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L'état du recensement en cours est consultable ici : Comment contribuer : Courriel : viktorkirtov@wanadoo.fr ou Commentaires en bas de cette page.
> Nabe et Dante
Bonjour, Je vous fais part d’une petite étude sur la transposition des rêves de La Divine Comédie dans L’Homme qui arrêta d’écrire, parue sur le site alainzannini.com .
Bonne lecture. Site Internet: NABE'S DREAMS
> Film Socialisme, Jean-Luc Godard, Jean-Daniel Pollet
Rencontre publique avec Jean-Luc Godard Vendredi 18 juin, après la projection de son Film Socialisme, Jean-Luc Godard a répondu aux questions du public pendant près de deux heures. Questions prétextes souvent pour des réponses à côté et brillantes. Vidéo intégrale de cette soirée Médiapart, en partenariat avec arte.tv. Nous en avions évoqué l’idée avec lui dès la fin avril lors de notre visite à Rolle en Suisse, avant que des « problèmes de type grecs » ne l’empêchent de tenir à Cannes une conférence de presse : Jean-Luc Godard a accepté notre proposition d’une rencontre publique à Paris à l’issue d’une projection de son Film Socialisme. Elle eut lieu vendredi 18 juin dans la grande salle (comble) du Cinéma des cinéastes, avenue de Clichy où s’étaient pressés jeunes étudiants en cinéma, amis cinéastes (Agnès Varda, Luc Moullet...), acteurs (Melville Poupaud...), critiques historiques des Cahiers, et journalistes des Inrocks, de Rue89, etc. Tel un jazzman en forme olympique, JLG y a brodé sur ses thèmes du moment, ceux qui lui ont servi d’échafaudage théorique à ce dernier film (comme le fut A Bout de souffle, chacun de ses films étant, pour un temps, son dernier film a-t-il rappelé). Il a pris chaque question comme la possibilité d’un accord (plus souvent un désaccord d’ailleurs), et s’est lancé dans des improvisations virtuoses, laissant entendre des échos aphoristiques de l’entretien que nous avions publié en dix volets sur Mediapart. Pour ce qui restera sans doute le clou de ce moment d’intelligence, Jean-Luc Godard déplia une double page de l’édition du jour du Monde, qu’il eut l’audace de faire tenir à son ancien directeur Edwy Plenel, histoire de faire la démonstration géométrique de la supériorité du cinéma sur les films. > La guerre Debord
![]() Faut arrêter de dire que Debord n’est pas lu. C’est le contraire. Et justement, parce que Debord est lu, apparait aussi ses faiblesses. C’est justement parce qu’il est lu, qu’il est est possible de le critiquer. Debord a toujours été lu, et il l’a toujours su. "La société du spectacle" est son seul livre qui mérite d’être critiqué. Là encore, il ne faut pas prétendre, comme je l’ai souvent lu, que ce livre est incompréhensible. Ce n’est pas vrai. Et c’est précisément parce qu’il est compréhensible par beaucoup de gens, et pas seulement des lettrés à la Sollers, qu’il est critiquable et critiqué. Il faut quand même dire que dans ce livre, à côté de propos géniaux, se cotoient des énormités dignes d’un stalinien de la première heure. Dire le contraire est malhonnête. Il n’en reste pas moins que ce livre fait référence du point de vu de la critique. Il ne faut pas pour autant occulter bien d’autres textes toute aussi important de ce point de vu, voilà tout.
Site Internet: critique de Debord
> La guerre Debord
![]() Si des gens comme Cecile Guibert et Philippe Sollers peuvent, sans grand risque, parler de Guy Debord, ce n’est parce que ces gens se sont rapproché de l’esprit critique de Debord, mais parce que Debord a échoué. Et il a échoué en cela qu’il est devenu "Debord", alors qu’il s’agit de la critique sociale. Debord est devenu un écrivain, alors qu’il se croyait un révolutionnaire. Debord est mort ; Sollers l’a enterré ; c’est une bonne chose pour l’esprit critique.
Site Internet: Debord est définitivement mort et c'est très bien.
> Les 20 classiques de la littérature libertine
A propos du « Sopha ». Cécile Guilbert, "Le Sopha", de Crébillon fils : la rhétorique de l’amour
« Crébillon "fils" ? Quand cesserons-nous d’affubler Claude Prosper Jolyot de Crébillon (1707-1777) de cette éternelle et infantilisante épithète ? Car le grand homme de la famille, c’est lui, et pas son paternel académicien et tragédien qui n’a recherché que les pompes, le pompeux et le pompier avant de tomber à jamais dans les oubliettes de l’histoire. » Le secret généralisé...
« Le secret généralisé se tient derrière le spectacle, comme le complément décisif de ce qu’il montre et, si l’on descend au fond des choses, comme sa plus importante opération. » Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle . Vérification : Dans une émission du site Arrêt sur images consacrée à l’affaire Bettencourt et à son traitement médiatique (voir ci-dessous), on apprend comment, dans ce dossier, il est très facile pour un journaliste d’obtenir de diverses sources installées des extraits de PV. Mais des extraits seulement. > Qui, en réalité, fait le lit du populisme ?
Politique, médias : les maux français et l’affaire Woerth-Bettencourt,
par Sylvie Kauffmann, directrice de la rédaction du Monde : lemonde.fr > Qui, en réalité, fait le lit du populisme ?
> L’Infini n° 111, été 2010
![]() Ce n’est pas cette intervention. Par contre, si vous avez des pépites de ce même acabit, je suis largement preneur. En tout cas, merci énormément de ce riche enregistrement. Pour revenir sur ma première question, l’intervention sur le Diable est datée, par le numéro 111 de l’Infini, du 18 novembre 2009 au Collège des Bernardins. Seulement, il n’est pas expliqué dans quel contexte s’inscrit cette si bonne conférence. > Le libertin métaphysique
Le site consacré à l’écrivain Gabriel Matzneff annonce une conférence de ce dernier demain samedi 10 juillet sur Giacomo Casanova (salle Pétrarque à Montpellier, à 17H30).
> L’Islam secret, le voile et la forêt
> Les 20 classiques de la littérature libertine
La version intégrale de Le Rideau levé, ou l’Education de Laure par Mirabeau, ICI
> Surprenant Confucius
![]()
Lire : Le ressac de l’histoire
entretien avec Anne Cheng, publié dans la revue Vacarme (n° 52, été 2010). > L’Infini n° 111, été 2010
Je suppose que c’est l’intervention datant de 1995 que l’on peut télécharger, avec l’impatience du Diable de Zagdanski, sur Paroles des jours : ici.
Ou bien s’agit-il d’autre chose ?
> L’Infini n° 111, été 2010
Peut-on me préciser à quelle occasion Philippe Sollers a fait cette intervention sur le Diable ?
Grand merci
johan
> Décryptage : Da Sollers Code / Fiction et réalité
Merci pour vos élogieux (et très gentils, me concernant) commentaires de ce n°2. Je pense qu’ils feront plaisir, également, à Luc Guégan. Mais quels sont les deux nouvelles signatures ? À ma connaissance, il n’y en avait qu’une. Détrompez-vous, je ne suis pas fou de contrepèterie. Mais vous pouvez noter que c’est aussi Sollers lui-même qui attire l’attention sur ce genre de jeux (talmudiques ou joyciens). Un exemple parmi d’autres ? La Société du Coeur Absolu, dont les initiales sont l’anagramme de celle des Amis du Crime (Sade). Le narrateur du Coeur absolu, notez-le, n’est pas seulement un spécialiste de Dante : il est Dante, dans une sorte de réécriture semblable à l’Ulysses de Joyce (Ph.S. est d’ailleurs en même temps une sorte d’Ulysse). Et pas par hasard, puisqu’il s’agit, dans ce roman résurrectionnel, de traverser le négatif, de transpercer le cauchemar de notre temps ("la sortie du monde"). Roman gnostique, donc. Cordialement. > Louis Cane, artiste peintre
![]() À présent, Louis Cane a son site internet :
Site Internet: www.louis-cane.com
> L’emprise des signes
Dans 3.91, la phrase qui précède xuán (玄), est vraisemblablement la traduction de la dernière phrase du premier chapitre de Tao Te King : 同謂之玄,玄之又玄,眾妙之門。 Site Internet: Tao Te King
> Décryptage : Da Sollers Code / Fiction et réalité
Non je n’avais jamais lu, ni non plus jamais vu - sinon je l’aurais écrit - que les noms de Liv et Sigrid, les deux personnages féminins principaux qui se partagent les faveurs du narrateur du Cœur Absolu, formaient ensemble l’anagramme de Virgile. (Vous devez aussi être bon en contrepèterie pour avoir trouvé ça !)
Quant à la revue Sprezzatura, le N° 2 ne m’a pas échappé. Il est arrivé ponctuellement dans ma boîte aux lettres, la gestion des abonnements fonctionne bien. Ainsi, Srezzatura s’étoffe de deux nouvelles signatures au sommaire. C’est preuve de vitalité. Ai regretté, toutefois, de ne pas trouver, à nouveau, un article de vous, mais il fallait bien laisser de la place aux nouveaux ! Et comme vous figurez dans le trio du comité de rédaction qui a accouché de ce numéro, ce nouvel opus est aussi le vôtre. Qualité pro et dense comme le premier numéro : de la matière à penser en abondance. L’article de Luc Guégan : « Le départ du volontaire » m’a particulièrement interpellé. Un témoignage sobre et fort, signe de notre époque. J’y reviendrai.
PS : N’est-ce pas Liv qui disait aussi : « Ah que j’aime les vers, Virgile ! » > Décryptage : Da Sollers Code / Fiction et réalité
Cher Viktor, je ne pense pas avoir jamais lu que les noms de Liv et Sigrid, les deux complices du narrateur dans le Coeur absolu, formaient ensemble l’anagramme de Virgile, ce qui est loin d’être anodin étant donné le rôle de la Divine Comédie dans ce roman. J’espère que ce détail vous amusera. Cordialement. (PS : Sprezzatura n°2 est arrivé !) Site Internet: Sprezzatura
> Actualité de Marcelin Pleynet
Alain Veinstein s’entretient avec Marcelin Pleynet, auteur de "Chronique vénitienne" (L’Infini / Gallimard) Du jour au lendemain (émission du 25 juin 2010).
> Sollers et Pleynet sur Francis Ponge
Le 4ème entretien est indisponible. Désolé.
> Sollers et Pleynet sur Francis Ponge
Entretiens de Francis Ponge et Sollers : où est passé le quatrième ? J’ai bien apprécié le premier, le deuxième, le troisième et... le cinquième !
> Décryptage : Da Sollers Code / Fiction et réalité
Superbe article, une véritable enquête. Je viens d’écouter l’entretien qu’a accordé Jean-Luc Godard à des journalistes du site Mediapart, il est passionnant ; l’entretien est divisé en 10 parties, à la toute fin de la sixième partie il parle de Sollers commence à dire que ses chroniques littéraires sont magni... se reprend dit que ses chroniques sur Chateaubriand, Mauriac sont très bonnes car il écrit comme un journaliste d’investigation. Ensuite il critique les romans de Sollers, mais ne s’étend pas plus. Le travail de "journaliste d’investigation" que vient de faire VK sur le roman Le Coeur Absolu sera-t-il lu par Godard ?
> Le savoir-vivre (III)
Résultat de la vente : 22 441 250 livres.
> L’Etoile des amants - Romulus
Trois fois hélas ! le cinéphile qui proposait ces vidéos s’est retiré du Net. Liens retirés avec proposition d’un lien sur une vidéo de substitution.
> Martha Argerich joue Frédéric Chopin
![]() Mon cher Mathieu, si vous ne pouvez pas la voir en peinture, écoutez la.
> Martha Argerich joue Frédéric Chopin
![]() Moi je ne conseille pas du enfant et sortilège, ou plutôt devrais-je dire, cette magazine à ragots où il n’est question que des amis et des ex-maris jaloux des capacités de cette femme, ou que sais-je, elle en profite pour critiquer les autres et ses anciens amants, tout ça dans sa propre autobiographie.....c’est pas très beau tout ça.... Elle détale toute sa vie en proclamant qu’elle déteste les interview et les publicités et s’imagine être une génie tout en vociférant qu’elle déteste qu’on dise ça d’elle ( !! Vous n’êtes ni Bach ni Beethoven à ce que je sache, je ne suis certes pas un instrumentiste mais quand-même je suis artiste peintre et je n’oserai jamais dire ça de moi.....puis un peu d’honnêteté est toujours à désirer, même dans la prétention.....) Très prétentieux et pas du tout authetique. Je comprends Bellamy qui dit qu’il voudrait emporter Martha dans le désert mais que ça serait un enfer !! > Punta della Dogana
Cher Marc’O
En attendant que Marc’O fouille dans ses archives abondantes pour nous procurer de meilleures sources, les visiteurs curieux peuvent trouver divers documents sur la correspondance de Debord sur le site Jura libertaire :
- Une liste de ses pseudonymes authentifiés par Guy Debord soi-même, ici. - Les 12 numéros en ligne de la revue Internationale Situationniste, ici. Sérénissimement vôtre,
> L’Etoile des amants en vidéo
![]() Les liens ne fonctionnent plus malheureusement.
> Punta della Dogana
Mieux vaut prendre la route parallèle...
> Punta della Dogana
Gondi, Decayeux, Cavalcanti, Glaucos, Pacheco. Il faut vraiment tout faire ici... > Le savoir-vivre (III)
Sotheby’s met en vente le 22 juin 2010 à Londres l’Autoportrait à la palette de Manet. Estimation : entre 20 et 30 millions de livres...
> Rimbaud, la photo retrouvée
Aden, août 1880 : Arthur Rimbaud et ses compagnons de « L’Univers »
Deux mois après la découverte d’une photographie inconnue d’Arthur Rimbaud, les choses se précisent. Jean-Jacques Lefrère, biographe du poète, est parvenu à dater le cliché, à trouver le nom du photographe et à identifier la plupart des figurants qui s’y trouvent. Sur BibliObs.com, il donne le résultat de ses recherches... et répond au passage à quelques-uns de ses contradicteurs. Lire l’article dans Le Nouvel Observateur du 05-06-10. Voir aussi le débat dans Le magazine littéraire de juin. > Punta della Dogana
Mr Kirtov, Il n’ya aura pas de "à suivre".... Cavalcanti est un groupe " pro-situ " ( vous l’aviez sans aucun doute deviné !...) Et hier après-midi, lors de notre réunion hebdomadaire ( bien arrosée selon la tradition situationniste, dans une maison sur la falaise, je suis passé à deux doigts de l’exclusion !... pour avoir collaboré avec le "spectacle -germanopratin" !... Je n’ai pas été poussé du haut de la falaise ( !) car j’ai accepté de lire à voix haute des passages du " Précis de récupération" où il était question de Sollers..."vestige du modernisme en péril " etc, etc...( bien sûr qu’il y a un côté comique à tout ça, et c’est, anciens instituteurs, agriculteurs ou chômeurs, ce que nous recherchons avant tout..) Mais , en attendant, comme disait Job : "Non procédès amplius " Adieu amical > Film Socialisme, Jean-Luc Godard, Jean-Daniel Pollet
Sur le dernier Godard, on peut lire, sur le site qui lui est dédié, cet article. Il a l’avantage d’apporter quelques précisions sur certaines scènes ou, surtout, certaines citations dont le sens n’auraient pas été perçues, voire simplement "ouïes", même après une "seconde vue" (ce qui est mon cas), tant le travail sur la bande son (les bandes son) est complexe à déchiffrer même pour un spectateur actif...
> Affaire Verdiglione
Vous trouverez l’enregistrement auquel vous faites sans doute allusion dans l’article ci-dessus. Mais, dans cet enregistrement, Sollers ne parle pas de "l’affaire" Verdiglione qui est postérieure au colloque de Milan. Je me suis contenté d’y faire allusion en note en renvoyant à la pétition signée par un certain nombre d’intellectuels et d’écrivains quand elle a éclaté.
affaire verdiglione
Vous auriez le lien de cet audio ? Merci François Keller, Genève > Le grand dérèglement
"La Philosophie dans le boudoir", de Sade : l’insurrection par le sexe par Patrick Wald Lasowski : « La Philosophie dans le boudoir porte à son comble la volonté d’instruire. » > Punta della Dogana
Cher Cavalcanti, J’ai tant de handicaps sur vous que je crains de manquer de tous les codes pour vous répondre : 1. n’ai fréquenté ni Guy Debord, ni échangé de correspondance avec Guido Cavalcanti, ni pratiqué le groupe éponyme, et si peu Venise... 2. Pour entrer dans un pallazzo il me faut payer, n’étant pas descendant de hobereau vénitien, et pour parcourir ses calli et fondamentali, j’ai encore besoin d’un plan... n’ayant pas rêvé, non plus, enfant, devant l’église de SS. Giovanni et Paolo en regardant les navires gravés sur la porte de l’édifice, n’ai pu inventer Corto et l’embarquer dans des pays imaginaires ...mais de l’art de manier un parapluie dans ses calli étroites (pléonasme), quand surgit face à vous un autre parapluie, suis devenu expert. Qui a la priorité ? Qui doit lever le sien pour se croiser, qui va le baisser de côté... en évitant la coulée d’eau qui déborde de la gouttière ?
...C’est vrai que j’aurais pu mentionner Proust, mais aussi Donna Leon... Elle y a beaucoup plus vécu que Proust, y vit encore, et son inspecteur Brunetti nous en apprend bien plus sur les Vénitiens et la Sérénissime que Proust : l’art de cultiver le détail concret comme chez Nabokov (école américaine...). Pour en revenir à Debord-Cavalcanti, puisque vous avez adopté son pseudo, pourquoi ne pas nous en parler un peu plus ? Cela m’intéresse et peut-être pourrait intéresser les lecteurs de ce site. Comme de connaître son deuxième pseudo ? ...Bernard de Clairvaux ? Bossuet... ? Mais comme Debord a beaucoup détourné Dante, et que vous semblez nous le servir sur un plateau, un peu comme Salomé reçut la tête de Jean-Baptiste, alors si je devais tenter de sauver la mienne, avancerais le nom de Dante ??? Cavalcanti-Dante, Janus à deux faces pour une même amitié ...et un même détournement debordien ? Pile-face en somme ! Dans tous les cas, comme pour Debord-Cavalcanti, n’hésitez pas à nous éclairer. En quelles occasions adoptait-il cette autre identité ? Vis-à-vis de qui ? Etc. A suivre, je l’espère ! Viktor Kirtov > Punta della Dogana
A V.K ,
Je peux me targuer ( entre autres ) de deux certitudes, la première, connaitre Venise comme le creux de ma poche et Guy Debord (l’homme ) beaucoup moins...Je m’explique :
Ma mère descendait d’un famille de hobereaux vénétiens et fut éduquée dans la Sérénissime chez les Soeurs françaises de la Visitation. Y ayant conservé sa famille et nombre d’amis, nous avons fait le voyage je ne sais plus combien de fois et j’y suis même resté pendant des vacances scolaires.
En ce qui concerne Guy Debord, je lai ramené depuis l’unique bistrot de Bellevue la Montagne, ivre mort, jusqu’à sa ferme fortifiée de Champot où, Alice Becker-Ho nous attendait pour nous ( me ) traiter de tous les noms , pensant que je m’étais enivré avec le plus grand penseur de la fin du XXème siècle( ce qui était faux et que je regrette un peu...) . Puis s’apercevant de sa bévue, m’offrit un exemplaire de "Contre le cinéma" que depuis, je garde serré entre " Cette mauvaise réputation..." et les " Oeuvres cinématographiques complétes"....
En 1968 j’ai fait partie d’un groupe situationniste " Le Conseil de Nantes" que Raoul Vaneigem ( qui dormit chez ma mère ) vint tenter, en vain,de "recadrer"...
Voilà... Ceci n’est pas un "Panégyrique I on II" bien sûr... Juste un, ou des souvenirs...
Amitiés
(Cavalcanti était à Dante ce qu’était La Boétie à Montaigne... Un des rares pseudonymes que Debord utilisa lors de son exil florentin... Au fait, connaissez-vous le deuxième ?... Mais, ceci a-t-il encore de l’importance ?... puisque :" La sensation de l’écoulement du temps a toujours été pour moi très vive..."Vous avez bien sûr reconnu cette phrase si proustienne ( Un autre grand amateur de la Sérénissime...)
> Chine : trois mille ans au présent
![]() L’aventure peu ordinaire de Matteo Ricci, jésuite italien, qui parvint à pénètrer à la cour impériale de Chine à la fin du XVI ème et à vivre et évangéliser à Pékin où il mourut il y a quatre-cents ans, en mai 1610. La fabrique de l’histoire du 10-06-10.
> Punta della Dogana & In girum
Tout d’abord, merci pour avoir relevé cette séquence du film "In girum imus nocte et consumimur igni", 1978, de Guy Debord, dédiée à Venise et dont un extrait est visionnable plus avant, une mise en cause de la société de consommation capitaliste, et de la condition d’esclave moderne qui y est associée. « Je m’étonne qu’un "debordien" tel Philippe Sollers n’ait cité celui-ci
« Oui, je me flatte de faire un film avec n’importe quoi ; et je trouve plaisant que s’en plaignent ceux qui ont laissé faire de leur vie n’importe quoi. »
Et voici Venise. La voix dit : « J’ai mérité la haine universelle de mon temps et j’aurais été fâché d’avoir d’autres mérites aux yeux d’une telle société. »
ou bien,
La voix : « Avions-nous à la fin rencontré l’objet de notre quête ? Il faut croire que nous l’avions au moins fugitivement aperçu. »
La voix : « De toute façon, on traverse une époque comme on passe la pointe de la Dogana, c’est à dire plutôt vite. Tout d’abord, on ne la regarde aps, tandis qu’elle vient. Et puis on la découvre en arrivant à sa hauteur, et l’on doit convenir qu’elle a été bâtie ainsi, et pas autrement. Mais déjà nous doublons ce cap, et nous le laissons après nous, et nous avançons dans les eaux inconnues. »
Extrait de In girum
[ titre du film en forme de palindrome latin signifiant : « Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu ».] « De toute façon, on traverse une époque comme on passe la pointe de la Dogana, c’est à dire plutôt vite. » dit Debord que vous citez complété par un double éloge de la lenteur et du bonheur selon Nerciat. Sur la lenteur Selon que l’on est sur l’eau ou à terre, on peut passer la pointe de la Dogona plutôt vite , ou s’asseoir sur un banc rouge des Zattere, et Philippe Joyaux le fait volontiers (A Venise, les bancs publics ne sont pas verts mais rouges. C’est vrai que la verdure n’est pas ce qui est le plus visible à Venise et sans être omniprésente, la brique rouge fait davantage partie du paysage... de l’influence des paysages sur la couleur des bancs publics !) On s’assied aussi volontiers sur les marches de la Salute :
Je suis resté là, souvent, dans la nuit, assis sur les marches du grand escalier. Le quai élargi est grandiose. En face, au loin, le Grand Canal, ses hôtels, ses dîneurs, son bruit humain. À droite, la pointe de la Dogana. Nous sommes ici dans l’autre Venise. L’église de la santé vous salue.
Philippe Sollers,
Sur le bonheur C’est un peu comme vouloir enseigner la Torah à un rabbin. Pour mémoire, l’autobiographie que lui a consacrée Gérard de Cortanze s’intitule : Philippe Sollers : La volonté du bonheur
Article 4. Les activités sexuelles des membres de la Société sont libres à l’intérieur comme à l’extérieur. Il est permis de les raconter. Il est interdit de s’y sentir obligé. In girum (encore) ![]() Dictionnaire amoureux de Venise, p.181 A contribution pertinente, essai de réponse pertinente. C’est grâce à vous que ces textes ont été exhumés. A vous lire de nouveau. > Punta della Dogana
Sollers cite longuement Debord et In girum dans son Dictionnaire amoureux de Venise, y compris la phrase que vous citez et que j’avais rappelée dans mon précédent commentaire. C’est p. 184 et 185 de l’édition Plon (2004).
> Punta della Dogana
Je m’étonne qu’un "debordien" tel Philippe Sollers n’ait cité celui-ci depuis "In girum imus nocte et consumimur igni ", film si remarquable dans lequel on pouvait l’entendre lui-même commenter des images vénitiennes : " De toute façon, on traverse une époque comme on passe la pointe de la Dogana, c’est à dire plutôt vite."
Mr Sollers ne va-t-il pas trop vite en beaucoup de choses ?...Lui, pourtant si "voluptueux"devrait s’inspirer de Nerciat :"Nous n’allions pas au bonheur avec la rapidité du trait qui vole à son but, mille gradations délicates nous y conduisaient lentement"
> Journal du mois/Euro
Prémonitoire « Les finances publiques doivent être saines, le budget doit être équilibré, la dette publique doit être réduite, l’arrogance de l’administration doit être combattue et contrôlée, et l’aide aux pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite. (...)
Ecouter l’origine
Jules a dit... On peut voir ce tableau, on peut aussi l’entendre, c’est ce qu’à fait le compositeur Tony Hymas dans sa suite intitulée "De l’origine du monde" qui utilise des textes de Courbet, Baudelaire, Pierre Dupont, Christian Tarting (chantés ou dits par Marie Thollot, Monica Brett Crowther, Nathalie Richard et Violeta Ferrer). Hymas voit et entend le lien entre la peinture de Courbet et la participation du peintre à la Commune. Les illustrateurs Daniel Cacouault, Simon Goinard Phélipot, Rocco, Stéphane Courvoisier, Zou, Eloi valat, Jeanne Puchol, Benjamin Bouchet, Sylvie Fontaine, Chloé Cruchaudet, Stéphane Levallois, Nathalie Ferlut ont participé au projet publié par les disques nato. > Pierre Guyotat, Arrière-fond
![]() Pierre Guyotat est l’écrivain lauréat du prix de la BNF 2010. Pour sa deuxième édition, le prix de la BNF 2010 est attribué à l’écrivain et dramaturge Pierre Guyotat. Il succède à Philippe Sollers, couronné par le prix de la BNF 2009. Une récompense qui gratifie un auteur de langue française, ayant publié dans les trois années précédentes, pour l’ensemble de son oeuvre. Lire ici. > Punta della Dogana
Oui, Marcelin Pleynet manquait dans cette promenade autour de la Dogana. Extrait de sa « Chronique vénitienne » :
Ceci encore... les poèmes, récits (STANZE) et citations, devront s’accompagner de commentaires explicatifs. Promenade rituelle jusqu’à la pointe de la Dogana... En restauration... (inaccessible depuis plusieurs années). Plein soleil... Cette partie de quai, du Seguso à la Dogana, est toujours quasi déserte. En passant, je consulte la carte de la « Linea d’ombra » ... L’emplacement reste un des plus désirables à Venise... Je l’ai jadis beaucoup fréquenté... [1] Un autre jour peut-être... ![]() Légende (Cliquez sur l’mage pour ZOOMER) : A : Pension Calcina B : Eglise des Gesuati, chère à Sollers C : Chapelle du Saint-Esprit D : Zattere ai Saloni E : Lines d’Ombra Fascinante activité marine, en tous sens, dans le plein soleil et le miroir brûlant des eaux... Je n’en crois pas mes yeux... et je ne cesse d’y revenir...
« Fascinante activité marine, en tous sens, [...] je n’encrois pas mes yeux »... Vue d’un ponton-terrasse des Zattere. Photo : Viktor Kirtov, mai 2010. Cliquez pour ZOOMER C’est un conte fabuleux de la nature, de sa vivacité, de son intelligence... En route... la petite chapelle du Saint-Esprit est toujours fermée. En plus de trente ans je ne l’ai vue ouverte que trois ou quatre fois. Une fois le temps d’y allumer un Cierge... que le bedeau de service ne devait pas tarder à éteindre. Je fais demi-tour, en arrivant au Zattere ai Saloni. C’est moi et ce n’est plus tout à fait moi qui considère ce grand poème... et, là-bas, le fronton grec de San Giogio... Dans le bleu adorable... ultra marin... (mot qui vient du lapis-lazuli, importé d’Orient)... Du soleil et du bleu partout... et le champ argenté, mouvant, du grand canal de la Giudecca.
Vue d’un des pontons-terrasse des Zattere. Ph.(mauvaise) : Viktor Kirtov, mai 2010 Pour « le champ argenté, mouvant, du grand canal de la Giudecca ». Cliquez pour ZOOMER On s’embarque sur l’étendue. On s’y perd. On n’en revient pas. On s’embarque sur les siècles du bleu étendu. Je pense au moine franciscain, de San Francesco della Vigna, qui va me chercher le disque de la messe de William Byrd... L’étendue est de cette simplicité qui triomphe somptueusement dans la lumière. Marcelin Pleynet
> Punta della Dogana
On peut lire aussi (surtout ?) La Dogana de Marcelin Pleynet (1998).
Pleynet (p. 67) : ici à la pointe de la Dogana
et l’église san Giorgio un passage à vide sur l’étendue liquide et le vent printanier qui souffle plus loin un voilier en feu À propos de l’affaire Onfreud :
http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884
= http://goo.gl/srst Où l’on découvre dans les propos de M. Onfray dans la presse et à la télévision qu’il cherche à substituer à la psychanalyse dite « freudienne » une « psychothérapie pour aujourd’hui », « psychanalyse post-freudienne », consistant en... la « méditation philosophique », substituée par supersessionisme. Et que pour cela, il cherche à ridiculiser la règle fondamentale, la « loi » de la psychanalyse, qui consiste du côté du patient à dire tout ce qui vient à l’esprit (« association libre »). Et que dans ces conditions, le livre de M. Onfray cherchant à ridiculiser Freud n’est qu’un moyen de parvenir à ses fins qu’il révèle par ailleurs : « je souhaite dire que j’aimerais que ce livre soit aussi et surtout l’occasion de penser une psychothérapie pour aujourd’hui », in article de M. Onfray publié sur le site du Monde le 7 mai 2010. Où l’on découvre que tout ceci est motivé par la phobie de la notion “freudienne” selon laquelle la « normalité » n’existe pas, et qu’il n’y a qu’une différence de degré, et non de nature, entre les « normaux » et « ceux qui ne le sont pas », et que M. Onfray estime cela scandaleux et tient à une frontière nette entre les deux, afin de pouvoir se placer... devinez dans quelle catégorie : voilà toute l’affaire. Voilà ce qu’y trouvent ceux qui soutiennent M. Onfray dans son ambition. Sommaire des extraits de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010 (mais non paru dans l’édition papier)
un premier commentaire de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010
des extraits du Dossier publié par Le Monde, sur site le 7 mai 2010 et dans l’édition papier le 8 mai 2010 : deux articles parmi ceux du dossier
les liens vers les enregistrements vidéo de la prestation de M. Onfray lors de l’émission télévisée de Laurent Ruquier le samedi 8 mai 2010
la transcription et le bref commentaire des passages estimés essentiels de la prestation télévisée précitée de M. Onfray le 8 mai 2010
le lien vers le blog de M. Onfray qu’il consacre à son livre et les suites de celui-ci notamment dans les médias : essentiel pour mieux apprécier la “mentalité” de M. Onfray
addition sur la notion de science et si la psychanalyse est une science
le lien vers le blog d’Emmanuel Fleury qu’il consacre à l’affaire Onfray et notamment liste la plus complète des liens vers les articles relatifs à cette affaire.
Voir http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884= http://goo.gl/srst http://psychanalogie.fr Site Internet: http://frdm.fr
> Cycle Nabe-Sollers, la parenthèse nabokovienne !
À propos des Statuts de la Société du Coeur Absolu, avez-vous remarqué comment l’ennui en arrive à s’intégrer dans la structure même du roman par le biais de l’article III ? Si l’article II stipule que la société a pour but le bonheur de ses membres, l’article III, quant à lui, oblige chaque membre à « n’être pas ennuyeux » : « Si à son insu, l’un des membres commençait à en ennuyer un autre, ce simple mot : "ennui", ferait rougir intérieurement et modifierait le comportement. La formule la plus employée sera : "J’espère que je ne vous dérange pas." "Pas du tout !" en réponse, sera signe qu’on dérange. "Sûrement pas !" qu’on est bienvenu. » (Le Coeur Absolu, p. 54) L’inversion euphémique « Pas du tout » devient ici comme une manière de code dont la logique respecte une écriture qui fait déjà grand cas de l’envers des choses dans le roman Femmes comme aussi dans Portrait du joueur (qui s’achève d’ailleurs sur le mot « envers »). Les extraits qui suivent, tirés du roman Le Coeur Absolu, montrent bien, me semble-t-il, ce que j’avance : « Sigrid regarde par la fenêtre. Frissonne un peu. Et : - Je ne vous dérange pas ? - Pas du tout. Ah, le "pas du tout" des Statuts de la Société !... Ennui !... Sonnerie !... Sigrid se rappelle... Froissée ? Non, c’est le jeu... Elle m’a fait le coup du "pas du tout" l’autre jour au téléphone... (p. 96) Le procédé devient, à mon avis, partie intégrante de la structure même du roman en raison du principe de répétition qui s’instaure : « La musique vous dérange ?... "Sûrement pas"... Elle rit... Cassette, Cosi fan tutte... » (p. 102) Un peu plus loin : « Je m’arrête... Je me rappelle tout à coup Mex me citant les articles sur moi... "Diafoirus postillonnant"... "Pédant salace"... C’est à lui que j’avais envie de dire tout ça pour notre adaptation de La Divine Comédie... J’embête Sigrid... À mort... - Excusez, dis-je. Je ne vous dérange pas ? - Mais pas du tout. L’arrêt tranchant... Indiscutable... Je m’en sors comme je peux en revenant à elle... Ce qu’elle projette ces jours-ci... Des compliments sur sa robe mauve... Je me penche sur elle, je l’embrasse dans le cou... Son parfum est divin... Shalimar ?... Guerlain ?... - Vous n’avez pas honte ? dit-elle. - Si. » (p. 121) « Elles sont en noir toutes les deux, décolletées, parfumées, déjà bronzées, fatiguées d’avoir tant marché, soucieuses quand même... Des téléphones de Paris ? Probable... "Vous ne vous ennuyez pas ?... - Sûrement pas !... Tout va bien... » (p. 177) « - C’est parfait... Je peux abuser de vous ? - J’en ai peur. - Je vous ennuie ? - Sûrement pas. » (p. 260) « - Enfin, vous me direz ça un jour... Ça vous ennuie ? - Pas du tout. - C’est bien ce que je pensais. » (p. 266) « Liv part toujours ? - Oui. - Et vous ? - Comme prévu. On regarde votre carnet ? - Ça ne vous ennuie pas ? - Sûrement pas. [...] - Bon. Qu’est-ce qu’on fait ? - Je ne vous demande rien. Ah, voilà... Théorème : il y a toujours un moment comme ça. Coup cassé, frustration, plombage, action de ramener la balle dans leur camp. Règle absolue : ne jamais hésiter une seconde dans la surenchère. - Ni moi non plus. Après quoi, logique, Sigrid est malheureuse, il faut la sortir de là, je me lève, je l’embrasse... - Je vous ennuie ? - Pas du tout. Il s’agit là d’un faux "pas du tout", comme était faux le "sûrement pas" de tout à l’heure... Je continue, elle se calme... En réalité, elle a envie de faire l’amour "normalement", sans jeu. Elle revient d’un autre jeu à Berlin, elle préfère un peu d’équilibre... Ou plutôt : elle est seule à savoir le tour qu’elle joue à son amie du moment, elle en jouit secrètement, d’accord... » (p. 385-386-387) La dernière citation montre un renversement du code, un envers de l’envers en quelque sorte. Être initié du Coeur Absolu ne suffit plus ici, encore faut-il savoir contourner tous ces jeux plus ou moins psychologiques que le langage permet ou plutôt camoufle. Jouer au plus fin serait-il en définitive le nec plus ultra, une garantie de l’évacuation du mortel ennui ? Sollers, en tout cas, le donne à penser... > Journal du mois de mai 2010
Sur le rapport entre Louis Gillet et James Joyce, vous pouvez lire Joyce encore.
> Lettres de Sophie
Dans l’entretien de Jacques Henric avec Sophie, on peut comprendre le soupçon que celui-ci exprime quant à la possibilité « d’une mise en scène de Sollers » dans laquelle elle, Sophie, se serait « glissée »... Elle a beau le nier, et croire que tout vient entièrement d’elle, Philippe Diamant (le narrateur du roman Portrait du joueur) précise tout de même à propos du scénario des séances sexuelles : « On a mis ça au point peu à peu. » (Portrait du joueur, p. 109)
Et c’est lui qui mène le jeu malgré les allures égalitaires dont se pare le scénario... En effet, si c’est au partenaire féminin que revient la tâche de trouver « la phrase sans aucun rapport », le « message féminin qui doit déclencher l’éjaculation », si c’est à elle de décider aussi du « moment » où cette phrase sera prononcée, et si l’homme « informé à l’avance, doit s’y conformer à la lettre » (Portait, p. 150), il faut pourtant bien admettre que Sophie reste quand même celle qui « apprend » du narrateur Philippe Diamant : « En restant quelques heures seule dans une chambre au coeur d’une ville énervée, absurde, avec un partenaire imprévu qui lui apprend, ou l’aide, à être seule comme elle ne l’a jamais été non plus. Enfin seule. Unique en son genre. » (Portrait, p. 143)
Aucun doute ne peut subsister quant au rôle de mentor que Philippe Diamant assume quand on lit ceci : « c’est à ce propos [la phrase sans aucun rapport] que j’ai eu le plus de mal avec Sophie, d’ailleurs. » (Portrait, p. 149)
Tout aussi jouisseuse que le narrateur lui-même, y compris et pourquoi pas surtout grâce au langage, cette chère Sophie. Épistolière décidée, elle a pu croire, à tort, qu’elle menait le jeu...
Table ronde sur l’Homme qui arrêta d’écrire
Bonjour, Le site alainzannini.com organise une Table Ronde autour de l’Homme qui arrêta d’écrire. Site Internet: Table Ronde
> "Lettres françaises"
On peut se demander si cette philo consistant à dire que l’attaque est la meilleure défense n’a pas pour conséquence de valoriser les envieux... On voit bien que dans une confrontation, l’envieux est toujours celui qui attaque. Voir Rimbaud : le fort est bon. "Sérieuse furieuse" > Pour Barthes — l’intellectuel le moins inconsciemment à droite
Merci pour ce signalement
Ce numéro 90 du 1er mars 1970 de La Quinzaine littéraire est par ailleurs à recommander pour la grande richesse de son sommaire. Jugez-en :
L’article : Sollers parle de Barthes, ici (Crédit : Capucine) > Pour Barthes — l’intellectuel le plus consciemment au centre du jeu
à partir de ce lien
http://laquinzaine.wordpress.com/category/acces-aux-archives/
allez au numéro 90 de la revue
vous trouverez, pages 22 et 23, un magnifique texte de Ph. S. sur S/Z
Une publication sur le site ?
Avec mes hommages
> Les choix musicaux de Philippe Sollers
A propos de Glenn Gould que Sollers évoque avec Bellamy, je signale le documentaire de Michèle Hozer et Peter Raymont — plein d’archives inédites — qu’Arte a programmé le dimanche 16 mai : le génie et la passion.
> lettres 2
D’après certains analystes, Bottom fait référence au "songe d’une nuit d’été". Quant à H, ce poème évoquerait l’onanisme. Mais je me disais, au sujet de Bruno... Ne nous dites pas que... lettres
La divinisation des lettres de l’alphabet parait à priori une idée trop primitive, même si les dédales d’une possible erreur ne sont pas nécessairement inintéressants.
> Casanova et la belle O-Morphi
A propos de la belle O-Morphi, immortalisée par le tableau de Boucher et ses variantes dont L’Odalisque et repris en couverture du Casanova de Sollers en édition allemande, deux documents complémentaires (pdf) :
> Casanova et l’effet placebo
En allant même voir là, vous verrez que ce tableau n’est pas sans rapport avec Casanova.
> Casanova et l’effet placebo
Vous trouverez la réponse à votre question ici.
> Casanova et l’effet placebo
Quelqu’un connaîtrait-il le nom et l’auteur du tableau qui figure en couverture du Casanova ci-dessus ? Merci bien. > Nabe et Lanzmann
Bonjour, Une pièce inattendue sur divers dossiers et thèmes traités en ces lieux. La dédicace et main tendue de Claude Lanzmann à Marc-Édouard Nabe sur l’affiche du Sollers en flammes au Salon du Livre ... Quelle extraordinaire conjonction de symboles, non ? http://www.alainzannini.com/index.php ?option=com_content&view=article&id=1920 :salon-du-livre-suite-et-fin&catid=41 :breves&Itemid=56 Site Internet: Dédicace de Lanzmann pour Nabe au Salon du Livre
> Crédits
Merci pour votre effort qui rend ce site si bien organisé, stucturé, riche et vraiment utile. Je fais une petite recherche sur Julia Kristeva dans le cadre d’un projet estudantin qui a pour but de rapprocher de grandes icones des lettres francaises aux étudiants en philologie romane à Poznan en Pologne. Ce site m’a été d’un très grand secours. Si vous permettez, je profiterais de quelques textes que j’ai trouvés ici, mais bien entendu tout en indiquant leur source. Merci encore une fois, bonne continuation ! Cordialement de Pologne, Ewa
> Somme
FABRICE LUCHINI LIT PHILIPPE MURAY au theatre de l’atelier à Paris. Le rire libérateur de Philippe Muray
> J’ai commencé par vouloir être musicien de jazz
![]() quand j’entends Billie Holliday, que j’écoute du jazz j’aime la vie quand j’entends Nabe j’ai des envies de meurtre
> Isabelle Rimbaud, témoin capital
Dans le dernier numéro d’art press, Jacques Henric consacre son feuilleton aux derniers livres de Marcelin Pleynet — Chronique vénitienne, Cézanne. A propos de Chronique vénitienne, il note : « Dans les très belles pages qui ouvrent son journal, et après qu’ont été évoqués quelques souvenirs de son enfance, de son adolescence, le vivant qui est immédiatement présent aux côtés de Pleynet, faut-il s’en étonner, c’est Arthur Rimbaud. Arthur Rimbaud et sa soeur Isabelle. Enfin est réhabilitée la belle figure de celle qui non seulement accompagna son frère dans son agonie et jusqu’à sa mort, mais la première à comprendre le sens de ses écrits. " Il est voyant, prophète ", écrit-elle en octobre 1896. Et Pleynet d’affirmer — en réaction à tout ce qui a pu s’écrire de méchantes âneries sur Isabelle qui avait prévu la vulgarisation dont l’oeuvre de son frère allait être continûment l’objet — : " Il faut aussi entendre Isabelle si l’on veut aborder Rimbaud. "
> Nabe et le buzz
Mais vous rêvez Petit. On peut faire de Nabe le nouveau Dante ou le nouveau Rimbaud, (Sollers dans le dernier JDD parle de l’ancien Rimbaud...), on peut le comparer à Mozart pourquoi pas ! Mais c’est Sollers qui a écrit sur ceux-là le mieux.
Je n’ai rien contre Nabe, tant mieux s’il vous permet de mieux vivre, de voir la vie en plus Grand, cher Petit, mais je ne peux que remarquer la puérilité de ses interventions, c’est tout. Quant au sérieux de ce site, comparé à celui dédié à votre idole, vous ne me le faites pas dire.
> Nabe et le buzz
Mac Enroe,Ça c’est sûr, ce n’est pas moi qui vais vous suivre dans la puérile polémique dont vous êtes déjà fait la spécialité sur alainzannini.com .
Et encore moins ici. Mais laissons de côté le fil blanc des références dantesques chez l’un et l’autre. Trop vaste sujet pour ce petit espace de commentaires... Vous en avez relevé l’essentiel dans le roman de Nabe et nous pouvons nous comprendre dans cette discussion, c’est suffisant. (En plus Mc Enroe à ce stade a complétement décroché ) Le sujet Dante mériterait à lui seul un long article. Peut-être un jour... Non le coeur du sujet, c’est que Nabe à travers ce livre et la couverture de Chronicart met, lui, réellement en pratique la maxime de Sun Tse que Sollers place en exergue de Portrait du joueur : "Attaquez à découvert mais soyez vainqueur en secret." Il donne en ce moment la véritable leçon de stratégie en action dont Sollers qui n’a que ces mots à la bouche n’a jamais été capable ! C’est de celà dont il est question ! > Nabe et le buzz
Jean Petit,
Vous n’avez pas compris, ce qui fait sens au contraire c’est que Nabe ait choisi de brûler le livre de Sollers comme si celui-ci était le Best-seller de la littérature française ; or s’il a des lecteurs fidèles et enthousiastes, à part pour "Femmes" Sollers n’est jamais dans la liste des meilleures ventes.
Ce geste (non maîtrisé) de Nabe veut en fait dire, "c’est toujours best-sollers..."
Vous aurez aussi remarqué, Jean Petit, que nous ne sommes pas ici sur un site puerilement polémique... Thelonious, grand musicien ! et Mcenroe, grand joueur, n’est-ce pas ? Dites-moi, votre pseudo "petit", c’est pour être à la hauteur de votre idole ?
> Nabe et le buzz
Ciel ! Thelonious bien connu sous le nom de McEnroe chez les nabiens ! @AG. On connait pourtant l’amour de Nabe pour les livres. Il n’irait jamais brulé Les Chants de Maldoror par exemple... Donc cet acte que l’on s’évertue à nier (tiens, ce serait pas par là qu’on pourrait chercher du nihilisme ? ), il va bien falloir qu’au contraire il prenne de plus en plus sens ... > Nabe et le buzz
Gainsbourg brûlait un "Pascal" je crois, Nabe qui brûle l’oeuvre sollersienne... c’est un aveu ; ceci dit Nabe est intéressant, ses textes sur le jazz et sur le cinéma sont excellents, il veut se comparer au Grand Sollers, pourquoi pas, laissons le.
> Nabe et le buzz
« Le fond , eh bien le fond, le fond, le fond, que voulez-vous, le fond, le problème, c’est toujours le même, depuis que Nietzsche l’a nommé par son nom : le nihilisme. » « Le nihilisme est donc bien là, partout, et la profondeur de son action n’a rien d’"humain", on n’y remédiera pas par la bonne pensée morale ou le pathos anti-nihiliste. Oui, le nihilisme va aller encore plus loin, et plus bas. » « C’est donc à désespérer ? Mais non, le nihilisme suit sa logique, et il ne s’agit pas d’une péripétie historique, d’une "décadence", mais bien de l’histoire de la métaphysique elle-même. » > Nabe et le buzz
Cher Sokol, Considérer Discours parfait comme "L’Oeuvre d’un imbécile", je vous en laisse la responsabilité... Vos références vous situent. > Jan Karski témoigne
![]() ![]()
Témoignage sur les témoignages
Dans ce premier volet de l’entretien accordé par Jorge Semprun à Antoine Perraud et Sylvain Bourmeau pour Mediapart, l’écrivain évoque le vertige de l’ultime témoin, et revient sur la polémique entre Yannick Haenel et Claude Lanzmann à propos de Jan Karski. Entretien avec Jorge Semprun 1/3 (Mediapart) envoyé par Mediapart > Lire Sollers
Adresse pas connue et hors du champ d’action de pileface.
Priez Saint Google, il a peut-être la solution ! > Lire Sollers
Je souhaite avoir l’adresse e-mail de l’auteur, c’est-à-dire Sophie Losier
Mon e-mail est : Osseik@yahoo.fr. Je pense qu’elle a été ma correspondante lorsque nous étions adolescent. Je vis en côte d’Ivoire (ouest-afrique).
Mon nom est KOUAKOU Ossei
> Yannick Haenel, « Jan Karski »
![]() ![]() Yannick Haenel se trouvait à Montréal cette semaine. Le 15 avril il donnait un entretien à Radio-Canada (après les videos). « À force de s’approcher au plus près de la personne qu’on aime, on en vient à être cette personne. Karski s’est demandé si les Alliés n’avaient pas abandonné les Juifs. Est-ce qu’on aurait pu faire plus ? C’est la question qui demeure. » > Nabe et le buzz
Brûler Discours Parfait ? L’oeuvre d’un imbécile. Dommage, car j’avais envie de lire son bouquin, "L’Homme qui arrêta d’écrire". Mais jouer le Gainsbourg adolescent à son âge, y a de quoi se délégitimiser à vie.
> Nabe et le buzz
Bonjour, Bravo pour votre début de compte-rendu de lecture et merci pour la place que vous accordez à Nabe ces derniers temps. Je ne doute d’ailleurs pas que vous aurez envie de reprendre le fameux fil de cette conversation une fois que vous aurez terminé le livre . En attendant, Juste pour répondre à la question que vous soulevez : "Au fait, c’était quand la dernière fois qu’on a brûlé des livres ?" http://www.journalchretien.net/16577-le-nouveau-testament-est-brule-en > Nouveau cycle Nabe-Sollers
Un morceau de la réponse au message sur "L’homme qui arrêta d’écrire" est ici.
> Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard
![]() curieuse obsession ici à propos de la sortie de ce livre sur Godard et des DVD de Fleischer sur lui. S’il fallait résumer Godard à la seule "question juive" comme ici dit, franchement, on s’en ficherait. Est-ce si important ? et en sommes nous arrivé à vouloir tout juger à travers ce prisme ? J’ai vu le DVD de Fleischer et alors ? Godard a parfaitement le droit de dire ce qu’il dit, cela ne me choque pas, visiblement même Bernard Henri Lévy n’est pas choqué, alors on va commencer à jouer les procureurs anti-racistes sur ce site ? En attendant, ces DVD sont remarquables
> Nouveau cycle Nabe-Sollers
Avec la parution de "L’Homme qui arrêta d’écrire, et la courte phrase sur Nabe qu’on peut trouver dans "Un vrai roman" il y aurait largement de quoi faire un nouveau chapitre pour le cycle Sollers/Nabe vous ne croyez pas ?
Jan Karski témoigne - à son biographe
Je suis, avec M. Jankowski, le biographe de Jan Karski. Je regrette que je ne parle pas le français assez bien pour participer au débat de ces derniers mois. Je ne prends pas position sur le bien-fondé des arguments de quelqu’un, puisque je n’ai pas encore été en mesure de lire le roman de M. Haenel. Je peux dire avec confiance, cependant, que je connais les détails factuels de la vie de professeur Karski et peut comprendre les sentiments qu’il a exprimé à la fin de sa vie sur ses activités pendant la guerre plus complètement que quelqu’un d’autre. J’ai pu regarder "Le rapport Karski" aujourd’hui, après avoir obtenu une copie d’un ami en France. J’espère faire une déclaration complète en français bientôt sur des questions de fait liées à des images de M. Lanzmann. Une différence notable entre ce que Karski rappeler ainsi que les documents d’archives montrent à fait, c’est qu’il a rencontré le juge Frankfurter avant sa rencontre avec Roosevelt - pas après, comme il le dit dans le film. Je crois, et Karski m’a dit en 1994 qu’il croyait, que la réaction négative Frankfurter à son récit des témoins oculaires concernant le ghetto et le camp près de Belzec avait fait d’omettre toute mention de ces expériences lors de réunions ultérieures, sauf quand il était en réunion avec les Juifs . La transcription in extenso qu’il dictait heures après la rencontre avec FDR omet toute mention de son expérience personnelle, bien qu’il ne fournir des détails sur l’étendue des massacres et des mauvais traitements infligés aux Juifs en Pologne. (La transcription est disponible en polonais à la Hoover Institution, en Californie.) Je serai heureux de donner mon exposé complet sur ces questions et serons heureux de répondre aux questions des journalistes ou des chercheurs qui me contacter à cette adresse : tom@the-wood-family.org. Avec nos excuses pour des erreurs linguistiques, je joins la version anglaise de ces commentaires ci-dessous. — E. Thomas Wood Nashville, Tennessee I am, with M. Jankowski, the biographer of Jan Karski. I regret that I do not speak French well enough to participate in the debate of recent months. I take no position about the merits of anyone’s arguments, since I have not yet been able to read M. Haenel’s novel. I can say confidently, however, that I know the factual details of Professor Karski’s life and understand the feelings he expressed late in his life about his wartime activities more completely than anyone else. I was able to watch "The Karski Report" today after obtaining a copy from a friend in France. I hope to issue a full statement in French soon about factual issues related to M. Lanzmann’s footage. One notable difference between what Karski remembered and what archival documents show to be factual is that he met with Justice Frankfurter before he met with Roosevelt — not afterward, as he says in the film. I believe, and Karski told me in 1994 that he believed, that Frankfurter’s negative reaction to his eyewitness narrative concerning the Ghetto and the camp near Belzec had caused him to omit any mention of those experiences in subsequent meetings, except when he was meeting with Jews. The verbatim transcript that he dictated hours after the meeting with FDR omits any mention of his personal experiences, although he did provide details of the extent of the killings and maltreatment of Jews in Poland. (The transcript is available in Polish at the Hoover Institution in California.) I shall gladly provide my full statement on these matters and will be happy to answer questions from journalists or researchers who contact me at this address : tom@the-wood-family.org. > Yannick Haenel, « Jan Karski »
![]() ![]()
Sur akadem, le campus numérique juif :
> Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard
![]() Je ne résiste pas à faire part ici de ceci : où, en 2006, et en compagnie d’un Stéphane Zagdanski brillant et remarquable de courtoisie, Godard débite les plus énormes âneries à propos des juifs, des Palestiniens et de la Shoah. Il semble qu’en 2009, Alain Fleischer n’a pas rêvé... > Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard
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Godard est-il antisémite ?
« Il y a un épisode qui revient dans toutes les biographies de Jean-Luc Godard et dans celle, en particulier, d’Antoine de Baecque (Grasset) : celui du projet de film sur la Shoah que nous avons nourri, entre mars et octobre 1999, Godard, Lanzmann et moi. Et, quand cet épisode est évoqué, c’est à l’appui d’une question, pour ne pas dire d’une thèse, qui est celle de l’« antisémitisme » de l’auteur de « Pierrot le fou » : ne suis-je pas censé avoir moi-même, pour expliquer la naissance puis l’avortement de ce projet, déclaré que Jean-Luc Godard était « un antisémite qui essaie de se soigner » ? Alors, comme je n’aime pas l’approximation, comme j’aime encore moins voir l’accusation d’antisémitisme invoquée à la légère et comme je déteste, de surcroît, me sentir instrumentalisé dans des débats grossiers et dont les instigateurs ne connaissent visiblement ni les aboutissants ni les tenants, je veux donner ici, et pour la première fois, ma version de cette affaire. [...] » > Dans les allées du Parc
Mardi, de passage à Paris pour voir "Vita Nova" le film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert, j’ai quelques heures à perdre ; après un petit tour des librairies, je décide d’aller voir "The Women", le film hilarant de George Cukor (1939) que je n’ai pas vu depuis des années. J’ai un peu d’avance sur l’horaire de la séance, je fouine dans le bac à livres de la librairie voisine et... je tombe sur un vieux numéro de la NRF de septembre 1961 (la moitié n’a pas été découpée).
Egalement au sommaire un article d’Elisabeth Porquerol, "Céline il y a trente ans" (le 1er juillet 1961, à 18 heures, Louis-Ferdinand Céline est mort d’une rupture d’anévrisme) et une note d’Yves Berger sur "les larmes d’Eros" de Bataille (son dernier livre) qui se termine par ces mots : "Convulsé, comme sans cesse explosé en phrases éblouissantes et qu’il faut, passé la surprise, relire : le style de Georges Bataille, dans bien des pages, est d’un poète". > Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
je souhaite reserver un dvd de Vita Nova. je vous remerçie. jules catanzano
> Jan Karski témoigne
![]() ![]() Pièces à conviction (suite). Qu’est-ce que savoir ? Qu’est-ce que croire ?
envoyé par publicsenat. > Le Saint Suaire.
Du neuf à Turin ? Lisez Loupias en attendant le grand Suaire. Ceux qui ont raté Le suaire de Turin, le passionnant documentaire passé sur le samedi 3 avril, Arte peuvent le revoir le mercredi 7 à 10h05. > Pastorious à mort
"Mais, reprenant les épithètes qu’il utilise lui-même à propos de Pastorious, je pense - pour rester sibyllin - qu’il faut faire, chez lui, sans "moraline", la part du "démoniaque" et du "catholique". Il faudra y revenir." Hum... pourquoi pas le mettre sur une table d’opération bien cossue et ensuite le disséquer en prenant soin de préserver que les morceaux choisis ?! Comme il nous le fait ressentir dans ce texte, c’est dans leur vie trop souvent cramée d’incompréhension que bien naturellement, eux, les grands artistes, nous bouleversent, nous dérangent, cassent les "règles imposées", pour en fin, par leur grâce reçue, nous construire ! Ah si on avait la transmission de l’âme constructive... Je me demande toujours si Baudelaire vivant parmis nous serait : acclamé, ignoré ou banni ?? Ou peut-être en ballotage au mieux de sa forme ? Faudra y revenir... > Pastorious à mort
J’assume, moi, y compris l’éventuel... matricide.
Rassurez-vous, je lis Nabe et il a, sur ce site, une place certaine, de son vivant. Mais, reprenant les épithètes qu’il utilise lui-même à propos de Pastorious, je pense — pour rester sibyllin — qu’il faut faire, chez lui, sans "moraline", la part du "démoniaque" et du "catholique". Il faudra y revenir. > Pastorious à mort
Merci pour votre réponse mais quelque peu sybilline tout de même. "Conjurer tous les 11 septembre" je ne suis sûr que soit la volonté du texte (sa mère est née un 11/09). C’est le seul véritable hommage écrit à la hauteur du personnage, personne à ma connaissance l’a autant mis en lumière que Nabe, il l’a fait. Le "mieux de sa forme" comme vous dites, mérite alors de le suivre encore puisque que lui, est encore vivant ! et peut certainement vous faire encore vibrer. N’attendons pas un futur génie qui lui rendra avec talent un hommage posthume à sa hauteur pour vous frapper à nouveau. A moins que vous vous complaisiez dans la nostalgie. Savoir restituer le plaisir qu’un être vous a donné ne serait-ce un court moment et lui dire un merci de son vivant est la moindre des charités. (une actualité sémillante Nabe, vous avez vu ?) Joyeuse pâque itou et encore merci profondément de m’avoir fait relire ce texte et entendre Jaco. Erratum : lire Strange Fruit et non Strange Day (Morrison n’est pas dans le même cercle loin de là !) > Pastorious à mort
« Une date, un évènement... doivent peut-être m’échapper. » écrivez-vous par anti-phrase. J’ai en effet été frappé que Nabe écrive : « Car c’est finalement de ça qu’il est mort : de vouloir absolument faire partager sa démoniaque jouissance de vivre. » et : « Tous les miracles étaient possibles avec Jaco, exhibitionniste et catholique. » Pour conjurer tous les 11 septembre, Joyeuses Pâques ! > Chine : trois mille ans au présent
![]() Nuançons ces 3000 ans comme le fait Jean-François Billeter - dont vous devriez citer ici ses propos par un lien qui d’ailleurs figure sur votre site.
> Pastorious à mort
La référence cliquable est dorénavant on ne peut plus claire, merci. Je suis d’accord avec vous concernant les performances qui peuvent être nuancées jusqu’à parfois la perfection d’un morceau quand on parle musique. Mais d’un écrivain, une fois son texte ou livre fini, il ne peut le réécrire indéfiniment. C’est un aboutissement. Il plaît ou pas point. Le comparer avec un athlète, pourquoi pas, mais au linéament d’une métaphore à la rigueur. Question de perception. Le titre de votre article ne vous trahi pas puisque comme vous venez de me l’expliquer parfaitement, vous admirez Nabe lorsqu’il swing jazz dans l’éloge, je ne serais pas si exclusif mais vous rejoint en précisant à l’inverse qu’il a le même swing lorsqu’il enfonce magistralement le clou, regardez-y de plus près. Question du sublime. Un peu comme Billie Holiday de Strange Day qui swing autant que Billie Holiday de Fine and Mellow. Question d’Art. Ah ! j’allais oublier la question qui me titille : Pourquoi diffuser cet hommage écrit par Nabe sur Jaco un 02/04/10 ici ? Une date, un évènement... doivent peut-être m’echapper. Bien à vous. > Pastorious à mort
Un artiste n’est-il pas comme un athlète ? Je trouve Nabe dans cet article, et Pastorious dans les morceaux évoqués, au mieux de leur forme. Peut-être parce qu’ils sont au plus près de leur "sujet". Et la "forme", au sens esthétique cette fois, y gagne à tous les coups.
Si j’écoute la version de 1976 de "Portrait of Tracy" extraite du disque "Jaco Pastorious" et si je la compare avec d’autres versions (même de Jaco), ce que je veux dire saute aux oreilles. Nabe écrit très justement : « Rien de confus, ni de brouillé. Aucune note ne passe à l’as, tout est détaché, compréhensible. » Faites l’expérience avec Miles Davis. J’ai douze versions du célèbre "So what". Je peux dire que je les aime toutes (pour des raisons différentes), mais, si je ne dois en garder qu’une, je reviens toujours à celle de "Kind of blue". Idem avec "Poinciana" d’Ahmad Jamal, rien ne dépasse, pour moi, la version de 1958 dans "At the Pershing". Quant à Nabe, je le préfère quand il est au plus près de sa forme "jazz" (que ce soit le sujet ou non). Mais je concède que c’est peut-être subjectif, une question de goût. > Pastorious à mort
"L’émotion pure" a dû me faire perdre la raison pour ne pas avoir cliqué sur votre petit 1 ( [1] Décédé en septembre 2007 alors que Nabe publiait son article. Et le 11 septembre, décidément...) et vous de ne pas m’avoir répondu sur la "forme". Quitte de vous lire bientôt. > Chine : trois mille ans au présent
![]() A ne pas confondre avec un faux coupable...
> Chine : trois mille ans au présent
![]() Bon. C’est North by Northwest alors ?
Un innocent dans un monde coupable. > Pastorious à mort
Quelque chose a dû m’échapper : de quelle "date mortifère" parlez-vous ? Pastorious a été tabassé le 11 septembre 1987, est mort le 21 (et non le 27).
Et le 1er avril, c’était hier... Bien cordialement > Chine : trois mille ans au présent
![]() Puisque nous connaissons désormais le sens des idéogrammes de ce rouleau chinois, poursuivons ce judicieux rapprochement avec Les Voyageurs du Temps en regardant maintenant (enfin) la photo de presse qui en a accompagné la publication. Le profil gauche de Philippe Sollers avec Paris en arrière plan ? Bien sûr. Mais aussi un pont, un arbre... Et, Philippe Sollers qui semble depuis l’est s’être dirigé vers l’ouest, se tourne vers le nord...
> Pastorious à mort
Quel époustouflant hommage dit avec des mots qui n’en sont plus, juste émotion, céleste, merci !
Ps : Coquille quant à votre date mortifère -27/09/1987- et non pas 2007 et c’est bien dommage, 20 ans sans son son ! > Chine : trois mille ans au présent
![]() Longtemps je me suis posé la question de savoir ce qui était écrit sur le rouleau d’idéogrammes présent dans le petit bureau de Philippe Sollers depuis ses débuts. « la pièce n’a pas bougé, avec son exiguïté, ses piles de livres en équilibre instable, son rouleau d’idéogrammes déployé sur le mur » nous dit Meyronnis, encore récemment (article : « François Meyronnis, le scripteur antisocial » ). Sur ce rouleau, ce que je savais, c’est que Sollers l’avait acquis lors de son voyage en Chine en 1973. « je l’ai trouvé dans un coin à Pékin » confiait-il à Pierre Assouline (Beaux Arts N°110, mars 1993). Et cet éloge de l’art du calligraphe : « le tableau en même temps que le poème. C’est magnifique de ne pas accepter la dislocation entre d’un côté ce qu’il y a à voir et de l’autre ce qu’il y a à dire. C’est la même chose. » poursuivait-il. Ailleurs, dans un entretien pour le Journal des Grandes Ecoles, automne 2005 : « (Me montrant une gravure sur un mur) Regardez ce rouleau chinois, il ne constitue pas une décoration mais un poème, c’est-à-dire le langage sous sa forme la plus concentrée. » Mais sa signification restait un mystère .
« Arrivant ici, on n’est plus dans le monde des hommes. Sous la douceur du soleil, fleurs parfumées, dans la montagne, chant des Oiseaux. »
« Pont sur la rive, un saule se penche sur le ruisseau émeraude.
Ce pont au-delà du ruisseau n’évoque t-il pas le passage symbolique d’un voyageur du Temps, dans un autre temps, son dernier voyage parmi les hommes. Au-delà « on n’est plus dans le monde des hommes ». La mention du nord et de l’ouest n’est sans doute pas une simple fantaisie du scripteur. Qu’évoquent ces points cardinaux dans la cosmogonie ou la symbolique chinoise ? Un connaisseur plus avisé que moi pourra sans doute en proposer une analyse. Quelques pistes, à tout hasard : dans les vieux plans de Pékin du temps des Ming, contrairement à nos habitudes, le Sud est toujours en haut (le Temple du Ciel et celui de l’agriculture )et le Nord en bas (le Temple Jaune et le Temple de la Terre) ; Par ailleurs, Le chinois associe l’automne à l’Ouest et l’hiver au Nord. La symbolique des quatre points cardinaux calquée sur celle des rythmes naturels : les quatre saisons, les quatre états végétaux - croissance, floraison, récolte, hibernation - les quatre âges de la vie - enfance, adolescence, maturité, vieillesse... (et les quatre éléments - feu, air, terre, eau)... > Cycle Nabe-Sollers, Debord, Rimbaud
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Bonjour cher V.K. Heureux de constater qu’il y a des sollersiens qui font l’effort de comprendre la démarche de Marc-Edouard Nabe Nabe, et qui d’ailleurs y parviennent assez bien. Heureux également que vous ayez de même fait l’effort de commander son livre, et pourrez en parler en connaissance de cause.
Vous avez retenu l’essentiel : La relation de Nabe à Sollers n’est pas une relation passion-haine, comme vous l’écrivez. Il s’agit d’une relation qui a évolué de l’estime au mépris. C’est très différent. Il ne s’agit pas d’une question d’émotif, mais d’actes en réalisation. Godard par Antoine de Baecque (suite)
Le 31 mars 2010 ![]() Antoine De Baecque, Jean Narboni. Photo A. Fargier « [...] la figure mythique et contemporaine de Jean-Luc Godard à la lumière de l’historien Antoine De Baecque, qui compile une toute première biographie en France sur le cinéaste. Jean Narboni, également présent, parachève le portrait. La dimension suisse et protestante du jeune JLG ouvre notre discussion. Nos critiques se penchent ensuite sur l’aspect iconoclaste, destructeur qui caractérise son œuvre. Provocateur, au centre du débat public, Godard l’a toujours été. On prend donc le temps aujourd’hui de s’interroger sur son anti-sionisme, sa défense de la cause palestinienne et leurs ambivalences. Mais par-delà le cinéaste tyrannique et acerbe qu’on connaît, ce livre nous éclaire aussi sur sa fragilité cachée : « un grand romantique qui haïssait de se savoir sentimental ». Extrait (38’25) :
> A propos de Nabe et son livre "L’homme qui arrêta d’écrire"
Les personnages singuliers m’intéressent, Marc-Edouard Nabe en fait partie, c’est pourquoi ai commis sur ce site, la plupart des articles le concernant. Ai déjà eu l’occasion d’aborder sa relation de passion-haine avec Sollers assez largement et assez ouvertement sur pileface. Cette relation avait déjà basculé du côté haine avant même qu’il ait « arrêté » d’écrire.
Suffit-il d’écrire et d’être maudit pour être un bon écrivain ? C’est une autre question. Mais il est au moins un témoin, même s’il n’hésite pas à être de mauvaise foi, voire ignoble.
Je n’ai alors pas perçu que Nabe n’avait, en fait, pas cessé d’écrire, ni qu’il avait décidé de réinvestir la scène, ce dont sa présence médiatique dans la presse papier et audio-visuelle témoigne aujourd’hui, ce dont l’information qu’il a donnée pendant l’émission de Taddéi, à savoir qu’il avait réussi à récupérer auprès des éditeurs la plupart des droits sur ses livres déjà publiés témoigne aussi comme nous essaierons de l’analyser plus avant. Son site Internet, en guère plus d’un mois, est sorti de sa phase « alpha » dans laquelle je l’avais laissé pour devenir un site « pro » sur l’auteur avec sa propre boutique en ligne qui m’a permis de commander son livre. C’est pour cela que j’y retournais. Pas encore reçu. Ai aussi découvert par la même occasion que la plupart de ses livres y sont disponibles, en pleine cohérence avec la stratégie qu’il a développée pendant son faux retrait en récupérant ses droits chez les éditeurs, qui leurrés, et sans doute pas mécontents de se débarrasser d’un auteur « si peu fréquentable » qui ne rapportait plus grand-chose... et qui n’avait plus d’avenir... ont accepté !
Nabe a développé un « modèle financier » sans doute viable pour lui. Au lieu des 10% conventionnels attribués aux auteurs, il passe à environ 70-80% du prix de vente (compte tenu de ses frais d’impression et autres). Il y a donc eu chez lui une stratégie cohérente pour reconquérir son autonomie. Un tirage de 2000 exemplaires lui apporte maintenant les mêmes revenus qu’un tirage honnête à 14000-16000 exemplaires chez un éditeur. Le modèle peut fonctionner pour lui, compte tenu de sa notoriété et de la promotion indirecte que lui assurent les médias, y compris ce site, toutes proportions gardées. Nabe est donc de retour ; écrivain il est, puisque le virus de l’écriture ne l’avait pas quitté. Bon écrivain ? Mais je lirai son livre, comme la plupart des autres. A suivre. Les échanges ci-après avec le nabien JSP restent toujours actuels :
> Jan Karski témoigne
![]() ![]() Ho ! Jean Petit ! Vous avez mal lu ! Nabe a toute sa place et même ici, même quand il a tout faux, il m’est arrivé de rire.
Mais, devant votre enthousiasme, je m’incline et, au risque de mentir, je vous laisse donc... le dernier mot. > Jan Karski témoigne
![]() ![]() Bien sûr que si, il y a toujours un dernier mot. Il doit y avoir un dernier mot. Celui qui rend tous les suivants inutiles. Et si un écrivain renonce à avoir le dernier mot, ce n’est même pas la peine qu’il commence.
Vous vous défaussez, trahissant au passage l’esprit de la démarche de Haenel et Sollers dans cette affaire, en voulant sortir ce dossier de la littérature pour le ramener à un simple recueil de témoignages, alors que le coeur de la question est là : Haenel a tout faux parce qu’il écrit faux, comme on le dit d’un chanteur qui chante faux. Le contraire du faux ce n’est pas le vrai. Ou pas seulement. Le contraire du faux, en Art, c’est le juste. La note juste ou la couleur juste ou le mot juste. Voilà de quoi il s’agit. Voilà le critère ! Et sur ce site consacré à un auteur censé placer la littérature au dessus de toute autre valeur de jugement il est dommage que la question soit évacuée. Nabe soulève, lui, cette question centrale. Qualifier le passage de L’Homme qui arrêta d’écrire et que vous n’avez pas lu de "nul littérairement" est pour le moins hâtif. Sollers qui écrivait au sujet de Nabe "Niez le si ça vous arrange, ça ne changera rien, il a déjà sa place, toute sa place."aurait lui, je crois, pleinement conscience de la force littéraire de ce passage qui vous échappe apparemment. LesEntretiens avec le Professeur Y auxquels vous me renvoyez n’ont rien à voir. D’ailleurs Antoine Galimard n’est pas du tout maltraité dans le livre (sauf par Sollers), et sa femme Annie est même un personnage particulièrement positif. Non, la question est de savoir comment Sollers, pour se protéger de toute figure en mesure de lui faire de l’ombre, en est arrivé à s’entourer à ce point de médiocres, Haenel et Meyronnis étant les plus symboliques, et à endosser lui-même leur médiocrité. Et se retrouver ainsi englué dans cette dans cette affaire Karski, où par la figure de Nabe, la littérature tourne manifestement le dos et inflige un rateau à ceux qui prétendent coucher avec elle. Sollers n’avait pas besoin de ça en plus, reconnaissez-le. Mieux vaut mille fois un bon ennemi. > Jan Karski témoigne
![]() ![]() Bonjour !
"nul littérairement"... à couper le souffle quand on voit celui de l’auteur en question !! Il est d’ailleurs intéressant de constater que toute critique négative de "l’homme qui arrêta d’écrire" proviennent de non-lecteurs du livre. Il est vrai que commander un livre pour l’éreinter, c’est un investissement !
Dans votre cas, j’imagine qu’il est dur de se laisser aller au style d’un texte quand votre idole n’y est pas à son avantage...
> Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard
![]() GOD/ARD
Les deux auteurs parlaient de Godard avec Michel Ciment samedi dernier (56’) :
De Baecque était interviewé par les Inrockuptibles. Voir ICI. Et par L’hebdo. Godard, phénix du cinémaCinéaste adulé et admiré, honni et controversé, Jean-Luc Godard est l’une des figures les plus étudiées et commentées de l’histoire du cinéma. Paradoxalement, ces kilomètres de littérature critique ont longtemps été dépourvus de biographie digne de ce nom, consacrant ainsi l’aversion que le cinéaste revendique pour le genre. Deux ouvrages en langue anglaise ont comblé ce manque : Godard, a Portrait of the Artist at Seventy, de Colin MacCabe (Bloomsbury, 2003), et Everything Is Cinema. The Working Life of Jean-Luc Godard, de Richard Brody (Metropolitan Books, 2008). C’est aujourd’hui au tour d’Antoine de Baecque, historien, critique de cinéma, auteur prolifique déjà signataire, avec Serge Toubiana, d’une monumentale biographie de François Truffaut, de se prêter à cet exercice non autorisé. La seule envergure de l’ouvrage (mille pages bien pesées, fruit de trois ans de recherches digérant la filmographie, ratissant les archives, écumant les témoins) suggère que ce travail a une ambition d’étape fondamentale dans la connaissance du cinéaste. Bourgeoisie protestante On ne trouve, de fait, nulle part ailleurs un tel luxe de détails, une telle floraison de sources, une telle attention portée au contexte socio-politique, aux conditions de production comme à la réception de l’oeuvre. A mille lieues d’une approche poétique ou d’une lecture orientée, l’auteur ne prétend pas pour autant introduire une révolution copernicienne dans le décryptage de l’oeuvre et du personnage. Ce pourrait être l’éventuel reproche adressé à cet ouvrage : mettre à nu les arcanes de la création sans en pénétrer — ni, a fortiori, en reconduire — le mystère. A cette tâche peut-être impossible, le livre substitue une démarche plus rigoureuse, éclairant un parcours dont l’inépuisable richesse suffit à l’intérêt qu’il procure. Car l’itinéraire de Godard, qui ferait perdre le nord à n’importe quelle boussole exégétique, n’est rien d’autre qu’une recherche constamment renouvelée de lui-même et de son art. Cela, le livre le montre parfaitement, de même que ce qui soutient cet idéal : un rapport au monde qui n’aura jamais cessé d’être conflictuel, établissant chaque stratégie d’alliance (amoureuse, technique, financière, artistique) sur les ruines de la précédente, dans une solitude de plus en plus accusée. Cela commence tôt, dès sa rupture avec une famille de la grande bourgeoisie protestante. Elle est si profonde qu’on ne laissera pas Godard assister à l’enterrement de sa mère. Le cinéma, auquel il arrive tardivement, sera propice, durant un demi-siècle, à la cascade d’expériences qui font de Godard le phénix du cinéma. Héraut de la Nouvelle Vague et refondateur de la grammaire cinématographique avec A bout de souffle (1960). Dandy de droite avec Le Petit Soldat (1963). Esthète virtuose avec Le Mépris (1963). Génie poétique de la gauche adoubé par Aragon et personnification de "l’auteur" célébrée dans le monde entier avec Pierrot le fou (1965). Sympathisant maoïste avec La Chinoise (1967). Révolutionnaire clandestin, anonyme et iconoclaste avec le groupe Dziga Vertov (Vent d’est, 1970). Ressuscité en gloire au cinéma avec Sauve qui peut (la vie) (1980). Essayiste vidéaste avec Puissance de la parole (1988). Ermite mélancolique avec JLG/JLG, autoportrait de décembre (1995). Mémorialiste et chantre de la mort du cinéma avec les Histoire(s) du même nom (1998). Humiliation récurrente Cette énumération ne donne qu’une idée schématique de la métempsycose godardienne, chroniquée et documentée par un livre qui fait apparaître le cinéaste comme le plus grand inventeur de formes du cinéma français. Cette invention, comme le suggère sans faux-semblants Antoine de Baecque, est animée par un génie à double face, à la fois créateur et destructeur. Le bon génie, c’est la capacité du cinéaste à retourner n’importe quelle contrainte en sa faveur, son inventivité constante, sa générosité, sa soif d’absolu, son art de créer des correspondances poétiques et insoupçonnées, de témoigner intuitivement d’un état du monde comme la foudre éclaire l’obscurité.
Jacques Mandelbaum, Le Monde du 11-03-10. Extrait
" Notre musique déclenche une polémique, feutrée mais réelle, à propos des rapprochements établis par Godard entre la Shoah subie par les juifs et la "Nakba" dont sont victimes les Palestiniens. (...) Au moment de la guerre d’Irak et de l’omniprésence de la mémoire de la Shoah, il est certain que les propos et les images de Godard — dont le motif n’a pas varié en trente ans (" Les juifs font aux Arabes ce que les nazis ont fait aux juifs ") — dans un contexte qui, lui, a énormément évolué, ont valeur de provocation. (...) Godard est à la fois entêté, inflexible et fidèle à lui-même, car depuis le tournage de " Jusqu’à la victoire ", en 1969, la figure du juif n’a pas varié d’un pouce chez lui : symbole par excellence de la victime devenue bourreau, elle est le point aussi aveugle que central de la pensée godardienne." ("Godard", p. 795-796.) Avec Anna Karina et Jean Ferrat (qui a le dernier mot). > Jan Karski témoigne
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J’ai découvert le point de vue de Nabe aujourd’hui. Résumons : Haenel n’est pas un "vrai" écrivain, il est "bidon" ; Nabe est un grand écrivain "antisioniste". Soit.
Vous l’aurez sans doute remarqué, ce dossier sur Karski essaie de confronter divers points de vue sur ce qu’il en est du témoignage, celui (ceux !) de Karski, ceux d’écrivains ou d’historiens, et ceux qui parlent au nom de LA vérité. Lanzmann — avec SON Rapport Karski — veut avoir le dernier mot (et vous voudriez que Nabe lui donne) : il n’y a pas de dernier mot ! Ni apologue ni épilogue, donc. > Journal du mois de mars 2010
Pour le jeu de la mort on dira simplement que les gens qui ont "tué" n’ont jamais reçus l’éducation, la formation et l’entrainement pour faire face à ce genre de situations. C’est un des devoir du pouvoir dans une démocratie d’apprendre aux gens à faire face à de tels contextes. Evidemment cela gênerait les différents pouvoirs. Cela ne sera donc jamais dans les programmes. Par contre apprendre a faire passer des "restructurations" il y a moult instituts ayant pignon sur rue pour le faire. On voit bien où le diable trouve des âmes prêtes à se vendre.
Pour les prêtres pédophiles on donnera les statistiques officielles. 10% (même si c’est inadmissible) seulement surviennent dans les institutions, 80% du fait de la proche famille. De plus pour les pasteurs les chiffres sont les mêmes. Cela sent donc mauvais. Ne serait-ce pas plutôt le protestantisme et son "modèle" de société totalitaire, biologisant l’humain, animalisant les comportements, dévastant les cultures millénaires qui se sentant à l’agonie use et abusent de basses dénonciations pour éviter qu’on le montre du doigt ???
Notons que ces faits sont connus depuis ...... toujours ou presque et que c’est au moment de la déconfiture du protestantisme, et qu’un allemand a trahi la cause en se faisant élire Pape que ces informations jaillissent sur les écrans cathodiques des serviteurs du Prince De Ce Monde ????
Bref, le Diable s’active tant et plus, comme d’habitude.
Les ignorants n’ont pas compris le message de l’église catholique et de son Pape allemand ??? Normal.
Comme ils n’avaient pas compris le message du Pape polonais. On sait depuis combien le "polack" de service avait accéléré l’implosion de la dictature à l’est. On peut penser que le "schleu" va poser pas de mines sous les fesses des esclavagistes ultra-libéraux.
> Jan Karski témoigne
![]() ![]() Bonjour, Je lis avec intérêt votre dossier sur Jan Karski. Vous posez de façon prudente la question de savoir si l’affaire Karski trouve son épilogue dans le Point avec l’article de Christophe Ono-dit-Biot. Prudence justifiée, puisque l’affaire Karski donne lieu a un rebondissement très intéressant, et trouve sans doute là son véritable épilogue dans l’importante Interview accordée par Marc-Edouard Nabe dans Le Point lui-aussi, mais le 25 mars. Article intitulé :"Lanzmann a raison". Nabe, peu soupçonnable de complaisance envers Lanzmann est en effet le premier et le seul véritable écrivain à prendre la défense de ce dernier contre Yannick Haenel. Voilà qui mérite réflexion il me semble ! Ce qui me semble particulièrement remarquable est le fait que Nabe se place précisément sur le plan littéraire, terrain où entendent se réfugier Haenel et ses soutiens, pour attaquer ce dernier. Il explique également au passage pourquoi il est impossible à Philippe Sollers d’aller beaucoup plus loin dans la défense de son poulain.
Il est étonnant que cette pièce importante du dossier ne soit pas reprise sur votre site.
Le moins qu’on puisse dire c’est que si la réponse de Nabe n’appelle le débat c’est alors qu’elle le clôt définitivement. Bien à vous. Site Internet: Marc-Edouard Nabe : "Lanzmann a raison"
> L’INFINI n° 110, Printemps 2010
![]() Sur Bernard Dubourg, voir aussi, sur Pileface, Coup de Bible, — et de plus longs extraits de l’entretien de Sollers avec Ligne de risque ICI.
> L’INFINI n° 110, Printemps 2010
![]() Sur cette question Judas qui a fait couler en effet beaucoup d’encre, on consultera avec profit cet article de Maurice Mergui, continuateur de Bernard Dubourg : ici.
J’indique en outre que le suicide de Judas s’expliquerait comme midrash sur celui d’Ahitophel. En effet, celui-ci est allé se pendre après avoir trahi le glorieux David (=le Messie) en ralliant le camp d’Absalom.
> Les Voyageurs du Temps ou la résurrection spirituelle de Paris
Je ne connaissais pas cette expression de Jouffroy que j’avoue ne pas avoir lu (si ce n’est la partie de sa correspondance avec Sollers qui figure dans Le Gué je crois...). Le rapport relève donc du hasard objectif et je vous remercie de me l’avoir signalé.
> L’INFINI n° 110, Printemps 2010
![]() Je précise à l’intention des lecteurs du divin Dubourg que le titre original de son article sur Judas l’iscariôth (car il y en a plusieurs...) est Un coup de vasistas sur Judas, titre riche en jeux de mots sous-jacents qui convient on ne peut mieux au sujet et permet de rappeler en passant que Dubourg est avant tout un poète, et un grand poète. Ce titre lumineux en témoigne comme infime portion de la partie émergeante de l’iceberg. Il faut souligner que sa poésie est de la poésie pensante, de celle qui est "la topologie de l’Être".
A tout lecteur véridique, salut et santé !
> La barbarie sans foi ni loi
Vers le vrai. Bernard-Henri Lévy enfin lu. Par Jacques Henric et Philippe Forest, dans le n° 366 d’art press. BHL dont le dernier Bloc-Notes s’intitule : Maintenant, Marine Le Pen. > Pierre Guyotat, tel quel
Pierre Guyotat parle de son dernier livre Arrière-fond : > Martine et Ségolène : le match, suite...
VSD du 17 mars : VSD. [...] Quelle fleur voudriez-vous offrir à celle qui dirige le PS ?
VSD. C’est une plante hermaphrodite, comme vous l’écrivez.
VSD. Martine Aubry vous ferait-elle fantasmer ?
VSD. Et quelle fleur pour sa rivale socialiste Ségolène Royal ?
Aubry présidente ! Elle est la meilleure candidate. Cela me paraît presque évident dans la mesure où elle seule a été capable de sortir le PS du traumatisme de 2002. Son succès vient de loin, il est profond. Lié aux origines basques de sa mère. Je connais ce caractère très tenace auquel personne ne fait attention. Les Français sont épuisés par la politique spectacle qu’on nous inflige à haute dose depuis deux ans. Aubry, elle, est aux antipodes du "people" genre Carla Bruni. Elle est presque un personnage de roman : mystérieuse, plutôt jolie, même sexy, si on a un peu d’imagination. > Martha Argerich joue Frédéric Chopin
![]() Olivier Bellamy / Martha Argerich > Martin Heidegger, pensée du divin et poésie
je souhaite bien avoir toutes les exposés en mp3 sur Heidegger, je suis étudiant en philosophie à l’université catholique de l’afrique de l’ouest à abidjan, côte d’ivoire. Futher > La Chine toujours
![]() Merci beaucoup pour cet article. Concernant ce sujet à la fois passionnant et difficile à étudier, je pense qu’il faut également évoquer la thèse de Eric Hayot intitulé "Chinese dreams : Pound, Brecht, Tel Quel" sans oublier l’influence de Pound sur Sollers et Pleynet.
Site Internet: Chinese dreams
> François Meyronnis, le scripteur antisocial
![]() Josyane Savigneau présente Brève attaque du vif sur France Culture le 13 mars 2010. Extrait (13’13)
> Casanova l’admirable
Émission spéciale de la Bibliothèque Médicis sur Public Sénat consacrée à Casanova. Avec Sollers, Antoine Gallimard, Bruno Racine, Pierre Leroy, Lydia Flem. Historique : l’engagement réciproque en direct entre Antoine Gallimard et Bruno Racine pour la publication des oeuvres complètes en Pléiade : Public Sénat L’émission est rediffusée le samedi 13 mars à 13h et 21h, le dimanche 14 à 17h et le mardi 16 à 14h. > Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
Cher Thelonious et autres visiteurs, 1. Il est possible de réserver votre DVD Vita Nova sur ce forum pour ceux qui ne pourront assister aux projections (ou via le mail pileface@wanadoo.fr) 2. La production Vita Nova prendra contact avec vous après le 10 avril pour vous préciser les modalités d’achat par correspondance ( sous réserve d’avoir renseigné une adresse email valide dans votre message ). Votre réservation entraînera un traitement prioritaire et en bonus, une dédicace. 3. Au-delà du 10 Avril, les modalités d’achat par correspondance définies par la production Vita Nova seront publiées dans ce forum. Merci d’avoir signalé le texte « Pamina (Mémoires d’une danseuse) » publié dans le numéro 79 de L’Infini (Eté 2002). Florence Lambert appréciera. > Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
Tout comme Laurent Husser impossible d’être à Paris en Avril. S’il est possible de commander le DVD merci d’indiquer la procédure à suivre. Sur Florence Lambert :outre les deux références de textes publiés dans l’Infini, j’ajoute le texte "Pamina" (Mémoires d’une danseuse) publié dans le numéro 79. C’est pour moi un très très grand texte. Cordialement > Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
Ah d’excellente nouvelles ! j’attendrai le 10 avril alors...
> Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
Ce que l’équipe de Vita Nova, dans sa modestie et approche non commerciale, omet de dire c’est que le DVD de Vita Nova est édité avec un livret qui comprend un texte inédit de Marcelin Pleynet et quelques documents complémentaires. Nul doute que la singularité de l’objet, son élégance, ses inédits en fassent un collector en puissance.
> Martine
Vu à la télé « la solide et charmante Martine Aubry », sobre, précise, convaincue, anti-Frêche résolue. « L’entreprise France a maintenant besoin d’une femme populaire, épanouie, bien en chair, pas people pour un sou, avenante et sécurisante. C’est Martine Aubry, aucun doute, bien meilleure dans le rôle de l’identité nationale sans burqa que Ségolène Royal, trop branchée au centre, et que ses concurrents masculins déjà très vieillis. » Le Journal du Dimanche, 31 janvier 2010. Ce qui s’écrit au seuil de cette nouvelle année du tigre était prévisible dès le Journal de l’année 1998, non ? En tout cas, j’en formulais l’hypothèse dès novembre 2008, après le désastreux congrès de Reims.
> Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
Cher monsieur Husser, En effet, un DVD sera en vente sur place pendant les projections... si vous ne pouvez pas vous déplacer, une vente par correspondance pourra se faire après le 10 avril... La production reprendra contact avec vous... Cordialement, L’équipe de Vita Nova > Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
D’après votre texte, il y aurait une version DVD à vendre. Avez-vous un contact pour l’acheter par correspondance ? Merci !
> Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard
![]() Les 43 secrets de Godard Jacques Drillon : « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le réalisateur de « Pierrot le Fou » sans oser le demander. Grâce à Antoine de Baecque, qui lui consacre une biographie monumentale, pleine de révélations » : nouvelobs.com > Enregistrement intégral conférence du 18 janvier 2010
L’ enregistrement intégral de la conférence de Sollers du 18 janvier 2010 :
(Crédit : Collège des Bernardins) > Sollers, l’isolé absolu (I)
bonjour à tous, encore faudrait il pouvoir le voir ... en ce merveilleux XXIeme siècle ou tekne éclot de toute chose ... vide & infatué. H D. > La barbarie sans foi ni loi
BHL invité de Karl Zéro le 3 mars 2010. Bernard-Henri Lévy envoyé par BFM. - L’actualité du moment en vidéo. > Martha Argerich joue Frédéric Chopin
![]() Ca m’a fait extrêmement chaud au coeur, en tant qu’amoureux de Chopin depuis des années, de lire quelques lignes de Sollers sur lui. Par contre, le Chopin d’Argerich n’est pas forcément mon préféré. Elle est sublime dans les deux concertos dirigés par Charles Dutoit.
> Vita Nova, Un film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert
La programmation commence, bien sûr, le mardi 6 avril.
Le site consacré à Pleynet est le premier. On serait tenté de dire : enfin ! > La barbarie sans foi ni loi
Lanzman (et d’autres) connaît mal ses classiques. Il convient de rappeler ce que Sartre aurait dit de Bernard-Henri Lévy, d’après Stéphane Auclair dans "Huit jours chez M. Sartre", quatre pages (64 à 69), qui se concluent par "Tous les tondus des camps se rallient au panache de sa brune tignasse, toutes les bouches brisées s’expriment par sa voix, tous les disparus lui permettent de paraître et tous les oubliés de ne le faire jamais oublier. Admirez comme rien ne se perd : il se torture sous nos yeux de leurs tortures au fond des caves et il n’est pas jusqu’aux morts du passé, dont on fait du savon avec les graisses, qui ne lui doivent reconnaissance pour s’être fait, avec leurs souffrances, une brosse à reluire". Tout est dit, et de façon définitive, bien loin des petitis épouillages d’un Vidal-Naquet et des éructations du club des haines réciproques.
> François Meyronnis, le scripteur antisocial
![]() Ce Meyronnis que tu connais bien est un charmant homme, spirituel, plein d’urbanité, et ce même personnage fait beaucoup plus de prose poétique que personne. Mais viens-tu à lire sa prose, ce meyronnis si élégant, si plein d’urbanité, te fait, en revanche, l’effet d’un trayeur de chèvres ou d’un terrassier, tant il est maladroit et différent de lui-même. Cet homme qui tout à l’heure semblait si malin, ou mieux encore, un esprit si aiguisé, ce même homme est plus grossier que les rustres les plus grossiers dès qu’il a touché à la littérature ; ce même homme n’est pourtant jamais si heureux que quand il écrit une phrase, tant il est content de lui et s’admire lui-même. PS : on peut substituer Haenel à Meyronnis, Zagdanski à Haenel etc. > Sollers Céline
Sur France Inter le 27/02/2010 : Louis-Ferdinand Céline "Faire danser des alligators sur une flûte de pan" : voici la définition que donne Céline de la littérature. Auteur complexe, ambigü, insaisissable, il laisse derrière lui une oeuvre monumentale, que je vous propose d’aborder ce soir [samedi], à travers des extraits de : Mort à crédit, (1ère éd. 1936), Gallimard, Folio, 1985 ; Voyage au bout de la nuit, (1ère éd. 1932), Gallimard, Folio, 1972 ; Guignols’band, (1ère éd. 1944), Gallimard, Folio, 1989 ; Féerie pour une autre fois, t. I, (1ère éd. 1952), Gallimard, Folio, 1977 ; Lettres de Céline, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, édition établie par Henri Godart et Jean-Paul Louis, 2009.
Non, ça peut pas faire de mal. > La barbarie sans foi ni loi
On aime bien BHL par ici. Pourquoi pas. Le bonhomme est mediasympa. Mais pardon, un philosophe qui entreprend d’analyser la pensée de Kant à partir des écrits de Botul... Vous ne trouvez pas ça rigolo ?
- Rigolo, certes. Mais les meilleures blagues sont les plus courtes.
- Mais est-ce bien sérieux de citer Botul, de la part du philosophe que le monde entier nous envie ?
- Jalousie, tout ça n’est que jalousie.
- C’est vrai qu’il est beau gosse notre BHL. Et en plus plein aux as, et aimé des médias.
- Voilà, toujours la même rengaine. On en veut aux riches, c’est pas juste.
-Bon, le mieux c’est de le renvoyer à ses chères études. Mais s’il étudie vraiment, il faudra qu’on le voie moins sur le petit écran.> Le Texte de Rimbaud
Laurent Zimmermann / Rimbaud Alain Veinstein s’entretient avec l’auteur. Du jour au lendemain stephane Zagdanski
Stephane Zagdanski est le meilleur ecrivain Francais.
> Lautréamont politique aujourd’hui comme jamais
![]() ![]() Nouvelle polémique Lu dans L’express : « La Quinzaine littéraire a refusé de publier une critique virulente du récent volume de la Pléiade consacré à Lautréamont, signée Jean-Jacques Lefrère, pourtant collaborateur régulier de cette dernière... » Lautréamont en Pléiade, le rendez-vous manqué... par Jean-Jacques Lefrère. La prolifération des jalousies semblent bien être le trait marquant de l’actualité éditoriale. Les jalousies universitaires n’ont rien à leur envier !
On lira aussi les nouvelles perspectives ouvertes par le "second couteau" Marcelin Pleynet dans le numéro 109 de L’infini sous le titre Lautréamont : Écrits sur la grâce dont nous avons cité quelques extraits ailleurs. Lautréamont politique comme jamais ! > Nabe
« L’Homme qui arrêta d’écrire », de Marc-Edouard Nabe, a été publié le 10 janvier 2010, directement par l’auteur. Tiré à 1000 exemplaires. Epuisé. En cours de réimpression (http://www.marcedouardnabe.com/).
Ne connais pas son contenu. De la même façon que les différents tomes du Journal de Nabe figurent dans la liste des œuvres « Autour de Sollers », l’ajouterai à la liste si Sollers y est évoqué. Est-ce le cas ? Peut-être pouvez-vous compléter votre message par un extrait. Merci de votre vigilance et de votre signalement. > Bibliographie
Manque à cette liste d’oeuvres sur Sollers, L’Homme qui arrêta d’écrire, de Marc-Edouard Nabe, .
> Casanova l’admirable
La BNF acquiert le manuscrit original des mémoires de Casanova Sollers à la BNF le 18 février
Je crois à l’existence d’un Dieu immatériel créateur, et maître de toutes les formes ; et ce qui me prouve que je n’en ai jamais douté, c’est que j’ai toujours compté sur sa providence, recourant à lui par le moyen de la prière dans toutes mes détresses ; et me trouvant toujours exaucé. Le désespoir tue ; la prière le fait disparaître ; et après elle l’homme confie, et agit. » Giacomo Casanova, Préface à Histoire de ma vie, Robert Laffont, 1993.
> Le jeu de Marienbad
Projection d’un making of inédit de L’Année dernière à Marienbad. Sur le site la revue La Règle du jeu. > La barbarie sans foi ni loi
Nouvelle mise au point de Bernard-Henri Lévy Le philosophe s’en prend à la pseudo "critique littéraire", au Nouvel Observateur (suite au papier douteux de Delfeil De Ton - "Lévy, Botul, Balkany") : « Le journal, qui a été le journal de Foucault et le journal de Sartre, se serait-il permis des papiers comme celui-là ? Que M. Delfeil de Ton, qui ne s’est jamais donné le mal que de faire le tour de la machine à café de son journal, se permette une attaque comme celle-là. Ça, dans Le Nouvel Observateur, je trouve que c’est une date. Je trouve ça proprement ahurissant. Et que la société des rédacteurs (SDR) fasse un communiqué pour se féliciter de tout ça et pour se réjouir de voir le journal de Jean Daniel lancer et alimenter cette chasse à l’homme ». Il s’explique sur son rapport au médias et regrette qu’on ne le critique pas sur ses idées : tout ça, " c’est surtout ridicule pour ceux qui s’en servent pour éviter de lire. " (Rappelons que Pièces d’identité est un volume de 1300 p. et De la guerre en philosophie, un essai de 130 pages). BHL invité ce matin de Nicolas Demorand sur France Inter envoyé par BernardHL A noter que le N.O. a mis sur son site le verbatim de l’interview. > La polémique Lanzmann-Haenel (suite)
![]() ![]() Une nouvelle mise au Point de Yannick Haenel Haenel : « Mon livre porte la parole de Jan Karski » Polémique, suite. Le 23 janvier, Claude Lanzmann, le réalisateur de « Shoah », accusait le romancier de falsifier l’Histoire dans son roman « Jan Karski » en mettant en scène un Roosevelt indifférent au sort des juifs sur lequel le résistant polonais venait l’alerter en 1943. A la suite de Lanzmann, la semaine dernière, l’ancien sénateur de Pologne et président de l’Association des amis de Jan Karski, Kazimierz Pawelek, s’insurgeait dans nos colonnes (voir Le Point n° 1951) contre le roman de Haenel, accusé d’ « insouciance » et d’ « ignorance » . Voici la réponse du romancier.
M.Kazimierz Pawelek a connu, dit-il, Jan Karski et ne le reconnaît pas dans le livre que je lui consacre. Il affirme que je « nui [s] à l’image de Jan Karski » , et va jusqu’à « mettre en garde » les lecteurs contre la nocivité de mon livre. Ne devrait-il pas carrément en appeler à son interdiction en Pologne ? Car c’est bien cela, n’est-ce pas, qui irrite M. Pawelek : la parution prochaine, aux éditions Wydawnictwo Literackie, de la traduction polonaise de « Jan Karski ».
Une mise au point s’impose.
Mon livre est un roman, pas un ouvrage d’histoire. C’est écrit sur la couverture. J’ai pris soin de préciser, dans une note liminaire, les étapes de ma démarche. Il y a d’abord deux parties documentaires, grâce auxquelles le lecteur dispose de ce qu’on sait sur Karski. Puis une partie de fiction, qui s’interroge sur la période plus secrète de sa vie. La fiction est une forme de connaissance, elle interroge les êtres de l’intérieur, elle questionne ce qui échappe aux historiens, elle remet en vie. Comme le dit Jorge Semprun : « Sans fiction, la mémoire meurt. »
> Sollers et Pleynet sur Francis Ponge
Ajouté ce jour. Sollers lit L’Asparagus A l’occasion de la réédition des Entretiens avec Francis Ponge, Sollers est l’invité de l’émission Carnets nomades sur France Culture le 20 avril 2001. L’émission est consacrée aux livres dont la lecture a été déterminante. Après avoir réécouté des extraits du premier entretien avec Ponge de 1967, Sollers revient sur sa rencontre avec l’écrivain. Il Iit un texte de Ponge, L’Asparagus, le commente, en appelle " à une nouvelle Raison ", évoque Le Soleil placé en abîme, parle des Lumières (27’30). Voir ici, dans ce dossier. > La barbarie sans foi ni loi
Après (et surtout avant) BHL, d’autres victimes de Jean-Baptiste Botul. Oscar Gnouros (qui semble bien exister) s’est amusé à relever les écrits qui mentionnent Botul sans en remarquer le caractère fictif. C’est éloquent, morbleu !. > Jean-Jacques Schuhl, Entrée des fantômes
![]() Imaginez un peu qu’un fantôme vous adresse des SMS !!!? ça se produit dès les premières pages. Et puis on voit le narrateur dîner seul un soir d’hiver, dans un décor déjanté. C’est foutraque. Un cinéaste lui propose de jouer le rôle du chirurgien, dans Les Mains d’Orlac, vieux film culte des années folles. Très morbid chic. Fascination à l’idée d’incarner une créature du mal. Rôle en phase avec le roman noir autour duquel ses pulsions de mort cristallisent son énergie à écrire. Effet de morphing continuel, « ce procédé électronique par computer utilisé dans les nouvelles images pour transformer quelqu’un en un autre sous nos yeux. .. d’un fantôme l’autre... » Après L’hyper Justine » de Simon Libérati, le genre morbid chic prend de l’ampleur avec ce livre déconstruit et moderne. Personnage au look aristocrate voyou, paroles d’une chanson électro-pop d’Etienne Daho, fredonnées devant l’aquarium d’un petit chinois lettré. Le décor est planté. Alors pour se sortir de sa gadoue mentale, le narrateur s’imagine acteur pour mieux s’identifier à des personnages, se lance dans le théâtre, comme dans l’écriture d’un roman « sans savoir du tout pourquoi . » les mots raisonnent dans sa tête « comme quand on est très enrhumé » Identification constante à tout personnage rencontré. Alors Schuhl s’interroge : « Mais fantôme, fantasme, projection, émanation, qu’est ce que ça changeait ? » Toute situation est transfigurée avec le support de dialogues internes. Le narrateur se parle beaucoup à lui-même, à son alter-ego, au petit autre qu’il porte en lui. Thème constant du double de soi-même car « la créature est une projection ou un double » Le livre est plein de ces projections enrichies d’une vie sensorielle époustouflante. Ainsi avec la margarita « un tiers téquila un tiers cointreau... et le twist de citron vert, la fine écorce en hélice vient effleurer à nouveau ma lèvre... Au One Fifth on nous le servait en petit carafon évasés, le verre préparé, bien glacé, avec, la blancheur du givre autour, sur les vitres embuées » (p. 69) Comme le coktail, le livre allume vite et rend léger... comme un fantôme ! > La barbarie sans foi ni loi
Entretien avec Bernard-Henri Lévy.
> La polémique Lanzmann-Haenel (suite)
![]() ![]() Wajda, la Pologne et Jan Karski Le 11 février, sur France Culture, Arnaud Laporte reçoit le cinéaste Andrzej Wajda à l’occasion de la sortie de son film "Tatarak" le 17 février et de la rétrospective qui lui est consacrée à la Cinémathèque française du 8 février au 1er mars. Extraits : 1. Lors de l’entretien, Wajda revient sur la réception, en 1958, de son film Kanal au festival de Cannes et son interprétation de l’insurrection polonaise de 1944 (4’02).
2. Puis, Alexandra Viatteau, spécialiste de la Pologne au XXème siècle, fait part, à la lumière des archives aujourd’hui en notre possession, de son point de vue d’historienne sur le rôle accablant des Alliés dans l’écrasement de l’insurrection. Questionnée par A. Laporte sur la polémique entre Yannick Haenel et Claude Lanzmann, elle défend le roman de Haenel, alors que Wajda (qui n’est pas au courant) ne souhaite pas s’exprimer (4’34).
> La polémique Lanzmann-Haenel (suite)
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Jean-Jacques Schuhl défend Yannick Haenel.
L’extrait ci-dessous (3’37) :
> La polémique Lanzmann-Haenel (suite)
![]() ![]() Sur Médiapart, Claude Lanzmann — tour à tour véhément critique littéraire, créateur, historien, idéologue — répond à nouveau à Yannick Haenel. La confusion s’accroît. Entretien avec Sylvain Bourmeau du 3 février 2010 1. Lanzmann parle du Jan Karski de Haenel. Fiction et vérité. Claude Lanzmann parle du « Jan Karski » de Haenel (Mediapart) 2. Lanzmann parle de son Jan Karski. Jan Karski parle. Claude Lanzmann parle de son Jan Karski (Mediapart) 3. « Non, les Juifs ne pouvaient pas être sauvés. » « Si quelqu’un sait ça, c’est moi. » Claude Lanzmann : l’impossible sauvetage des juifs Mediapart 4. Sur Haenel et Littell. « Littell est un mec qui a un talent extrême, c’est pas le cas de "l’autre". » Claude Lanzmann sur Haenel et Littell (Mediapart) envoyé par Mediapart > Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard
![]() Courts-circuits A l’occasion de la publication de son roman (Le Cherche Midi, 2009), Alain Fleischer, dans un entretien avec Alain Veinstein (11-09-09), revenait sur son film et Jean-Luc Godard (5’40). « ça sent la mauvaise vie » (Philippe Sollers)
Godard et la question juive Vous trouverez de nombreux documents sur ce site Pour Jean-Luc Godard. A noter l’article de Gérard Wajcman « Saint Paul » Godard contre « Moïse » Lanzmann qui sera repris dans le numéro 65 de L’infini (printemps 1999) sous le titre Le Match Godard-Lanzmann et les précisions apportées sur les propos d’Alain Fleischer que je citais dans mon commentaire précédent. > Journal du mois de janvier 2010
Camus, Noces, L’été et les Grecs. Ce sont des essais écrits entre 1936 et 1950.
[...] « rejoindre les Grecs », la formule se trouve dans L’exil d’Hélène (1948), un des chapitres de L’été. Camus écrit : « L’ignorance reconnue, le refus du fanatisme, les bornes du monde et de l’homme, le visage aimé, la beauté enfin, voici le camp où nous rejoindrons les Grecs. D’une certaine manière, le sens de l’histoire de demain n’est pas celui qu’on croit. Il est dans la lutte entre la création et l’inquisition. Malgré le prix que coûteront leurs mains vides, on peut espérer leur victoire. Une fois de plus, la philosophie des ténèbres se dissipera au-dessus de la mer éclatante. O pensée de midi, la guerre de Troyes se livre loin des champs de bataille ! Cette fois encore, les murs terribles de la cité moderne tomberont pour livrer, « âme sereine comme le calme des mers », la beauté d’Hélène. » Noces commence par une épigraphe de Stendhal : « Le bourreau étrangla le cardinal Carrafa avec un cordon de soie qui se rompit : il fallut y revenir deux fois. Le cardinal regarda le bourreau sans daigner prononcer un mot. » (La Duchesse de Palliano) ; et L’été par un vers de Hölderlin : « Mais toi tu es né pour un jour limpide... ». (L’exergue de L’homme révolté est aussi de Hölderlin). A l’époque (il y a plus de 40 ans donc), j’avais souligné quelques phrases : — dans Noces : « Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure. Il n’y a qu’un seul amour dans ce monde. Etreindre un corps de femme, c’est aussi retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel vers la mer. » « Il n’y a pas de honte à être heureux. Mais aujourd’hui l’imbécile est roi, et j’appelle imbécile celui qui a peur de jouir. » « Tout à l’heure, avec la première étoile, la nuit tombera sur la scène du monde. Les dieux éclatants du jour retourneront à leur mort quotidienne. Mais d’autres dieux viendront. Et pour être plus sombres, leurs faces ravagées seront nées cependant dans le coeur de la terre. » « De la boîte de Pandore où grouillaient les maux de l’humanité, les Grecs firent sortir l’espoir après tous les autres, comme le plus terrible de tous. Je ne connais pas de symbole plus émouvant. Car l’espoir, au contraire de ce qu’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner. » — Dans L’été : « La Méditerranée a son tragique solaire qui n’est pas celui des brumes. » « Nous avons exilé la beauté, les Grecs ont pris les armes pour elle. Première différence, mais qui vient de loin. La pensée grecque s’est toujours retranchée sur l’idée de limite. Elle n’a rien poussé à bout, ni le sacré, ni la raison, parce qu’elle n’a rien nié, ni le sacré, ni la raison. Elle a fait la part de tout, équilibrant l’ombre par la lumière. Notre Europe, au contraire, lancée à la conquête de la totalité, est fille de la démesure. Elle nie la beauté, comme elle nie tout ce qu’elle n’exalte pas. » « Voilà pourquoi il est indécent de proclamer aujourd’hui que nous sommes les fils de la Grèce. Ou alors nous en sommes les fils renégats. » « La démesure est un incendie, selon Héraclite. L’incendie gagne, Nietzsche est dépassé. [...]
« Ulysse peut choisir chez Calypso entre l’immortalité et la terre de la patrie. Il choisit la terre, et la mort avec elle. » Ces phrases, je les soulignerais encore. Avec celle-ci — c’est la fin de L’été — : « J’ai toujours eu l’impression de vivre en haute mer, menacé, au coeur d’un bonheur royal. » On peut être et avoir été. « Ce qui a été ne passe pas. On demeure ce qu’on est si on a connu un grand été. « Je suis été » : le Français permet cette clarté d’orage. » > Journal du mois de janvier 2010
Réponse à JPCC : Sur Camus. Pas mieux que vous concernant la référence « Rejoindre les Grecs » ( : Heinz Robert Schlette : Rejoindre les Grecs. Griechen und Christen bei Albert Camus in : Jahrbuch für Antike und Christentum 42 (1999) S. 5-19). N’ai pas répondu plus tôt car pensais reprendre mes recherches... A défaut, le thème de la Grèce et des Grecs, environnement et culture méditerranéenne, irrigue les écrits de Camus. Quelques notes : 1. La citation qui précède dans l’article de Sollers : « Aujourd’hui l’imbécile est roi, et j’appelle imbécile celui qui a peur de jouir. » est extraite de Noces. Et Sollers de poursuivre :
2. Dans « William Faulkner et Albert Camus »
« Quels sont les moyens pour nos contemporains de rejoindre les Grecs et de retrouver le règne de la sagesse Camus les énumère ainsi : ‘L’ignorance reconnue, le refus du fanatisme, les bornes du monde et de l’homme, le visage aimé, la beauté enfin...’ » (p. 67. cette citation n’est pas référencée dans la page en question, mais les citations qui précèdent et suivent sont extraites de l’Eté. Il y a tout lieu de penser que celle-ci, aussi) 3. En 2006, le cycle « Les Méditerranées d’Albert Camus », était consacré à « Albert Camus et la Grèce » et a donné lieu à publication d’un ouvrage collectif de même titre Albert Camus et la Grèce, Editions de Minuit, 2007 > La polémique Lanzmann-Haenel. Je comprends Lanzmann !
Je n’habite pas en France et n’ai rien à voir avec cette "querelle." Mais je trouve Lanzmann maltraité par la plupart des media. Sans doute parce qu’il s’est mis en colère, et qu’on sait que celui qui est en colère a toujours tort. La seule façon de se faire entendre, d’avoir raison, c’est de rester calme : ce que fait Haenel.
J’ai lu le livre de Haenel à sa sortie. J’ai beaucoup aimé sa première partie, très belle description de l’interview de Karski dans le film de Lanzmann que j’ai vu il y a vingt ans et qui est sans doute la plus grande oeuvre qui existe sur l’Holocauste. J’ai aimé aussi la deuxième partie du livre de Haenel, trouvant tout à fait intéressant ce résumé des mémoires de Karski. Et j’ai pensé que le sujet était une excellente idée. Mais la troisième partie... Je n’ai même pas pu la lire mot à mot, tant elle m’a semblé cliché et médiocre par rapport aux deux premières parties ! Et c’était l’unique partie vraiment personnelle du livre. J’avais envie de dire à Haenel : "Tu n’es vraiment pas Karski, malheureusement. Mon pauvre, pour écrire ça tu n’as rien compris." J’en ai eu honte pour lui. Honte de l’anti-américanisme primaire qui transparaissait dans le prétendu regard de Karski sur Roosevelt.
J’ai été désolée que Haenel obtienne le prix Interallié : que la médiocrité l’emporte. On est toujours plus heureux quand ce sont les grandes oeuvres qui sont couronnées par les institutions (cette année, par exemple, Trois femmes puissantes de Marie N’Diaye.)
Alors quand l’article de Lanzmann a paru dans Marianne, je me suis réjouie : réjouie de sa colère, réjouie de le voir défendre ce qu’il faut bien appeler la "vérité", celle de Shoah, celle des grandes oeuvres. Car la littérature, et surtout la fiction, a un rapport avec la vérité. On ne peut écrire n’importe quoi. Ce n’est pas un interdit moral. C’est juste que le n’importe quoi donne, littérairement, du mauvais.
Enfin tout ca n’est pas bien grave. On aura oublié le Karski de Haenel dans un an et Shoah restera.
> La polémique Lanzmann-Haenel (suite)
![]() Il y a aussi polémique entre... historiens Une lecture rapide et superficielle des débats autour du livre de Yannick Haenel pourrait laisser croire qu’il s’agit — comme, hier, autour du livre de Jonathan Litell Les bienveillantes — d’une polémique opposant romanciers et historiens : il n’en est rien. Le 29 janvier, l’émission La Fabrique de l’Histoire recevait Florent Brayard, historien, chercheur au CNRS (Centre Marc Bloch, Berlin), spécialiste du négationnisme et de la Shoah. Celui-ci, défendant de manière très argumentée d’un point de vue littéraire le roman de Haenel, en donnait une tout autre lecture que celle d’Annette Wieviorka et se réjouissait que les romanciers puissent aussi livrer leur compréhension de l’Histoire. Entre historiens et romanciers, « les régimes de production de la vérité sont très différents ». Conclusion : « Laissons les romans romancer. ».
Extraits de l’émission (15’30) :
> Journal du mois de janvier 2010
Bonjour,
dans votre article ci-dessus sur Camus, paru dans le JDD d’hier, vous citez l’article "Rejoindre les Grecs". J’ai trouvé une référence : Heinz Robert Schlette : Rejoindre les Grecs. Griechen und Christen bei Albert Camus in : Jahrbuch für Antike und Christentum 42 (1999) S. 5-19. Mais ça ne me donne pas de solution facile pour y accéder. Pourriez-vous m’aider ? Merci d’avance
Site Internet: Camus
> Jean-Jacques Schuhl, Entrée des fantômes
![]() Jean-Jacques Schulhl à La Grande Librairie du 21/01/2010, interviewé par François Busnel sur son livre Entrée des fantômes, en compagnie de Marie Darrieussecq et Philippe Sollers. Extraits (enchaînés) : > Yannick Haenel répond à Claude Lanzmann et à Annette Wieviorka
![]() Une réaction en ligne sur
http://chauchecrit.blogspot.com
> Discours Parfait de Ph. Sollers sous le signe de Joyce
" La solitude s’accroît... " Sollers ce matin sur Radio Classique avec Guillaume Durand, et, au début, Yann Ollivier et Eve Ruggieri (32’).
> Yannick Haenel répond à Claude Lanzmann et à Annette Wieviorka
![]() Ce que Jan Karski pensait de Shoah La 2ème partie de Shoah passe donc demain mercredi sur Arte. Nous ne redirons pas la nécessité de la voir car Shoah est un grand film, incontournable qui, n’en doutons pas, n’a pas encore produit tous ses effets. Mais puisque polémique il y a (dont il nous semble utile de rendre compte en raison de ses enjeux et malgré ses aspects navrants), qu’elle porte sur Jan Karski et que c’est précisément dans la 2ème partie de Shoah que Jan Karski apparaît (40 mn), il nous semble aussi nécessaire de signaler ce que Karski disait du film dans un texte paru dans la revue polonaise Kulturaen 1985, et traduit en français par la revue Esprit. Yannick Haenel, dans sa réponse à Claude Lanzmann, écrit : « [...] Lanzmann a menti ; il a trahi Karski. Et celui-ci, tout en accordant par loyauté son soutien à Shoah, a protesté dans un article intitulé : "Shoah, une vision biaisée de l’Holocauste" (Esprit, février 1986). »
Shoah appelle donc un autre film... ou un roman. > Yannick Haenel répond à Claude Lanzmann et à Annette Wieviorka
Passionnante polémique. Merci de relayer.
> Yannick Haenel, Jan Karski
![]() ![]() La réponse de Yannick Haenel à Claude Lanzmann Le recours à la fiction n’est pas seulement un droit, il est nécessaireClaude Lanzmann ne comprend pas la littérature. Je respecte sa personne, j’admire ses films, et mon livre Jan Karski est un hommage à Shoah. Mais l’idée qu’il se fait de l’acte littéraire relève de l’archaïsme, et de la mauvaise foi. Cinq mois après la parution de mon livre, voici qu’il m’accuse d’avoir écrit un "faux roman", un "livre obscène", et une oeuvre "malhonnête". Passons sur le temps qu’il aura fallu à Lanzmann pour s’apercevoir d’un si déplorable forfait : cette lenteur s’explique forcément par le sérieux que Lanzman met en toute chose. Passons aussi sur l’immensité de sa jalousie : Lanzmann ne "décolère pas", dixit Pierre Assouline, depuis que Jan Karski a obtenu le prix Interallié ("Le Monde des livres", du 22 janvier). Si Claude Lanzmann s’avise que ce livre est soudainement si scandaleux, c’est parce que son agenda l’exige. Son attaque contre mon livre coïncide en effet avec une rediffusion de Shoah sur Arte, et avec la signature d’un contrat, sur la même chaîne, pour un film sur Karski : dans le domaine de la publicité, le hasard fait toujours bien les choses. Comme si cela ne suffisait pas, Claude Lanzmann a demandé, je cite, mon "exécution capitale". La première phrase de ses Mémoires s’en trouve étrangement éclairée : "La guillotine - plus généralement la peine capitale et les différents modes d’administration de la mort - aura été la grande affaire de ma vie." L’homme qui a voué sa vie à donner voix aux victimes manifeste ainsi, à mon encontre, l’attitude du bourreau. Lanzmann veut ma mort, il l’énonce publiquement, avec l’impunité de ceux qui se prennent pour des commandeurs. Un tel voeu pourrait prêter à sourire, mais soyons clairs : comment qualifier un homme qui souhaite la mort d’un autre ? A qui ai-je porté atteinte ? A Jan Karski ? Ses amis m’ont accueilli en Pologne avec enthousiasme ; ses héritiers m’ont invité à l’Institut Karski de Katowice, ils m’attendent bientôt à celui de Washington. J’ai écrit un livre qui est, en partie, une fiction sur Jan Karski. Le recours à la fiction n’est pas seulement un droit ; il est ici nécessaire parce qu’on ne sait quasiment rien de la vie de Karski après 1945, sinon qu’il se tait pendant trente-cinq ans. Les historiens sont impuissants face au silence : redonner vie à Karski implique donc une approche intuitive. Cela s’appelle la fiction. Lanzmann, évidemment, est catégorique : "Je ne voyais pas comment on pouvait écrire un roman sur Karski" (entendez : il ne doit pas y avoir de roman sur Karski). Enoncer des interdits semble la vocation de Claude Lanzmann. Ainsi serait-il le propriétaire de Jan Karski, comme on l’est d’une marque ; il serait l’unique détenteur de la "vérité", comme il dit, et personne, surtout pas moi, n’aurait le droit, après Shoah, de toucher à Karski. D’ailleurs, Lanzmann est persuadé que Karski n’existe que dans son film, il n’imagine même pas qu’il lui soit arrivé de vivre en dehors de leur rencontre. Il ignore sans doute que Karski a participé à d’autres films que le sien. En exhibant bientôt, comme il l’annonce, une partie de ses rushes, Lanzmann va, dit-il, "rétablir la vérité" : " On saura ce que Karski et Roosevelt se sont vraiment dit ! " Ce qu’ils se sont "vraiment dit" ? Vraiment vrai de vrai ? Les croyances de Lanzmann pourraient simplement sembler rigides, mais le mot de "vérité" sonne ici comme une sentence dans la bouche d’un procureur. Contrairement à ce tribunal de l’Histoire d’où parle Lanzmann, la littérature est un espace libre où la "vérité" n’existe pas, où les incertitudes, les ambiguïtés, les métamorphoses tissent un univers dont le sens n’est jamais fermé. Jan Karski est multiple, contradictoire, secret, comme tous les hommes. Lanzmann le reconnaît involontairement lorsqu’il constate que, au deuxième jour de tournage avec Karski, celui-ci avait changé. Mais cette attitude ne convenait pas à Lanzmann, elle ne correspondait pas à ce qu’il attendait de lui, ainsi juge-t-il soudain Karski "mondain" et "cabotin". On mesure le respect que Lanzmann accorde aux êtres ; on comprend surtout qu’il n’aime pas Jan Karski. Car Lanzmann se garde bien de raconter comment il l’a piégé. Dans une lettre du 7 juillet 1978, pour convaincre Karski d’être filmé, il lui écrit, à propos des juifs d’Europe : "Si quelqu’un est coupable de non-assistance à personne en danger, c’est plutôt les Alliés que les Polonais." Il ajoute qu’il a été impressionné, lors d’un voyage en Pologne, de "découvrir combien tant de Polonais avaient mis leur vie en danger pour venir en aide aux juifs". Puis il lui fait une promesse : "Cette question du sauvetage sera l’un des sujets majeurs de mon film." (Lettre citée par E. Thomas Wood et Stanislaw M. Jankowski, Karski. How One Man Tried to Stop the Holocaust, J. Wiley, 1994, p.253). Non seulement cette question n’est pas l’un des sujets de Shoah, mais en choisissant de couper la partie de l’entretien où Karski raconte sa mission en faveur des juifs, Lanzmann modifie complètement l’image donnée de la Pologne. Il est indiscutable que celle-ci a été effroyablement antisémite. "J’ai voulu protéger Jan Karski contre lui-même", ose dire Lanzmann pour justifier sa censure. Il a surtout rendu impossible qu’on puisse voir, dans son film, un Polonais qui n’est pas antisémite. Bref, Lanzmann a menti ; il a trahi Karski. Et celui-ci, tout en accordant par loyauté son soutien à Shoah, a protesté dans un article intitulé : "Shoah, une vision biaisée de l’Holocauste" (Esprit, février 1986). Ce qui a eu lieu entre Karski et Lanzmann ne correspond donc pas à ce que celui-ci voudrait faire croire aujourd’hui. Au contraire, Lanzmann a un problème avec Karski ; c’est pourquoi mon livre le gêne, comme le retour d’un refoulé. Yannick Haenel, Le Monde du 26-01-10. Note : la réponse de Yannick Haenel figure sur le site de Philippe Sollers sous le titre Jan Karski en liberté. — Yannick Haenel : " Lanzmann ne peut pas comprendre un roman comme le mien " (L’express)
Je me souviens de l’intense émotion qui me submergea lorsque je compris, au cours d’un des voyages exploratoires préludant à la réalisation de Shoah, que Jan Karski était vivant. J’avais lu Story of a Secret State, paru en 1944 aux Etats-Unis, ouvrage dans lequel il racontait ses périlleuses missions de courrier entre la Résistance intérieure polonaise et le Gouvernement polonais en exil à Londres, ses visites au Ghetto de Varsovie, les requêtes désespérées des leaders juifs de Pologne, les quelques heures d’épouvante qu’il avait passées, déguisé en garde ukrainien, dans un camp de concentration qui n’a pu être identifié-e avec certitude, longtemps et à tort considéré par lui comme le camp d’extermination de Belzec où, on le sait, 800000 juifs furent assassinés dans les chambres à gaz. « Chacun voit midi à sa porte. Sollers vous a dit l’année dernière qu’il voyait Saint-Simon comme un écrivain en guerre et Sollers se trompe rarement. Un autre lui-même en somme. Ce n’est pas faux sans doute. Je consens moi aussi à ce qu’on tienne le Duc pour un écrivain en guerre, mais il convient à mon sens de donner au mot « guerre » une signification radicalement autre et cette guerre-là est bien plus dangereuse, pathétique, héroïque et désespérée qu’une ordinaire bataille entre humains en lutte pour les suprématies. [...] » On ne saurait mieux dire. A.G. > Yannick Haenel, Jan Karski
![]() ![]() Compléments au dossier. « Accusé par Claude Lanzmann d’avoir "falsifié l’Histoire" dans Jan Karski, Yannick Haenel se donne le temps de la réflexion. A 16 heures, Yannick Haenel, l’auteur de Jan Karski (Gallimard) n’avait pas encore lu le long article incendiaire de Claude Lanzmann (qualifiant son livre de "falsification de l’Histoire et de ses protagonistes") publié dans l’édition de Marianne du 23 janvier. Mais il se refusait d’ores et déjà de réagir dans l’urgence. Il a décidé de réfléchir durant ce week-end et de préparer une réponse sous forme de lettre qu’il devrait communiquer en début de semaine. Du même coup, cueilli à froid par cette nouvelle polémique, il ne se rendra pas comme prévu au colloque organisé au Lutétia, à Paris, dimanche, sur le thème "Livres des mondes juifs- Diaspora en dialogue". Il prépare, pour s’en expliquer, une missive qu’il fera lire à l’ouverture du débat, auquel participe notamment l’historienne Annette Wievorka, qui l’a accusé de détournement dans la revue Histoire de janvier 2010. Jan Karski est ce soldat polonais, témoin du génocide dans le ghetto de Varsovie, qui tenta en vain d’obtenir l’intervention des Alliés pour empêcher le drame en cours. Yannick Haenel a obtenu le prix Interallié pour son roman éponyme. Les Mémoires de Karski doivent être republiés prochainement. » (Source : L’express.fr). Le point de vue de Florent Georgesco qui avait interviewé Yannick Haenel dans la Revue littéraire en juillet 2009. Et celui, en date du 23 janvier, de Philippe Bilger. Note : sauf erreur, l’article de Claude Lanzmann, que nous avons lu, n’est pas mis en ligne sur le site de l’hebdomadaire Marianne. > Yannick Haenel, Jan Karski
![]() ![]() J’évoquais hier la petite phrase qui avait attiré mon attention dans la présentation de son film Shoah par Lanzmann sur Arte, Pierre Assouline en dit plus dans Le Monde des livres de ce vendredi : cette petite phrase était donc "un SCUD", la guerre ouverte commencera, dans le numéro de Marianne de ce week-end par un "mitraillage" en règle contre Haenel, « la bombe, ce sera pour la fin février ou le début mars : Le Rapport Karski, un document de 52 minutes, que Claude Lanzmann a réalisé pour Arte en travaillant sur les heures d’entretien que lui avait accordées le résistant. Ce qui en ressort ? " La vérité, pardi ! Et là, on verra bien l’impression que le président Roosevelt lui a faite, on saura ce qu’ils se sont vraiment dit, les gens comprendront que Haenel est un faussaire et que c’est une mauvaise action de Philippe Sollers d’avoir publié ce livre obscène, malhonnête, une honte ! " » Cette guerre-là dépassera-t-elle rapidement " la guerre du goût ", comme le dit (de manière neutre ?) Pierre Assouline ? Ou s’agira-t-il — s’agit-il déjà — d’une guerre à plusieurs fronts ? Ayant déjà donné une grande partie des pièces à conviction dans un dossier commencé le 11 septembre (lire aussi les commentaires), ayant aimé le livre de Haenel, il nous faudra attendre de nouveaux éléments pour y revenir : non seulement les "six pages" annoncées dans Marianne, et la riposte qu’elles ne manqueront pas de susciter, mais le nouveau film de Lanzmann. Des questions restent entières : qu’en est-il, dans un roman (et non un "essai", comme le voulait les jurés du Goncourt), du "droit" de l’écrivain ? Qu’en est-il de la "vérité" ? De la "fiction" ? De la vérité de la fiction ? Georges Bataille écrivait dans L’impossible : « Comme les récits fictifs des romans, les textes qui suivent — au moins les deux premiers — se présentent avec l’intention de peindre la vérité. Non que je sois porté à leur croire une valeur convaincante. Je n’ai pas voulu donner le change. Il n’est d’ailleurs pas en principe de roman qui donne le change. Et je ne pouvais songer à le faire à mon tour mieux qu’un autre. Je crois même qu’en un sens mes récits atteignent clairement l’impossible. Ces évocations ont à la vérité une lourdeur pénible. Cette lourdeur se lie peut-être au tait que l’horreur eut parfois dans ma vie une présence réelle. Il se peut aussi que, même atteinte dans la fiction, I’horreur seule m’ait encore permis d’échapper au sentiment de vide du mensonge...
Une chose, d’ores et déjà, est sûre : « le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’hommes. » (Rimbaud, Une saison en enfer)
Le réalisme me donne l’impression d’une erreur. [...] Il y a devant l’espèce humaine une double perspective : d’une part, celle du plaisir violent, de l’horreur et de la mort — exactement celle de la poésie — et, en sens opposé, celle de la science ou du monde réel de l’utilité. Seuls l’utile, le réel, ont un caractère sérieux. Nous ne sommes jamais en droit de lui préférer la séduction : la vérité a des droits sur nous. Elle a même sur nous tous les droits. Pourtant nous pouvons, et même nous devons répondre à quelque chose qui, n’étant pas Dieu, est plus forte que tous les droits : cet impossible auquel nous n’accédons qu’oubliant la vérité de tous ces droits, qu’acceptant la disparition. » À suivre donc... > Shoah
La 2ème partie du film de Claude Lanzmann sera diffusé sur Arte le mercredi 27 janvier à 20h35. Ceux qui ont vu ou revu la 1ère partie, le mercredi 20, ont pu entendre la présentation de Claude Lanzmann et noter l’évocation qu’il a faite de Jan Karski, l’homme (que l’on verra dans la 2ème partie de Shoah), et de Jan Karski, le roman de Yannick Haenel. Lanzmann a révélé que ce que Haenel avait "inventé" dans la 3ème partie de son roman (la plus controversée), Jan Karski le lui avait déjà dit en 1978. Et Lanzmann d’ajouter : « Jan Karski le dira lui-même, ce sera en mars sur Arte ». A suivre donc... > Sprezzatura et ses auteurs (Episode 2)
Et aussi cette référence à la sprezzatura, chez Sollers, dans Liberté du XVIIIe siècle - Les surprises de Fragonard, Folio p. 28) :
Viktor Kirtov > Sprezzatura et ses auteurs (Episode 2)
« Le dégagement rêvé du corps » — la sprezzatura comme l’italien sait le dire — donne dans la foulée sur un « brisement de la grâce croisée de violence nouvelle ». Ph. Sollers, Illuminations, folio, p. 105. > La servitude volontaire : Les nouveaux visages de la servitude volontaire
Je surfais récemment sur la vidéo plus ou moins célèbre, et libre de droits, de JF Brient, dénonçant la servitude moderne comme servitude volontaire, renouant avec les thèses de La Boétie, le petit prodige de la philosophie politique du 16° siècle. La vidéo de JF Brient, on doit le reconnaître, manifeste une terrifiante beauté métaphysique, tout en dénonçant avec justesse l’auto-aliénation des masses et plus particulièrement du salariat. Je ne suis pas sûr toutefois qu’elle prolonge suffisamment l’œuvre remarquable de La Boétie. La vidéo, sorte de nouveau Discours de la servitude volontaire mis en image, en reste à une sorte de contemplation morose, et c’est d’ailleurs ce qui fait sa beauté. Il me semble cependant que dénoncer la servitude volontaire d’aujourd’hui, particulièrement celle du salarié qui vit encore dans des pays vaguement démocratiques, ne sert pas à grand-chose si on ne valorise pas en même temps le nécessaire contrepoids à l’exploitation et à l’oppression des travailleurs qu’est le syndicalisme (il faut relire la Charte d’Amiens à ce sujet). La liberté syndicale ne s’usant que si l’on ne s’en sert pas, c’est encore et toujours de la responsabilité du salarié, s’il laisse se dégrader le syndicalisme en n’y participant pas. En clair, la syndicalophobie de masse (à ne pas confondre avec l’antisyndicalisme classique des gouvernements et du patronat) constitue la forme la plus achevée, la plus navrante et la plus effrayante aussi de la servitude volontaire. Jamais les salariés n’ont été autant exploités ; jamais comme aujourd’hui, cependant, ils n’ont autant méprisé leur propre outil de revendication : l’organisation syndicale sur le terrain. En clair, à l’heure actuelle, une philosophie politique qui se contenterait de déplorer les excès du capitalisme libéral sans jamais s’interroger une seule fois sur la nécessité de l’outil syndical, cette philosophie politique, dis-je, resterait abstraite, imprécise et, pour tout dire, sans aucun effet pratique. LP Roche Professeur de philosophie Responsable syndical Auteur de SYNDICALOPHOBIES, L’horreur syndicalophobe ou les nouveaux visages de la servitude volontaire En ce qui me concerne, j’ai appliqué le conseil de Philippe Sollers : relire La Boétie. J’ai essayé d’inscrire ma réflexion entre La Boétie et un certain retour au pansyndicalisme. > Roland Barthes, tel quel
-Toute cette semaine, Roland Barthes dans Les nouveaux chemins de la connaissance.
> Debord au cinéma
![]() De Stéphane Zagdanski (ce jour) : « http://parolesdesjours.free.fr
— « La mort dans l’œil : Critique du cinéma comme vision, domination, falsification, éradication, fascination, manipulation, dévastation, usurpation » a été publié aux éditions Maren Sell en 2004. — voir La mort dans l’œil (septembre 2004)
Merci
Merci pour vôtre blog ! Il est parfait et utile. Baiser du Brasil, Porto Alegre. Sandra Mara Corazza
> Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard
Au moment de la publication de son roman Courts-circuits en septembre 2009, Alain Fleischer répondait aux questions de Jacques Henric. A la fin de l’entretien dont vous lirez l’intégralité ici, il revenait sur certains propos tenus par JLG. « [...] J. Henric : Certains de tes amis font irruption dans Courts-circuits, des écrivains, des peintres, des cinéastes. Un Godard inhabituel fait son petit tour... A. Fleischer : En effet, c’est la première fois que dans un livre de fiction je glisse, sans les présenter comme tels, des fragments autobiographiques. Dans d’autres livres, j’avais pris l’habitude de les signaler. Ici, on ne sait pas alors si le « je » est celui du narrateur ou celui d’un personnage fictif ou réel. Je renverse même les rôles en interviewant un personnage qui est moi. Oui Godard. J’évoque notamment ce film que j’ai fait sur lui, plus particulièrement les passages qui ont été coupés ou ses propos tenus en voix off. Je rappelle cette phrase qu’il a prononcée un jour et qui m’a semblé être une horreur, mais dont il s’est très vite défait en passant à un autre sujet. C’était au moment des attentats suicides palestiniens. « Finalement, a-t-il dit, les attentats suicides des Palestiniens, c’est un peu comme ce qu’ont fait les Juifs en se laissant enfermer dans les chambres à gaz pour faire exister l’État d’Israël ». Dans le film, j’ai adopté la position d’un filmeur muet. Je l’ai laissé parler avec les interlocuteurs qu’il a choisis, parfois avec des étudiants qu’on lui avait proposés. Il a joué le jeu. Il a été réellement présent. Je me suis abstenu d’intervenir, y compris dans les moments où vraiment j’avais envie de le moucher. J’ai tenu bon mais j’ai souhaité lui répondre. Ce livre en est l’occasion. Je n’exclus d’ailleurs pas de reprendre un jour, dans un autre livre, la totalité des propos tenus dans le film, pour y répondre à nouveau plus longuement. Le titre pourrait m’être donné par Godard lui-même, quand il parle du passage du muet au parlant. Il dit quelque chose d’assez joli : « On a poussé trop vite le cinéma à parler comme si on forçait un enfant à parler. Il fallait le laisser muet plus longtemps. » Mon livre pourrait donc s’intituler La réponse du muet au parlant. J’étais le muet, moi, dans cette affaire et c’est lui qui parlait. Mais, ai-je besoin de le préciser, je n’avais absolument pas préparé la venue de Godard dans mon livre. Je le répète : je suis incapable de convoquer qui que ce soit autrement qu’en écrivant. » Propos à mettre en rapport avec le long paragraphe intitulé Ici et ailleurs de l’article Godard est un grand bavard où Matthieu Santelli évoque « ce fameux passage d’Ici et ailleurs, qui part d’un portrait de Hitler, enchaîne avec une incrustation vidéo sur une photo de Golda Meir, pour se terminer sur l’image d’un corps de palestinien carbonisé sur fond de chant arabe. » On attend le nouveau livre de Fleischer pour en savoir plus sur ce qu’on sait déjà : la bêtise et l’aveuglement de Godard sur la "question juive". CQFD. > Sprezzatura et Ironie
« Cette autre pensée, d’après moi, ne va pas sans désinvolture, sans ce que les Italiens nomment "sprezzatura". Ni non plus sans ce que les Français nomment l’ironie. » Discours Parfait, p.779 (La mutation du divin) > Prolongations d’Alain Fleischer
Voir également sur pileface l’article "Alain Fleischer".
C’est aussi grâce à vous, cher lecteurs, vos coups de coeur et vos critiques que nous pouvons découvrir ces livres et avoir envie de les lire. Je lis en ce moment un titre ancien Herzog, Saul Below, 1961, suite à la seule mention d’un journaliste à qui on posait la question éculée "quels livres vous accompagneraient dans une île déserte ?" ou quelque chose comme ça. Réponse : le titre cité, plus la mention "je ne cesse de le lire et le relire..." Je n’en suis qu’au début de ma première lecture, mais sais déjà que j’aurai besoin de le relire - avec plaisir - pour descendre un peu dans ses profondeurs. Humour et dérision juifs au premier degré où les personnages ne sont ni beaux ni gentils ; ils nous retiennent justement parce qu’ils sont imparfaits. > Prolongations d’Alain Fleischer
Un roman de grande envergure malheureusement passé trop inaperçu ! Rien de grave ; le temps lui appartient.
Camus : Le temps de la révolte
![]() Pour juger sur pièces, de nombreux documents sonores sont présentés cette semaine lors de l’émission : Les nouveaux chemins de la connaissance. Ce lundi :
Bref entretien avec Raphaël Enthoven dans Le Monde. > Debord au cinéma
![]() Dossier complété et mis à jour le 3 janvier 2010.
> Jean-Jacques Schuhl, Ingrid Caven
![]() Vous avez tout à fait raison. Vous pouvez d’ailleurs vous reporter à notre dossier Le scandale Mc Enroe et aux nombreux commentaires qu’il a suscités.
Et surtout, puisque vous semblez avoir lu — et bien lu — Sollers, lire le livre éponyme de Thomas Ravier. > Jean-Jacques Schuhl, Ingrid Caven
![]() « Écrire comme McEnroe jouait au tennis »... Pileface a sûrement repéré que Sollers disait déjà la même chose dans Femmes (p. 141) : « Il faudrait écrire comme ça... La balle fulgurant sur le côté droit... Juste dans l’angle... Sur le point fuyant de l’angle... On dirait un ange du Caravage, agressif, rapide, venant renverser les cartes de la pesanteur... » Il s’agit alors d’un match télévisé entre McEnroe « [l]e champion que vous aimez haïr » et Borg « le champion qu’on aime ». Le rapprochement entre le narrateur de Femmes et McEnroe est là, comme en sous-entendu : « [c]e héros négatif dont on applaudit les fautes... Qu’on souhaite viscéralement voir perdre... Et qui gagne quand même... », ce McEnroe « encore en train de gagner virevoltant, bondissant, tenant toute l’étendue du filet... [et qui] vient de réussir un premier service imparable... Un ace... » Difficile d’ignorer ici que Sollers prête à McEnroe à peu près les mêmes parcours figuratifs descriptifs qu’il attribue au narrateur du roman Femmes au fil de la narration « l’enfant gâté, l’adolescent prolongé, [qui] n’en est pas encore à la castration officielle... Pas de femme... Ou plusieurs... Ou rien... Tout pour lui seul... » Le tennis est aussi très présent dans Portrait du Joueur dont je cite un extrait où ce jeu donne naissance à une belle métaphore : « Allez, on rattrape ! C’est ça... Rattraper, renvoyer, attaquer, frapper... Le temps manqué, gaspillé, avec des balles aux quatre coins de l’espace, rose des vents de l’espace, raquette des pages avec ses cordes bien serrées de paragraphes et de lignes. Coupes rasantes, tangentes, interventions dans les angles. Lobes, volées, conscience des couloirs, du filet, des hésitations ou lenteurs de l’adversaire, et cet adversaire, pauvre con, c’est bien entendu toi-même, comme toujours et partout, selon le vieux stéréotype toujours neuf, terrible, sans cesse à redécouvrir dans les dérapages, les ratages, les creux, la fatigue et les poussées successives de la mort venant vers toi, de l’autre côté de toi, bélier rouge-noir invisible, obstiné, vengeur, sourd dans ses coups sourds [...] (p. 227) Dans Le Coeur Absolu, on retrouvera aussi bien notre joueur de tennis-narrateur cette fois « essoufflé et en nage » et à qui il appartiendra d’expliquer « l’image » des « micros ouverts ». Encore ici, « [l]a balle dans le coin droit, là-bas, pointée dans l’angle » (p. 289) > Lautréamont politique aujourd’hui comme jamais
![]() ![]() Du jour au lendemain, le 28-12-09 : Jean-Luc Steinmetz sur Lautréamont.
> Sprezzatura rend grâce avec Pierre Dulieu (Episode 2)
Asinus Asinum fricat
> Les Folies Françaises
![]() Le bon lien est rétabli. Merci de votre vigilance.
> Les Folies Françaises
![]() Bonjour, alors que vous citez Wikipédia, le texte que vous citez sur la Folia est de moi et est sensiblment différent de celui de l’encyclopédie (et bien plus ancien).
Je vous remercie de me citer en tant qu’auteur du texte sur cette page : http://www.pileface.com/sollers/article.php3 ?id_article=859
> Les Voyageurs du Temps ou la résurrection spirituelle de Paris
Très beau texte sur les Voyageurs du Temps ou la résurrection spirituelle de Paris. Narration de la vie réinventée nous dit Olivier Thébault, oui, tandis que PARIS est en train de devenir la capitale européenne du sommeil et de l’ennui ai-je lu dans un hebdo. Paris si bien lue, écrite, vécue par Sollers, et ce roman en est la preuve.
Cette"Narration de la vie réinventée", expression utilisée par Olivier Thébault pour caractériser le projet littéraire sollersien, on la retrouve chez Alain Jouffroy et son livre lui aussi admirable "La vie réinventée", l’explosion des années 20 à Paris.
Sollers, Jouffroy, et pileface c’est parfait pour aborder l’année 2010.
> La naissance de Sprezzatura ( Episode 1)
L’hiver dernier, le musée Jacquemart-André consacrait à Van Dyck sa première grande monographie française. On lisait sur le site artnet : « [...] Il n’est guère aisé de traduire la « sprezzatura ». De son origine latine - le verbe « sperno » - on retiendra l’idée d’écarter, d’éloigner, de repousser ou encore de dédaigner. Dans l’italien contemporain, on le traduit par mépris, dédain, désinvolture. Autant de termes que l’on pourrait facilement interpréter dans une perspective morale. Le premier traducteur français du Traité du Courtisan [de Castiglione] l’avait d’ailleurs rendu par « mépris », ce que le second traducteur, Alain Pons, corrige intelligemment en le remplaçant par « désinvolture ». Mais « négligence » conviendrait également. [...] » > Correspondance Paulhan-Ponge - LETTRE 644
Louis Claude Paulic est secrétaire de l’association des amis de rimbaud.
> Les Voyageurs du Temps ou la résurrection spirituelle de Paris
Ceci est le premier texte où j’essaie, encore bien jeune et non sans confusion, de restituer le contenu de mes premiers travaux dubourgiennement midrashiques. Depuis, la confusion est "devenue à soi-même claire" comme dit Hegel et l’on trouvera avec le lien suivant la version clarifiée de ce texte : ici. Olivier-P Thébault > Les Voyageurs du Temps ou la résurrection spirituelle de Paris
Lire de Olivier Thebault : (Le cri de l’hébreu) un texte pour quelques-uns, pour tous et pour personne, A l’amitié, « Ils ne comprennent pas comment ce qui lutte avec soi-même peut s’accorder. L’harmonie du monde est par tensions opposées, comme pour la lyre et pour l’arc. » Héraclite « Le compte, le chiffrage, tout est là. L’Être Suprême n’intervient que lorsqu’on est fatigué de compter, on passe à l’addition sans vérifier, joli calcul, fausse algèbre. J’ai pénétré le secret, je n’en attends ni compréhension particulière ni reconnaissance, au contraire. » Philippe Sollers, Sade contre l’Être Suprême Je me propose, sans être ému, d’éclairer L’Apocalypse de Jean à la lumière de l’hébreu original de sa prime écriture. Après deux mille ans de délires, il est temps, enfin, de la lire.
> J’apporte les croissants chez Philippe Sollers
Sollers toujours aussi plaisant à écouter ; c’est loin d’être le cas de la pauvre fille qui lui donne la réplique...
> Marcel Detienne — Sur l’identité nationale (Sylvain Bourmeau, Mediapart)
![]() En complément à l’entretien de Marcel Detienne, lire l’article de Gérard Noiriel dans le Nouvel Observateur du 10 décembre 2009 Les sept transgressions de Besson.
> Panégyrique de Guy Debord
Actualité ? On peut relire La planète malade. C’est de 1971.
> Matisse, le pur plaisir d’inventer.
Une édition augmentée du livre de Marcelin Pleynet, Cézanne marginal (2006), paraîtra au printemps 2010 dans la collection « Folio ».
> Paradis de Ph. Sollers : Edition critique et commentée.
Réponse à Insterburg ( François Renault) Faudrait-il encore que Gallimard ait décidé de publier Sollers en Pléiade. Sollers l’aurait souhaité, comme ce fut le cas pour Céline, mais ne l’attend plus de son vivant. > Paradis de Ph. Sollers : Edition critique et commentée.
Quand sera-t-il possible de lire dans son intégralité cette édition critique et commentée qui mériterait de figurer dans un volume de la pléiade consacré à l’auteur ? FR > Bataille à propos de Camus : Le temps de la révolte
![]() La citation de Artaud par A.G est foudroyante. Croyez-vous que Sollers la signerait ? Ce que dit Artaud dans la citation signifie entre autres la neutralisation pure et simple de quelqu’un comme Sollers. Si tant est qu’on prenne ce qu’écrit Artaud au sérieux... (mais il ne s’agit pas de ça, n’est-ce pas...) > J’apporte les croissants chez Philippe Sollers
L’intervieweuse était plutôt dépassée par les évènements.
> Céline, La préface manquante
La "mort du Blanc" c’est le snobisme absolu pour un écrivain français (blanc). Sollers a un côté démagogique insoutenable. C’est son côté "merdeux de gauche". Mais il a bien d’autres qualités.. > Céline, La préface manquante
Merci pour votre réponse sur ce détail sans vraie importance. La mémoire textuelle de Sollers est assez immense pour qu’on ne lui cherche pas des poux ; c’était pour le plaisir de citer ce finale extraordinaire. Merci surtout de rendre ce texte lisible.
> Céline, La préface manquante
Réponse à D.
Céline : les derniers mots de Rigodon (1er juillet 1961)
Notons que Sollers parle de champagne, et Céline de Reims et Epernay. Les profondeurs en évoquent les caves de champagne. Vous avez tout bon, c’est Sollers qui a un peu brodé. Cité de mémoire ?... C’est aussi dans les caves troglodytes de Chinon, creusées dans le tuffeau, que Rabelais célébrait la Dive Bouteille. Même invitation dionysiaque et parodique à boire dans un gai délire.
> Céline, La préface manquante
" Bulles pétillantes" ? Qu’est-ce que c’est que ces " bulles pétillantes" ? "Profondeurs pétillantes" ! - C’est la fin inoubliable, irrésistible, de Rigodon : « qu’ils viennent, qu’ils osent les Chinois, ils iront pas plus loin que Cognac ! il finira tout saoul heureux, dans les caves, le fameux péril jaune ! encore Cognac est bien loin... milliards par milliards ils auront déjà eu leur compte en passant par où vous savez... Reims... Epernay... de ces profondeurs pétillantes que plus rien existe... » > Bataille à propos de Camus : Le temps de la révolte
![]() Après ce copieux et très riche dossier, la réponse de Jean-Jacques Brochier me suffit : "Philosophe pour classes terminales".
> Bataille à propos de Camus : Le temps de la révolte
![]() Comme vous le savez, Artaud dit très précisément : « Toute l’écriture est de la cochonnerie.
Les gens qui sortent du vague pour essayer de préciser quoi que ce soit de ce qui se passe dans leur pensée, sont des cochons. Toute la gent littéraire est cochonne, et spécialement celle de ce temps-ci. Tous ceux qui ont des points de repère dans l’esprit, je veux dire d’un certain côté de la tête, sur des emplacements bien localisés de leur cerveau, tous ceux qui sont maîtres de leur langue, tous ceux pour qui les mots ont un sens, tous ceux pour qui il existe des altitudes dans l’âme, et des courants dans la pensée, ceux qui sont esprit de l’époque, et qui ont nommé ces courants de pensée, je pense à leurs besognes précises, et à ce grincement d’automate que rend à tous vents leur esprit, — sont des cochons. Ceux pour qui certains mots ont un sens, et certaines manières d’être, ceux qui font si bien des façons, ceux pour qui les sentiments ont des classes et qui discutent sur un degré quelconque de leurs hilarantes classifications, ceux qui croient encore à des "termes", ceux qui remuent des idéologies ayant pris rang dans l’époque, ceux dont les femmes parlent si bien et ces femmes aussi qui parlent si bien et qui parlent des courants de l’époque, ceux qui croient encore à une orientation de l’esprit, ceux qui suivent des voies, qui agitent des noms, qui font crier les pages des livres, — ceux-là sont les pires cochons. Vous êtes bien gratuit, jeune homme ! Non, je pense à des critiques barbus. Et je vous l’ai dit : pas d’oeuvres, pas de langue, pas de parole, pas d’esprit, rien. Rien, sinon un beau Pèse-Nerfs. » (Le Pèse-Nerfs, 1925) > J’apporte les croissants chez Philippe Sollers
Nous sommes le 28 novembre et j’écoute l’émission radiophonique de Laurence Garcia consacrée à Philippe Sollers. Quel homme, quelle intelligence, un vrai cadeau offert en ce jour d’anniversaire (puisque j’écoute cette émission dans la nuit de vendredi à samedi). La rencontre de l’oeuvre sollersienne, c’est la chance ou même la providence, j’en suis certain.
> Bataille à propos de Camus : Le temps de la révolte
![]() Quelques rectifications s’imposent. En réaction à ce que je lis, entend, ici et là. Bien que jeune lecteur, j’ai un peu attrapé le virus littéraire, dirons-nous. Donc j’exprime mon avis. Je m’en sens obligé. De démangeaison. Sur un site par ailleurs remarquable. D’abord dire et redire que Camus n’est ni un MORALSTE ni un HUMANISTE. AU CONTRAIRE. Il suffit de LIRE ses textes. Par exemple, souvenons-nous que l’Etranger a été taxé à l’époque de livre "immoral". Ensuite, je cherche en vain un résidu d’humanisme dans Caligula ou la Chute. Mais Camus avait anticipé cette classification abrupte, inepte. Cette récuperation politique obtuse, ce radotage de corniaud. " Oui, l’enfer doit être ainsi : des rues à enseignes et pas moyen de s’expliquer. On est classé une fois pour toutes" Page 52, la Chute. De la même façon, après la parution de l’homme révolté, on l’a accusé d’exalter le terrorisme. (dans lettres sur la révolte, Actuelle 2 pléiade n° 3) On tape jamais sur les bons. Allez voir du côté d’Hegel ( ce que fait courageusement Camus d’ailleurs ) et d’autres, qu’on récupère à coups de slogans institutionnels. Et j’en passe. C’est re-vol-tant. Il y a une chape de plomb à pulvériser, un monde de dandy à défigurer. Et puis se positionner contre la peine de mort ( comme l’a fait Camus) n’est en rien une façon d’être humaniste. L’humaniste, c’est celui qui est pour la peine de mort. En croyant qu’il y a d’un côté le coupable et de l’autre les gentils, les épouvantails de vertu, c’est-à-dire les juges. Or ces oppositions de bistrot commencent à être exasperantes. Le coupable n’est que le reflet de ce que refoule les magistrats ou le citoyen lambda. IL N’Y A PAS D’INHUMAIN. ( Lautréamont est bien de l’engeance, quoi qu’il en dise. Et il est sûrement plus humain que le reste, dans son inhumanité verbale.) Le paradoxe monumental est qu’on accuse des gens, en les amenenant à la potence, alors qu’ils sont alles eux au bout de leurs pulsions, celles de tout un chacun. PARFAITEMENT. Car qui n’a jamais eu envie de tuer quelqu’un ?? Qu’il se lève). Kafka avait raison, on accuse d’abord quelqu’un d’être homme, avant son forfait, quel qu’il soit Ensuite, Breton. Sans commentaires. Voilà un écrivain-voyou qui est resté à quai (comme la plupart, ils se sont erigés un seuil de censure, ont serré les fesses, et n’ont pas suivi le conseil de Lautréamont " Allez-y voir vous-même si vous ne voulez pas me croire". A qui la faute ? ) Enfin Sade. La encore, c’est de la violence gratuite ( Comme Guyotat et consorts). La pornographie est-elle un art ? Sade n’est donc pas de la littérature. Mais s’il ne fallait garder que des écrivains dignes de ce nom, des chercheurs d’absolu, on aurait plus qu’à vendre sa bibilothèque. Au risque de pasticher Artaud "toute la culture est de la cochonnerie". Il n’est pas sûr que je revienne. C’est le propre de la dénonciation que d’être un réceptacle d’échos désertiques. > Surprenant Confucius
![]() Sur France Culture, lors de l’émission A plus d’un titre, Jacques Munier s’entretient 1. avec Jacques Sancery (Confucius, Cerf - 2009) et Alexis Lavis (Yu Dan, Le bonheur selon Confucius : Petit manuel de sagesse universelle, Belfond - octobre 2009) (le 25-11-09)
2. avec Rémi Mathieu (Philosophes confucianistes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade - 2009) (le 26-11-09)
Site Internet: Le site de l'émission
> L’arc et la lyre
Désolé d’avoir maltraité votre prénom, que mon ami A.G. a corrigé avant même que je ne m’en aperçoive !
Pour les lecteurs de Pileface, précisons aussi que Jean-Hugues Larché est le réalisateur d’un film « Nietzsche, miracle français par Philippe Sollers » dont nous avons rendu compte dans un article d’A.G, que l’on peut retrouver, ici. Cette proximité intellectuelle avec Sollers de plusieurs des membres de Sprezzatura, ne nous a pas échappé, avec aussi Sandrick Le Maguer et son livre « Portrait d’Israël en jeune fille » publié dans la collection L’Infini sur le thème de Marie, entre autre, un thème sollersien, revisité à la source des racines hébraïques derrière le grec des Evangiles qui est parvenu jusqu’à nous. Aussi, le flamboyant bretteur Alexandre Gambler, qui avant de se lancer dans l’aventure de Sprezzatura a commis un texte : « le corps de Sollers » en forme de reconnaissance de filiation... Le thème, Guerres irrégulières, "programmatique", de votre premier numéro n’est pas, non plus, sans évoquer les guerres de Sollers : « Guerres secrètes », « Guerre du Goût »... Et jusqu’aux références littéraires et artistiques : Debord et Sollers cités dans votre discussion inaugurale qui ouvre la revue. Nietzsche avec vous etc. Proximité sollersienne, certes, mais pas seulement, et comme le domaine de notre site a pour objet « Sur et autour de Sollers », nous consacrerons prochainement un article à la nouvelle revue littéraire Sprezzatura. Viktor Kirtov > L’arc et la lyre
Jean- Hugues Larché, si je peux me permettre.
> Le secret de Philippe Sollers
Bien voir l’article où il est dit que 70 % des gens accepteraient de torturer autrui.
> Sollers : Femmes (le roman)
Le soir, j’ai hâte de retrouver le livre. M’immerger dans cet univers, pour moi si nouveau. Hélàs, je manque cruellement de culture et toutes ces références... Ploof ! s’enlisent mollement dans mon cerveau vide ; mais quand je suis connectée c’est vivifiant, foudroyant cette arrogante franchise, si juste. Un souffle fulgurant fait voler en éclats mes petits principes, mes grands préjugés, toute une éducation à repenser. Je reste assise par terre, abasourdie... Et néanmoins, imperceptiblement plus grande, plus ouverte, plus libre. C’est cela... Exactement plus libre.
Une belle rencontre. > Surprenant Confucius
![]() Merci pour le lien vers la thèse sur " Le nationalisme chinois aujourd’hui " de M. Ye Ming que j’ai d’ores et déjà téléchargée et qui, après en avoir parcouru certains chapitres, me paraît effectivement fort intéressante. Bien à vous. > Surprenant Confucius
![]() Juste pour signaler qu’un étudiant chinois a fait une thèse de 650 pages sur le nationalisme chinois : http://www.bu.univ-paris8.fr/web/collections/theses/YeThese.pdf . Le point de vue est intéressant, c’est une étude objective, on sort du schéma nationalisme = propagande, fascisme, etc. En tout cas, merci pour vos dossiers, ils sont exceptionnels. > Surprenant Confucius
![]() Dussé-je vous surprendre je partage beaucoup de points de votre analyse. Votre passion de comprendre la Chine devrait sans doute trouver quelques motifs de satisfaction à la lecture de l’ensemble des articles ou dossiers que nous lui avons consacrés — dans le cadre, bien sûr, de ce qui fait la spécificité de ce site.
> Surprenant Confucius
![]() Une citation hors contexte peut tout prouver, absolument tout et son contraire. Simon Leys a écrit sur le totalitarisme chinois dans les années 1980. Aujourd’hui, les choses ont changé et je suis surpris qu’on utilise encore le vocabulaire de la guerre froide. Vous avez cité Jean-Pierre Cabestan, mais pour prouver quoi ? Ce que je vous reproche, c’est d’écrire des expressions qui sont plus fondées sur des idées reçues que sur des faits. Moi aussi, je pourrais vous citer des livres sur le nationalisme français, par exemple "La France entre nationalisme et fascisme" de Zeev Sternhell (il n’est pas français car aucun français n’aurait pu écrire un livre sur ce sujet). Mais pourquoi faire ? Est-ce que cela suffit à montrer qu’il y a propagande nationaliste quand la France organise la coupe du monde de foot ? Vous demandez de ne pas confondre le système chinois avec la civilisation, la culture ou le peuple chinois. Et bien moi, je vous demand de vous mettre dans la peau du peuple chinois. Que ressent le peuple chinois quand il voit les campagnes de dénigrement de la presse occidentale contre la Chine pendant les jeux olympiques ? Ce qui est accablant, c’est cette prurit à parler de propagande nationaliste chinois et de boycott, alors que tout le monde s’en fiche des horreurs bien réelles que les Etats-Unis commettent au même moment en Irak ou en Afganistan, et personne n’exige pour eux aucun chatiment, aucun boycott. Ne trouvez-vous pas qu’il y a là un bug, non ? Ce que les journalistes français appellent Nationalisme en Chine n’est que le Patiotisme d’un Pays qui n’accepte pas les leçons de l’Occident qui a peur d’une Chine prospére et forte qui ne s’en laissera pas compter. Il y a aussi malentendu entre deux pays qui possèdent des psychologies différentes. Ce qui se passe entre la Chine et la France, c’est exactement ce qui se passe entre les USA et la France, pendant la période du début de la seconde guerre d’Irak. Comme les Américains, les Chinois possèdent une psychologie différente de celle des Français. C’est une évidence, mais les Français semblent faire fi de ce détail. Il faut comprendre que pendant des siècles, les Chinois Han ont été dominés plus ou moins par des ethnies non Han (Tibétains, Mongols, Mandchou). Et durant les dernières années avant la Révolution de Mao, ce sont les Occidentaux qui avaient le pouvoir en Chine ! Regardez comment nous, en France, ressassons sans arrêt nos quatre ans d’occupation... QUATRE ANS ! Pendant quatre ans, les Allemands avaient le pouvoir en France, et nous ne cessons de nous référer à cette époque. Ensuite, grâce au tour de magie de De Gaulle, nous avons réécrit l’histoire et complètement fantasmé “La Résistance”. Nous avons idéalisé notre propre réaction à ces quatre années... mais alors... qu’en serait-il si au lieu de quatre ans, les allemands, puis les anglais, puis les australiens, puis les Belges, avaient successivement dirigé la France pendant 500 ans, pendant 1000 ans ? C’est exactement ce qu’ont vécu les Chinois... Les Allemands, eux, n’ont pas détruit Versailles... Connaissez-vous l’histoire de l’ancien Palais d’Eté des empereurs chinois ? Une merveille mise à sac et brûlée en 1860 par les Français et les Anglais... Qu’imaginez-vous qu’il se passerait, en France, si les Allemands, en 2008, se mettaient à nous offenser, même à raison ? Alors qu’imaginez-vous qu’il se passe dans l’esprit d’un chinois qui voit ses amis de France manquer de respect à son drapeau et à ce qu’il estime être l’intégrité territoriale de son pays ? Regardez comment l’Etat français a réagi sur les sifflements contre la Marseillaise. Le nationalisme est une maladie, une pathologie. Mais... on connaît son terreau : l’humiliation nationale, collective, sur laquelle les populistes peuvent surfer avec tant d’aise. On sait quelle réaction a engendré la défaite allemande en 1918... on sait aussi que Mao a construit sa popularité sur une Chine unie, rassemblée. La Chine aux Chinois ! Il n’y a bien qu’en France qu’on trouve ça nationaliste ! Ce qui s’est passé à Paris a profondément vexé les Chinois. Puisque le chinois se vexe, il veut aussi vexer. Alors il brule le drapeau français, pensant que notre psychologie est identique à la sienne. Mais les Français n’ont pas compris ce geste et l’interprète de nationaliste. > Surprenant Confucius
![]() Il est quand même arrivé à Simon Leys d’écrire du « système » bureaucratique-totalitaire chinois — qu’on ne confondra pas avec la civilisation, la culture ou le peuple chinois — qu’il « opère une sélection à rebours : il pénalise la décence, l’intelligence et la sincérité, en même temps qu’il récompense et promeut toutes les inclinations les plus basses : flagornerie, duplicité, paresse intellectuelle, opportunisme, lâcheté morale, délation, trahison. » (Essais sur la Chine). Honnêtement, est-ce moins accablant ? Lire par ailleurs Les multiples facettes du nationalisme chinois dans perspectives chinoises. > Surprenant Confucius
![]() L’expression "propagande nationaliste" me gêne beaucoup. S.Leys n’aurait pas utilisé cette formule. Que sait-on de la Chine pour avancer des expressions tout faites ? Je crois que c’est une question d’honnêté intellectuelle.
> La Trinité, Masaccio
Je ne vois pas vraiment ce que viennent faire là les épicuriens... Il s’agit de l’oeuvre d’un humaniste. Quand au "j’m’en-foutisme" du squelette (au passage attribué à Adam), c’est ridicule
> Crédits
Je referme "Un vrai roman ." Je vous aime. Voilà .C’est malin.
J ’ouvre un livre de Dominique Rolin .Je l’aime déjà .Voilà.C’est merveilleux.
Merci pour tout.
Fabienne.
Yannick Haenel, Jan Karski
![]() ![]() Deux entretiens de Yannick Haenel : 1. avec Alain Veinstein, le 25 septembre 2009 (40’33) :
2. et un débat contradictoire avec Alain Finkelkraut et Annette Wieviorka le 31-10-09 (49’30) :
> Des femmes
BAUBÔ, La vulve mythique[1]
Une lecture détaillée des sources antiques (Homère, Ovide..., ont conté le mythe de Déméter). - indique que la plupart des auteurs, mais surtout Homère, insistent avec une grande précision clinique sur l’état dépressif de Déméter après que sa fille Perséphone eût été enlevée par son oncle Hadès, le roi des enfers, et violée en toute tranquillité dans le ventre de la terre. Homère (Hymne à Déméter) :
et commença à déprécier son propre corps Rabaissement, signe habituel d’auto-reproches conscients et/ou inconscients, commencé par le refus du bain précise le clinicien
Quel psychanalyste, quelle thérapie va réussir à sortir Déméter de son mal ? De quels ressorts secrets dispose Baubô-Iambe (la servante Iambe chez Homère), pour réussir à tirer Déméter de sa profonde dépression ? Avec Homère, nous savons seulement qu’il s’agit de plaisanteries obscènes et que l’étymologie des mots désignant ces plaisanteries dénote leur parenté avec le regard et la vue (Euripide, quant à lui, dans son Hélène , voit plutôt les bienfaits de musique d’Aphrodite dans la guérison de Déméter) Baubô qui a presque tout essayé n’a pas encore sorti son arme de dernier recours. D’un geste vif et subit, elle relève sa robe qui dévoile un visage peint sur son ventre, au dessus de la vulve tandis qu’elle se livre à une sorte de danse du ventre. Au rythme des mouvements de la danseuse le visage peint sur son ventre s’anime, semble rire de ses poses obscènes, fait des grimaces et le premier rire de Déméter, depuis longtemps, va aussi apparaître sur son propre visage. C’est la version qu’a proposé Salomon Reinach en 1912, faisant ainsi la synthèse des découvertes archéologiques et des écrits d’Homère et d’Ovide. Nous aimons bien cette version. Quant au rôle de la musique, rien n’empêche d’ajouter au spectacle, la musique, c’est ainsi qu’une des statues anciennes comporte outre la morphologie décrite, des lignes parallèles qui pourraient évoquer une harpe ? Une histoire triviale, obscène et ô combien humaine dans la grande déprime de Déméter qui finit par un rire et en musique sous la plume du poète, voilà des ingrédients repris même par Magritte, qui se jouent du temps. Et que ce soit en Grèce ou ailleurs, rien n’y change non plus. Universel donc, comme le temps.. ![2] Baubo ? ... bobo, boubou... Faut-il voir dans l’onomatopée bobo, dans « .. maman bobo », des réminiscences inconscientes du mythe ? Et que cache le boubou de la nounou africaine ? Qui le dira ? Nous attendrons qu’un nouveau Salomon Reinach se lève et lève le voile pour nous en conter la filiation oubliée.
Magritte, femme, 1952, inspiré du mythe Baubô Crédit : d’après http://www.ethnopsychiatrie.net/baubo.htm
Nota :
> Lautréamont manifeste
A vendre en Solde ?
> Lautréamont manifeste
Cette photographie n’a pas de prix.
> Lautréamont manifeste
Considérons le résultat de cette vente comme n’étant pas seulement anecdotique. Aucune enchère pour LA photographie, probable, présumée de Ducasse ? Elle est donc sur-cotée ou sans valeur... Le doute fait loi et crée sa propre valeur ; aussi les banquiers (au final, ceux qui détiennent l’argent) l’ont-ils appliquée et respectée. Dans leur bonté, ces sacrés canards nous prient définitivement de retenir qu’un corps, encore moins son apparition photographique devant leur porte, ne représente une quelconque valeur...
> Ducasse manifeste
Vente ALDE du 20 octobre. 7 photographies de Dazet enfant et 2 photographies comme adolescent ou jeune homme ont fait l’objet d’une adjudication pour 2000 €. La photographie de Lautréamont n’a été l’objet d’aucune adjudication. Différence de Miles Davis -
![]() A signaler la très belle exposition WE WANT MILES à la Cité de la Musique : ![]() Miles Davis, trompette cuivrée et housse (photo A.G.) D’autres extraits du concert sur You Tube > à Turin
Je lis aujourd’hui cette note sur Sollers, Turin, "Une vie Divine" et coïncidence inouïe, aujourd’hui 18 octobre, "C’est la grande époque de la moisson", je termine ce livre formidable de Béatrice Commengé "La danse de Nietzsche".
> Château du Tertre, Margaux.
L’édition française de L’Atlas des Vins du Monde a été publiée, en 2003, avec une préface de Philippe Sollers. Notons que c’était le 14 mai 2002, que Sollers était l’invité d’honneur, à un dîner, organisé au Château du Tertre Margaux. Bien que ne disposant pas d’un exemplaire de L’Atlas des Vins du Monde , la proximité des dates, laisse prévoir que sa préface reprenne, en partie les thèmes de son discours en bordelais (cf. l’article ci-dessus).
« Où que je me trouve, je peux revenir soudain à Bordeaux par la couleur ou par le vin, par un signal lumineux sombre ou par un certain parfum dans la bouche. Avant d’être la ville où je suis né Bordeaux est ainsi une information diffuse, distribuée dans les tissus ou le contenu des bouteilles. Le mot de « bordeaux » lui-même, en dehors de l’étymologie, évoque pour moi la rive, le lieu stable d’où l’on pourrait voir, indéfiniment, couler l’espace et le temps. L’eau, le vin, le sang transformé en vin, le bord de la durée physique, et voilà une idée de ce que peut être un port dans l’aventure du corps, « le port de la lune » [2], en plus, avec un croissant bienveillant et oriental, comme un poinçon des mille et une nuits en cours de sommeil. [...]Supposons maintenant que je sois à New York, à Pékin, à Amsterdam ou à Londres : j’ouvre cette bouteille de margaux, je la bois lentement, je vais dormir, et le lendemain matin, je sais que j’ai été filtré par Bordeaux. Il faut « dormir » le vin pour le comprendre. C’est d’ailleurs plutôt lui qui vous comprend, qui vous accepte ou qui vous refuse. N’est pas dans le bordeaux qui veut. [...] »
Ou encore :
Et ceci :
Journal du mois de janvier 2009
Résumé
LIENS 8 mar 2006 ... Supposons maintenant que je sois à New York, à Pékin, à Amsterdam ou à Londres : j’ouvre cette bouteille de margaux, je la bois lentement, ... Tel margaux, telle année, mais restons discrets. Philippe Sollers In « Renaissance de Bordeaux » L’Infini, n°97, hiver 2006 ... 3. Mon Journal du mois, janvier 2009 26 jan 2009 ... Je dois l’avouer : j’écris au margaux, pas au picrate. Un reproche lancinant m’est fait : je n’écrirais pas de « vrais romans ». ... > Château du Tertre, Margaux.
Philippe Sollers est l’auteur d’une préface à l’atlas des vins du monde , livre paru chez Gallimard en 2003 ; je me souviens avoir lu cette préface à l’époque en librairie, mais le prix du livre étant très élevé je ne l’ai pas acheté. Loin de la France, je ne peux donc me rendre une nouvelle fois dans une librairie afin de relire cette préface.
Serait-il possible, sur ce site qui présente un nombre incroyable de documents, de mettre en ligne cette préface.
Très cordialement.
Thelonious
> Geste - Texte - Musique
C’est après avoir écouté des extraits de Drumming de Steve Reich que Sollers commence son exposé. Voici l’oeuvre de Steve Reich : D’autre part, la chaîne arte passait hier, lundi 28 septembre, un remarquable documentaire sur le musicien américain. Écoutez, regardez Steve Reich, Phase to face. Passionnant. Lire également Steve Reich - le roi de la musique répétitive hypnotise Arte. > Tel Quel et Hallier (archives)
En décembre 1972, Jean-Edern Hallier publie La cause des peuples, livre dans lequel il revient à sa manière sur les débuts de Tel Quel dont Philippe Forest fait le récit ci-dessus. Le livre d’Hallier est encensé par la presse, toutes tendances confondues.
En février 1973 Tel Quel, dans son numéro 53, revient plus longuement sur le livre d’Hallier avec un article de Jean-Louis Houdebine intitulé La cause des peuples ? et sous titrée D’extrême gauche en apparence, d’extrême droite en réalité. Il est amusant — et intéressant historiquement — de voir que le personnage politique pris pour cible par Houdebine au début de son article n’est autre que Jean-Pierre Chevènement, le même Chevènement qui fera l’objet de l’ironie de Sollers, en 1999, vingt-sept ans plus tard, à la fin de son article sur La France moisie.
> Histoire de femme
Dans le numéro 109 de L’infini (automne 2009), Sollers livre la table de son prochain recueil Discours parfait. La guerre et la peste et Histoire de femme concluront le livre.
> Cycle Philippe Sollers au « Lieu Unique » (Université Pop)
Si l’on veut avoir des images avec du son (de médiocre qualité), on peut se reporter à cet article.
> Dans les allées du Parc
L’exergue de Femmes (1983) : Né mâle et célibataire dès son plus jeune âge...
> L’oeil de Willy Ronis se referme
La Radio Suisse Romande rediffusait le 15 septembre un entretien de mars 2009 avec Willy Ronis (54’) réalisé dans son appartement parisien du XIe arrondissement après la publication de Nues.
> L’oeil de Willy Ronis se referme
France Culture retransmettait le mardi 15 septembre l’entretien accordé par Willy Ronis à Arnaud Laporte en décembre 2006 (36’) :
> Ortografe : zéro pointé
![]() oké pépé, mé douqtupudonktan a 50 an...
> Ortografe
La révolusion de l’ortograf è començé é èl se propaje rapidemen ! -> www.ortograf.net
> La Correspondance Houellebecq/BHL - Une partie d’échecs décryptée,
Je l’ai lu. J’ai trouvé ce qu’écrivait Michel très intéressant. EN revanche, BHL m’a saoûlée. Il n’arrive pas à se départir de l’image qu’il veut donner. Un écrivaillon qu’on oublira. A la différence de Houellebecq.
Site Internet: Plus sur des mots...
> La Beauté
Willy Ronis vient de mourir. Le Nouvel Observateur vient de rappeler son parcours. L’un des plus beaux hommages qui lui aient été rendus célébrait La Beauté, il est ci-dessus.
> Ortografe : zéro pointé
![]() « François de Closets considère que le correcteur des ordinateurs rend désormais inutiles ces batailles de Diafoirus de l’orthographe. On écrit de moins en moins à la main et on écrira de plus en plus à la machine. Mieux vaudrait apprendre à l’école à se servir intelligemment de l’assistance orthographique. », écrit Bernard Pivot à la fin de son article. C’est effectivement le dada de De Closets, le "correcteur des ordinateurs", il en parle à chacune de ses interventions ! Outre que quiconque utilise un ordinateur sait bien que celui-ci n’évite pas les fautes d’orthographe et qu’il en favorise au contraire de nouvelles (je l’ai souvent vérifié à mes dépens !), cette conception, même plus simplement utilitaire de la langue mais carrément techniciste et, disons-le, bête, avait été "dénoncé" par Heidegger il y a plus de 50 ans. Cela m’a amené à compléter la citation extraite de son essai de 1957 — Hebel, l’ami de la maison — : voir ici. Non, on ne nous coupera pas la langue ! > Ortografe : zéro pointé
« ...c’est en vérifiant leur orthographe [en ouvrant les dictionnaires de langue] qu’on apprend la juste signification des mots et que progressent la connaissance et l’amour du français. » On peut aussi se faire plaisir en retrouvant une sélection de chroniques d’Alain Rey dans « A mots découverts ». Alain Rey, qui « a enchanté les matins de France Inter avec son mot du jour, une chronique érudite, parfois espiègle[...] » nous dit la 4ème de couverture. C’est bien ainsi que j’en garde le souvenir. Et son « Dictionnaire historique de la langue française » (en 3 volumes), bourré d’annecdotes, reste sans équivalent, y compris sur Internet. Un incontournable !
> Yannick Haenel, Jan Karski
![]() « Très loué par la presse, le livre de Yannick Haenel sur le résistant polonais "Jan Karski" (chez Gallimard, collection L’Infini) figure dans la sélection Médicis essais, ce qui a fait bondir son éditeur Philippe Sollers. Celui-ci souligne "que contrairement à ce que prétend" le jury Médicis "le plaçant dans la liste des essais, "ce livre est bien un roman". » (Source : france2.fr) C’est d’ailleurs marqué sur la page de couverture. Le jury du prix Médicis sait-il lire ? CQFD. > Ortografe : zéro pointé
On peut éventuellement lire l’article du Nouvel Observateur du 28/08/2009. Le commentaire que j’y formulais sous le titre « Sacré dictionnaire, ou mort à crédit ! » est toujours valable un an après. En fait, encéphalogramme plat depuis quatre ans.. !
De quoi parle t-on ? Du dictionnaire en ligne de l’Académie française. Un monument du génie français ! > Dans les allées du Parc
Evidemment, comment n’y ai-je pas pensé ? le lien sur ce Parc Monceau, manquait.
C’est vrai que j’ai un peu erré dans les allées du Parc avant de sortir vers la rue Rembrandt qui vaut le détour. > Dans les allées du Parc
On peut jeter un coup d’oeil sur les allées du parc Monceau ; Sollers l’évoque dans la plupart de ses romans.
> Yannick Haenel, Jan Karski
![]() > Yannick Haenel, Jan Karski
![]() Entretien et lecture d’extraits du livre sur le site de Gallimard.
> Cecilia Bartoli (1) - Vivaldi !
![]() L’interview de Cecilia Bartoli :
« Vivre avec moi exige de la patience et de l’humour » > Histoire de femme
Que pense Philippe Sollers de l’épisode de Samuel,livre 2, au cours duquel le roi David refuse d’être au combat, fait venir dans son palais de Jérusalem une femme qu’il a vue se baignant nue ? Elle est l’épouse d’un de ses soldats, il couche avec elle, veut faire endosser au mari la paternité de l’enfant dont elle est tombée enceinte, n’y parvient pas et renvoie l’époux trompé à la guerre en lui confiant une lettre dans laquelle le souverain demande au général en chef de se débrouiller pour que l’ennemi tue le cocu encombrant ?
C’est le "coup de la lettre qui tue" , repris par Shakespeare dans "Hamlet". mais dans la pièce, le contexte n’est pas, sauf erreur, celui d’une guerre.
En tout cas, il s’ensuivra -pour le roi- tout un enchaînement de malheurs . L’enfant de sa maîtresse meurt au berceau. Une de ses filles sera violée par un de ses demi-frères. Un autre de ses fils, Absalom, tuera le violeur incestueux avant que David n’intervienne, puis, après une réconciliation brève, reprendra sa rébellion contre le roi, allant jusqu’à violer en plein jour et à la vue de tous, toutes les concubines de son père. On connaît la fin tragique de cet Absalom aux trop longs cheveux.
Marilyn ou la suicidée du spectacle
Ce soir sur France 2 à 20h35 : Marilyn, dernières séances, un documentaire de Patrick Jeudy, à partir du livre de Michel Schneider. Point de vue : " Patrick Jeudy, réalisateur de plusieurs documentaires sur la famille Kennedy, a porté l’ouvrage à l’écran : c’est une réussite totale. La qualité des documents, l’intelligence du montage, la simple beauté des images en font un documentaire hors pair : " Marilyne, dernières séances " est un plaisir rare. " (François Forestier, Téléobbs) > Aviaire comme Véronèse
"LEDA ET LE CYGNE" NE SERAIT-IL PAS UNE OEUVRE DU CORREGE ?
> L’art peut-il tout dire ?
Oui, oui oui !!!! OUI !!!!! Il le peut... Site Internet: hortensia langue de doigts
> Pourquoi lire Rimbaud aujourd’hui ?
.De Charleville à Roche, le 19 juillet 2009, sur les traces de Rimbaud.
> Autres...
Les archives sur Joyce ont été mises en ligne dans cet article Joyce encore. Les enregistrements sur Mozart avec Sade l’étaient déjà dans leur intégralité, ainsi que ceux sur La musique baroque. Le reste attend que l’actualité éditoriale s’y prête. Merci encore. > Autres films
Bonjour Toutes mes archives audio ont été cédées à Pileface... J’espère, ainsi, que tous les amateurs des interventions de Sollers pourront en profiter sous peu. Philippe > Relire Céline
Bien que dans cette version perce encore l’ancienne, Sollers aurait-il été entendu ? > Un soir au Collège des Bernardins en compagnie de Sollers et Dante
La colère de Sollers à propos de la guerre d’Algérie Comme le souligne VK, lors de sa conférence, Sollers est revenu longuement sur l’expérience traumatique qu’il vécut dans les hôpitaux militaires de l’Est de la France afin et avant d’être réformé et sorti de l’enfer grâce à l’intervention d’André Malraux. Il en est question dans de nombreux romans. La guerre d’Algérie — qu’on a longtemps appelé "les événements" — fait partie de ces trois "placards dans les cadavres" qu’il rappelle souvent à des Français amnésiques (les deux autres étant Vichy et Mai 68).
Les dates et les situations ont leur importance, insiste souvent Sollers. Nous avons donc gardé dans l’extrait ci-dessous la totalité de l’enregistrement relatif à cet épisode. La séquence dure 10 minutes. > Un soir au Collège des Bernardins en compagnie de Sollers et Dante
1965 : la Vie nouvelle ? La date de 1965 est par certains côtés décisive pour les raisons rappelées plus haut (voir la Lettre de Paul VI dans cette note). C’est aussi l’année où, après avoir publié Dante et la traversée de l’écriture, Sollers parle de l’oeuvre de Dante à la radio. C’est surtout la publication de Drame. A cette occasion, Roland Barthes publie un texte dans Critique, repris dans Théorie d’ensemble (coll. Tel Quel, Seuil, 1968), puis dans Sollers écrivain (Seuil, 1979). Ce texte s’appelle, de manière significative, Drame, poème, roman. Barthes, dès le début, évoque Dante : « S’il paraît encore aujourd’hui provocant d’appeler roman un livre sans anecdote (visible) et sans personnages (prénommés), c’est que nous sommes encore dans l’étonnement condescendant d’un traducteur de Dante, Delécluze (1841), qui voyait dans la Vie nouvelle « un ouvrage curieux parce qu’il est écrit sous trois formes (mémoires, roman poème) développées simultanément », et qui s’estimait devoir « prévenir le lecteur de cette singularité... pour lui épargner la peine de débrouiller l’espèce de confusion d’images et d’idées que ce système de narration fait naître à une première lecture », après quoi le dit Delécluze passe à ce qui l’intéresse beaucoup plus, la « personne » de Béatrice. Dans Drame, nous n’avons même pas une Béatrice dont la « personne » nous soit donnée : nous sommes enfermés, d’une façon à la fois abstraite et sensuelle, dans l’énigme d’un roman tout pur, puisqu’il est citation du genre « roman ». » (p.14) Plus loin Barthes écrit : « faire du langage un sujet, et cela à travers le langage même, constitue un tabou très fort (dont l’écrivain serait le sorcier) : la société semble également limiter la parole sur le sexe et la parole sur la parole. » et il note (en bas de la p. 43) : « C’est ce tabou que Dante — entre autres — a secoué, lorsqu’il a fait de ses poèmes et de leur commentaire technique une seule oeuvre (la Vita Nova), et plus précisément encore lorsque dans ce livre, s’adressant à sa ballade (Ballade, va trouver Amour...), il repousse l’objection selon laquelle on ne saurait à qui il parle sous prétexte que « la ballade n’est rien d’autre que ce que j’en dis ». » Sur Sollers écrivain, voir ici. On pourrait aussi ajouter à la "petite chronologie" Le Coeur absolu où le narrateur a un projet d’adaptation de La Divine Comédie pour une télévision japonaise... Mais Sollers, lors de la conférence, a précisé que Dante était présent dans tous ses livres (de manière plus ou moins manifeste, il est vrai). > Vitesse de Paul Morand
![]() Morand à New York et à Venise : L’art du voyage : Paul Morand.
> Journal du mois de juin 2009
Courjault. Avouez que l’histoire des bébés tués par Véronique Courjault et placés dans un congélateur n’est pas mal non plus comme symptôme d’époque. Sa femme était enceinte, le mari n’a rien vu, elle accouchait en douce, étouffait sa progéniture et la mettait au frigo fort. Cet étrange mari, d’ailleurs, aime toujours sa femme et témoigne en sa faveur. Il n’a jamais dû se rendre compte, au fil des ans, qu’il lançait sa semence dans un con gelé. Beaucoup d’hommes sont dans ce cas, et ce n’est pas la burqa qui pourra arranger les choses. Par la même occasion, le débat s’est immédiatement porté sur le déni de grossesse, beaucoup plus répandu que prévu. Cette région étrange et peu raisonnable a été elle-même éclipsée par l’actualité brûlante des mères porteuses. Je l’avoue : tous ces sujets de société ont tendance à augmenter ma migraine. CHER MR SOLLERS, Quand on écrit cela , on doit se doit de se poser la question : qui vous vous a appris à lire et a écrire ? vous êtes injurieux, afin de faire rire, sur ce qui est une GRANDE MISERE HUMAINE ; Vous êtes un provocateur, ( il n’y a plus que cela ,de nos jours ,ou presque) Je vous pose la question suivante, combien avez gagné pour ce misérable article , c’est une vraie question qui ne supporte aucune métaphysique, aucune fuite de votre part, surtout qu’actuellement des milions de personnes se trouvent dans de graves difficultés économiques. Puisque vous citez André Breton, vous devriez savoir ce qu’il signifiait quand il parlait de "" l’Ecurie Littéraire " et bien pour tout vous dire , vous en êtes le Valet, comme tous ce soi - disants " subversifs" qui mangent au système. Je salue Régis Debray pour son article en 1999 sur MARIANNE ; Que pense votre conjointe Mme Kristeva, de votre sens Culturel ? NOM DU SITE : Sollers en Celine > Paris, rue de Lille (suite)
Dans le dernier numéro de L’Infini (107, été 2009), un très beau texte de Richard Millet — Une profanation. Millet raconte comment, à Beyrouth, une femme lui confia un ensemble de lettres écrites par Bataille à Denise Rollin qui fut sa compagne de 1939 à 1943 : « Ancien modèle de Kissling et de Derain, amie de Cocteau, de Breton, elle aura plus tard une liaison avec Fardoulis-Lagrange, puis avec Blanchot que Bataille rencontre en 1941. Laure [Colette Peignot avec qui vécut Bataille] et Denise : un dispositif qui relève aussi bien du jeu de miroirs, de la même façon que se mettra en place une autre triangulation amoureuse : Bataille, Denise, Blanchot, laquelle en rappelle une autre entre Sylvia Bataille, Georges et Lacan, ou encore entre Dora Maar, Bataille et Picasso. La rue de Lille, où vivait Denise Rollin, aura l’importance que l’on sait [...] » Denise Rollin habitait en effet au 3, rue de Lille (autre n° impair). C’est là que Bataille y lut des extraits de L’expérience intérieure. Après la séparation entre Bataille et Denise Rollin en octobre 1943 après leur retour rue de Lille depuis Vézelay [Voir Bataille à Vézelay], cette dernière quitta l’appartement.
« Quittant l’appartement du 3, rue de Lille, Denise Rollin le cédera à Jacques Lacan. C’est Bataille qui avait en 1942 signalé à Lacan la disponibilité d’un appartement au 5 de la rue de Lille, appartement qu’a habité Lacan jusqu’à sa mort. Quand Denise Rollin quittera le n° 3, après la rupture avec Bataille, Jacques Lacan le reprendra pour y loger la mère de Sylvia Bataille, Laurence Bataille, et Judith Bataille, fille de Sylvia et de Jacques Lacan. C’est dans cet appartement que Lacan recevra ses analysants et commencera son premier séminaire. » Triangulations amoureuses, jeux de miroirs, deux appartements, Bataille comme intermédiaire : « quelque chose s’est passé là », aussi. > Le catholicisme de Dante
La délicatesse en situation
Sans attention à elle-même, sans demande d’être vue. » Gratuité absolue du Néant, de Dieu, de la Rose : il faudrait vivre selon cette foi, mais ne rêvons pas.
Sollers le rappelle dans le passage qu’il consacre à Angélus Silésius dans Fleurs (Hermann, 2006, p. 38). Mais, le 1er juillet, la rose blanche était là, symbole résumant les propos de Sollers dont le dernier mot fut : « Amour ».
Ouvrons à nouveau Fleurs. Nous lisons dans le chapitre consacré à Dante : « Voici donc la Rose céleste, d’abord le lac rond, puis amphithéâtre gigantesque, énorme Colisée ouvert sur l’Empyrée où « être près ou loin ne retire ni n’ajoute ». Nous ne sommes plus dans les lois spatio-temporelles de la Nature, mais dans le gouvernement immédiat de Dieu (Dieu : « Subsisto »). Qui s’exalte et dilate, et exhale un parfum De louange au Soleil de l’éternel Printemps... » Un homme, de son vivant, pour l’instruction des siècles (de toute l’Histoire passée et à venir), est donc entré, par de-delà les cieux, dans une Rose « toute blanche » épousée par le sang du Christ qui en est sorti (« Vierge mère fille de ton fils "). Rose d’Amour butinée par les Anges : Se plonge dans les fleurs, et tantôt s’en retourne Au miel où son butin doit prendre son arôme, Descendait dans la fleur, immense, diaprée
Suivons un moment les gradins de l’amphithéâtre. Béatrice, grâce à laquelle Dante, tiré de l’Enfer, se trouve là, se situe au troisième degré des femmes juives de l’Ancien Testament. Dans l’ordre, donc : Ève, Rachel, Béatrice, Rébecca, Judith, Ruth. Audace inouïe de Dante, et anachronisme délibéré passé inaperçu : Béatrice est une Juive parmi les Juives. Aucune contradiction entre l’Ancien et le Nouveau, au contraire : interpénétration rythmique, colonnes d’harmonie réciproques. Vérité tellement refoulée de part et d’autre qu’on s’étonne de la voir ici (et ici seulement, c’est-à-dire dans une aventure singulière) en pleine lumière, venant comme une fleur, sous nos yeux. Inutile d’épiloguer sur le chant suivant, le 33, où connaissance et jouissance sont portées à leur comble, où la trinité se révèle, et où, stupeur, une mère devient la fille de son fils : Par la chaleur de qui, dans la paix éternelle, Cette fleur ainsi a germé. » L’amour, à partir d’une fleur, meut le soleil et les autres étoiles. Il fallait y penser. Dante est hautement l’amant de la Rose. C’est un fidèle d’Amour. » (Fleurs, p. 34 à 36) Voilà, très précisément, ce qu’a repris et développé Sollers ce 1er juillet. On trouve dans L’Infini n°106 après Paradis caché ceci : Vous l’aurez compris, dans ces photos, l’important c’est la Rose aux côtés des Bienheureux qui ne demandaient pas à être photographiés mais qui auront reconnu ces lignes. > Le catholicisme de Dante
"Certes, il est beau d’occuper de la place dans les âmes de la foule, mais on y est les trois quarts du temps en si piètre compagnie qu’il y a de quoi dégoûter la délicatesse d’un homme bien né." Bon, c’est qui ce beau jeune homme costaud et ce crâne alopécié ? Sont-ils d’accord de nous offrir, ainsi, leur corps ? > Sollers/Sade/Mozart
Cahors ? Donc Saint-Cirq-Lapopie ? Donc André Breton ?...
> Le catholicisme de Dante
hé bien nous attendons avec impatience de voir ce film et cette conférence ou de l’entendre !
> Mystérieux Mozart (III)
Savante ?
En ce 2 juillet de grosse chaleur, je puis pourtant témoigner que j’en ai le désir. Humour un peu court > Mystérieux Mozart (III)
Mais Rimbaud, déjà : « La musique savante manque à notre désir. » Moi : Mais ça veut peut-être dire qu’il ne désire pas la musique "savante". > Sollers/Sade/Mozart
![]() > L’Islam secret, le voile et la forêt
Autre contribution au débat : La burqa, une pathologie de la culture musulmane par ABDENNOUR BIDAR philosophe, spécialiste de l’Islam (Libération du 29-06-09).
> Villa Medicis : Ciao Bella - Mitterrand, Sollers
![]() Puisqu’il est question dans cet article de Frédéric Mitterrand, je pense qu’il peut être judicieux de montrer comment il répondait aux propos d’Éric Zemmour et d’Éric Naulleaux, le 9 juin 2007, lors de l’émission " On n’est pas couché " citée en exergue (l’émission faisait suite à la publication de son livre sur " Le festival de Cannes ") : Mitterrand "réactionnaire" ? Zemmour face à Frédéric Mitterrand et au très posé Jean-Jacques Beinex, le 21 juin 2007 lors de l’émission " Ce soir ou jamais " : Mitterrand "gauche caviar" ? Frédéric Mitterrand enguirlandé par Beineix Que désormais des leaders socialistes à bout de souffle — et pas médiatiques ? — en aient rajouté ces derniers temps en s’en prenant au " présentateur de télévision ", oubliant que Frédéric Mitterrand avait aussi écrit des livres, réalisé un très beau film (Lettre d’amour en Somalie, 1981) et une émission sur le cinéma fauchée et pourtant passionnante — Étoiles et toiles (de 1981 à 1986) —, ne les grandira pas. Société du spectacle ou pas, que Mitterrand suscite autant de critiques et, on l’a vu avec Beinex, autant de haine, me le rend, tous comptes faits, plutôt sympathique... > LE MESSAGE CULTUREL DE LA FRANCE
La présentation du " Projet d’avis " par Julia Kristeva ainsi que les interventions des différents participants sont maintenant en ligne.
> LE MESSAGE CULTUREL DE LA FRANCE
D’accord avec ce que vous dites de Sollers. Mais ne peut-on lire aussi ce qu’écrit Kristeva dont la pensée, bien réelle, irrigue ce rapport — qui ne se résume pas à la Note — malgré les "lourdeurs" liées aux conventions du genre et au sujet traité ? Le CESE n’est certes pas un boudoir mais il faut parfois introduire un peu de philosophie et de politique concrètes dans d’autres lieux ! > LE MESSAGE CULTUREL DE LA FRANCE
Bon, peut-on séparer la pensée éventuelle de ce rapport de son lourd langage bureaucratique ? Par ailleurs, un dossier pourrait être ouvert ici sur le rapport, infiniment paradoxal, de Sollers à la France. Sollers est bien celui qui a écrit "La France moisie", qui raille l’hexagonisme et le gallicanisme, et qui se proclame "écrivain européen d’origine française" ; qui s’est dit, comme Bordelais, comme "sudiste", méfiant vis-à-vis du centralisme français ; qui a sondé les coins sombres de l’histoire française (le culte de l’être suprême, par exemple) et les profondeurs de la névrose française contemporaine ; et qui, par ailleurs, a écrit "Les Folies françaises", et a peut-être été l’écrivain de son époque qui a le plus exploré la France dans sa dimension essentielle, c’est-à-dire dans son "été", se retrouvant dans la curieuse position d’Ali Baba, découvrant une fabuleuse caverne étonnamment fraîche au trésor délaissé de tous : Molière, La Fontaine, Sévigné, Sade, Bossuet, Saint-Simon, Fragonard, Manet, la liste est très longue : toute la guerre du goût, jusqu’à Picasso, peintre espagnol et français, ou encore Nietzsche, miracle français... > LE MESSAGE CULTUREL DE LA FRANCE
Oh oh ! Marco est de retour avec toujours autant d’humour et d’ironie mordante, il nous manquait !
L’endroit du décor
Raphaël Enthoven parle de son livre, de sa conception de la philosophie et de sa pédagogie aux Matins de France Culture de ce jeudi 25 juin. Les Nouveaux chemins de la connaissance (lien dans la note ci-dessus) de cette semaine sont par ailleurs consacrés à l’érotisme (demain "Georges Bataille" avec Guy Scarpetta). La semaine prochaine : Voltaire. > LE MESSAGE CULTUREL DE LA FRANCE
"On se gargarise, en langage simplement publicitaire, de la riche expression de "diversités culturelles". Quelles cultures ? Il n’y en a plus. Ni chrétienne ni musulmane ; ni socialiste ni scientiste. Ne parlez pas des absents. Il n’y a plus, à regarder un seul instant la vérité et l’évidence, que la dégradation spectaculaire-mondiale (américaine) de toute culture." Guy Debord.
> L’Islam secret, le voile et la forêt
Pour alimenter le débat :
![]() Un dîner d’ortolans
dans le Sud-Ouest
Chantre de l’islam des Lumières, Malek Chebel vient de faire paraître chez Fayard une nouvelle traduction du Coran et un Dictionnaire encyclopédique de l’islam. Opposé au port de la Burqa chez les femmes, Malek Chebel était l’invité des Entretiens de la Dépêche du Midi le jeudi 18 juin au muséum d’histoire naturelle de Toulouse.
Débat entre Henri Guaino, Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et Philippe Sollers le 14 juin 2009. Forum Libération au Théâtre des Amandiers. Voir ici : > Le Lièvre de Patagonie -
![]() Le prix Saint-Simon 2009 revient à Claude Lanzmann Le 34e Prix Saint-Simon a été attribué le mardi 16 juin à Claude Lanzmann pour son livre Le Lièvre de Patagonie (éd. Gallimard). Le jury du Prix Saint Simon, sous la présidence de Gabriel de Broglie, membre de l’Académie française, a choisi de récompenser les « Mémoires » - terme que refuse Claude Lanzmann - d’un écrivain et cinéaste engagé : il a notamment signé le Manifeste des 121 contre la pratique de la torture en Algérie, et surtout inscrit dans l’Histoire l’extermination des juifs avec son film Shoah. Le Lièvre de Patagonie, qui a connu un grand succès de librairie, retrace, avec un style alerte, les combats de ce Résistant devenu directeur des Temps modernes. Claude Lanzmann recevra le samedi 6 septembre 2009 un montant de 7500 euros, au Château de La Ferté-Vidame (Le magazine littéraire). L’annonce des résultats des délibérations et la lecture d’un extrait du Lièvre de Patagonie par Laurène L’Allinec : lechorepublicain.fr. Claude Lanzmann succède donc au palmarès à Philippe Sollers — lequel avait réalisé, en 1992, La porte de l’Enfer avec... Laurène L’Allinec. > Philippe Sollers, Prix de la BnF pour l’ensemble de son oeuvre
Guy Debord, le dîner de fondsMécénat. La Bibliothèque nationale de France a réuni lundi 200 convives pour financer l’achat des archives du situationniste. La Société du spectacle de Guy Debord sous verre. Trois carnets à spirale exposés non loin de l’Ecume des jours de Boris Vian et de la Vie de sainte Catherine, manuscrit enluminé du XVe siècle. Autour, dans le hall des Globes de la Bibliothèque nationale de France, plus de deux cents personnes, un verre de champagne Roederer à la main. Ce lundi soir, elles sont venues à un dîner destiné à financer l’acquisition des archives de Guy Debord. La France a refusé de les voir quitter le territoire et les a classées Trésor national (Libération du 16 février). Un trésor, Debord... Sa veuve veillait jalousement sur l’intégrité du fonds depuis son suicide, en 1994. Méticulosité, souci de son destin posthume, le fondateur du situationnisme avait pris soin de trier et d’organiser la totalité de ses manuscrits, notes et correspondance avant sa mort. L’université américaine Yale les convoitait depuis deux ans pour son centre de recherche sur les avant-gardes. Debord conspuait l’Etat. L’Etat l’embaume. « Cette soirée relève de la société spectaculaire, reconnaît Jean-Claude Meyer, président du cercle de la BNF dans son discours. Une ironie et en même temps un grand hommage. » Tartare. Dix-huit tables (baptisées Baudelaire, Toulouse-Lautrec, Debussy, Chateaubriand...) sont réparties sur toute la longueur du hall. La table vaut 6 000 euros, le couvert, 500. C’est le deuxième dîner qu’organise Bruno Racine, le président de la BNF, avec le Cercle de la bibliothèque, dans une tradition de mécénat à l’américaine. Le précédent dîner de gala, en 2008, avait permis d’acheter une pièce unique de l’artiste Anselm Kiefer. L’Etat dispose de trente mois, à partir de l’arrêté paru le 29 janvier au Journal officiel, pour réunir la somme proposée par Yale. Avant le début du repas (tartare de bar de ligne et salade d’herbes et légumes croquants, filet de veau rôti au four, girolles poêlées et asperges aux senteurs de thym citron, volupté glacé fraises des bois, orgeat, compote de rhubarbe, arrosé entre autres de château Dassault 2001), Bruno Racine revient sur son objet : sa « priorité est d’acquérir les archives de Guy Debord ». « S’il fallait un certificat de bien-pensance pour entrer dans les collections de la Bibliothèque nationale, son rayonnement serait amoindri. » Sade aussi a été récupéré, pour paver l’Enfer de la BNF. Et pourquoi pas Debord, d’un bloc livré à la recherche ? Hédonisme. Le premier lauréat du prix de la BNF, consacrant un auteur vivant de langue française pour l’ensemble de son œuvre, est annoncé : Philippe Sollers. L’ironie du moment n’échappe pas à l’auteur d’Un vrai roman, qui parle de « court-circuit historique ». Il parle. De lecture (« Etre sur cette ligne de transmission secrète de la lecture »), de bibliothèques (« des âmes »), d’hédonisme (« Pour savoir lire, il faut savoir vivre »), de plaisir (il quittait la salle studieuse de la rue de Richelieu « pas pour brûler des voitures, mais pour faire des choses qui n’étaient pas bien vues à l’époque, qui ne le sont pas encore ») et de Lautréamont (« Qui lit encore de la poésie ? » semble-t-il dire). L’exégète du situationniste le rappelle : « J’avais une grande admiration pour Debord, même s’il m’a critiqué. » Qu’en sera-t-il de ses archives à lui, Philippe Sollers ? « La négociation vient de commencer », lance-t-il en quittant la terrasse qui donne sur les jardins de la BNF. Il est minuit. Le dîner aura permis de rassembler, entre les tables et les dons, environ 200 000 euros. Alice Debord, fidèle à son principe, ne parle pas. Tout au plus dira-t-elle seulement : « Il ne serait pas venu. » > Casanova l’admirable (II)
Il n’est pas sûr que César et DSk soit des exemples, loin de là.
> Orwell, cet anarchiste conservateur
Orwell plagiaire ?
> La lecture de Poussin
Oui ; il en est de même pour moi ; c’est le regard de Sollers qui m’a ouvert les yeux sur Poussin ; avant, Poussin c’était pour moi des souvenirs d’enfance (scolaires) ; de la belle peinture, harmonieuse certes mais un peu figée ; presque de la tapisserie ; grâce à Sollers, j’y ai découvert de la pensée en peinture, cette façon aussi de raconter des histoires dans un tableau et ce sens extraordinaire de la composition qui fait que l’harmonie y est partout : dans la façon de représenter les corps, les sujets traités, la symbolique,le jeu des formes, des couleurs ; c’est véritablement une peinture infinie ; et Cézanne ne s’y est pas trompé. Mon roman au début s’appelait "Le Temps calme" du nom de ce tableau, puis des amis m’en ont dissuadé, trouvant ce titre trop calme justement ; et puis au fur et à mesure Cézanne a pris de plus en plus de place dans le roman, alors je lui ai substitué ce titre ; mais il doit beaucoup à Poussin ; merci en tout cas pour ce bel hommage.
Site Internet: Plus on y décèle d'harmonie
> La lecture de Poussin
« Plus on regarde un tableau de Poussin, plus on y décèle d’harmonie. » dîtes-vous à propos de Poussin dans votre livre « Le sourire de Cézanne » dont pileface avait rendu compte ici . Au-delà de cette harmonie, à laquelle, également, suis sensible, Sollers m’a véritablement aidé à « lire » un tableau de Poussin, et avant de le lire, simplement à le regarder - Poussin ne m’attirait pas - et, enfin, le voir.
> La lecture de Poussin
Bonjour Viktor ! Oui Poussin est sublime, éclairant, éclairé, j’en ai parlé ici :
http://raymondalcovere.hautetfort.com/archive/2008/10/16/le-temps-calme.html
Site Internet: Le temps calme
Cécile Guilbert sur Céline.
Lire, sur les "Lettres à Albert Paraz 1947-1957" de Céline : Céline, tempo d’enfer par Cécile Guilbert.
> Amours (III) Le corps amoureux
Comment échapper au nihilisme qui ravage le monde ? En apprivoisant le néant, en se tournant vers l’Orient : Appel aux vivants.
> Edgar Poe
Henri Justin parle de son livre avec Alain Veinstein le vendredi 5 juin.
> Journal du mois de mai 2009
Anglais ? Il fut un temps où l’on parlait le français à la Cour de Saint Petersbourg, où l’Europe intellectuelle parlait français, mais malheureusement pour nous, ce temps n’est plus et l’anglais fait aujourd’hui partie du cursus de base de tout voyageur du monde, chercheur ou industriel... Raison de plus de renforcer l’Europe. Pour exister face aux Etats Unis, la Chine et demain, l’Inde (déjà aujourd’hui - cf. la sidérurgie avec Mittal-Arcelor, la construction et « déconstruction » navale, l’automobile...). Mais d’où vient donc le français ? D’une autre domination linguistique, non ?
Juste un peu de patience, les Empires naissent et meurent... > Journal du mois de mai 2009
Erasmus ? Dans la plupart des pays européens les cours sont dispensés en anglais. A quoi bon faire des échanges culturels pour apprendre 3 mots de la langue autochtone mais continuer à subir le bourrage de crâne anglo-américain...Pourtant Erasmus était en théorie une occasion d’ouverture unique...
> Journal du mois de mai 2009
« L’Europe, l’Europe ! » (De Gaulle) Faut-il voter — oui ou non ? Plutôt oui. Mais qui s’est abstenu de parler de l’Europe jusqu’à une période récente ? Réponse : les grands partis. C’est pour cela que « tout le monde s’en fout ». Rappelons que « c’est un Européen d’origine française » qui le dit.
> Journal du mois de mai 2009
Et Dieu sait ce qu’on aurait dit de Sollers si Coupat lui-même s’était révélé écrivain plus tôt —avant le 26 mai — et avait été publié (en hommage à Lautréamont ? à Debord ?)... dans la collection L’infini !
> Journal du mois de mai 2009
On ne saurait trop féliciter Sollers, dans cette affaire, pour sa promptitude toute voltairienne à défendre les écrivains en prison... (Et puis, après tout, il n’a pas eu tort : ils se défendent très bien tous seuls ! Dieu sait ce qui serait arrivé à Coupat si Sollers l’avait défendu !)
> ADN, Judith Cahen
ADN est distribué par le peuple qui manque
Coupat a été libéré.
En complément des réflexions de D., S.Z. nous informe : « Comme précisé désormais en tête du texte de Julien Coupat :
C’est sur paroles des jours . Lire aussi Quand Julien Coupat animait « Tiqqun » par Aude Lancelin.
et les Réponses de Julien Coupat au journal Le Monde. A noter que Ph. Sollers termine sa dernière chronique du JDD (31 mai) par ces mots : « Mais c’est bel et bien dans Le Monde que vous avez appris q’un écrivain de premier ordre était détenu à la Santé sous prétexte de "terrorisme". On le salue ici en le faisant entendre » [suit la citation de la fin de l’entretien ci-dessus]. Sollers ajoute : « Comme on voit, ce détenu très libre est très cultivé. Il se donne même les gants de citer Hegel, et on aura reconnu dans sa rhétorique, à la fois Lautréamont et Debord, textes peu lus par la police. Un peu de Céline pour finir (même si celui-ci prend la précaution de préciser que les anarchistes sont "terriblement noyautés par les flics depuis toujours") : « Vive l’anarchie, nom de Dieu. pour être sûr d’être bon anarchiste, il faut avoir tenu bon en tôle, impeccablement, avec une boussole personnelle, indéréglable. » Autre chose qu’une Rolex ! » > Mais qui était donc Edgar Poe ? (III)
Sur France Culture, Georges Walter parle d’Edgar Poe à l’occasion de la réédition de son livre sur le poète américain (première partie de l’émission) : Mauvais genre.
> J’ai commencé par vouloir être musicien de jazz
Déjà dans son premier roman on peut lire :
Philippe Sollers Une curieuse solitude, 1958 (Seuil / Points, p. 147) > ironie (Le principe d’)
Il y a vingt ans... le rire homérique de Voltaire.
> H comme Haydn
Hommage à Joseph Haydn sur arte. " Lors du bicentaire de la disparition de Joseph Haydn ARTE rend hommage à ce grand compositeur avec quatres soirées et le web magazine "Actu Musique" vous propose une playlist "Spécial Haydn". " > Autres films
Philippe, je cherche l’entetien de Sollers sur Joyce qui a eu lieu au début des années 80 sur France-Culture je pense. fait-il partie de vos cassettes ??
Merci.
Thelonious
> Autres films
Bonjour J’ai une série trois cassettes audio où Sollers lit Paradis I ainsi que quatre ou cinq cassettes enregistrées dans les années quatre-vingt où Sollers parle de :
Si vous êtres intéressés... > L’é... preuve du Temps
La photo ? Comme il n’est pas toujours facile, convenez-en, de lire entre les lignes, soyons encore plus précis, la photo doit venir de ce site. Il est d’ailleurs signalé dans notre rubrique Liens internet. Merci de votre vigilance. Ctrl C
La photo ? Comme il n’est pas facile, j’en conviens, de lire sur les lèvres de Sollers, soyons précis, ne dit-il pas :"copier coller" ? Gérard Guest, "Ce que savait Heidegger" (suite)
Questions à Gérard Guest à propos de la Lettre sur l’humanisme. On connaît l’énigme de La Lettre volée d’Edgar Poe (The purloined Letter) ; on sait que le terme purloined est susceptible de plusieurs traductions : volée, détournée, dérobée, retournée, prolongée, etc. Comme le rappelle Henri Justin dans Avec Poe jusqu’au bout de la prose dans un chapitre qu’il intitule La Lettre dérobée, « Jacques Lacan brodera brillamment sur le sémantisme de Purloined ».
Relisant les « conversations » avec Jean Beaufret (1976-1981) qui se trouvent dans le livre de Frédéric de Towarnicki, « A la rencontre de Heidegger » (Arcades-Gallimard, 1993), je tombe sur ce passage (p. 249) que je reproduis ici en soulignant tous les termes qui méritent un questionnement : « [F. de Towarnicki] — Vous avez souligné en 1956 que la Lettre sur l’humanisme que Heidegger vous a adressée en 1947 à votre grande surprise, et dans laquelle il explique son " tournant " philosophique, fut le premier écrit qu’il publia " au terme d’un silence d’écrivain qui durait depuis dix-huit ans et que chacun était libre d’interpréter à sa guise ". Le texte de Heidegger est une mise au point qui éclaire ce qui différencie son questionnement de l’existentialisme en général et aussi des positions de Sartre exprimées dans son livre L’existentialisme est un humanisme , différence que vous avez vous-même souvent expliquée. Est-il vrai qu’il y avait plusieurs versions de cette Lettre et que l’une d’elles a même été perdue ? Vous évoquiez à ce sujet l’existence de nombreuses variantes dans les cours et les écrits de Heidegger. [J. Beaufret] — Il existe trois versions de la Lettre sur l’humanisme. La première, le garçon qui l’avait traduite en français l’avait oubliée dans un taxi, et elle a été perdue. A Fribourg, j’en ai trouvé une copie, un peu différente ; il devait y en avoir plusieurs. J’ai donc retrouvé la Lettre sur l’humanisme. Mais j’ai prêté cette version à Roger Munier à l’époque où il faisait son édition bilingue pour Aubier, et elle ne m’a jamais été rendue. En somme, il y a trois versions : le premier texte dactylographié que j’ai reçu, le texte qui a paru aux éditions Franke à Berne, accompagné du texte sur La doctrine platonicienne de la vérité, version dont Heidegger disait lui-même qu’il l’avait modifiée en certains endroits. Troisièmement, l’édition Klosterman, qu’a suivie la traduction de Roger Munier et qui est encore légèrement différente de l’édition Franke. Il devrait être très intéressant de comparer les trois états. Mais il en manque un, le premier, dont la moitié a été traduite et publiée dans la revue Fontaine. On a la traduction française de cette première moitié, mais le texte, où le retrouver ? Je n’en sais rien. Heidegger en avait-il un exemplaire ? C’est possible. Il faut alors admettre qu’il doit se trouver parmi les papiers qui sont dans les archives... Peut-être ces trois versions seront-elles publiées dans l’Edition intégrale qui, m’a-t-on dit, va sortir trois livres par an. Heidegger m’avait envoyé l’annonce de cette publication il y a deux ou trois ans, et devant l’indication que les livres seraient publiés à la cadence de trois volumes par an environ, il avait mis simplement à l’encre rouge des points d’exclamation. Il jugeait cela hautement improbable. » En sait-on plus aujourd’hui, c’est-à-dire trente ans après que Jean Beaufret a tenu ces propos qui ouvrent un abîme quant à l’interprétation de la Lettre sur l’humanisme (du texte, de sa circulation, de sa dissémination, de sa publication, de sa traduction) ? > Les preuves du Temps
La photo ?
Comme il n’est pas facile, j’en conviens, de lire sur les lèvres de Sollers, soyons précis, voici la séquence : « un état général de crible agité en noeud du tissu rongé des ponctions une frénésie négation des apoplexies pleins poumons des attaques et des contre-attaques rupture de vaisseaux inondation des cervons disjonctions des systèmes nervons déhanchements fanatiques rafales d’antibiotiques » (Paradis II, Gallimard, p. 9 ; j’ai souligné le mot que Sollers vient de prononcer). > Vitesse de Paul Morand
![]() " l’antisémitisme latent de Morand devient de plus en plus absurde et inepte avec le temps qui passe" Oui intéressant, sachant qu’au moment où est rédigé l’ouvrage (1929), les mentalités et les sensibilités concernant les juifs n’étaient pas tout à fait les mêmes qu’aujourdhui. "A la fin de l’envoi, la grande fille, - elle était juive, Sollers le découvre à la dernière page, ça lui paraît très important, on ne sait pas très bien pourquoi - s’envole vers l’Australie. Philippe reste seul avec ses rêveries." Je ne comprends pas bien les insinuations avancées pour ce passage, toujours est il que sollers a très certainement ses propres raisons d’évoquer un tel détail, et qu’il me paraît déplacé d’avancer des simplifications hâtives... Site Internet: Morand bio
> Les preuves du Temps
« La pensée heureuse trouve sa photo. »
Mais d’où vient-elle ?> Les preuves du Temps
Je ne sais si, à la différence d’un coup de dés, un coup de clarinette peut abolir le hasard, mais... rappelant hier quelques titres d’albums de Louis Sclavis, j’ai omis de signaler L’affrontement des prétendants paru en 2001, allusion évidente à Ulysse. Hasard ou pas, ce matin, je découvre le dernier disque de Sclavis Lost on the Way (ECM, mai 2009). Les titres des compositions parlent d’eux-mêmes : De Charybe en Scylla, La première île, Lost on the Way, Bain d’or, Le sommeil des sirènes, L’heure des songes, Aboard Ulysse’s Boat, Les doutes du cyclope, Un vent noir, The Last Island, Des bruits à tisser, L’absence. Toutes les compositions sont de Louis Sclavis, à l’exception de The Last Island qui est d’Olivier Lété (le bassiste au nom lui-même évocateur).
C’est clair, c’est net, c’est enchanté. On navigue parfois à vue, on peut se perdre en chemin, mais, à l’oreille, on s’y retrouve toujours. Lost on the Way
avec Louis Sclavis (clarinettes, saxophone soprano), Matthieu Metzger (saxophones soprano et alto), Maxime Delpierre (guitare), Olivier Lété (basse électrique), François Merville (batterie). C’est un quintette, décidément « cinq est un très bon chiffre » ... Louis Sclavis jouera le 11 mai à Paris. > Les preuves du Temps
Est-ce le même dans ce morceau vibrant, qui apparaît d’abord dans la première plage, à 4’43’’ ? Merci pour cette magnifique archive, et l’intelligent découpage annoté. > Les preuves du Temps
Exact ! C’est le premier enregistrement (1984) de Louis Sclavis, un de nos meilleurs clarinettistes (avec, pour moi, Michel Portal). Le morceau est dans l’album Clarinettes (réédition au Label bleu, 1999). J’apprécie aussi que Sclavis ait fait deux CD aux titres éloquents : Chine et Les violences de Rameau. Bien vu. Pour les fans : ce site. > Les preuves du Temps
Le morceau qui ponctue très régulièrement les interventions est de Louis Sclavis et s’intitule Le chien aboie et la clarinette basse.
Tout est dit, non ?
Pourquoi lire Rimbaud aujourd’hui ?
.Polémique autour d’une nouvelle édition Un Tout arrive ! entièrement consacré à Arthur Rimbaud autour d’une nouvelle édition (la troisième) de ses Oeuvres complètes dans la bibliothèque de Gallimard. Avec
Jean-Jacques Lefrère — auteur d’une monumentale biographie d’Arthur Rimbaud — ayant écrit une violente critique de cette nouvelle édition en Pléiade, nous renvoyons à son article. > Jacques Drillon, Sur Leonhardt
![]() Jacques Drillon parlera de Leonhardt sur France Musique (Les Enfants du Baroque) samedi 2 mai à 18h. Le film de Straub et Huillet, Chronique d’Anna Magdalena Bach vient d’être réédité aux Editions Montparnasse. > Sacré Parménide !
Toute déesse est à honorer. Celle que tu n’honores pas, un jour te broira les pieds, avec ses doux sabots.
> Point de Lendemain (suite) ou Point de lendemain Matin....
"Le corps de celui qui monte se fait plus léger"(...) dit Dante. Que penserait-il de ces belles phrases, corrompues par le mensonge du jeu de la séduction ?
Un choix unique reste à faire : aimer l’amour sans restriction et sans fausseté, que diable ! "Point de lendemain" à ceux qui font de leur vie une partition remplie de faux accords. Jouir et encore jouir, voilà de quoi l’on s’imprègne en lisant l’ouvrage de Denon.
Malgré un phrasé frôlant la perfection, peux-on accepter la fausseté des faux-amours ? Usurpateur de sentiments à la mode "Marquise de Merteuil", les liaisons sont toujours dangereuses par nature ; à plus forte raison lorsque le panache en ressort, vainqueur par défaut d’un libertinage sans âge !
Jouer avec les sans-timents, drôle de rôle, en sommes-nous convaincus ou jouons-nous avec ces écrits séculaires, faisant semblant d’y éclore et d’y croire encore ?
Divine littérature, porte-nous où toi seule sait le chemin, car les mots sont des couperets, aiguisés par ceux qui les utilisent, et déguisés pour ceux qui ne sont pas dupes. Le Diable est aux aguets, et Dieu dans tout ça ? Site Internet: "L'Art est long et le Temps est court" Baudelaire
> Sollers et la caricature - Passion fixe... de la Passion !
« Je dis passion fixe, puisque j’ai eu beau changer, bouger, me contredire, avancer, reculer, progresser, évoluer, déraper, régresser, grossir, maigrir, vieillir, rajeunir, m’arrêter, repartir, je n’ai jamais suivi, en somme, que cette fixité passionnée. J’ai envie de dire que c’est elle qui me vit, me meurt, se sert de moi, me façonne, m’abandonne, me reprend, me roule. Je l’oublie, je me souviens d’elle, j’ai confiance en elle, elle se fraye un chemin à travers moi. Je suis moi quand elle est moi. Elle m’enveloppe, me quitte, me conseille, s’abstient, s’absente, me rejoint. Je suis un poisson dans son eau, un prénom dans son nom multiple. Elle m’a laissé naître, elle saura comment me faire mourir ».Ph.S Ph. Sollers, égal à lui-même, amoureux et passionné, oui mais pas trop. Sait-on jamais, par ces temps infligés,(sic), mais évoquant le non-moi, où les battements de nos cœurs ne sauraient nous atteindre, à défaut de nous entendre. Sollers, « la marge à suivre », au Je unique, mais ô combien éclectique. Histoire de re-naître sous-vérités, les contre-vérités sont en une certaine façon, la résistance à tout ce qui nous blesse, à tout ce qui nous nuit...Nous ennuie ! Alors on écrit, on trace sa propre route, armés de lectures édifiantes et estimables, mettre aux abris les bombes lettrées, imprimables, pendant que d’autres se délectent et crépitent de leur choix, sans péril, se mettre aux anges et y rester. Lire « Passion fixe ». Rien ne saurait être indicible, puisqu’ici, est l’Absolue Vérité du sublime et de l’addiction charnelle. A nous d’apprendre à lire entre les lignes... de sa main de maître. Site Internet: "L'Art est long et le temps est court" Baudelaire
> Vitesse de Paul Morand
![]() On se frotte les yeux en lisant les mots de ce journaliste, Josselin : " l’antisémitisme latent de Morand devient de plus en plus absurde et inepte avec le temps qui passe"
"A la fin de l’envoi, la grande fille, - elle était juive, Sollers le découvre à la dernière page, ça lui paraît très important, on ne sait pas très bien pourquoi - s’envole vers l’Australie." On ne sait pas très bien pourquoi : autrement dit, absurde, inepte. Comme la bêtise haineuse, au fond, ne demande jamais qu’à avouer ! > Nous sommes tous surréalistes
On signale la dernière livraison N° 37 (Janvier-Février-Mars 2009) de la revue Histoires Littéraires qui ce trimestre consacre un dossier au Surréalisme. Deux entretiens inédits de novembre 1981 avec Jacques Baron et Philippe Soupault. A toutes fins, rappelons que le directeur de cette revue « consacrée à la littérature française des XIXe et XXe siècles » n’est autre que Jean-Jacques Lefrère, l’auteur des biographies de référence d’ Isidore Ducasse et d’Arthur Rimbaud... > Orwell et la " common decency "
Pour prolonger vos lectures : George Orwell et le concept de décence ordinaire. Avec Bruce Bégout et Jacques Dewitte, philosophes. Bruce Bégout (né en 1967 à Talence, enseignant à Bordeaux) a publié De la décence ordinaire aux Editions Allia (2008). Orwell, chacun l’aura remarqué est très présent dans Les voyageurs du Temps. Sollers cite ce passage de 1938 : « [...] Le conditionnement des masses est une science née au cours des vingt dernières années, et nous ne savons pas encore jusqu’où iront ses progrès. » et ajoute : « Nous l’avons su, et nous ne le savons toujours pas, ou plutôt nous ne voulons pas le savoir. » (p. 169) > Adolescence
je trouve que cette citations démontre vraiment la vérité !!!!
> Amours (III) Le corps amoureux
Sur Prélude à la délivrance ce bel article de Yann Moix Haenel et Meyronnis :
un livre qui délivre .
> Le siècle de La N.R.F
Sur France Culture retour sur les cent ans de la NRF >> avec Alban Cerisier. Editeur et directeur des fonds patrimoniaux chez Gallimard
> Série de quatre émissions sur la Radio Suiise Romande
Bonjour Viktor, un petit coucou du Québec ! J’espère que vous allez bien. Je souhaitais vous transmettre une information "sollersienne". J’ai écrit un petit post sur votre site, mais y’a tellement longtemps que je n’ai rien posté que je ne suis pas certaine que l’info va passer... Bref, il y a cette semaine quatre entretiens autour des Voyageurs du temps dans le cadre de l’émission « Entre les lignes » sur la Radio Suisse Romande. Les émissions sont "podcastables". Je vous dis à bientôt, Livia LE PROGRAMME
lundi 13 avril 2009 : Bordeaux-Paris L’héritage bordelais de l’enfance et l’ancrage de Paris. mardi 14 avril 2009 : Les jardins du temps Les grands auteurs nous parviennent dans l’instantanéité suspendue de leur œuvre. Les lire, c’est devenir leur contemporain mercredi 15 avril 2009 : Le temps explose A l’instar du tir au pistolet, cher à l’écrivain français, nos vies sont traversées d’apparitions proches de détonations. jeudi 16 avril 2009 La musique, percée liquide Grand mélomane, Philippe Sollers cultive une double passion pour Jean-Sébastien Bach et le clarinettiste Johnny Dodds. voici le lien : RSR/Entre-les-lignes Bacon Wahrol
![]() Bacon, Etude d’après le portrait du pape Innocent 10 par Vélasquez, 1953 Wahrol, Electric chair, 1967 > Picasso, Pâques
Tempête toute la nuit, violent vent nord-ouest.
Picasso, 1935 : « Je mets dans mes tableaux tout ce que j’aime. Tant pis pour les choses, elles n’ont qu’à s’arranger entre elles. »
« Chemin de croix » à Rome, au Colisée. Jean-Paul II sous la pluie (les cardinaux hésitent). De nouveau, un geste en direction des Juifs. De deux choses l’une : ou bien le catholicisme est à bout de souffle et avoue ainsi son erreur millénaire (comme tout le monde, ou presque, désormais, l’y invite), ou bien il se sent assez fort, de nouveau, « à la veille du troisième millénaire » (comme on dit) pour reconnaître et dépasser cette histoire sanglante de tous les diables. Qui vivra verra.
J-P. II, bénédiction urbi et orbi. Il est épuisé, vis fermé, il souffre. « La vie triomphant de la mort
Cette cérémonie laisse la plupart de mes amis (ou amies) insensibles, voire franchement hostiles. On ne se comprend donc pas du tout ? Non. Aucune importance (Le Secret, livre gênant [3]). Il y a longtemps que j’ai renoncé à faire sentir l’humour grandiose du catholicisme (Joyce). Misère dix_neuvièmiste du catholicisme français et de ses adversaires. Leur ignorance crasse de la Bible. Rideau. Pleine lune à travers les cupressus noirs. Philippe Sollers
Cycle astral, comme en cette année 2009, le calendrier fixait Pâques, le dimanche 12 avril. > Le Christ sur une chaise électrique
Le clou de Pâques 2009 : une sculpture représentant le Christ mort sur une chaise électrique, exposée jusqu’à dimanche dans la cathédrale de Gap (Hautes-Alpes). Baptisée "Pieta", la sculpture de Paul Fryer représentant la passion du Christ vaut à Mgr di Falco, à l’origine de l’exposition, de vives réactions, "en majorité positives", précise-t-il. "Cette oeuvre ne laisse pas indifférent, mais parler de polémique est faux. Le scandale n’est pas là où on le croit", explique Mgr di Falco à l’AFP. L’exposition est en revanche l’occasion de susciter un débat sur le Christ, reconnaît l’évêque : "Je voulais que le choc provoqué nous fasse reprendre conscience du scandale de quelqu’un cloué sur une croix. Par habitude on n’éprouve plus de réelles émotions face à quelque chose de véritablement scandaleux, la crucifixion". Mgr di Falco, évêque de Gap, préside aussi le Conseil pour la communication de la Conférence des évêques de France. Bien inspiré, Mgr di Falco. Il pourrait seconder Philippe Sollers qui s’était proposé de prendre en charge la direction de la communication papale (Cf. son Journal du mois de mars 2009)) D’après AFP, 10 avril 2009. > Sur le matérialisme
« Poe semble avoir eu conscience, très tôt, d’une matière infinie, d’une matière de l’infini, d’un infini matériel palpable. » Voilà, en tout cas, une leçon de littérature absolue. » C’est par cette citation d’Henri Justin que Sollers termine son récent article sur Edgar Poe. Je ne sais si c’est une proposition "matérialiste" mais c’est à coup sûr une proposition anti-idéaliste et il est évident que Sollers revendique pour lui-même et cette « conscience, très tôt » et cette proposition. Dans Sur le matérialisme (1969, p. 65), Sollers citait Cyrano de Bergerac (personnage central également de Passion fixe, 2000) : « Mais l’infini, si vous ne le comprenez en général, vous le concevez au moins par parties, puisqu’il n’est pas difficile de se figurer, au-delà de ce que nous voyons de terre et d’air, du feu, d’autre air et d’autre terre. Or l’infini n’est rien qu’une tessiture sans bornes de tout cela. » (c’est Sollers qui souligne) et : « [...] comment ces grands feux pourraient-ils subsister, s’ils n’étaient attachés à quelque matière qui les nourrit ? » > Henri Meschonnic
Henri Meschonnic a laissé une oeuvre exigeante, hors du commun, souvent irritante (c’était aussi un redoutable polémiste). Il est juste de lui rendre hommage alors qu’il vient de nous quitter. Son apport fondamental est évidemment sur la question du rythme et du poétique. Dans un entretien avec Jacques Ancet de 1994 qu’il est intéressant de relire aujourd’hui, sa pensée est bien résumée, y compris dans ses excès mêmes, ses points d’aveuglement (incompréhension t |