En 1960 à Vauvenargues, en 1961 à Mougins - il a 80 ans -, Picasso dessine ou peint des dizaines de Déjeuners ou de Déjeuners sur l’herbe, parfois plusieurs le même jour. Retour à Manet. Pourquoi ? Philippe Sollers, dans PICASSO, le héros, nous l’explique : « Si je vais déjeuner chez Manet, sur l’herbe, c’est pour reprendre un bain de couleurs et de nus, mais, attention, en gardant mes distances. Plonger dans le blanc, le vert, la fraîcheur, oui, mais comprendre du même coup ce que fait cette grosse femme penchée dans le fond, là, en train de ramasser une fleur. Baignoire, baignade, modification des dimensions féminines, mimiques des corps, conversation impossible. Les voilà qui grandissent et s’effilent, les femmes, elles, défient l’observateur qui devient un sorcier, la situation l’y oblige. Manet a inventé un paradis avec de drôles de houris. Avec Picasso, le revoici, au carré, au cube. »
![]() 27-02-1960 ![]() 28-02-1960 ![]() 28-02-1960 ![]() 4-03 au 30-07-1960 ![]() 3-03 au 20-08-1960 Brassaï compare un manuscrit de commande de couleurs de Picasso aux voyelles de Rimbaud. Pourquoi pas ? "Blanc permanent On était parti du bordel d’Avignon traité à Paris, au début du siècle, dans la clandestinité : faux titre, fausse adresse. Interdiction de révéler qu’on est dans une ruelle de prostitution à Barcelone [1]. Mais on réalise malgré tout la prophétie puisqu’on revient, en pleine gloire, faire scandale à Avignon [2] en foutant un bordel mémorable dans la peinture : Alpha, Oméga. ![]() 19-04-1961 ![]() 17-06-1961 ![]() 18-06-1961 ![]() 13-07-1961 ![]() 10-08-1961 De même qu’il fallait oser l’équation : "ça pleure, et il y a une femme dedans", de même, ici, on peut entendre : "ça baise, et il y a un couple dedans." La relativité restreinte ouvre sur la relativité généralisée. La physique emprunte ses nouvelles lois gravitationnelles. Qui trop embrasse bien étreint. Rien ne sert de partir, il faut courir à point. On a envie contre la levée de boucliers des dévotes et des dévots et, devant l’incroyable tollé indigné ou gêné des cléricaux de tous bords ayant accueilli ces tableaux, de parler comme Eschyle du "rire ensoleillé des dieux". Ils sont là, en effet, dieux et déesses, copulant ou se reposant, s’embrassant et s’embrassant, mousquetaires et danseuses, sous la tonnelle ou sur un banc. Philippe Sollers, PICASSO, le héros (Editions Cercle d’art, 1996, p.100, p.109). Les reproductions des Déjeuners sur l’herbe ont été prises sur le site référencé plus bas. D’autres tableaux figurent dans le livre de Sollers. Picasso est mort le 8 avril 1973. Il est enterré à Vauvenargues. PS : on notera que c’est en 1959 que le cinéaste Jean Renoir - fils d’Auguste Renoir - a réalisé, lui aussi, son "Déjeuner sur l’herbe". [1] Il s’agit des Demoiselles d’Avignon (printemps-été 1907) [2] Exposition Picasso au Palais des Papes d’Avignon en juillet 1970
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Pablo adopte une vision très ludique dans ces variations sur le "dejeuner" de Manet !
Beaucoup plus que ses revisitations du coté de chez Delacroix et Velasquez !
Là il décline toutes les infinies variations sur la couleur verte traitée tantot en aplats simples ;tantot avec des tracés très baroques !
Il y a beaucoup de joie de vivre dans ces nouveaux "dejeuner !" !
Yopinto.
Site Internet: dejeuner
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