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Ligne de risque et la gnose

D 21 février 2009     C 5 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Le numéro 24 de la revue Ligne de risque, dirigée par François Meyronnis et Yannick Haenel, est paru.
Titre : La sagesse qui vient.

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De quoi s’agit-il ? D’un retour sur les " gnostiques ".
Avec trois entretiens :
La Sagesse étrange des gnostiques, entretien avec Sandrick Le Maguer.
Sagesse de la résurrection, entretien avec Christian Jambet (sur Mullâ Sadrâ et le chiisme iranien [1].
La Connaissance comme Salut, entretien avec Philippe Sollers.

Et un extrait du Journal inédit de Sibylle Lacan.

Dans son entretien, Philippe Sollers déclare :

« Peut-on discerner dans ce que j’écris une "tonalité gnostique", comme vous dites ? Pas une tonalité, chers amis — un ton fondamental. Sans aucune contradiction, je suis à la fois catholique et gnostique. L’un parce que l’autre. Mon rapport avec la gnose remonte à plus de quarante ans. Je le date de l’un de mes livres, Drame, publié en 1965. Dans ce livre, on voit que je commence à m’intéresser à ce géant de la gnose qu’est Dante. Lui aussi, catholique et gnostique. Et l’un parce que l’autre. »

Puis : « Paradis est une oeuvre gnostique. Le second tome, encore plus ouvertement que le premier. »

Ou : « Heidegger, gnostique ? — Évidemment. C’est même le point qui achoppe pour le clergé philosophique. Ce qu’on fait payer à Heidegger. Avoir été gnostique et catholique. Mais chut ! Même les heideggeriens n’ont pas envie d’en savoir si long. »

Ou encore : « Le gnostique est un vainqueur. Non seulement il ne perd pas la guerre, mais il ne s’incline pas devant ceux qui ont été défaits. »

Et enfin : « L’Église catholique vous met tout ça dans sa poche, sans aucun problème. La Bible, les Grecs, le chinois, le sanskrit, la gnose, elle met sur eux sa bénédiction. Cela n’a rien à voir avec la diversité culturelle, n’en déplaise à la propagande humaniste en vigueur. C’est l’unité, que personnifie la baleine blanche du Pape. »

Thèmes qui traversent son dernier roman, Les Voyageurs du Temps.

D’autres extraits de l’entretien de Sollers dans La « lettre volée » des Évangiles.
Par ailleurs, pour une première approche, on pourra se reporter à notre article : Sollers et les Gnostiques ou à Dionysos ET le ressuscité.

*

De François Meyronnis et Yannick Haenel, vient, par ailleurs, de paraître dans la collection L’infini, Prélude à la délivrance.

« L’effroyable a déjà eu lieu et ne cesse d’avoir lieu. En un sens, il n’y a plus rien à craindre. Ce livre s’adresse à toute personne de bonne foi cherchant un accès à la délivrance au coeur de la catastrophe planétaire. A chaque instant s’ouvre la possibilité du sauf. Mais qui le désire ? Vous, peut-être. »

*
Abonnement pour deux numéros : 20 ?. Abonnement de soutien : à partir de 40 ?
(à l’ordre de Ligne de risque)
Ligne de risque, 10, rue Gabrielle-d’Estrées, 92170 Vanves.
e-mail : ligne de risque
*

Voir en ligne : Le blog de Ligne de risque


[1De Christian Jambet, L’Acte d’être. La philosophie de la révélation chez Molla Sâdrâ, Fayard, 2003. Voir Christian Jambet, l’islam dans le désert.


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5 Messages

  • A.G | 31 mai 2009 - 15:09 1

    En complément des réflexions de D., S.Z. nous informe :

    « Comme précisé désormais en tête du texte de Julien Coupat :
    _ Tiqqun 1, Tiqqun 2 et "L’insurrection qui vient" sont disponibles sur la PAGE DE TELECHARGEMENT (cliquer en haut à gauche de la page d’accueil), dans le dossier INSURRECTION. »

    C’est sur paroles des jours .

    Lire aussi Quand Julien Coupat animait « Tiqqun » par Aude Lancelin.
    _ où l’on peut lire : « C’est une revue qui à un moment donné, dans un désert complet, a fait une proposition radicale, altière, étrange, et en ce sens tout à fait estimable », explique François Meyronnis, coanimateur de la revue « Ligne de risque ».
    _ Lui-même se souvient d’avoir été convié une fois avec le romancier Yannick Haenel à une réunion des Tiqqun dans un bar en face de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Le contact passe mal entre Coupat et Meyronnis. Trouvant puéril d’aller voir le film « Fight Club » en bande, ainsi que les Tiqqun l’envisageaient ce soir-là, ce dernier se voit sèchement accusé d’« appartenir à un régime ancien de vérité » !

    et les Réponses de Julien Coupat au journal Le Monde.

    A noter que Ph. Sollers termine sa dernière chronique du JDD (31 mai) par ces mots : « Mais c’est bel et bien dans Le Monde que vous avez appris q’un écrivain de premier ordre était détenu à la Santé sous prétexte de "terrorisme". On le salue ici en le faisant entendre » [suit la citation de la fin de l’entretien ci-dessus].

    Sollers ajoute : « Comme on voit, ce détenu très libre est très cultivé. Il se donne même les gants de citer Hegel, et on aura reconnu dans sa rhétorique, à la fois Lautréamont et Debord, textes peu lus par la police. Un peu de Céline pour finir (même si celui-ci prend la précaution de préciser que les anarchistes sont "terriblement noyautés par les flics depuis toujours") : « Vive l’anarchie, nom de Dieu. pour être sûr d’être bon anarchiste, il faut avoir tenu bon en tôle, impeccablement, avec une boussole personnelle, indéréglable. » Autre chose qu’une Rolex ! »


  • D. | 28 février 2009 - 22:48 2

    Ce que j’indiquais par allusion, et avec une pointe d’ironie, n’a pas été relevé, je vais donc être plus explicite.

    Je suis frappé de ce que le titre de ce numéro de Ligne de risque se présente comme une réponse explicite à l’essai du "Comité invisible" - attribué aux quelques habitants de Tarnac arrêtés le 11 novembre dernier dans une spectaculaire arrestation, à qui l’on imputait également, en les baptisant de "mouvance anarcho-autonome de l’ultra-gauche", ou encore, par un merveilleux glissement de sens, "cellule invisible", les dégradations de caténaires qui avaient momentanément paralysé le réseau SNCF, ce qui leur vaut d’être inculpés pour "association de malfaiteurs à finalité terroriste", et, pour leur "chef présumé", Julien Coupat, de séjourner aujourd’hui encore à la Santé - essai, donc, intitulé L’insurrection qui vient.

    On peut s’en étonner : quel rapport entre la Gnose et une critique se voulant radicale de l’état actuel de notre société spectaculaire ? quel rapport entre Meyronnis et d’affreux "terroristes" ?

    Il faut savoir pour cela que ce "Comité invisible" partage avec celui de Ligne de risque le même horizon de références, tracé par ces deux grands repères : Debord, Heidegger. Mais encore, que ce "Comité invisible" est lié à Tiqqun, nom sous lequel ont été publiés deux numéros de revue à la fin des années 90, ainsi que d’autres textes théoriques-critiques, tels que Introduction à la guerre civile, ou Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille (il faut avouer que ces malfaiteurs associés ont le sens du titre) ; que, parmi les références de Tiqqun se trouve, justement, la Kabbale, et en particulier (voir ici) un courant de la Kabbale qui s’est développé au XVIIIe siècle, d’orientation messianique ; le nom Tiqqun lui-même « souvent employé dans la tradition kabalistique et messianique, [...] signifie tout à la fois réparation, restitution et rédemption, et [...] recouvre en grande partie, et entre autres, la conception juive de la justice sociale » (Wikipédia, donc prudence, article Tiqqun).

    Gnose et Kabbale ? Eh oui, mais le lecteur de Dubourg ne s’étonne pas - pour celui-ci, la Gnose n’a rien de grec, c’est, comme le christianisme, un pur produit de la pensée hébraïque, auprès de laquelle il faut donc faire le même effort consistant à détecter l’hébreu sous le grec ou le copte, que pour les Evangiles. Rien de surprenant à voir Sandrick Le Maguer, digne successeur de Dubourg, au sommaire de ce numéro.

    L’affrontement, ou du moins la polémique - qui n’a peut-être lieu que par l’allusion du titre - est logique (logique en vertu de quoi, bien souvent, les "avant-gardes" s’affrontent l’une l’autre) : les constats très proches, et l’héritage quasi identique, impliquent nécessairement une explication quant à la divergence de positions. Et on peut supposer que cette divergence porte sur le rapport de l’individu au groupe, et qu’à la position messianiste-communiste, si l’on peut dire, de Tiqqun, prônant l’action collective, et en particulier l’instauration de communes, soit opposée dans Ligne de risque une position mystique-gnostique, proche de la pensée de Sollers, et où seul l’individu trouve le salut, par élection.


  • A.G. | 26 février 2009 - 16:23 3

    Ci-dessous la dernière page du numéro 24

    Les numéros disponibles peuvent être commandés (10 ? port compris) à la :
    LIBRAIRIE LA PALOURDE - J.-Y. LACROIX
    15, rue des Lombards, 30000 Nîmes.
    Tél. 04 66 76 17 93.


  • anonyme | 25 février 2009 - 21:57 4

    L’email ne semble pas fonctionner, j’aimerais en effet savoir si d’anciens n° sont encore disponibles...
    merci,

    Laurent Husser
    Strasbourg


  • D. | 25 février 2009 - 13:03 5

    Ce titre étrange, La sagesse qui vient, retient mon attention. Il me fait sourire, aussi : c’est l’âge de raison pour Meyronnis ? la dernière poussée de dents de Haenel ? Je me demande enfin ce qu’en pense Julien Coupat : est-ce que la sagesse lui vient, au lieu de ses puériles envies d’insurrection, après trois mois et demi de Santé ?