Nota : Découverte de Sollers, seulement au début des années 2000 dans ses productions "lisibles" post Femmes, sa période bleue - si l’on veut - avant de découvrir sa période rouge avec son dogmatisme politico-littéraire, ses expérimentations et ses débordements "abscons", elle-même précédée de sa période rose classique et proustienne, pour ses deux premiers textes.
Comme Picasso nous montre qu’il sait dessiner et peindre avant de déstructurer ses tableaux, Sollers a commencé par montrer qu’il savait écrire avant de déstructurer ses textes, s’affranchir des "aides au sens" que sont la ponctuation, les paragraphes, la clarté des blancs... L’homme est musicien, le texte se voudra musical, poétique, au delà des limites conventionnelles pour atteindre globalement les sens, autant sinon plus que d’être chargé de sens. Perceptions et raison en alternance, voire mixage. Influences multiples du surréalisme, de la psychanalyse de Freud puis de Lacan, du marxisme puis du maoisme. Influences d’Artaud, Bataille, Sade, Rimbaud, Joyce, des écrits bibliques, du pape, de Dante...
Sollers aimerait chausser les bottes de Joyce et se lance dans l’aventure de Paradis, son Finnegans Wake, son Ulysse. Il s’intéresse aussi à l’art, à la peinture, en particulier, et Picasso est sa référence. On le retrouve dans ses textes, sur la couverture de des livres (éditions Folio), au dos de sa revue l’Infini. Sollers s’est également lancé dans une aventure encyclopédique culturelle avec sa Guerre du goût et son Eloge de l’Infini : son arche de Noé, ses manuscrits de Qumram en leg aux générations futures... Un écrivain qui oeuvre dans le roman, les essais, les biographies, crée deux revues litéraires Tel Quel et l’Infini, exerce des fonctions éditoriales chez Gallimard, a collaboré au Monde, et rejoint maintenant Le Nouvel Observateur, tient un journal du mois dans Le Journal du Dimanche, et est un "bon client" pour les émissions radio et télévision...
Et pourtant solitaire : "Une curieuse solitude", son premier roman, "L’isolé absolu", le nom du film que lui a consacré André S. Labarthe. Dans la lumière et masqué.
Nota 2. Depuis le commentaire précédent, Sollers a ajouté un volume à son "Enyclopédie du Goût" avec Discours parfait, s’est fait virer du JDD pour insolence voltairienne envers la compagne du chef de l’Etat, et par ricochet envers le Président. Depuis, Le Point l’a accueilli pour une chronique hebdomadaire sur le site Internet du journal, signée Philippe Twitters.