Leporello.

Car si Sollers est attentif à la musique de chambre de Mozart (« ses sonates, ses quatuors, ses quintettes, sa recherche du temps perdu »), à ses symphonies, leur allégresse, leur élan, c’est aux opéras qu’il s’attache pour creuser le mystère Mozart. A leur lien entre eux et à leur spécificité pour chacun. Sa lecture de Don Giovanni par exemple ouvre des perspectives inédites parce que, sans se confiner à quelque analyse musicologique, sociologique ou psychanalytique, il ose des mises en rapport audacieuses (celle des deux scènes de cimetière de Don Giovanni et d’ Hamlet — « Etre ? Ne pas être ? La musique répond : être »), il pointe la modernité d’une situation (au moment de la poignée de main fatale de Don Giovanni et du Commandeur : « Le si impératif et dictatorial descend et tombe, alors que le no libertaire monte et culmine. Le non est un oui dont le Commandeur et sa compagnie (tous les Commandeurs, toutes les compagnies) n’ont aucune idée » ), il souligne l’acuité universelle de Mozart (à propos du « Viva la liberta » de Don Giovanni : « C’est un hymne bref, mais mondial. Rien à voir avec la 9e symphonie et l’ Hymne à la joie de Beethoven. On n’est pas au Panthéon mais en pleine campagne illuminée »).

On a compris combien cette écoute de Mozart est, au sens propre, excitante : elle en donne plus que jamais le goût. On a envie aussitôt après de se précipiter sur un disque, Don Giovanni, Cosi, le Quintette avec clarinette, et de se plonger dans cette matière vivante ainsi rééclairée, ainsi ressentie et comprise, avec profondeur et légèreté. Il faut se nettoyer les oreilles et l’esprit pour écouter Mozart, son insurrection allègre, cette formidable énergie, cet affleurement constant du désir, cette extrémité de l’émotion, cette poésie, cette clarté de matin contre l’obscurité et l’obscurantisme, cette liberté, cette électricité vitale - mais attention : « Chacune et chacun peut avoir l’air d’écouter de la musique, mais qui la ressent en la comprenant (je connais des personnes qui savent lire les notes mais ne les entendent pas, et le contraire) ? « Beaucoup de gens ne lisent que des yeux », disait Voltaire. Beaucoup d’autres n’écoutent que des oreilles, et encore. » Da capo.

Alain Duault, Le Monde du 12.10.01.

L’Evangile de Nietzsche en version Folio
12 novembre 2008, par A.G.

Il n’est pas nécessaire de faire long pour viser juste. Voici ce que disait du livre Jacques Drillon dans Le Nouvel Observateur du 9 novembre 2006 :

« Il s’en trouve encore pour penser que Philippe Sollers est un type qui dit tout et son contraire pourvu qu’une télé soit à proximité. Qu’ils lisent ces entretiens ! Le mouvement se prouvant en marchant, ils constateront que ce « sinistre individu », comme il le dit lui-même, s’il croit un minimum en celui qui l’interroge et celui qui le lit, est alors capable non seulement de la plus haute intelligence (du plus haut entendement), de la lucidité la plus rare, de l’insolence la plus féconde, mais aussi du rire le plus inquiétant. »

Le prix Goncourt à ATIQ RAHIMI.
10 novembre 2008, par A.G.
L’écrivain s’entretenait avec Catherine Millet le 8 septembre sur France Culture : écoutons les
Coup de coeur (2)

Cecilia Bartoli - La Sonnambula de Bellini

Come per me sereno / Sovra il sen

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Ah non credea / Ah ! non giunge

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D’autres extraits

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Coup de coeur (1)
7 novembre 2008, par A.G.

Patricia Petibon que vous avez pu écouter ci-dessus interprétant du Mozart sous l’oeil enthousiaste de Sollers vient de publier une petite merveille intitulée Amoureuses.

Des extraits : Amoureuses

Interview sur France2 le 4 novembre 2008.

> L’Evangile de Nietzsche en version Folio
7 novembre 2008, par A.G.

« Je n’aurais quant à moi jamais pu écrire Paradis, Femmes, Portrait du joueur, Le Coeur absolu, Les Folies Françaises, Le Secret, si je n’avais senti en permanence planer près de moi la main dégagée, active, cruelle et indulgente de Nietzsche. Permission de négliger la propagande nihiliste et sa culpabilité maniaque, de même que la mauvaise humeur déclenchée par celui qui s’obstine à suivre son bon plaisir... »

Tel est l’exergue du livre. Il est extrait de La Guerre du Goût. Très précisément de l’article Nietzsche et l’esprit français, page 238 de l’édition blanche. La suite est de Nietzsche :

« Il n’aime que ce qui lui fait du bien ; son plaisir et son envie cessent dès qu’il dépasse la limite de ce qu’il lui faut. Si quelque chose lui nuit, il devine le remède ; il fait tourner la mauvaise fortune à son profit ; tout ce qui ne le tue pas le rend plus fort. »

Phrase elle-même extraite d’Ecce homo ( « livre si méconnu » ). « Voici donc l’évangile du jour, écrit Sollers, missel (mais oui), liturgie, musique, s’adressant directement à la respiration et aux nerfs : " Quand on est assez riche pour s’en offrir le luxe, c’est même une chance d’avoir tort.  »

Sollers et Pleynet au début des années 60
Sollers et Pleynet au début des années 60
La main de Nietzsche plane dans cet extrait de Paradis situé au beau milieu du livre. Il n’est pas inintéressant de noter qu’il fut publié dans le numéro 70 de la revue Tel Quel (été 1977). Sur la page de gauche figurait cette photo de Philippe Sollers et de Marcelin Pleynet avec la légende : Premiers numéros.

Ennemis publics
3 novembre 2008, par A.G.

Sans Michel Houellebecq, retenu en Russie, BHL parlait du livre avec Laurent Goumarre le vendredi 31 octobre sur France Culture (extraits) :

[mp3]
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Crédit : Le Rendez-vous

> Pourquoi je suis catholique
1er novembre 2008, par oim
ouais, ouais
> Heidegger : le danger en l’Etre
24 octobre 2008, par Thelonious

Le danger de se nommer ?

Heidegger, Assouline, Sollers, trop de noms ! Alors je critique en tout anonymat...

Vita Nova
24 octobre 2008, par A.G.

« L’amitié est un bien. »

Merci à Pascal Boulanger de nous signaler l’existence de ce film sur et de Marcelin Pleynet dont les "provinciaux" n’ont plus qu’à attendre le passage aléatoire sur quelque chaîne de télévision !

Des informations complémentaires ici.

Rappelons ce que Sollers écrit sur Marcelin Pleynet dans ses Mémoires : « Personne, aujourd’hui, et pour cause (jalousie intense), n’est plus injustement censuré. » (p.155)

Lire principalement : Marcelin Pleynet.

> Heidegger : le danger en l’Etre
23 octobre 2008,
Tombé par mégarde sur cette page du web. Et y voir des noms comme "Assouline" et "Sollers" approcher celui de Martin Heidegger, même dans une simple proximité typographique, c’est déjà tellement trop. Ces écriveurs médiatiques n’ont-ils donc aucun amour-propre, à défaut du sens des réalités ou même de la notion d’une élémentaire vergogne ? Vivement des jours meilleurs, que tous ces trous du cul rengorgent une bonne fois pour toutes leurs hémorroîdaires productions...
> Yannick Haenel, Cercle
22 octobre 2008, par Jean
Au cas où vous ne l’auriez pas aperçu (ce qui est sans doute masqué), la première phrase du livre est d’Artaud, et la voici dans son contexte, lequel indique nettement le niveau de la vie qu’il s’agit de reprendre tout en se reprenant en elle pour la renouveler : "C’est maintenant le néant, maintenant la mort, maintenant la putréfaction, maintenant la résurrection ; attendre je ne sais pas quelle apocalypse d’au-delà, l’éclatement de quel au-delà pour se décider à reprendre les choses, est un crapuleuse plaisanterie. C’est maintenant qu’il faut reprendre vie." En fait, je viens juste de commencer la lecture de Cercle et ne sais donc pas s’il est question d’Artaud dans ce livre, ni même si cette parole d’Artaud n’est pas cité plus loin intégralement. Si elle ne l’est pas, je peux en tout cas dire que cela éclaire le commencement de cet ouvrage, et son sens. Longue vie à votre site.
> Bacon, triptyque 1944
22 octobre 2008, par moreeuw
Je découvre votre site et j’en profite pour vous mettre en lien sur ma bio de Bacon.
Du jardin au château l’oeuvre
21 octobre 2008, par A.G.
Lors d’une rencontre sur la littérature contemporaine et le sacré qui s’est tenue au Centre Pompidou, Julia Kristeva présentait et lisait des extraits de Thérèse mon amour.
Mao était-il fou ?
20 octobre 2008, par A.G.

Mao, une histoire chinoise

Un documentaire de Adrian Maben, écrit par Philip Short (2005)

Qui fut cet homme dont Richard Nixon dira qu’il a "transformé la Chine et changé le monde" ? A la fois stratège militaire, homme politique, visionnaire, philosophe, mais aussi poète, il fut un manipulateur de génie, alliant sensualité, politique et révolution. Durant trente ans, Mao a régné sur la Chine, considéré comme un dieu dans son propre pays et vénéré comme idole révolutionnaire par des millions de personnes en Occident et dans les pays en voie de développement.

Pourquoi et comment un fils de paysan issu d’une province isolée de la Chine profonde est-il parvenu à s’ériger en souverain incontesté de la nation la plus peuplée de la terre, possédant une aura et un pouvoir dignes des plus grands empereurs fondateurs de la Chine ? Qu’est-ce qui a engendré le pèlerinage idéologique de Mao à travers le nationalisme et l’anarchisme pour aboutir au communisme, avec comme point culminant une convulsion terrifiante, iconoclaste, et finalement vouée à l’échec : La Révolution Culturelle, dont l’objectif fut de calquer les esprits d’une nation entière sur la pensée unique de Mao.

A partir d’images d’archives absolument inédites divulguées pour la première fois et d’interviews exclusives de survivants de la famille de Mao, d’hommes politiques et de cadres attachés à son bureau privé, cet exceptionnel documentaire de 4 heures, fruit de plusieurs années d’enquête, retrace la vie de Mao et dresse un portrait sans concession de la Chine et de ses bouleversements.

arte

Mao, monstre ou génie ? (entretien avec Philip Short)

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I. Mao contre vents et marées

De 1911 à 1945.

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II. Mao l’apprenti sorcier

De 1945 à 1961.

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III. Mao : La révolution n’est pas un dîner de gala

De 1961 à 1972.

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IV. Mao n’est pas mort

De 1972 à 1976.

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De 1976 à nos jours.

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Le retour de Confucius ?

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La Chine communiste

Débat du jeudi 3 juillet 2008 qui rassemble Philip Short, Marie-Claire Bergère et Michel Bonnin, et qui se penche sur la façon dont le regard sur Mao (et la Chine en général) a changé au fil des années (53’24).

Ils expliquent en particulier comment l’historiographie récente constate et analyse les multiples courants de pensée à l’oeuvre chez Mao, parfois contradictoires les uns avec les autres (nationalisme, confucianisme, maxisme, impérialisme, etc.).
Mao personnage fascinant et fondamentalement opportuniste, que l’on cherche à (re-)découvrir à travers de nouvelles sources et témoignages, parfois inattendus.

Invités : Marie-Claire Bergère. Elle est professeur émérite à l’INALCO et à l’EHESS.
Michel Bonnin. Il est directeur d’études à l’EHESS.
Philip Short (au téléphone). Il est historien et journaliste.

[mp3]
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La fabrique de l’histoire.

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Lire et écouter : Mao, entre histoire impossible et mémoire biaisée.

Lire également (ça vient de sortir) : Mao - De la pratique et de la contradiction présenté par Slavoj Zizek .
En n’oubliant pas que le premier à relire et à tenter une lecture approfondie de l’essai de Mao De la contradiction ne fut autre que Philippe Sollers dans une communication faite le 27 janvier 1971 au Groupe d’Etudes Théoriques de Tel Quel et reprise dans Sur le matérialisme (Seuil, Coll. Tel Quel, 1974). Nous aurons à y revenir.

CD - Le déroulement du Dao
20 octobre 2008, par A.G.

Une passion fixe :

« Il y avait dans son histoire (qui déplaisait à beaucoup) quelque chose de compliqué, d’incompréhensible. « Enfin, l’affaire communiste est criminelle et absurde ? - Oui. - Partout la même impasse catastrophique ? - Oui. - Mais alors pourquoi faire une exception pour la Chine ? » Silence, et, de nouveau, geste vers le siècle prochain. Accablant.

Il n’a jamais voulu s’associer aux campagnes d’opinion qu’il jugeait racistes. Il avait ses raisons ; qu’il ne voulait pas formuler, quelque chose de vraiment profond, sa part d’ombre. Lui si maîtrisé d’habitude, comme il s’animait dès qu’il était question de la Chine ! »

Voir article

ludivine comédie
20 octobre 2008, par Anne B
Frédéric Beigbeder n’a rien compris !
Ennemis publics (Extrait). Michel Houellebecq face à Philippe Sollers.
16 octobre 2008, par A.G

Dans sa lettre du 8 février Michel Houellebecq évoque l’entretien avec Philippe Sollers qu’avait réalisé Jérôme Garcin pour le Nouvel Observateur en 1998. Rappelons que Houellebecq venait de publier Les particules élémentaires et Sollers Casanova l’admirable. C’était il y a dix ans pile.

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Michel Houellebecq face à Philippe Sollers

Réponse aux « imbéciles »

Voici ce que l’on peut lire à la page 229 des « Particules élémentaires », le roman de Michel Houellebecq : « Dans le train Bruno tenta de se plonger dans "Une curieuse solitude", renonça assez vite, réussit quand même à lire quelques pages de "Femmes" - surtout les passages de cul. [...] Philippe Sollers semblait être un écrivain connu ; pourtant, la lecture de "Femmes" le montrait avec évidence, il ne réussissait à tringler que de vieilles putes appartenant au milieu culturel ; les minettes, visiblement, préfèrent les chanteurs. [...] Dans ces conditions, à quoi bon publier des poèmes à la con dans une revue merdique comme "l’Infini" ?  »
Vengeance d’un jeune moraliste contre un immoraliste invétéré ? Pourtant, au-delà de l’attaque, tout semble rapprocher Michel Houellebecq et Philippe Sollers, lequel publie un « Casanova l’admirable ».

Ces deux romanciers, contempteurs à succès du monde d’aujourd’hui, abordent souvent les mêmes thèmes (guerre des sexes, procréation, clonage, religion) ; ils n’hésitent pas à faire entrer la biologie, l’économie, la politique dans le roman contemporain ; ils ont l’art de jouer avec les médias et d’en tirer bénéfice ; et ils font parfois l’objet des mêmes procès : sympathies droitières, misogynie, etc. A la veille de leur passage chez Bernard Pivot, à « Bouillon de culture », « le Nouvel Observateur » les a mis face à face.

Le Nouvel Observateur. - Philippe Sollers, vous avez certainement lu « les Particules élémentaires » et les deux passages qui vous y sont consacrés...

Philippe Sollers. - Depuis la parution de ce livre, je reçois un tas de coups de téléphone où on me dit : vous avez rencontré Houellebecq et vous apparaissez dans son roman. Houellebecq, ici présent, ne pourra pas me contredire si je prétends qu’on s’est parlé pour la première fois il y a à peine trois semaines. D’emblée, il y a confusion entre la réalité et la fiction. On est au cœur du sujet : comment, immédiatement, les gens réduisent une œuvre d’imagination à des positions idéologiques.

Michel Houellebecq. - Ou à des ragots.

P. Sollers. - Le portrait qui est fait de moi dans ce livre apparaît à travers le fantasme d’un personnage, Bruno, qui se voudrait écrivain, qui n’y arrive pas, et qui va voir un personnage du spectacle médiatique nommé Sollers.

M. Houellebecq. - J’utilise assez volontiers les personnes réelles à partir du moment où elles deviennent mythiques : Mick Jagger, Brigitte Bardot. De même que je ne me prive pas non plus d’utiliser des lieux réels. Ici il s’agit en effet du personnage médiatique Sollers, et non de l’écrivain.

P. Sollers. - Je comprends la situation dans laquelle il se trouve, puisque la même chose m’est arrivée avec « Femmes » il y a quinze ans. Tout le monde s’était précipité sur les clés, en l’occurrence les intellectuels de l’époque : Althusser, Barthes, Lacan - en négligeant le reste des 666 pages.

N. O. - Les polémiques que suscitent « les Particules élémentaires » sont plus rudes que celles dont « Femmes » avait été l’objet.

P. Sollers. - Ça a toujours été comme ça. Moi, j’ai été traité de nazi.

M. Houellebecq. - Ah oui, vous aussi...

N. O. - A l’époque de « Femmes », quels étaient les signes de la violence ?

P. Sollers. - Bizarrement, c’était des lettres d’hommes.

M. Houellebecq. - Bah, des lettres...

P. Sollers. - D’ailleurs, ce sont les hommes qui ont un problème avec la littérature. Un problème d’agressivité. La revue « Perpendiculaires » [qui vient d’exclure Houellebecq] ne comporte pas, que je sache, une femme.

M. Houellebecq. - Dans l’entretien que j’ai fait avec eux, c’était frappant. Il y avait quatre hommes et... une femme qui prenait les notes.

N. O. - Michel Houellebecq, comment vivez-vous la sortie chahutée de votre roman ?

M. Houellebecq. - Allez y comprendre quelque chose ! Prenez les rédacteurs d’« Immédiatement », une revue catholique et royaliste qui m’a soutenu autrefois : eh bien, ils sont furieux. Pour eux, j’ai écrit un livre d’extrême-gauche branché. En fait, toute personne faisant une lecture politique de mon livre est forcément mécontente. Il m’est impossible de répondre à votre question sans être très immodeste. Baudelaire dit : « Une nation n’a de génie que malgré elle, donc le génie est le vainqueur de toute sa nation. » C’est vrai. Il y a un moment où tout le monde est contre vous, fatalement.

N. O. - Vous semblez partager l’un et l’autre la conviction que vous êtes entourés d’imbéciles qui ne vous comprennent pas, d’« ignorants », disait Casanova.

P. Sollers. - Pas des imbéciles, des obsédés. Je le prouve avec Casanova. Voilà quelqu’un qui a laissé un texte de 3000 pages écrites en français, après y avoir travaillé pendant dix ans dix heures par jour. Comment se fait-il que pendant deux siècles on ait imaginé un personnage libertin, stakhanoviste du sexe comme disent les cons, qui n’aurait rien écrit ? Le problème est là.

M. Houellebecq. - L’imbécile ou l’obsédé : s’agissant de la revue « Perpendiculaires », vous trouvez les deux cas dans le comité de rédaction. C’est un mélange.

N. O. - Michel Houellebecq, que pensez-vous des livres de Philippe Sollers ?

M. Houellebecq. - C’est beaucoup trop compliqué comme question. Disons que j’aime les gens qui changent de style, comme Lautréamont ou Nietzsche. Sollers me semble de ce côté-là. La contradiction apparente entre « les Chants de Maldoror » et « Poésies I » est une des choses qui m’a tôt attiré chez Lautréamont.

P. Sollers. - Le changement d’écriture, c’est aussi ce qui a fait réprobation dans mon cas. Ecrire ce truc qui s’appelle « Paradis » sans ponctuation puis « Femmes », il n’en fallait pas plus pour me faire traiter de hyène dactylographe. J’ai eu droit, encore récemment, par exemple, à une descente de Bourdieu d’une violence incroyable...

N. O. - A laquelle vous répondez dans « Casanova ».

P. Sollers. - Une fois que Casanova est emprisonné à Venise, alors qu’il est entouré de rats et mangé par les puces, on lui donne à lire pour sa rééducation une vie de sainte. Pour rééduquer un prisonnier libertin d’aujourd’hui, on lui infligerait les œuvres complètes de Bourdieu !

N. O. - Deux pasteurs sont chargés de la rééducation morale de Bill Clinton...

M. Houellebecq. - Je savais depuis longtemps que les Américains étaient des cons.

P. Sollers. - J’ai écrit ce « Casanova » pour faire honte à notre époque, celle de l’affaire Clinton-Lewinsky. Je ne fais pas de l’exotisme dix-huitiémiste. Je compare une liberté supérieure à l’aliénation désastreuse de notre temps. Comme Houellebecq serait à sa manière le Karl Marx de la paupérisation sexuelle. J’ouvre « les Particules élémentaires ». Page 12, je lis quelque chose qui se présente indubitablement comme de la poésie. Personne, que je sache, n’y fait allusion. Cette poésie tend vers la prophétisation d’un monde qui aurait dépassé la violence. Houellebecq n’est pas uniquement dans la répétition d’un discours apocalyptique à la Spengler, type déclin de l’Occident et création par clonage d’une humanité nouvelle. Son affirmation est poétique, alors il gêne.

N. O. - Parlons du clonage : à vous lire, tout vous oppose.

P. Sollers. - J’ai demandé au biologiste Jean-Didier Vincent s’il pouvait me cloner. Il m’a répondu que je serais probablement le bon vivant que je suis, mais peut-être pas un écrivain. Vous auriez affaire à un Sollers banquier, par exemple.

N. O. - Dans son roman, Houellebecq oppose au rayonnement de la biologie « le ridicule global dans lequel avaient sombré les travaux de Foucault, de Lacan, de Derrida, de Deleuze... ».

P. Sollers. - En Italie, d’où je reviens, j’ai vu partout des interviews d’Edward Wilson, professeur de sociobiologie à Harvard, qui dit que tout va s’expliquer à travers l’animalité humaine, la neurobiologie. Par ailleurs, Wilson reste chrétien baptiste, comme Pavlov était lui-même quelqu’un de très religieux. Ce qu’on m’a reproché, c’est de parler de la vie privée des intellectuels dans « Femmes ». Moi, je voudrais aller voir la vie privée de M. Edward Wilson.

N. O. - Ou la vie privée de Sokal et de Bricmont, les auteurs des « Impostures intellectuelles ».

P. Sollers. - Oui bien sûr, cela mérite l’enquête...

N. O. - Comme dirait le procureur Kenneth Starr...

P. Sollers. - Oui. Qu’est-ce qu’ils aiment ? Quelles reproductions ont-ils sur leurs murs ? Comment est leur femme ? Comment toutes ces belles déclarations abstraites se traduisent-elles dans la vie quotidienne et sexuelle ?

M. Houellebecq. - Quelles qu’elles soient, les sciences humaines seront discréditées. S’il y a mutation philosophique, elle naîtra de la mécanique quantique.

P. Sollers. - En quoi ce discours se différencie-t-il de celui de « l’Avenir de la science » de Renan, ou d’Auguste Comte ?

M. Houellebecq. - Comte est un des cas les plus troublants de l’histoire de la pensée. Il est associé au triomphe de la raison, alors qu’il était vraiment fou. Jeune homme, il a passé presque un an dans la clinique du docteur Blanche et il en est sorti avec la mention « non guéri ». Il a des points communs avec Lautréamont dans le style.

P. Sollers. - Le père de Lautréamont était un comtiste fanatique. Il y a toujours cette idée que la science va résoudre la crise religieuse. Houellebecq parle favorablement du bouddhisme. J’y suis très opposé.</