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Moretti-Sollers

D 18 mai 2011     C 1 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

On connaît peu de choses de la relation que ces deux-là ont entretenue. Cela étant, outre le fait que Moretti inaugure sa longue collaboration avec le Magazine Littéraire avec le portrait de Sollers en 1972 (simple fait du hasard ?), on se rappellera peut-être que Moretti pour peindre sa fresque "le mur du Forum des Halles" (installéé de 1979 à 2002) était entouré de Marc Paillet (à gauche), d’Armand Gatti (à droite) et de Ph. Sollers...

http://www.patrickduval.fr/moretti.html

Avec l’aimable autorisation de l’auteur de la photo, Patrick Duval, qui la commente ainsi :

A l’époque je travaillais comme journaliste et photographe pour Libération et j’étais devenu un peu ami avec Moretti qui m’appelait régulièrement et m’invitait en toute sorte d’occasion.
Je ne me souviens pas de la raison de cette rencontre avec Gatti, Paillet, et Sollers, mais cela doit se situer à la fin des années 70. Peut être 1978.


L’illustration de Sollers en couverture du Magazine littéraire N° 65, de juin 1972, introduisait son interview, par Jean-Jacques Brochier, intitulée Ebranler le système.

D. Brouttelande

D’autres liens :

Que l ?on me donne des routes, des villes, je les peindrai...
Raymond Moretti (1931-2005)
L’Oeil - n° 572 - Septembre 2005

Sur pileface, on pourra aussi consulter un article complémentaire sur :
Les années Moretti-Sollers.
Le portrait de Breton par Moretti, annoté par Sollers
"Le mur", son oeuvre monumentale de 1979, implantée dans le Forum des Halles et pour laquelle, Sollers a aussi été mis à contribution. L’oeuvre sera déplacée en 2002 à Tautavel.
C’est ici


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1 Messages

  • A.G. | 18 mai 2011 - 19:10 1

    Sur le site des Amis de Raymond Moretti on trouve cette indication :

    « 28 novembre 1979 : Exposition "2000 ans d’érotisme" à la galerie Sylvia Bourdon à Paris sur des écrits de Philippe Sollers. »

    Dans le numéro 34 de la revue art press (février 1980), cette note (p. 2) :

    moretti — sollers _ galerie sylvia bourdon

    En décembre et janvier, Sylvia Bourdon présentait dans sa galerie le fruit d’une collaboration entre Moretti et Sollers, 2000 ans d’érotisme, sous forme de lithographies et de poèmes. Le texte qui suit de Philippe Sollers servait d’introduction à l’exposition.

    Deux mille ans d’érotisme

    Quelque chose nous prévient que l’humanité est en train de dire son dernier mot. Bien entendu, elle va continuer à tourner en rond, à rouler sur elle-même, à se détruire avec application, mais de plus en plus évidemment pour rien, dans le vide. Je crois que nous vivons un moment d’éclairage très bref, en profondeur. Jetons un coup d’ ?il. Ce qui vient vers nous, avec le code génétique de l’espèce, ce sont des entassements de lettres. Gestes de l’alphabet emportés par le flot du temps. Le chinois l’hébreu. Entre les deux : des mondes. L’hébreu, le chinois, sont là, encore vivants, parlants, tracés, chacun pressent que l’explication du vingt-et-unième siècle va avoir lieu entre eux, comme une grande récapitulation avant un saut, une mutation encore impensable. Et tous ces corps, toutes ces langues qui ont occupé la planète ? En cours de télématisation. Le sexe là-dedans ? De plus en plus inessentiel, dérisoire. Plus de secret, plus de mythologie. Un rapport nu, direct, tuant avec cette vérité : être là est de toutes façons une erreur. Il faut faire sentir cela. Ce coup de ballet. Trouver une allusion par collage, montage, profil d’une ironie infinie. Constat indirect pour une apocalypse qui n’aura même pas à avoir lieu ouvertement. Le monde est devenu un spectacle, mais le spectacle est miné, il se dévore lui-même, aucune surveillance ne peut plus empêcher l’apparition du faux fondamental qui l’anime. Tout cela ne vient de nulle part, et ne va nulle part. Simplement, dans l’instant, ça fait signe. On peut le qualifier d’une lettre, de quelques mots, d’un fragment de phrase, d’un geste calligraphique, d’une ou deux couleurs. Signer le chaos.
    _ En même temps, cette signature est lumière. Comme si nous étions un instant lucides, acceptant la disparition. Dans l’énorme bruit de plus en plus aphasique du monde nous nous tenons à un silence résolu. Celui que pourrait atteindre un déchet extasié mutisme de mort dans la trame du temps qui claque : comme dans l’acte sexuel, ce détail. Philippe Sollers

    Voir aussi Raymond MORETTI — Philippe SOLLERS