![]() Geste - Texte - Musique
Archive sonore du Centre Pompidou
Message de Olivier Thebault : Chers sollersiens, Je vous signale ce lien qui vous a peut-être échappé : (cf. lien en fin d’article) Sollers y parle de musique avec une musicologue [Ivanka Stoïanova]. Bon courage et bonne continuation pour ce site où la parole de Sollers est abritée et gardée précieusement. Un amateur
AvertissementCet enregistrement est dérangeant ! Près de quatre minutes de musique lancinante avant qu’une voix ne se fasse entendre pour nous en délivrer et nous donner la clé (de sol) de ce qu’il fallait entendre. Une voix de 1978, dans laquelle on a du mal à reconnaître celle de Sollers, puis on s’y habitue.
N’est pas plus stéréotypée Ni ruminative Que ce qui a lieu Dans votre tête à chaque instant Tout cela est d’une grande pauvreté Justifiée Et c’est de la misère Symbolique de l’époque Misère dont l’art moderne Essaie héroïquement et pathétiquement de sortir Que je voudrais essayer de dire deux mots A supposer que l’époque ait encore besoin d’artistes, ce qui n’est pas sûr « A quoi bon, disait Hölderlin, des poètes, en temps de détresse » Nous ne vivons plus un temps de détresse Mais en temps de quasiment rien du tout La musique Comme toutes les autres activités symboliques De l’espèce dite humaine Fait partie de cet effondrement Que nous vivons depuis un siècle. Puis, le fond musical disparaîtra pour laisser la place à une parole claire, à la scansion restant lente, d’un discours que l’on sent plus lu, qu’improvisé sur une trame comme le fait aujourd’hui Sollers.
Autres thèmes abordés, également récurrents chez Sollers, la question du Temps... , la poésie avec les références à Hölderlin, Mallarmé..., les ouvertures de la langue avec la langue de Joyce..., autant d’éléments s’intégrant dans le puzzle de la réflexion de Sollers sur les mutations de son temps, celui du XXe siècle :
En catastrophes et en charniers Et de l’autre, un art qui prouve la mutation même De l’identité humaine Tout ceci, d’ailleurs, portant un rude coup à l’idéologie du progrès Car l’idéologie du progrès, c’est la conception d’un temps linéaire et évolutif Et précisément, tout cet art, notamment la musique, et ce n’est pas un hasard Va poser des problèmes, le problème du Temps d’une façon complètement autre Que ce qu’on aurait pu attendre D’un accouchement, d’une conception du monde axée sur le progrès Même chose en littérature. ... Trente ans après, pas un mot à changer de cet extrait ! Non ?
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