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Sollers et la poésie
Sommaire :
Autres textes de Sollers sur Antonin Artaud Pour en finir avec le jugement de Dieu Julia Kristeva sur Artaud Artaud sort de l’asile de Rodez Evelyne Grossman, entretien Artaud, Dreyer, Godard " Celui qu’il faut bien nommer de temps en temps un poète, ne serait-ce que pour rappeler qu’il faut bien qu’il y ait quelque part quelqu’un pour qu’il n’y ait plus, à partir d’un certain rythmé en mouvement, rien ni personne ou plutôt de l’anti-sujet hors personne - et voilà toute la technique qui peut permettre de dire JE d’une façon qui échappera toujours aux oreilles -, le poète, donc, comme n’importe qui, mais en plein jour, autrement dit comme du langage en nuit-jour, déclenche une haine spécifique, mortelle, pour la seule raison qu’il produit une négation non assimilable à la négation. Si jamais chiffon s’abat sur un tableau noir, c’est bien cette affirmation matérielle. " Philippe Sollers, L’état Artaud (intervention au colloque de Cerisy, juillet 1972) ![]() Artaud par Man Ray, vers 1926 Saint ArtaudSartre avait raison : Genet était un saint, comédien et martyr, lui-même, comme Gide, restant jusqu’au bout un pasteur de la religion réformée progressiste. Mais Antonin Artaud (dont Sartre ne parle jamais) est un acteur du théâtre de la cruauté, un martyr autrement abrupt, un saint qu’on ne peut ramener à aucune Eglise puisqu’il s’en prend à Dieu lui-même et à toutes les religiosités, avouées ou occultes, avec l’intention physique de les faire sauter. Un poète ? Oui, très grand, mais ce mot couvre trop de petits commerces. Un penseur ? Oui, fondamental, mais qu’aucun philosophe ne saurait mesurer (et encore moins le discours universitaire). Un théologien négatif ? C’est peu dire, puisque, chez lui, rien n’est idéal ni abstrait. Un spécialiste des mythes et des rituels chamaniques ? Son expérience personnelle (notamment au Mexique) le prouve. Un drogué ? Il n’en finit pas d’avoir besoin de l’opium pour atténuer ses souffrances. Un fou ? Si cela peut vous rassurer. Un prophète ? Il est au cœur de la barbarie du XXe siècle, captant son énergie noire comme personne du fond des asiles d’aliénés (40000 morts, très oubliés, en France, pendant l’Occupation, famine et électrochocs). Mais avant tout : un rythme, un choc, une pulsation, une voix, une profondeur affirmative graphique qui ne vous quittent plus une fois que vous les avez rencontrés et vraiment éprouvés. 1792 pages, des cahiers noircis, des portraits et des autoportraits admirables, des lettres, des improvisations, c’est la guerre, la torture, la protestation, le témoignage brûlant, le courage de tous les instants. Un certain nombre de ses contemporains l’ont compris (jamais tout à fait, et souvent de loin). Gide, un soir, au Vieux-Colombier, monte sur scène pour l’embrasser, alors qu’il suffoque. Paulhan est généreux, et très attentif. Breton est celui qui reçoit les plus belles lettres (mais pourquoi transforme-t-il le surréalisme en exposition d’art ?). Paule Thévenin, enfin, la fidèle des fidèles, avec laquelle j’ai eu l’honneur de travailler clandestinement (elle s’appelle Marie Dézon dans les traductions de certains textes, uniquement trouvables en espagnol, publiés au Mexique). Ce sera une histoire à raconter. Tout Artaud, ou presque tout, enfin sur votre table, à côté de ceux qui sont pour lui ses vrais partenaires de destin tragique : Gérard de Nerval, Edgar Poe, Baudelaire, Lautréamont, Rimbaud, Nietzsche. Comme Van Gogh, « ils ne sont pas morts de rage, de maladie, de désespoir ou de misère, ils sont morts parce qu’on a voulu les tuer. Et la masse sacro-sainte des cons qui les considéraient comme des trouble-fête a fait bloc à un moment donné contre eux ». Artaud insiste : « Car on ne meurt pas seul, mais toujours devant une espèce d’affreux concile, je veux dire un consortium de bassesses, de récriminations, d’acrimonies. Et on le voit. » Vous connaissez Antonin Artaud ? Vous en avez entendu parler ? Allons, soyons sérieux, à peine. Il y a trop de choses à lire, il est souvent répétitif, il vous fatigue, il ne « colle » pas avec votre emploi du temps surchargé, il ne fait pas partie de la rentrée littéraire, pas plus que Pascal, d’ailleurs, qui trouvait toute l’activité humaine somnambulique et mystérieusement antinaturelle. Un effort quand même, puisque vous irez de chef-d’œuvre en chef-d’œuvre, des années 1924-1925 (Artaud a 28 ans) à 1948 (année de sa mort étrange, à 52 ans, le jardinier de la maison de santé d’Ivry, où il s’est réfugié, le découvrant assis au pied de son lit, victime d’une probable surdose d’hydrate de chloral).
![]() Artaud en 1930 Donc : « Correspondance avec Jacques Rivière » (pourquoi Artaud n’est pas « NRF »), « le Pèse-Nerfs » (ne manquez pas là les « Lettres de ménage »), « A la grande nuit » (le plus surréaliste des surréalistes rompt avec le surréalisme), « Héliogabale ou l’Anarchiste couronné » (prodigieuse étendue et variété des lectures d’Artaud), « le Théâtre et son double » (révolution de l’espace et de l’acteur), « les Nouvelles Révélations de l’Etre », les « Lettres de Rodez » (supplices de l’internement, 24 électrochocs), « Artaud le Mômo », « Ci-gît » précédé de « la Culture indienne », « Suppôts et suppliciations », « Van Gogh le suicidé de la société » (texte éblouissant de fraîcheur et de lucidité, incompréhensible de la part d’un homme aussi délabré, probablement le plus beau d’Artaud et qui, comble d’ironie, reçoit à l’époque le prix Sainte-Beuve), « Pour en finir avec le jugement de Dieu » (émission radiophonique interdite de diffusion, « le Figaro » se demandant gravement si on pourrait accepter que 15 millions d’oreilles entendent la voix d’Artaud parlant des prélèvements de sperme sur des garçons dans les écoles des Etats-unis pour fabriquer de futurs soldats, « imagine-t-on un récital Baudelaire au Vel’ d’Hiv’ ? »). Et puis, de temps en temps, tout le reste. Sans oublier le splendide volume « Cinquante dessins pour assassiner la magie », qui vous met directement en contact nerveux avec l’écriture noire et opératoire d’Artaud, ce qu’il appelle, par ailleurs, ses « sorts ». L’écriture va plus loin que l’écriture (cette « cochonnerie ») et troue le papier de son apparition en vertige. En 1944, Artaud écrit dans une lettre : « La pensée avec laquelle les écrivains agissent n’agit pas seulement par les mots écrits mais occultement avant et après l’écrit parce que cette pensée est une force qui est dans l’air et dans l’espace en tous temps. » On comprend ici que, contrairement à notre époque où n’importe qui se croit écrivain, l’écrivain, au sens d’Artaud, est très rare. Au fond, tout cela est simple, et facile à imaginer, à une condition : s’être rendu compte, une fois, que « Dieu » et la « Société » sont une seule et même imposture de magie noire. Artaud est prouvé par l’actualité quotidienne ? Evidemment. D’où son obstination à dire et à redire qu’il n’est pas né de la façon dont sa naissance a été enregistrée, qu’il ne mourra pas de mort « naturelle », que son corps christique et antichristique est persécuté sans arrêt par des démons et des envoûtements, qu’il a été agressé aussi bien à Marseille qu’en Irlande. On ne le croit pas, on ne l’écoute pas ? Qui écoute Dieu ? Personne. Or « je suis Dieu », « je suis l’Infini ». Pas l’idée que vous vous en faites, non, là, il n’y a rien, que vide, déchet, merde, « carie ». En revanche, « moi, Antonin Artaud, je suis mon fils, mon père, ma mère et moi. » Autrement dit : je n’accepte pas de me fondre dans une « totalité » quelle qu’elle soit. L’humanité vit dans une pulsion incessante de mort, laquelle se porte de préférence sur celui qui la révèle. De façon dissimulée, mensongère, hypocrite et même inconsciente, tout le monde est religieux, alors qu’Artaud est « incrédule irréligieux de nature et d’âme ». Il faut donc le rectifier : « L’électrochoc me désespère, il m’enlève la mémoire, il engourdit ma pensée et mon cœur, il fait de moi un absent qui se connaît absent et se voit pendant des semaines à la poursuite de son être, comme un mort à côté d’un vivant qui n’est plus lui, qui exige sa venue et chez qui il ne peut plus entrer. » Artaud ou l’extrême douleur surmontée, sans laquelle rien n’est vrai. Sachons l’entendre.
![]() Artaud en 1943 L’affaire ArtaudAprès un long procès, Gallimard publie enfin l’important tome XXVI des "Oeuvres complètes" du poète. Les héritiers de celui-ci, opposés à l’édition en cours, n’ont pourtant pas désarmé. Etat des lieux. Le 13 janvier 1947, à 21 heures, un des plus grands poètes français, sur lequel courent bien des rumeurs et légendes, doit prendre la parole à Paris, au Théâtre du Vieux-Colombier. Le tout-Paris est là. Il voit apparaître un homme ravagé par des années d’internement psychiatrique, un torturé de cet enfermement qui, pendant l’occupation nazie et la collaboration vichyssoise, a fait des milliers de morts de faim (ce que personne, encore aujourd’hui, n’a envie de savoir). Ce spectre décharné mais électrique commence à parler, se trouble, se crispe, perd ses papiers, s’énerve et s’en va. Il a compris que ce n’était pas la peine de s’adresser à une assemblée culturelle et littéraire de nantis tranquilles. A quoi bon ? Ils sont sourds par définition. Gide est présent. Il est ému. Le malaise est considérable. Tout le monde est persuadé d’avoir vécu un moment historique, mais lequel ? Il faudra des années et des années, nous ne le savons que trop, pour oser poser la question. Est-elle en cours de résolution ? Rien de sûr. Antonin Artaud a beaucoup travaillé à sa "conférence". D’où l’importance de ce tome XXVI de ses Oeuvres complètes où l’on peut lire ses notes, ses développements sur le sujet, pour lui capital, de sa biographie. Qu’une polémique d’appropriation ait surgi précisément sur ce texte-là n’est pas un hasard. C’est le sens même de toute l’existence d’Artaud qui est ici convoqué, et par conséquent notre mémoire, notre langue. Mais ce sens, désormais, qui en parle ? Presque personne. Et pour cause : " C’est une histoire de douleurs, et il y a d’autres histoires de douleurs que la mienne, mais celle-ci est trouble, je veux dire qu’elle provient d’une cause que le monde et la société actuelle donneraient tout pour garder cachée et c’est à ce titre que je veux en parler. " Pour Artaud, il y a eu un mensonge, une falsification, une sale affaire de mort programmée, une hypocrisie gigantesque, un crime nouveau et sans précédent, bien que les siècles en regorgent. Non, ce n’est pas comme d’habitude, car ce crime porte, d’une façon jamais enregistrée auparavant, sur l’existence du corps en tant que tel. En 1947, tout le monde se prépare à parler d’autre chose, de politique, d’économie, d’idéologie, de conflits sociaux, de poésie, de cinéma, de chansons, de guerre froide, de bombe atomique, mais en réalité il s’agit d’oublier, de s’étourdir, de recouvrir une révélation noire, un abîme insupportable et à peine entrevu. Il y aura, de haut en bas et de droite à gauche, unanimité pour éviter de penser la Chose. Or la Chose, pour Artaud, est une conjuration occulte contre le réel physique, contre le principe même d’individuation. Qu’il s’agisse de manipulations ou de massacres, c’est toujours un corps unique qui est visé, celui-là, oui, celui-là, pas un autre. Artaud n’admettra sur son cas aucun jugement médical ou philosophique ; aucune remarque de bon sens ne pourra le faire changer d’avis. Vous dites qu’il délire ? Il a prévu l’objection. " Je suis, pour un psychiatre de la société actuelle, le type parfait de ce persécuté mythomane qui continue à raisonner sur son cas avec la plus désarmante lucidité. " Ou encore : " La société me dit fou parce qu’elle me mange, et elle en mange d’autres d’une manière systématique et concertée." Ou encore : "C’est le vieux Freud qui a raison, plus raison qu’il n’a jamais cru avoir raison. " Ce n’est pas telle ou telle forme de société qu’Artaud condamne, mais la société en tant que telle, sa substance, tous ses modes de fonctionnement. Il l’a vue à l’oeuvre dans les hôpitaux, au Havre, à Rouen, à Sainte-Anne, à Rodez. Par quel jugement de l’histoire, la violence clinique a-t-elle eu parmi elle un tel observateur ? Les électrochocs : " Je n’oublierai jamais dans aucune vie possible l’horrible passe de ce sphincter de révulsion et d’asphyxie par lequel la masse criminelle des êtres impose à l’agonisant de passer avant de lui rendre la liberté. Au chevet d’un mourant il y a plus de 10 000 êtres et je m’en suis rendu compte à ce moment-là. " Ou bien : " Les individus ne sont pas endoctrinés par des idées mais par des actes anatomiques et physiologiques lents. " Ce qu’Artaud appelle « envoûtements » ou « empoisonnements » n’est rien d’autre que la sensation d’être nié dans son corps comme dans son langage. On veut " redresser sa poésie ". Pourquoi ? Parce qu’elle est métaphysique, c’est-à-dire en conflit avec la métaphysique surveillée des religions visibles ou déguisées : " Prêtres, rabbins, brahmanes, imams, lamas, bonzes, popes, pasteurs, flics, médecins, professeurs et savants. " La société, comme telle, est celle des amis du crime, devenue celle de " tartufes payés ". Inlassablement observé et freiné (voilà une bonne description des régimes totalitaires), " l’homme, dans son ensemble, est réduit à un ordre de facultés extrêmement restreintes. " Les témoins que cite Artaud à son procès ? Villon, Poe, Baudelaire, Nerval, Rimbaud, Lautréamont, Van Gogh, Nietzsche et même Lénine dont la paralysie finale lui paraît suspecte, compte tenu de ce " maréchal des pompiers " qu’a été Staline, lequel avait " quelque chose d’un pope revenu et réintégré. " Ces témoins, Artaud ne craint pas de se dire leur frère et leur égal, et, que voulez-vous, il en a le droit. L’histoire vraie, d’une vérité inconnue et bouleversante, passe par eux, donc par lui. Il aimerait en convaincre son ami André Breton, qui hésite. Oui, la révolution surréaliste avait raison, mais il faut la pousser plus loin, lui donner son abrupt définitif, ne la plier à aucun but moral ou esthétique. " J’ai passé le stade de la protestation ", dit Artaud. " Tout ceci n’est pas de la philosophie mais de la guerre. " Il est " en colère de corps. " Le surréalisme n’est pas allé à vif sur le corps. Or " L’esprit sans le corps est de la lavette de foutre mort. " Ah, voilà, les mots sont prononcés, certains mots, et très exactement avec leur signification et leur son. Ils deviennent des armes. Enfin, monsieur Artaud, on ne s’exprime pas ainsi, mettez-y les formes, dites-nous ça de loin, soyez poétique. le mot " foutre " dans une conférence ! Parlez-nous plutôt d’amour, je ne sais pas moi, d’avenir, de liberté, de fraternité. Le corps, le corps, pourquoi toujours le corps ? ![]() Artaud en 1947 Un langage à la mesure du sévice subi ? Tel est le fond de l’affaire. Artaud n’est pas là pour expliquer, justifier, envisager, comprendre, et encore moins pour se plaindre. Il réclame ni plus ni moins que la mort de la mort. Vous souriez ? Vous croyez à la mort ? Ne vous doutez-vous pas, pourtant, de temps en temps, qu’on veut absolument vous y faire croire ? N’êtes-vous pas environnés, en famille, en société, d’une rumination permanente sur le mourir ? Panthéon et pompes funèbres ? Ton grave, ému, glacé, pénétré ? Eh bien Artaud, lui, pense que notre temps est celui où la mort révèle au grand jour, et comme jamais, son programme voulu. Vite, il faut le dire, avant que tout se referme dans l’oubli et les discours lénifiants. De ce point de vue, l’écriture d’Artaud, si forte, si singulière est bien " d’après Auschwitz ". Non pas une prédication vide, désincarnée, mais la splendide insurrection colorée d’un innocent dans un monde coupable (il faut relire son Van Gogh, suicidé de la société). Il ne bat pas en retraite, Artaud ; il ne se calmera pas ; il frappe. Toute la poésie ultérieure paraît, à côté de lui, d’une fadeur étrange, " une farce bidonnante d’insipidité ". L’expression " marché noir ", prend par exemple chez lui une signification fantastique, très au-delà de ce qu’elle aura été pendant la guerre. C’est un homme qui a connu la faim et le froid qui parle, la promiscuité, la saleté, la grossièreté des gardiens, la lâcheté ambiante, l’arrogance des médecins, la camisole de force, les traitements spéciaux. Un poète des camps, donc, mais ces camps de la mort lente étaient en France. Les fous devaient être éliminés en douceur (les rapports médicaux sont là, mais personne, encore une fois, ne veut les lire). Pendant ce temps, n’est-ce pas, la vie continuait pour d’autres, politiciens et policiers pouvaient, dans l’ombre, s’entendre avec des assassins. " Tous les hauts profiteurs de marché noir sont aussi et par-dessus tout des profiteurs de magie noire ". C’est ce qu’Artaud appelle la " parturition à distance ", dont voici, à ses yeux, le but : « L’imbécilisation, l’infantilisation retardée, et le gâtisme précoce sont parmi les plus efficaces moyens d’action dont se servent tous les adeptes de la parturition à distance pour imposer aux hommes leurs volontés. » Oui, finalement, le beau mot trop galvaudé de résistant convient à Antonin Artaud : " Si je ne suis pas mort, c’est que j’ai la vie dure. " Ou encore : " La mort, comme le reste, n’est qu’une poudre de perlinpinpin, une attrape pour les gogos." Ou encore : " On ne meurt que parce qu’on se croit mortel, parce que les institutions faites par les hommes ont fait croire aux hommes qu’ils étaient mortels. " Et encore : " Nous vous laissez plus aller au cercueil. " Ne cherchez pas : c’est pour des propositions de ce genre qu’Artaud a tant de mal à se faire entendre, que ses oeuvres sont entourées de tant de petites histoires de papier (lui qui voulait justement " dépasser le papier imprimé " ; c’est à cause de cette folle raison montrant à la raison raisonnante sa folie latente qu’il n’a pas pu s’exprimer, à l’époque, au Vieux Colombier. Pourrait-il être mieux entendu aujourd’hui ? Comment ? Jusqu’où ? Par qui ? On le demande. Le Monde du 16.09.94 (repris dans Eloge de l’infini, 2001) Autres textes de Sollers sur Antonin Artaud"La pensée émet des signes", 1964 (dédié à Paule Thévenin), in "Logiques", (Seuil, coll. Tel Quel, 1968), repris dans "L’écriture et l’expérience des limites", (Points, n°24, 1968). "L’état Artaud", 1972, in Artaud (Colloque de Cerisy, UGE, 1973), repris dans "Logique de la fiction" (éditions cécile deffaut, 2006). Ce volume réédite également "Pourquoi Artaud, pourquoi Bataille", texte de présentation du colloque de Cerisy, ainsi que l’intervention de Sollers intitulée "L’acte Bataille". "Sur Artaud", entretien, 1994, in "Eloge de l’infini" (Gallimard, 2001) Pour en finir avec le jugement de Dieu (39’32)
Julia Kristeva sur ArtaudDans ce long entretien, Julia Kristeva, interrogée par Shan Benson en 1996, parle de sa découverte d’Artaud, de Paule Thévenin, de Tel Quel, de l’abjection : Artaud sort de l’asile de RodezAvec les témoignages de Henri Thomas, Paule Thévenin, Marthe Robert
Evelyne Grossman s’entretenait avec Alain Veinstein le 5 janvier 2007.
[mp3]
Et, sur Artaud, quelques publications récentes : Paule Thévenin : Antonin Artaud, fin de l’ère chrétienne, (Editions Lignes-Léo Scheer, octobre 2006. Préface de Michel Surya). Paule Thévenin est - faut-il le rappeler ? - l’éditrice des XXXI tomes des Oeuvres Complètes chez Gallimard. Raphaël Denys : Le testament d’Artaud, (Gallimard, coll. L’Infini, janvier 2005). Premier livre de ce jeune écrivain belge de 31 ans. Jacques Derrida : Artaud le Moma, (Galilée, 2002). Artaud, Dreyer, GodardEn 1962 Jean-Luc Godard tourne Vivre sa vie avec Anna Karina. Il insère dans son film une séquence de La passion de Jeanne d’Arc de Dreyer dans laquelle jouait Antonin Artaud.
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Kristeva parle d’Artaud Dans la video ci-dessous (9 parties), Julia Kristeva, interrogée par Shan Benson en 1996, , parle de sa découverte d’Artaud, de Paule Thévenin, de Tel Quel, du maoisme, de la psychose, de l’abjection : Plus la souffrance avance et plus le génie la suit. Au travers d’Antonin Artaud et de ses maux, tout n’est que poésie, dont on ressent la puissance de ses idéaux politiques. Dans ses"Messages révolutionnaires", le Secret surréaliste est une ombre portée, un chant miséreux et vaniteux, parcourant l’inconscient physique, et bafouant volontairement la raison : la raison d’être, la raison de souffrir, la raison d’achever son cheminement de la Colère de l’esprit jusqu’à Mexico, et au-delà, jusqu’aux Tahorminas. L’Absolu est atteint et prophétise la religion en faisant abnégation de Dieu. " Pas de doute Antonin Artaud est vraiment un Saint. Oubliez Grossman, Artaud la conchie, oubliez Dérida, Deleuze et autres grosses têtes-molles, lisez plutôt Raphaël denys, Le testament d’Artaud, chez Sollers, encore lui...
Le seul livre valable sur la question...
Lorenzo...
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