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IL A DIT
Philippe Joyaux est devenu Sollers en 1958. Pourquoi les écrivains changent-ils de nom ?. Comment choisissent-ils leur pseudo ? Un acte important : une nouvelle identité.
sollers (solers), ertis [sollus ou sollus + ars] : Notons que Sollers retient les adjectifs les plus positifs, alors que certains détracteurs soulignerons l’adjectif rusé, plus ouvert au glissement péjoratif. Version Sollers à Gérard de Cortanze (2001) Version Sollers à Catherine Clément(1970, 1995) " Le voilà qui me mène en bateau. Bonjour Ulysse.
Air connu. ...Variations en forme de fugue sur le thème Sollers. Sollers qui ne se laisse jamais réduire à la simplicité "unaire" qu’il s’agisse de matérialisme, de maoïsme, de catholicisme ou d’écriture ou quoi que ce soit. Sollers-Janus binaire à deux faces, pas moins. Affirmation et négation, toujours. Et plus, si affinités : Sollers-Trinitaire... Le dogme de la Trinité, qui revient de façon récurrente dans son oeuvre, et dans ses entretiens . Trinité, un des principes enfouis dans notre conscience des commencements dont le catholocisme aurait gardé la trace. Un "modèle", en quelque sorte, pour prendre une terminologie technique ou économique, d’aujourd’hui. Un modèle qui simulerait une des lois essentielles de l’univers des êtres pensant que nous sommes. Sollers aux commandes. Maître à bord de son vaisseau amiral Paradis, après Dieu bien sûr. L’explication du monde des hommes après la Bible et La divine comédie. Avant Femmes dont Sollers dira qu’il prolonge Paradis , dans un autre emballage. Non ? Si. Mais avec ses mots à lui. Nous y reviendrons plus tard, c’est un gros morceau. Sollers donc : sonorité, sens.../ rusé, Ulysse ancré dans la mémoire de notre civilisation...
Version Entretien avec Serge Moati (2008)
J’avais créé un personnage imaginaire qui s’appelait Sollers [...] tiré du latin. [...] un personnage qui était une sorte d’idéal du moi, dont je transcrivais les pensées, voilà. ...Voilà ce qu’il pense ! ...C’est le grec « polytropos », le surnom d’Ulysse qui donne sollers, [sollus] en latin. Nota 1 : Nouvelle est cette référence à « polytropos », et c’est le même mot qu’utilise Julia Kristeva dans sa présentation de Sollers lors de la conférence "Enfance et jeunesse d’un écrivain français", au Collège des Bernardins, le 29 juin 2010. Surnom d’Ulysse ? Qu’en est-il plus précisément ? Homère a voulu faire d’Ulysse « un héros positif, doté d’une intelligence salvatrice ». Il lui a ainsi attribué l’épithète principale de « πολύτροποs » dans le texte grec, « polytropos » (le y est un « u » en grec), c’est-à-dire « l’homme aux multiples tours », ce qui désigne à la fois les nombreuses pérégrinations du héros et la spécificité de son intelligence. Ulysse est ainsi devenu, dans la culture occidentale, le modèle de l’habileté intellectuelle capable de s’adapter aux situations et de vaincre les dangers.
Et Lucus solus, au moment d’une curieuse solitude, en 1958, connaît-il ? Lucus solus de Roussel, ce labyrinthe textuel surréaliste auquel il consacrera un article dans Tel Quel N° 14 de 1963 et des pages de Logiques. La veine surréaliste qui avec Ponge influencera fortement les débuts de Tel Quel ? "Au cœur du réacteur Solitaire, je porte en moi la scission » ... dit-il Poker, entretiens avec la revue Ligne de risque (Ed.Gallimard, 2005) ...
Une constante depuis ses débuts littéraires. Paradoxalement, le Sollers qui recherche la lumière de la scène médiatique est un solitaire.
Alors Sollers-solus ? Un duo bien sollersien. Et Sollers-sollus-Ulysse ? ...Un trio non moins sollersien. L’équation sollersienne ? 1=2=3 à l’infini...
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