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goût (la Guerre du)
Sauvez-moi du déluge
La sélection de Sollers-Noé dans La Guerre du goût (1994) et Eloge de l’Infini (2001), deux pavés de plus de mille pages, chacun.
Déjà en 1991, dans un entretien avec Bruno de Cessole,
organisé par la Bibliothèque publique d’information et publié par le Centre George Pompidou dans la collection "les livres de leur vie", Philippe Sollers déclarait : Ph.S. J’ai comme l’impression que nous sommes sous la menace d’un nouveau déluge et que je ne sais quelle voix, divine si vous voulez, me dit « Petit Noé, tout va disparaître, rassemble-moi des fragments de l’héritage culturel afin qu’on puisse recommencer quelque chose, quand nous serons de nouveau à pied sec. »
C’est un fantasme, sans doute, mais un fantasme qui me plaît. Cela dit, j’ai le sentiment que cela recouvre une réalité forte. (...) Je ne peux pas ne pas me dire : « Cette époque est perdue, on va donc rassembler ce qui demeure de l’héritage dans un bateau, c’est-à-dire dans un livre ; je vais essayer de sauvegarder tout ce qui me paraît le plus fort, le plus naturel, le plus frais, le plus porteur de liberté aussi... »
(...) — Vous assimilez notre culture actuelle à celle du siècle de Périclès ? Ph.S. : Pas la nôtre, non, mais la culture la plus éblouissante des quatre derniers siècles, c’est tout de même la culture française, avec l’italienne. C’est là qu’on trouve la plus grande concentration de merveilles, le plus grand épanouissement, soit plastique, soit verbal. Bien, supposons que la France soit la Grèce, et qu’elle s’enfonce petit à petit pour disparaître, et bien elle reparaîtra peut-être dans dix siècles. Ce que je vais dire paraîtra évidemment très prétentieux, mais ce qui me motive pour écrire c’est de me mettre dans cette situation-là. VOIR AUSSI :
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